Procès Sarkozy-Le Pen : la République abîmée ? -L’édito de Yaël Goosz
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« 75% des Français interrogés par l'Institut Harris pour RTL ont dit que Nicolas Sarkozy devait être considéré comme injusticiable comme les autres. »
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Nicolas Sarkozy, c'est l'image forte de la semaine, sa libération lundi après 21 jours de détention, un répit avant le procès en appel et cette question à la fin du film, est-ce que la démocratie, nos institutions en ressortiront abîmées ou renforcées ? Est-ce que vous vous rendez compte Mohamed qu'on va vivre les 5 premiers mois de l'année 2026 au rythme d'une interminable saga politico-judiciaire ?
D'abord avec le procès en appel de Marine Le Pen dans l'affaire des assistants parlementaires du FN, ce sera ça du 13 janvier au 12 février prochain, et dans la foulée, celui de Nicolas Sarkozy du 16 mars au 3 juin 2026, après sa condamnation à 5 ans de prison pour association de malfaiteurs dans l'affaire libyenne. Autrement dit, devant les juges, deux figures majeures de notre vie politique française, l'une deux fois finaliste à la présidentielle et l'autre ex-président de la République. Deux personnalités qui ont tout donné à la politique et qui sont à deux doigts de tout perdre.
Pour elle, la possibilité de conquérir l'Elysée, et pour lui, sa réputation, son honneur, sa trace dans l'histoire. À vous écouter, on a l'impression que vous le regrettez, Yael. Non, non, on n'est plus autant de la fontaine et des animaux malades de la peste. Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. Nos politiques n'ont plus de traitement de faveur. Au lendemain de son incarcération, 75% des Français interrogés par l'Institut Harris pour RTL ont dit que Nicolas Sarkozy devait être considéré comme injusticiable comme les autres. Alors, quel est le problème ? L'effet produit par tous les échos amplifiés ou déformés des procès à venir.
Un peu comme une mauvaise série qui finit par saper dans la durée la confiance dans nos dirigeants. Et tout ça à un nom de la présidentielle. Preuve de cette défiance, de cette déprime. L'Institut Ipsos publie pour Politico une enquête édifiante. Un sondage avec comparaison France, Europe, Etats-Unis sur la perception de nos démocraties. Et nous sommes 86%, nous les Français, à nous dire inquiets pour l'avenir de notre système démocratique. Et 60%, c'est le maximum, on est au-dessus des États-Unis, à nous dire insatisfaits de la démocratie.
On a vu au cours des dernières années, parce que c'est une étude qu'on mène depuis plusieurs années, c'est qu'effectivement en France la tendance va en se dégradant. Et c'est vrai que quand on voit la situation politique, quand on voit effectivement cette situation aussi judiciaire de dirigeants politiques de premier plan, on peut se dire qu'au cours des prochaines années, le regard que les Français portent sur la démocratie va probablement encore se dégrader. Des propos recueillis par Zidane Azouzi, avec un autre risque Mohamed, celui d'assécher l'envie de politique, le vivier de militants, de candidats.
Pourquoi faire de la politique si c'est pour prendre des coups et risquer d'aller devant la justice ? Mais Yael, comment faire mieux ? Comment éviter les amalgames et le fameux tous pourris ? Ça c'est la principale difficulté, et la magistrature en a parfaitement conscience. Le droit écrit et voté par le législateur, le droit est complexe, et il faut pouvoir mieux l'expliquer.
Je dis juste en lisant la décision, je suis ni pour ou contre, je suis le pédagogue de la décision aujourd'hui, c'est comme ça que je viens. Mais le principe du double degré de juridiction, on fait appel, et pour autant il y a quand même un mandat de dépôt avec exécution provisoire. Mais M. Duhamel, j'ai l'impression que les uns et les autres découvrent la réalité de la justice de notre pays.
– Eh oui, mieux restituer en français facile, je dirais, des jugements qui font parfois 300, 400 pages, et qui résistent mal aux récits médiatiques, aux récits que leur opposent des politiques, libres, eux les politiques, de leurs paroles et parfois aussi de leurs fake news. Sans cette explication de texte, et s'il le faut quotidiennement, difficile de se faire une idée claire. Acharnement des juges, ou travail de salubrité publique, qui nous fait grandir et la démocratie avec. En attendant, Mohamed, et je terminerai là-dessus, ces deux procès en appel pourraient devenir le carburant d'un candidat en particulier.
– Je crois qu'il y a eu derrière cette exécution provisoire, la volonté d'humilier en été Nicolas Sarkozy.
– Jordan Bardella, qui se tient à distance, lui, de toutes ses affaires, plan B si Marine Le Pen est empêchée, et qui ne cesse de surfer sur la nostalgie de la droite forte qu'incarnait Nicolas Sarkozy. Héritage le péniste plus captation d'une droite orpheline, on saura l'an prochain où en est la fusion après les procès en appel. – Sous-titrage Société Radio-Canada
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