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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 30 juillet 2026 24 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieTravail & emploiSécurité

Incendie en Gironde : près de 20 000 salariés "retournent au travail", annonce Roland Lescure

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:36OuverteRéponse partielle

    Est-ce que vous arrivez à l'estimer un peu plus précisément aujourd'hui ?

  • 1:30RelanceRéponse directe

    Est-ce que c'est suffisant ? Est-ce que vous êtes prêt à prendre d'autres mesures pour les secteurs vraiment les plus touchés ?

  • 2:40OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on peut garantir des expertises rapides ?

  • 3:33RelanceRéponse partielle

    Est-ce que ça, c'est envisageable ou est-ce que vous dites « aujourd'hui, on n'a plus les moyens de faire ça » ?

  • 5:04ComplaisanteRéponse directe

    Alors, je vous affirme, je vous informe, du fait qu'un saisonnier qui a signé son contrat a droit au chômage partiel.

  • 7:43RelanceRéponse partielle

    pourquoi ne pas mettre en place un quoi qu'il en coûte très temporaire pour ce département de la Gironde ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:44Invité politiqueFait
    « Alors c'est encore trop tôt pour avoir des chiffres précis mais on suit les choses de très près. »
  • 0:44Invité politiqueChiffre
    « Je peux vous dire par exemple que jusqu'à hier il y avait 23 000 établissements qui avaient été fermés, qui avaient été évacués. »
  • 0:50Invité politiqueFait
    « Et on commence à retrouver des gens qui retournent au travail. »
  • 0:53Invité politiqueChiffre
    « Donc on a maintenant 19 500, donc ça veut dire à peu près 4 000 établissements réouverts. »
  • 0:58Invité politiqueChiffre
    « D'un point de vue très concret pour les salariés, ça veut dire qu'on avait un peu plus de 80 000 salariés, 82 000 salariés qui étaient empêchés d'aller travailler. »
  • 1:02Invité politiqueChiffre
    « On est désormais à 61 500. »
  • 1:44Invité politiqueFait
    « Alors la priorité des priorités à court terme, c'est s'assurer que les entreprises, j'allais dire, restent en vie. »
  • 1:49Invité politiqueFait
    « Donc le chômage partiel, qui est payé par l'État, je le rappelle, ça permet de payer les salariés qui ne peuvent pas travailler. »
  • 1:54Invité politiqueFait
    « On a aussi des opérations de trésorerie, c'est-à-dire que vous pouvez vous rapprocher de l'URSSAF, des impôts, pour reporter vos échéances et les payer plus tard. »
  • 2:19Invité politiqueFait
    « La Société Générale l'a annoncé, le Crédit Agricole l'a annoncé, la BPCE l'a annoncé, il faut que tout le monde le fasse. »
  • 2:25Invité politiqueFait
    « Ensuite, il faut qu'on évalue l'impact économique. »
  • 2:30Invité politiqueFait
    « Donc les assureurs se sont engagés d'abord à décaler les dates de déclaration de sinistre, on va payer les frais de relogement. »
  • 2:56Invité politiqueFait
    « Certains sont assurés. Moi, ce qui me frappe depuis une semaine, c'est que la question qu'on me pose le plus, ce n'est pas qu'est-ce que vous allez faire pour nous aider, c'est qu'est-ce que je peux faire moi pour aider. »
  • 3:16Invité politiqueFait
    « Il a dit « je lance un fonds et je matcherai, comme on dit, un euro pour un euro, tous les dons qui seront faits pour aider les entreprises sur le terrain ». »
  • 3:53Invité politiqueFait
    « On espère que ça va durer quelques jours, là où le Covid a duré deux ans. »

Temps de parole

  • Roland Lescure76 %
  • Présentateur21 %
  • Présentateur 22 %

2,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Inter, Alexis Morel, le 6-9. Bonjour Roland Lescure, ministre de l'économie, des finances, de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Avec nous ce matin pour réagir notamment au tout dernier chiffre de la croissance tombé il y a quelques minutes avec un rebond surprise de 0,2% au second trimestre. On va y revenir. Mais d'abord évidemment ce qui nous occupe cette semaine, ces incendies gigantesques puisque juste après cet entretien vous organisez à Bercy une nouvelle réunion de crise. Car c'est aussi une catastrophe économique, particulièrement en Gironde. Est-ce que vous arrivez à l'estimer un peu plus précisément aujourd'hui ?

0:39
Roland Lescure

Alors c'est encore trop tôt pour avoir des chiffres précis mais on suit les choses de très près. Je peux vous dire par exemple que jusqu'à hier il y avait 23 000 établissements qui avaient été fermés, qui avaient été évacués. Et on commence à retrouver des gens qui retournent au travail. Donc on a maintenant 19 500, donc ça veut dire à peu près 4 000 établissements réouverts. D'un point de vue très concret pour les salariés, ça veut dire qu'on avait un peu plus de 80 000 salariés, 82 000 salariés qui étaient empêchés d'aller travailler. On est désormais à 61 500.

1:08
Présentateur

Donc il y a 20 000 salariés aujourd'hui qui retournent au travail.

1:11
Roland Lescure

Donc c'est une bonne nouvelle évidemment. Et ça montre surtout, il ne faut pas l'oublier, que le feu je dirais commence à être maîtrisé. On le sait bien, il est loin d'être éteint, mais il est maîtrisé et on peut, et c'est évidemment ce qu'on cherche à faire dès que possible, en toute sécurité, autoriser les gens à retrouver leur travail, leur maison, leur vie normale si je puis dire.

1:29
Présentateur

Malgré tout il y a des entreprises qui vont rester durablement impactées. On pense au secteur touristique dans la région, pour qui la saison est peut-être foutue. Pour l'instant, vous avez annoncé principalement du chômage partiel. Est-ce que c'est suffisant ? Est-ce que vous êtes prêt à prendre d'autres mesures pour les secteurs vraiment les plus touchés ?

1:44
Roland Lescure

Alors la priorité des priorités à court terme, c'est s'assurer que les entreprises, j'allais dire, restent en vie. Donc le chômage partiel, qui est payé par l'État, je le rappelle, ça permet de payer les salariés qui ne peuvent pas travailler. On a aussi des opérations de trésorerie, c'est-à-dire que vous pouvez vous rapprocher de l'URSSAF, des impôts, pour reporter vos échéances et les payer plus tard. Donc d'abord, objectif numéro un, préserver la trésorerie des entreprises. Et je dirais pour ça, on a besoin de tout le monde.

Les banques notamment, un certain nombre d'entre elles, pas toutes, donc je les appelle à toutes le faire, se sont engagées à aider les entreprises pour décaler les échéances de prêts, pour les aider dans leurs prêts de trésorerie. La Société Générale l'a annoncé, le Crédit Agricole l'a annoncé, la BPCE l'a annoncé, il faut que tout le monde le fasse. Ensuite, il faut qu'on évalue l'impact économique. Et là aussi, il faut que tout le monde fasse son travail. Donc les assureurs se sont engagés d'abord à décaler les dates de déclaration de sinistre, on va payer les frais de relogement.

2:40
Présentateur

Est-ce qu'on peut garantir des expertises rapides ? Voilà, vous avez raison, c'est essentiel.

2:45
Roland Lescure

Le sujet majeur quand vous avez des dégâts, c'est qu'il faut que ça aille vite. Il faut que les expertises aillent vite, il faut que les dédommagements aillent vite. Pour le reste, on va examiner tout ça de très près et on va évaluer l'impact. Certains sont assurés. Moi, ce qui me frappe depuis une semaine, c'est que la question qu'on me pose le plus, ce n'est pas qu'est-ce que vous allez faire pour nous aider, c'est qu'est-ce que je peux faire moi pour aider. Il y a un élan de solidarité exceptionnel. J'ai entendu tout à l'heure Maurice Lévy sur une autre antenne annoncer qu'il est PDG de Pâche Jaune, qui est une entreprise aujourd'hui qui aide les entreprises locales à se numériser.

Il a dit « je lance un fonds et je matcherai, comme on dit, un euro pour un euro, tous les dons qui seront faits pour aider les entreprises sur le terrain ». Et ça, là encore, c'est exempté d'impôts.

3:26
Présentateur

Mais ça ne remplace pas le soutien de l'État, vous l'avez peut-être entendu et vous allez l'entendre lors de votre réunion tout à l'heure. Localement, on vous demande aussi des mesures type Covid, des prêts garantis par l'État, une prise en charge à 100% du chômage partiel. Est-ce que ça, c'est envisageable ou est-ce que vous dites « aujourd'hui, on n'a plus les moyens de faire ça ».

3:43
Roland Lescure

Alors, d'abord, on n'est pas dans le Covid, évidemment, et heureusement, c'est localisé dans l'espace et dans le temps. On espère que ça va durer quelques jours, là où le Covid a duré deux ans. Deux, vous dites prise en charge du chômage partiel à 100% au niveau du SWIFT, c'est déjà le cas. Donc aujourd'hui, l'État prend en charge les petits salaires, totalement, et les salaires élevés à plus de 60%. Donc on a déjà une mobilisation de l'État qui est très forte.

Donc, par ailleurs, moi, je souhaite, parce qu'il y a beaucoup de questions très concrètes sur ce que les entreprises peuvent faire, donc on l'a lancé, on a sur notre site internet, économique.gouv.fr, l'ensemble des informations disponibles, y compris sur les fonds de solidarité dont je parlais, le MEDEF envisage de faire des choses, les chambres de commerce sont très actives. Donc, un fédéré, toutes les initiatives. Et ensuite, on va analyser en détail l'impact, et évidemment, l'État sera aux côtés des sinistrés, notamment des entreprises sinistrées.

Le sujet majeur, par exemple, sur le tourisme, vous disiez, il faut qu'on aide la trésorerie, il faut qu'on passe ces quelques jours, mais ensuite, il faut qu'on puisse relancer le tourisme dans la région. Chaque secteur aura ses préoccupations, le commerce, l'alimentation, le tourisme, ce n'est pas la même chose. Donc, il faut qu'on travaille, c'est la raison pour laquelle on fait ces réunions de crise, pour écouter les demandes, on va rentrer tout ça, on va réfléchir.

4:56
Présentateur

Parce que le tourisme, par exemple, il y a des spécificités, les saisonniers, les contrats saisonniers, on a entendu ce matin dans la matinale d'Inter des saisonniers qui n'ont plus de contrat, qui n'ont plus rien.

5:04
Roland Lescure

Alors, je vous affirme, je vous informe, du fait qu'un saisonnier qui a signé son contrat a droit au chômage partiel. Donc, le sujet, c'est peut-être ceux qui avaient prévu d'arriver. Les contrats à venir au mois d'août. Oui, on verra, ceux qui arrivent le 15 août, j'espère que tout ira bien, et qui pourront aller faire qui les vendanges, qui les récoltent, qui, pourquoi pas le tourisme. On a beaucoup été interpellés depuis lundi, on a fait des réunions de crise tous les jours, sur le sujet des indépendants.

Vous êtes infirmière, vous êtes prof de yoga indépendant kiné, la sécu des indépendants, pour simplifier, l'assurance sociale des indépendants, a annoncé qu'ils allaient jusqu'à 8 000 euros d'indemnisation pour les indépendants, en général, ils s'arrêtent à 2 000. Donc, aujourd'hui, moi, ce qui me frappe, c'est ça, c'est le mouvement de solidarité, à la fois des institutions publiques, des institutions privées, il faut que tout le monde se serre les coudes face à ça. Et j'entends bien, ici ou là, ceux qui cherchent des controverses, ceux qui cherchent à nous diviser. Mais moi, ce que je vois sur le terrain, on leur parle tous les jours, c'est vraiment une volonté de travailler ensemble.

Donc, l'État est au rendez-vous, il va continuer à l'être, mais moi, ce qui me frappe, c'est que tout le monde est au rendez-vous, qu'aujourd'hui, face à cette catastrophe, on est prêts à se serrer la coude. C'est ce que la France a de meilleur.

6:14
Présentateur

Alors, cas très concret, on a au standard une commerçante girondine, je crois. Bonjour, Alexandra. Oui, bonjour. Vous êtes directement concernée ? Oui, je suis sur l'Ège Capferré. Donc, moi, j'ai deux instituts de beauté. Malheureusement, un qui a ouvert le 1er juin sur l'Ègebourg et l'autre qui est à Petit Piqueil, qui est ouvert depuis 4 ans. Et donc, du coup, pas de travail. C'est un collaborateur qui reste sur le carreau. Un contrat saisonnier, le chômage partiel, c'est très, très bien. Mais ma collaboratrice, là, sur la dernière semaine de juillet, a perdu 130 euros sur son salaire. Merci, Alexandra. Roland Lescure, comment on répond très concrètement ?

6:52
Roland Lescure

De manière très concrète, donc, les 5 salariés, je dirais, à temps plein, plus la saisonnière, ont droit au chômage partiel. Donc, je suis étonné qu'elle ait perdu de l'argent, parce que normalement, pour les petits salaires, et j'imagine que c'est un petit salaire, la compensation est à 100%. Donc, si vous voulez bien, vous nous donnerez les coordonnées d'Alexandra, et on la fera rappeler pour s'assurer qu'elle a bien toute l'information. Ensuite, évidemment, ça veut dire une semaine, peut-être 15 jours. J'espère que l'établissement qui n'est pas à l'Ege Cap Ferré va pouvoir rouvrir rapidement, et il faudra qu'on regarde comment on peut les aider à passer ce moment difficile.

Mais vous voyez, entre un cabinet d'esthéticienne, un grand centre commercial ou un camping, les situations sont très différentes. Donc, moi, je m'engage aujourd'hui devant vous à tout faire pour qu'on traite les situations au cas par cas, de manière efficace.

7:38
Présentateur

On a Étienne sur l'appli Radio France, qui rejoint un peu ma question tout à l'heure sur l'époque Covid, qui dit pourquoi ne pas mettre en place un quoi qu'il en coûte très temporaire pour ce département de la Gironde ?

7:48
Roland Lescure

Mais parce que les situations sont très différentes, indépendamment du fait, et tout le monde le sait aujourd'hui, que, franchement, le ministre de l'Économie et des Finances, il n'a plus beaucoup d'argent, mais aider ceux qui sont en première ligne, qui sont plus affectés comme Alexandra, oui, arroser de manière indéfinie des gens qui souffrent, et des gens qui, il faut le reconnaître, souffrent moins, ça ne serait pas raisonnable aujourd'hui. Je pense que tout le monde peut comprendre que face à cette situation exceptionnelle, il faut des dispositifs exceptionnels, mais bien ciblés, qui sont adaptés aux situations des uns et des autres. Je pense que c'est du bon sens.

8:20
Présentateur

On a donc ces incendies qui sont plus violents, qui sont plus massifs, qui sont bien plus répandus sur le territoire aussi, ça c'est la nouvelle donne. En face, on a des moyens de riposte qui ne suivent pas, Roland Lescure.

8:31
Roland Lescure

Alors, moi je ne veux surtout pas rentrer dans les controverses, et je comprends que quand on est face aux incendies, y compris les sapeurs-pompiers qui sont en première ligne, ils puissent s'interroger sur les moyens. On a déjà eu l'occasion, le président de la République, le ministre de l'Intérieur, le Premier ministre, de répondre sur les moyens qui ont été engagés depuis 10 ans. Mais ce qui est vrai, en revanche, c'est que les 10 ans qui viennent, visiblement, vont être différents des 10 ans qui viennent de ces coulisses.

8:52
Présentateur

Il faut passer à l'échelle supérieure.

8:53
Roland Lescure

Et donc, il faut changer d'échelle, mais pas seulement, je dirais, dans la protection face aux incendies, mais surtout dans l'adaptation. Le Premier ministre l'a annoncé hier, il demande à Monique Barbu, et évidemment, en tant que ministre de l'Économie et des Finances, je vais y être associé, de travailler sur un changement d'échelle, sur l'adaptation. On a parlé des clims, on a parlé de la prévention, on a parlé de la lutte contre le changement climatique, sur lequel on a fait beaucoup de progrès en France. On a toujours tendance à se battre la coulpe. Les émissions de gaz à effet de serre françaises, elles ont diminué de 25% depuis 10 ans. Malgré ça, on a eu de la croissance.

Donc, on a fait des choses. Il va falloir changer d'échelle.

9:28
Présentateur

Oui, spécifiquement sur la lutte contre les incendies. Vous le savez, cette lutte, elle est essentiellement financée par les départements, à travers les services départementaux d'incendies et de secours. Ça leur coûte 6 milliards par an. Les moyens de la sécurité civile, aujourd'hui, c'est moins d'un milliard, même s'ils ont progressé sur le quinquennat. Ils sont à 800-900 millions. Il y a bataille de chiffres. Les départements, aujourd'hui, nous disent, il faut revoir ce financement. On ne pourra pas assumer ça tout seul.

9:51
Roland Lescure

Non, mais je pense que le Premier ministre travaille sur un texte permettant peut-être d'intégrer l'impact de ces incendies historiques, exceptionnels. Il ne faut pas donner l'impression qu'on est dans un été normal. Il est totalement aberrant. Le risque, évidemment, c'est que ça se produise. Mais les départements, ils sont en grande partie aussi appuyés par des financements de l'État. Il ne faut pas donner l'impression que les collectivités locales sont autonomes aujourd'hui. On les aide beaucoup. Et j'allais dire, c'est normal. Mais il y a un certain nombre de dépenses, des régions, des départements, des communautés communes et des communes, qui sont financées par des transferts de l'État.

On parle souvent de la TVA. Il y a une très large partie des recettes de TVA qui sont aujourd'hui transférées aux collectivités locales. Et c'est très bien qu'il y ait des politiques locales. Que les services départementaux de sapeurs-pompiers soient financés localement, ça a du sens. Parce que là encore, les enjeux ne sont pas les mêmes en Alsace-Lorraine, dans la forêt des Pannes-des-Landes, ou en Provence-Alcombe d'Azur, où il y a évidemment des incendies plus fréquents. Donc moi, je crois à la responsabilisation des acteurs locaux. Il faut réfléchir à l'organisation de tout ça et aux moyens.

Mais je souhaite éviter des controverses vraiment déplacées, alors qu'aujourd'hui, tous les habitants de la région sont en première ligne. Et évidemment, première ligne de première ligne des sapeurs-pompiers. Il faut intégrer les conséquences de cette crise. L'enjeu à court terme, c'est de la gérer. C'est de s'assurer que les feux soient éteints. Oui, alors là, il y a l'urgence.

11:17
Présentateur

Mais ce qui nous frappe aussi, alors on le voit sur les feux, on l'a vu sur les canicules, c'est que tout ça met des secteurs entiers à l'arrêt. Les canicules, elles font fermer des écoles, arrêter les trains. Donc on est dans une économie qui est encore très peu résiliente, en fait, face à ce changement climatique. Une journée de canicule, c'est l'équivalent d'une demi-journée de grève,

11:37
Roland Lescure

selon Allianz Trade. Ça, c'est une comparaison bien française. Moi, je me souviens, Christophe Béchut, ministre de l'écologie, il y a trois ans, je pense, ou quatre ans, qui souhaitait lancer un grand plan d'adaptation pour que la France s'adapte à une planète à plus de 4 degrés. On lui avait rayonné. Les écologistes avaient dit, c'est scandaleux, il faut arrêter de baisser la garde face au changement climatique, etc. La réalité, c'est qu'il avait raison.

Il faut aujourd'hui à la fois conduire contre le réchauffement climatique, et franchement, on l'a fait, moi je l'ai fait comme ministre de l'Industrie, on a des baisses historiques d'émissions de gaz à effet de serre dans l'industrie, mais il faut aussi qu'on adapte la France à ses enjeux, y compris d'ailleurs, parce qu'on parle beaucoup d'argent, installer une clim en France, c'est un cauchemar administratif. Pour une entreprise qui veut climatiser son bâtiment, qui date d'il y a 20 ans, 30 ans, c'est compliqué. Pour une copropriété, c'est compliqué. Vous vous baladez dans un village en Espagne, c'est pas très beau, mais vous avez des unités de clim un peu partout sur les balcons.

En France, c'est très compliqué. Donc tous ces sujets, oui, de financement, mais aussi d'adaptation de nos normes à une nouvelle réalité, y compris le temps de travail, on sait bien qu'en Espagne, le temps de travail est différent, il y a plein de choses à faire.

12:48
Présentateur

Il y a plein de choses à faire, etc.

12:48
Roland Lescure

Et on est prêt à le faire, et si on peut le faire ensemble, plutôt qu'en se divisant les uns les autres, je pense qu'on aura gagné, c'est un phénomène global.

12:57
Présentateur

Alors, vous disiez des moyens pour s'adapter, pour lutter contre le changement climatique. Est-ce que ça se reflètera, là, à la rentrée, dans vos choix budgétaires ?

13:04
Roland Lescure

Alors, dans la lettre de mission qu'a confiée le Premier ministre à Monique Barbuy hier, il lui indique qu'il faut effectivement revoir sans doute des priorités. Alors, elle l'a déjà annoncé, le fonds vert sera porté à 1 milliard d'euros. Je rappelle que le fonds vert, c'est nous qui l'avons créé. C'est déjà 5 milliards d'euros qui ont été dépensés en 3 ans pour aider les communes. C'est pas nous, les communes, à s'adapter. Mais il faut effectivement revoir les priorités. C'est l'objet de la mission qu'il lui a confiée. On souhaite pouvoir, à la rentrée, présenter un plan, en fait, d'accélération. Parce qu'il ne faut pas donner l'impression qu'on ne fait rien.

On a déjà une stratégie nationale bas carbone d'adaptation. Il faut l'accélérer. Il faut tenir compte des leçons.

13:44
Présentateur

Mais donc, les crédits du ministère de la Transition écologique, ils ne sont pas rabotés comme la plupart des ministères ?

13:50
Roland Lescure

Non, ça a déjà été annoncé. Ça fait partie des trois priorités. Avec, évidemment, la défense. On a la guerre aux portes de l'Europe et un conflit géopolitique extrêmement risqué. L'enseignement supérieur, la recherche, l'école et l'écologie sont les trois priorités du gouvernement pour 2027.

14:07
Présentateur

Alors, contexte budgétaire, contexte économique, cela nous amène à l'autre information de cette matinée. Donc, les chiffres de la croissance pour le deuxième trimestre, c'est-à-dire en plein pendant la guerre au Moyen-Orient et la crise énergétique, plus 0,2% après le repli du premier trimestre. Comment vous réagissez ce matin ?

14:23
Roland Lescure

Alors, c'est une bonne nouvelle. Ça prouve que, face à des vents contraires, et on n'en manque pas ces temps-ci, l'économie française a résisté. Et ce n'est pas totalement par hasard. Quand vous regardez la composition de la croissance, la consommation des ménages, à Armandie, la consommation d'automobiles, à Armandie, on a moins consommé d'essence, et on a acheté plus de véhicules, et notamment de véhicules électriques. Ça fait des mois, des années, qu'on aide les véhicules électriques en France. En plus, ça tombe bien, ils sont produits en France, produits en Europe. Aujourd'hui, on vend plus de véhicules électriques que jamais auparavant.

Et je vous fais une annonce de plus, au mois de juillet, on a relancé ce qu'on appelle le leasing social. Troisième vague. Troisième vague. En deux semaines, on a près de 20 000 commandes, pour être précis, 19 500 commandes de véhicules électriques, qui vont venir renforcer le parc, renforcer la résilience, renforcer les véhicules.

15:12
Présentateur

Donc 20 000 sur les 50 000,

15:14
Roland Lescure

on va arriver très vite au plafond. On arrive très vite au plafond. Alors, on a lancé une deuxième vague de 50 000 pour les aides à domicile, ceux qui utilisent leurs véhicules de manière importante, parce qu'on sait bien que face à la crise en Iran, il y en aura d'autres, il faut électrifier, accélérer l'électrification. Donc aujourd'hui, il y a 100 000 personnes en France qui déjà conduisent des véhicules électriques pour moins de 100 euros, jusqu'à 200, selon les modèles, par mois. Là, il y en a déjà près de 20 000 de plus qui ont commandé. Il y en aura 50 000 de plus au total, plus 50 000 encore pour les personnes qui utilisent leurs véhicules de manière intensive pour leur travail.

Au fond, cette crise, elle doit être un réveil collectif sur l'électrification des usages, et notamment des véhicules. En Norvège, c'est 90% de véhicules électriques. Il faut qu'on aille vers ça.

16:03
Présentateur

Je reviens sur la croissance. Vous avez une prévision, la dernière prévision, elle est à 0,7% pour l'ensemble de l'année. Donc, ça veut dire qu'elle redevient encore plus crédible. Ça nous conforte.

16:12
Roland Lescure

Ça nous conforte. Elle est parfaitement cohérente. En termes techniques, on dit que l'acquis de croissance à la fin du Nord-Entrinest est à 0,5%. Ça veut dire que s'il ne se passe plus rien d'ici la fin de l'année, on aura déjà engrangé 0,5% de croissance. Donc, oui, ça nous conforte dans notre prévision de 0,7%. Je vous rappelle qu'en début d'année, on était à 0,9%. Donc, on l'a quand même revu à la baisse suite à la crise en Iran. Non, mais c'est une bonne nouvelle. L'économie française résiste et ça nous conforte dans notre prévision de croissance pour l'année.

16:37
Présentateur

Mais il y a peut-être des auditeurs qui s'interrogent. On vient de parler des conséquences du changement climatique et là, on se réjouit d'un rebond de la croissance alors qu'on connaît aussi parfois les conséquences de la croissance sur le climat, sur notre planète. Est-ce que ce n'est pas un peu finalement contradictoire de se réjouir ?

16:51
Roland Lescure

Non. Depuis 2017, on a le PIB, la croissance, elle a augmenté de 10%. Les émissions de gaz à effet de serre, elles ont baissé de 25%. Ça veut dire que c'est possible. On peut réconcilier l'économie et l'écologie. Moi, c'est mon combat depuis 10 ans, depuis que je me suis lancé en politique. Et ce combat, il peut être mené, il peut être gagné. Il ne faut pas opposer les uns et les autres. On peut créer de la prospérité verte. On crée des emplois. Les usines qui s'installent en France aujourd'hui, les premiers secteurs, ce sont ce qu'on appelle l'industrie verte, les énergies renouvelables, les véhicules électriques.

On a une Renault 5 dont Renault vient d'annoncer qu'elle augmente les capacités de production. Stellantis, qui électrifie son parc et qui, à Mulhouse, relance une usine. Donc, on est capable de réconcilier les deux. Et en fait, j'allais dire, on est capable et surtout, on se doit de le faire. Sinon, effectivement, on va dans le mur d'un côté ou de l'autre. Soit le chômage et, je dirais, la misère, soit la planète qui va dans le mur. On peut réconcilier les deux, il faut le faire.

17:46
Présentateur

Ce que vous ne parviendrez peut-être pas à réconcilier, ce sont les parlementaires cet automne sur le budget. Cette guerre, elle a des conséquences budgétaires. Cette guerre au Moyen-Orient, on en est à 9 milliards d'euros d'économies pour compenser, comme l'avait dit le Premier ministre, à l'euro près, les effets du conflit. Ça sera sans doute encore plus à la fin ?

18:02
Roland Lescure

Écoutez, on a une bonne nouvelle sur la croissance. Ça, ça va nous aider un petit peu. On va avoir des informations tout au long de l'été sur ce qu'on appelle les rentrées fiscales. Est-ce que les impôts rentrent ou pas ? On fera le bilan à l'occasion du dépôt du budget pour 2027 sur l'année 2026. Donc, avec David Amiel, à la rentrée, on aura l'occasion de préciser tout ça. Mais oui, c'est dur aujourd'hui. L'objectif d'un retour du déficit à 5% du PIB

18:23
Présentateur

à la fin de l'année, c'est foutu ?

18:25
Roland Lescure

Non, je n'ai pas tendance à utiliser ce genre de termes. On va se battre jusqu'au bout, mais ça va être difficile. On va tout faire pour être aussi proche que possible, je vais vous le dire comme ça, de 5% de déficit. Et on le fait, pas pour se faire plaisir, mais évidemment, pour nos enfants, pour nos petits-enfants, accessoirement, pour préparer le terrain pour les suivants. Parce que, vous l'avez dit, au Parlement, ce n'est pas toujours facile. Mais comme on a pour nous laisser faire voter un budget.

18:52
Présentateur

Avant le 31 décembre, un budget, vous y croyez encore ?

18:55
Roland Lescure

J'y crois. Et on va tout faire pour. Là encore, c'est une histoire de responsabilité collective. Vous le savez, à partir de janvier, on va être dans la campagne présidentielle. Il faut qu'on ait un budget avant ça. Et ce budget, il faut qu'il soit aussi bon que possible. En tout cas, si le ou la présidente élu au printemps 2027 veut le changer, il aura l'occasion de le faire. Mais il faut qu'on ait une base. Il faut que cette base soit aussi solide que possible. Aujourd'hui, on emprunte beaucoup sur les marchés. La croissance, on l'a dit, est à risque. Moi, j'ai besoin de stabilité politique à court terme. J'ai besoin d'un budget. Et ce n'est pas moi qu'on ait besoin.

C'est surtout les entreprises qui ont besoin de visibilité, les investisseurs internationaux.

19:33
Présentateur

Et s'il y a budget, en revanche, la potion devrait être amère. Si on envoie les premières informations que vous avez révélées en juillet sur les défenses des ministères, il y a des rabots partout, sauf défense,

19:44
Roland Lescure

l'écologie, l'enseignement supérieur. C'est des priorités. Mais il faut qu'on fasse des efforts. Et on ne fait pas des efforts, là encore, pour se faire plaisir ou pour se serrer la ceinture. On fait des efforts parce qu'on souhaite investir dans l'avenir. On souhaite que dans 5 ans, dans 10 ans, la France soit la première puissance en informatique quantique, en intelligence artificielle, dans les industries vertes. Et c'est possible. Moi, je ne voudrais pas donner l'impression qu'on va juste se partager la misère dans les 10 ans qui viennent. Dans les 10 ans qui viennent, on peut investir.

Mais pour préserver nos capacités d'investissement, il faut qu'on fasse des efforts sur des choses sur lesquelles on a du mal à le faire. On sait bien.

20:18
Présentateur

Sur les dépenses sociales ? Mais bien sûr. Il y a eu des annonces sur les franchises médicales. Est-ce que ça pourrait aller, ça a été tenté sans succès, sur une année blanche, pas d'augmentation des prestations en fonction de l'inflation ?

20:29
Roland Lescure

Non, on va regarder ces histoires d'indexation à l'inflation parce qu'effectivement, je pense que c'est une manière, je dirais, efficace de faire des économies. Mais aujourd'hui, on consomme plus de médicaments partout en Europe. On est en bonne santé, les Allemands sont au souillis, ils consomment moins de paracétamol, moins d'antibiotiques. Donc, on peut mettre en place des mesures qui font qu'on dépense moins sur la santé et qu'on reste en excellente santé. Donc, c'est ça qu'il faut faire. Évidemment, ça suppose des efforts de tout le monde, des patients, des médecins, des pharmaciens.

Et là encore, soit on se passe la balle les uns les autres et on n'y arrive pas, on a un peu trop tendance à faire ça, soit on se dit, au fond, on a une grande cause nationale. Le fait de restaurer les comptes publics, ça devrait tous nous rassembler. On fait tous un peu d'efforts, tous, les entreprises, les ménages, évidemment l'État qui en fait beaucoup et on avance ensemble.

21:18
Présentateur

Pour terminer, on va revenir sur les incendies et sur les moyens qui sont mis par l'État face à ces incendies parce qu'on a beaucoup de questions et d'interpellations au standard. Bonjour Louis. Oui, bonjour. Vous nous appelez Dumont.

21:28
Auditeur

Bonjour Monsieur le Ministre.

21:30
Présentateur

Bonjour.

21:30
Auditeur

Je vais être très court et très bref. Gouverner, c'est prévoir. En 2022, il y a eu des incendies. Donc, comment se fait-il que les préfets d'Elande et de la Gironde n'ont pas créé des pare-feux ? Comment dirais-je ? Donc, des pare-feux, ça est créé dans l'urgence par des particuliers. Première chose. Deuxième chose, il y a un ATR 72 concurrent du Canada pour fabrication française. Pourquoi vous ne mettez pas cette fabrication-là en avant ?

21:52
Roland Lescure

Alors, bon, un des pare-feux, il y en a, visiblement, insuffisamment pour contenir un feu qui était historique. On appelle ça un feu géant, un méga-feu. Sur les moyens aériens, on n'a pas que les Canadaires. On a des dash, on a des hélicoptères et il y a des ATR. Donc, on va continuer à investir dans nos flottes de protection incendie. On a aussi la solidarité européenne qui nous aide et moi, j'en suis très fier. La France, régulièrement, va aider ses voisins. Là, on a des voisins qui viennent nous aider. Donc, vraiment, on tirera les leçons de tout ça. Je ne veux pas trop de polémiques mais ne donnons pas l'impression que la France n'a rien, ne fait rien.

On est, en fait, moi, j'ai échangé avec mon collègue espagnol qui a été plutôt impressionné sur la manière dont on a géré cette crise qui est une crise historique. Il n'y a pas, alors, à part, malheureusement, quatre sapeurs-pompiers qui ont perdu la vie, il n'y a pas de victimes civiles. Vous vous rendez compte ? Dans des incendies de cette nature, en Espagne, il y a des victimes, par exemple.

22:48
Présentateur

Dernier mot, l'une des solutions que vous proposez ces derniers mois, c'est l'électrification du pays. Mais on apprend que la facture d'électricité des Français va augmenter en moyenne de 2,5% au 1er août. Ce n'est pas comme ça qu'on va accélérer l'électrification

23:01
Roland Lescure

des usages. Non, mais merci de me poser cette question. 2,5% avec une inflation à 2,5%, donc on est en ligne avec l'inflation et cette inflation, elle va dire, dans mes poches, dans les salles d'EDF, elle va permettre d'investir dans le réseau. Et donc, l'idée, c'est qu'on ait un réseau résilient, on l'a vu là, pas de coupure d'électricité ou quasiment pas pendant les incendies parce qu'on a investi...

23:19
Présentateur

Pendant les canicules un peu quand même.

23:21
Roland Lescure

Oui, un peu, mais finalement, très peu par rapport à d'autres pays. Il faut continuer à investir dans ce réseau pour qu'on ait de l'électricité en volume bas carbone pas cher et évidemment, c'est sans commune mesure. J'allais dire, malheureusement, avec la hausse qu'on a eu, l'essence à la pompe et le gaz. On a aujourd'hui une dépendance dont il faut qu'on se libère et ça, ça suppose d'investir dans le réseau électrique. On le fait. Merci beaucoup,

23:45
Présentateur

Roland Lescure, ministre de l'économie, invité d'Inter ce matin. Il est 9h moins le quart.

Incendie en Gironde : près de 20 000 salariés "retournent au travail", annonce Roland Lescure — Roland Lescure · Pourquijevote