La face cachée d'Éric Zemmour : enquête sur l'homme le plus controversé de France
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 66 %Défensif 17 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs. Pas tous. Tous, Christine, tous. »
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« L'islam et l'islamisme c'est exactement la même chose. »
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« Ces condamnations sont faites pour me faire taire. »
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« Cette situation d'un peuple dans le peuple, des musulmans dans le peuple français, nous conduira au chaos et à la guerre civile. »
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« Le système Zemmour paraît infaillible. Éric Zemmour est de retour en quotidienne à la télévision. Il est arrivé lundi à 19h sur CNews. Mais on peut déjà dire que les audiences de CNews ont fait un bond. Il a triplé le score habituel de la case. »
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« L'hypothèse de voir Éric Zemmour entrer dans l'arène politique se précise. Ce serait à la fois un coup de tonnerre, accompagné d'une formidable revanche personnelle. »
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« Éric Zemmour démarrait sa carrière politique. Je pense qu'il avait, en travers de la gorge, son double échec à l'École nationale d'administration. »
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« Être l'invité surprise de la course à la plus haute fonction de l'État doit forcément avoir aujourd'hui une saveur bien particulière pour celui qui avait échoué par deux fois à intégrer l'élite de la nation. »
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« Il a vécu ça comme vous ne faites pas partie de notre monde. Et du coup, il s'est imposé différemment à ce monde-là. »
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« Je ne m'inquiète pas du tout de voir Éric Zemmour se risquer dans une aventure électorale. D'abord parce qu'il n'a pas du tout envie qu'on lui fasse passer ce lance-flamme de la transparence qui est affligée maintenant à tous les politiques. »
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« Il me semble que c'est un pur penseur en fait, un pur intellectuel. Vous le voyez, les mains dans le cambouis à gérer une ville, enfin moi pas du tout. »
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« S'il roulait pour un parti, s'il roulait pour l'UMP, ou pour les Républicains, ou pour le Front National, il aurait déjà depuis très longtemps été candidat pour ce parti. »
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« Il n'a pas de programme politique, de projet politique à poser derrière. Pas de programme, mais armé d'une rhétorique de combat au service de sa vision de la France. »
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« Est-ce qu'Éric Zemmour est un homme dangereux pour la société française ? C'est un homme dangereux... Quand il dérape, qu'il tient des propos racistes sanctionnés par la justice, c'est un homme dangereux. »
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« Le vrai danger, c'est de laisser quelqu'un... Dire quelque chose sans le contrer. »
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« Je pense qu'Éric Zemmour est dangereux parce qu'il suscite... la guerre entre Français. »
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« Éric Zemmour est dangereux parce qu'aujourd'hui il a acquis une position sur la scène médiatique et intellectuelle qui est quasiment unique. »
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« Eric Zemmour n'est pas dangereux au sens où il avance à visage découvert. C'est-à-dire que même ses pires ennemis savent qu'ils peuvent lire à livre ouvert dans son jeu parce que tout est écrit. »
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« Ni dans la judiciarisation, parce que quand vous envoyez quelqu'un devant un tribunal, d'abord vous reconnaissez que vous n'avez plus d'armes et que donc vous passez le ballon au juge et ensuite vous en faites éventuellement un martyr. »
Temps de parole
- ?100 %
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Eric Zemmour s'adresse d'abord aux gens qui ont le sentiment que grâce à lui, ils peuvent enfin penser ce qu'ils pensent. Ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs. Pas tous. Tous, Christine, tous. Eric Zemmour, c'est l'homme de tous les scandales, de toutes les provocations. Les bandes de Tchétchène, de Rome, de Kosova, de Maghreb, d'Africains qui dévalisent violente. La xénophobie est au centre de la pensée d'Éric Zemmour. Il suscite la guerre entre Français. Pour certains, il est un visionnaire. Il incarne un moment, une époque. Pour d'autres, un homme animé par la haine. Vous avez une grande qualité, c'est que vous dites exactement toutes les saloperies que vous pensez.
Pourtant, l'homme n'a jamais été aussi populaire. Alors, envisage-t-il réellement de se présenter à l'élection présidentielle en 2022 ? Il y a des gens. qui ont envie qu'Éric Zemmour soit candidat. Tous les journalistes en réalité font de la politique. La seule différence c'est que Zemmour il l'assume. On pardonne tout aux rappeurs qui insultent et appellent au viol, voire au meurtre des femmes blanches. Parce qu'il fera partie d'une équipe de campagne. Il y a des gens qui sont bons pour faire de la politique, pour être des leaders. Éric Zemmour aborde tous les sujets sans aucune retenue. La place grandissante des femmes dans la société moderne. Depuis 20 ans, il y a une montée de la présence féminine. dans la vie politique, dans les classes politiques. Est-il véritablement misogyne ?
Les femmes ont une forme d'intelligence différente de celle des hommes. Il ne faut pas oublier que c'est un homme du XXe siècle qui est égaré dans le XXIe. C'est la France des gros cigares et des mains au cul. Il y a une attente de virilité, il y a une attente de violence. À vouloir le nier, nous créons des générations d'impuissants, d'homosexuels et de divorces. Sa femme est avocate, elle est assez brillante, elle travaille. Je ne pense pas qu'il le pense vraiment. Il n'y a pas de misogynie chez Éric Zemmour, puisqu'il pense que dans l'intérêt des femmes, On ferait mieux de revenir à une société patriarcale. Immigration, islam, Éric Zemmour franchit toutes les lignes. Quand ils égorgent des adversaires, c'est écrit dans le Coran qu'il faut égorger les juifs et les chrétiens.
Tout le propos d'Éric Zemmour vise à confondre islam et islamisme. L'islam et l'islamisme c'est exactement la même chose. Vous n'allez qu'avoir la rue, les vêtements, les femmes, les boutiques, le grand remplacement, on le voit là. Il confond sa haine, je dis bien sa haine, des arabes. et le programme migratoire. Aujourd'hui, les gens viennent et ils vivent comme au pays. Pour moi, ça s'appelle un colonisateur. Quelle enfance a-t-il vécu ? Ma mère m'appelait d'ici en me disant « Eric, va acheter le pain » . C'était le paradis pour moi. Est-il animé par la revanche ? Je pense qu'il avait, en travers de la gorge, son double échec à l'École nationale d'administration. Qui est-il dans la vie privée ? Eric Zemmour est hors plateau un type adorable.
Éric Zemmour, que je connais personnellement, est quelqu'un qui, humainement, est délicieux dans la vie. Délicieux dans la vie, pourtant, il atomise tous ses adversaires. Vous êtes comme Tapie, vous êtes un ringard du Poumouriti. Comment fonctionne le système Zemmour ? Il joue toujours à domicile. On lui connaît assez peu de défaites, c'est moi-même. Vous avez vu comme il bosse ses dossiers ? Il connaît tout sur le bout des doigts. Je cite Stendhal, Auguste Congon. Ses thèses sont-elles toutes fondées ? Éric Zemmour est quelqu'un qui peut citer un historien qu'il est seul à avoir lu. s'en servir comme d'un argument et ensuite progresser comme si ce qu'il venait de dire qui est faux était devenu une vérité révélée. Jusqu'où est capable d'aller Éric Zemmour ?
Sa parole peut-elle fracturer la société française ? La face cachée d'Éric Zemmour, enquête et révélation sur l'homme le plus controversé de France.
L'actu de ce lundi, c'est la présidentielle 2022. Et Éric Zemmour, qui se préparerait, dit-on, à cette présidentielle ? Éric Zemmour, candidat à la présidentielle, c'est sérieux ? Y a-t-il vraiment un petit système qui se met en place pour pousser Éric Zemmour, alors ? Et si c'était lui, le candidat surprise, en quelque sorte l'Emmanuel Macron bis, mais de 2022 ? Depuis quelques semaines, quelques mois, ces questions se font beaucoup plus précises. Il interroge, toi qu'à ma place, tu ferais quoi pour la présidentielle ? Zemmour, candidat. à la prochaine élection présidentielle. Une folle rumeur, devenue une question brûlante à laquelle l'intéressé n'a pas pu échapper bien longtemps. En 2003, Alain Duhamel, institution du journalisme politique, avait obtenu le
scoop de la bouche même du futur président Nicolas Sarkozy. Alors, quand vous vous rasez le matin, là, vous pouvez penser à autre chose qu'au ministère de l'Intérieur. Est-ce qu'il vous arrive, à ce moment-là, de penser à l'élection présidentielle ? Pas simplement quand je me rase. En 2021, il retente sa chance en mettant Eric Zemmour au pied du mur. Parmi les prétendants à... Vous citez en quelques mots Eric Zemmour. Pourquoi ? Pourquoi ? Parce que c'est ce que je pense. Alors je ne dis pas Eric Zemmour va être candidat. Je dis il y a des gens qui ont envie qu'Eric Zemmour soit candidat. Alors quant à lui, il va peut-être nous dire s'il le souhaite ou pas. Ah bah oui, Zan alors ! C'est pas ici, aujourd'hui que je vais le dire.
Mais j'écoute l'analyse, j'ai lu les deux pages. Ah, vous dites pas non donc !
En choisissant de ne pas répondre et de préserver le suspense, Éric Zemmour vient-il de réussir un nouveau coup médiatique ou de valider l'hypothèse d'un réel engagement ? Je ne sais pas si Éric Zemmour aura l'argent, le courage, l'audace, la volonté de se présenter à l'élection présidentielle. Que ça flatte son égo de le penser, je pense que c'est tout à fait vrai. Mais l'élection présidentielle, c'est quelque chose de très sérieux. Éric Zemmour s'adresse d'abord aux gens qui ont le sentiment que grâce à lui, ils peuvent enfin penser ce qu'ils pensent. Et ça, c'est considérable. Je souhaite à la limite qu'il franchisse le Rubicon et qu'il crée son parti
politique, qu'il se présente politiquement. On verrait finalement ce qu'il a vraiment dans le ventre. Le premier sondage officiel relatif à une candidature d'Éric Zemmour en 2022. Le crédit déjà de 13% d'intention de vote au premier tour. Il y a donc bien un phénomène Zemmour, un phénomène accouché devant les caméras il y a 15 ans. L'homme s'est fait connaître du grand public dans un rôle à la mesure de son insolence.
Provocation, outrance et déclaration incendiaire sont les armes utilisées par Eric Zemmour. pour occuper une place de choix dans l'espace médiatique. C'est incontestablement les 5 ans qu'il a passés chez Laurent Ruquier qui ont fait qu'il a été connu du grand public. Pendant 5 ans, entre 2006 et 2011, tous les samedis soirs, Eric Zemmour enfile son costume de sniper. Il tire à boulet rouge sur les invités de l'émission On n'est pas couché. Son face à face avec la militante féministe Caroline Fourest atteint une tension hors norme. Moi ça ne me traumatise pas, c'est vous que ça traumatise parce que l'enfant divorcé c'est vous, c'est pas moi. Qu'est-ce que ça veut dire ça ? Ça veut dire que... Qu'est-ce que ça veut dire ça ? Ça veut dire que...
Attendez, vous ne ramenez pas mes parents dans cette histoire, les divorces... Ah non, non, mais c'est vous tout à l'heure qui avez fait la... En liaison avec le féminisme, vous vous présentez ou quoi ? C'est vous, c'est vous. Vous avez une grande qualité, c'est que vous dites exactement toutes les saloperies que vous pensez. Écrivain, homme politique, chanteur, comédien, personne n'est épargné. On n'a rien à foutre de se faire engueuler par un acteur, par un chanteur, par un écrivain, par Ruquier, par la productrice de l'époque Catherine Barba. Il s'en fout, il trace son truc. Avec ses provocations, ses clashs, ses buzzs, Éric Zemmour a empiriquement construit son univers. Son univers médiatique, son univers intellectuel, sa doctrine politique.
Depuis près de 20 ans, la presse, la radio et la télévision sont les terrains de jeu sur lesquels il met méthodiquement le feu aux poudres. Éric Zemmour, c'est un peu le choix des mots et le choc des propos. Comme lorsqu'il assimile des nationalités... et des couleurs à la délinquance dans l'une de ses chroniques matinales. « Des bandes de Tchétchène, de Rome, de Kosovar, de Maghrébins, d'Africains qui dévalisent, violentent ou dépouillent. » « Ce qu'il dit est officiellement antipathique. » Éric Zemmour, jamais à court de munitions. En 2012, il fait passer Clémentine Autain, affiliée au Front de Gauche, pour l'avocate du plus pur libéralisme économique. Vous êtes le premier fournisseur du capitalisme.
Il vous adore, les capitalistes. Mais vous racontez n'importe quoi. Mais non, c'est que vous adorez, monsieur Zemmour, les capitalistes. Vous leur avez donné... Pour se faire entendre, Éric Zemmour joue avec ses propres règles. La première, rester en mouvement pour ne jamais être prisonnier d'une case. Éric Zemmour présente cette particularité d'être à la fois un éditorialiste, un journaliste, un polémiste, un écrivain et un homme politique. Tous les journalistes en réalité font de la politique. Seule différence c'est que Zemmour il l'assume. C'est quelqu'un qui a inventé en fait un statut. Il y a 10 ans c'était un journaliste qui donnait un peu son avis. Il y a 5 ans c'était quelqu'un, un écrivain qui écrivait des théories et qui les défendait sur les plateaux de télé.
Et aujourd'hui c'est quelqu'un qui fait de la politique. Eric Zemmour est invité partout et ça marche. Notre invité Eric Zemmour, bonjour. Bonjour. Eric Zemmour, bonsoir. Eric Zemmour, bonjour. Bonjour. Bonsoir Eric Zemmour, merci d'être notre invité. Si on parle de segment marketing, je crois que Zemmour, effectivement, est devenu tête de gondole. C'est évident. C'est évident parce qu'il y avait la demande, il n'y avait pas l'offre. On ne peut plus tellement l'enfermer dans un rôle social. social bien déterminé, il est une marque à soi tout seul. C'est la marque Zemmour. Spécialité de la marque, un franc-parler incisif qui n'épargne absolument personne. Il n'a pas de conviction avérée. Il dit tout et son contraire.
L'avocat Mario Stasi préside la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme, qui a déjà poursuivi Éric Zemmour en justice. Ce sont de vieilles connaissances. C'est aussi un troll. C'est-à-dire le buzz médiatique, toujours polémique, le buzz, le médiatique, pour faire parler de lui. Éric Zemmour a donc trouvé la formule pour rendre sa parole incontournable. Ses essais historico-politiques sont de vrais succès commerciaux. 458 000 exemplaires pour le suicide français, 110 000 exemplaires pour Destin français. Une partie de l'opinion est donc... plus que réceptive aux idées d'Eric Zemmour.
Merci pour tout ce que vous faites. Merci à vous. A bientôt, monsieur. Il est la voix de ceux qu'on montre du doigt. Il est la voix des populistes. Il est la voix de ceux qui sont extrêmement mécontents de l'offre politique actuelle. En dehors des plateaux télé, lors de conférences privées, ses fans écoutent religieusement ses plus grands tubes. Quand des gens viennent en France et disent « Moi, je veux la nationalité française, mais mon fils s'appellera Mohamed »
Il faut être engagé et pas partisan. Le problème d'Eric, c'est que depuis quelques années, il est toujours aussi engagé, même de plus en plus, mais il est de plus en plus partisan. Septembre 2019, Eric Zemmour prend la parole lors d'une convention organisée par Marion Maréchal. Son discours, sans aucune équivoque, ajoute à la confusion des genres. On pardonne tout. aux rappeurs qui insultent et appellent au viol, voire au meurtre des femmes blanches.
Ce discours offensif a le mérite de poser clairement une question. Éric Zemmour est-il le meilleur allié du Rassemblement National ? C'est vrai qu'il y a des points communs idéologiques. Alors il fait de la politique comme nous, enfin je veux dire Zemmour, il fait de la politique. Il peut y avoir parfois des diagnostics qui sont communs, parfois il va plus loin que nous sur un certain nombre de choses. Dans la rue, les femmes voilées et les hommes en djellaba sont une propagande par le fait, une islamisation de la rue. Il ambitionne de faire bouger les idées politiques et c'est pour ça qu'il est allé à la convention de Marion Maréchal et c'est pour ça qu'il s'est exprimé et qu'il avait très soigneusement préparé son intervention.
Il n'est pas au service d'idées, il est au service d'un camp. Alors il n'a pas encore franchi la dernière marche, c'est-à-dire je me présente au nom de ce camp et je veux du pouvoir, mais il est déjà allé un ou deux crans trop loin.
S'il venait à se présenter, Éric Zemmour devra en priorité se réconcilier avec une bonne moitié de l'électorat français. C'est avec la question de la place des femmes dans la société qu'il était entré en force dans le débat d'opinion. Et ses prises de position pourraient bien constituer un très sérieux handicap.
Avril 2010, sur le plateau d'On n'est pas couché... Le climat devient vite électrique entre Éric Zemmour et l'écrivain féministe Caroline Fourest. Vous êtes en train de vous réveiller, Éric Zemmour, en entant que vous avez été dégueulasse. Le brûlot que vous avez écrit, Premier sexe, qui est un des livres les plus misogynes qui a été écrit ces dernières années, décrit quelqu'un qui a un problème avec la question de la virilité de façon absolument terrifiante. Avec son livre, Le premier sexe, publié en 2006, Éric Zemmour provoque un énorme séisme. Dans sa ligne de mire, La féminisation de la société responsable, selon lui, d'un effondrement général. Les femmes conduisent quand la vitesse est limitée, elles fument quand le tabac tue,
elles obtiennent la parité quand la politique ne sert plus à grand-chose. Il y a une malédiction féminine qui est l'envers d'une bénédiction. C'est en 2001 qu'Éric Zemmour fait ses premiers pas devant les caméras. Entouré de Frédéric Lopez, de Stéphane Bern et de la danseuse Mia Frey, il est un sympathique jeune chroniqueur. pour une émission de divertissement de la chaîne du câble Match TV. Une petite démonstration de son instant nous a promis qu'en deux minutes, elle pouvait savoir qui était un bon coup. Je le dis à Éric Zemmour qui nous rejoint. Parce qu'il n'était pas au courant. Vous allez devoir essayer comme nous. On racontait nos vies culturelles et mondaines. Et comme il fallait quand même donner un peu de sérieux à nos conneries, on est allé chercher un journaliste du
Figaro politique, établi, qui venait faire sa chronique toutes les semaines. Et donc c'était lui. A l'antenne, Eric Zemmour ne fait pas d'étincelle. Personne ne pouvait alors imaginer l'homme qu'il allait devenir. J'ai rencontré Eric Zemmour. Dans une précédente vie, lorsqu'il était journaliste au Figaro, je crois, où il suivait les campagnes présidentielles, et je ne pouvais suspecter ou imaginer qu'il allait y avoir cette dérive idéologique qui a été la sienne. Mais une fois hors du plateau, il livre à ses camarades des points de vue déjà très en rupture de la tendance générale. Il était capable d'expliquer qu'à partir du moment où un métier se féminisait, c'était la fin. C'était la fin parce que les salaires baissaient.
C'était la fin parce que la considération sociale pour ce métier baissait. À partir de là, on peut faire deux constats dans la vie. Il y a, on va lutter pour l'égalité des salaires, par exemple, ou on va se dire que les femmes sont quand même mieux à la maison. Il n'était pas très occupé par l'égalité des salaires. Je ne suis pas du tout misogyne, alors là, j'ai interdit qu'on dise ça. Le problème des femmes avec Zemmour, il est simple. La femme est faite pour ce que la nature lui a donné à faire, mettre au monde et éventuellement conseiller son mari. Avec le premier sexe, Eric Zemmour dévoile donc une partie de ses idées au grand public. Les femmes devraient remercier l'homme de les tromper avec une pétasse. Ils en seront de meilleurs amants.
Pour une bonne partie de l'opinion, cette vision à rebrousse-poil le positionne d'emblée du côté obscur.
15 ans après la sortie du premier sexe, Julie Graziani, éditorialiste, proche du courant Manif pour tous... Se demande encore si le livre n'est pas un exercice de style, écrit dans un but bien précis.
Est-ce qu'on peut prendre ça avec un peu de détachement ? C'est sûrement pas en vrai quoi. Sa femme est avocate, elle est assez brillante, elle travaille, donc je pense pas qu'il le pense vraiment. Est-ce que c'est pas plutôt qu'il attaque les féministes en les agaçant, en disant précisément ce qui les font hurler ? Les femmes ont une forme d'intelligence différente de celle des hommes, je suis désolé de le dire. et que les grands génies sont hommes. Je sais que ça ne se dit pas, ça aussi, c'est pas phénoménal correct, mais c'est la vérité. Ce sont des phrases obus, c'est-à-dire qui sont faites pour faire bouger la ligne. C'est de la conquête idéologique. Je pense qu'Éric Zemmour est toujours conscient des moments où il va trop loin, où il fait la phrase de trop.
Il le fait pour des raisons dynamiques du débat, puis parfois parce qu'il n'a plus d'arguments, donc il s'en sort comme ça en faisant tout sauter. Mais voilà, depuis 2006, Éric Zemmour n'a absolument pas dévié de sa ligne. Depuis 20 ans, il y a une montée de la présence féminine dans la vie politique, dans les classes politiques. Or, parallèlement, concomitamment, le pouvoir s'évapore du politique. C'est aussi la progression de la société, tout simplement. Mais pas du tout. Dans les milieux où il y a vraiment le pouvoir, il n'y a pas de femmes. Elles n'incarnent pas le pouvoir. C'est comme ça. Je vous dis, le pouvoir s'évapore dès qu'elles arrivent. Au Rassemblement National, c'est un gros pavé dans la mare.
Nous, on est l'un des seuls mouvements politiques en France qui est présidé par une femme. Nous, nous pensons qu'une femme peut être présidente de la République. C'est pour ça que nous nous battons d'ailleurs. Donc oui, il y a peut-être une différence de nuance sur la forme en tout cas, avec Zemmour sur la question. Dans sa vision des rapports homme-femme, Éric Zemmour va encore beaucoup plus loin dans les déclarations choc. Un garçon, ça entreprend, ça assaille et ça conquiert, ça couche sans aimer. L'homme est un prédateur sexuel, un conquérant. Vous n'ouvrez pas les vannes à une violence non civilisée, justement en redisant, en réaffirmant, en écrivant que l'homme est un prédateur sexuel. C'est quand même monstrueux. Écoutez-moi, pas du tout. Pas du tout. Ce n'est pas monstrueux.
Il y a une attente de virilité, il y a une attente de violence. Donc il faut de la virilité, il faut de la force. À vouloir le nier, nous créons des générations d'impuissants, d'homosexuels et de divorces. Ces généralisations sur les femmes me paraissent quand même légères, c'est le moins que l'on puisse dire. Voilà, mais encore une fois, je dis que le droit à la connerie est un droit de l'homme. Les femmes jouent au football, ça vous déclenche comme ça ? Non, elles ne jouent pas au football, c'est pas du football. Mais c'est pas grave, ma fille jouait au football quand elle avait 10 ans, je trouvais ça très mignon. Vous voyez, maintenant elle fait de la danse, c'est quand même un peu plus conforme à ce qu'elle est.
Si on allie le talent de la polémique, sa vision du monde déjà réactionnaire, Et le fait de se rendre compte tout d'un coup que quand il s'exprime lui perso, ça a du poids, je pense que ça a libéré, on va dire quoi, un certain nombre de frustrations qui ont donné ce que ça a donné plus tard. Morceau choisi en 2017 avec cet accrochage entre Éric Zemmour et l'écrivain Gail Tchakaloff, elle se retrouve prise à la gorge après quelques secondes d'antenne. Je les connais un peu mieux que vous, les politiques. Ah pardon. Non mais moi je ne cours pas avec. Oh là D'abord tout ce que vous me dites me fait un grand plaisir. J'espère. Parce que dans votre bouche je le prends comme un compliment, je vous le dis franchement. J'aurais été déçu que vous soyez devenu...
moins misogyne et moins phallocrate que ce que vous étiez avant. Derrière tous ces missiles qui font systématiquement le buzz, c'est la vision d'un chef de famille, père de trois enfants, en complète rupture de la modernité qui se dessine. Quand je vois par exemple qu'on demande aux hommes en France si la technologie permettait, s'ils voudraient être enceints et donc attendre un enfant, que 40% répondent oui, je me dis que le symptôme est intéressant. Vous trouvez que c'est inquiétant ou que c'est plutôt une bonne nouvelle ? Je pense qu'en fait c'est une catastrophe. C'est terrible pour les hommes parce qu'ils sont aliénés. Ils n'ont plus leur discours. Ils ne savent plus exactement qui ils sont. Éric Zemmour est un nostalgique de l'âge d'or.
Il est persuadé qu'il y a eu une époque où c'était beaucoup mieux et donc il faudrait y revenir. Alors cet âge d'or, c'est à coup sûr avant mai 68, probablement avant juillet 1789, fond de son esprit. Et dans cet âge d'or, il n'y a pas que de la politique, il y a aussi une société patriarcale. C'est-à-dire le père, le patriarche, l'homme y commandent. Et la femme, elle a d'autres rôles. Elle doit s'occuper des enfants, voilà. C'est sa conception archaïque, au sens propre du terme, et il aimerait bien que l'on y revint. C'est là où il se trompe. C'est que jamais dans l'histoire de l'humanité, on a fait marche arrière. Est-ce que vous ne pensez pas que, quelque part, c'est un progrès que les hommes s'occupent d'un mouflet autant que les femmes ?
Ah, moi, je crois que c'est une vraie catastrophe. Cette conception archi-patriarcale de la société laisse mathématiquement peu de place à l'homosexualité. Elle se voit ramenée à un problème de choix individuel dont on doit assumer les conséquences. On choisit sa sexualité, Eric Zemmour ? Ah oui, on choisit sa sexualité, oui. C'est la preuve du contraire, oui. Les homosexuels choisissent leur sexualité ? Ah moi je pense que oui. A votre avis ? Non, mais tout le monde est libre. Non, non, mais bien sûr que non. Soit on couche avec l'autre sexe et on fait des enfants, soit on ne couche pas avec l'autre sexe et on n'a pas d'enfants. La famille, déjà, c'est pas des familles. Excusez-moi, pour moi une famille c'est un père, une mère et des enfants. Tout le reste, c'est des fausses familles.
Deuxièmement, les familles monoparentales, ça existe, je ne dis pas le contraire, mais ce sont des accidents de la vie. Moi je comprends très bien ce qu'il veut dire. Il ne parle pas d'orientation sexuelle, il ne parle pas de sentiments, ni de sentiments amoureux, etc. Il parle à ce moment-là de comment on vit socialement, la traduction de ces sentiments, de cette état de fait, etc. Et pendant très longtemps, il y a toujours eu les mamans de l'homosexualité. des homosexuels dans la société, y compris partout, dans tous les postes de pouvoir, etc. Mais ce n'était pas assumé. Et lui, ce qu'il dit, c'est qu'à partir du moment où on décide de l'assumer et de vivre socialement en fonction de son orientation sexuelle, on choisit d'être homosexuel.
Évidemment, si vous dites ça comme je viens de le dire, on n'est pas obligé d'être d'accord, mais vous comprenez l'idée qu'il essaie de défendre de manière sous-jacente. Et lui, il le fait en version raccourcie, qui peut être, je sais que ça peut être jugé blessant, il y a beaucoup de ses propos qui sont blessants. Cela peut donc sembler assez difficile à croire, mais cette conception du monde, très à l'ancienne, ne fait pas d'Éric Zemmour un homophobe et encore moins un misogyne pour autant. « Mais au fond de lui, il est persuadé que c'était mieux avant pour les femmes. Donc il n'y a pas de misogynie chez Éric Zemmour, puisqu'il pense que dans l'intérêt des femmes, on ferait mieux de revenir à une société patriarcale où le rôle était sacré, où elles étaient plus protégées et qu'en les
laissant... » Travailler, prendre des responsabilités, voter, divorcer, avoir leur indépendance, on les a plongés dans un océan de malheur. Faut pas oublier que c'est un homme du XXe siècle qui est égaré dans le XXIe. C'est la France des gros cigares et des mains au cul. C'est la France de la bagnole et du petit blanc sec au zinc. Il est dans le fantasme d'une France gaullienne qui est une France pratiquement pure. Cette nostalgie de la France d'avant mai 68... va tout naturellement faire glisser Éric Zemmour vers un terrain encore plus politique. Il y a quand même eu pour moi un moment de rupture important. C'est son livre sur la masculinité et les femmes. Il y a une espèce de radicalisation du discours qui n'est plus le journaliste que
j'avais côtoyé. Après le féminisme, c'est l'immigration et l'islam qui vont devenir ses nouvelles cibles privilégiées. Et ni les scandales à répétition, ni les condamnations judiciaires... ne vont arrêter Éric Zemmour dans sa croisade.
29 septembre 2020, c'est sur la chaîne d'information CNews qu'Éric Zemmour ajoute une nouvelle polémique à son palmarès. Il se montre particulièrement virulent sur le problème complexe des mineurs délinquants étrangers. Il n'y a pas de juste milieu. Il faut renverser la table. C'est-à-dire qu'il faut que ces jeunes... Le reste de l'immigration ne viennent plus tous, tous Christine, tous. Pourquoi ? Mais parce qu'ils n'ont rien à faire ici, je vous le répète. Et s'ils sont sous forme de l'armée ? Ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs, c'est tout ce qu'ils sont. ou les renvoyer. Dans les minutes qui suivent leur diffusion, ces propos font l'objet de très violentes critiques.
Dire que tous les enfants migrants sont des assassins n'est ni un fait, ni une opinion, c'est un mensonge. Dire qu'aucun ne devrait être accueilli en France quand on prétend défendre les minorités religieuses persécutées dans le monde, c'est stupide et incohérent. La LICRA dépose plainte contre le multirécidiviste Éric Zemmour pour ses propos haineux, absolument abjects tenus sur ses news. Tous les migrants sont des violeurs, je suis désolé, mais on n'est plus dans la liberté d'expression, on est dans la commission d'un délit. Classé à droite et donc proche des idées d'Éric Zemmour, Geoffroy Lejeune plaide l'incompréhension et même la méprise. Éric Zemmour avait immédiatement rectifié son propos. Il dit tous les mineurs isolés sont des criminels et deux minutes plus tard il dit
évidemment pas tous, mais vous avez compris ce que je voulais dire. Tous les mineurs isolés ne sont pas forcément des violeurs. Christine, tous les mineurs isolés ne sont pas des voleurs. Non, non, mais Christine, tous les mineurs isolés, vous avez raison, ne sont pas des voleurs et des violeurs. Ce qu'il veut à ce moment-là, c'est pointer le fait qu'il y a un problème, qu'on n'en parle pas assez, que considérer que ce sont des mineurs, c'est excuser le fait qu'ils soient des criminels et donc passer à côté du problème. Et lui, en tant que missile contre le consensus, son rôle, c'est de venir percuter le consensus et de mettre l'accent là-dessus. Ces idées-là rencontrent une idée d'une partie des Français qui vivent au quotidien.
des choses qui ne leur conviennent pas et qui ne savent pas toujours mettre les mots et qui sont heureux de voir que Eric Zemmour met les mots sur leur malaise. Pourquoi Eric Zemmour a-t-il fait de l'immigration le pilier central de son discours ? Un début d'explication se profile dans le fait qu'il est avant tout un enfant d'immigrés. De conditions modestes, ses parents Lucette et Roger sont des juifs algériens arrivés en France à la fin des années 50. Eric passe une enfance heureuse à Drancy. En Seine-Saint-Denis. C'est la première fois que je reviens. J'habitais là, je crois que c'était le premier étage. Je me souviens très bien parce que ma mère m'appelait d'ici en me disant « Eric, va acheter le pain » . C'était le paradis pour moi. J'ai grandi ici avant le regroupement familial.
Ici, il y avait une immigration italienne, espagnole. Nous, qui venions des pieds noirs d'Algérie, qui n'était pas vraiment une immigration, mais qu'on venait de l'autre côté de la Méditerranée. Et puis, il y avait évidemment qu'il n'y avait pas de femmes voilées. Ça aurait été d'ailleurs très mal pris à l'époque, très mal vu. Au milieu des années 70, la famille s'installe dans le très populaire 18e arrondissement de Paris, près de la porte de la chapelle. Vous voyez, vous n'allez qu'avoir la rue, les vêtements, les femmes, les boutiques. On voit bien, les bâtiments sont les mêmes, mais ce n'est plus la même population. Quand on dit, je vous dis, le grand remplacement, on le voit là. Il est simple, il est évident, il crève les yeux.
L'élève modèle Éric Zemmour est devenu un étudiant brillant, diplômé de l'Institut de sciences politiques de Paris. Une assimilation sans faute qui pourrait expliquer son intransigeance absolue sur la question. Évidemment, le fait qu'il vienne d'un autre pays et qu'il ait eu besoin de s'approprier l'histoire de France par la littérature, par la télévision, beaucoup aussi, ça c'est super constitutif de son identité. C'est hyper important. Ça explique d'ailleurs son émerveillement sur ceux qui n'ont pas fait le même effort que lui, sur ceux qui n'ont pas appelé leurs enfants avec des prénoms français, etc. Ça, non seulement c'est important, mais c'est fondamental. Selon la phrase de Romain Garry, « Je n'ai pas une goutte de sang français, mais la France coule dans mes veines » .
Et c'est exactement la démarche de Zemmour. Alors effectivement, il aime notre pays, il aime son identité, sa culture, et comme beaucoup de gens, il ne veut pas la voir disparaître sous le poids de mœurs, d'us et coutumes, de cultures qui viendraient de l'étranger. Quand on est 1% de la population, Et que être universaliste, ça veut dire recevoir un milliard d'Africains. Je ne suis plus universaliste. Je suis très simple. Je suis un garçon très simple. Ce ne sont pas les principes qui me dirigent. C'est la survie de la France. Il a une vision statique de l'immigration. Son obsession, c'est l'immigration. Il confond, si vous voulez, sa haine, je dis bien sa haine, je pense, des Arabes et le programme migratoire. Et il fait des liens, à mon avis, créatifs et faux, entre le terrorisme,
l'immigration, les migrants. Le nombre d'immigrés, les étrangers, tout ça, dans son esprit, est synonyme. Or, ce n'est pas synonyme. Je vous invite à lire la prose des indigénistes, des féministes racisées, des luttes intersectionnelles qui gangrènent nos facs après avoir pourri les plus grandes universités américaines. Que disent-elles ? Qu'elles sont d'abord noires, ou arabes, ou musulmanes. Qu'elles appartiennent à leur race. Oui, oui. Elle a son droit d'employer le mot. Cette intervention lors de la Convention des droites en 2019 vaudra à Éric Zemmour d'être écarté de l'antenne d'RTL où il tenait régulièrement une chronique matinale. Quand il s'agit d'Éric Zemmour, le présupposé...
C'est qu'on va tout prendre au pied de la lettre. Quand il s'agit d'un militant de gauche, d'un militant vegan, d'un militant écolo qui va attaquer quelqu'un de droite, bizarrement, on introduit spontanément de la distance. On se dit « oh, c'est pas vraiment ce qu'il a voulu dire » ou « wow, il exagère un petit peu, mais c'est pas à prendre au pied de la lettre » . Donc il y a aussi, on n'écoute pas de la même manière selon la personne qui parle. La xénophobie est au centre de la pensée d'Éric Zemmour. Évidemment, lui ne voit pas les choses comme ça. Il pense que la France est quelque chose qui a sa propre pureté, son propre ADN, et que toute personne qui viendrait souiller, finalement, la pureté de la France est un élément
à proscrire. Cette opinion, Éric Zemmour est capable de la défendre de manière très offensive. 16 décembre 2018, il est l'invité de l'émission Les Terriens du Dimanche. Pour parler de son livre, Destin français, il a face à lui une équipe de chroniqueurs dont fait partie l'animatrice et femme d'affaires Absatou Sy. Entre la jeune femme et l'écrivain, ce sont deux conceptions diamétralement opposées de l'identité nationale qui vont s'affronter. On doit donner des prénoms dans ce qu'on appelle le calendrier, c'est-à-dire les saints chrétiens. Je m'appelle Absatou, moi. Eh bien, votre mère a eu. Ah bon ? Ma mère a ? Elle a eu tort. Elle a eu tort ?
Vous voudriez qu'elle m'appelle Marie ou des prénoms qui ne lui inspirent absolument rien ? Absolument. C'est exactement ce que je veux. Vous voudriez donc que je m'appelle comment ? Corinne. Ça vous irait très bien. Vous trouvez que Corinne, ça serait pas mal ? Ce type est incroyable. Le scandale est gigantesque. Eric Zemmour fait l'unanimité contre lui. Je m'appelle Absatou, je suis française et vous lui avez répondu. que sa mère avait eu tort, qu'elle aurait dû l'appeler Corinne et que dans le fond, c'était pas assez français et pour elle, c'est le moment le plus douloureux, dit-elle, en télévision. La façon qu'il a d'attribuer des prénoms aux couleurs de peau. On est au cœur du racialisme, on est au cœur de l'identitarisme dans ce qu'il a de plus délétère.
Qui est-il pour dire votre mère a eu tort ? C'est ahurissant, c'était stigmatisant, c'était voire même humiliant. Il y a un paradoxe extraordinaire chez Éric Zemmour, c'est qu'il ne supporte pas qu'on donne un prénom arabe. Mais Eric ! n'est pas un prénom français, c'est un prénom scandinave. Éric, ce n'est pas Jean-Louis, vous voyez ce que je veux dire. Éric, c'est comme Mohamed, c'est des prénoms étrangers. Même à droite, et très à droite, de l'échiquier politique, l'affaire des prénoms français a du mal à passer. Du bout des lèvres, Jordan Bardella, le numéro 2 du Rassemblement national, admec avec Apsatoussi, Éric Zemmour a bien franchi la ligne jaune. Vous voudriez donc que je m'appelle comment ? Corinne, ça vous irait très bien. Je trouve ça excessif.
Voilà, je trouve ça excessif sur la forme. On ne peut pas reprocher à quelqu'un d'avoir un prénom de telle ou telle origine parce qu'il n'en a pas été maître et qu'il n'a pas la liberté de le choisir. Raquel Garrido, avocate et ancienne porte-parole de la France Insoumise, était la voisine d'Éric Zemmour ce jour-là sur le plateau, dans un climat particulièrement orageux. On venait de passer quand même une heure de discussion sur son livre et le débat avait été assez rude. Et puis il y a un moment donné où on est passé sur ce sujet des prénoms. Et nous on a tous ri, on a tous ri parce que c'est ridicule en fait. C'est ridicule que quelqu'un s'arroge le droit de dire à quelqu'un d'autre comment il doit s'appeler.
Et puis finalement, dans un deuxième temps, tout le monde a compris le caractère violent de cette affirmation, de cette requête qui était en plus absurde. Corinne en fait, vous savez... C'est le nom d'Eric au calendrier catholique. Ils ont le même jour de saint. En fait, il lui a dit appelle-toi comme moi, mais en femme. Ce qui vient d'être dit est très mal reçu par Apsatou Sy. Elle ne comprend pas pourquoi elle est la cible d'une telle attaque. Elle était triste, elle était furieuse. Et puis, mais très rapidement, je crois qu'il a été dit que la séquence ne pourrait pas passer. Parce que les gens de la chaîne qui assistent au tournage, assez rapidement, ont dit que... La séquence ne passerait pas.
Et puis, Apsatou quand même l'a diffusée parce qu'elle pensait que c'était, on va dire, pédagogique, j'imagine, de pouvoir confronter judiciairement Éric Zemmour sur cette attaque-là. À la suite de cette séquence, Apsatou Sy dépose plainte pour injure à caractère racial contre Éric Zemmour. La plainte fait même état d'autres propos qui n'avaient finalement pas été gardés lors du montage de l'émission. Je vous informe réfléchir à déposer plainte contre monsieur Zemmour. Sur le plateau, j'ai subi des insultes graves ainsi que mes parents. Le clash, absatouci Zemmour, se répand comme une traînée de poudre. Dans les médias, mission accomplie, Eric Zemmour a bien obtenu ce qu'il était venu chercher.
Je pense que c'était l'objectif d'Eric Zemmour. Je pense qu'en fait, le buzz obtenu était un buzz de quelqu'un qui vient vendre un bouquin. C'était une campagne publicitaire. Donc il l'a fait exprès. C'est une sorte de mise en scène très particulière et spécifique aux personnes qui vivent d'une plume, d'une plume crampée dans le venin. L'affaire judiciaire, elle, attend toujours d'être jugée par un tribunal correctionnel. C'est presque la routine pour Éric Zemmour, 5 fois mis en examen pour ses propos et condamné à 3 reprises pour provocation à la haine. Est-ce que ces condamnations vous incitent à la prudence ?
Écoutez, je pense que ces condamnations sont faites pour me faire taire. Il peut y avoir des excès, mais je veux dire, c'est le propre de l'esprit français, de l'esprit critique. qui a été hérité de Voltaire, qui a hérité des Lumières, qui est finalement un esprit très Charlie, de pouvoir tout dire sans aucune limite, sans aucune restriction. Il est parti dans un jeu depuis quelques années tellement polémique qu'il n'y a plus d'arbitre. On est passé du football au MMA, tous les coups sont permis. Et Éric Zemmour va s'en donner à cœur joie. Que les gens du Sud viennent en Europe, ça ne pose aucun problème. Nous-mêmes, on en vient du Sud. Complètement. Vous voyez, donc à la limite, ça serait ridicule de ne pas... Oui, oui, non, non, absolument. ...
de critiquer des gens qui nous ressemblent beaucoup. Complètement. Sauf qu'à partir d'un certain nombre, la quantité devient une qualité. Derrière une immigration qu'il juge définitivement hors de contrôle, Éric Zemmour voit tout naturellement se profiler un autre ennemi. Et le but de cet ennemi serait bel et bien de submerger la civilisation européenne. Octobre 2014, le succès fulgurant de son livre « Le suicide français » vaut à Éric Zemmour une grande interview dans les colonnes du quotidien italien Corriere della Sera. Traduit en français dans la foulée, certains de ces passages stupéfient littéralement l'opinion publique. Ils vivent entre eux dans les banlieues. Les Français ont été obligés de les quitter.
Cette situation d'un peuple dans le peuple, des musulmans dans le peuple français, nous conduira au chaos et à la guerre civile. Des propos qui font grincer des dents jusqu'au sommet de l'État. Craignant une onde de choc incontrôlable, Bernard Cazeneuve, alors ministre de l'Intérieur du gouvernement hollande... sort de sa réserve. Ces propos sont irresponsables, ils sont de nature à opposer les Français les uns aux autres, ils sont contraires aux valeurs de la République. Je les condamne avec la plus grande fermeté. Éric Zemmour est obsessionnellement convaincu que l'islam est un adversaire cardinal. Aujourd'hui, les gens viennent et ils vivent comme au pays. Et ils donnent des prénoms du pays à leurs enfants, ils regardent les télévisions.
local, de leur pays. Ils parlent arabe ou un autre dialecte, une autre langue à la maison. Donc pour moi, ça s'appelle un colonisateur. Je pense qu'il faut renverser la question. C'est pas qu'il a un problème avec l'islam, c'est qu'il constate avec ses yeux les quartiers où il a grandi s'islamiser, pour certains. Il a vu le discours islamiste prendre de l'essor, de l'ampleur. Il a vu les attentats arriver en France. Il a vu Samuel Paty. À chaque étape, en fait. Il est allé plus loin dans la compréhension du problème et aujourd'hui il vous explique que, en fait, ils veulent, les islamistes, remplacer notre système par le leur, c'est-à-dire le charia. Éric Zemmour ne s'arrête pas là. Son constat va encore plus loin.
Dans son esprit, islam et islamisme ont exactement la même signification. Autrement dit, un musulman est inévitablement un terroriste religieux en puissance. Dès les premières lignes de votre introduction, vous nous dites que l'islam... Je dis bien l'islam est incompatible avec la France. L'islam ou l'islamisme ? Tout le propos d'Éric Zemmour vise à confondre islam et islamisme. L'islam et l'islamisme c'est exactement la même chose. D'ailleurs... Vous ne faites plus la différence entre l'islam et l'islamisme. Mais je ne l'ai jamais faite moi, mais tout le monde l'a fait, je sais, mais moi je ne la fais pas. Moi j'adorerais débattre avec Éric Zemmour sur l'islam par exemple. Je suis convaincue que l'islam est complètement soluble dans la société française. Lui ne voit que...
Les parties violentes... Au contraire, l'islam c'est plastique, ça s'adapte historiquement à plein de civilisations, plein de cultures, plein de pays. Donc qu'est-ce qui vous permet d'affirmer qu'on ne peut pas bâtir un islam de France ? Aujourd'hui en France, avec les droits de l'homme et les tribunaux, on appelle ça de l'islamophobie. En réalité c'est juste vouloir défendre ce qui existait avant l'islam. Ce n'est pas de la haine, d'ailleurs c'est intéressant parce qu'il lit beaucoup les salafistes, les frères musulmans, etc. pour comprendre leur système, leur schéma de pensée. Et il répète beaucoup ce qu'ils disent. C'est pas de la haine, c'est du décortiquage et il joue un rôle de lanceur d'alerte. Mais c'est quelqu'un, contrairement à ce qu'on pense, qui n'est pas du tout mu par
la haine. Les islamistes, ceux qu'on appelle nous les islamistes, eux s'appellent des musulmans. Et d'ailleurs quand vous dites Daesh... Vous dites l'état islamique, pourquoi ? Parce qu'ils appliquent l'islam. Tout ce qu'ils font est sous-tendu par des sourates de l'islam. Quand ils égorgent des adversaires, c'est écrit dans le Coran qu'il faut égorger les juifs et les chrétiens. Vous venez de donner la définition parfaite de ce qu'est un extrémiste qui dans l'islam devient un islamiste et parfois un terroriste. Et c'est cet amalgame, vous savez, qui va faire la polémique. J'ai envie de vous dire qu'il va nous faire du mal, qu'il va faire du mal à la société française. Au contraire. Il considère que les sociétés humaines sont en guerre, qu'il y a une espèce de fatalité, c'est comme ça.
Les civilisations s'affrontent et il dit nous sommes engagés dans une guerre culturelle à mort contre un certain nombre d'autres civilisations, et notamment l'islam. Et c'est ça sa grille de lecture. Pour ce chercheur en sciences politiques de la fondation Jean Jaurès, Éric Zemmour plaque son analyse fondamentalement simpliste sur une situation très complexe. Éric Zemmour... aime jouer sur des peurs qui sont réelles au sein de la société. Que tous les sujets soient des sujets qui soient liés à l'islam, à l'immigration, c'est plutôt dans cette rhétorique-là que ça peut paraître choquant, dans le sens où tous les problèmes qui se poseraient au sein de la société française seraient des problèmes qui seraient liés à l'immigration et à l'islam.
Régulièrement attaqué pour être le porte-parole d'une islamophobie décomplexée, Éric Zemmour repousse cette accusation. au nom d'un droit légitime à critiquer toutes les religions. On a le droit de critiquer l'islam, on a le droit même de détester l'islam, on a le droit d'avoir peur de l'islam comme on a le droit de détester, de critiquer le christianisme, le judaïsme, le protestantisme, etc.
Du côté de ceux qui le connaissent bien et qui combattent ces idées, l'étiquette d'islamophobe, voire de xénophobe, collée au personnage relève plus de la caricature que de la réalité. Zemmour est pour les frontières. Il n'est xénophobe que si les étrangers sont dans son pays. Mais les étrangers chez eux, dans leur écosystème, comme il le dirait lui-même, il les aime. Il ne va pas haïr un Marocain quand il est au Maroc. Il va même sans doute le respecter et sans doute l'aimer. Il n'y a pas d'islamophobie chez Éric Zemmour parce qu'il n'y a pas de phobie. C'est ça qu'il faut qu'on comprenne. Il n'est pas dans une idée de détester, de haïr et de combattre. Au contraire, il dit qu'ils ont gagné.
Ils ont déjà gagné, c'est-à-dire qu'ils pensent qu'avec la puissance démographique, ce qu'on appellera le grand remplacement, et la détermination politique, sans même aller jusqu'aux plus extrêmes qui sont terroristes, ils pensent que l'islamisme politique ne peut plus perdre la bataille de l'Europe. Et donc, au départ, il y a un fatalisme d'Éric Zemmour. Il n'est pas là en train de dire « faisons la guerre » , il est là en train de dire « on a déjà perdu » et ça va quand même se terminer par un moment d'affrontement très violent, mais nous le perdrons. Et donc... Est-ce qu'il y a de la phobie là-dedans ? Il y a des quartiers islamisés, maintenant je vois qu'il y a même les journalistes du monde qui parlent de l'islamisation de la Seine-Saint-Denis.
Moi j'allais au tribunal quand je disais ça. Justement. Et deuxièmement, il dit c'est la paupérisation. Il ne joue jamais été aussi riche. Ces quartiers pètent d'argent puisqu'il y a le trafic de drogue qui nourrit une richesse inouïe. C'est bien le problème justement, en Seine-Saint-Denis et ailleurs. Donc ce n'est pas le problème ni de la paupérisation ni de la mixité sociale. C'est le problème de l'islamisation des quartiers et que simplement, si vous voulez, ces quartiers, il n'y a maintenant que des boucheries halal, que des librairies halal, que des boutiques halal et ça avec des gens qui s'habillent les femmes voilées et les hommes comme en Afghanistan ou en Arabie Saoudite au 18ème siècle. Pourquoi ? Pourquoi ils font ça ?
Et pour une raison très simple, parce que tout ça détermine des normes. Et Éric Zemmour, depuis le début, a... construit sa démarche intellectuelle et donc son succès télégénique sur l'annonce des catastrophes. Vous allez voir, ça va arriver, ça va être même pire que ce que j'ai dit et vous vous direz ce jour-là, Zemmour avait raison mais c'est trop tard. Zemmour est un pessimiste. La vraie différence et je dirais la différence de nuance qu'on a avec Zemmour, c'est que si on suit sa logique jusqu'au bout, c'est terminé. C'est-à-dire que si on suit sa logique jusqu'au bout, il en est fini de la France. Éric Zemmour. Grand prophète des catastrophes déjà arrivées. Et puisque pour lui tout est déjà joué, il n'y a donc plus rien à perdre.
Face à ses contradicteurs, cela fait de lui une machine de guerre redoutablement efficace. Sa notoriété, il la doit autant à ses idées qu'à sa manière très personnelle de mener les débats.
Septembre 2011, Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères du gouvernement Sarkozy, est interrogé par Éric Zemmour dans l'émission « Des paroles et des actes » La grande messe politique de l'audiovisuel public français. Au nom de quoi, moi, contribuable français, je paierai des impôts pour aider des gens qui ne payent pas d'impôts. Alain Juppé a beau être parfaitement rompu à ce genre d'exercice, il ne s'attendait certainement pas à trouver ce jour-là face à lui, un journaliste aussi intraitable et difficile à manœuvrer. J'essaye modestement de vous avancer des arguments rationnels et vous êtes... dans la croyance et dans la foi, et vous ne faites que dans l'incantation. Vous ne répondez pas rationnellement.
Cette interview intronise Éric Zemmour dans la catégorie des poids lourds du débat politique. Un puncher capable de trouver le chaos à n'importe quel moment, débattre avec lui devient une discipline à haut risque. Il y a très peu de monde qui accepte de débattre avec Zemmour parce que comme ce sont des idées que les gens détestent, que les gens veulent combattre, ou dont les gens considèrent qu'elles sont stupides. Se retrouver face à quelqu'un qui, l'égard de ses idées dites stupides, vous met au sol, c'est la honte pour l'éternité. Les gens ne sont pas fous, ils n'ont pas envie d'être irradiés pour l'éternité. Ils n'ont pas envie de se faire casser la gueule par la personne qu'ils détestent, ou qu'ils méprisent, ou qu'ils disent mépriser.
Exactement comme l'entraîneur d'Apollo Creed dit à Apollo de ne pas aller se battre contre Rocky parce que c'est un client à emmerde. Ben voilà. Zemmour, c'est un client à emmerder. C'est-à-dire que débattre avec Zemmour expose à la possibilité de se faire avoir. Votre livre, c'est en fait tout ce que je déteste. Il faut savoir être un peu moderne et que vous n'avez pas su passer le... Je ne veux pas être moderne comme vous. Surtout pas. Que Dieu m'en préserve. Non mais très bien. Dieu m'en préserve. Être moderne comme vous, mais je préfère être à ringard total. J'ai décidé de ne plus débattre avec Éric Zemmour. Voilà, je ne le ferai plus. Je suis vraiment partisane que tout... que toutes les opinions soient présentes à la télé, mais Éric Zemmour, pour moi, il a
franchi la ligne trop deux fois, et comme je vous dis, je pense que l'appel à la guerre civile, c'est ma limite personnelle. Chacun met sa limite là où il veut, d'ailleurs il n'y a pas de règle. Il y aura peut-être un jour un insoumis qui ira à nouveau débattre avec Éric Zemmour, je n'en sais rien, je ne jette pas la pierre. Mais moi, c'est ma limite personnelle, parce que je sens le danger. Je pense que quand vous êtes de la France Insoumise ou de La République En Marche et que vous allez débattre avec Zemmour, encore faut-il que ce soit possible puisque la plupart ne le veulent pas, il faut peut-être davantage se préparer à débattre avec lui que quand vous êtes du Rassemblement National, parce qu'il se trouve qu'on partage beaucoup de constats.
Maintenant, moi c'est quelqu'un dont j'admire effectivement la force de travail et c'est un type d'une culture historique immense. Et c'est la raison pour laquelle il ne trouve pas de pendant qui est de l'autre côté de l'échiquier politique. arrive sur un plateau béton pour essayer de lui porter la contradiction. Au fil des débats et des affrontements verbaux, Éric Zemmour a mis en place une mécanique complexe et parfaitement huilée pour neutraliser ses adversaires. La première ruse, c'est la ruse du bon sens. Et quand il dit « il y a une race blanche, il y a une race noire » , il ne se réfère pas à tous les travaux scientifiques qui disent « mais non, les races, ça n'existe pas, il faut abandonner ce mot » , mais il va se fonder sur le café du commerce, sur le fait que quand on est
dans la rue, quand on est sur un terrain de foot, on voit bien qu'il y a des gens plus foncés et d'autres plus clairs. Bah c'est les noirs et les blancs. Et donc il va argumenter par le bon sens en disant ah vous les intellos, vous niez le bon sens mais vous n'avez rien compris. Il a ce talent là, il a un talent d'expression certain, tant à l'écrit qu'à l'oral. Il arrive à dire très simplement des choses relativement complexes. La deuxième ruse d'Eric Zemmour c'est le raccourci. C'est à dire quand il avait dit un jour que dans les prisons il y avait beaucoup de ressortissants d'Afrique noire ou d'Afrique du nord donc c'était bien la preuve que ces populations-là étaient plus criminogènes. Il sait bien qu'il fait un raccourci.
Si les prisons sont pleines de gens dont une majorité sont d'origine immigrée, c'est un problème social lié à la pauvreté et pas du tout un problème ethnique ou géopolitique. Et il le sait, mais jamais il fera ce détour qui est un détour de la nuance et de l'explication parce qu'il préfère le raccourci. Et le raccourci, c'est quoi ? C'est un court-circuit. Et donc ça fait péter les plombs. C'est faux. Pour poursuivre. C'est faux. C'est faux. Vous ne poursuivez pas parce que c'est faux. Non, mais je voulais vous. C'est une émission de débat ou pas ? Vous m'avez fini de dire. L'autre grande spécialité d'Éric Zemmour, c'est la référence permanente à une multitude d'auteurs pour valider ses thèses. Il a un discours extrêmement structuré, une culture réelle.
Vous avez vu comme il bosse ses dossiers. Il connaît tout sur le bout des doigts. Il peut vous sortir 22 références de livres historiques en l'espace de 10 minutes. Hi- Qui est capable de faire ça ? Je cite Stendhal. Auguste Comte disait ce qu'explique le grand historien Pierre Milza. Quand Paul Valéry dit cette phrase de Benjamin Constant qui dit « Tout est moral dans les individus, tout est physique dans les masses. » Certaines références sont connues de tous, d'autres le sont beaucoup moins et c'est là que les problèmes commencent. Eric Zemmour est quelqu'un qui, dans une discussion, peut, quand il est à court d'arguments ou quand il veut pas s'embarrasser d'un argument, etc., citer un historien qu'il est seul à avoir lu, brandir cette parole comme une
vérité absolue, se satisfaire d'une telle citation qu'on peut pas contredire puisqu'on ne sait pas de quoi il s'agit, et s'en servir... comme d'un argument et ensuite progresser comme si ce qu'il venait de dire qui est faux était devenu une vérité révélée et ça c'est assez bien joué parce qu'il met l'autre en situation constamment de rentrer sur son terrain il joue toujours à domicile il vous ramène dans une zone qui connaît par coeur à des arguments qui sont affûtés depuis des années et des années et il vous force vous êtes rugbyman il va vous force à jouer au foot et si vous êtes joueur de tennis il va vous proposer un ping-pong. Donc il va toujours jouer avec ses règles sur son terrain et les arguments qui ne rentrent pas dans sa case sont balayés.
Peu importe qui est en face de lui, Éric Zemmour affirme, assène, martèle pour étouffer l'adversaire. Petite démonstration l'année dernière avec l'écrivain Bernard-Henri Lévy. Vous avez présenté trois types, on se demande d'où vous les avez sortis, trois vagues, un alphabète. qui connaissaient rien et que vous avez présenté comme la classe politique libyenne. Peu importe les noms d'oiseaux, ce qui est intéressant, c'est la façon dont ils tentent de vous enfermer dans une identité, d'où ensuite ils déduisent la totalité de ce que vous allez dire. C'est exactement ce traitement auquel a droit le futur ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, en 2017, lors d'un affrontement à couteau tiré.
Zidane aurait pu souffler. Mais vous êtes... Vous êtes comme Tapie, vous êtes un ringard du pont Moréti. On se croirait dans les années 80 du pont Moréti. C'est des arguments bidons des années 80. Mais arrêtez avec vos arguments des années 80, c'est terminé. C'est terrifiant. Mais oui, mais je suis désolé, encore une fois, les faits parlent. Sûr de sa puissance, Éric Zemmour peut fracasser les règles traditionnelles du débat politique. Voilà, c'est exactement ce que je voulais démontrer. C'est que c'est sans fin votre histoire. C'est sans fin. Du rôle d'épouvantail, il glisse peu à peu vers celui de procureur général. Un habile tour de passe-passe qu'il justifie par la mauvaise foi de ses interlocuteurs.
Je pense que l'interview classique, telle qu'elle est faite depuis les années 60, est morte. Parce que les politiques, depuis des années, savent exactement les questions qui vont être posées. Donc ils les préparent. C'est pour ça que moi, par exemple, je refuse de poser des questions. Refuser la question, c'est donc faire le choix de l'affirmation et surtout se placer en position de force face à un adversaire réduit, affaire de la figuration. Il y a des moments où il est très mauvais. Il y a des moments où il est mauvais, ça lui arrive aussi. Par exemple, avec l'histoire des élections soi-disant frauduleuses de Trump, bon, Éric Zemmour n'arrête pas d'expliquer à qui veut l'entendre que les élections ont été frauduleuses.
Il n'y a pas de preuves, mais peu importe, elles ont été frauduleuses. Et quand on lui demande pour quelles raisons, en l'absence totale de preuves, malgré le verdict des juges et la nomination de Biden, Il continue de penser que ces élections ont été frauduleuses. Il répond que les élections de Kennedy et de Nixon ont été frauduleuses. Bon, voilà, de fait. Peu importe s'il se fait régulièrement épingler pour sa mauvaise foi et ses approximations, Éric Zemmour continue sa marche en avant. Il a le talent, il a ce truc en plus dans le débat qui fait que finalement, on lui connaît assez peu de défaites, c'est Mohamed Ali un peu. C'est-à-dire que quand vous pensez qu'il est par terre, en réalité il va se relever, il va arracher un bout de mollet, il va donner un dernier coup qui va faire
mal, etc. Et il y a cette dimension-là aussi quand on regarde Zemmour. Et c'est pour ça que son public est aussi fan de lui. Son émission quotidienne sur la chaîne d'info CNews est un vrai succès d'audience. Le système Zemmour paraît infaillible. Éric Zemmour est de retour en quotidienne à la télévision. Il est arrivé lundi à 19h sur CNews. Mais on peut déjà dire que les audiences de CNews ont fait un bond. Il a triplé le score habituel de la case. Et CNews est passé... devant LCI sur cet horaire. Il y a clairement aujourd'hui un système Zemmour qui est un système de pensée, de sa propre pensée, dont il peut difficilement sortir. Un Éric Zemmour qui viendrait devant une caméra en disant « Écoutez, stop, sur tel sujet, tout ce que j'ai dit depuis 5 ans, j'ai réfléchi, je me suis trompé. »
C'est une ruine, c'est un suicide. Parce qu'à partir de là, une partie de sa clientèle l'abandonnerait pour aller vers des penseurs purs qui ne se renient pas. Et lui-même, à partir de là, devrait commencer à démonter tout le reste. Donc il est prisonnier d'un système, c'est un voyage sans retour. Le train Eric Zemmour ne peut plus être arrêté. Au fil du temps, Eric Zemmour s'est cultivé une image d'animal à sang froid, de terminator du débat d'idées, incapable du moindre sentiment pour ses opposants. C'est peut-être l'ultime paradoxe zemmourien. Hors caméra, le personnage serait bien différent. Il y a Dr Zemmour et Mr Eric.
Quand vous le voyez à la télé, vous avez l'impression que c'est quelqu'un qui se bat tout le temps. Parce qu'il est toujours dans des conflits, un climat où il faut répondre, donner des coups, etc. En réalité, en privé, c'est un mec super détendu. Eric Zemmour est hors plateau un type adorable. C'est un type adorable. Éric Zemmour que je connais personnellement est quelqu'un qui humainement est délicieux dans la vie. Il est courtois, il est ponctuel, pas toujours. Il est agréable dans la conversation et évidemment il est toujours prêt. Moi qui combat ces idées depuis des années, on a un rapport sain dans la confrontation. C'est-à-dire que je n'aurais pas l'idée de lui coller ma main dans la figure, ni lui. Éric Zemmour est très drôle.
Il a beaucoup d'humour, il a beaucoup de culture, il a de l'humour sur lui-même, ce qui est rare chez des gens qui ont d'abord beaucoup de notoriété, puis ensuite un cuir épais parce qu'ils ont été beaucoup attaqués. L'un des critères pour moi c'est quand même la capacité à l'autodérision et je dois dire qu'il est pourvu, abondamment pourvu de cette capacité à l'autodérision. Peu de gens se moquent autant d'Éric Zemmour qu'Éric Zemmour. Et puis il y a des moments où oui, Éric Zemmour peut être touchant, émouvant, parce qu'il y a un être humain derrière l'idéologue. C'est assez étrange d'ailleurs d'avoir à faire, quand la lumière s'allume, Face à la caméra, à un ennemi et qui, hors caméra, redevient un type cultivé, de mauvaise foi, sympathique et pas dupe de lui-même.
Éric Zemmour, l'homme aux multiples visages, dont la personnalité pourrait être définitivement mise au grand jour très bientôt. Encore complètement farfelu il y a quelques mois. L'hypothèse de voir Éric Zemmour entrer dans l'arène politique se précise. Ce serait à la fois un coup de tonnerre, accompagné d'une formidable revanche personnelle.
Zemmour, dans la course présidentielle en 2022, ce serait l'incroyable conclusion de la folle trajectoire d'un journaliste qui démarrait sa carrière il y a 35 ans, quasiment... au bas de l'échelle. Quand je l'ai connu, nous étions tous débutants au Quotidien de Paris. Éric Zemmour démarrait sa carrière politique. Je pense qu'il avait, en travers de la gorge, son double échec à l'École nationale d'administration. Il avait fait Sciences Po et qu'il avait peut-être choisi le métier de journaliste presque par défaut. Il était à l'époque très différent de celui qu'on connaît aujourd'hui. Il était déjà assez frêle, comme il est toujours. Il n'était pas très imposant physiquement. Et il n'était pas très imposant. dans les conversations, ces idées-là, à mon avis, qu'il n'avait pas à l'époque.
Il était assez amical, consensuel, gentil, j'allais dire modeste. Être l'invité surprise de la course à la plus haute fonction de l'État doit forcément avoir aujourd'hui une saveur bien particulière pour celui qui avait échoué par deux fois à intégrer l'élite de la nation. La blessure aurait laissé des traces. Le fait qu'il ait échoué à l'ENA, par exemple, a dû être un coup très dur parce que ça veut dire que les capacités intellectuelles que la nature lui a alléguées n'ont pas été suffisantes et donc du coup, il a voulu rectifier le tir par une sorte d'énervement permanent. Là, il s'est senti rejeté comme si on lui fermait la porte au nez. Et là, c'est resté pour lui quelque chose de douloureux, d'humiliant, comme si on ne reconnaissait pas déjà à l'époque ses mérites.
Mais il n'a pas vécu ça. comme vous n'êtes pas assez intelligent. Il a vécu ça comme vous ne faites pas partie de notre monde. Et du coup, il s'est imposé différemment à ce monde-là. Et il s'est imposé selon des règles qu'il a construites au fil du temps. Alors, jusqu'où Éric Zemmour pourrait-il imposer ces règles ? Sont-elles compatibles avec celles du système politique institutionnel ? Depuis quelques semaines, quelques mois, ces questions se font beaucoup plus précises. Il interroge. Toi, qu'à ma place, tu ferais quoi pour la présidentielle ? Comment on récolte les fameuses signatures pour y aller ? Comment ? On gère les financements, avec qui fait-on alliance ? Est-ce que Marion Maréchal m'apporterait son soutien ? C'est des questions qu'il pose de plus en plus.
Je ne m'inquiète pas du tout de voir Éric Zemmour se risquer dans une aventure électorale. D'abord parce qu'il n'a pas du tout envie qu'on lui fasse passer ce lance-flamme de la transparence qui est affligée maintenant à tous les politiques. Et donc venir voir sa vie privée, ses comptes en banque, son train de vie, ses goûts personnels, tout ce viol de l'intimité qu'est. une vie publique parce que quand on est candidat à une élection, c'est ce qui se passe, vous n'avez plus de secret, vous devez être transparent. Il n'a pas du tout envie de ça et je pense que ça le retiendra toujours de se présenter à des élections. Et puis il sait très bien que politique, c'est un autre métier que ce qu'il fait et que donc il serait un très mauvais politique.
Il me semble que c'est un pur penseur en fait, un pur intellectuel. Vous le voyez, les mains dans le cambouis à gérer une ville, enfin moi pas du tout. Les ministres de n'importe quoi, ils seraient très mauvais. Oh, ils feraient des discours ! Mais piloter une administration, il en est incapable. Et donc ça foirerait très vite et ça montrerait qu'il a tort. Et donc il ne se risquera pas à aller dans les travaux pratiques. Il n'aurait pas forcément à gagner lui-même de se lancer dans le jeu politique. Il y aurait davantage de coûts à prendre que de coûts à donner finalement. Et il se plaît finalement dans ce rôle d'influenceur du débat d'idées. Pour conserver son statut d'électron libre, et rester acteur idéologique du scrutin, Éric Zemmour devrait
alors se ranger derrière le candidat d'un parti. Un exercice qui prendrait très vite des allures de haute voltige. Je crois qu'Éric Zemmour a sa propre voix et qu'il n'a pas du tout envie d'être la voix de parti politique. S'il roulait pour un parti, s'il roulait pour l'UMP, ou pour les Républicains, ou pour le Front National, il aurait déjà depuis très longtemps été candidat pour ce parti. En réalité, ça lui a été proposé plein de fois, et plein de fois, il a décliné, parce qu'il a toujours considéré que ce qu'il faisait... Il le faisait avec beaucoup plus de surface et d'indépendance que ce que ces partis-là pouvaient lui offrir. Est-ce qu'il fera partie d'une équipe de campagne ? Est-ce qu'on apprendra qu'il aura rédigé tel ou tel discours de tel ou tel candidat ?
C'est à ce moment-là qu'on verra s'il pèse réellement. Je ne crois pas qu'il souhaite faire de politique au point de vue électoral. Il y a des gens qui sont bons pour faire de la politique, pour être des leaders et pour incarner, parce que la politique ça s'incarne. Lui, son combat, il est culturel, il est idéologique. Il n'a pas de programme politique, de projet politique à poser derrière. Pas de programme, mais armé d'une rhétorique de combat au service de sa vision de la France. Éric Zemmour doit déjà donner quelques sueurs froides aux futurs candidats à l'Élysée.
Est-ce qu'Éric Zemmour est un homme dangereux pour la société française ? C'est un homme dangereux... Quand il dérape, qu'il tient des propos racistes sanctionnés par la justice, c'est un homme dangereux. Lorsqu'il fait croire qu'il sait tout sur tout et qu'il embobine, c'est un homme dangereux. Voilà, lorsqu'il tombe dans ses travers, qu'il commence quand même par récurrence à devenir sa ligne directrice, c'est un homme dangereux.
Rien n'est dangereux pour moi à partir du moment où vous débattez et vous contrez. Le vrai danger, c'est de laisser quelqu'un... Dire quelque chose sans le contrer. L'intensité des hostilités à son égard montre bien qu'il y a panique à bord, qu'il y a péril en la demeure, et je parle à la demeure confortable ou attée, des gens qui pensaient avoir le monopole de la vertu, du bien, du bon sens et du bon raisonnement.
Je pense qu'Éric Zemmour est dangereux parce qu'il suscite... la guerre entre Français. Il met le doigt là où ça fait mal, il va mettre le doigt sur des contradictions, il va montrer ce que souvent on n'a pas envie de voir parce que ça nous gêne, et encore une fois pour des bonnes raisons. Mais c'est un travail qui est vraiment salutaire, de montrer la faille, de montrer la brèche.
Éric Zemmour est dangereux parce qu'aujourd'hui il a acquis une position sur la scène médiatique et intellectuelle qui est quasiment unique. Et il est dangereux parce qu'il peut être poussé par lui-même à dépasser ce qui est possible à dire et possible à entendre. Il va y avoir un rendez-vous entre Eric et Zemmour et il va falloir que les deux se mettent d'accord pour savoir s'il peut toujours aller plus loin, toujours aller trop loin ou si un jour ça va casser ce qui fait son succès d'aujourd'hui. Et si je voulais résumer tout Eric Zemmour, je dirais que c'est un être plus mortifère encore que dangereux. Il est du côté de la mort et non pas du côté de la vie.
Eric Zemmour n'est pas dangereux au sens où il avance à visage découvert. C'est-à-dire que même ses pires ennemis savent qu'ils peuvent lire à livre ouvert dans son jeu parce que tout est écrit, donc il y a zéro dimension cachée dans ce personnage. Il dit ce qu'il pense, il pense ce qu'il dit. Il est au fond très prévisible. S'il y a peut-être une seule raison pour laquelle on pourrait dire qu'il est dangereux, c'est que pour l'instant, il n'a pas encore perdu de combat. Nous devons parler de lui, parler avec lui et parler contre lui. Né ! Sur le terrain du débat entre intellectuels, surtout ne pas aller ni dans la diabolisation, parce que quand vous faites un diable, c'est un diable pour l'éternité. Et il y aura toujours des partisans du diable, donc vous le renforcez.
Ni dans la judiciarisation, parce que quand vous envoyez quelqu'un devant un tribunal, d'abord vous reconnaissez que vous n'avez plus d'armes et que donc vous passez le ballon au juge et ensuite vous en faites éventuellement un martyr, parce qu'il aura été condamné. Quand on connaît un peu Éric Zemmour, on peut le voir réagir, on le voit venir. De ce point de vue, il est beaucoup moins dangereux que les identitaires d'en face, les identitaires de gauche, dont l'identitarisme est officiellement sympathique, officiellement aimable.
Il fait beaucoup de bruit, il est très visible, mais il y a quand même une sagesse profonde du pays qui sait qu'Éric Zemmour a tort. Ah ! Ce sont des Français qui disent aussi, c'est bien qu'il existe, parce que ça les bouge les politiques, ça les secoue les élites, ça... met un peu de bazar dans ce politiquement correct. Ils ne sont pas mécontents qu'il y ait un Zemmour dans le paysage. Éric Zemmour.
L'outrance, elle a été introduite dans le système médiatique. Merci à Éric Zemmour.
Éric Zemmour