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interviewRMC· 22 août 2023 18 min

L'interview politique intégrale de Sandrine Rousseau sur RMC

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

étaient touchés. Après, Marseille, l'hécatombe continue. Qu'est-ce qu'on peut faire pour que ça s'arrête, Sandrine Rousseau ?

0:06
Sandrine Rousseau

Il y a beaucoup de choses à faire, et notamment le fait d'enquêter sur les trafiquants. Ce qui est fait. Ça n'est pas sans doute fait à la hauteur où ça devrait l'être, puisque manifestement ça continue. Et que par ailleurs, il y a aussi quelque chose autour de la politique de la drogue à mener. C'est-à-dire qu'on voit toujours la politique anti-drogue comme une politique de répression, alors qu'on doit le voir aussi comme une politique de santé publique, de sorte d'assécher ce trafic et d'assécher la consommation de ce trafic, ce qui aujourd'hui n'est pas fait. Je rappelle qu'il y a des pays qui ont travaillé là-dessus.

0:40
Présentateur

Vous considérez que la lutte contre le trafic de drogue n'est pas suffisante de la part du gouvernement ? Gérald Darmanin, il y a un instant sur Twitter, parlait d'un immense drame qui ne resterait pas impuni. Vous considérez quoi ? Il y a une forme de mollesse face au trafic de drogue ?

0:53
Sandrine Rousseau

Je pense qu'on va beaucoup vers ceux qui tiennent les portes, ceux qui tiennent les spots, mais on ne va pas assez vers les trafiquants, les trafiquants internationaux, vers le trafic international. Et là, aujourd'hui, il y a quelque chose notamment à faire du côté du cannabis.

1:12
Présentateur

Donc si on dépénalise, il ne se passera plus ce genre de drame ?

1:15
Sandrine Rousseau

On enlève une partie des financements de ce type de trafic. Les spécialistes disent qu'on dépense sur d'autres types de drogues si on dépénalise seulement le cannabis. Oui, mais quand il y avait l'interdiction de l'alcool aux États-Unis, la prohibition, c'est le moment où les mafias ont été le plus alimentés. Donc maintenant, il faut revoir la politique de la drogue comme une politique de santé publique pour arrêter d'alimenter ce trafic et faire en sorte qu'on ne donne pas la possibilité aux trafiquants de gagner bien plus avec ce trafic de drogue qu'on ne le gagne autrement.

1:46
Présentateur

Rapidement, sur ce sujet, Gérald Darmanin va envoyer la CRS-8 à Nîmes, qui était à Marseille. Est-ce que c'est une bonne chose ?

1:53
Sandrine Rousseau

Ça, c'est typiquement le coup de force, c'est-à-dire qu'on va envoyer la CRS-8. Il n'y a plus de police de proximité, il n'y a plus de policiers qui sont au plus près du terrain.

2:02
Présentateur

Vous vous mettez à la place des habitants de Nîmes qui voient un jeune homme de 10 ans qui est tué cette nuit. Vous leur dites « envoyez la CRS-8 pour essayer de ramener l'ordre », c'est un coup de force.

2:10
Sandrine Rousseau

Oui, encore une fois, on va faire un coup de force, un énième coup de force, on va amener les CRS comme on le fait à Marseille. À Marseille, il y a des morts en permanence, on ne sait même pas de ces morts-là. Ils passent presque dans le quotidien. Quand est-ce qu'on revoit la question de la gestion du trafic de drogue ? Quand est-ce qu'on revoit la gestion de la sécurité ? Ça n'est pas en faisant venir des compagnies de CRS qu'on gère le trafic de drogue. Donc il ne faut pas le envoyer. Mais on peut l'envoyer une fois. La question, c'est la police de proximité. Quand est-ce qu'on l'a, la police de proximité ? Il n'y a pas un mot de Gérald Darmanin là-dessus.

Et maintenant, je voudrais juste avoir une pensée vraiment sincère pour la famille et les proches de cet enfant et dire que c'est un drame inadmissible.

2:51
Présentateur

Évidemment. Sandrine Rousseau, la canicule continue de s'étendre avec quatre départements classés Vigilance Rouge aujourd'hui. Des températures qui dépassent 40 degrés. Vous avez raillé le numéro vert activé par le gouvernement. Vous n'êtes pas la seule. Mais à court terme, qu'est-ce que vous avez mieux à proposer ?

3:05
Sandrine Rousseau

Mais on ne peut pas se contenter de s'adapter. C'est-à-dire que là, on a eu Christophe Béchut qui a fait un plan d'adaptation. Mais on a eu des rapports qui montrent, notamment celui de Pisani-Ferri et de Mafouz, de Selma-Mafouz, qui montrent que l'on doit mettre tout l'argent possible pour faire en sorte qu'il n'y ait pas ce réchauffement climatique.

3:27
Présentateur

C'est pour ça que je disais bien à court terme. Il y a les sujets, vous avez raison, d'investissement, de lutte contre le réchauffement climatique. La vague de chaleur est là. Qu'est-ce que vous feriez différemment ?

3:35
Sandrine Rousseau

Non, mais la vague de chaleur, elle ne se gère pas en 24 heures. On avait des amendements pour isoler les bâtiments, par exemple. Des amendements dans le précédent PLF, dans le projet de loi de finances. On avait 9 milliards pour isoler les bâtiments. Ça, ça aurait permis que les bâtiments restent frais cet été, par exemple. Ces 9 milliards n'ont pas été acceptés dans le 49.3 par le gouvernement, au motif qu'il n'y avait pas les artisans pour construire et pour réhabiliter ces logements. Est-ce qu'il y a eu un plan de formation de ces artisans ? Non, il n'y a rien eu. Il n'y a pas eu de plan d'urgence. En fait, on est comme... Moi, j'ai l'impression que...

Parce que j'entends le ministre de la Santé qui dit qu'il va falloir s'habituer maintenant à vivre avec des canicules. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on va multiplier les climatiseurs et que ça va accroître le problème ? C'est ça le sujet, en fait ?

4:21
Présentateur

Justement, vous me faites la transition. On voit bien qu'il y a de plus en plus d'achats de climatiseurs. Je crois qu'un ménage français sur quatre a un climatiseur chez lui. Est-ce qu'il faut interdire ou réguler la vente de ces climatiseurs qui, il faut le dire, polluent ?

4:36
Sandrine Rousseau

Il faut réhabiliter les logements. Il faut rénover massivement. Il faut faire des plans en végétation. Mais non, mais on ne peut pas développer...

4:43
Présentateur

Est-ce que c'est un problème, les Français qui vont acheter des climatiseurs ?

4:45
Sandrine Rousseau

Mais évidemment qu'on ne peut pas développer les climatiseurs et que ça ne peut pas être la solution, puisque ça fait partie du problème. C'est tout cela qu'il nous faut revoir.

4:53
Présentateur

Donc qu'est-ce qu'il faut faire concrètement ?

4:54
Sandrine Rousseau

Il faut isoler les bâtiments, il faut mettre de la végétation sur les bâtiments, il faut revégétaliser les villes, il faut faire en sorte qu'on mette des ventilateurs. Est-ce qu'il faut empêcher les ménages français d'acheter des climatiseurs ? On peut mettre des ventilateurs avec des bouteilles d'eau congelée devant, ce qui permet quand même de... Oui, c'est moins efficace, mais c'est plus efficace sur la lutte contre le réchauffement climatique. Mais les personnes âgées qui, par exemple, chez elles, ont des climatiseurs

5:16
Présentateur

parce qu'elles ne peuvent pas supporter la chaleur, est-ce que vous leur dites « ce n'est pas bien, il faut s'en passer » ?

5:19
Sandrine Rousseau

Je dis qu'on a d'autres solutions que le climatiseur, on ne peut pas développer aujourd'hui les climatiseurs. Et vous voyez, la manière dont vous posez la question, c'est que vous ne mesurez pas l'effet qu'ont les climatiseurs sur le climat. Je l'ai dit tout de suite, mais simplement, les Français qui nous écoutent,

5:35
Présentateur

pour certains, ont autour d'eux des gens fragiles, des gens qui ne pourraient pas supporter d'être dans une pièce sans climatisation.

5:41
Sandrine Rousseau

Bien sûr, et c'est pour ça qu'on doit avoir un plan stratégique d'isolation des bâtiments, qu'on doit avoir un plan stratégique de végétalisation des villes, ce que font d'ailleurs les maires écologistes dans leurs villes. On doit aussi, par exemple, peindre les toits en blanc, ce qui permet de limiter la température à l'intérieur. Tout cela n'est pas fait, le climatiseur n'est jamais la solution, puisque ça accroît le problème. Et je dis juste que dans les zones là où il y a le plus de pics de chaleur actuellement, les arbres vont être plus fragiles aux maladies, aux parasites dans les mois qui vont venir. Or, les arbres sont des climatiseurs naturels.

Donc, comment fait-on pour arrêter ce phénomène ? Et là, cet emballement du réchauffement climatique que l'on voit depuis maintenant plusieurs années, mais là, qui prend un tour incroyable ces derniers mois, ça n'est certainement pas en prenant l'avion et en achetant des climatiseurs qu'on va résoudre le problème.

6:31
Présentateur

Sandrine Rousseau, la polémique médine continue. Hier, les deux maires écologistes de Strasbourg et de Bordeaux ont annoncé qu'ils ne se rendraient pas aux universités de rentrée en raison du maintien de la présence du rappeur accusé d'antisémitisme. Est-ce qu'ils ont raison ? Et si oui, est-ce que vous ferez la même chose en ne vous y rendant pas ?

6:47
Sandrine Rousseau

J'irai aux journées d'été, déjà parce qu'il y a énormément de militants qui se mobilisent pour que ça s'organise, que c'est des lieux de débat très importants, que c'est un lieu de rencontre aussi avec des militants et des militantes qu'on n'a pas toujours l'occasion de rencontrer. Maintenant, je me suis déjà exprimée sur ce tweet.

7:05
Présentateur

Sur le fait que la maire de Strasbourg et le maire de Bordeaux disent « Nous, si Médine est là, compte tenu de la nécessité de lutter contre l'antisémitisme, on ne s'y rendra pas. » Est-ce que vous considérez que c'est la bonne position ?

7:14
Sandrine Rousseau

Non, parce que moi j'y vais.

7:15
Présentateur

Qu'est-ce que vous leur dites ?

7:16
Sandrine Rousseau

J'y vais et je vais débattre. Et je dis que oui, le tweet qu'a fait Médine est antisémite et que ça, on ne peut pas le nier. Et qu'on a un problème de flou autour de cette notion d'antisémitisme puisque manifestement, une partie des personnes ne considèrent pas que c'est antisémite. Moi, je suis désolée, mais faire référence à…

7:36
Présentateur

Oui, parce qu'on parle de Rachel Kahn, une essayiste dont les grands-parents ont été déportés. Le tweet disait « Reskan P ». Voilà.

7:43
Sandrine Rousseau

On ne peut pas renvoyer les gens à ce qu'ont vécu leurs grands-parents, à une religion.

7:49
Présentateur

Vous dites « Le tweet est antisémite ». Est-ce que vous diriez que Médine, lui, est antisémite ?

7:53
Sandrine Rousseau

C'est ça qu'il va falloir tester pendant les journées d'été. Et c'est ça qu'il faut travailler avec lui. Moi, je vais vous dire, s'il y avait eu des propos de cette nature sur les violences faites aux femmes, où il aurait plaisanté sur les violences faites aux femmes, j'aurais été et la première à dire que c'était inadmissible et ensuite à enclencher le dialogue, comme je le fais à chaque fois.

8:15
Présentateur

Non, mais, pardon, mais, Sandrine Rousseau, c'est là où votre position, pardon, est assez intenable. Vous dites « Je reconnais que le tweet de Médine était antisémite ». Vous dites même, vous allez plus loin, vous dites « La condition pour qu'il vienne au Havre, c'est qu'il reconnaisse que c'est un délit ou, à minima, une faute ». Il n'a fait ni l'un ni l'autre, il s'est simplement excusé.

8:31
Sandrine Rousseau

Eh bien, je vais lui demander de le dire.

8:32
Présentateur

Donc, pourquoi est-ce que vous n'en tirez pas la conclusion, soit en demandant à ce que sa venue soit annulée, soit en y allant passer ? Vous dites « Oui, oui, c'est un tweet antisémite, mais pas de problème, je continue à aller au Havre ». Pardon, c'est assez incompréhensible en position.

8:42
Sandrine Rousseau

Au Havre, il y a quand même des centaines de militants qui sont là-bas. Enfin, je veux dire, ça fait partie des… Mais d'accord, mais vous voyez bien que certains de vos collègues disent… Après, aller au débat sur Médine, ça, c'est encore autre chose. Et je vais lui poser la question de savoir s'il a compris ce qu'il avait fait. Je vais poser cette question. Et soit on est dans une situation… Mais c'est-à-dire que vous allez débattre avec quelqu'un qui fait un tweet antisémite. C'est une situation où on ne permet pas aux gens d'évoluer. Et dans ces cas-là, on les enferme dans une position, soit on leur permet d'évoluer. Sur l'homophobie, il a évolué.

Je voudrais qu'il évolue sur la question antisémite.

9:12
Présentateur

La question de l'antisémitisme ne se débat pas. On ne débat pas… Comme l'homophobie, comme le racisme. Si vous considérez qu'un tweet est antisémite, on ne débat pas avec une personne qui tient des propos antisémites.

9:22
Sandrine Rousseau

Cette personne s'est excusée de ce tweet. J'estime que c'est un premier pas. Maintenant, il faut travailler avec lui pour savoir s'il a compris le caractère antisémite de ce tweet. Voilà ce qu'il n'a pas dit aujourd'hui. Et je pense qu'il y a quelque chose à poser de l'ordre d'une parole très claire sur le fait que ce tweet est antisémite. Pour l'instant, il ne l'a pas fait.

9:44
Présentateur

Et vous y allez quand même.

9:46
Sandrine Rousseau

Je vais au journée d'été.

9:47
Présentateur

Et vous allez au débat entre Médine et Marine Tondelier.

9:51
Sandrine Rousseau

Je ne sais pas si je vais aller au débat entre Médine et Marine Tondelier.

9:55
Présentateur

Vous allez au A, mais par contre, vous n'allez pas au débat.

9:57
Sandrine Rousseau

J'ai le droit d'aller dans mon parti politique encore ou pas ?

9:59
Présentateur

Vous voyez bien que des responsables, je vous pose la question, parce que des responsables écologistes, eux, font le choix en responsabilité de dire, compte tenu de la présence de ce rappeur et des propos qu'il a tenus, nous n'irons pas. C'est pour ça que je vous pose la question.

10:09
Sandrine Rousseau

Oui, et il y en a plein qui vont aussi. Et moi, je respecte les militants qui organisent ces journées d'été. Ça fait trois semaines qu'on est dans cette polémique. J'ai été parmi les premières à poser le fait que ce tweet était antisémite, avec ces mots-là. Je suis très claire, il n'y a pas de doute, ce tweet est antisémite.

Maintenant, comment on fait en sorte pour que les gens qui ont des propos comme ça puissent comprendre ce qu'ils ont fait et comprendre que c'est une discrimination, que l'antisémitisme n'est pas à minimiser, et que particulièrement quand on se revendique d'un combat contre l'extrême droite, sachant qu'une partie des racines de l'extrême droite vient de cet antisémitisme, on ne peut pas combattre l'extrême droite en ayant la moindre faiblesse sur l'antisémitisme.

10:56
Présentateur

Et il y a à gauche une forme de faiblesse, de complaisance avec l'antisémitisme, ou de faiblesse dans la lutte contre l'antisémitisme ?

11:01
Sandrine Rousseau

Ce tweet, en tous les cas, montre qu'il y a quelque chose qui n'est pas compris de l'antisémitisme. Et là, on a besoin absolument de Médine. Moi, je ne suis pas la porte-parole de Médine, mais de la part de Médine, il y a quelque chose qui n'a pas été compris. Donc là, il y a quelque chose sur lequel il faut absolument qu'on travaille, parce que l'antisémitisme est une discrimination.

11:19
Présentateur

Je m'arrête un instant sur un de vos arguments. Vous dites, au fond, s'il reconnaît que c'était antisémite, c'est bon, il est absous, tout va bien, on peut parler avec lui ? C'est quand même assez singulier comme argument.

11:28
Sandrine Rousseau

Non mais là, vous êtes de mauvaise foi. Est-ce que j'absous qui que ce soit des discriminations ? Non, mais vous dites, il faut qu'il reconnaisse le délit, la faute, et ensuite c'est bon. Moi, je mène une bataille culturelle pour faire en sorte que nous allions vers une société d'égalité. Contre le racisme, contre l'antisémitisme, contre l'homophobie, contre les handiphobies et contre le sexisme. Je me bats sur ça non-stop. Je me bats y compris quand c'est dans mon propre camp. Je pose les mots quand il faut les poser. Je n'absous personne. Je dis juste que tout le monde aussi a le droit à évoluer sur ses positions.

11:57
Présentateur

Vous posez les mots, mais avant même le tweet sur Rachel Kahn, il y avait les quenelles, il y avait une sorte de proximité ou d'ambiguïté quant à sa relation avec Tarek Ramadan, avec Dieudonné. Tout ça existait. Et pourtant, vous disiez à l'époque, c'était début, de vouloir connaître son parcours. On a envie de connaître le parcours de quelqu'un qui fait des quenelles, qui entretient une forme de relation ambiguë avec Tarek Ramadan, avec Dieudonné ?

12:21
Sandrine Rousseau

Non, non, mais moi, je n'ai pas de tolérance pour ça. Je dis juste qu'on doit débattre. On doit débattre.

12:27
Présentateur

Donc on débat avec ce type de personnes.

12:29
Sandrine Rousseau

Là, en l'occurrence, le tweet qu'il a fait, changeait la donne. Je pense que nous aurions pu réfléchir au fait qu'il ne vienne pas. Maintenant, il est invité.

12:36
Présentateur

Vous, patronne de parti, vous l'auriez invité ?

12:38
Sandrine Rousseau

Moi, je pense que j'aurais réfléchi au fait qu'il ne vienne pas. Maintenant, il est invité. Il faut aller jusqu'au bout de cette réflexion. Vous me dites, ce n'est pas l'idée du siècle. Je vous dis juste, je pose le mot et je le pose sans complaisance. Et vraiment, parce que c'est très important que nous allions vers une société apaisée. Aucune discrimination n'est acceptable. Toute discrimination est un délit. L'antisémitisme, comme le racisme, comme l'homophobie, comme le sexisme, comme toutes les discriminations qui existent. Donc maintenant, une fois qu'on a posé ça, alors on passe à autre chose qui est comment fait-on évoluer notre société vers moins de ces discriminations ?

13:11
Présentateur

On vous en met encore un mot là-dessus, parce qu'il est invité certes aux universités de rentrée des écologistes, mais aussi à la France insoumise. Et là, pour le coup, on est droit dans ses bottes. On récuse le moindre problème. Jean-Luc Mélenchon a même tweeté que Médine n'était pas raciste et que vous étiez soumis, vous tous, au « quand dira-t-on des hypocrites ? »

13:25
Sandrine Rousseau

Oui, c'est les propos de Jean-Luc Mélenchon et ça lui appartient. Moi, je ne partage pas ça. Et vraiment, je le dis parce que je suis dans une lutte contre les discriminations, y compris quand c'est dans mon propre camp. Mais voyez, le temps que tout cela nous fait perdre par rapport à une urgence, et on le voit, on a quatre départements en vigilance rouge, c'est la canicule. On a un gouvernement qui est complètement absent face aux dérèglements climatiques. Le budget qu'il nous annonce est un budget qui n'est absolument pas à la hauteur de l'enjeu et de la situation. Et là, on est là, on se perd dans ces polémiques-là.

Permettez que je sois triste de cela et permettez aussi que je n'ai aucune complaisance vis-à-vis d'aucune des discriminations.

14:03
Présentateur

Un mot, Sandrine Rousseau, sur la NUPES qui n'a jamais paru aussi fragilisée. On le voit aussi sur les désaccords concernant l'avenue de Médine. Entre les invectives sur Twitter, entre les dirigeants de gauche, l'absence d'union aux prochaines élections, c'est fini la NUPES ?

14:16
Sandrine Rousseau

Eh bien écoutez, j'espère que non. Et j'espère qu'on fondera la NUPES sur à la fois un programme et sur une perspective d'avenir. Parce que là, les gens de gauche, de l'écologie, ont besoin d'avoir une perspective de changement de leur vie quotidienne, mais aussi de leur avenir. Ce qui s'annonce aujourd'hui sur le plan du climat, comme sur le plan de la crise sociale, est dramatique. Nous ne pouvons pas laisser les électeurs face à une division.

14:39
Présentateur

On a le sentiment que vous ne pouvez plus vous supporter, Olivier Faure et Jean-Luc Mélenchon, qui sont incapables de se parler hors Twitter. Marine Tondelier qui parle de brut, il faut que la brutalisation cesse. Est-ce que vous pouvez encore coexister dans cette alliance ?

14:55
Sandrine Rousseau

Non seulement on peut coexister, mais on peut construire ensemble. Alors qu'est-ce qui se passe ? Ce ne sont pas des petites phrases qui font l'alliance. On est dans un moment de bascule politique. On a une responsabilité inouïe, historique. Rarement, même jamais, je pense, les partis de gauche ont eu une responsabilité de cette ampleur-là. Si nous nous enfermons dans des petites phrases, alors nous ne sommes pas à la hauteur de nos responsabilités. C'est pour cela que je pense que la NUPES est une des solutions, qu'il faut la faire évoluer, qu'il faut faire évoluer son fonctionnement, sa gouvernance.

15:28
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon est un problème, est-ce qu'il met de l'huile sur le feu concernant ce qui se passe au sein de la NUPES ?

15:33
Sandrine Rousseau

Mais tout le monde met de l'huile sur le feu, là, et tous les chefs de partie mettent de l'huile sur le feu. Donc maintenant on se calme.

15:37
Présentateur

Même la vôtre ?

15:38
Sandrine Rousseau

Mais bien sûr, tous les chefs de partie mettent de l'huile sur le feu. Maintenant on se calme et on travaille pour les gens, pas pour nous, pour les gens. Et les gens en ont besoin.

15:46
Présentateur

Merci beaucoup Sandrine Rousseau, il est 8h53 sur RMC et BFM TV.

15:50
Invité

Merci. Merci Benjamin. Dans un instant, l'actualité de la matinée, c'est la mort d'un enfant de 10 ans tué par balle à Nîmes lors d'une fusillade. Gérald Darmanin dénonce un immense drame qui ne restera pas inclus.

16:02
Présentateur

Information de BFM TV, la CRS 8, cette brigade va être déployée sur place très bientôt. On en parle dans un instant, à tout de suite.

16:47
Invité

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