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interviewAsselineau Décrypte· 11 juin 2026 10 min

Défilé du 14 juillet : François Asselineau

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Que pensez-vous du programme du prochain défilé du 14 juillet, concocté par le président de la République française ? Et quelles analyses en tirez-vous ? Demande Guillaume.

0:10
François Asselineau

Je suis désolé, mais c'est aujourd'hui... Enfin je ne sais pas. Certains vont penser que je suis énervé, en colère. Mais il y a de quoi ? Il y a de quoi ? Est-ce que vous vous rendez compte de ce qu'est en train de faire Macron ? On va faire défiler sur les Champs-Élysées les soldats d'une armée ukrainienne alors que le régime ukrainien est dirigé par quelqu'un qui a maintenant affiché mais clairement ses orientations néo-nazies ? Et qu'on ne vienne pas me dire que le fait qu'il soit juif le purge de toute culpabilité ? Non, non, non, non, non.

J'ai rencontré il n'y a pas très longtemps des Français d'origine polonaise qui sont outrés, ulcérés de la décision qui a été prise par Zelensky il y a quelques jours de nommer l'un des principaux corps d'armée de l'armée ukrainienne du nom d'une entité qui, sous l'occupation allemande pendant les années 1941-1942, s'était livrée à des massacres épouvantables de Polonais vivant en République socialiste soviétique d'Ukraine, des gens d'origine polonaise. Mais on estime ça à plusieurs milliers de personnes, plusieurs même dizaines de milliers de personnes. Alors vous avez vu d'ailleurs que c'est maintenant la guerre ouverte entre la Pologne et l'Ukraine.

Les Polonais sont absolument scandalisés. C'est comme si nous, on apprenait que... Je ne sais pas, que l'Allemagne a décidé de nommer un des corps d'armée de la Bundeswehr de l'armée allemande de la nommer du doux nom de la division d'Astreich. La division d'Astreich, c'est elle dont l'un des bataillons avancés a commis le massacre d'Oradour sur Glam. Je crois que ça devait être quelque chose comme le 10 juin ou 12 juin 1944, quelques jours après le débarquement du 6 juin par pure vengeance. La division d'Astreich remontait... Elle était cantonnée, je crois, près de la frontière avec l'Espagne. Elle remontait pour relier l'Allemagne.

En juin 1944, ça commençait à être de plus en plus critique, la situation en Allemagne. Et il y avait eu sans doute des actes de résistance qualifiés de terroristes par les nazis. Et donc ce corps d'armée... Enfin ce bataillon émanant de la division d'Astreich avait fait ce massacre d'Oradour sur Glam, un petit village dont je vous conseille la visite si vous êtes près de Limoges. Il y a une vingtaine de kilomètres de Limoges qui est absolument poignante, en fait. C'est un village martyr où il y a eu quelque chose comme de mémoire, je crois, 643 ou 683 morts, dont la plupart d'ailleurs ayant péri des villageois qui ont été enfermés dans une église auxquelles les nazis ont mis le feu.

Qu'est-ce qu'on dirait si l'armée allemande baptisait un de ces nouveaux corps d'élite des visions d'Astreich ou bien Gloire ou SS ? C'est ça ? C'est ça que M. Macron va faire défiler sur les Champs-Élysées ? Enfin il faut que les Français se réveillent. C'est comme le fait que moi... Je l'ai dit tout à l'heure. On m'interdit d'antenne. On m'interdit de parler. On m'interdit de ci. On m'interdit de ça. Mais si les Français ne se réveillent pas maintenant... Rappelez-vous le fameux poème du pasteur Niemöller, de ce pasteur allemand sous l'occupation nazie... Enfin qui vivait à Berlin et qui avait dit... Je l'ai déjà cité de mémoire. Lorsqu'ils sont venus chercher les communistes...

J'ai pas bougé. J'étais pas communiste. Lorsqu'ils sont venus chercher les juifs... J'ai pas bougé. J'étais pas juif. Lorsqu'ils sont venus me chercher, il n'y avait plus personne pour me défendre. C'est votre liberté aussi qui passera. Vous devez tous... Nous devons tous nous lever contre cette affaire. C'est une honte absolue que Macron fasse défiler sur les Champs-Élysées les soldats de l'armée ukrainienne, dont je rappelle que quand même, et contrairement à ce que toute la propagande déverse à jet continu sur les médias mainstream, ceux qui ont commencé la guerre en Ukraine... En apparence, c'est la Russie qui a envahi l'Ukraine. C'est exact le 24 février 2022.

Mais ceci faisait suite à une agression par proxy war avec l'affaire du Maïdan et ensuite avec le fait de masser des troupes pour favoriser la destruction de la Russie, et notamment des exactions colossales qui ont été faites contre les populations du Donbass, les centaines de personnes bombardées, les morts qu'il y a eu aussi au théâtre d'Odessa. C'est des choses épouvantables qui ont été faites qu'il est interdit, paraît-il, d'évoquer. Moi, je n'oublie pas... Je n'oublie pas... Je ne dis pas, bien sûr, que tous les torts sont du côté ukrainien. Il y a certainement... Dans une guerre, il y a des torts un petit peu de tous les côtés. Mais fondamentalement, qui a commencé ?

C'est comme en affaire de l'Iran. Qui a commencé, en fait ? Et que l'on ne vienne pas me dire encore une fois... Ça y est. Parce que je vois des gens qui disent « Ah, ça y est. Oui, c'est Munich. C'est l'esprit Munich ». Non, non. Parce qu'à Munich, en 1938, ceux qui se sont fait avoir, c'était Chamberlain, le britannique, et c'était Daladier, le français. Ils étaient allés à Munich pour essayer de désamorcer le risque de guerre avec l'Allemagne au moment de l'affaire des Sudètes, c'est-à-dire la partie extrême occidentale de la République tchèque, que Hitler venait ou voulait s'accaparer.

Et dans les accords de Munich, Hitler avait promis à ses visiteurs qu'ainsi, ça serait la fin des prétentions territoriales de l'Allemagne. Et Chamberlain et Daladier ont cru Hitler. C'est ça, les accords de Munich. Mais qu'est-ce qui s'est passé avec Poutine ? Les accords de Minsk 1 et de Minsk 2, qui c'est qui s'est fait avoir ? C'est Poutine. C'est Poutine qui est dans le rôle de Daladier et de Chamberlain. Parce que dans les accords de Minsk 1 et de Minsk 2, il était prévu... Et c'était garanti par Mme Merkel et par le président Hollande.

Il était prévu que la France et l'Allemagne garantissaient un modus vivendi que souhaitait la Russie, qui ne souhaitait pas du tout envahir le Donbass, qui était la protection des populations russophones et russophiles de tout le sud-est de la République d'Ukraine. Je renvoie... Mais je vais pas rappeler ici tout ce que j'ai pu dire sur l'histoire de l'Ukraine. C'est Poutine qui a fait confiance. Et on a appris de la bouche même de Mme Merkel – rappelez-vous – et ensuite de François Hollande, qui l'a confirmé, qu'en fait, leur objectif n'avait jamais été de respecter les accords de Minsk. Leur objectif, c'était d'armer l'Ukraine pour pouvoir attaquer la Russie.

Poutine n'est pas dans le rôle d'Hitler dans cette affaire. Poutine, il est dans le rôle de celui qui s'est fait couillonner par ceux qui lui ont menti. C'est Hitler qui a menti en 1938. C'est Merkel et Hollande qui ont menti lors des accords de Minsk 1 et Minsk 2. Voilà ce que j'ai à dire. Et comme je l'ai dit, c'est absolument scandaleux, ce défilé. Mais il y a tellement de choses scandaleuses, tellement de choses scandaleuses. L'incrimination qui a été faite aux Russes aussi sur l'affaire du drone qui s'est écrasé en Roumanie. On avait l'impression...

À entendre Mme von der Leyen, c'était quasiment la guerre qui était déclarée par la Russie, alors qu'en fait, il s'est révélé que c'était pas du tout un drone russe, parce que c'était un drone ukrainien. Les pires désinformations avec des retentissements qui... Chaque fois, on se rapproche. On se rapproche du vide. On se rapproche de l'abîme. Voilà ce que j'ai à dire. Évidemment, évidemment, les Français ne devront pas se plaindre si en 2027, ils votent pour un candidat qui veut maintenir la France dans l'UE, c'est-à-dire dans la politique d'étrangère, de sécurité, de défense et dans l'OTAN.

Et s'ils se rendent compte un an ou deux ans après que nous sommes en guerre et éventuellement une guerre nucléaire avec la Russie.

9:18
Présentateur

Ils auront été prévenus en tout cas par moi. — Cette sorte de oradour sur Glenn a eu lieu en effet en mai 2014 à la Maison des syndicats à Odessa.

9:28
François Asselineau

— Ah oui. Voilà. La Maison des syndicats, c'était en mai 2014. — Oui.