Juan Branco HUMILIE & RECADRE Gabriel Attal en Direct sur le Plateau"Faites travailler vos DISCOURS"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Et puis, je me suis forgé aussi une détermination à agir. Alors, il faudra du travail. Il faudra faire des choix. Il faudra décider. Il faudra la force d'agir. Mais avec la force d'agir, tout est possible. Et je crois que tout est là. Apaiser, élever, s'élever, grandir, conquérir, renouer avec un optimisme. Parce que moi, je n'en peux plus de cette politique française où c'est 50 nuances de gestion du déclin. Et on explique matin, midi et soir aux Français que tout a vocation à être pire et qu'on peut éventuellement se protéger un peu individuellement pour que ça soit moins pire pour soi. Non, au contraire. On peut avoir des vies meilleures.
Alors, quand vous écoutez, quand vous regardez Gabriel Attal, que vous avez connu quand il était beaucoup plus jeune, qu'est-ce que ça vous évoque ? Déjà, on a l'impression quand même qu'il n'a jamais été au pouvoir.
Oui, et qu'il n'a pas grandi aussi. Moi, j'ai le privilège de l'avoir connu à des âges où il y avait la même voix et peut-être la même élaboration dans la pensée et dans le discours. Il n'a pas beaucoup lu ou travaillé. D'ailleurs, c'est un des grands problèmes des politiciens. C'est que des gens comme lui, et il est malheureusement loin d'être le seul, très tôt mettent leur vie au service de leur ambition et ne prennent pas du tout le temps d'élaborer et leur rapport au monde à travers la lecture, les œuvres d'art et tout simplement la vie. Et ils sont pris dans des structures de pouvoir qui les absorbent et qui les vident de leur âme et de leur capacité à être humain, tout simplement.
Et donc ça, c'est ce à quoi on est confronté. Je vais vous trahir en signalant les rires que vous avez eus hors antenne, mais c'est ce que ça a généré un peu, je pense, pour ceux qui n'étaient pas consternés. C'est non pas tant, non seulement en tout cas à l'égard du personnage, mais aussi de la docilité avec laquelle cette soi-disant entrée en campagne a été répercutée, et amplifiée par plus de journalistes qu'il y avait de militants pendant les événements, sans que l'on comprenne en réalité sur quels fondements cela pourrait intervenir. Parce que M.
Attal, il est le fruit de parcours népotiques dans lesquels les fonctions de la République sont utilisées à des fins clanniques, c'est-à-dire de services d'ambitions individuelles ou de petits collectifs qui s'approprient nos ressources. Mais il n'y a jamais eu vraiment de légitimation par un acte au service de la nation tout au long de ces années. Il n'y a pas eu les seules réformes auxquelles il a contribué, c'est Parcoursup et le SNU. Donc le SNU est défunt et Parcoursup torture encore chaque année des centaines de milliers de lycéens qui cherchent simplement à étudier. Ce sont deux grands échecs et on est dans une société du spectacle où ça ne compte pas en fait.
Il n'y a pas de programme, vous voyez, c'est-à-dire qu'on accorde un temps d'antenne hallucinant alors qu'on ne sait même pas ce qui est proposé ou pas.
Et il ne faut pas s'en plaindre, mais il faut s'interroger à la fois toujours sur notre participation à ce système, c'est-à-dire est-ce que ça vaut vraiment la peine que ce soit nous comme responsables publics, que ce soit vous comme médias alternatifs, c'est-à-dire qu'on est un peu, je pense, dans une même dynamique où parfois on se dit que c'est le mythe de Sisyphe, c'est-à-dire qu'on est en train de construire quelque chose face à des machines qui ne respectent aucune forme de critères d'intérêt général ou d'engagement éthique ou d'envie de contribution au bien commun et avec des moyens complètement disproportionnés.
Et je pense qu'il faut vraiment que les gens qui nous écoutent, qui se sont en partie exfiltrés de ces dynamiques-là, comprennent l'importance de s'engager activement en réalité pour essayer de renverser cette donne. Parce que de la même façon qu'ils ont des moyens disproportionnés et qu'on est dans une inégalité dans la lutte qui n'est pas résorbable, on a cette force qui fait qu'on croit en ce qu'on fait. On croit en ce qu'on fait et que les personnes qui nous accompagnent sont prêtes à beaucoup de sacrifices pour provoquer des basculements là où eux, n'agissant que par intérêt, se disloqueront à la moindre menace ou au moindre vent contraire.
Et donc tout va se jouer sur notre détermination, notre capacité à nous organiser, y compris en étant très minoritaire, pour à un moment donné entamer ce rapport de force. Souvenez-vous qu'à l'acte 4, je crois, des Gilets jaunes, M. Macron avait prépositionné un hélicoptère pour être exfiltré. Vous voyez, vous pourriez vous dire, le président, le chef d'État de la 8e puissance mondiale, eh bien il a eu peur de quelques milliers de gueux qui, à un moment donné, avaient décidé de ne même pas prendre les armes, de simplement enfiler quelque chose qui leur permettait de s'identifier et de le défier.
Donc ça montre qu'en réalité, c'est résorbable, mais pas par les moyens institutionnels et classiques, mais par un contre-puyé. Et par exemple, sur les parrainages, ce qu'on a fait, je vous dis un tout petit exemple, on a créé une plateforme citoyenne où il y a 500 personnes qui, sans qu'on ait le moindre sou, vont essayer de toquer aux portes des maires, vont les appeler pour attirer leur attention et essayer de les solliciter. Donc on contourne par le bas.
Vous voyez, on ne fait pas le pari d'une machine industrielle qui requerrait des investissements importants, qui requerrait qu'on se compromette auprès de tel ou tel homme d'affaires et qui lui-même nous imposerait des limitations à nos ambitions politiques. Nous, on cherche vraiment cette pureté de l'engagement. Et est-ce que ça fonctionnera ou pas ? Ça dépendra, en fait, tout simplement de la capacité des individus à se saisir eux-mêmes de leur destin. Et comme ça, ça fait aussi que la responsabilité est collective. Mais ça fait aussi que si j'arrive au pouvoir, eh bien je serai dépendant de cette force-là.
Et je serai obligé de rendre des comptes à ceux qui m'auront porté à cette fonction-là parce qu'ils seront suffisamment organisés et puissants pour, si jamais il y avait une remise en question de mes engagements, tout simplement, tout de suite, entamer la bascule.
– Pour reprendre l'Elysée.
– Voilà, c'est ça. Il faut être dans des dynamiques comme celle-ci parce que sinon, sinon, on s'expose à la trahison, la déception. Et vous savez, la chair humaine est faible. Et on a quand même des systèmes de pouvoir suffisamment bien organisés et huilés pour, à un moment donné, affecter le jugement et les perceptions de ceux qui se sont appelés à occuper des responsabilités. Et on peut avoir des caractères forts et des engagements et une intégrité à toute épreuve. Donc, à un moment donné, ils ont les moyens, en tout cas, d'essayer de faire plier. Et c'est là où il faut que le peuple se réserve ses armes pour se protéger.
Et ça fait partie d'ailleurs, dans cette dynamique-là, nous, on propose un référendum sur le rétablissement de la conscription. C'est-à-dire qu'on pense qu'il est très important qu'il n'y ait pas un citoyen français qui échappe à un minimum d'un service militaire de 6 mois, avec 12 mois de service civil.
– Hommes et femmes.
– Hommes et femmes, ou 12 mois militaires. Et dans l'idée, en fait, quelle est l'idée derrière ? C'est que le peuple garde sa souveraineté. Vous voyez, là, aujourd'hui, ce serait une injure des gardes de forces armées de dire que ce sont des mercenaires. Mais on a une armée de corps expéditionnaires. C'est-à-dire qui, du coup, est complètement soumise au pouvoir politique qui lui-même est hors de contrôle de la population.
Si, au contraire, sur un modèle suisse, on rétablit un modèle de conscription avec des réserves citoyennes actives, on se retrouve à un moment donné dans une capacité aussi à établir un rapport de force par le fait qu'aucun politicien n'osera défier un peuple qui sait manier des armes et qui est formé à l'action militaire. Donc ça fait partie un peu des idées que l'on a pour refonder profondément notre contrat social. Et c'est des idées qu'aujourd'hui, beaucoup de politiciens n'osent pas porter dans l'espace institutionnel parce qu'ils sont les yeux rivés sur des sondages.
On pourrait parler aussi de la question de la laïcité et des insuffisances du système actuel, de l'absence d'offres spirituelles qui accompagnent la nation française et qui expliquent beaucoup des déracinements et beaucoup des succès des entrepreneurs idéologiques qui cherchent à nous faire concurrence. Tout ça, c'est des questions qu'il faut mettre sur la table, qu'aujourd'hui, on n'ose pas discuter et qu'on est, je pense, les seuls, en tout cas dans l'espace institutionnel, à remettre en jeu.
– Ces questions autour de la laïcité, elles sont quand même très liées aux questions identitaires. Vous en parlez, vous avez été longtemps, je crois, proche de Jean-Luc Mélenchon. Vous l'avez soutenu à certaines occasions. Récemment, sur Radio Nova, Jean-Luc Mélenchon s'est présenté quelque part comme maghrébin. Alors évidemment, ses détracteurs ont expliqué qu'il avait plutôt des ancêtres colons que maghrébins. Qu'est-ce que ça vous évoque, ce besoin de donner un caractère étranger à sa personnalité pour mieux être perçu par ses futurs électeurs ?
– Moi, j'y suis assez étranger, pour le coup, parce que je pense que l'histoire de Jean-Luc Mélenchon, un peu comme celle d'Éric Zemmour, s'inscrit dans les névroses collectives qui sont nées de la colonisation. Vous voyez, avec ses rapports à la question d'identité qui sont très troublés, et avec toutes ces promesses républicaines qui, rappelons-le, ont été fécondées par la gauche, soit la Troisième République, c'est Jules Ferry qui va être le grand pape de la colonisation, au fin d'universalisation de la République et d'émancipation des peuples. Ces discours-là ont généré toute une série de promesses qui n'ont pas pu être tenues. Et avec très vite une contradiction qui faisait que…
– Ni pour les uns, ni pour les autres. – Voilà, qu'on ne voulait pas octroyer des droits pleins et une citoyenneté pleine à des personnes qui étaient d'une identité géographique, culturelle, complètement différente de celle de la France historique, tout en voulant les maintenir sur notre giron, avec du coup des ambivalences et des ambiguïtés qui, encore aujourd'hui, produisent des effets chez ceux qui ont pour ancêtre des populations qui avaient été colonisées. Et vous avez de l'autre côté toute la névrose qui pour moi est incarnée par ces deux figures politiques qui est celle du colon.
C'est-à-dire d'avoir à la fois prétendu porter un projet universaliste, à la fois avoir été relativement sinon marginalisé, du moins il ne faisait pas partie de la grande bourgeoisie. Vous voyez, c'était des petits entrepreneurs, des petits artisans, des petits agriculteurs, etc. Ou alors dans le cas d'Éric Zemmour, en tant que juif, justement encore une autre catégorie très spécifique au sein de la colonisation, ses aïeux, pas lui, et ce qui avait frappé.
Bref, on se retrouve à une situation où ils ont une sorte de clivage et un paradoxe identitaire qu'ils n'arrivent pas à résoudre et qui fait écho, tout simplement, aux héritiers de ces populations, que ce soit des pieds noirs, que ce soit des... Et tout ça continue d'empoisonner la population française et moi en tant que Français de cœur, enfin Français adoptés. C'est-à-dire que je suis né en Espagne, de parents andalou et portugais, et qui, du coup, n'a un rapport qu'idéal à la nation française. Je n'ai pas un rapport névrotique, vous voyez, je n'ai pas de conflit identitaire.
Moi, j'ai demandé à devenir Français, j'ai été adopté par, je pense que c'était Brice Hortefeux et Éric Besson qui avaient signé mon décret de naturalisation. Je n'ai pas de compte à régler avec l'identité française. Moi, j'ai demandé à m'accoupler à cette identité française et à devenir pleinement français.
Donc, j'ai des comptes à régler avec les institutions françaises qui sont défaillantes, et j'ai des comptes à régler avec tous ceux qui ne sont pas à la hauteur de cette promesse qui a été portée pour mes parents et pour moi, par les grandes œuvres littéraires qui nous ont inspirés et qui nous ont amenés à désirer cette France qui, aujourd'hui, est de plus en plus proie de prédateurs qui viennent à elle, non pas parce qu'elle rayonnerait, parce qu'elle ne rayonne malheureusement plus, parce qu'elle s'est effondrée dans une forme de médiocrité terrifiante, mais pour bénéficier des restes de sa puissance, de ses ressources et autres.
Et donc, j'ai une forme d'exigence, du coup, très importante à l'égard de la France parce qu'elle est liée à cet idéal. Et je considère qu'il faut qu'on remette le pays en marche pour reproduire ces formes de fascination qui, elles-mêmes, soumettront ceux qui veulent venir ou qui ne viennent, alors qu'aujourd'hui, notre offre, quelque part, elle est faible. Et c'est là où, pour moi, tous les discours qui sont purement autoritaires, ou à l'inverse, qui sont de pure séduction, comme le fait Jean-Luc Mélenchon, c'est-à-dire qu'il consiste simplement à dire « Ne vous embarrassez pas de vous exiger, vous êtes la Nouvelle France. » – Oui, venez comme vous êtes, quoi. – Oui, restez, et restez-le.
Vous voyez, ne cherchez pas. Alors que c'est là où il y a un autre clivage. On sent un paradoxe chez ce personnage, et c'est moi, c'est ce qui m'a amené à accepter ces appels de pieds qu'il m'avait fait de façon répétée en 2017, au moment où il avait un discours républicain.
– Est-ce qu'aujourd'hui, il n'a plus de discours républicain ?
Il a un discours identitaire, je pense que c'est très clair. Il a un discours de dissolution de la République, aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon. Et il porte en lui, et il s'accompagne, mais d'ailleurs assumé, c'est-à-dire que quand il assume ses liens avec la jeune garde, quand il assume ses liens avec des idéologies des indigènes de la République et autres, et c'est des liens qui sont organisationnels, qui ne sont pas du tout seulement idéologiques, je ne dis même pas de façon critique, c'est-à-dire que c'est un choix de sa part de s'associer à des personnes qui ne considèrent pas que la République française soit un idéal à servir. Moi, je n'ai pas de problème avec ça.
Moi, je me suis battu avec les Gilets jaunes, avec à la fois des antifascistes et des royalistes. D'ailleurs, il y avait quelque part un front antirépublicain au moment des Gilets jaunes. C'est-à-dire, on ne croit plus dans ce fantasme qu'on nous a vendu. Et d'abord, on abat l'ennemi, et ensuite, on s'abattra les uns les autres, ou alors on négociera pour essayer de trouver des nouvelles formes organisationnelles. Ce n'était pas sûr. C'est une des raisons pour lesquelles on n'a pas pris l'Elysée.
C'est qu'il n'y avait pas de cohérence idéologique telle qu'on essaie, nous, de la reconstituer, justement, à travers ce projet, en essayant de trouver l'équilibre entre toutes les forces qui cherchent, à un moment donné, à produire cette rupture. Et donc, moi, je pense qu'il y a un paradoxe chez cet homme, parce que... Pourquoi je disais ça ? Ce qui m'a attiré en 2017, il y avait le discours, mais il y avait surtout la langue. Et la langue, c'est peut-être l'incarnation la plus pure de ce qu'est la France, en réalité.
Vous voyez, c'est ce qui agglomère toutes les perceptions de populations qui ont des expériences très diverses, des territoires qui, eux-mêmes, peuvent être très différents, de langues, d'ailleurs, que ce soit l'occitan, le breton, etc., qui ont influé, qui ont nourri ce qui est devenu le français, et qui aussi nous enracinent dans le latin, à la fois dans la spiritualité chrétienne, mais aussi dans l'Empire romain, et évidemment, la civilisation grecque. Donc, tout ça se concatène dans cette langue, et lui a une passion pour la langue française. Donc, il y a quelque chose qui ne va pas dans son positionnement, qui est...
Qui était intrinsèquement lié à la politique auparavant.
Oui, qui est lié à un positionnement électoraliste et opportuniste. Et j'espère, et on fait tout pour ne jamais se retrouver dans une situation comme celle-ci, où on devient prisonnier de mensonges et de contradictions diverses, qui amène, y compris, justement, à des manipulations sur son parcours personnel, pour avoir à continuer à subsister dans un espace politique donné. C'est quelque chose qui m'effraie, et que je trouve regrettable, parce que ça dégoûte du politique. Les citoyens, c'est une chose, mais aussi des gens comme nous. Vous voyez, parce qu'on se dit, est-ce que j'ai vraiment envie de... que ce soit lui, que ce soit Gabriel Attal, que ce soit...
Est-ce qu'on a vraiment envie de jouer dans... Enfin, c'est comme jouer aux échecs avec un pigeon, vous voyez, enfin, qui va aller jouer. Est-ce qu'on a vraiment envie de rentrer dans ce monde sans règles, sans foi ni loi, où tout est manipulation permanente, et où, en réalité, je comprends parfaitement les citoyens qui disent, mais pourquoi est-ce que je ferais confiance ? Pourquoi est-ce que ce que vient me dire cette personne devrait faire l'objet de mon adhésion, alors que, en fait, je ne fais qu'être trompé dans cet espace institutionnel ?
Il y a une autre personnalité politique qui a pris un peu ses distances, enfin, pas un peu, d'ailleurs, considérablement ses distances vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon, c'est Ruffin.
Oui.
Je vous propose de l'écouter rapidement, justement, il tient des propos sur la question migratoire.
Je suis pour une immigration humaniste, c'est-à-dire qui n'accueille pas seulement de la main-d'œuvre, mais qui accueille des êtres humains en entier, c'est-à-dire qui peuvent avoir une femme, des enfants ou un homme, un mari, bien sûr, et qui, pour moi, doivent avoir un accueil digne en termes d'accès au marché du travail, je suis pour que toutes les personnes qui sont sur le territoire français, qu'elles soient françaises ou étrangères, qu'elles soient avec ou sans papier, puissent travailler. Maintenant, le plan du MEDEF, qui est de dire, voilà, il nous manque de la main-d'œuvre, donc on va aller la chercher ailleurs, non, je ne suis pas d'accord.
Alors moi, quand j'ai entendu ça, je me suis dit, je ne comprends rien, en fait.
Oui, c'est ce que j'allais vous dire, on dirait un discours, enfin, une mauvaise digestion du discours du Parti communiste dans les années 80. En gros, vous voyez, à l'époque où Georges Marchais refusait l'immigration de masse et tenait un discours très clair à ce sujet, mais à l'époque, il le faisait en défense des intérêts de la classe prolétaire et avec une sous-jacence marxiste qui consistait à dire que, en gros, c'était une façon pour le patronat d'alimenter l'armée, enfin, pardon, l'armée de chômeurs pour faire pression sur les salaires et les réduire.
Ce qu'on appelle le fameux dumping social.
Voilà.
Et ce qu'on peut un peu percevoir à Paris, par exemple, où, en gros, comme il y a une pression sur les salaires des Français, cette pression, contrairement à ce qu'on pourrait penser, s'applique aussi aux, entre guillemets, aux élites, c'est-à-dire aux classes urbaines les plus favorisées à Paris et qui font que toute cette classe salariée, cadre dirigeant ou autre, qui repose du coup sur des esclaves bangladaïs et autres pour leur livrer leur Uber Eats, pour faire la plonge dans les restaurants, une sorte de masse invisible de populations qui, elles, ne posent pas de problème d'intégration parce qu'elles se structurent très vite communautairement et qu'elles n'ont pas fait l'objet des dévastations de leur structure traditionnelle qu'ont fait d'autres populations.
Et évidemment, l'idée, c'est de dire il ne faut pas qu'il y ait ça parce qu'il faut que ce soit des Français qui puissent occuper ces fonctions à la place de ces individus. Bon, après, il fait des mélanges un peu bizarres où on a l'impression qu'il défend le regroupement familial. Enfin, vous voyez, quand il parle de...
Il défend, concrètement, il défend le regroupement familial mais il ne faut pas d'immigration de travail.
Bon, Ruffin est quand même un personnage un peu clownesque et insignifiant qui a été mis en valeur par la presse bourgeoise de gauche. Enfin, de la presse de gauche bourgeoise pour, à un moment donné, nuire à Jean-Luc Mélenchon. Et pendant des années, on l'a mis en avant pour essayer de cliver l'espace insoumis dans l'espoir qu'à un moment donné, l'EPS ou d'autres prendraient la main. Une fois qu'ils ont abandonné cet espoir, ils ont jeté leur dévolu sur Glucksmann et ils ont abandonné Ruffin qui, le pauvre, est en train de sombrer peu à peu parce qu'il y avait cru dans le fait qu'il avait une existence politique réelle.
En réalité, Ruffin a été affecté de ce que je qualifie, enfin, ce que je décris comme étant la névrose présidentielle. C'est-à-dire, c'est à un moment donné, on se croit capable de diriger un pays parce qu'on a une petite notoriété, parce qu'il n'a pas fait le travail suffisant pour le faire, il n'a pas la capacité d'incarnation de la France. Ça, je pense qu'on en a tous conscience. Et du coup, il se noie un peu dans des ambiguïtés comme celle-ci. Moi, je pense que le regroupement familial, il faut l'interroger. Je pense que ce n'est pas être de droite que de dire ça.
Je pense que c'est une création qui a probablement été une erreur dans les années 70 parce qu'elle a généré des effets d'opportunité qui, en fait, ont déréglé justement la gestion des flux qui étaient toujours associés à des questions économiques et du coup, à une intégration dans la société. Donc, il y avait une sorte d'équilibre qui existait qui s'est déréglée à ce moment-là.
Je crois même que c'est un bon argument qui permettrait de remettre en question l'approche identitaire d'une partie de la droite nationaliste dans le sens où c'est peut-être c'est probablement ça et non pas le fait que ce soit des populations qui viennent du Maghreb, etc., qui ont fait que notre capacité à accueillir des nouvelles populations se soit effondrée. Vous voyez, je pense qu'il y a eu dans l'adoption de ce mécanisme dans les années 70 quelque chose qui ne va pas. Il y a la question de l'asile qui là aussi est problématique. C'est-à-dire que l'asile, il devrait être individualisé. Il devrait être lié à des persécutions qu'on subit à titre individuel.
Aujourd'hui, il est largement territorialisé. donc ça dépend d'où vous venez géographiquement parlant. Et il y a des pays d'où vous provenez où vous avez quasiment de facto un droit d'accueil sur notre territoire, sauf que ça alimente des filières clandestines qui sont organisées pour racketter d'une part les candidats à l'arrivée et d'autre part faire s'installer des personnes sur notre territoire qui n'auront aucune attache, accroche, capacité à contribuer ultimement à la société immédiatement et qui seront déracinées.
On n'est pas dans un système libéral à l'américaine où les barrières au marché de travail sont si faibles qu'on peut accueillir massivement des populations en les mettant à contribution immédiatement. La France est quand même très slérosée par un système rigide de prestations sociales et autres qui font que ça crée une forme de de passivation en fait de nouveaux arrivants qui derrière en fait les dissocie et puis génèrent de l'anomie et donc potentiellement les problèmes que l'on a connus dans notre territoire.
Vous rajoutez à ça la perte de contrôle sur le territoire liée pour le coup au trafic de stupéfiants, notre incapacité à avoir des liens diplomatiques suffisamment fermes avec des puissances comme le Maroc probablement liées à la compromission d'une partie de nos élites qui fait qu'on est inondé de stupéfiants, l'hypocrisie sur la question de la légalisation au nom d'un certain nombre de produits qui sont consommés en masse dans notre pays.
Vous vous retrouvez dans la catastrophe actuelle avec une incapacité pour la gauche à sortir de ce discours victimaire qui a été mis en avant instrumentalement dans les années 80 en flattant un humanisme frelaté dans le seul but de piéger la droite avec la montée du FN. On n'est pas sortis de là, de ce cynisme mitterrandien et du coup on se retrouve pris dans la nasse et dans l'incapacité d'offrir une proposition politique alternative à l'actuel et c'est pour ça que le RN aujourd'hui est là où il est.
Vous avez parlé de ce pays qui est incapable aujourd'hui de maintenir une forme d'ordre entre guillemets mais d'ordre positif allais-je dire. On l'a vu la semaine dernière avec cette fameuse finale de football je crois que de la Ligue des Champions qui a donné lieu à l'issue à des heures absolument incroyables encore dans la capitale un nombre d'arrestations colossales. On entendait la France Insoumise expliquer que l'État devait organiser une fête et qu'il avait organisé une confrontation est-ce que vous partagez ce point de vue ?
Non, je pense que c'est du complotisme de bas étage c'est-à-dire qu'on a ces récurrences-là alors c'est un peu moins le cas depuis qu'on a cessé de les comptabiliser mais en tout cas pendant très longtemps chaque 31 décembre avec des voitures brûlées tout ça c'est aussi le fruit d'une d'une culture de la subvention qui s'est installée dans le pays et qui va au-delà des pures prestations sociales et autres qui est aussi liée par exemple je veux dire à une chose évidente à l'installation des assurances généralisées qui font qu'aujourd'hui vous brûlez une voiture vous savez qu'il va y avoir une prise en charge par la collectivité et que donc si ça peut vous distraire ou vous amuser un soir bon ça embêtera quelqu'un pendant quelques jours ou une semaine ou plusieurs semaines le temps qu'il fasse la démarche
Vous intellectualisez beaucoup la chose quand même
Non, je pense qu'il y a une vraie déresponsabilisation qui est liée à ces grands systèmes de pouvoir qui sont installés dans nos sociétés qui font qu'il n'y a plus de bon sens et de bien commun surtout chez les personnes qui sont déstructurées socialement qui n'ont pas d'accroche vous voyez quand vous êtes dans un village où tout le monde se connaît où vous connaissez où tout le monde est là depuis plusieurs générations vous n'avez pas brûlé la voiture du voisin quand vous vivez dans un grand ensemble et que personne ne se connaît ou que vous venez d'arriver et que de toute façon vous ne payez pas votre loyer parce que c'est un logement social et que en réalité vous ne savez pas vraiment ce que vous faites là à un moment donné l'idée folle de se dire je vais foutre le feu à une voiture parce que ça va être un beau spectacle et puis je ne vais pas te cheminer chez moi enfin je n'en sais rien enfin vous voyez peut vous venir beaucoup plus facilement et donc il y a une déstructuration qui est aussi liée à cette culture de l'étatisation de tout c'est à dire cette idée on allait substituer toutes les structures traditionnelles existantes par l'état la famille et donc à un moment donné il n'y a plus de cohésion et quand l'état s'effondre par ailleurs parce qu'il n'a plus de ressources vous finissez par avoir le n'importe quoi auquel on est confronté et avec des magistrats qui sont complexés à l'idée d'envoyer en prison quelqu'un parce qu'il a utilisé des mortiers ou je ne sais pas quoi ce que je peux entendre humainement c'est vrai que c'est un le mec il a probablement un emploi il bosse il contribue à la société par ailleurs et il est complètement débile et il a fait ça ce soir-là et vous vous dites en tant que magistrat bon il n'y a pas eu mort d'homme est-ce que j'ai vraiment l'envoyé à côté de ceux qui font du trafic de stupes et qui risquent de le faire sortir dans une autre boucle sauf que ça n'a aucun sens à l'échelle structurelle si vous laissez passer ce genre de comportement derrière c'est la lalie et en fait il y a une sorte d'accroissement et ça c'est une petite difficulté qu'on a à gauche c'est d'arriver à un moment donné bah oui quand on engueule son enfant il pleure et on a peur du pleur alors qu'en fait si on ne le fait pas derrière il va juste se déstructurer il faut parfois en passer par des sanctions un peu fermes qui permettent de fixer des limites qui soient à la fois symboliques et réelles et on a on a une absence de et en réalité ces limites-là sans vouloir excuser nos magistrats elles sont aussi liées au fait que je pense que ce n'est pas leur rôle fondamentalement dans une société qui serait fonctionnelle un ça n'arriverait pas en amont ça n'arriverait pas et deux en fait il y aurait des gens sur place pour les remettre à leur place et s'assurer que le coût le prix à payer de ce genre de comportement soit trop élevé il y aurait un peu plus de crainte des représailles mais c'est le grand problème c'est le paradoxe de notre société française qui en fait est dans l'ambiguïté qui n'arrive pas à assumer la direction qu'elle veut se donner et qui vit dans une forme d'anonymat relatif les uns envers les autres avec une absence d'appartenance à des structures collectives une absence d'intermédiaires par exemple le rôle que jouait le prêtre dans les communautés à un moment donné qui n'était pas une autorité de sanction mais qui était une autorité régulatrice et morale bien sûr voilà donc ne vous surprenez pas que ce soit dans ces quartiers là que monte le sentiment religieux qu'il soit salafiste qu'il soit musulman autre avec des prédicateurs qui prennent cet espace là qui jouent ce rôle d'intermédiaire et où l'état d'ailleurs accepte de leur faire jouer ce rôle parce qu'ils permettent de tenir tranquillement tenir au calme en tout cas ces populations avec les trafiquants de stupéfiants qui aussi n'ont pas intérêt à ce qu'il y ait des débordements de cet ordre là donc une sorte de co-gestion avec l'état on a complètement abandonné l'idée d'avoir un contrôle qui réponde à nos valeurs et qui réponde aux structures historiques de la France
Pour terminer cette émission Juan de Branco j'ai compris au fil de cette émission qu'il allait falloir que les Français se responsabilisent aussi se reprennent en main ça demande vous avez une exigence à leur égard comment réussir ce pari avec les médias tels qu'ils sont aujourd'hui dans notre pays et j'allais dire je vais distinguer deux cas celui que vous décrivez avec le plus de récrimination c'est celui des oligarques c'est à dire ces médias privés que vous critiquez mais aussi cet audiovisuel public dont on a tant parlé grâce au rapport du député Charles Aloncle
pour moi c'est deux médiocrités similaires parce que dans les deux cas c'est des médias qui n'ont et des journalistes du coup et des directions de journalistes qui n'ont pas de nécessité de rentabilité qui ne fonctionnent qu'en mimétisme c'est à dire en concurrence les uns avec les autres mais aucun d'entre eux n'a d'exigence économique quelconque comment vous l'expliquez
pour les médias privés ?
parce que les oligarques remettent au pot dans le seul but d'avoir une influence sur les politiciens qui vont leur donner accès à des ressources d'état donc en fait ils sont tous à perte dans le seul but d'orienter idéologiquement les débats dans une direction qui leur permettront de promouvoir tel ou tel individu qui les protégera en retour vous ne pouvez pas enfin ma situation elle n'est due qu'à ça vous ne pouvez pas exister dans cet espace médiatique si vous êtes fâché avec les propriétaires de ces médias donc c'est bien la preuve à la fois dans l'éviction ou dans le fait qu'ils les favorisent ces candidats qu'il y a une intervention dans le contenu et c'est un peu différent dans les médias publics mais pas tant la différence c'est juste que là ils sont nommés directement par le pouvoir en place et donc vous retrouvez là le directeur de cabinet Delphine Arnaud qui vient d'être nommé c'était le conseiller au discours d'Emmanuel Macron qui a trente et quelques années qui n'a jamais eu d'expérience dans la télévision et qui va superviser l'ensemble des actions de France Télé tout simplement parce que ça permet à Emmanuel Macron d'avoir quelqu'un dans le système y compris pour après son départ avant lui c'était Stéphane Sidbon qui y est rentré il n'avait même pas 30 ans sa seule expérience politique, personnelle professionnelle c'était d'avoir été le conseiller de Cécile Duflo et il a été propulsé à l'un des postes de pouvoir les plus importants de la République en charge de la supervision de l'ensemble des actions de France Télévisions donc on est dans un et vous rajoutez à ça la médiocrisation de notre personnel politique parce que quand vous regardez comment fonctionnaient France Inter et France Culture pendant plusieurs décennies et la magnificence d'un certain nombre de ces émissions et de la valorisation du patrimoine français qu'elle a permise et que encore de façon résiduelle elle continue de permettre vous voyez bien que certes il y avait une supervision politique mais avec un niveau d'exigence et encore une fois de prise en compte de l'intérêt général et du bien commun on l'a complètement perdu et on est face à un effondrement intellectuel et culturel qui va bien au-delà des médias d'ailleurs qui s'étend à l'ensemble des sphères créatives et je pense que je pense que tout cela est normal c'est-à-dire que quand quand l'élaboration la différence la recherche d'une forme de pureté sous quelque forme que ce soit est systématiquement mise de côté parce qu'elle menace ceux qui eux ne sont là que par intérêt ou que par oui par intérêt simplement et bien peu à peu les gens cessent de faire des efforts les gens s'éloignent les gens s'effondrent et décident de contribuer autrement à la société et donc c'est pour ça qu'on a moins d'artistes qu'on en avait avant que nos artistes sont moins lus moins vus moins écoutés qu'on en avait que c'était le cas avant et quand ils le sont
Ceux qui sont promus au contraire sont plutôt les plus médiocres
Oui oui je pensais par rapport à l'étranger c'est-à-dire qu'en fait on n'a plus du tout de rayonnement c'est-à-dire que le monde ne s'intéresse plus à la France et ça c'est pour quelqu'un comme moi qui est venu à la France de par l'attrait qu'elle générait c'est une catastrophe absolue et irrémédiable c'est une trahison pour moi c'est ce qui est le plus douloureux vous voyez après moi je comprends que pour un français enraciné ce qui soit douloureux c'est plutôt au quotidien la dégradation de l'environnement qui l'entoure je pense que c'est la combinaison de ces deux sentiments qui doit nous amener à une forme de rébellion de responsabilisation comme vous le dites mais aussi de croyance dans le fait que ce soit possible qu'on peut vraiment produire des bascules mais qu'il faut achuter nos armes dans ce but-là il faut s'y préparer il ne faut pas être capricieux il ne faut pas penser il ne faut pas être dans la pulsion penser que les choses se résoudront dans l'instant ça demande du temps de la préparation moi j'ai pris le temps d'écrire des livres qui détaillent des méthodes qui détaillent des instruments qui donnent des instruments pour effectivement pour les basculer comme un vrai révolutionnaire voilà et je pense que mon idée c'était de donner des outils pour que les gens puissent en saisir et le moment venu parce qu'on ne décide jamais de quand il y a un moment de cristallisation historique comme on a pu en avoir à travers l'histoire ça nous vient mais à ce moment-là il faut qu'il y ait des personnes qui soient prêtes à le saisir
quand on voit cette sclérose médiatique générale évidemment vous remarquez comme tout le monde l'engouement pour les médias alternatifs qui toutefois font face à une autre technostructure c'est les géants du numérique les GAFAM qui imposent des algorithmes qui changent en permanence et utilisent des outils pour amoindrir la portée là encore de ceux que les médias du système tentent de mettre en sourdine également
c'est pour ça que je viens je viens chez vous c'est-à-dire quand même on puisse avoir des idées opposées sur toute une série de sujets ce qui m'importe aujourd'hui c'est d'être en appui et de m'appuyer sur des structures qui sont indépendantes vous voyez ça c'est le premier point c'est fondamental et le deuxième point c'est d'essayer de se confronter à cette marée extraordinairement violente qui est la marée algorithmique qui est le fruit de la soumission de nos dirigeants qui ont accepté que ce soit des personnes en Californie qui décident de ce qui est mis en valeur ou non dans notre pays et qui se sont dit tant que moi je pourrais un peu affecter pour protéger mon petit précaré mes intérêts ça m'y a envoyé Xavier Niel et au conseil d'administration de TikTok personne ne le sait Emmanuel Macron a donné la nationalité au fondateur de Snapchat il avait donné à celui de Telegram dans l'objectif de pouvoir le moment venu affecter leur fonctionnement et d'ailleurs il l'avait obtenu en ce qui concerne Snapchat comme cela a été révélé à l'Assemblée nationale par sa directrice des affaires publiques qui avait changé ses algorithmes au moment où il y avait des émeutes je pense après l'affaire Naël pour essayer de mettre fin à la contamination qui commençait à prendre en place ils utiliseront ces mêmes algorithmes si demain il y a des gilets jaunes à nouveau donc il faut à un moment donné qu'on soit capable de prendre conscience de cela de saisir tout ce qui peut l'être à temps et de se réarmer sur le temps long c'est à dire vraiment de de toute façon l'impulsion immédiate n'est jamais fondatrice je vais vous donner un exemple de ça quand Donald Trump essaye de rameuter ses partisans pour prendre le Capitole ça ne marche pas c'est à dire qu'en fait ça se retourne contre lui parce que en fait
ça ne marche pas mais il est redevenu président
il est redevenu quatre ans plus tard voilà donc ça marche dans le système électoral parce qu'il peut bombarder et là-bas il y a un système qui fait que par l'argent on peut acheter des publicités en masse que ce soit des réseaux sociaux ou autre ce qui n'est pas le cas en France et donc il a pu mener à bien une bataille culturelle pour se faire élire mais au moment moi je parle plutôt de l'aspect insurrectionnel aux révolutionnaires l'impulsion sur le moment avec une convocation à dernière minute sans qu'il y ait des structures d'encadrement de formation etc fait que très rapidement vous pouvez déborder ponctuellement l'autorité en place mais très rapidement ça s'effondre et après la vague de répression est terrible et en réalité Donald Trump n'est pas passé loin d'être enfermé et d'être envoyé en prison et ça s'est joué vraiment à des dynamiques institutionnelles ça ne s'est pas joué à son soutien populaire à ce moment-là donc il ne faut pas jouer avec le feu et donc il faut prendre en compte que notre capacité à renverser le pouvoir que ce soit électoralement ou politiquement ce sera par la formation par le travail ce qui est très difficile à mettre en oeuvre aujourd'hui parce qu'il y a une précarisation parce qu'il y a une pauvreté économique et aussi sociale c'est-à-dire un isolement très important au sein de la société mais aussi parce que justement nos cerveaux sont rendus malades par cette culture de l'instant bon ?
bon ?
Juan Branco