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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 26 janvier 2021 16 minAutoproduitFond programmatiqueAgriculture & alimentationEnvironnement & énergieSantéSolidarités & famille

Maltraitance des animaux : stop à la barbarie

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Jean-Luc MélenchonFait
    « Il n'y a rien sur tout ce qui concerne le traitement des animaux dans le modèle agricole dominant dans le monde et dans notre pays. »
  • 1:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Le modèle agricole a pour objectif d'avoir les coûts sociaux, les coûts écologiques les plus bas et à partir de là, il adopte un certain nombre de manières de faire qui engendrent de la souffrance animale. »
  • 1:30Jean-Luc MélenchonFait
    « Ce sont ces élevages, le rassemblement d'un très grand nombre d'animaux dans un espace très petit, qui favorisent l'apparition et la contamination par des virus. »
  • 2:30Jean-Luc MélenchonChiffre
    « Chaque année, il y à 2 milliards d'animaux qui sont transportés d'un endroit à un autre. »
  • 3:00Jean-Luc MélenchonChiffre
    « Dans notre pays, il s'agit de 5 millions de bêtes par an. »
  • 3:30Jean-Luc MélenchonChiffre
    « Le transport des animaux vivants a été multiplié par 15 en cinquante ans. »
  • 5:30Jean-Luc MélenchonChiffre
    « 70% des oiseaux qui vivent sur cette planète, sont des poulets d'élevage ou des canards d'élevage. »
  • 9:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Nous n'avons pas besoin d'une telle quantité de viande à manger pour pouvoir produire et reproduire notre existence matérielle. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour, aujourd'hui arrive à l'Assemblée nationale, un texte de loi qui vient du Sénat et qui vise à contenir ou empêcher la maltraitance des animaux. Quelles que soient les limites de ce texte, je voudrais d'abord vous dire que nous le voterons. Mais pour autant, on ne peut pas faire moins que de pointer l'angle mort terrible de ce document.

Il n'y a rien sur tout ce qui concerne le traitement des animaux dans le modèle agricole dominant dans le monde et dans notre pays. Pourtant c'est ce modèle qui est à l'origine de la pandémie du covid, Vous le savez, j'en suis certain. Pourquoi ?

Parce que le modèle agricole a pour objectif d'avoir les coûts sociaux, les coûts écologiques les plus bas et à partir de là, il adopte un certain nombre de manières de faire qui engendrent de la souffrance animale et provoquent des conséquences écologiques désastreuses pour toute la biodiversité. C'est la déforestation massive, ce sont les élevages concentrationnaires, le mot est fort mais il est utilisé pour bien marquer les esprits. Ce sont ces élevages, le rassemblement d'un très grand nombre d'animaux dans un espace très petit, qui favorisent l'apparition et la contamination par des virus qui ensuite passent des animaux aux êtres humains.

Ce processus est très bien connu, on peut dire qu'il a commencé avec les premières villes qui ont rassemblé dans leurs murailles, à proximité des êtres humains, les élevages des animaux. C'est par exemple la grippe, on la doit aux canards, mais d'autres maladies sont dues à l'élevage du cochon ou à l'élevage de la vache. On connaît donc bien le processus, il n'a rien de mystérieux, dès lors que l'on a accepté que soient organisés des élevages super intensifs, on a créé les conditions de pandémie régulière.

En effet comme toutes les chaînes de la production sont étalées et globalisées, étalées géographiquement dans le monde entier et globalisées, c'est-à-dire les unes dépendent des autres, alors lorsqu'il y a un point de départ dans un élevage super intensif, on est certain que les virus ou les microbes apparaissent et ensuite, à plus ou moins long terme se diffuseront aux êtres humains et parcourront la terre entière. Là aussi rien de mystérieux. Depuis le Moyen-Âge, on sait comment les virus, comment les microbes circulent dans le monde.

Toutes les grandes épidémies de peste du Moyen-Âge sont liées aux ports et aux transports des marchandises qui venaient des différents horizons du monde et qui se transmettaient dans les pays d'accueil. Là rien de mystérieux, donc on sait pourquoi il y a des zoonoses, comment elles se créent, comment elles se transmettent. Le sens des responsabilités voudrait que l'on essaye de casser chacune de ces causes pour que le phénomène de la pandémie ne se reproduise pas.

Ce n'est pas ce que nous allons faire avec cette loi puisqu'elle ne concerne que les animaux de compagnie, certaines espèces animales comme les cétacés, et puis évidemment il y a eu une exception, ça été pour l'élevage de vison. On se disait : "ah enfin il y a quelque chose qui concerne l'élevage intensif". Mais après l'avoir laissé passer, puisque comme vous le savez les élevages de visons sont maintenant repérés comme étant une des très certaines sources de la zoonose qui a conduit au covid-19, c'est-à-dire source de l'infection et de la contamination aux êtres humains à partir d'élevages de visons, mais à peine avait-on voté que les élevages de visons seraient interdits, que la mesure a été repoussée par le gouvernement à 2024.

Arrive donc à l'Assemblée nationale ce texte. J'ai dit que nous avons d'abord voulu le compléter sur un point par exemple, celui de la fourrure. Donc nous avons déposé des amendements, nous les Insoumis, pour que plus aucun élevage ayant en vue la production de fourrure ne soit possible.

Ils ont été tous rejetés par la majorité En Marche. Ensuite nous avons déposé une série d'amendements concernant les élevages intensifs et les conditions de maltraitance des animaux dans l'élevage. La plupart d'entre eux, la totalité, a été déclarée irrecevable, c'est-à-dire qu'alors même qu'on parle du bien-être animal dans la loi, alors même qu'on parle de lutter contre la maltraitance des animaux, ont été déclarés irrecevables, c'est à dire ne méritant même pas d'être examiné en séance, des amendements dont vous allez voir qu'ils ont un lien direct avec la question qui est posée.

Cependant un comité a décidé qu'ils ne seraient pas discutés. Je vais vous dire lesquelles. Par exemple le premier, c'est celui qui veut interdire, limiter, conditionner le transport des animaux vivants.

C'est un problème extrêmement grave lié à l'élevage intensif. Chaque année, il y à 2 milliards d'animaux qui sont transportés d'un endroit à un autre. Dans notre pays, il s'agit de 5 millions de bêtes par an.

Ces animaux sont transportés avec pour seule limite de la durée de transport sans être alimentés, sans être abreuvés, de 29 heures. Naturellement 29 heures de transport, c'est la limite fixée par le texte européen, mais ça ne veut pas dire que les animaux en réalité, ne soient transportés que pendant 29 heures. Le transport des animaux vivants a été multiplié par 15 en cinquante ans.

On voit donc bien qu'il s'agit du déploiement d'un mode de traitement des animaux. Ils naissent ici, on les engraisse là bas, on les ramène pour les finir et pour les abattre ensuite. C'est ce qui se passe dans l'élevage bovin, en particulier tout le monde le sait, mais ce n'est pas le seul qui soit en cause par ces méthodes.

Et notre pays est directement concerné, car il est le troisième exportateur d'animaux vivants de l'Union européenne. Ensuite nous avons déposé des amendements pour interdire les élevages en batterie, en particulier, l'élevage des poules en batterie dont vous savez qu'aujourd'hui, quand elles sont élevées de cette manière, elles disposent pendant la durée de leur pauvre vie, de l'espace d'une feuille A4 sur lequel elles passent leur existence à pondre des œufs avant d'y mourir. L'élevage en batterie encore, le moins réglementé, celui des lapins qui est tout aussi cruel que celui que je viens de décrire à propos des volailles.

Dans le même ordre d'idées, nous avons proposé que l'on interdise l'électronarcose. C'est un procédé qui consiste, alors que les poules sont mises sur des chaînes pour aller vers leur abattage, à leur infliger une décharge électrique qui est censée les étourdir. En réalité le procédé rate souvent son effet et dans tous les cas il est extrêmement et inutilement douloureux pour ces pauvres bêtes.

Enfin nous avons déposé des amendements qui interdisent des pratiques que nous considérons comme des pratiques barbares et indignes des êtres humains, par exemple la castration des porcelets à vif, par exemple le broyage des poussins mâles, il s'en broie tous les ans, 50 millions. Ce sont des chiffres qui donnent à penser je l'espère, pour autant tout ce que je viens de vous dire, tous ses amendements que je viens d'énoncer, ont tous été décidés irrecevables. Ils ne viendront pas en débat dans l'hémicycle parce qu'ils y sont interdits.

Chacun d'entre vous doit le savoir, et pourra de cette façon apprécier la responsabilité que prennent ceux qui décident que l'abattage des poulets, l'abattage des lapins, les conditions d'élevage, les conditions de castration des porcelets, les conditions d'élimination par broyage des poussins, n'a pas de rapport avec la maltraitance animale. C'est ce qu'a décidé la commission de l'Assemblée nationale qui a examiné ce document. Je vais finir en invitant à une réflexion.

La nature de notre rapport aux animaux doit être commandée par un certain nombre d'éléments simples à comprendre La biodiversité est une et indivisible, tout se tient, dans la chaîne alimentaire, c'est à dire depuis celui qui est mangé à celui qui mange et qui est mangé à son tour, lorsque tel est le régime de ces animaux, parce que les habitats des uns et des autres contribuent les uns à la vie des autres, enfin parce que l'équilibre général de la biosphère dépend de la présence simultanée d'espèces y compris quand elles ne se fréquentent pas et qu'elle ne se voient pas. La biodiversité est une et indivisible. L'élevage intensif et les pratiques qui vont avec, car la cruauté envers les animaux dans les élevages intensifs, n'a pas d'autres racines, n'a pas d'autre raison d'être, que l'idée du coût le plus bas possible pour produire au plus bas coût possible. il n'y a donc aucune obligation, y compris dans l'élevage, à maltraiter les animaux.

C'est le résultat d'un modèle agricole, mais ce modèle agricole a aussi une influence considérable sur la biodiversité elle même. Combien de gens savent que 70% des oiseaux qui vivent sur cette planète, sont des poulets d'élevage ou des canards d'élevage. On voit que c'est une déformation considérable de la biosphère qui résulte de ce mode.

Ensuite la maltraitance des animaux pose une question morale. Si nous étions simplement des machines, nous n'aurions aucune conscience de ce que signifie le fait d'être un animal sensible, sensible à la douleur mais sensible aussi à certains liens sociaux dans lesquels les animaux se construisent ou construisent leur existence. Beaucoup d'animaux ont un caractère social, les cochons sont parmi les animaux les plus bavards, ce sont aussi ceux qui ressentent le plus violemment le stress, l'angoisse etc.

Cette forme là est bien connue, d'autres formes sont plus discrètes, plus légères. Au fond nous pouvons distinguer deux aspects qui rapprochent tout être sensible des êtres humains et leur signalent leur appartenance commune à une même biodiversité interdépendante, la sensibilité à la douleur et la conscience de soi. Rares sont les animaux qui ne sont pas conscients d'eux même, que cette conscience prennent une forme particulière, c'est bien évident, mais le principe même de l'auto conservation de sa vie qui existe dans toutes les formes animales, exprime ce fait que l'individu considéré est conscient de lui-même, au moins de l'espace qu'il occupe, de l'existence d'un dehors et d'un dedans.

Dans ces conditions, notre relation au vivant doit être fondée sur un principe de responsabilité. Autrement dit, comme nous sommes ceux qui ont les moyens intellectuels et matériels qui nous rendent les plus forts, les plus dominants, c'est donc à nous d'assumer la responsabilité morale de ne pas nuire aux autres, de ne pas être cruels, de ne pas leur interdire l'existence parce que nous sommes conscients du fait qu'au bout du bout, nous sommes tous interdépendants. J'ai évoqué à l'instant le niveau intellectuel des êtres humains.

C'est bien ce qui leur permet de pouvoir accomplir un comportement moral sans nuire pour autant à leurs intérêts fondamentaux. Autrement dit, nous n'avons pas besoin d'une telle quantité de viande à manger pour pouvoir produire et reproduire notre existence matérielle. Ces élevages intensifs sont un gâchis épouvantable, en plus d'être une source de danger par zoonose.

Gâchis épouvantable de la vie des êtres vivants qu'on y met, de ceux qui doivent pourvoir à longueur d'année à ce martyre, mais aussi gâchis d'eau, ressource précieuse, gâchis d'énergie pour produire à un coût extrêmement élevé des protéines, des protéines moins nombreuses et de moins bonne qualité. Notre intelligence, notre capacité à produire ce dont nous avons besoin, et notamment les protéines dont les êtres humains ont besoin, devraient nous émanciper d'avoir à traiter les animaux de cette manière. Il n'existe donc pas d'objection soutenable au refus absolu de maltraiter les animaux pour des raisons qui tiendraient à l'alimentation humaine.

Non il n'existe pas de raison rationnelle, de motivation rationnelle à une bifurcation de manière de procéder et notamment d'apprendre à consommer beaucoup moins de viande et à la produire dans des conditions totalement différentes, respectueuses de la sensibilité, de la conscience de soi des êtres vivants dont nous prenons la propriété et donc la responsabilité. Les Insoumis ont déposé à de nombreuses reprises soit des textes de proposition de loi, soit de manière beaucoup plus intense, des amendements, des contre-propositions notamment dans les lois agriculture et tout ce qui tourne autour de l'agroalimentaire. C'est la raison pour laquelle, nous faisons de la production alimentaire et de tout ce qui va avec un sujet en tant que tel.

Je veux dire par là, que nous partons de la nécessité de la production alimentaire et que nous nous posons ensuite et seulement ensuite, les problèmes qui sont liés à l'élevage et à la production. Que voulons-nous produire, dans quel but ? Et ensuite nous nous demandons comment le faire dans l'harmonie avec la nature et avec les animaux qui participent de la biodiversité dont nous sommes une composante.

Nous allons nous battre dans cette loi pour faire passer les amendements que nous avons décidé d'y déposer et qui ont été jugés recevables. Pour finir nous voterons la loi en espérant qu'elle diminue la dose de malheur qui nous entoure. – Sous-titrage : Le Crayon d'oreille -

Maltraitance des animaux : stop à la barbarie — Jean-Luc Mélenchon · Pourquijevote