François Bayrou - On n’est pas couché 1er décembre 2007 #ONPC
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 37 %Attaque 45 %Défensif 18 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:02OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il va y avoir autant de monde que prévu au congrès fondateur du Modem ?
- 1:20OuverteRéponse directe
Aux prochaines municipales, il y aura des candidats partout ?
- 1:23OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est facile à trouver des candidats pour le Modem ?
- 1:36OuverteRéponse partielle
Pourquoi le Modem est le vrai centre ?
- 2:55RelanceRéponse directe
Si je comprends bien, le Modem aujourd'hui est un parti du centre qui s'alliera avec la droite et la gauche si un jour il était au pouvoir ?
- 9:06OuverteRéponse directe
Elle vous a fait cette proposition de devenir son Premier ministre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:45Invité politiqueFait
« Et le PS est en panne. »
- 3:54Invité politiqueFait
« elles sont toutes les deux dirigées par des socialistes français. »
- 4:11Invité politiqueFait
« À qui va-t-on demander de faire le rapport le plus déconcertant sur la croissance ? À Jacques Attali. »
- 6:02Invité politiqueFait
« « J'ai épuisé mes réserves de loyauté, les gardes Bayrou. » »
- 6:41Invité politiqueFait
« « Mais tu sais, je savais qu'il partirait. » »
- 6:44Invité politiqueFait
« « Écoute, en 2004, quand on a fait les élections européennes, il est venu sur ta liste, mais jusqu'au dernier jour, à la dernière heure, il a négocié avec moi pour savoir si je ne pouvais pas lui offrir une meilleure place sur ma liste que toi sur la tienne. » »
- 12:12Invité politiqueFait
« il a dit à plusieurs reprises, l'urgence, c'est de réconcilier la France avec l'argent. »
- 18:12InvitéChiffre
« Je pense qu'il avait, évidemment, entre les deux tours, s'il avait été au second tour, il faisait alliance avec une partie de la gauche et il cassait le parti socialiste, et c'était terminé, Bayrou avait gagné. »
- 22:56Invité politiqueFait
« évidemment, sur cet espace-là nouveau, avec un projet de société nouveau, on aura une majorité de Français. »
- 31:16Invité politiqueFait
« les propositions qu'il faisait sur le pouvoir d'achat n'étaient pas trop mal. »
- 31:41Invité politiqueFait
« L'augmentation du SMIC, ça revient à supprimer des emplois. »
- 35:30Invité politiqueFait
« le môle de résistance qui donne son caractère et son identité à l'Europe c'est la France. »
- 37:25Invité politiqueFait
« je crois à la civilisation européenne et j'ai envie de la défendre. »
Temps de parole
- François Bayrou46 %
- Présentateur18 %
- Invité14 %
- ?12 %
- Invité 25 %
- Invité 34 %
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Merci d'être là.
Vous
connaissez évidemment Michel Cotta. Je l'ai déjà croisé. Elle n
'a
pas eu l'occasion de vous interviewer encore. Vous êtes trop jeune peut-être.
C'est-à-dire
que c'est dans le quatrième
temps de ses mémoires.
Il faudra patienter encore un peu. Quant à Guy Bedos, j'imagine que
vous
l'avez croisé plusieurs fois.
Mon
premier souvenir de Guy Bedos, c
'est
quelque
chose que les moins de 20
ans, c'est Paulette, j'ai Paulette, t'as les bas qui plissent, pan, elle me retourne une claque, elle n'avait pas de bas.
Ça m'a
beaucoup voulu
rire.
Pourquoi ? Vous savez ce que vous allez dire, c'est Glenn Royal après le débat ? Non,
non,
non, vous êtes franchement là, vous êtes grossier.
Je
parle de ce débat parce qu'on en a beaucoup parlé cette semaine et évidemment on vous posera des questions là-dessus. Mais d'abord, l'important pour vous ce week-end, c'est ce congrès fondateur du Modem. Alors, est-ce qu'il va y avoir autant de monde que prévu ? Évidemment, on se pose la question. Un
peu plus même, je crois.
C'est un parti qui va pouvoir réellement exister, le Modem
?
Ça, sans le moindre doute. Aux
prochaines
municipales, il y aura des candidats partout ?
Il y aura des candidats à peu près dans toutes les villes, oui.
Est-ce que c'est facile à trouver des candidats pour le Modem ?
Sans aucune difficulté. Vous dites que ce sera plus un parti de militants, en fait, peut-être, qu'un parti d'élus ? Pour l'instant, je n
'ai
pas le choix. Honnêtement, ce n
'est
pas parmi les élus qu'on fait le plus grand succès.
Pourquoi ? Il va y avoir plusieurs centres en France aujourd'hui parce que ça devient même assez difficile à suivre. Rassurez-vous, il n
'y
en a qu'un. Alors expliquez pourquoi le Modem est le vrai centre ?
Non, ce n
'est
pas ça la question. La question, c'est que quand on a besoin de dire « moi, je suis du centre droit », ça veut dire qu'on est de droite, ou «
je
suis du centre gauche », ça veut dire que quand vous avez besoin d'ajouter un adjectif, c'est que vous n'êtes pas très sûr du non. Nous, on est sûr du non. Et puis, deuxièmement, tout le monde voit bien, le projet de société de Nicolas Sarkozy, c'est un projet extrêmement caractérisé
et,
à mon sens, qui ne correspond pas aux valeurs profondes de la France. Et le PS est en panne. Et bien, entre ces deux
impasses
-là, ou entre ces deux enlisements, il faut bien que quelque chose d'autre et de nouveau surgisse, alors on va le faire surgir.
Si je vous suis bien, ça veut dire que ces dernières années, tous les centres qu'on a pu connaître, en tout cas les principaux centres, puisqu'il y
en
avait plusieurs aussi parfois, étaient des centres plutôt de droite. Quand on disait « on est au centre », on était plutôt à droite. Oui.
Vous, ce que vous voulez... Vous savez, Mitterrand disait, il avait le trait acéré, alors il disait « le centre, c'est ni à gauche, ni à gauche
».
Et je pense que ça a été la malédiction de cette famille politique.
Alors si je comprends bien, le modem, aujourd'hui, mouvement démocrate, c'est un parti du centre qui s'alliera avec la droite et avec la gauche si un jour, il était au pouvoir. C'est bien ça ?
Vous voyez bien que droite et gauche depuis... Vous vous souvenez qu'au printemps, quand je disais ça pendant l'élection présidentielle, tout le monde disait « Bayrou, il a un grain ». Qu'est-ce que ça veut dire de dire que ça n'existe pas ou plus ou que ça n'a plus l'importance que ça avait ? On a vu depuis le printemps, depuis Nicolas Sarkozy, depuis le nombre de leaders ou dirigeants socialistes qui sont allés rejoindre...
J'allais
y
venir, est-ce que ce n'est pas votre fonds
de commerce qui est en train de... Si vous
prenez aujourd'hui, pour dire à quel point
tous
ces repères-là s'effacent,
si
vous prenez aujourd'hui les deux
grandes
institutions, comme on dit, ultra-libérales du monde,
l
'OMC, l'Organisation Mondiale du Commerce,
et
le FMI, le Fonds Monétaire International, elles sont toutes les deux dirigées par des socialistes français. Et à qui va-t-on demander de faire le rapport le plus
déconcertant
sur la croissance ? À Jacques Attali.
Ben,
si vous me dites qu'après ça, ce type de repères existe encore, alors je crois que... Enfin, je vous répondrai qu'on ne voit pas le même monde.
Ben, sauf que certains peuvent vous rétorquer que ce que fait Nicolas Sarkozy aujourd'hui, en prenant des gens de gauche, c'est ce que vous, vous aviez envie de faire, c'est
-à
-dire travailler à la fois avec des gens de droite et à la fois avec des gens de gauche.
C'est comme le Canada Dry. Ça a la couleur du whisky, ça a l'aspect du whisky, mais ça n'en a pas le goût et ce n'est pas du whisky.
Vous
n'en avez pas bu, cela dit, parce que c'est un peu différent, le Canada Dry.
Non, mais c'était la pub, vous savez. Ah
bon
?
Ah oui, vous êtes trop jeune pour vous en souvenir.
Il y a des bus
au Canada Dry et c'est une pub. C'est qu'on
touche au Canada et là,
t
'es rien.
Mais c'était la pub du Canada Dry, ça ressemble à du whisky,
c
'est à la couleur du whisky,
mais ça n'est pas du whisky. Donc ce n'est pas une
ouverture que pratique Nicolas Sarkozy. Donc ça ressemble, mais ça n'est pas la même idée, parce que l'idée qui était la mienne, c'était qu'on pouvait se retrouver sur des diagnostics et des choix qu'on aurait fait en commun, ensemble,
et
pas par débauchage. Si je vais chercher quelqu'un dans l'équipe adverse et si je le fais jouer contre son équipe, c'est un débauchage.
Alors, vous avez donc perdu quelques joueurs, le plus récent Jean-Marie Cavada, alors il était dry lui aussi, c'était du faux Cavada, donc.
Parce
que là, il vous a été fidèle pendant la campagne présidentielle. D'autres, quand même, ont fui avant et sont passés... Non mais c'est vrai, sont passés au gouvernement...
Vous
avez
lu le canard enchaîné cette semaine ? Oui, je l
'ai
lu. Et alors, donc, il y avait un article absolument génial, parce que Cavada, en partant, lundi, il a dit « J'ai épuisé mes réserves de loyauté, les gardes Bayrou. » Alors, ils ont dit, le canard enchaîné a trouvé un mot génial, ils ont dit « Cavada a inventé la loyauté à point, comme le permis à point. »
Pour
moi, la loyauté, c'est « On l'est ou on ne l'est pas. » Et donc... Ou
on l'a
été ou on ne l'est plus. Alors, j'ai croisé Alain Juppé hier matin.
Comment
va-t-il
? Il
avait l'air à peu près en bonne forme.
J
'ai croisé Alain Juppé hier matin, il m'a dit « Mais tu sais, je savais qu'il partirait.
»
J'ai dit « Comment tu savais qu'il partirait ? » Il dit « Écoute, en 2004, quand on a fait les élections européennes, il est venu sur ta liste, mais jusqu'au dernier jour, à la dernière heure, il a négocié avec moi pour savoir si je ne pouvais pas lui offrir une meilleure place sur ma liste que toi sur la tienne. » Et ceci est vérifiable, il suffit de demander à
Alain Juppé. Mais peut-être parce que vos politiques se ressemblent. Peut-être qu'il ne
confirmera pas. Eh bien, pas vraiment. Vous voyez, en matière européenne, en tout cas, on peut être plus clair. Ce
sont des pratiques habituelles.
Et donc, ça veut dire, quelquefois, on me demande « Est-ce que ça vous a touché ? Est-ce que ça a été une blessure ? » Non. Moi, je réponds que ça a été une chance.
Parce
qu'à partir du moment où quelqu'un est capable de faire ça contre ses propres amis, il vaut mieux qu'il soit avec les autres qu'avec vous.
C'est ce que certains disent pour le Parti Socialiste aussi, d
'ailleurs. Eh
bien, vous voyez, ça veut dire que peut-être, quelquefois, on peut avoir des chances partagées.
L
'autre actualité de la semaine, c'est la confidence faite à la fois par vous et par Ségolène Royal sur ce moment du débat évoqué déjà il y a quelques minutes entre Nicolas Sarkozy. Non pas le débat entre vous et elle, mais le débat entre Sarkozy et elle où Mme Royal aurait bien aimé annoncer, ça aurait été un coup de théâtre, évidemment, incroyable, elle aurait aimé annoncer pendant ce débat à Nicolas Sarkozy que vous alliez, vous, François Bayrou, être son premier ministre si elle était élue. Et elle vous avait demandé l'autorisation de pouvoir faire ce coup de théâtre pendant le débat, car ça aurait été un coup de théâtre.
Oui,
alors c'est un coup
de
théâtre. Est
-ce que
c'est vrai ? Non, c'est un coup de théâtre pour moi. Alors j'étais dans mon bureau hier après-midi en train de travailler et puis tout d'un coup le téléphone sonne.
C
'est un journaliste qui m'appelle
et
il me dit
qu
'est-ce que vous avez fait dans votre rendez-vous secret chez vous avec Ségolène Royal
?
Qu'il soit avouable.
Ou
qu'il ne le soit pas.
Si c'est ce que... Bon, alors je suis tombé, je ne
veux
pas dire que je suis tombé de ma chaise, mais il y a eu là, en effet, pour moi, un petit moment d'incertitude. Puis je me suis dit, quand ma femme va apprendre ça, ça va de surcroît mettre de l'ambiance dans la
maison. Mais je sens que ça vous gêne, ma femme. Et quand j
'ai
dit qu'il soit avouable, vous n'avez pas souri, même.
Et alors je suis obligé de dire que non, ce rendez-vous secret raconté par les sites n'a pas eu lieu. Mais
c'est vrai, parce qu'elle sera
là ici même, dans ce fauteuil, dans 15 jours. Eh bien, vous lui poserez la question. Je n'ai jamais rencontré Ségolène Royal en secret chez moi. Bon, mais en revanche, elle vous a fait cette proposition ? Non, alors, ce n
'est
pas exactement comme ça, parce qu'on ne décroche pas son téléphone en disant « Dites-moi, vous ne voulez pas être mon Premier ministre par hasard ? » Quelque chose de cet ordre. Non, il y a eu un certain nombre de personnes
de
son entourage qui m'ont dit « Ségolène Royal aimerait bien que vous soyez son Premier ministre. »
Elle
va l'annoncer au débat. Je dis franchement, ce n
'est
pas très sérieux. En tout cas, moi, je ne me prêterai pas à ce genre de choses, parce que pour être le Premier ministre de quelqu'un,
il
faut avoir, au fond,
la
même idée que lui de son projet. Je dois avouer
que
l'entourage de Nicolas Sarkozy m'avait dit la même chose. Et là, j'étais encore plus éloigné de ce choix.
Est-ce que vous ne pensez pas que c'est ce qu'une majorité de Français aurait souhaité ? C'est-à-dire que si elle l'avait fait, si vous aviez été son Premier ministre, elle aurait été élue ?
Eh bien, je crois que ça aurait tourné très mal, parce que je pense que le projet sur lequel elle aurait été élue, comme elle l
'a
avoué elle-même,
était
vraiment à mille lieux de ce qu'il fallait. Puisqu'elle a elle-même dit
que
dans le projet qu
'on
lui avait fait défendre, au fond, c'était le contraire de ses idées. Alors là, je pense que ce n'aurait pas été un bon signe pour l'avenir. Oui,
mais c'est paradoxal ce que vous dites, parce que vous, le modem, vous voulez justement gouverner avec des gens de droite et des gens de gauche. Alors, elle sera où, la cohérence
? Non,
mais c'est parce que vous croyez ou
vous
faites semblant de croire. Non,
mais j'essaie de comprendre.
Vous croyez que ces deux repères-là, c'est les repères de l'avenir. Et moi, je ne crois pas que ce soit les repères de l'avenir.
Je
pense qu'il y a une grande question qui est posée aujourd'hui, c'est celle du projet de société avec lequel on va vivre, que
le
projet...
Qu'est-ce
qui s
'est
passé ? J'entendais des conversations. Alors, c
'est
un vieux réflexe comme ça qui me reste. Vous
avez
un petit côté instituteur. Et donc...
Comme Daniel
Mitterrand
la semaine dernière. Et quoi, de Ségolène Royal, on va lui approcher parfois.
Ça
nous fait un point commun. Et donc...
Ou
deux pères de famille, je ne
sais
pas, l'un ou l'autre. Vous avez reçu des menaces
?
Et
donc,
la
grande question, c'est celle-là. Projet de société avec lequel on va vivre.
Et
aujourd'hui, dans la mondialisation, le projet de société qui domine tout,
c
'est un projet que je trouve, moi, terriblement dangereux et qui est, au fond, un projet
d
'inégalité
croissante. Et
ce que j'ai regretté chez Nicolas Sarkozy,
c
'est qu'il adhère à ce projet américain, on va dire, enfin, Bush, ce n
'est
pas néo-conservateur, comme on dit,
qu
'il est fasciné par ça. Et qu'il a dit à plusieurs reprises, l'urgence, c'est de réconcilier la France avec l'argent.
Eh
bien, pour moi,
l
'urgence, c'est de réconcilier la France avec
d
'autres valeurs. Avant de faire rentrer
nos lots et Zemmour,
Vincent
Delherme, vous y
croyez ? Non, mais il y
a
eu une grosse approximation sur le Canada Drive, parce que ce n'était pas avec du whisky. En
fait, c
'était
quoi
? Ce n
'était
pas du whisky ? Ah si, si, c'est le whisky.
C
'est le whisky.
Avec des bulles, avec du pernier. Oui, le couleur du whisky. Oui, le couleur
du whisky.
Ah bien
sûr.
Qu'on nous amène du Canada Drive et qu'on nous amène
avec la Corona.
Et
ça n'est pas du whisky. Ah bien si, vous
êtes trop jeune pour vous souvenir de
ça,
mais
je vous garantis que c
'est vrai. Il
confond avec le Corona.
Je pensais qu'on vous en poserait les questions, mais pas celles-là,
M. Oui. Guy
Bedos.
Pour
illustrer le propos que vous avez tenu sur l'argent, je vais faire un peu l'intéressant. Moi-même, je me prends au sérieux parfois. J'écris des aphorismes, je
me
prends pour François Mauriac. Et j'avais écrit il y a quelques années déjà, de tous les intégrismes, le plus dangereux à mes yeux est l'intégrisme de l'argent. Pour ceux
qui
ont connu le nazisme en uniforme, le dollar a des reflets verts de gris.
François Bayrou pourra s'en servir. Peut-être un jour, je serai obligé de prendre un chroniqueur centriste. Pour l'instant, je n'en ai que deux à vous proposer. C'est Éric Zemmour et Éric Nolo. C'est pas un tort d'Éric
Saint.
J'imagine que des deux Éric Zemmour et celui qui vous connaît le mieux. Vous allez encore nous dire que vous avez déjeuné récemment avec François Bayrou.
Ça
fait plus de 15 ans que je déjeune et que je dîne avec François Bayrou. Dîner pas souvent. Pas tous
les jours, mais
c'est un plaisir de déjeuner
et
de dîner avec lui.
Ça commence bien. Éric Nolo, vous connaissez un peu moi, François Bayrou. Oui, mais je suis du même département.
C'est vrai ? Les
Pyrénées-Atlantiques, mais côté Basque. Ah oui, d'où ça
?
Oui, j
'ai
une compatriote, Bayonne.
De
Bayonne ? Bayonne Biarritz-Anglette.
Non, mais vous êtes d'où
? Parlons franchement. Vous voyez,
le lycée. On n'est pas chez Michel
Bruecker, non
plus. On est là pour
parler.
Il
est
allé pour le Nuit,
boulevard de Maréchal-Soultre.
Et je sais
que...
Tu vois ton
téléphone, là
-bas ? Je connais
mon téléphone, ça fait longtemps que je n
'y
suis plus. Et je sais que dans cette région, être têtu, c'est considéré plutôt comme une qualité que comme un défaut. Mais quand même, moi je me pose une question. Est-ce qu'un jour,
il
n
'y
aura pas une défection ou une trahison de trop ? Si Marielle de Sarnay vous dit, je prends ma carte à l'UMP et j'épouse Sarkozy en seconde noce, est-ce
que vous allez se dire
? Là,
c'est bon. Ça, je
reconnais que j'aurais une surprise. Vous commencez à vous poser des questions.
Là,
pour l'instant, puisqu'on parlait de l'aspect régional, Basque et Pyrénées-Atlantiques, vous confirmez qu'au prochain municipal, en 2008, vous serez candidat à Pau.
Yes.
Vous avez déjà été candidat au municipal à Pau, il y
a... Il
y
a
un bail.
C'était dans les années 80 ?
Oui, j'ai failli être élu.
Vous avez failli
être élu
? Ce
n'est plus le même candidat. Et c'était André Labarère en face, ce qui n'était pas vraiment, pour une compétition électorale, une partie de plaisir.
Ce n'est plus le même candidat socialiste, effectivement, aujourd'hui.
Ça
veut dire que vous
allez... Non, il est
soutenu par Sarkozy, le candidat sablusien en place à la mairie. Ça
veut dire que là, vous allez combattre un candidat socialiste soutenu par la majorité présidentielle.
Un rêve.
On ne va plus arriver à comprendre.
C'est n'importe quoi. Non, mais c'est le rêve de... Vous voyez bien.
C'est n'importe quoi. C'est n'importe quoi. Oui,
oui.
Mais
il
doit y avoir une raison, si on cherche bien.
Alors, Éric Zemmour, le Modem, donc, aujourd'hui, ce week-end, est en congrès fondateur. Vous croyez à ce nouveau parti
?
Est-ce qu'il
est
viable ?
Oui, ce n'est pas la question. Il est viable, puisque Bayrou a eu l'habileté de présenter beaucoup de candidats aux législatifs pour avoir un financement public. Parce que vous savez qu'aujourd'hui, pour les partis politiques, ils sont financés par le budget de l'État.
Donc l'argent est encore
le nerf de la
guerre. Voilà, exactement. Mais je dis que le problème n'est pas là, parce que le problème de Bayrou, si vous voulez, d'après moi, c'est qu'il a choisi une démarche très difficile, très courageuse, parce qu'en fait, sous la saccharme publique, les centristes, c'est la volaille contre l'humain. C'est un classique. Pompidou avait dit aux jeunes Chirac, un centriste, on les roule dans la farine et après on les fait frire. Phrase historique. Je parle sous le contrôle de Michel. Et lui, il est le centriste qui en a, qui refuse ça, etc. Donc il a résisté à Chirac en 2002, quand Chirac a fait l'UMP, et donc il a résisté à Sarkozy en 2007. Le problème,
c
'est qu'il a fait, après une campagne présidentielle absolument extraordinaire, il n'a fait que, entre guillemets, 18%,
et
qu'il n'est pas au second tour. Donc à partir de là, il se retrouve dans la cinquième république avec le troisième homme d'une partie qui se fait à deux. Et moi, quand je disais tout à l'heure que je connaissais depuis longtemps François Bayrou, quand je l'ai connu, il avait une phrase qu'il aimait beaucoup et que j'ai retenue, et qui était celle de Bismarck, « Dans un système à trois puissances, il faut être l'une des deux
». Donc
je dis à François Bayrou, malheureusement, il est la troisième dans ce système à trois puissances. Pour l'instant. Pour l'instant. Mais c'est un vrai problème parce que d'autres, avant lui, ont fait des scores remarquables. Je veux dire, le Canuet, en 1965, il a fait 15%, si je ne
dis
pas de bêtises. Le Pen, il a fait 18% en 2002. Bar, en 1988, si je ne dis pas de bêtises, il a fait 16 ou 17, c
'est
ça ?
Et
ils
n'en ont jamais
rien fait. Je pense qu'il avait, évidemment, entre les deux tours, s'il avait été au second tour, il faisait alliance avec une partie de la gauche et il cassait le parti socialiste, et c'était terminé, Bayrou avait gagné. Soit il était élu, soit il n'était pas élu, mais en 2012, il était le seul adversaire de Sarkozy, s'était plié. Là, malheureusement, il n'est que le troisième. Moi, je maintiens, alors c'est une discussion tactique, je pense qu'il aurait dû
faire
quand même alliance avec Ségolène Royal, d'autant plus qu'il savait qu'elle avait perdu,
et
que, en faisant alliance avec Ségolène Royal, il brisait le PS en deux, définitivement, que la gauche de la gauche partait à gauche, qu'il prenait les prétendus modernes, ça c'est une autre discussion, et qu'il devenait vraiment le Romano Prodi italien contre le Berlusconi.
Moi,
je pense que là, François Bayrou a eu tort, et qu'il a raté le coche, je ne sais pas s'il reviendra à ce coche.
On laisse répondre à cette analyse d'Éric Zemmour, François Bayrou, ça vous fait sourire ?
Non, non, le problème avec Éric Zemmour, ce n
'est
pas qu'il est très intelligent, c'est qu'il est trop intelligent. Et que...
C
'est un problème. Il conduit des analyses absolument remarquables.
Il
n'y
a
qu'un
point comme ça... Vous voulez dire que ceux qui l
'analyse sont moins intelligents que lui
? Moi,
je suis un Pyrénéen. Et avant de savoir si je dois m'allier avec Ségolène Royal, en 2007,
en
avril 2007,
je
me pose une question toute bête et très simple, qui est, est-ce que tu es d'accord avec ce qu'elle dit
? Et
je n'étais pas d'accord avec ce qu'elle disait.
Mais
on s'en moquait, puisqu'elle était terminée le
Céline au
soir. Oui, vous, vous vous en moquez,
et
moi pas.
Parce
que je prends Ségolène Royal assez... Enfin, j'ai un jugement assez positif sur elle,
pour
ne pas avoir envie de passer par pertes et profits la personne qu'elle est et les idées qu'elle a. Et quand Ségolène Royal, au débat avec Nicolas Sarkozy, dit « Si je suis élu, à partir de lundi,
on
va embaucher des policiers pour accompagner les policières chez elle...
»
Et j'avais dénoncé ça dans un
débat... C'est pas ce qu'elle a
dit de mieux dans le débat !
Mais c'est justement... Essayons de voir ce que ça veut dire.
J
'avais dénoncé ça dans un débat avec elle, qui est quelqu'un que je respecte et que je prends au sérieux. Ça veut dire qu'elle était dans cette disposition d'esprit où l'EPS s'épuise, s'enferme et meurt depuis longtemps, qui est que chaque fois qu'on a un problème, c'est vers l'État qu'on se tourne
et
on dit à l'État, s'il vous plaît,
apportez
une réponse.
Et
je n'étais pas d'accord avec ça. Et comme c'est le mal français, même pour des considérations tactiques, même pour marquer des points, même pour faire plaisir à Éric Zemmour, je n'irai pas à l'encontre de mes idées. J'ai
vu que Michel Cotat... Vous avez sauvé le PS,
d'après moi.
Juste Michel ! Je pense que l'élection de Pau est au fond symbolique et sera tout à fait intéressante. Parce que la nouvelle donne, c'est l'éclatement du PS, l'affaiblissement du PS et sa façon d'être absorbée par boue par Nicolas Sarkozy. Est-ce que c'est une chance nouvelle pour votre stratégie ? Question que je vous pose. Est-ce que c'est là-dessus que vous misez ? Est-ce que vous pensez que sur ce qui est aujourd'hui, parce qu'on sait que les choses changent vite, ce qui est aujourd'hui les décombres du PS, vous pouvez renouveler une force ? C'est à ça que vous pensez ?
Je
vais vous dire, Michel Cotat,
comme
Éric Zemmour, votre question est vraiment très, très fine et pertinente. Mais... Je ne
suis pas aussi intelligente que lui ! Je ne suis pas aussi intelligente que lui ! Nous, on n'a que les questions à la con !
Je
vais essayer d'en trouver
une !
Je vous
jure, je
cherche ça ! Est-ce que l'éclatement, je dis ça avec beaucoup d'amitié, est-ce que l'éclatement du Parti Socialiste et son absorption par Sarkozy,
ça va être
une recomposition ? Elle a raison
! Les
Palois,
les
citoyens de Pau, s'en foutent éperdument.
Oui,
mais c'est pour
ça que votre expérience est symbolique. Que les
citoyens palois se posent, c'est est-ce que ce mec va être un bon maire pour nous ou pas
? C
'est le cas de la plupart des municipales. Et, selon moi, une élection municipale, c'est une élection municipale.
Si vous la gagnez, vous verrez votre commentaire après. Et j
'ai bien l'intention de la gagner. Après, ma certitude, si c'est ça la question, c'est que, évidemment,
sur
cet espace-là nouveau, avec un projet de société nouveau, on aura une majorité de Français. En tout cas, c'est un
peu de choses dans l'ordre. D'abord la campagne municipale, la présentation, on verra après. Vous avez
raison, en même temps. Et on salue les Palois qui nous regardent. Mais c'est vrai qu'on renationalise un peu plus le débat Éric Nolot.
C
'est-à-dire qu'on a déjà vu
des...
Oui,
moi... Moi,
j'ai une question intelligente qui m'est venue, mais je la pose. C'est pas dans mon image. On a vu... Pas toutes d'un coup. Non, mais
on
a vu des prophètes commencer avec peu de troupes. Alors, il y
a
des prophètes qui prêchaient dans le désert. Vous, vous prêchez dans le désir de centre.
Alors... Bon, l
'azard
! Mais, le
problème, c'est qu
'un
célèbre prophète, le Christ, lui, il a commencé avec douze apôtres. Vous, vous finissez avec douze apôtres. Et en plus, lui, il a eu un seul Judas. Vous, vous en avez un par semaine. C'est plus compliqué. Mais c'est pas là où je veux en venir. Je ne comprends pas pourquoi, dans la situation qui est la vôtre, vous essayez à tout prix de faire passer la stratégie en second plan. Parce qu'il y a un point qu'on n'a pas soulevé. Et pourtant, Zemmour et Michel Cotta ont pris la parole. C'est pour vous dire... Quand même, c'est un point important. Quand même ! C'est que, si vous étiez associé à la frange centriste du PS, vous auriez certainement aussi aggloméré
toute
la sensibilité centriste qui se répartit sur une dizaine de parties ou d'entités. Ils auraient pu grossir vos troupes. Tandis que là, vous êtes dans une stratégie jusqu'au boutiste où vous êtes un noyau de plus en plus restreint, en tout cas au niveau des élus. Pourquoi ne pas essayer de gagner des troupes avec les autres parties centristes ?
Pas seulement le PS...
Il y a trois questions dans votre affaire. Première question.
Est
-ce qu'un jour les frontières bougeront
? La
réponse est oui.
Ma
conviction,
c
'est qu'un jour les frontières bougeront... Elles
ont
déjà bougé, elles ne veulent plus rien dire.
Éric
Zemo, peut-être on peut réfléchir une seconde à ce qu'on dit. Ah ! Mauvais quoi ! Un jour,
un
jour
les frontières
bougeront
et
un jour,
pour
porter une alternative au pouvoir qui est en place,
il
y aura des recompositions. Voilà ce que je crois, premièrement. Deuxièmement,
ces
gens qui s'en vont, pourquoi s'en vont-ils
? Au
fond, ils s'en vont pour deux grands types de raisons.
Les
uns s'en vont parce que le pouvoir est fascinant.
Et
si vous êtes en politique avec une fascination dans le pouvoir, c'est comme les falènes qui se promènent autour des lampes, vous êtes mort.
Si
vous voulez, je veux dire politique au sens où je l'entends, c'est-à-dire, je crois à quelque chose et je vais changer le monde, si je peux, en tout cas la petite partie du monde qui m'intéresse. Ceux-là, ceux qui croient au pouvoir, ils sont légions.
La
Ve République
a
ceci de pervers
qu
'elle pousse à la servilité.
Vous
disiez tout à l'heure des gens qui s'en vont au moment de l'élection présidentielle, on en a connu partout. En France,
nulle
part ailleurs en Europe.
Vous
voulez dire que les politiques français ont moins de convictions que les politiques à l'étranger ? Non. Ça, c'est l'erreur de raisonnement que tout le monde fait tous les jours. Par exemple, les gens croient que c'est le vent qui fait tomber les branches des arbres.
Ce
n
'est
pas le vent qui fait tomber les branches des arbres. Ce n
'est
pas parce qu'elles sont mortes. Il se trouve que les... Vous
nous faites du Francis Lala, du Francis Melrose.
Franchement,
je ne vais pas vous en faire une autre. Il y a des
gens qui, sortant le soir, croient que la Lune brille. Ce n
'est
pas la Lune qui brille. C'est le Soleil qui se reflète sur la Lune. Ça, c'est mieux. Alors, attendez une seconde. Laissez-moi aller au bout. Le problème,
ce
n
'est
pas le caractère des gens. Le caractère des gens, il est, hélas, toujours fragile.
Dans
tous les pays du monde. C'est les mêmes.
Le
problème,
c
'est les institutions.
On
a des institutions où tout passe
par
la faveur du prince.
Tout
passe.
Mais il a été
élu, le prince.
Démocratiquement,
au suffrage universel. Et
ce n'est pas les partis qui décident. Est-ce que vous diriez ça si vous étiez le
prince ? Excusez-moi. J'essaierai de ne pas pratiquer...
Mais ils
disent tout ça. Oui. Mettons qu'il y ait une exception.
En
tout cas, je revendique de l'être.
Justement, Jean-Marie Cavada reproche qu'au sein du modem, il n
'y
ait pas assez de démocratie.
Écoutez... Qui est un prince, au modem, c'est vous. Les leçons de morale
de
ceux qui ont mangé...
Mais ce n'est pas
intelligent, ma question. Très intelligent. Les
leçons
de
morale
de ceux qui
sont
allés chercher un siège
dans
une formation politique qui le leur donne,
est
-ce qu'on
appelle aller à la
soupe et que faire court
?
Alors, pour parler d'aller à la soupe... Ça devient chiant un peu.
Non, c
'est pas vu, monsieur.
Mais
c
'est le débat. C'est beaucoup
aussi chiant, je trouve. C'est chiant pour les spectateurs. Mais alors, pour ceux qui fournissent la gamelle, la soupe, le sel et le poivre,
qui
voient le type se mettre à la paix dans l'assiette du voisin et qui donnent des leçons de morale en plus, alors
là, en effet,
c'est presque trop. Est-ce que vous ne devriez pas quand même vous remettre un peu en question ? Parce que c'est vos meilleurs copains qui s'en vont à chaque fois. Ça a commencé avec Goazgen il
y
a plusieurs années. Après, il y
a
eu Borloo. Après, il y a eu Morin. Après, il y
a
eu Cavada. Et combien d'autres ? Parce que moi, je veux bien, ils vont à la soupe, je suis d'accord. Mais un,
les
types qui sont allés avec Morin, ils seraient morts aujourd'hui. Puisque justement, vous avez refusé de choisir une alliance avec la gauche ou avec la droite. Et en plus, ils disent tous la même chose au-delà de la soupe, c'est Bayrou, en gros, il décide tout avec Marielle de Sarnez et il nous méprise et on en a marre d'être méprisés. C'est quand même un vrai problème. C'est que vous devriez quand même, je pense, vous remettre en cause vos qualités de manager à tout le moins.
Est
-ce que ce n
'est
pas le propre d'un leader ?
C
'est ce qu'on reproche à Sarkozy,
à
l'UMP,
à
Ségolène Royal pendant la campagne et évidemment à M.
Bayrou. Il faut reconnaître que
Sarkozy, il a beaucoup de défauts mais les types ne le quittent pas. ils essayent de le tuer mais ils ne le quittent pas.
Ça,
c'est une question intelligente. Allez,
on
va,
on
va croire
à
ça.
J'ai entendu ça sur Mitterrand.
J
'ai entendu ça sur quelqu'un qui était plus grand que nous tous qui était le général de Gaulle.
En
51,
il
a fait élire 120 députés.
L
'année d'après,
il
n'y
en
restait pas un seul.
Ils
étaient tous,
c
'est lui qui a inventé l'expression,
ils
étaient tous allés à la soupe.
Oui,
mais c'était de Gaulle. Et à ce moment-là, Malraux, dans
une
réunion célèbre du Conseil national du parti de de Gaulle de l'époque qui s'appelait le RPF,
ils
étaient désespérés par cette espèce de... de migration. De migration. Alors, Malraux s'est levé, il a dit,
on
a perdu des députés. D'accord. Perdre des députés, c'est embêtant. Mais perdre l'idée qui vous a fait vivre, c'est pas embêtant, c'est un suicide. Eh bien, je suis plutôt du côté de Malraux que du côté de Zemmour. Oui, mais c'était le général de Gaulle. Eh bien,
c
'était... Essayons d'être à notre manière à peu près à ce niveau-là. D'exigence, en tout cas.
Un mot sur la politique du gouvernement, justement, parce que vous êtes dans l'opposition du centre, certes, mais dans l'opposition. Vous êtes d'accord avec ça ?
Plutôt oui.
Donc, un mot sur les six premiers mois, sept premiers mois du gouvernement Sarkozy. Quel bilan vous en tirez ? Est-ce que quand même, il
y a
des choses positives que vous avez pu noter ?
Ben, écoutez, j'ai trouvé que dans la conférence qu'il a faite avant-hier sur TF1 et Antenne 2 et France 2,
c
'était pas mal.
J
'ai trouvé que les propositions... Alors, il est un peu répétitif dans sa manière de dire les choses. On a l'impression d'avoir entendu cent fois la même phrase. Mais j'ai trouvé que les propositions qu'il faisait sur le pouvoir d'achat n'étaient pas trop mal. J'ai trouvé que c'était convenable. Je craignais qu'il ne fasse comme d'habitude le Père Noël avec de l'argent qu'il n'a pas.
Et
j'ai trouvé que c'était à peu près bien inspiré. Il
a annoncé un agenda social. Quand vous dites le Père Noël,
c
'est par exemple ce que certains lui réclament, l'augmentation du SMIC. Ça, vous seriez contre vous aussi.
Mais... C'est pour essayer de situer. L'augmentation du SMIC, ça revient à supprimer des emplois.
François Bayrou,
moi
j'aimerais
vous demander... Attendez, je n
'ai
pas terminé parce qu'il faudrait juste rester sur ce qu'a dit
Sarkozy. Mais justement, moi aussi... Alors, allez-y, Eric.
Non, mais sur la politique. Parce que tout à l'heure, je l'ai entendu dire avec vous, justement sur Sarkozy, c'était très intéressant, qu'il disait que le modèle de société de Sarkozy, c'était l'inégalité croissante. Et vous n'avez tout à fait... Même pas, c'est au-delà du modèle de Sarkozy. C'est le modèle de société depuis 20 ans... De la mondialisation. Exactement. De la mondialisation que Sarkozy accepte. Dans
lequel, pour la première fois de l'histoire de France, il se range. Absolument. Jusqu'à maintenant... Peut-être on peut s'arrêter une seconde là-dessus. Jusqu'à maintenant,
depuis plus
d'un siècle, face à ce modèle-là, la France était en résistance. D'accord. La France, c'était le pays dans le monde qui résistait à ça. Et lui, il choisit... De s'y fondre.
Oui,
de s'y ranger. D'accord. De s'aligner.
Et vous avez dit aussi... Je vais me mêler... Oui. Non, mais c'est pas le monde intelligent. C'est pas le monde mais je vais perdre le fil. C'est pas le monde
extrêmement cynique. Mais, pour moi, en tout cas, mais il fait une connerie, ça, votre copain-là. Le Sarkozy, le TKL.
Parce que vous, vous n'êtes pas cynique, c'est bien
connu.
C
'est bien connu, vous avez... Le cynisme,
vous
voulez, est absent de votre question. Mais, il fait une connerie parce qu'il va s'associer,
il va
se jeter dans les bras de bouche, il monte même sur la table pour dire, je sais pas, Chirac,
je
l'aurais fait, les gars d'Irak, tout ça. Et au moment même où bouche est en train de plonger comme un fou, où les suprimes, il limite bouche en disant, devenez tous propriétaires, au moment même ou le
système américain
déconne. C'est dommage que vous suiviez pas l'émission toutes les semaines parce qu'il y a 15 jours, c'est exactement ce que j'ai dit à Ramayad. À Ramayad ? Et oui. À Ramayad. Donc, je continue cette conversation parce
que
j
'aimerais bien finir. Donc, vous
n
'êtes
pas d'accord avec Sarkozy
? Non, je
ne suis pas d'accord avec Sarkozy.
Je vais dire à
Ramayad.
Comment voulez-vous qu'on s'y retrouve ? J'aimerais bien finir
ma discussion. Et vous avez dit très justement après,
parce
que je vous écoutais soigneusement, que les deux patrons des organismes internationaux les plus libéraux,
L'OMC et le FMI sont dirigés par des
socialistes français. En clair, ils sont tous soumis au libéralisme. Vous avez tout à fait raison. Seulement, il faut aller un tout petit peu plus loin, François Bayrou, parce que qui est le donneur d'ordre de tout ça ? Chez qui ils viennent prendre leurs ordres ? Et vous savez, selon la phrase célèbre de Philippe Séguin, la droite et la gauche sont des détaillants qui vont au même grossiste, l'Europe.
Parce
que c'est l'Europe qui nous impose tout ça en se mettant dans la mondialisation. C'est les autres pays européens qui sont plus libéraux encore que nous et qui nous poussent et que Chirac résistait comme un malade là et que Mitterrand faisait la même chose. Et c'est l'Europe qui donne l'identité politique à la famille politique de François Bayrou depuis 40 ans. Alors,
c
'est le petit
discours
anti
-européen.
Non, pas du tout.
Pas du tout. C'est une discussion que j
'ai
avec François Bayrou depuis longtemps.
C'est-à-dire
qu'il y a une contradiction entre les idées de sa famille politique et les idées que lui défend. Et ce n
'est pas un discours anti
-européen. crève cet abcès-là. C'est tout.
Si vous voulez dans la mondialisation proposer un autre modèle que ce modèle qui écrase tout,
vous
croyez que vous pouvez le faire à partir d'un pays de 63 millions d'habitants en
fermant les frontières ? Non, mais les autres ne veulent
pas, François Bayrou. Eh bien, je vous dis que l'indépendance de la France
c
'est l'indépendance de l'Europe.
Oui,
mais les
autres pays ne veulent pas de votre modèle et d
'une autre modèle. Et que le môle de résistance,
le
môle de résistance
qui
donne son caractère et son identité à l'Europe c'est la France.
Et
c'est pourquoi c'est une faute me semble-t-il de la part d'un président français que de renoncer à cette aspiration
-là
et à ces valeurs-là. Mais on est en minorité sur tous ces sujets
-là, François Bayrou,
vous le savez
aussi
bien que moi,
en Europe.
je dis qu'en tout cas face à la Chine, face aux Etats-Unis, face aux puissances financières de la planète, il n'y a qu'un espoir. Ce n
'est
pas gagné tout seul, mais il n
'y a
qu'un espoir. C'est qu'un jour, il y
a
une Europe qui existe et qu'une voix politique puisse s'y faire entendre. Et en réalité, vous qui faites semblant de lutter ou qui
croyez
naïvement lutter contre ce modèle dominant en faisant tous les jours des discours et des articles anti-européens, vous leur servez la soupe sur un plateau.
Eh bien,
moi, je suis là pour, au
contraire, au contraire, pardonnez-moi, mais moi, je suis
lucide.
L'Europe que vous décrivez,
elle est morte depuis les années 70-80. Les Anglais l'ont tuée et vous le savez très bien et l'élargissement à 27 l'a tuée. Et donc, cette Europe avec le modèle français, elle est morte. C'est terminé. Et donc, quand vous dites qu
'il
faut l'Europe, oui, mais ça sera une Europe anglo-germanique qui sera à dix coudées
de
notre
modèle français.
Monsieur Bayrou est
simplement plus optimiste que
vous.
Ceux
qui
ne supportent
pas
Zemmour, c'est les étrangers. Mais pas du tout.
Il dit anglo
-germanique. Pas du tout. Il se trouve que... C'est un modèle.
Il se trouve que ce n'est
pas le même modèle. Bah oui, c'est le moins qu
'on
puisse dire. Eh bien,
que
anglo-germanique, ce n
'est
pas le même modèle de société et pas les mêmes aspirations et pas les mêmes traditions nationales. Et que à force de dire tout ça c'est pareil et c'est des vilains, on se condamne à n'avoir aucune importance.
Mais ce n'est pas des vilains. Ils ont
un
modèle de société différent.
je crois à la civilisation européenne et j'ai envie de la défendre.
Est-ce que ça veut dire que vous êtes plus optimiste que la plupart des politiques ? Parce que ceux, tout à
l
'heure qu'on a cité, qui effectivement,
ont
rejoint Nicolas Sarkozy, ont créé leur propre parti, ont quitté votre centre, à vous, le modem. Ceux-là, finalement, c'est peut
-être
qu'ils ne sont pas optimistes. C'est peut-être pas qu'on essaie de faire des choses, d'être concrets. Vous, finalement, vous misez sur la longueur. Est-ce que vous pensez que vous allez être candidat ? Enfin, candidat, je l'imagine, en 2012. Mais est-ce que vous serez président en 2012 ou est-ce que vous misez 2017 ? Qu
'est
-ce que vous ferez, vous, Laurent Ruquier, en 2010
? Vous êtes très
jeune, M. Bayrou. J'ai calculé qu'en 2017, vous auriez 66 ans. Ça va, c'est encore
l'âge d'être président. Donc, c'est encore possible. Alors, est-ce que vous voyez
aussi loin que ça ? Parce que c'est un travail
de longueur.
Autrefois, Giscard disait
l
'âge d'un député doit commencer par un 3.
D
'un ministre par un 4. Et du président
d'un 8 par un 5. D'un premier ministre
par un 5. Et d'un président par un 6. C'était à l'époque où il était dans la tranche 6. Vous
dites ça parce que vous aurez 61 ans en 2012. Non, mais je ne dis pas. Je
fais une citation. Vous n'avez déjà
fait
le calcul, autrement, jamais vous n'auriez dit ça. Je fais une citation.
Oui, oui, oui. Je vous connais, les politiques, tous les mêmes. Je vais venir faire un début de carrière,
là,
comme imitateur. M. Bayrou,
on va faire beaucoup de ça.
Dernière question d'Éric Mello avant qu'on libère M. Bayrou. Il y
a une
blague que je n
'ai
pas réussi à poser, qui est complètement hors contexte, mais je ne
peux
pas la laisser perdre. Je vous l'assumez, vous pouvez l'emporter. Je voulais résumer la situation en disant que Sarkozy veut des marocaines au gouvernement et vos copains veulent des marocains, plutôt.
C'est très bon. Il me différencie.
C'est bon, ça
?
Je peux vous le piquer
?
Bien sûr. Pour le théâtre du rencontre à partir du 20 décembre.
C
'est vraiment tout, tout, cuit par le sous-tête. Je ne
sais
pas, il vous fait
l
'humoriste, si je m'attendais.
Je
peux poser peut-être la dernière question avant de vous libérer, M. Bayrou, parce que je vous ai trouvé finalement ce soir beaucoup plus, pas tolérant, ce n
'est
pas le mot, mais doux avec M. Sarkozy que d'habitude. Vous venez de dire, par exemple,
qu'est-ce qu'il avait
annoncé
jeudi ? Il a peur
de
j
'ai mou.
Non, mais c'est vrai, c'était plutôt mieux que d'habitude.
Ça
veut dire que M. Sarkozy est sur la bonne voie, selon
vous
? J'essaie en tout cas moi d'être à peu près équilibré dans mes jugements. Et pour pouvoir être sévère quand il le faut, je peux aussi être bienveillant quand ça le mérite.
Quand
M. Sarkozy a été interrogé sur la mise en examen de M. Chirac, il a eu cette phrase, assez curieuse, je trouve, un commentaire étonnant de la part de Nicolas Sarkozy sur l'ex-président de la République mis en examen, on le rappelle, il dit, « C'est dommage que la justice vienne si tard », a dit M. Sarkozy.
Je ne
sais
pas si Chirac va bien le prendre, pour tout
dire.
Parce que si vous décortiquez la phrase, non, en tout cas, c'est évidemment dommage que
les
choses
aient
pris secours et traînent à ce point et que cet homme,
on
aille le chercher après la
fin. C'est un peu ignoble, à vrai
dire, c'est un peu...
Je ne suis pas emballé. Touche, touche, mais parce quoi maintenant
qui va peut-être condamné à un an et demi... Avec sursis. Mais son fils qui va faire un an de prison ferme, ça... C'est le
regroupement
familial.
On vous
remercie d'avoir accepté notre invitation.
On
vous souhaite demain dimanche un bon succès qui, j'imagine, aura un discours de clôture à Villepinte. Déjà écrit ?
J
'espère bien que oui. Parfou. Ah, ça, c'est une de mes faiblesses.
Marielle de Sarnes à Guénoux ? Non, pas de M. Guénoux. Mais non,
j'écris moi-même. Parce que
c'est le même préféré de Sarnes. Je me laisser moi-même avec
assez de verve et je ne prétends pas qu'un autre me laisser. Je ne permets pas.
Je
ne permets pas. Ah, le comédien reprend, là, il connaît son restant perc et son Cyrano.
Ben oui, c'est mon métier, c'est tout.
Je
sais.
Ah, chacun défend son bout de gras ici, c'est tout à fait normal. Puisque j'ai bien compris ce qu'était le modem,
c
'est-à-dire un centre qui ne penche pas plus vers la droite que vers la gauche, c'est bien ça.
Qui essaiera
d'attirer à lui. Il n'y a donc pas plus de chance que vous soyez un jour le Premier ministre de Nicolas Sarkozy d'ici à 2012 qu'il y en a eu d'être le Premier ministre de Ségolène Royal. Eh ben, l'émission aura servi à quelque chose. J
'ai
bien compris. C'est enregistré. On vous remercie, M. Bayrou. François Bayrou, c'est actuel député des Pyrénées à Tantique. Je vous remercie d
'être
l'humain à la maison.
François Bayrou