Tensions sur les carburants, programme économique du RN... Le "8h30 franceinfo" de Thomas Ménagé
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Bonjour Thomas Ménager, merci d'être avec nous sur France Info, bonjour Majid Kiat, on va parler Thomas Ménager de vos propositions pour le pouvoir d'achat, de la ligne économique du Rassemblement National à l'approche de 2027, mais d'abord l'inquiétude alors que le blocage du détroit d'Hormuz se poursuit. Le patron de Total Energy, Patrick Pouyanné, alerte sur un risque de pénurie. La ministre déléguée à l'énergie lui a répondu hier sur France Info.
Il n'y a, à l'heure où on se parle, aucun risque de pénurie, aucun risque de pénurie sur l'essence, aucun risque de pénurie sur le diesel, aucun risque de pénurie sur le kérosène pour les semaines à venir. Nous avons des stocks stratégiques, nous avons donc encore plus de trois mois de stocks pour pallier à d'éventuelles difficultés d'approvisionnement. Nous avons largement diversifié nos approvisionnements et nous sommes bien moins dépendants du Moyen-Orient que ce que peuvent l'être par exemple certains pays d'Asie.
On a entendu mot de Bréjon. Est-ce que vous êtes rassuré, Thomas Ménager ?
En fait, ils ne disent pas la même chose. À court terme, demain, bien entendu, il n'y a pas un risque urgent de pénurie. Mais dans les prochaines semaines, si la situation est malheureusement, on est parti pour que ça dure, il semblerait que les négociations n'avancent pas, n'avancent plus, voire malheureusement qu'on aille sur une reprise de manière plus intense du conflit. Il y a un risque. Il y a un risque parce qu'on a affaibli aussi nos capacités avec un nombre de raffineries qui a diminué sensiblement. On n'a plus que sept en France. On en avait plus d'une vingtaine dans les années 75. On était, jusque dans les années 2000, totalement indépendants en termes de raffinage.
Aujourd'hui, les produits raffinés, on a besoin de les importer. Et quand il va y avoir des tensions, les pays dont on dépend, non pas uniquement pour la matière brute, mais aussi pour la capacité de traiter ces produits pétroliers, d'avoir des produits raffinés, aujourd'hui, on a 30% de ces produits qui doivent venir de l'étranger.
Mais on a des stocks, dit la porte-parole.
Oui, on a des stocks. Mais déjà, les stocks, quand on ne sait pas à quel moment ça va s'arrêter, on ne peut pas totalement lâcher nos stocks. Parce que s'il y a un moment, il y a un stop total, il faut bien qu'on puisse aussi, pour un certain nombre de secteurs prioritaires, et vous savez que gouverner, c'est prévoir. Si on libère totalement nos stocks, qu'on les utilise, et qu'on se retrouve le bec dans l'eau parce qu'on a utilisé ces trois mois, il y a une gestion du stock aussi, dans une période de forte instabilité, qui doit être prudente.
Emmanuel Macron n'a pas caché ou mis en scène son agacement lundi, en marge d'un déplacement dans la Réège. Le président de la République, il dit, on se bat pour que le prix de l'essence diminue. Il faut qu'on rouvre ce fichu Détroit, ce sont ses mots. Est-ce que vous reconnaissez le fait que le président de la République, eh bien, il a tout fait pour rouvrir ce fichu Détroit ?
Il a raison. Le vrai sujet, c'est ça, c'est de rouvrir le Détroit d'Harmouz. Et nous, nous l'avons dit depuis le début, on a de nombreux désaccords avec Emmanuel Macron, de nombreux désaccords sur la gestion macroniste de la crise de pouvoir d'achat en France, mais malheureusement, il ne peut pas faire plus, et la diplomatie française d'Emmanuel Macron, je pense, sont à pied d'œuvre pour essayer de participer à rouvrir ce Détroit.
Donc vous reconnaissez que le président est à pied d'œuvre ?
Mais vous savez, quand il y a une crise internationale, je pense qu'il faut être au-delà des combats politiques internes. Je pense que le président de la République, je le souhaite, je l'espère, et je le pense avec la diplomatie française, ce n'est pas le président de la République tout seul, sont à pied d'œuvre. Mais malheureusement, c'est quelque chose qui concerne avant tout les États-Unis et l'Iran, l'Israël aussi, et qu'on est un petit peu loin de tout ça, et que malheureusement, la voix de la France, elle est affaiblie depuis un certain nombre d'années, et je pense que même s'il fait tout ce qu'il peut, ça n'aura pas forcément un impact.
Donc vous dites qu'à ce stade, le président de la République ne peut pas faire plus sur le sujet ? Il y a eu cette réunion avec les partenaires, notamment les Britanniques, au sujet d'une future sécurisation du détroit.
Vous ne faites pas de la politique politicienne, je pourrais vouloir taper sur Emmanuel Macron sur tous les sujets. Il y a suffisamment de sujets sur lesquels nous avons des profonds désaccords, et il ne fait pas le boulot, et il ne l'a pas fait, il a mis notre pays dans une situation catastrophique pour nos compatriotes, et pour être unis quand il y a une crise internationale, voilà, je l'appelle à continuer, et je remercie la diplomatie française qui, je sais, est à pied d'œuvre.
On vous entend sur ce sujet. Sur le sujet des aides proposées par le gouvernement, une nouvelle aide pour les gros rouleurs a été annoncée. 3 millions de Français modestes vont bénéficier d'un coup de pouce de 20 centimes par litre. C'est un nouveau ciblage, parce que les caisses sont vides, explique l'exécutif. Ça, ce n'est pas assez pour vous, en revanche ?
Alors déjà, il faut le dire, les petits clings, c'est comme dans les contrats d'assurance. Ça sera peut-être à partir de fin mai, si la plateforme est disponible. Ça fait déjà deux mois que les gens qui galèrent, qui n'ont pas d'argent, vont à la pompe, n'arrivent pas à mettre 5 euros, 10 euros, n'arrivent plus à se nourrir pour un certain nombre, étaient déjà en difficulté. On a déjà eu une crise de pouvoir d'achat majeur dans notre pays ces dernières années. Donc, je pense qu'on a surtout un gouvernement, en fait, qui gagne du temps.
En fait, ils espèrent que le détroit de Hormuz va être ouvert, et on est d'accord, en se disant, on va faire le plus longtemps possible, on va jouer la montre, et on verra au mois de juin. Sauf que là, il y a des gens qui, à la fin du mois, je le vois dans le Loiret, dans mon département, qui ne s'en sortent plus, qui n'arrivent plus à faire le plein, qui sont obligés de faire des choix majeurs pour leurs enfants, pour leur vie, pour leur santé.
Mais on peut se permettre d'ouvrir les vannes ?
Dans tous les cas, les aides ciblées, on s'est rendu compte par le passé que ça ne marchait pas. C'était l'exemple qu'avait donné Jordan Bardella, qui avait reçu le chèque énergie. Parce que quand vous créez des usines à gaz, alors déjà, vous payez des gens, qui vont devoir vérifier les dossiers, vérifier les critères. Vous créez une usine à gaz où certains qui le mériteraient n'y touchent pas.
Il peut y avoir quelques petites erreurs, mais vous avez compris le principe.
Oui, mais il y a des erreurs. De deux, quand on met des systèmes comme ça, ça crée un certain nombre de difficultés et de coûts de gestion. Et puis surtout, nous, on considère que c'est un produit de première nécessité. On considère que même ceux qui sont peut-être dans les classes moyennes ont besoin aussi d'avoir cette aide, ce soutien, parce que derrière, c'est aussi une vision de l'économie que nous avons. Quand vous redonnez du pouvoir d'achat en baissant la fiscalité sur le carburant, les gens, ils ne vont pas forcément le mettre sur leur épingle. Ils vont investir, ils vont consommer. Ils vont aussi, ces aides, profiter aux entreprises.
Donc vous, vous voulez baisser la TBA de 20% à 5,5% ?
Ça coûte en gros 1 milliard d'euros par mois. Ça fait une douzaine de milliards d'euros par an que nous avons financés par deux éléments. Premier point, d'abord, la rebudgétisation, excusez-moi, ça fait partie des mots compliqués comme inéligibilité, rebudgétisation des CEE qui coûtent 8 milliards d'euros. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, c'est donné pour de la rénovation énergétique, mais nous, nous avons un autre dispositif.
C'est l'argent qui va vers la transition écologique.
Que nous, nous avons un autre dispositif avec des prêts de long terme, un dispositif qui s'appelle 100% Rénov' pour la transition environnementale, la transition énergétique des bâtiments.
Mais donc vous voulez subventionner l'essence pour tout le monde ?
Oui, oui. Aujourd'hui, c'est pas subventionner. Il y a un débat qui est totalement à côté de la plaque pour moi, c'est de dire, vous subventionnez les énergies fossiles. Vous savez, personne s'amuse à brûler du carburant, du fuel, à remplir sa chaudière à fuel de manière plus importante, à faire des kilomètres en plus. Dans tous les cas, même avec ces aides qui permettraient une baisse de 20 euros par plein, en gros, 20 à 25 centimes par litre pour la partie fixe qui est la baisse de la TVA, c'est pas quelque chose qui va, dans tous les cas, accentuer la consommation d'hydrocarbures.
Les Français, ils font au minimum, ils sont dans une sobriété qui est dans tous les cas contrainte aujourd'hui.
On a les résultats de bénéfices de total, notamment pour le premier trimestre 2026. Est-ce que c'est une piste d'aller sur la taxation, notamment des raffineurs ?
Alors, la taxation des surprofits et des profiteurs de crise, il va y en avoir à différents endroits, comme à chaque crise. Malheureusement, c'est la loi du marché. Malheureusement, ces entreprises, ces grands groupes ne sont pas dans une entreprise philanthropique. Donc, le rôle de l'État, c'est de veiller à ce qu'ils ne profitent pas de cette crise, que ce soit les raffineurs, que ce soit les distributeurs. Et nous, nous avons toujours dit...
Près de 50% de hausse de bénéfices.
Alors, il faudra regarder plusieurs choses sur ce point. Alors, moi, je ne connais pas, les chiffres viennent de tomber. C'est la part qui est liée à la crise et la part qui est liée à l'activité, à l'intelligence collective de total. Si Total investit notamment ses bénéfices majoritairement dans la transition environnementale pour aussi moins dépendre des énergies fossiles dans les années à venir qui est un enjeu majeur, bien entendu que c'est quelque chose qu'il faut leur laisser faire.
Après, si c'est pour aller nourrir des actionnaires de manière honteuse, c'est-à-dire, bien entendu, c'est le concept, il faut qu'il y ait des actionnaires, il faut que ces actionnaires touchent des dividendes, mais il ne faut pas que ces dividendes soient disproportionnés au détriment des Français, au détriment de la transition. Ça, nous saurons aller les chercher avec la taxation des surprofits.
Vous êtes en pleine opération séduction vis-à-vis notamment des patrons. On sait que Jordan Bardella a déjeuné avec des membres du bureau exécutif du Medef et c'était inédit. Il y a eu aussi ce dîner de Marine Le Pen avec des grands patrons du CAC 40. Vous pensez les séduire, ces patrons, en leur disant retour à la retraite à 62 ans et en même temps retour de la politique du chèque ?
Alors, vous savez, nous, on ne va pas mentir. On ne va pas aller dire au patron ou à n'importe qui. en France ce qu'ils veulent entendre. On leur explique notre programme. On leur explique l'équilibre de notre programme, la vision qui est celle du Rassemblement National qu'ont défendu Marine Le Pen et Jordan Bardella. S'ils sont convaincus, tant mieux. Et quand on regarde tous les sondages, tous les instituts de sondage le prouvent, chez les chefs d'entreprise dans leur globalité, on est aujourd'hui en tête.
Si quelques patrons du CAC 40 ne sont pas d'accord parce que, par exemple, quand on va dire qu'on va taxer les surprofits, ça ne va pas leur plaire ou sur un certain nombre d'aspects, tant pis. On essaiera de les convaincre, on travaillera avec eux, mais on n'est pas là pour faire une danse du ventre en mentant ou en travestissant quel est notre projet. On dit la vérité et notre projet repose sur la relance de l'économie, une vision pro-business, soutenir nos entreprises, réduire les normes, baisser les impros de production, baisser un certain nombre de fiscalités pour au final relancer l'économie, relancer l'emploi
et avoir... Ce n'est pas toujours aussi clair, Thomas Ménager au Rassemblement National ? Plus d'argent
pour le soutien à l'État-providence.
Il y a un contexte qui évolue, d'ailleurs vous appuyez souvent sur ce contexte qui évolue pour modifier un peu votre programme face à cette guerre qui coûte, qui dure, face aux menaces qu'elle fait peser sur la croissance, promettre la retraite à 62 ans. Est-ce que c'est encore d'actualité ?
Oui, parce que ça coûte environ... Alors ça dépend d'un certain nombre de chiffrages, même l'Institut Montaigne on est autour de 15 milliards, c'est ce qu'il avait dit quand on revenait sur la réforme Borne et ça nous la finançons avec des économies. Nous la finançons avec des économies sur le train de vie de l'État, sur l'immigration et nous la finançons aussi parce que bien entendu le système de retraite aujourd'hui il n'est pas soutenable. Il n'est pas soutenable parce que le taux d'emploi, la productivité, la natalité ne suit pas.
Il y a un chiffre qui est du corps, du Conseil d'orientation des retraites, ce n'est pas le Rassemblement National qui le dit, si nous avions le taux d'emploi des Pays-Bas, c'est-à-dire il faudrait gagner 10 points de taux d'emploi, on est à 70%, on passait à 80%, ce sont 140 milliards de recettes fiscales et sociales supplémentaires par an.
Ce qu'il faut faire, ce n'est pas faire en sorte que ceux qui travaillent aujourd'hui, qui ont un emploi, travaillent encore plus longtemps, mais c'est que tous ceux qui dans notre pays ne travaillent pas de manière contrainte parce qu'il n'y a pas assez d'emploi, pour certains, ça existe aussi parce qu'ils ne veulent pas travailler, donc il y a un équilibre à avoir, mais surtout parce qu'il n'y a pas assez d'emploi, retour de travailler, qu'il y ait plus de monde qui cotise, plus de monde qui travaille pour pouvoir maintenir ce système.
Pardon, ça a l'air simple quand vous le dites, mais déjà ce week-end dans le journal du dimanche, Jordan Bardella sur ce sujet des retraites, il reste extrêmement flou, alors qu'il détaille votre projet sur 2027, il se contente de dire que le système actuel n'est pas viable. C'est ce que je viens de vous dire actuellement. Exactement, mais on se demande s'il n'est pas viable avec un âge à 64 ans, pourquoi il le serait à 62 ans ? Et pendant les législatives en 2024, cette proposition des 62 ans, Jordan Bardella, il l'avait rangée sur l'étagère en disant que le contexte économique ne le permettait pas. Il avait dit que ce ne serait pas
la première des priorités parce qu'il y aurait d'abord un audit financier. Ce qui est certain, c'est que la situation du monde change. Aujourd'hui, notre projet, c'est celui-ci. Nous arrivons à l'équilibrer, nous avons présenté notre contre-budget, nous tenons ces équilibres. je ne peux pas et vous dites que vous avez changé régulièrement votre projet. C'est sûr que le monde change, la situation est catastrophique avec ces 3 400 milliards de dettes. Aujourd'hui, nous pouvons tenir cet engagement auprès des Français en faisant des économies. Donc les 62 ans,
ce sera dans le programme de 2027 du Rennes ?
Moi, je ne suis pas candidat à la présidentielle. Marine Le Pen s'exprimera en temps utile mais aujourd'hui, et ce n'est pas à moi s'il y avait un changement éventuel de vous l'annoncer, je vous dis qu'aujourd'hui, il n'y a pas de changement et s'il y en avait un, ça serait annoncé par Marine Le Pen mais aujourd'hui, nous tenons ce programme, nous pouvons l'équilibrer quand nous avons fait nos réunions, nous avons travaillé notamment au moment du contre-budget l'année dernière pour présenter quelle était la vision budgétaire du Rassemblement National. Ça tient, ça tient encore.
Après, on est dans une situation d'une telle instabilité que c'est vrai que les choses peuvent bouger très rapidement. Le 830 France Info,
Magic Tiat, Agathe Lambret.
Avec Thomas Ménager, député du Loiret et porte-parole du Rassemblement National, Marine Le Pen a donné une interview à l'AFP, Majid.
Tout à fait, elle explique préférer se retrouver face au bloc central au second tour plutôt que face à la France Insoumise pour, je cite, avoir la force d'une élection de choix plutôt qu'une élection de rejet. Ce sont les Français qui choisissent normalement ? Oui,
on a dû lui poser la question vous préféreriez être face à Jean-Luc Mélenchon, ça serait plus simple. Nous, nous avons toujours dit que déjà, on ne choisissait pas mais c'est vrai que d'un point de vue philosophique, la victoire serait entre guillemets plus belle, plus claire que par choix, par adhésion au programme du Rassemblement National que par un rejet qui est aujourd'hui de plus en plus fort et légitime de Jean-Luc Mélenchon. Ça vous rendrait plus crédible, plus respectable de l'emporter face au bloc central ?
Après, la légitimité, elle est issue des urnes dès lors que vous avez obtenu, c'est pour ça que par exemple même quand on a combattu Emmanuel Macron, on n'a jamais remis en cause sa légitimité, dès lors que vous êtes élu en vertu de la constitution, vous êtes élu. Après, bien entendu, que ça a plus de force et un soutien populaire plus important dès lors que c'est parce que votre programme a suscité l'adhésion plutôt que quand ça a été par rejet. Mais toutes les élections, quelles qu'elles soient, il y a toujours une grosse part d'adhésion, il peut y avoir aussi une part de rejet. C'est comme ça que marche la démocratie dans tous les cas.
Le rapport sur l'audiovisuel public a été adopté de justesse, Thomas Ménager, il sera publié lundi prochain. Son rapporteur, Charles Aloncle, c'est votre allié. Il est membre de l'UDR d'Éric Ciotti. Vous vous frottez les mains ?
Vous savez, il n'y a pas à se frotter les mains parce que ça n'a même pas de force de loi. Je me frotte les mains d'une chose, c'est que la démocratie parlementaire n'ait pas été piétinée parce que globalement, même quand c'est un rapport de l'extrême gauche, même si c'était un rapport qui était à l'opposé de mes idées, je pense qu'il faut que ces rapports soient toujours publics parce que quand il y a le poison du doute dans une démocratie de choses qui pourraient être cachées, qui pourraient être dissimulées pour les Français, c'est ce qu'aurait été le sentiment si ce rapport n'avait pas été publié.
Ce n'est pas une bonne chose, ça participe à la fracture de notre société et donc je considère qu'on doit surtout se poser la question d'évoluer, qu'on puisse voter pour donner un avis sur le rapport, les députés c'est une chose, mais qu'on puisse cacher un rapport, je trouve que ça n'a pas de sens.
Thomas Ménager, c'est quand même une commission et un rapport qui ont été critiqués, qui étaient au cœur de l'actualité, même au sein même de cette commission. Écoutez ce qu'en disait le président de cette commission d'enquête, Jérémy Patriel-Ettus sur France Intérieure. Alors, il a voté ce rapport par souci de transparence, mais il dit quand même qu'il y a de lourdes réserves. Écoutez.
Je me suis opposé aux rapporteurs. J'ai combattu ces méthodes, les calomnies. J'ai même suspendu la commission quand j'ai considéré qu'elle se transformait en tribunal politique. Je combats l'extrême droite. Je penserais que le rapport serait l'occasion de prendre de la hauteur de vue. Les Français pourront se forger un avis et une opinion sur les méthodes de l'extrême droite.
Qu'est-ce que vous lui répondez ? Il s'est donné des gages à la gauche. C'est le concept du bloc central. C'est-à-dire qu'il a voté le rapport. Il cherche à se racheter auprès de la France insoumise, du parti socialiste. Je n'ai pas grand-chose à répondre. Je considère que M. Patriel-Ettus...
Ce n'est pas le seul à avoir mis en cause les méthodes de Charles Lalonde.
Je veux dire, à un moment, ces méthodes, il a peut-être fait des échanges qui étaient musclés, mais à un moment, il n'a jamais manqué de respect, il n'a jamais appelé à une quelconque violence, il n'a jamais fait des attaques à dominème, il a interrogé...
Jamais fait d'attaques à dominème ?
Je veux dire, à un moment, sur du politique ou sur des faits. C'est-à-dire, quand vous dites, M. Nagui, vous avez obtenu telle rémunération, à un moment, c'est le concept d'une démocratie, c'est une commission d'enquête. Si on est là pour être des bénis, oui, oui, à un moment, une commission d'enquête, ce sont des pouvoirs qui devraient et qui doivent être des pouvoirs d'enquête, on doit pouvoir faire des contrôles sur place et sur pièce, c'est des témoignages qui sont sous serment, alors ce n'est pas un tribunal, mais on est à un mélange entre, bien entendu, un travail parlementaire standard et un travail d'enquête que pourrait faire un magistrat, un juge d'instruction.
Et aujourd'hui, moi, je m'inquiète surtout de voir que certains documents qui avaient été promis à Charles-Aloncle, notamment par M. Nagui, par d'autres, n'ont pas été fournis. C'est un mépris total du rôle des parlementaires et du rôle d'une commission d'enquête. Au Rassemblement National, est-ce que vous êtes toujours favorable à la privatisation
de l'audiovisuel public ?
Oui, il n'y a pas de changement. Marine Le Pen l'avait exprimé en 2022 avec un certain nombre d'éléments, c'est-à-dire de maintenir une chaîne internationale, de maintenir une chaîne pour l'outre-mer, de mettre pour les chaînes privées des engagements de services publics, d'informations, parce que vous le savez que toute chaîne aujourd'hui a un cahier des charges à respecter, même si c'est une chaîne privée. Il y a des engagements de services publics, donc ça ne sera pas du jour au lendemain.
Il y aura un débat au Parlement pour trouver cet équilibre qui permet notre démocratie de fonctionner, mais nous considérons qu'aujourd'hui une démocratie comme la France n'a pas besoin d'avoir dans tous les cas un service public pléthorique comme il existe actuellement.
Tu vas ménager lundi en déplacement dans un hôpital en Ariège. Emmanuel Macron a dénoncé la situation des médecins étrangers hors Union européenne en France. On a besoin de ces hommes et ces femmes qui servent le pays à déclarer le président. Pour eux, c'est souvent un parcours du combattant s'ils n'ont pas certaines équivalences, s'ils sont mal payés, pas considérés. Est-ce que vous êtes d'accord avec le président ? On a besoin de ces médecins et il faut mieux les traiter ?
Je suis d'accord avec le président de la République. Oui, on a besoin de ces médecins, mais à cause de qui ? À cause de tous les gouvernements successifs qui ont fait qu'on n'a pas formé assez de médecins dans notre pays. Et moi, je regardais, quand cette polémique est sortie, j'ai regardé les chiffres. Il y a un tiers des médecins marocains qui viennent en France. Il y a au Nigeria un médecin pour 15 à 30 000 habitants. Le Nigeria a même réfléchi à une proposition de loi pour interdire à ces médecins pendant une période de venir en Europe. C'est une forme de néocolonialisme où on va, excusez-moi du peu, voler des médecins, les attirer. Moi, c'est ça qui me dérange.
C'est de se dire qu'on en est fiers. Moi, je suis très heureux quand il y a des médecins qui viennent, et je le vois dans l'agglomération montargoise, sur mon centre hospitalier. S'il n'y avait pas les médecins étrangers, malheureusement, qui arrivent et qui sont en France soient accompagnés. Après, ils doivent passer et répondre aux formations, aux règles pour que la qualité sanitaire de notre pays, la qualité du soin soit maintenue. Mais moi, ça me déprime, ça me révolte de voir qu'on est fiers et comme si la France se grandissait.
Non, la France s'abaisse quand elle va voler ces médecins qui seraient bien utiles pour sauver, pour soigner un certain nombre d'Africains qui, eux aussi, ont des problèmes de santé.
En toile de fond de l'agacement du président de la République, il y a la relation avec l'Algérie parce qu'il échangeait avec notamment un médecin algérien et que la majorité de ces médecins étrangers vient de ce pays. Emmanuel Macron a critiqué, je cite, les maboules qui veulent se fâcher avec l'Algérie, ce que l'ex-ministre de l'Intérieur, Bruno Rotaillot, a pris pour lui. Vous aussi, vous le prenez pour vous ? Vous êtes un parti de maboules au Rassemblement National ? Oui, enfin,
les propos un peu outranciers d'Emmanuel Macron, comme l'a dit Marine Le Pen, on a l'impression que c'était du Trump quand il s'était exprimé. Nous, nous avons une vision claire, c'est-à-dire que l'Algérie ne doit pas, malgré l'histoire et aucun fait historique ne peut laisser un pays piétiner la France et ne pas accepter ses ressortissants quand il y a des OQTF.
On a quand même eu un certain nombre de faits, que ce soit le tueur de Mulhouse, que ce soit la tueuse de la petite Lola, qui ont fait que l'Algérie doit, dans une relation apaisée avec la France, il faut qu'il y ait un bras de fer si elle ne veut pas apaiser ses relations, reprendre ses ressortissants parce que l'Algérie touche aussi de l'aide publique au développement. Il y a un certain nombre de visas qui sont donnés à des dignitaires pour venir se faire soigner en France.
Donc, il y a aussi un certain nombre de leviers dans nos relations, donc une relation de fermeté, mais l'idée, ce n'est pas de couper les ponts totalement avec l'Algérie, mais à un moment que le rapport de force se mette en place pour qu'il y ait des relations qui soient plus équilibrées, plus saines.
Justement, là, les expulsions vers l'Algérie de personnes sous OQTF ont repris avec la délivrance de laisser passer consulaire ce document indispensable pour envoyer un ressortissant étranger. C'est une information France Info. Est-ce que ce n'est pas la preuve que la méthode du président d'avoir un dialogue avec Alger fonctionne ?
Alors là, ça vient de sortir. Alors, c'est au compte-gouttes et tant mieux. Je ne sais pas le nombre qui ont été donnés, mais dans tous les cas, ce n'est pas parce que vous menacez, vous faites un bras de fer et que vous mettez un certain nombre de mesures que vous ne nouez plus de dialogue. À un moment, il y a un équilibre. Je pense que ça fait trop longtemps que cela dure. Tant mieux si on commence à avoir les débuts des premiers résultats du dialogue et d'une forme de soumission d'Emmanuel Macron dans un premier temps à l'Algérie. Mais voilà, il y a un travail diplomatique qui doit être fait.
Mais dans la diplomatie, il y a aussi la nécessité parfois d'avoir des rapports fermes de vérité et de mettre un certain nombre de mesures quand il le faut.
En pleine opération séduction du Rassemblement National auprès des patrons, on en parlait tout à l'heure. On apprend dans Libération que la musicienne Hélène Arnault, épouse du président de LVMH Bernard Arnault, voterait Jean-Luc Mélenchon en cas de duel entre Jean-Luc Mélenchon et Jordan Bardella. Il y a encore du travail, Thomas Ménager ?
Vous savez, son avis ne compte pas plus que l'avis de n'importe quel Français. Elle n'a aucune, à ma connaissance, compétence particulière pour analyser le programme. Voilà. La différence avec tous les autres Français, c'est qu'elle, elle sera dans un jet privé pour partir à l'étranger avec son épouse si Jean-Luc Mélenchon était élu. Donc je peux comprendre peut-être qu'elle votera Jean-Luc Mélenchon mais elle n'enverra jamais les impacts économiques, les impacts sécuritaires pour le pays. Voilà, c'est son opinion. Après, je veux dire, il ne faut pas tout politiser, je crois que c'est une artiste.
C'est vous qui me dites qu'elle prendrait un jet.
Est-ce que ça ne dit pas ? Elle a le droit de s'exprimer, on est en démocratie. Mais ce que ça dit,
c'est peut-être qu'il y a encore beaucoup de Français qui vous rejettent et que certains préféraient voter à la fille.
Vous n'êtes pas sans savoir que dans les instituts de sondage et aux élections, on ne fait pas 100% et c'est la beauté de la démocratie. Donc oui, il y a encore un certain nombre de Français qui sont inquiets, il y a encore un certain nombre de Français qui ont des doutes comme sur tous les autres partis politiques mais moins de doutes pour nous continuer à rassurer, à casser un certain nombre de caricatures, d'images qui sont véhiculées et on essaiera de rassurer et ce sera le concept de l'élection présidentielle qui arrivera dans quelques mois.
Merci beaucoup tout le monde à Ménager d'avoir répondu aux questions de France Info. Merci Majid. A demain. Vous restez avec nous.
Thomas Ménagé