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interviewJean-Luc Mélenchon· 3 mai 2021 10 min

Nous pouvons construire un tout autre monde - Discours du 1er mai à Lille

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Jean-Luc Mélenchon

La première fois qu'il y a eu une fête du travail, le soleil se levait sur l'humanité. Et c'est nous autres, Français, qui faisions pour la première fois la première révolution qui n'était pas faite au nom d'un peuple, mais au nom de l'humanité tout entière, et lui proposer comme devise ce qui se partage avec tout être humain. L'humanité, liberté, égalité, fraternité, c'était le premier pluvioce de l'an 1 de la République en 1793. Puis les nôtres, à l'appel de l'Association internationale des travailleurs à la fin du 19e siècle, commencèrent la lutte qui depuis, génération après génération, a occupé nos heures et ceux de vos pères et mères et grands-parents.

Pour la diminution du temps de travail contraint, c'est-à-dire le travail salarié, car bien sûr, le travail, il y en a tout le temps. Et cette lutte commença aux États-Unis d'Amérique et fut conclue par une provocation policière qui consista à jeter une bombe dans les jambes des policiers pour pouvoir ensuite assassiner légalement cinq des nôtres par un jugement dont vous devinez à quel point il était fallacieux et truqué. Puis les travailleurs français se mirent en mouvement, eux aussi, et firent leur premier 1er mai portant un triangle de cuir rouge dont vous avez l'image sur ma veste et celle de mes compagnons et compagnes tout au long de nos luttes.

C'est ce triangle rouge qui voulait dire huit heures de travail, huit heures de liberté, huit heures de sommeil. Et alors l'envahisseur allemand, cette fois-ci en costume nazi, choisit de mettre ce triangle rouge à ceux des nôtres qu'il déportait. Et c'est pourquoi depuis toujours nous le portons, et fidèles à la parole donnée de liberté à ce moment-là, lorsque des généraux frelons factieux écrivent des manifestes, nous sommes en première ligne pour les dénoncer et exiger leur châtiment.

Alors, oui, la vie des êtres humains, il leur faut contribuer au bien commun par le travail de chacun, mais aussi à son perfectionnement humain, par le repos, par les arts, par la poésie, par la musique, par la pensée, qui a besoin d'être libre. Le temps libre a autant de valeur que le temps qu'ontera au service des autres dans le travail, qui aujourd'hui est détourné en un travail gratuit pour le capital. Car ne l'oubliez jamais, le capitalisme est un régime qui vit du travail gratuit des travailleurs. Ce qui vous est donné en salaire n'est qu'une partie de la richesse que vous produisez.

Par conséquent, rappelez-vous-en, 8 heures par jour, 35 heures par semaine, et enfin, 60 ans dans la vie, pas un jour de plus. Et je vous le rappelle, par son ministre vient de signer à l'Europe, une fois de plus, sous ce diktat qu'il recevrait les aides que paraît-il l'Europe veut nous donner, qui n'est jamais que notre propre argent. en échange du fait qu'il rétablisse de nouveau la réforme des retraites, dont je vous rappelle qu'elle a été arrêtée à l'Assemblée nationale, parce que nous avons résisté pied à pied, heure par heure, jour par jour, jusqu'à ce qu'il finisse par décider le 49-3.

Alors, puisque c'est 1er mai, j'ai un vœu à faire pour la classe ouvrière, les salariés, les travailleurs, les gens humbles qui vivent seulement de leur travail, et qui espèrent en vivre dignement pour eux et leurs enfants, être libérés de la peur du chômage, être libérés de la peur du licenciement, être libérés de la peur du lendemain, car demain pourrait être beau, demain pourrait être lumineux. Alors, je vous souhaite que le 1er mai 2022, je puisse revenir vous voir comme président de la République, ayant rétabli les 35 heures.

Je vous traite à 60 ans, je vais vous appeler le travail auquel vous soumettez tant de gens, alors qu'ils ne demandent qu'à travailler bien, à travailler pour tous, à travailler tous, ils ne demandent pas s'il le faut. En politique, je suis venu dans le Nord, à l'invitation des députés insoumis du Nord, qui, à l'Assemblée nationale, mènent magnifiquement le combat dont ils sont les héritiers de votre fête, c'est à vous tous, vous qui les avez élus, quand les grands-parents ont été les images flamboyantes qui inspiraient à tous les salariés de ce pays l'exemple du combat et de la détermination.

Les Cargill, aujourd'hui, sont l'image même de cet esprit du Nord qui ne sède jamais, qui ne se met jamais à genoux, qui résiste tout le temps. Eh bien, si vous avez peur, si vous baissez les yeux, relevez les yeux, relevez la tête, relevez les épaules, un tout autre monde, car du travail, il y en a de tous côtés un besoin urgent. Ce qui fait qu'il faudra trouver une solution à des situations inouïes dont personne avant n'avait eu la connaissance. C'est alors que les hommes et les femmes valent par la valeur de leurs principes, des règles qu'ils mettent en application.

Choisissez entre celui qui vous dit que le rétablissement de lié à fond sur la fortune serait une monstruosité, parce que, paraît-il, on taxerait le succès. Mais que voulez-vous qu'on taxe ? L'échec, peut-être ? Alors, le pays serait riche de tous ceux du Président de la République ? Non, on taxe parce qu'il y a besoin que tout le monde participe à l'effort commun de la patrie, et du besoin pour tout le monde. Pas pour punir, pas pour humilier, mais parce qu'on en a besoin. Et quand il y a besoin, tout le monde s'y met, à proportion de ce qu'il peut faire. Choisissez chacun pour soi. Traignants et compagnes, bon, c'est d'être tous ensemble.

Que vous lance la nature, que vous lance les circonstances, que vous lance le capitalisme agresseur. Si, à choisir pour de bon le tous ensemble. Non, les musulmans ne sont pas vos ennemis. Non, les catholiques non plus, ni les juifs. Unité du peuple pour défendre ses revendications et un monde meilleur demain. N'oubliez jamais, n'oubliez jamais, pas seulement français quand vous votez, ou française. Vous êtes les représentants du peuple humain qui doit relever le défi du changement climatique, qui doit relever le défi des pandémies qui accablent, et accableront encore, parce qu'ils n'ont changé aucune des conditions qui a créé la pandémie.

Et souvenez-vous bien tous, quoi qu'il m'arrive, Souvenez-vous que dans le moment où le Parlement européen s'est réuni pour décider, s'il fallait ou non lever les licences sur les vaccins pour permettre à toute l'humanité d'y accéder, alors que seulement les pays les plus pauvres n'ont eu que 0,1% des vaccins. Souvenez-vous de vos frères et sœurs en humanité, partagez le savoir du vaccin, qui jusqu'en 1959, dans votre patrie, la France, il était interdit de déposer des brevets sur des vaccins.

Rappelez-vous de vos frères en humanité et rappelez-vous que le Parlement européen a voté majoritairement contre les licences libres des vaccins pour la honte du continent le plus riche du monde, qui a refusé de tendre la main et de se serrer les coudes avec tous ceux qui souffrent et patisent dans le monde. Le 1er mai est une fête internationale, comme l'est le peuple humain lui-même. Gloire au 1er mai, vive la classe ouvrière, vive la sociale !