Treize pillards - Juan Branco
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:17Invité politiqueChiffre
« 4 milliards d'euros d'argent public se serait volatilisés »
- 8:47Invité politiqueFait
« Ses êtres ne sont pas corrompus, ils sont la corruption »
- 8:47Invité politiqueFait
« Combien en avez-vous tué ? »
Temps de parole
- Juan Branco100 %
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Bonjour, aujourd'hui on va se plonger dans un livre qui secoue pas mal le paysage politico-médiatique 13 pillard de Join Branco. Bonjour. Oui, un livre qui fait beaucoup parler. Alors pour situer un peu, c'est la suite de son de son énorme succès crépuscule. Et dans ce nouveau livre, l'avocat essayé défend une idée assez choc. Oui. Pour lui, certains de nos dirigeants ne seraient pas juste corrompus de temps en temps. Non, il serait la corruption. Le livre se lit un peu comme une cartographie de ce qu'il décrit comme un système d'avidité au sommet de l'État. C'est ça. Et son ambition, il la pose vraiment dès le début.
Il dit qu'il ne cherche pas le scandale pour le scandale juste pour qu'une tête tombe et puis qu'elle soit remplacée par une autre. Non, ce n'est pas son but. Dans son objectif, c'est de démonter la mécanique d'un système entier qu'il appelle la macronie. C'est un terme bon souvent utilisé par les critiques pour désigner pas seulement le gouvernement mais tout l'écosystème autour hein. L'écosystème de pouvoir. Oui, exactement. Au fonctionnaires, conseiller, chef d'entreprise. Et il dit vouloir être radical au sens propre, prendre les choses à la racine. D'accord ? Alors, allons-y. Prenons les choses à la racine.
Le livre est construit autour de 13 portraits, 13 chapitres pour 13 figures du pouvoir et dès l'antro, l'ambiance est donnée. Ah oui. Il décrit la politique comme une affaire de stupre et de sang à PM caché par de beaux discours et il nous invite en tant que lecteur à nous méfier de ce qu'il appelle les légendes fabriquées. H le premier cas d'étude, c'est Édouard Philippe. C'est un peu l'archétype de ce que Branco veut dénoncer. Oui, un cas d'école, il retrace tout son parcours, le Conseil d'État, puis ce fameux passage dans le privé comme lobbyiste pour le géant du nucléaire, un reva et enfin son retour au sommet à Matinon. C'est ça.
Et ce qui est vraiment au cœur de ce chapitre, c'est le mécanisme bien connu du pantouflage. Cette pratique où un haut fonctionnaire passe dans le secteur privé. Oui, Brancané affirme que Philippe, sans avoir la moindre expertise technique dans le nucléaire, aurait en fait monayé son carnet d'adresse et son influence politique pour un poste extrêmement bien payé chez Areva. D'accord. Et là où ça devient disons explosif, c'est que l'auteur relie directement ce passage à une affaire de corruption présumée où 4 milliards d'euros d'argent public se serait volatilisés. 4 milliards ? Oui. Et selon le livre, Édouard Philippe n'a jamais été inquiété ni même interrogé sur ce sujet.
C'est une accusation qui est d'une gravité extrême. Mais alors, comment il fait ? Je veux dire, le livre s'appuie sur des documents judiciaire, des témoignages précis ou est-ce qu'il se contente de juaposer des faits pour créer une suspicion ? important pour comprendre sa méthode. C'est une excellente question et ça touche vraiment au cœur de la méthode de Branco. En fait, souvent il ne prétendent pas apporter la preuve judiciaire finale. Ce qu'il fait, c'est qu'il compile des faits publics, des rapports parlementaires, des articles de presse. D'accord. Des choses qui existent déjà. Exactement.
Et il les met en perspective en posant les questions qui selon lui n'ont jamais été posées par les grands médias. Pour Philippe, il déroule une liste euh assez impressionnante. Son rôle dans la répression des gilets jaunes, ses déclarations sur la taxe carburant, euh la gestion chaotique de masque pendant la crise sanitaire, c'est lien très proche avec le CAC 40. Tout à fait. Il cite même des dîners avec le PDG de Carrefour. C'est une accumulation. Et au milieu de toutes ces accusations très très lourdes, il y a cette anecdote que l'auteur utilise pour illustrer sa thèse sur la complaisance des médias. C'est un moment assez parlant. Je trouve absolument.
C'est le point d'orgue de sa démonstration. Il raconte qu'après des années où aucune de ces questions de fond n'avait été posées avec insistance, la seule fois où Édouard Philippe s'est dit publiquement choqué par une question à la télé. Oui. C'est quand une animatrice s'est dite déçue qu'il n'ait eu qu'une mention assez bien au bac. C'est incroyable. Pour Branco, c'est la preuve ultime que le système se protège. La citation exacte, c'est "Le temple est bien gardé." C'est une anecdote à la fois comique et et terrifiante si on suit sa logique. L'idée que les questions superficielles fassent plus réagir que des soupions sur des milliards d'euros, c'est vraiment le cœur de sa critique.
H donc si on a un personnel politique qui incarne cette fusion entre publique et privé, le livre doit logiquement s'intéresser aux forces qui permettent leur ascension et ça nous amène directement au médias. Voilà. Et c'est là qu'intervient le cas de l'oligarque Xavier Niel. On entre dans la deuxième strate du système décrit par Branco, le lien entre l'argent, les médias et le pouvoir. Exactement. La thèse de Branco là-dessus, elle est assez simple. La fortune de Niel, notamment dans les télécom dépend de licence accordée et renouvelée par l'État.
Bien sûr, en retour, Niel, qui est propriétaire ou actionnaire d'un véritable empire médiatique, utiliserait cette puissance de feu pour soutenir ses alliés politiques et au premier rang, il place Emmanuel Macron. Mais concrètement, comment ce contrôle s'exercerait ? Est-ce que l'auteur parle de coup de fil direct pour censurer un article ou est-ce que c'est plus insidieux que ça ? C'est plus subtil et c'est ça qui est intéressant dans l'analyse. Il ne déclit pas une censure grossière, c'est plutôt un contrôle d'atmosphère. Un contrôle d'atmosphère.
Oui, il parle de déjeuner régulier entre Niel et les directeurs de rédaction de ces journaux pour discuter de la ligne éditoriale pour s'assurer qu'elle reste compatible avec ses intérêts et ceux de ses alliés. C'est une influence douce mais permanente. D'accord. Mais le livre va aussi plus loin en décrivant des liens beaucoup plus personnels et directs. Oui, il y a ce passage sur Mimi Marchand, la papesse de la presse People qui aurait été présenté au couple Macron par l'entourage de Niel pour pour polir leur image publique et étouffer les rumeurs. C'est un des exemples. L'idée est de montrer que les services rendus ne sont pas que politiques ou économiques, ils sont aussi personnels.
Et puis il y a l'exemple de la nomination de Marc Olivier Faugel à la tête de BFM TV. Ah oui ! qui selon le livre aurait été une demande directe de Brigitte Macron. On voit se dessiner ce que l'auteur veut nous montrer. Un écosystème fermé où tout le monde se rend service. La boucle est bouclé. Voilà, l'oligarque finance le candidat. Le candidat devenu président protège les affaires de l'oligarque et les médias de l'oligarque protègent l'image du président. Et le livre aborde aussi un aspect beaucoup plus sombre, une accusation très grave relayée d'un autre ouvrage sur le passé de Xavier Niel.
Oui, Branco relacs d'une certaine Claudia Tavares qui liè à des réseaux de proxénétisme à ses débuts. C'est une accusation d'une gravité extrême. En effet, pour Branco, l'inclure sert à renforcer son argument principal. Cet écosystème du pouvoir serait non seulement basé sur des conflits d'intérêt, mais il serait capable d'absorber et de blanchir des passés très sulfureux pour peu que l'individu soit devenu assez puissant. D'accord ? Donc, on a le portrait d'un homme politique qui incarne la porosité entre l'État et les affaires et celui d'un oligarque qui contrôlerait l'opinion pour protéger ce système. Quelle est la troisème pièce du puzzle ? J'imagine qu'il s'intéresse à la relève.
C'est exactement ça. Après les figures installées, il se penche sur la génération montante avec un chapitre consacré à Benjamin Griveau et Gabriel Atal. Il les présente comme les héritiers, les produits parfaits du système. Et qu'est-ce qu'il leur reproche concrètement ? Jeune âge et leur expérience quasi nulle. H mais l'accusation principale, c'est qu'ils auraient utilisé les moyens de l'État, les ressources du ministère, non pas pour servir l'intérêt général, mais pour préparer en sous-main la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron. C'était le QG officieux de la campagne en fait.
Selon lui, on retrouve cette idée du mélange des genres où la frontière entre le service de l'État et le service d'un clan politique devient complètement flou. Et j'imagine que là aussi le livre parle de renvoi d'ascenseurs. Toujours leur carrière spectaculaire par la suite députés, porte-parole du gouvernement, ministre sont présentés comme la récompense de leur allégance. Ce ne serait pas le fruit du mérite mais le paiement d'une dette. D'accord. Et il va plus loin en les qualifiant d'enfant putatif de Nicolas Sarkozi. Pour Branco, Sarkozi aurait été le premier à systématiser cette inversion du rapport de force.
Ce n'est plus l'oligarque qui courtise le politique, c'est le politique qui se soumet aux oligarques pour obtenir leur soutien médiatique qui est devenu indispensable. Et la conclusion de ce chapitre est particulièrement violente. Oui, c'est sans doute le passage le plus dur. Après avoir détaillé tout ça, Branco écrit cette phrase terrible : "Ses êtres ne sont pas corrompus, ils sont la corruption. C'est fort et il termine en faisant un lien direct entre les politiques qu'ils ont mené ou supervisé au ministère de la santé et la crise que le système hospitalier a connu plus tard. Il conclut par une question qui sonne comme une mise en accusation. Combien en avez-vous tué ?
C'est c'est d'une violence inouie. Dépasse la critique politique. Là, on entre dans une accusation morale presque existentielle. Absolument. C'est clairement le point culminant de la charge de l'auteur contre cette nouvelle génération qu'il décrit. Absolument. C'est une rhtorique de choc destinée à marquer les esprits et à dire "OK, les conséquences de ce système ne sont pas abstraites, elles sont réelles et selon lui mortelles." Donc si on résume, 13 pillards dressent le tableau d'un système complètement verrougé.
Les sphères politiques, économiques et médiatiques auraient fusionné en une seule entité au service d'une caste qui pillerait les ressources publiques et confisquerait le débat démocratique pour son propre profit. C'est c'est un portrait apocalyptique. C'est exactement ça. Et si on prend un peu de recul, ce que Brco essaie de dire à la fin, ce n'est pas juste tel ou tel individu est malhonnête. En fait, son argument ultime, c'est que le jeu démocratique serait devenu un théâtre d'ombre. C'est une image forte.
La vraie partie ne se jouerait plus au moment du vote, mais bien en amont dans les conseils d'administration et les dîners privés où se décide qui aura la puissance médiatique pour devenir un candidat crédible. H, c'est ça la véritable faille structurelle qui dénonce. Il conclut qu'il est devenu quasiment impossible de se présenter à une élection majeure en France sans l'adoubement de ses puissances financières. Après avoir brossé ce tableau très très sombre, on se demande où l'auteur veut en venir. Et justement, la conclusion du livre n'est pas un appel à l'action précis. C'est plutôt une question laissée en suspend, presque comme un défi. Tout à fait.
Au fond, au-delà de savoir si chaque accusation portée par Joint Brco est factuellement irréfutable ou non, l'analyse qu'il propose dans son ensemble nous laisse avec une question fondamentale pour nos démocraties aujourd'hui. Oui. Face à une telle concentration des pouvoirs médiatiques et financiers entre les mains d'un si nombre de personnes, comment un citoyen peut-il encore se forger une opinion libre ? Et comment peut-il s'assurer que ses dirigeants servent bien l'intérêt général et non les intérêts particuliers de ceux qui les ont fait roi ?
Juan Branco