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interviewGroupe RN - Assemblée· 24 octobre 2025

Discours de Jean-Philippe Tanguy (24/10/2025)

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Madame la Présidente, Monsieur le Préministre, chers collègues, voilà un budget de faillite de plus. Le Rassemblement National pourtant avait annoncé cette purge fiscale pour payer votre incompétence et vos mensonges. La voilà la purge, la purge la plus injuste pour le peuple, la plus toxique pour l'économie, la plus ruineuse pour l'État.

En 2024, nous fêtions le triste anniversaire du 50e déficit de suite, marquant l'échec total du système. Comme le dit souvent Marine Le Pen, un budget est la traduction financière non seulement des politiques publiques menées, mais aussi de la philosophie et des compétences des gouvernants qui la déploient. 50 ans de budget ruineux, c'est donc 50 ans de faillite politique, morale et technique dans tous les domaines.

En 2024, les Français avaient d'ailleurs tiré toutes les conséquences de ces 50 piteuses en votant massivement pour le Rassemblement National aux Européennes puis aux Législatives. Hélas, on sait les arrangements misérables qui ont conduit le parti unique à tout faire pour garder le pouvoir, au mépris de l'aspiration de rupture de nos compatriotes. Après la non-censure qui a ressuscité cette alliance des zombies du système, ce budget pitoyable, musée des horreurs de Bercy et de la Commission européenne, confirme que nous ne sommes plus en démocratie, mais bien dans un gouvernement illibéral.

Dans une démocratie normale, nous aurions pu espérer qu'un demi-siècle de déficit, donc de dette, aurait convaincu les responsables de partir. Mais non, la Cour des comptes démontre que les dépenses publiques sont, je cite, « hors contrôle », qu'aucune hausse d'impôt ne peut régler le problème, et que la dette est désormais prise dans un effet boule de neige que seule une rupture politique courageuse peut arrêter. Après huit années de pouvoir, et même 13 ans, la socialo-macronie, bénie par LR, aura été incapable de faire baisser d'un seul centime les dépenses de l'État.

L'année dernière, le prétendu effort du gouvernement n'a été que des hausses d'impôts pour aucune baisse des dépenses. Encore cette année, les dépenses explosent de 28 milliards d'euros. Pourquoi ?

Il faut bien alimenter, chers collègues, les tabous du système. En particulier, donner 6 milliards de plus pour la Commission européenne. En 13 ans, vous aurez tout bradé, y compris le cadeau historique que vous avez fait la BCE en finançant la Macronie à taux zéro pendant des années.

Vous avez tout flambé pour rien. Ou pire, pour honorer votre dette aux forces de l'argent, vous maintenir à tout prix au pouvoir à coup de chèque sans provision. Les 6 derniers mois, la dette a encore augmenté de 110 milliards d'euros.

Votre budget prévoit encore 2 points de PIB de plus d'endettement. Nous serons alors endettés de près de 300 milliards d'euros de plus par rapport à votre propre promesse de 2023. Mais non, vous n'êtes jamais responsable de rien.

Vous ne changez rien. Vous maintenez toujours la même politique. Dans une démocratie normale, nous aurions pu espérer qu'atteindre une charge d'intérêt annuelle de 50, puis 60, puis enfin cette année, 74 milliards de charges d'intérêt, vous aurez forcé à partir.

Mais non, vous acceptez que la charge d'intérêt devienne bientôt le premier budget de l'État. L'État perd ainsi toute marge de manœuvre pour investir dans l'avenir. La France étouffe littéralement sous le poids de la charge de l'intérêt.

Véritable tribu que nous payons à nos créanciers étrangers, créanciers étrangers qui peuvent alors imposer leurs lois, car comme disait Bonaparte, la main qui donne est toujours supérieure à la main tremblante qu'il reçoit. Avant la tutelle du FMI, c'est la tutelle de Bruxelles qui s'est déjà abattue sur la France. Mais sans doute, cette tutelle de Bruxelles est l'ambition ultime d'Emmanuel Macron de réaliser son délire fédéraliste européen sur la ruine même de la France.

La France pourrait connaître le destin de l'Italie, de l'Espagne, du Portugal, et même de la Grèce. Quand nous paierons 100 milliards d'intérêts, dont 50 à 60 milliards iront à l'étranger, cumulés à un déficit commercial structurel qui deviendra abyssal, si le prix des hydrocarbures remonte, comment paiera la France, M. le Président ?

Vous ne paierez pas. C'est les Français qui paieront. Mais non, vous n'êtes responsables de rien.

Vous ne changez rien. Vous maintenez toujours la même politique. Dans une démocratie normale, nous aurions pu espérer que la difficulté pour l'Etat à faire rentrer les impôts, les familles qui se sacrifient, le nombre terrifiant des défaillances d'entreprises, soit autant de preuves que les Françaises et les Français ont peur du lendemain.

Nos compatriotes n'en peuvent plus d'être tondus, et surtout, tondus pour rien. Face à une telle injustice fiscale, vous voulez augmenter les recettes de l'impôt sur les revenus. De 10 milliards d'euros, une hausse de l'impôt sur les revenus pour toutes les classes moyennes, de 10%.

C'est hors de question. Et le Rassemblement National fera barrage. Quelle est votre cible ?

La cible n'est pas les milliardaires agités par les gauches pour amuser la galerie, mais les classes populaires, toutes les classes moyennes, et aussi les retraités, le nouveau bouc émissaire du système. En revanche, évidemment, toujours pas un euro retiré aux clandestins. On connaît vos priorités.

Il ne faudrait quand même pas, Monsieur le Premier ministre, vous fâcher avec les gauches, bienfaitrices auto-proclamées, de toute l'humanité, pour peu qu'elles ne soient jamais françaises. L'économie française s'écroule sous le poids de votre incompétence, toujours facturée, en impôts, en taxes, en contributions, en redevances, en spoliation et en autres privations. Mais, chers collègues macronistes, Monsieur le Premier ministre, incroyable mais vrai, après le retour de la gabelle, à savoir l'écologie punitive, après le retour des fermiers généraux de l'ancien régime, à savoir tous les parasites d'État en tout genre, les macronistes ont voulu rétablir la corvée féodale, à savoir travailler deux jours par an gratuitement pour que sa seigneurie Macron et sa cour puissent gouverner un an de plus.

Nous y avons fait barrage. Vous êtes tellement voraces, voraces, qu'après avoir essayé de taxer l'année dernière les pourboires, vous tapez désormais les tickets restaurants, mais aussi les malades en affection longue durée. Nous vous mettrons, là aussi, en échec.

En macronie, chaque jour que Dieu fait, pas un seul moment de la vie des Français ne doit échapper à un impôt. Taxer, taxer, taxer, il en restera toujours quelque chose. Eh bien non, collègue macroniste, il est hors de question de vous laisser prendre cette année un centime de plus, ni aux salariés, ni aux entrepreneurs, ni aux retraités.

C'est, chers collègues macronistes, car non, vous n'êtes jamais responsable de rien. Vous ne changerez rien et vous maintiendrez toujours la même politique. C'est finalement, en fait, toute l'histoire, tout le malentendu du macronisme, ultime avatar du système, un asile tenu par les fous d'eux-mêmes, ivre du pouvoir qui leur reste.

Erasme pensait que les fous trouvaient toujours sans cesse d'autres fous pour les applaudir. C'est vrai, il reste un public pour vous applaudir, un public qui tourne le dos au peuple en refusant la censure. Ce public fait semblant de croire à vos manipulations.

Le PS fait semblant de croire que vous allez suspendre la réforme des retraites et les LR, eux, pensent que vous allez faire le contraire. Socialistes et LR font semblant de croire que le 49-3 n'est autre chose qu'un cadeau empoisonné pour ridiculiser, humilier le Parlement. Le rapporteur, pardon, Philippe Juvin, l'a pourtant dit lui-même tout à l'heure.

Le Parlement n'a pas les moyens de faire le budget à la place du gouvernement dans la Vème République. Ce mensonge, ce nouveau mensonge d'État est un mensonge grave, un mensonge très grave, qui vise à tromper les Français pour qu'ils pensent à terme qu'une absence de vote du Parlement serait moins grave que l'absence d'un budget mauvais. Et que donc, au terme de cette manipulation, un gouvernement macroniste, même censuré, puis renommé, puisse adopter par ordonnance un budget refusé par les députés pour la première fois depuis la Vème République. par ordonnance ou par toute autre solution illibérale après les délais imposés par la Constitution qu'Emmanuel Macron manipule avec sadisme.

On sait pourquoi les LR et les socialistes vous soutiennent désespérément. On connaît leur prix. On connaît ce prix.

C'est le refus de la dissolution. C'est le refus pour cette UMPS prophétisée par Marine Le Pen d'affronter leur échec. Vous achetez l'UMPS, vous l'achetez pas cher en promettant de ne pas dissoudre.

Vous ne promettez de ne pas dissoudre pour ne plus aller aux élections. Vous ne voulez pas aller aux élections pour refuser aux Français le choix de l'alternance. Et vous refusez aux Français le choix de l'alternance pour interdire au Rassemblement National de gouverner le plus tôt possible.

Et pour cause, et pour cause, collègues, vous savez que le Rassemblement National peut sauver la France. Vous le savez, vous le savez, tant sur le régalien que sur l'économie, tant sur l'économie que les finances. Notre programme est le seul capable de pouvoir rassembler les Français puis redresser le pays.

Puis redresser le pays. Vous le savez, vous le savez et vous en avez honte. Vous le savez et vous sentez coupable.

La présentation hier faite par Marine Le Pen de notre contre-budget montre qu'une rupture dans la gestion des finances publiques est possible pour le bien commun en baissant massivement les mauvaises dépenses de l'État de 21 milliards d'euros, en s'attaquant enfin au tabou de l'immigration à contrôler, de la soumission à Bruxelles, de la bureaucratie opposée aux services publics, des fraudes jamais combattues. Nous pourrions, dès cette année, réussir un triple défi. Baisser, premier défi, baisser le déficit de 36 milliards d'euros et arrêter l'emballement de la dette.

Deuxième défi réussi avec Marine Le Pen, baisser de 25 milliards d'euros les impôts des classes populaires et récompenser le travail, libérer la consommation. Troisième défi, baisser de 20 milliards les impôts de production des entrepreneurs pour libérer la création de richesses sur notre sol. Vous le savez, chers collègues, que nous pourrons réussir.

Merci. Et vous avez honte de le savoir, mais les Français le savent. On arrive !

Merci, monsieur le député.