Bruno Le Maire : « Les politiques ne décident plus »
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00ComplaisanteRéponse directe
Pourquoi avoir souhaité inviter Bruno Le Maire pour parler de son livre ?
- 0:42OuverteRéponse directe
Quel est l'objectif principal de votre livre ?
- 2:08OuverteRéponse directe
Pourquoi un cuisinier vous a-t-il dit que les politiques ne décident plus ?
- 3:34OuverteRéponse directe
Comment la France et l'Europe peuvent-elles tirer leur épingle du jeu face aux bouleversements actuels ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Pourquoi le combat pour la langue française est-il fondamental selon vous ?
- 6:22OuverteRéponse directe
Quelle est votre proposition concrète pour la garde des enfants dès 1 an ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:49Chiffre
« Nous allons finir l'année 2026 avec un chômage qui est reparti à la hausse, une désindustrialisation qui repart. »
- 3:53Promesse
« Il faut un gouvernement de 10 membres maximum 10 ministres dont le nombre serait fixé dans la constitution. »
- 4:17Promesse
« Il faut encadrer le pouvoir d'amendement des parlementaires sur les discussions budgétaires. »
- 5:39Promesse
« Il faut offrir une solution de garde à tous les enfants entre 0 et 3 ans et donc à toutes les familles. Dès l'âge de 1 an, il faut qu'il y ait une solution de garde. »
- 8:33Fait
« Imaginez demain un prochain ministre de l'éducation nationale s'il ne reste pas entre 5 et 10 ans, son action c'est zéro. »
- 10:43Fait
« Nous sommes face à une révolution technologique qui est la révolution industrielle la plus importante depuis le 19e siècle. »
- 12:11Fait
« La Chine qui il y a 30 ou 40 ans avait un niveau de développement bien inférieur au nôtre dont on se disait c'est un grand pays agricole mais ils vont mettre des siècles avant de sortir de leur sous-développement chronique. »
- 12:55Fait
« Si c'est l'État qui décide tout seul en disant voilà la bonne technologie, vous êtes sûr de vous planter. »
- 13:35Promesse
« Dans les iPhones, dans vos télévisions, dans vos voitures, il y aura 20 30 40 % de composants européens. »
- 17:13Chiffre
« Le déficit commercial entre l'Europe et la Chine, c'est 1 milliard d'euros par jour. Par jour. 360 milliards d'euros sur l'année. »
- 17:58Fait
« La Chine est en train de tuer l'industrie européenne. »
- 25:47Promesse
« Il faut abandonner la règle de l'unanimité sur un certain nombre de sujets pour passer à la règle de la majorité qualifiée. »
Temps de parole
- ?100 %
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Bonjour, j'ai le plaisir d'être ce matin avec Bruno Lemire. Merci d'avoir accepté mon invitation. Je voulais évoquer avec vous votre livre Le temps d'une décision qui est publié chez Galimar. Alors Bruno Lemè, pourquoi j'ai souhaité vous avoir pour parler de votre livre ? Ce qui m'a marqué, j'ai repensé après l'avoir refermé à ces grands livres qui racontent une époque de la même manière qu'Alin Perfit ne raconter l'époque golienne que Hubert Vedrine ou plutôt Roland Duma surtout raconter cette ce changement d'époque vous le faites pour comprendre comment le monde a évolué. Il y a d'autres livres comme Jean-François Poncé aussi, mais c'est Jean-François Poncé, c'est pas pareil parce que le monde n'avait pas beaucoup évolué en cette période très giscardienne. Il
était sur ces sur ces deux blocs. Mais là, votre livre, je crois qu'il devrait être lu dans 10 ans, 20 ans, 30 ans, 50 ans pour comprendre une époque. Voilà pourquoi je voulais vous avoir. Écoutez, c'est très gentil à vous et je suis très heureux d'échanger avec vous ce matin. L'objectif du livre effectivement, c'est de montrer les bouleversements auxquels nous devons faire face. Essayer aussi d'apporter des réponses. Ces bouleversements pour moi, ils sont de la profondeur de bouleversements historiques comme ceux qu'on a connu au moment de l'arrivée de l'imprimerie, au moment du lendemain de la première ou de la deuxième guerre mondiale, mais ils sont tous combinés ensemble. Nous avons une révolution
technologique qui va totalement transformer les rapports humains et le fonctionnement de notre économie. Nous avons dans le même temps une accélération du réchauffement climatique qui amène évidemment des réponses très radicales et nous avons une explosion de l'ordre international tel que nous le connaissions depuis 1945 avec le retour de la force brute comme seul mode d'organisation des relations internationales notamment entre la Chine et les États-Unis. [grognement] Toute la question à partir de là, c'est de savoir comment est-ce que la France et l'Europe peuvent tirer leur épingle du jeu, comment est-ce qu'elles peuvent jouer leurs atouts. Mais ça suppose d'abord d'avoir un regard lucide. La période que nous vivons et c'est ça qui crée de l'angoisse et de l'inquiétude
légitime chez nos compatriotes est un moment de bouleversement, de tournant historique comme il en arrive un tous les deux ou trois siècles. Alors ce qui est amusant parce que vous le racontez au début du livre, il y a votre périple en France et puis à force de vous en parfois on vous croise et d'une façon euh pas très diplomatique, on vous reproche les déficits, les comptes publics et un jour un cuisinier vous dit "Ben finalement, on a compris, vous les politiques, vous ne décidez plus de rien." Et c'est ce qui a fait l'objet de ce livre. Oui, c'est la vraie interrogation du livre. C'est dans le fond après 30 années de vie publique où j'ai été ministre de l'agriculture de Nicolas Sarkozy, conseiller de Jacques Chirac, j'ai commencé ma vie politique nationale
avec Jacques Chirac, ministre de l'économie et des finances. J'ai toujours essayé de donner le meilleur de moi-même, de faire le mieux possible, mais je reconnais bien volontiers que les résultats aujourd'hui ne sont pas à la hauteur de nos attentes. Nous allons finir l'année 2026 avec un chômage qui est reparti à la hausse, une désindustrialisation qui repart. et des inquiétudes qui n'ont jamais été aussi profondes chez nos compatriotes. Et l'une des explications que j'apporte, c'est que les politique ne décident plus, ne veulent plus décider ou ne savent pas suffisamment jouer avec les autres forces en présence qui sont les autres États européens, les géants de la tech et les puissances financières. Donc tout mon livre est un appel à reprendre
en main la décision politique pour que elle puisse véritablement avoir de l'effet positif sur la vie de nos compatriotes. Ce qui suppose d'arrêter avec des petites réformes ici ou là qui donnent jamais de résultat, mais ce qui doit nous amener à repenser un modèle économique, un modèle politique, un modèle social qui soit infiniment plus efficace que ce qui existe aujourd'hui. Alors je vais pas multiplier les exemples, je donne un exemple très concret. un gouvernement avec 40 ou 45 membres, c'est l'assurance d'avoir un gouvernement inefficace. Il faut un gouvernement de 10 membres maximum 10 ministres dont le nombre serait fixé dans la constitution. Pensez qu'on pourrait adopter des budgets à l'équilibre si vous laissez aux parlementaires toute liberté pour
déposer des amendements de dépenses supplémentaires à chaque examen du budget, c'est l'assurance qu'on ne rétablira jamais jamais jamais l'équilibre de nos finances publiques. Il faut encadrer le pouvoir d'amendement des parlementaires sur les discussions budgétaires. C'est des petits exemples concrets mais qui peuvent changer la donne et avoir au bout du compte un modèle qui soit plus efficace. Au début, j'ai vraiment apprécié en quelques lignes votre engagement. D'abord, vous écrivez ça, on le sait extrêmement bien depuis des décennies quand on vous lit Bruno Lemè, mais euh l'engagement pour notre langue qui a fait notre force pendant des siècles et qui a un des appuis du renouveau français, ça fait plaisir tellement on a
capitulé dans les réunions internationales. Je pense que c'est un des combats, merci de le merci de le souligner parce que je pense que c'est un des combats fondamentaux. Il peut pas y avoir d'unité de la nation française si nous ne parlons pas la même langue. Alors aujourd'hui, qu'est-ce que nous voyons ? Qu'est-ce que montrent les derniers résultats PISA et qu'est-ce que montre tout simplement les échanges que nous pouvons avoir les uns entre les autres ? C'est que les Français comprennent et maîtrisent de moins en moins bien leur propres langues. Ils la lisent de moins en moins bien et d'ailleurs ils lisent de manière générale beaucoup moins. Et bien ce combat pour la langue française et pour la lecture doit être le combat fondamental. Il y a quelques jours, j'ai
fait une proposition qui a fait couler beaucoup d'encre. Volontairement, elle était provocante pour amener au débat qui était de dire il faut offrir une solution de garde à tous les enfants entre 0 et 3 ans et donc à toutes les familles. Dès l'âge de 1 an, il faut qu'il y ait une solution de garde. J'ai parlé de maternel à 1 an, donc on a dit il veut faire de nos enfants de 1 an des petits écoliers. C'est évidemment pas du tout mon objectif. Mon objectif, c'est que dès l'âge de 1 an, vous puissiez garantir qu'un enfant en France, qu'il habite dans les villes ou dans les campagnes, dans une zone rurale reculée ou dans un quartier en situation difficile, sa mère, son père, ses parents puisse avoir un droit à une modalité de garde, crèche, crèche
privée, crèche associative, crèche collective ou une assistante maternelle qui garantit que dès l'âge de 1 an, chacun de nos enfants aura une sociabilité qui se développera. un rapport aux autres et pourra entendre la langue française dès son plus jeune âge dans les meilleures conditions possibles. Qu'il aura quelqu'un qui lui parle le français, qui s'exprime en français, qui lui raconte des histoires en français, les yeux dans les yeux tous les jours. Et ça c'est la garantie que dès le début, dès l'enfance, dès le moment de l'éveil qui est le plus important de l'existence, nous aurons des enfants qui pourront être familiarisés avec la langue française. Ce combat pour la langue, c'est un combat pour l'unité de la nation. C'est un combat pour notre
culture qui s'exprime dans cette langue et je vais vous dire, c'est même un combat pour la paix sociale. Car je suis convaincu que quand on ne s'exprime pas avec les mots, on finit par s'exprimer avec des gestes et avec des coups. Évidemment, et on le voit bien dans la réduction du débat intellectuel, politique, la caricature que l'on fait dès que l'on veut évoquer certains sujets, c'est l'ostracisme et ça se finit en coup. C'est la réduction de la langue et de la pensée. Exactement. Logique. Bruno Lemè. Ex. Exactement. Et d'ailleurs, il suffit de regarder des archives qui sont souvent diffusé par Lina qui sont très intéressantes. Vous avez Lina qui interroge des petits garçons, des petites filles françaises dans les années 60. On voit leur niveau de maîtrise de la langue française. C'est
totalement stupéfiant. Ben tout ça, ça ne doit pas se perdre et nous devons impérativement retrouver ce niveau de connaissance et de maîtrise de notre langue qui fait notre nation. Alors, vous évoquez aussi donc on va revenir progressivement sur l'objet de votre livre, c'est-à-dire qui décide dans ce monde. Euh, il y a plusieurs choses, mais j'ai envie d'évoquer aussi le temps long qui me semble être très important dans les nations qui cultivent ce temps long dans leur dirigeants politiques. À un moment vous discutez avec un des conseillers de Joe Biden. C'est passionnant, vous réfléchissez à l'envenir puis après je vois que tout cela ne sert à rien puisque vous dites que vous n'êtes plus à votre poste et lui n'est plus à son
poste. Et cette notion de ça m'a rappelé cette notion de temps long qui est indispensable. Quand vous aviez des ministres des affaires étrangères comme Tarekasiz que vous avez connu, lui il était sur un hyper temps long, il a connu tout le monde. Est-ce que ce temps comment concilier la démocratie est le principe de ces temps longs pour ces postes très régaliens ? C'est bon, je partage évidemment ce que vous dites sur le temps long. le temps long et la garantie de l'efficacité en politique. Imaginez demain un prochain ministre de l'éducation nationale s'il ne reste pas entre 5 et 10 ans, son action c'est zéro. Il faudra que gérer l'ensemble des fonctionnaires sans avoir absolument
aucun impact sur la transformation indispensable de notre modèle éducatif, sur l'indépendance qui doit être donné aux écoles et au collèges, qui doit être donné aux chefs d'établissement, sur la meilleure gestion des personnels, un meilleur recrutement, un meilleur accompagnement et surtout une plus grande valorisation de tous les enseignants qui doivent redevenir le métier essentiel dans la République. Et ça suppose un ministre qui reste au moins 5 ans et de préférence entre 5 et 10 ans. Une des propositions que je fais, c'est que vous nommez un ministre, il réussit, il reste en poste, il échoue, il ne reste pas en poste, mais il ne passe pas d'un poste à un autre comme une grenouille saute d'une pierre à une autre sur un ruisseau. Ça c'est plus possible. Ces espèces de carrières
où vous avez des midis qui tous les 6 mois changent de poste alors qu'ils ont même pas fait leur preuve dans le poste précédent, c'est vraiment une façon de se moquer des Français. La stabilité et gage d'efficacité. Et c'est encore plus vrai dans un moment de grand bouleversement comme celui que j'ai décrit. Vous avez un bouleversement géopolitique, financier, bouleversement climatique. Euh tout cela, je l'ai dit, les gens le voient, les gens le vivent. Mais vous avez besoin d'inscrire votre action dans des années et dans des décennies beaucoup plus que dans des mois. Je donne là aussi des exemples très concrets. Nous sommes face à une révolution technologique qui est la révolution industrielle la plus importante depuis le 19e siècle. Jamais une révolution économique, technologique
et industrielle n'aura autant transformé nos façons de voir le monde, notre espace cognitif et les rapports de puissance entre les grandes nations. Jamais, jamais, jamais. C'est un bouleversement qui n'a pas d'équivalent dans l'histoire humaine. Et bien, nous devons choisir le temps long et nous français, nous européens collectivement faire massivement le choix de l'intelligence artificielle, du digital, des semi-conducteurs, des data centers parce que c'est là qui est la prospérité de demain. Alors, il faut l'encadrer, il faut des règles bien entendu. un débat qui est extrêmement important, mais le choix stratégique de long terme, le choix de stabilité qui doit être fait, c'est le choix des nouvelles
technologies. Ça doit être la priorité numéro 1 absolue de la France qui a tous les atouts pour réussir dans ce domaine-là et de l'Europe. Et [grognement] je termine par une comparaison. Il faut quand même se demander pourquoi la Chine en est là où elle est aujourd'hui. Comment la Chine qui il y a 30 ou 40 ans avait un niveau de développement bien inférieur au nôtre dont on se disait c'est un grand pays agricole mais ils vont mettre des siècles avant de sortir de leur sous-développement chronique. Aujourd'hui c'est la deuxème puissance mondiale derrière les États-Unis. Pourquoi ? parce qu'ils ont fait des choix stratégiques et qu'ils y sont tenus pendant 15 ans, 20 ans ou 30 ans. Ils ont fait le choix du véhicule électrique, ils ont fait le choix des batteries, ils ont fait le choix des
panneaux solaires, ils ont fait le choix du nucléaire et ils se sont tenus à ces choixlà pendant 15 ans ou 20 ans sans jamais varier. C'est ça la raison du succès chinois. Alors, il y a des défauts, des erreurs dans le modèle chinois bien entendu, mais demandons-nous nous quand même, nous européens, nous français pourquoi la Chine a émergé comme grande puissance à cause de la stabilité et de la constance dans ces choix de politique publique. Oui, mais si euh c'est très intéressant. Ah voilà, je pense à ça. Si on vous écoute, alors on serait resté au Minitel dans la constance des choix de la politique publique ou à la norme des deux Mac Paquet pour la haute définition. Je me souviens de Catherine
Taska qui inaugurait le ED2 Mac la haute définition à la télévision comme si c'était un événement mondial. Heureusement, on a su changer face à cet échec. Non, parce que justement ce que vous avez parfaitement raison de souligner, c'est c'est un grand risque. Si c'est l'État qui décide tout seul en disant voilà la bonne technologie, vous êtes sûr de vous planter. Je vous le dis très simplement, l'État n'est pas outillé. L'État n'est pas outillé pour choisir la technologie qui va gagner. C'est même l'assurance d'aller droit dans le mur en claxonnant. Il faut simplement qu'on se dise, nous mettons la priorité absolue sur les innovations technologiques, sur par exemple la finir des semi-conducteur qui va être absolument clé parce qu'ils seront dans tous les objets de la vie
quotidienne, que ce soit votre voiture, votre robot mixeur, votre télévision, votre téléphone portable, mais ensuite que le meilleur gagne. C'est l'entreprise qui aura la meilleure technologie, qui gagnera le marché. Nous ce que nous pouvons garantir c'est de dire dans les iPhones, dans vos télévisions, dans vos voitures, il y aura 20 30 40 % de composants européens. Ça c'est obligatoire. C'est la règle que nous pourrions fixer au niveau européen et au niveau du gouvernement français. Mais ça ne peut être fait évidemment qu' gouvernement européen avec l'impulsion donnée par le gouvernement français. Ensuite, quelle technologie ? Bah ça c'est que le meilleur gagne. Celui qui a la meilleure technologie, celui qui est le plus avancé en Europe. C'est certainement pas au gouvernement de dire
cette technologie là va marcher, pas cette autre parce qu'il est incapable de le faire. C'est ça que je propose, un choix de stabilité sur le long terme, l'innovation et nouvelles technologies, une méthode dans laquelle le gouvernement fixe les règles pour créer du contenu européen et des entreprises privées qui elles font une compétition pour savoir qui a la meilleure technologie. C'est passionnant cette conversation. Vous évoquez la Chine par exemple, monsieur le ministre, je voulais avoir votre analyse, c'est que très souvent on a longtemps associé la puissance économique à la liberté, la liberté démocratique, liberté de création parce que c'était la liberté de remettre en question, de contester l'État dans ses choix. Le chef, on peut contester pour
avancer. C'est pour ça qu'on dit souvent que l'URSS s'est effondré hein, enfin ne s'est jamais développé économiquement sauf par le pillage et que les États-Unis sont devenus très prospères parce que là avait été contre les libertés, l'autre était pour les libertés. Or cette théorie me semble être contredite par la puissance de la Chine. Qu'en pensez-vous ? Parce que la Chine est un modèle qu'il faut regarder effectivement de très près, qui est totalement incompatible avec nos valeurs occidentales et nos valeurs démocratiques et qui repose sur deux piliers qui semblent contradictoires mais que la Chine en raison de sa très longue histoire de centralisation a réussi à faire fonctionner. Vous avez d'un côté un régime ultra autoritaire
concentré comme pratiquement aucun autre pays ne concentre le pouvoir au monde. Shisingping aujourd'hui est là pour plusieurs années encore. Il a 72 ans. Il aura un nouveau mandat qui va être très probablement renouvelé. Le pouvoir être entièrement concentré entre ses mains et entre les mains du parti communiste chinois. Donc c'est un régime autoritaire avec une très forte concentration du pouvoir mais qui est associé et c'est là toute l'originalité du modèle chinois un capitalisme sauvage où la rivalité entre les entreprises est féroce où vous pouvez avoir des dizaines et des dizaines de constructeurs automobiles qui naissent il y a 10 ans et ensuite dès qu'il y en a un qui tombe il est éliminé. Le plus faible disparaît
seul le plus fort survit. Donc c'est un système autoritaire dans un modèle de capitalisme sauvage comme il n'en existe quasiment nulle part ailleurs. C'est ça l'originalité du modèle chinois et c'est pour ça qu'il n'est absolument pas transposable à l'Europe et qu'il n'est pas souhaitable du tout qu'il soit transposé à l'Europe parce que nous sommes attachés à la démocratie et que nous ne croyons pas à un capitalisme sauvage. En revanche, la conclusion que nous devons en tirer, c'est qu'à partir du moment où ce modèle là ne respecte pas nos règles, notamment en matière de subvention publique puisque le pouvoir est très concentré, vous avez des filières entières qui ont été lourdement subventionnées par le gouvernement chinois pendant des années, des années et des années. Les panneaux
solaires, les véhicules électriques, les batteries, les éoliennes, tous ces secteurs d'activité ont été très lourdement subventionnés. Quelles conséquences il faut que nous en tirions nous européens ? Et ben, on doit rétablir une concurrence équitable. et rétablir une concurrence équitable, c'est de dire tous vos biens qui ont été largement subventionnés ne peuvent être vendus sur le sol européen que s'il paye un droit de douane à l'entrée et pas un petit droit de douane, un droit de douane très élevé qui va rétablir l'équilibre commercial entre la Chine et l'Europe. Je rappelle juste un chiffre pour que chacun mesure l'importance de la bataille qui se joue. Le déficit commercial entre l'Europe et la Chine,
c'est 1 milliard d'euros par jour. Par jour. 360 milliards d'euros sur l'année. Je vais le dire avec encore plus de brutalité. La Chine est en train de tuer l'industrie européenne. Donc si nous ne prenons pas la mesure de ce qui se passe, si nous ne rétablissons pas immédiatement l'équilibre commercial par une préférence européenne, par le recours à des marchés publics européens réservés aux entreprises et aux PME européennes par des tarifs doués sur les biens qui sont soit très carbonés, soit qui ont été lourdement subventionnés, nous sommes morts. Donc il y a urgence à réagir, à réagir avec beaucoup de force. Quand j'étais ministre de l'économie, j'avais exigé et obtenu la mise en place
de droit de douane sur les véhicules chinois électriques qui rentraient en Europe. Nous avions fixé les droits de douan à 34 %. C'était un point de départ. Ben maintenant, il faut aller beaucoup plus loin. Ah, j'ai aimé dans votre livre. Alors là, je le dis pour les auditeurs, dans le livre, il y a des anecdotes par exemple sur Xy Jimping. C'est digne d'un film comique, hein. Je vais on pas dire on va pouvoir dire plus. C'est l'anecdote sur la bouteille de Thermos. Bon mais plus sérieusement comme pour rebondir sur ce que vous dites ben je reviens sur la bouteille de thermos parce que vous savez les anecdotes et les détails sont toujours révélatrices parce que ça montre de je raconte cette anecdote dans le livre il y en a beaucoup d'autres aussi sur Donald Trump
ou sur Vladimir Poutine parce que ces anecdotes je les mets pas pour le sens du détail je les place parce qu'elles sont révélatrices d'un régime politique. Donc là c'est un moment où Chishing Ping est à Paris, il donne une conférence de presse avec le président de la République. Il est sur une estrade derrière une table et il y a devant lui posé un thermos qui doit être un thermos de thé avec un gobelet à côté. Car King Ping ne boit jamais ni l'eau du robinet, ni l'eau minérale que vous lui servez, ni le thé que vous lui servez. Il a un porteur d'eau qui l'accompagne toujours qui est une petite mallette dans laquelle il y a différents thermos dans lesquels il y a de l'eau, de l'eau plate, de l'eau gazeuse, du thé et toutes les boissons dont Shishing Ping
peut avoir besoin. Donc le porteur d'eau a posé le thermos sur la table. Shisingping essaie d'ouvrir le thermos et n'y arrive pas. Donc il se débat avec le thermos et là je vois au pied de l'estrade la panique totale des officiers de sécurité, des conseillers, des aides de camp qui se demandent est-ce qu'il faut qu'on intervienne ou pas. Finalement, c'est une jeune femme qui intervient et qui va ouvrir le thermos au grand soulagement de toute la délégation chinoise. Mais cette panique, elle est révélatrice du caractère totalement autoritaire du régime chinois. Quand le chef n'arrive pas à ouvrir le thermos, c'est la panique dans la délégation. Voilà. Et puis on apprend aussi que le mot réciprocité n'existe pas. Voilà. pour revenir sur ex qui se traduit pas en chinois ce qui crée pas mal de
difficultés dans les négociations. J'ai eu cette réflexion quand vous avez parlé de par exemple de Vladimir Poutine sur le peuple russe. Vous dites à un moment il est impossible de comprendre un peuple sans en maîtriser sa langue. Et je me suis souvent fait cette réflexion quand je vois la la manière dont euh nous sommes maintenant incompris dans de nombreux pays en Afrique ou dans le monde arabe. Je me souviens d'un monsieur que j'imagine vous avez parfaitement connu puisque vous étiez au K d'oré à cette époque. C'était André Janier qui était ambassadeur de France à Bagdad à l'époque avant 2003 et André Janier un jour j'étais à Bagdad, je voyais comment il se comportait dans la rue, comment il parlait arabe cour et c'était un pied noir. Et je me suis dit qu'on on a perdu
toutes ces générations, par exemple de diplomates piedir qui étaient nés sur le terrain et qui connaissaient parfaitement ce milieu et qui s'adaptait parfaitement comme un poisson dans l'eau au profit de gens certes talentueux mais qui ont appris tout cela dans les livres. Voilà, je pense vraiment c'est c'est un c'est une conviction très forte, une conviction d'amoureux des langues, une conviction de littéraire, une conviction aussi d'ancien diplomates puisque c'était mon premier métier. Vous ne pouvez pas comprendre un pays si vous ne maîtrisez pas sa langue. Vous pouvez l'observer, vous pouvez regarder, vous pouvez voir comment fonctionne son modèle économique, comment fonctionne son modèle social. Mais la compréhension
intime, elle passe par la langue. [grognement] Euh, j'ai beaucoup de proximité avec l'Allemagne, chacun le sait. Euh je pense qu'il est très compliqué de comprendre l'Allemagne si on ne parle pas la langue allemande. Euh c'est d'abord une façon de nouer des contacts plus proches avec les gens et puis comprendre cette structure mentale. Euh un pays dont la langue rejette le verbe d'action à la fin de la phrase est un pays qui pense l'action différemment d'un pays comme la France où la phrase est structurée avec le sujet, le verbe et le complément. Ça n'est pas la même rapport à la réalité. Ce n'est pas le même rapport à la décision. Donc je le dis pour la Russie, c'est un pays que j'aime beaucoup. J'aime beaucoup son peuple, j'aime beaucoup sa culture, même si je suis en opposition frontale
avec la politique de Vladimir Poutine, mais je n'ai pas la prétention de le comprendre parfaitement parce que je ne maîtrise pas sa langue. Vous maîtrisez la culture quand vous avez vu ce que Koutosop a été capable de faire, brûler sa ville pour éviter que l'ennemi rentre. On comprend très très vite de cette culture slave. On comprend mais on comprend la culture slave. Mais j'ai pas la prétention de parfaitement comprendre la culture slave. Je suis allé un nombre incalculable de fois à Moscou pour des négociations ou à Saint-Pétersbourg. J'ai beaucoup lu la littérature russe. Je suis un fan absolu de Checkoff. Je connais peu de livres aussi beaux et aussi poignants qu'Acarénine. Euh j'ai été plongé dans Doyevski comme beaucoup
de lecteur français parce que ça vous ouvre un monde qui est complètement étranger au monde que l'on peut connaître mais je le fais dans des traductions. Je le fais avec cette petite part de décalage et de distance qui vous empêche d'être vraiment au plus près de la réalité de la mouche. Très intéressant. En Europe, la décision politique est l'exception, écrivez-vous Bruno Lemire. La procédure technocratique et la règle. Nous sommes les champions hors concours des normes, des règles et des directives. C'est page 188 dans les livres de Bruno Lemire, le temps d'une décision. Alors à partir de ce constat, je me suis dit comment peut-on encore se prétendre être les défenseurs du monde libre face à une autre partie de la planète qui nous regarde avec amusement ce
défarlement de normes et qui justement euh nos adversaires, nos concurrents ou nos voisins se moquent de nous et nous et nous caricature caricature cette Europe comme une sorte de nouvelle URSS du 21e siècle en raison du poids des normes. J'essaie de comprendre pourquoi nous en sommes là. pour apporter des réponses qui soient à la hauteur. Là, je vois dans le débat public actuel autour de l'élection présidentielle, on multiplie les propositions pour un programme qui sont des programmes de ministres ou de premier ministre. Je ne vois aucune vision de long terme de la France ou de l'Europe qui traite le fond des problèmes auxquels nous sommes confrontés. Et donc c'est ce que j'essaie de faire dans ce livre, ce que j'essaie aussi de faire dans le manifeste que j'ai publié fin août qui
s'appelle une autre France et qui est disponible sur mon site internet www.unutrefrance.fr. Essayez de régler au cœur des problèmes. Je pense que le problème de l'Europe, vous l'z parfaitement résumé, c'est pas simplement qu'elle ne sait pas décider, c'est qu'elle ne veut pas décider. Et pourquoi est-ce qu'elle ne veut pas décider ? Pourquoi est-ce qu'elle est aussi rétive à la décision ? C'est que la décision c'est l'imagination de l'avenir. C'est un paris sur l'avenir et que l'Europe lestée par tout le poids de son histoire, de son de ses drames, de son passé, un mal fou à se projeter dans l'avenir. Et je pense que la première responsabilité demain d'un chef de l'État, c'est de projeter la France et
l'Europe dans l'avenir en assumant des décisions. Donc des décisions, qu'est-ce que ça veut dire très concrètement ? Bah ça veut dire que il faut abandonner la règle de l'unanimité sur un certain nombre de sujets pour passer à la règle de la majorité qualifiée. Là vous aurez des décisions. Je prends un exemple aussi très concret, l'Union des marchés de capitaux. Peut-être que ça dit rien à nos auditeurs. Qu'est-ce que ça veut dire très concrètement ? Ça veut dire la capacité pour un investisseur aller à Paris, Berlin, Rome, Madrid, Bruxelles ou n'importe quel autre capital d'Europe et lever de l'argent dans les mêmes conditions. Donc au lieu d'avoir 27 marchés financiers différents avec 27 règles différentes et 27 normes différentes, il aurait un seul marché et
donc il aurait accès aux dizaines de milliards d'euros de l'épargne européenne. Quand on est face à une révolution technologique comme celle que j'ai décrite, les besoins en investissement se chiffrent en dizaines ou en centaines de milliards d'euros. Donc pour arriver à financer la révolution technologique, il faut l'union des marchés de capitaux. Pour avoir l'union des marchés de capitaux, il faut une décision à la majorité qualifiée et non plus une décision à la l'unanimité. retrouver le sens de la décision, c'est le cœur de la réflexion de mon ouvrage et c'est pour ça que je l'ai appelé le temps d'une décision, c'est retrouver le goût de l'avenir. Je fais un lien direct entre la décision et l'avenir. Vous maîtrisez votre avenir si
vous retrouvez le goût de la décision. Vous retrouvez la capacité à dessiner l'avenir si vous retrouvez une capacité à prendre des décisions rapides, fortes et claires pour les citoyens. Pour moi, c'est un des enjeux politiques les plus fondamentaux de l'Union européenne et c'est pas de l'analyse théorique. Ça repose sur 30 années d'expérience et 7 ans comme ministre de l'économie et des finances où à chaque fois j'ai tapé du point sur la table en disant on va arrêter de se réunir, on va arrêter de causer, on va arrêter de discuter le boule gras, c'est bien sympathique. Mais maintenant il faut décider. Les autres avancent, les Chinois avancent, les Américains avancent. Nous aussi on doit avancer. Et à chaque fois ça se soldait par on verra la prochaine réunion et ben
c'est plus possible. Nous devons retrouver le goût de la décision pour retrouver le sens de l'avenir. Vous savez ce que vous dites ? A du sens là dans un dans notre région qui a été euh on a beaucoup on parle encore de l'affaire Notre Dame d'Eland de ce fameux aéroport. Voilà, la décision n'était pas là et on avance, on recule, on sait pas quoi faire. Et bien quand il y a pas de décision et c'est un des drames français, c'est que il n'y a pas de décision là aussi parce que comme en Europe, on a du mal à imaginer l'avenir alors que la France qui a un long passé a aussi un avenir absolument exceptionnel devant elle si elle est capable de changer complètement son modèle. Mais l'affaire de Notredame des Landes, elle est typique. Tout le monde
se mêle de tout. Personne n'est responsable de rien et au bout du compte, la décision qui est prise n'est même pas respectée. Lorsqu'une décision a été prise, qu'elle a été votée soit au niveau régional, soit au niveau national par le peuple français, elle ne doit plus souffrir aucune discussion. elle doit être exécutée. Sinon, c'est pas la peine d'avoir un système démocratique. C'est pour ça d'ailleurs que je suis favorable à ce qu'on étende le champ du référendum aussi bien au niveau local qu'au niveau national. Parce qu'à un moment donné, redonner la parole au peuple souverain, c'est une façon de garantir que sa décision soit respectée. Le peuple avait voté pour notre dame d'and. On a eu un référendum. Un des sujets, je je le sais bien mais c'est un
des sujets fondamentaux. Une fois que décision a été prise par le peuple français au niveau régional, au niveau national, elle ne doit plus soulever de question, elle doit être exécuté. Je pense qu'on abîme la démocratie en ne respectant pas l'expression du peuple souverain. Et je le dis là aussi, en reconnaissant mes erreurs sur le sujet, je me suis exprimé pour la Constitution européenne lors du référendum que nous avions perdu au début des années 2001. Ce référendum a été ensuite contourné par la voie parlementaire. Je pense que ça a abîmé l'Europe et ça a abîmé la démocratie. C'est pour ça qu'aujourd'hui je propose une nouvelle Europe à 6 pas à 27 et que le peuple
français s'exprime dessus pour laver cette tâche sur la démocratie française qui est le référendum contourné sur la Constitution européenne. Je voudrais terminer. Je sais que votre temps est précieux, Bruno Lemè et je vous remercie de m'avoir accordé tout ce temps pour parler de votre livre Le temps d'une décision. Vous évoquez les ambitions des géants de la tech qui pensent que la liberté, la démocratie ne sont plus compatibles. Certains géants pensent que la démocratie est décevante car elle donne le pouvoir à des gens qui ne le méritent pas. Et pourtant, c'est un vieux débat en France. Et un jour, on vous dit que les populations, c'est je crois que tu es un chinois vous dire ont besoin de prospérité et de sécurité mais pas de liberté. Alors, je me suis posé cette question.
C'est une question qui revient souvent quand je me balade souvent dans des pays autoritaires. Il y a différents pays autoritaires. Vous avez des pays où la démocratie n'existe pas mais le peuple fait à peu près ce qu'il veut tant qu'il s'occupe pas de politique. Et c'est parfois un grand bordel dans les pays arabes notamment. Euh la Chine, c'est différent, vous l'avez dit, c'est vraiment dictatorial, c'est le contrôle social de la population. C'est-à-dire quand le restaurateur a une terrasse qui est limitée, faut pas qu'il déborde. En Russie, c'est très différent. C'est bordélix. On se rapproche des pays arabes tant qu'on s'occupe pas de politique. Euh en France, voilà, on peut on peut vous
interpeller au coin de la rue, être insulter le président de la République et cetera. On nous dit, on est dans une démocratie. Puis après le petit commerçant va vous dire "Dès que je déborde de ma terrasse de 5 cm, j'ai la police qui arrive, on ne me pardonne rien. On est dans un chamboulement mondial, je sais plus." Alors quel qu'avez-vous envie ? Moi, je vous vois très pompiolien. Je me souviens des discours de politique générale de Pierre Mesmer qui parlait du bonheur des Français à chaque phrase. On a j'entends plus de politique qui nous parle du bonheur des Français. Mais je pense que c'est pourtant c'est une question majeure. Je reviens, je vais y venir tout de suite. Je reviens juste une seconde sur les gens de la tech pour que chacun comprenne bien et
il peut le comprendre aussi en lisant mon livre. Ce que je dis n'est pas de l'analyse théorique et tout l'intérêt de mon lit, c'est de raconter des anecdotes, des rencontres, des échanges direct. C'est exactement ce que ce que ce que vous disiez. Mais quand vous rencontrez des gens de la tech, que ce soit un Samaltman euh ou un Peter Till ou un Elon Musk, euh au bout de quelques minutes de discussion, ils vous disent les choses très clairement. Euh la démocratie et le gouvernement euh c'est complètement inefficace et on en veut plus. Il vous le disent aussi clairement que cela. Donc chacun doit prendre conscience de la gravité du moment. Pour que nous puissions lutter à armes égales contre les gens de la tech, la démocratie doit retrouver son efficacité.
Et la démocratie doit montrer qu'elle est capable elle aussi de décider, elle aussi de prendre des décisions fortes, elle aussi de prendre des décisions radical et d'avancer. Sinon, nous serons submergés par des géants de la tech qui ne nous feront aucun cadeau. Quant au bonheur des Français, je pense que les politiques n'ont pas à faire le bonheur des Français, mais ils ont à créer des conditions pour que les Français soient heureux. Vous dites "Pompidolien, c'est exactement effectivement le projet que je porte. Je pense que si vous rouvrez des perspectives de grands travaux en France, notamment, je le redis, sur les nouvelles technologie, mais aussi sur l'énergie, sur les réacteurs nucléaires, sur les barrages hydrauliques, sur les steps qui permettent d'améliorer les
barrages hydrauliques, sur les retenues collinaires dont nos paysans ont cruellement besoin, sur la construction de logement qui est indispensable notamment dans les zones tendues. Vous participez au bonheur des Français. Si vous leur laissez le fruit de leur travail, au lieu de les massacrer fiscalement avec des taxes et des impôts qui sont trop élevés, vous participez au bonheur des Français. Si vous leur laissez la liberté d'agir sans les contrôler de manière tatillonne et de manière exagérée, vous rendez le bonheur des Français. Prenez des agriculteurs auquels je suis très attaché. J'étais 3 ans d'agriculture. Je pense que la manière dont sont traité les paysans en France est indigne de la nation française, indigne de notre culture, indigne de ce que nous sommes. Il y a
peut-être pas une profession aussi surveillée, aussi contrôlée, aussi emmerdée tous les jours que la profession de paysan. Tout ça pour des revenus qui sont souvent extrêmement modestes. Mais rendons-leur leur liberté. Arrê-on de les soumettre à des contrôles tâtillon matin, midi et soir pour savoir s'il y a une breb, une brebur troupeau ou un demi-hectare en plus ou un demi-hectare en moins sur leur champ. C'est cela qui rendra le bonheur aux Français. C'est pas le faire à leur place, c'est leur laisser la liberté pour qu'ils puissent épanouir leur talent qui est considérable. Avez-vous déjà tapé du point sur la table en disant arrêtez d'emmerder les Français ? Ça m'est arrivé à 1000 reprises. J'ai tenté de le faire. J'ai parfois eu des bons résultats, parfois c'était plus
compliqué mais il faut persévérer. Vous avez tout à faire de persévérance dans la vie. Et on termine, j'ai une dernière question. Allez. Un jour Jean-Pierre Fourcan m'a m'avait dit qu' il veut qu'on se souvienne de lui que il a été le dernier ministre à avoir rendu les comptes publics à l'équilibre. Il étonit. Répétez ça. Alors, j'ai ma question c'est en deux parties parce que vous êtes évidemment plus jeune et encore beaucoup de choses à faire à l'époque où Jean-Pierre Fourcade répétait cela. quand il était maire de Boulogne, que voulez-vous que l'on retienne de vous en 2026 ? Et il vous reste peut-être encore une vingtaine d'années de vie professionnelle ou politique ou une trentaine. Voilà, qui c'est ça ? C'est c'est Dieu qui décide comme disent certains. Qu'avez-vous
envie que l'on dise de vous en 2050 ou en 2005 ou en 2060 ? Bruno le maire sur ce que vous avez envie. Je je suis très sincère avec vous. Je projette la France à 2050 avec les propositions que je fais sur l'innovation, sur la nouvelle organisation politique, mais je me projette pas moi. S'il y a une chose que je voudrais que on retienne, c'est juste que j'essaie de donner le meilleur en tirant les leçons de mes succès comme de mes échecs pour inventer un avenir français et pour créer de l'espoir. Voyez bien qu'aujourd'hui euh tout le monde est profondément inquiet, tout le monde est angoissé entre des prix de carburant qui explosent, le plein qu'on arrive plus à payer, euh les loyers qui sont trop élevés, euh le coût de
l'alimentation euh qui pour une famille nombreuse paraît insurmontable. Euh donc tout ça crée beaucoup d'angoisse. Moi j'essaie juste d'apporter des réponses à ma mesure. Euh certaines peuvent être critiquées, certaines peuvent être remises en cause mais j'ai la conviction absolue que si nous changeons de modèle et pas si nous mettons des rustines, là nous pouvons avoir un bel avenir français. Merci Bruno Lemire. Monsci ministre, évidemment, voilà le temps d'une décision, c'est publié chez Galimar et comme je l'ai dit, c'est un livre de témoignage sur des personnalités rencontré mais c'est pas fait sous langue showbisiness, c'est pas fait sous l'angle people, c'est vraiment fait pour tirer les enseignements de ces rencontres, de leur pensée, votre
analyse et cette évolution du monde majeur de toute cette période où vous avez été ministre de l'économie. Merci Bruno Lemire. Merci Yannick, à très bientôt.
Bruno Le Maire