Face à Face : Gabriel Attal - 10/11
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Vous écoutez RMC, face à face, Apolline de Malherbe. 8h33 sur RMC et BFM TV, bonjour Gabriel Attal. Bonjour Apolline de Malherbe. Vous êtes le ministre du budget et ministre officiellement, on appelle ça ministre délégué chargé des comptes publics. On va évidemment parler salaire, inflation, budget de la France, mais commençons par cette grève, parce que cette grève, elle n'a pas rien à voir avec vous. Cette grève, elle est notamment due au salaire et au salaire dans la fonction publique et dans les entreprises publiques. Pourquoi vous n'augmentez pas plus les salaires ?
D'abord, j'ai entendu que le mot d'ordre de cette grève pour la RATP, c'était zéro métro, zéro RER. Je prolongerai en disant que c'est aussi zéro empathie pour tous les Français à qui je pense aujourd'hui, qui n'ont pas pu aller travailler, qui n'ont pas pu se déplacer, peut-être eu des difficultés à déposer leurs enfants à l'école. C'est à eux que je pense. Maintenant, il y a un mouvement de grève, c'est un droit constitutionnel. Vous me parlez des salaires dans la fonction publique. On a pris une décision cet été, qui est une décision historique, avec une augmentation du point d'indice de la fonction publique de 3,5%.
Il faut remonter très très loin en arrière pour trouver une telle augmentation de salaire dans la fonction publique pour tous les fonctionnaires. Ensuite, vous avez des entreprises publiques, la RATP par exemple, qui ont décidé des augmentations de salaire propre à l'entreprise. En l'occurrence, je crois que c'est un peu au-dessus de 5% pour la RATP. C'est ce qu'avait communiqué la direction. Donc voilà, il y a une situation qui est difficile avec une inflation, et évidemment, j'en suis conscient. Elle touche tous les Français.
On prend des mesures. Les comptes ne sont pas, parce que vous dites augmentation de 3,5% de l'indice des fonctionnaires. Quand on sait que l'inflation est à 6,2%, ça veut dire que concrètement, ils ont perdu 3% de salaire.
À la Pauline de Malherbe, tous les Français qui nous écoutent, qui ne sont pas forcément fonctionnaires, n'ont pas eu 3,5% d'augmentation de leur salaire dans leur entreprise.
Quand vous voulez mettre des sous, vous en mettez. Bien sûr, moi-même. Vous le demandez vous-même d'ailleurs aux entreprises.
Toutes les personnes dont on parle sont aussi accompagnées par l'argent qu'on met. Pour le bouclier tarifaire sur l'électricité et sur le gaz, par exemple, le prix du gaz est bloqué depuis un an. Le prix de l'électricité cette année, il a augmenté de 4%. Ça aurait dû être 40% si on n'avait pas mis le bouclier. Et la différence entre les 4 et les 40, c'est les finances publiques qui la payent. Et l'an prochain, si on ne faisait rien, la facture d'électricité et de gaz des Français devra augmenter de 120%.
Mais au-delà de la question de la grève d'aujourd'hui, notamment très suivie à la RATP, Gabriel Attal, vous savez bien que la situation s'est très largement dégradée dans les transports partout en France, y compris notamment dans les transports scolaires, pour qui c'est très compliqué. Il y a parfois des enfants qui n'ont plus de bus pour les emmener à l'école. Et tout ça, c'est quand même des salaires qui, à la fin des fins, remontent jusqu'à vous. En fait, c'est vous qui tenez ces cordons-là ?
Oui, bien sûr. Alors ensuite, sur les transports scolaires, ça dépend des régions, donc c'est plus spécifique. Il y a un enjeu, effectivement, de recrutement dans les transports scolaires.
Et l'enjeu de recrutement, c'est parce que c'est plus attractif. Mais je suis conscient que c'est aussi des questions de rémunération.
Je vous dis que la décision qui a été prise cet été sur le point d'indice, elle est historique. Moi, je veux bien qu'on nous dise que ce n'est pas assez. Qu'on me dise quand est-ce qu'il y a eu une telle augmentation dans la fonction publique dans les années récentes. Après, moi, je suis ministre du Budget. Je suis là pour dire la vérité à ceux qui nous écoutent et qui nous regardent. On ne peut pas tout faire avec les finances publiques. Je le dis très calmement, mais très fermement. La réalité, c'est qu'on a une situation de finances publiques qui est tendue et qu'on doit absolument continuer à tenir nos comptes. Sinon, qu'est-ce qui va se passer ?
Sinon, notre dette va nous coûter tellement cher qu'on ne pourra plus rien faire du tout. On ne pourra plus décider des augmentations de salaires dans la fonction publique. On ne pourra plus accompagner les Français pour limiter leurs factures de gaz et d'électricité parce que le poids de notre dette sera tellement fort qu'on dépensera tout ce qu'on a pour la rembourser. Et moi, ce n'est pas cette situation que je veux pour mon pays. On a réduit le déficit depuis maintenant plusieurs années. Il était de 9% en 2020, de 6,5% en 2021. Il sera à 5% cette année.
Et on veut continuer à le réduire parce que sinon, notre dette nous coûtera tellement cher qu'on ne pourra plus faire de choix pour aider les Français.
Évidemment, philosophiquement, économiquement, votre réponse. Et concrètement aussi. Mais dans les faits, si on se retrouve avec des services publics partout dégradés, c'est-à-dire à la fois les transports, on en parlait aujourd'hui, mais on le voit bien, l'éducation, l'hôpital, ça nous fera une belle jambe de dire qu'on n'avait pas les moyens.
Évidemment qu'on investit pour les services publics. Vous me parlez de l'éducation. Le budget augmente de 3,7 milliards l'an prochain. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que tous les enseignants vont être valorisés d'au moins 10% à la rentrée prochaine, en septembre prochain. Vous me parlez de l'hôpital public. On a fait le Ségur de la santé. Toutes celles et tous ceux qui travaillent à l'hôpital gagnent au moins 183 euros net en plus par mois. Et l'an prochain, pour la première fois dans l'histoire, le budget de l'hôpital public dans notre pays sera supérieur à 100 milliards d'euros. Ça paraît abstrait comme ça, des chiffres, probablement.
Mais c'est un investissement inédit qu'on n'a jamais connu dans notre pays. Et tout ça, on le fait, effectivement, en ayant pour objectif de tenir nos comptes publics. Sinon, on ne pourra plus faire ce type de choix à l'avenir.
Parmi les grévistes, il y a des grévistes plus surprenants, en tout cas plus inhabituels, qui feront grève lundi. Ce sont les laboratoires pharmaceutiques. En fait, vous imposez certains coups de rabot, comme vous le dites à l'instant. Les laboratoires biologiques qui estiment que le compte n'y est pas. Vous leur avez demandé de faire 250 millions d'euros d'économie l'an prochain. Et ils seront donc fermés, ces laboratoires biologiques, à partir de lundi pour trois jours. Et déjà, aujourd'hui, les labos ne transmettent plus les résultats des tests Covid aux autorités sanitaires. Qu'est-ce que vous leur répondez ?
Moi, je les appelle à une forme de décence. Les laboratoires de biologie médicale, ils font un travail essentiel. Ils nous ont beaucoup aidés pendant le Covid pour faire les tests pour les Français. Ces tests Covid leur ont rapporté un chiffre d'affaires de plus de 7 milliards d'euros, financés par la Sécurité sociale, c'est-à-dire par tous les Français. C'est un secteur qui a une rentabilité qui est élevée, qui est passé de 18% à 30%. La plupart des secteurs, c'est 5-6% de rentabilité. Qu'est-ce que je leur demande ? Je leur demande de faire 250 millions d'euros d'économie l'année prochaine. 250 millions d'euros.
Après avoir fait 7 milliards d'euros de profits liés aux tests Covid, financés par la Sécurité sociale. Donc, à un moment, tout le monde fait des efforts. Les Français font des efforts, il y a des prix qui augmentent. L'État fait des efforts pour tenir ses comptes. Les collectivités locales font des efforts. Les entreprises font des efforts. Les laboratoires de biologie médicale peuvent faire un effort. On parle de quoi ? Ça ne changera rien pour le quotidien des Français qui vont dans les laboratoires de biologie. C'est le tarif de Sécurité sociale qui baisse un peu dans le remboursement aux laboratoires de biologie.
Vous leur rembourserez légèrement moins, il y aura un petit décalage. Je vous donne un exemple.
Un dosage d'insuline. Je crois qu'aujourd'hui, c'est 18,6 euros. Et ça passera à 17,2, quelque chose comme ça. Voilà, donc j'entends que c'est un effort. Mais enfin, je veux dire, ça me semble être un effort justifié parce que c'est un secteur. Et encore une fois, je ne remets pas en cause le rôle, au contraire, qu'ils ont eu pendant le Covid. Il était essentiel. Et qui a fait un certain nombre de profits, 7 milliards, via les tests Covid qu'on a remboursés avec la Sécurité sociale, qui a une rentabilité élevée, qui peut faire un effort.
Je vous sens un peu en colère là-dessus. Oui, parce que vous trouvez que c'est déplacé, quoi.
Voilà, moi, je suis conscient que ce n'est jamais facile de faire des efforts. Je pense que tout le monde en fait aujourd'hui dans notre pays. On a des difficultés dans notre pays. On est au cœur de la tempête. Mais moi, je pense qu'elle ne nous emportera pas. Parce que je pense que tout le monde est en train de montrer que même si c'est difficile, on est capable de faire des efforts. Et moi, je demande au laboratoire de biologie médicale, et je salue encore une fois leur travail essentiel, leur rôle essentiel dans le système de santé, de faire cet effort parce que tout le monde en fait.
Gabriel Attal, le budget, donc, dans la nuit de mardi à mercredi, un texte budgétaire a été voté 149.3. Alors ça, c'est quand même assez surprenant. Ça n'est pas arrivé depuis le début de la discussion du budget. Est-ce que ça veut dire que finalement, il peut y avoir des moments de consensus où vous réussissez à faire passer des lois, peut-être ?
Oui, c'est vrai que c'est un texte budgétaire. On a adopté 149.3. La majorité, évidemment, l'a voté. Et les LR d'un côté, le PS de l'autre, se sont abstenus. Ils ont laissé passer ce texte. Et moi, je veux saluer leur responsabilité. On a beaucoup travaillé avec eux en amont. On a travaillé avec eux en amont de la préparation de ce texte pour identifier avec eux les mesures importantes pour eux. Ce texte, il prévoit quoi ? Il prévoit un chèque énergie exceptionnel pour la moitié des ménages français. 12 millions de ménages qui vont recevoir un chèque énergie exceptionnel au mois de décembre face à l'augmentation des prix de l'électricité. Il prévoit de l'argent pour nos universités.
Puisque vous savez qu'on a des universités qui ont du mal à payer leurs factures d'électricité.
Ils se retrouvent à peut-être devoir fermer plus longtemps cet hiver.
Ils envisageaient de fermer cet hiver et de mettre les étudiants à distance. Et nous, on a dit, on va vous aider financièrement. On préfère des amphis pleins et éclairés plutôt que des amphis fermés.
Juste, je m'arrête un instant sur ce point, Gabriel Attal. Est-ce que ça veut dire que ce matin, vous nous dites qu'il n'y aura pas, que ces universités qui avaient prévu de devoir fermer plus longtemps, rallonger les congés parce qu'ils ne voulaient pas avoir à chauffer les amphis ? Vous nous dites ce matin, c'est réglé, les universités ne fermeront pas.
Je vous dis oui, on met 275 millions d'euros pour qu'elles n'aient pas à fermer pour les raisons d'électricité, de factures d'énergie, pour qu'elles puissent continuer à accueillir leurs étudiants. Donc ce texte-là, il comporte des mesures fortes. Il a été enrichi par des ajouts des parlementaires et notamment de l'opposition. On met en place une aide pour cet hiver pour les Français qui se chauffent au pelet de bois. Puisque vous savez qu'on aide avec le bouclier tarifaire, les Français qui se chauffent au gaz et à l'électricité. Au fuel ? Au fuel, on a mis en place une aide. Il restait ceux qui se chauffent au pelet de bois. Qui ont fortement augmenté.
Oui, il y a beaucoup de Français qui se sont convertis au pelet de bois pour des raisons écologiques et aussi de pouvoir d'achat. Or là, ils ont doublé, voire triplé le prix en un an. Et donc 230 millions d'euros qui vont nous permettre d'accompagner ces Français cet hiver.
Gabriel Attal, vous le disiez, les LR et l'EPS se sont abstenus contre ce... Enfin, contre, ni contre, ni pour. Enfin, ils n'ont pas voulu s'opposer à ce projet de loi de budget rectificatif. Est-ce que ça veut dire que désormais, c'est eux votre cible, je dirais, pour pouvoir essayer de trouver des alliés au moins de circonstances ? Est-ce que vous considérez aujourd'hui que les Républicains et les Socialistes peuvent être des partenaires ?
Moi, en fait, je veux travailler avec tous ceux qui sont constructifs et qui sont prêts à travailler de manière constructive. Et regardez ce qu'ont fait le Rassemblement National et la France Insoumise. Ils ont validé tous les articles du texte de loi. Toutes les mesures, ils ont voté contre aucune mesure. Et à la fin, ils ont voté contre le texte. C'est-à-dire qu'ils sont d'accord avec ce qu'il y a sur la page, mais ils refusent de signer en bas de la page parce que pour eux, ça serait se salir les mains. Moi, ce que je leur dis, c'est que faire des compromis, ça n'est pas se compromettre, c'est agir au service des Français et au service du pays.
Et moi, je travaillerai toujours avec ceux qui sont prêts à travailler au service des Français, au service du pays. En l'occurrence, sur ce texte, ça a été les LR et l'EPS.
L'objectif de ce budget rectificatif, c'était d'être, je cite, anti-inflation. Vous avez peut-être entendu Michel-Edouard Leclerc qui était à ce même micro mardi. Il parlait d'un tsunami de l'inflation à venir. Et d'après ce qu'il voit aujourd'hui, des négociations en cours avec les industriels, avec les agriculteurs pour les prix en janvier, il disait qu'on pouvait aller vers une inflation à deux chiffres en France. Qu'est-ce que vous répondez ?
Nous, on fait deux choses pour lutter contre l'inflation. Un, on fait en sorte que les entreprises n'aient pas à augmenter leurs prix, ou en tout cas à les augmenter de manière limitée, en les aidant au départ. Vous parlez des agriculteurs, vous parlez des entreprises. On met en place un amortisseur sur le prix de l'électricité pour que leur facture d'électricité baisse et qu'elles n'aient pas à la répercuter sur le prix que payent les consommateurs. Ça, c'est la première chose. Peut-être que Michel-Édouard Leclerc n'avait pas encore pris connaissance des 10 milliards d'euros qu'on met pour accompagner les entreprises, les agriculteurs, face à leur facture d'énergie l'an prochain.
La première ministre l'a annoncé.
Je dois le dire, Michel-Édouard Leclerc était venu même avant la guerre en Ukraine et il avait dit qu'on va vers une très grosse inflation, une inflation autour de 5 à 6%.
Je ne remets pas en cause, vous savez...
Mais ils n'ont tristement donné raison.
Évidemment, et je ne remets pas en cause ni son travail, ni son expertise sur le sujet. Ce que je dis, c'est qu'on met le paquet pour faire baisser les factures d'énergie des entreprises et des agriculteurs. Et de l'autre côté, est-ce qu'on peut éviter cette inflation à deux chiffres ? Comment ? Est-ce qu'on peut éviter cette inflation à deux chiffres ? Aujourd'hui, notre prévision d'inflation pour l'année 2023, elle est de 4,2%. Maintenant, moi, je ne fais pas de la politique avec une boule de cristal. Je ne peux pas vous dire avec une certitude absolue ce qui se passera dans les mois qui viennent.
Ça veut dire que ça baisserait, nettement. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a une prévision 2, vous prévoyez 4,2.
Bien sûr, c'est les prévisions. C'est pas de la méthode Coué ? Ah ben non, vous savez, on a des prévisionnistes, la Direction Générale du Trésor, c'est des parieurs des prévisions.
Mais on sent bien, même sur la croissance. Parfois, vous avez quand même des... Voilà, vous donnez des projections en espérant que ça va être autoréalisateur.
Oui, mais regardez ce qui s'est passé cette année. On avait fixé un objectif de croissance à 2,5%. Avant l'été, vous avez un certain nombre d'observateurs, parfois d'économistes, qui ont dit qu'ils n'atteindront jamais leurs 2,5% à la fin de l'année. C'est impossible, ils seront entre 2, 2,3%. On a atteint les 2,5% dès cet été, dès le mois de septembre. Donc, moi, je veux bien qu'on dise qu'on fait des prévisions qui, parfois, sont trop optimistes. Elles sont peut-être volontaristes, mais en tout cas, cette année encore, on voit qu'elles se sont traduites dans les faits. Et ce n'est pas uniquement grâce au gouvernement.
C'est grâce à toutes les femmes, tous les hommes qui s'engagent au quotidien dans nos entreprises, qui font vivre notre économie.
Le gouverneur de la Banque de France, il table pour l'an prochain sur une croissance entre moins 0,5%, là, on serait carrément dans la récession, et plus 0,8%.
Il y a différents scénarios et différentes hypothèses sur lesquelles a travaillé la Banque de France. Effectivement, il y a des scénarios qui sont très dégradés. C'est des scénarios dans lesquels il y aurait une rupture d'approvisionnement en produits énergétiques cet hiver. En gros, des scénarios où on n'aurait plus suffisamment de gaz ou d'électricité pour faire tourner notre économie et nos entreprises, ils ont des scénarios très dégradés que vous évoquez, la fourchette basse. Ce n'est pas le scénario sur lequel on travaille aujourd'hui. Pourquoi ?
Parce qu'on a rempli à 100% nos stocks de gaz, parce qu'on travaille beaucoup avec EDF pour le redémarrage de nos réacteurs, et donc ce n'est pas notre scénario. Nous, le dernier chiffre de prévision de croissance qu'on a fait pour 2023, il y a 1%. On l'actualisera s'il y a lieu de l'actualiser, mais aujourd'hui, il n'y a pas lieu de l'actualiser.
Vous restez donc plus optimiste que le gouverneur de la Banque de France. La question de ces sous, elle a des conséquences, à la fois sur la cohésion nationale et sur la protection des Français. D'abord, sur la cohésion nationale, il y a un certain nombre d'économistes qui désormais alertent aussi sur le risque de désolidarité de la France et des Français, que ça ne dégénère en crise sociale. Je recevais sur l'AMC cette semaine l'économiste Philippe Moetti qui travaille sur la question de la consommation qui disait que le grand problème aujourd'hui, c'est ceux qui travaillent et qui n'ont pas les moyens de vivre, tout simplement, et qui sont obligés de se serrer la ceinture.
Il y a 3 Français sur 10 qui déclarent se serrer la ceinture. Aujourd'hui, c'est un sondage élabe pour BFM TV. Est-ce que le problème, ce n'est pas ceux-là ? C'est-à-dire ceux qui gagnent leur vie, normalement, mais qui aujourd'hui ne la gagnent pas suffisamment pour pouvoir se payer ce qu'ils se payaient avant, c'est-à-dire un peu de loisirs, un peu de viande à table, au moins une fois par semaine. On se retrouve finalement comme autant dans les 4 où on avait peut-être une poule au pot le dimanche.
Oui, mais il y a aujourd'hui des classes moyennes qui travaillent, qui travaillent dur et qui ont le sentiment, un, de ne pas pouvoir vivre suffisamment bien, et deux, qu'elles travaillent pour d'autres qui ne travaillent pas. C'est quand même ça aujourd'hui qu'on vous dit quand vous vous déplacez dans le pays que vous rencontrez des Français qui travaillent. Nous, on travaille, on fait des efforts, mais il y a des gens qui ne travaillent pas, qui sont aidés par la solidarité nationale.
Mais est-ce que vous êtes inquiet de ce risque aussi ? Je pense que la réponse à ça... D'un climat comme pré-gilet jaune.
La réponse à ça, Pauline de Malherbe, c'est deux choses. C'est un, être très clair et ferme sur le fait que dans une économie où il y a des perspectives d'emploi aujourd'hui, ceux qui ne travaillent pas doivent être incités à la reprise d'emploi. C'est la réforme de l'assurance chômage où on assume de durcir les règles d'assurance chômage pour inciter davantage à la reprise de l'emploi. Et la deuxième chose, c'est d'accompagner aussi financièrement les classes moyennes. Et moi, je peux vous dire que c'est quelque chose qui me tient beaucoup à cœur.
Quand on fait le bouclier tarifaire et qu'on bloque l'augmentation du prix du gaz et de l'électricité à 15% pour tout le monde au lieu de 120%, c'est les classes moyennes essentiellement qui en bénéficient. Elles, elles n'ont pas de chèque énergie. Elles n'ont pas le chèque énergie que reçoivent les plus modestes. Par contre, elles bénéficient du bouclier tarifaire. Ça nous coûte beaucoup plus cher que le chèque énergie. La suppression de la redevance télé, c'est des Français qui travaillent qui la payent.
Mais par contre, il y a la taxe foncière qui va augmenter.
Mais ça, c'est le choix des maires, Apolline de Malherbe. C'est des maires qui décident d'augmenter la taxe foncière.
Ils disent aussi que c'est parce que vous les aidez beaucoup moins qu'avant.
On les aide beaucoup plus qu'avant. Cette année, filet de sécurité, 500 millions d'euros. Je suis en train de verser des accomptes aux communes. Il y a des accomptes qui vont jusqu'à 1 million d'euros.
Qu'est-ce que vous dites à Anne Hidalgo
qui va augmenter de près de 50% de la taxe foncière à Paris ? Anne Hidalgo, je lui dis que plutôt qu'augmenter les impôts des Parisiens, qu'elle fasse des réformes de structure à la ville de Paris. Qu'elle fasse les réformes de structure. Il y a plus de fonctionnaires à la ville de Paris qu'à la Commission européenne. Ils ne sont toujours pas aux 35 heures. Elle a été condamnée par le tribunal parce qu'il fallait les mettre aux 35 heures. Elle dit qu'elle les a mis aux 35 heures, mais en réalité, elle joue sur l'heure de départ. C'est-à-dire, au lieu de dire qu'on finit à 17 heures, c'est 17 heures 2. Comme ça, sur l'année, on peut dire qu'on fait les 35 heures.
Ce n'est quand même pas sérieux. Il y a des dépenses discrétionnaires de subventions qui ont très fortement augmenté ces dernières années. Donc, il y a la possibilité de maîtriser les dépenses. C'est de sa faute, c'est de sa responsabilité. En tout cas, je peux vous dire que l'État, il est au rendez-vous pour l'accompagner. Il y a encore quelques jours, on a fait un versement exceptionnel de recettes de TVA de 50 millions d'euros. Là, la ville de Paris vient de nous demander un accompte justement sur une aide pour l'énergie. On va leur verser autour de 15 millions d'euros.
Mais moi, je le dis à un moment, ce n'est pas l'État qui peut, en toutes circonstances, compenser l'absence de réformes de structures à la ville de Paris. On ne va quand même pas augmenter les impôts de tous les Français pour financer l'absence de réformes à la ville de Paris.
Et les Français, est-ce qu'ils seront protégés ? Est-ce qu'ils auront les moyens de faire face s'il y avait une attaque, s'il y avait une guerre longue, s'il y avait une guerre qui frappait à nos portes ? Hier matin, à ce même micro, c'était le général Pierre Devilliers, l'ancien chef d'état-major des armées. Et voilà ce qu'il dit du budget de l'armée.
Il fait 20 ans qu'on parle d'accroître notre capacité en force de réserve. Nous avons 40 000 réservistes. Ça fait 20 ans qu'on pense augmenter tout ça. On ne l'a pas fait.
Comment on ne l'a pas fait ? C'est Bercy qui décide de notre stratégie militaire.
On ne l'a pas fait essentiellement pour des histoires de moyens budgétaires, comme d'habitude, avec les astuces de garçons de bain, de gestion en gestion qui nous ont imposé une pression budgétaire. N'oubliez pas qu'entre 2008 et 2015, on a supprimé 20% des effectifs militaires. Pour moi, c'était une myopie. C'était en fait une faute à l'aune du contexte que nous voyons aujourd'hui.
Il estime que même aujourd'hui, les augmentations ne sont pas du tout à la hauteur, que ça ne suffira pas qu'on n'est pas dans la bonne échelle. Il parle d'une faute.
La région, le général Devilliers, quand il dit que dans les quinquennats précédents, on a supprimé des effectifs et on a eu des budgets qui n'étaient pas du tout à la hauteur.
Ça vous arrange quand même de retenir ce petit morceau de la phrase sur les quinquennats précédents. Je ne pense pas qu'on puisse dire qu'il est particulièrement
complaisant avec le gouvernement. Il parle aussi d'aujourd'hui. Aujourd'hui, Apolline de Malerme, je vais vous dire, le budget de la Défense l'an prochain, plus 3 milliards d'euros. Oui, plus 3 milliards mais plus 100 milliards en Allemagne. Vous prenez la loi de programmation. Mais il parle de beaucoup plus bas les Allemands. Il parle de beaucoup plus bas.
Mais aujourd'hui, avec les mêmes moyens que nous, il décide d'y aller.
Apolline de Malerme, prenez la loi de programmation militaire puisque le ministère de la Défense, c'est le ministère par excellence où on le programme sur plusieurs années. La précédente, donc le quinquennat de François Hollande par rapport à celle d'aujourd'hui. Aujourd'hui, c'est plus 33%. 33%. 3 milliards d'euros d'augmentation par an. On réarme notre ministère des Armées. Et sur la question des réservistes, ça fait partie de nos grandes priorités. Il y a une loi de programmation militaire, une nouvelle, qui est en train d'être préparée. J'y travaille avec mon collègue Sébastien Lecornu. Mais justement,
sur cette loi-là, ce que nous disait le général de Villiers, c'est que le problème, c'est que normalement, on part de la situation et des menaces. Et en fonction de ça, on dit, on a besoin de temps. Il dit aujourd'hui, c'est l'inverse. Il dit aujourd'hui, c'est à Bercy qu'on dit, on attend et puis on va se débrouiller
même face aux menaces. C'est exactement ce qu'on est en train de faire, ce qu'a demandé le président de la République. On s'est réunis avec le président du Conseil de Défense. Justement, il y a une revue stratégique qui est faite. Le président en a parlé hier. Quels sont nos besoins aujourd'hui au XXIe siècle ? Voilà, le président l'a dit. Continuer à investir sur la dissuasion nucléaire qui est d'ailleurs une garantie aussi pour l'ensemble du continent européen. Aujourd'hui, c'est la France qui garantit cette sécurité, la cyberdéfense et la résilience de notre pays et les réserves.
Et on part de ces besoins et ensuite, on me demande à moi, ministre du Budget, de mettre les moyens nécessaires pour accomplir ces objectifs. Et je peux vous dire que c'est ce qu'on fait. Et vous n'allez pas rogner. Vous n'allez pas dire qu'il faut faire moins. Évidemment que non. Vous savez que là, il y a une augmentation de 3 milliards d'euros. C'est inédit. Quand on regarde ces dernières années, il n'y a pas eu de marge et d'augmentation aussi forte sur une année. Gabriel Attal,
vous avez entendu la liste des bleus. Est-ce que vous allez regarder la Coupe du Monde ? Est-ce que vous irez même peut-être, vous ou d'autres membres du gouvernement, assister au Qatar ?
Non, moi, ce n'est pas prévu. En tout cas, dans mes fonctions, ministre du Budget, je regarderai les matchs. La ministre des Sports, elle ira ? Ça, je ne peux pas répondre. Vous n'allez pas discuter avec elle ? Non, je ne vais pas poser la question.
Je lui poserai directement. Merci, Gabriel Attal, en tout cas, d'être venu ce matin. Vous êtes le ministre délégué chargé des comptes publics. Il est 8h53 sur RMC BFM TV.
Gabriel Attal