Violences du 17 octobre à Nantes : "La facture des dégâts dépasse le million d'euros", dévoile Hugues Frioux de la CCI
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:15OuverteRéponse directe
La facture de ce 17 octobre, elle s'élève à combien ?
- 0:29OuverteRéponse directe
Quel est le gros de ces pertes ? Il concerne quoi aujourd'hui
- 0:41FerméeRéponse directe
Il y a des franchises à payer ?
- 0:55OuverteRéponse directe
On parle aussi de manque à gagner ?
- 1:03FerméeRéponse directe
Il y a encore des commerces fermés ce matin dans le centre-ville de Nantes ?
- 1:19OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'ils vous disent, ces commerçants que vous êtes allés rencontrer ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:23InvitéChiffre
« On se rapproche du million d'euros. »
- 0:45InvitéFait
« On a du pillage qui a été fait dans une bonne partie de ces commerces-là, avec des montants qui sont assez importants de vol de matériel ou de vol de vêtements. »
Temps de parole
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Ici Matin 7h47, Florian Cazola, vous recevez ce matin le président de la Chambre de Commerce et d'Industrie Nantes-Saint-Nazaire. Le vice-président, plus exactement, en charge du commerce, 5 jours après ce 17 octobre et ses commerces vandalisés,
et
certains même pillés dans l'ostentre-ville de Nantes. Bonjour Hugues Frioux. Bonjour. La facture de ce 17 octobre, elle s'élève à combien ?
Elle
grimpe, elle grimpe. On est en train de faire justement à relever terrain chez tous les commerçants, depuis le début de la semaine, pour voir l'ampleur des dégâts. On se rapproche du million d'euros.
Quel
est le gros de ces pertes ? Il concerne quoi aujourd'hui
?
On a une grande frange qui ont des vitrines cassées ou des portes cassées, prises en charge par les assurances. On voit avec eux comment ça va être pris en charge.
Là, il y a
des franchises à payer ?
Tout à fait, pour certains. Ça dépend des contrats d'assurance.
On
a du pillage qui a été fait dans une bonne partie de ces commerces-là, avec des montants qui sont assez importants de vol de matériel ou de vol de vêtements.
Donc là, on parle aussi de
manque à gagner,
tout directement. Tout
à fait. Donc,
c
'est des commerces qui sont fermés aujourd'hui, pour les prochains jours, peut-être les prochaines semaines. Il
y a encore des commerces fermés
ce matin dans le centre-ville de Nantes ? Tout à fait. Ceux qui ont été pillés, en fait, n'ont plus suffisamment de produits à vendre et sont obligés de se réorganiser, structurer leur boutique au niveau sécurité et puis faire en sorte qu'effectivement, ils puissent récupérer du stock pour repartir au commerce.
Qu'est-ce qu'ils vous disent, ces commerçants que vous êtes allés rencontrer, que vous rencontrez tous les jours quasiment depuis ce 17 octobre ? Tout
à fait. Aujourd'hui, on a des commerçants qui sont affairés à remettre leur magasin en état. Donc, ils sont concentrés sur l'état de leur magasin. Ils ont déblayé, ils ont rangé.
Ça, c'est l
'urgent parce que c'est leur gagne-pain.
Voilà, exactement. Ils font l'inventaire de ce qui a été pillé pour ceux qui ont été pillés. Et puis après, ils vont se réorganiser dans les prochains jours, fin de semaine, ici aujourd'hui, demain, samedi, pour savoir comment ils vont pouvoir travailler.
Hugues
Friot, à la Chambre de commerce et d'industrie Nantes-Saint-Nazaire, c'est quoi votre rôle là-dedans d'accompagnement de ces commerçants touchés
?
Notre rôle,
c
'est de les aider justement à passer ce cap. On est avec eux, c
'est
-à
-dire
qu'on a décidé de mettre une cellule d'urgence sur le terrain. Donc, on a nos collaborateurs et nos référents qui sont sur le terrain avec eux pour faire un tour de leur commerce et voir quels sont leurs impératifs, quelles sont leurs urgences pour pouvoir répondre à leurs besoins. Une fois qu'on aura fini d'ici aujourd'hui, demain, le point avec eux, on va mettre en place justement les accompagnements. On a déjà commencé sur tout ce qui est psychologique et tout ce qui est assurance. On va les accompagner sur leur démarche pour ne
pas
les laisser seuls. Il ne faut pas les laisser seuls aujourd'hui parce que c'est dur pour eux. Ils sont un petit peu dans l'urgence aujourd'hui, mais demain, ça va retomber. Il va falloir vraiment les accompagner pour passer le cap qui a été compliqué.
On va parler de la suite des événements, mais vous dites accompagnement psychologique. Ils ont besoin de cette aide-là, ces commerçants, aujourd'hui ? Tout
à fait. J'ai même envie de vous dire, si on a des clients qui vous écoutent ce matin, on a besoin du petit bonjour, du comment ça va, de la calinothérapie. Moi, j'insiste sur le fait d'accompagner aussi nos commerçants sur la partie psychologique. On a besoin de nos clients, certes,
pour
dépenser en centre-ville, pour les accompagner, mais aussi
pour
leur montrer que les clients sont là et les accompagnent.
Oui, dans un
contexte où le pouvoir d'achat des Français reste restreint. Un bonjour, pas forcément aller acheter, mais aller les voir et les accompagner. Dire qu'on
est là,
qu
'on
les soutient. C'est le message que vous passez. Tout à fait. Hugues Frioux, la CCI de Lyon, de l'autre côté de la France, a déjà annoncé des aides, 3 000 euros par commerce sinistré. On sera sur ces montants-là ou c'est trop tôt pour se prononcer de votre côté aujourd'hui ?
Là, aujourd'hui, on est sur les effets d'annonce. On a reçu pas mal de nouvelles de régions. Ronald, par exemple, la métropole de Lyon aussi. On a d'autres régions qui se mobilisent avec des montants qui sont très, très importants. Nous, on a fait le choix à Nantes, en fait, de faire cet état des lieux avant de voir comment on allait accompagner justement les commerçants. On est sur l'argent public. Il faut faire attention. Il faut le dépenser à bon escient. Et on préfère faire le point avec les commerçants, identifier les besoins, identifier les besoins aussi financiers et après mettre en place les aides.
Mais il y
a
une urgence à faire ce point parce qu'il y a un autre samedi qui arrive dans deux jours également. Qu'est-ce qu'on vous dit sur ce samedi de mobilisation annoncée ? Du côté
des
commerçants ? Du côté des commerçants.
Du
côté des commerçants, on a une crainte, une crainte importante de voir un deuxième samedi, en fait, comme on a vu la semaine dernière. Peut-être pire pour certains. On ne sait pas où on va. En fait, la question, c'est qu'est-ce qui va se passer ? Je suis incapable aujourd'hui de vous dire ce qui va se passer samedi prochain. C
'est l'inconnu, donc ?
Tout à fait.
D'où cette lettre ouverte également qui a été publiée hier où 16 commerçants appellent à des réponses concrètes de la part de la maire de Nantes, Johanna Roland, et du préfet de la Loire-Atlantique, Laurent Autieux. Vous les comprenez, ces commerçants aussi ? Tout à fait.
Ils ont besoin d'être un peu éclaircis pour savoir ce que va devenir leur outil de travail, ce qu'ils vont faire avec leurs salariés, comment ils s'organisent, quelles choses ils doivent mettre en place justement pour ce samedi et puis se projeter sur l'après. L'important, c'est de se projeter aussi sur l'après. On est dans le moment aujourd'hui,
il
va falloir qu'on retrouve notre outil de travail, il va falloir qu'on retravaille par la suite.
En un mot, Hugues Frioux, dernière question. Est-ce que samedi, Nantes, le centre-ville, doit être une ville morte ? Vous appelez les commerçants à fermer par mesure de précaution finalement ?
Du tout, du tout. Il ne faut pas fermer. Moi, je pense qu'il faut rester ouvert. Le centre-ville, il appartient aux habitants, aux gens qui travaillent, aux gens qui aiment s'y promener. On ne va pas laisser la ville aux pilleurs et aux gens de l'extérieur. Donc, il faut faire en sorte
que
notre ville est vive. Et je ne pense pas que ce soit une bonne idée de laisser une ville fermée comme ça, libre d'accès, pour préserver nos commerces. Je ne pense pas que ce soit la bonne solution.
Faire vivre la ville et le centre-ville, le message est passé, Hugues Frioux, vice-président de la CCI Nantes-Saint-Nazaire. Merci beaucoup d'avoir répondu à notre invitation ce matin.
Merci à vous.
Bonne journée.