Llégislative. Retour sur la campagne Nupes avec Thomas Portes
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Oui, il est l'heure de notre grand invité, c'est la dernière ligne droite avant le premier tour de ces élections législatives ce dimanche. Comment les candidats vivent-ils cette campagne ? On vous en a parlé tout au long de cette semaine et on termine la semaine en allant dans la troisième circonscription de Seine-Saint-Denis en compagnie de Thomas Porte. Bonjour Thomas Porte. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin, vous êtes candidat pour la NUPES, la coalition de gauche. Comme je l'ai demandé quasiment à tous les candidats que j'ai pu recevoir tout au long de cette semaine, comment se déroule pour vous Thomas Porte cette campagne des législatives ?
Elle se déroule particulièrement bien, la dynamique on la ressent sur le terrain et la Seine-Saint-Denis est un département qui a placé Jean-Luc Mélenchon en tête dans 37 villes sur 40. C'est un département de gauche où il y a une aspiration à un changement qui a été marqué à l'élection présidentielle. Et vous savez, on était souvent interpellés avant le premier tour des élections présidentielles sur le fait que nous n'étions pas rassemblés, que les forces de gauche étaient divisées, éclatées et que beaucoup nous disaient que ce n'était pas possible. On a quand même réussi à démontrer que nous pouvions gagner sur un projet de rupture.
Et aujourd'hui, on a beaucoup de gens qui nous interpellent en disant « enfin vous l'avez fait, c'est bien et notre vie peut changer grâce à vous ». Donc il y a ce sentiment-là, l'enjeu c'est la mobilisation, la participation aux élections, on sait que c'est difficile les élections législatives, c'est pas ultra sexy alors que c'est pourtant un scrutin qui est fondamental. Ce sont les députés qui font la loi et c'est le premier ministre qui conduit la politique du pays. Donc il y a un enjeu et moi je dis à celles et ceux qui se sont réveillés la gueule de bois le 11 avril, qu'ils aient voté d'ailleurs pour Jean-Luc Mélenchon, Anne Hidalgo, Fabien Roussel ou Yannick Jadot.
Vous avez les moyens de changer les choses, il y a un troisième tour à cette élection présidentielle, c'est dimanche le 12 et après le 19 juin pour envoyer Jean-Luc Mélenchon à Matignon et changer les choses. Parce que je crois qu'on est dans un pays qui souffre, il y a la question du pouvoir d'achat, il y a la question climatique, l'élection présidentielle n'a rien réglé de ces sujets-là puisqu'on a eu un non-débat au second tour et un président de la République qui a été élu je crois par défaut.
Donc il y a besoin de changer les choses et nous avons un programme pour le faire, il est sur la table et j'espère que les électrices et les électeurs en Saint-Anie mais par nous en France nous permettront d'accéder au pouvoir.
Donc quand vous allez au contact un petit peu de ces électeurs, que ce soit vous en Saint-Denis, cette notion de désintérêt des législatives, vous arrivez assez facilement à la combattre quand on échange avec les gens, on arrive à faire comprendre facilement l'utilité d'un député ?
Vous savez il y a une différence par rapport à 2017. On sent qu'aujourd'hui les gens sont quand même plus au fait des élections législatives, ils sentent qu'il y a un enjeu politique et je crois que Jean-Luc Mélenchon a réussi en disant Premier ministre, troisième tour, à faire de ce scrutin un scrutin national et à le mettre dans le débat public et politique. Cette formule ça a interpellé les gens ? Cette notion de faites-moi devenir Premier ministre ? Aujourd'hui quand on marche ou quand on distribue ou quand on est au porte-à-porte comme je l'ai été hier soir dans les quartiers populaires, les gens ont bien compris, ils nous parlent de Jean-Luc Mélenchon Premier ministre.
Donc c'est déjà une porte d'entrée pour expliquer ce qu'est un député et les gens ont compris, ils ont lu les programmes, ils ont lu les propositions. Moi j'étais agréablement surpris quand vous allez frapper à la porte des gens pour leur expliquer, on vote dimanche, j'ai même pas besoin d'expliquer le SMIC à 1500 euros, la retraite à 160 ans, les gens ont déjà lu, ils sont au courant.
Donc il y a une prise de conscience, je vous dis pas que tout le monde est au courant qu'il y a des élections législatives mais je crois qu'on a réussi à imposer dans le débat public qu'il y avait des élections et on a même forcé le président de la République à prendre la parole hier pour parler de ce scrutin parce que les attaques d'Emmanuel Macron et des membres du gouvernement sont extrêmement sévères et caricaturales pour certains depuis quelques jours parce qu'ils sentent qu'ils sont en difficulté et que la coalition de programmes que nous avons constitué, je le dis parce que c'est important, c'est pas un accord de logo, c'est un accord de programme et de gouvernement qui va durer y compris après les élections législatives.
C'est pour ça que ça a pris dans la tête des gens et que les gens sont contents parce que c'est pas une soupe électorale, c'est véritablement pour changer la vie de celles et ceux qui aujourd'hui souffrent dans le pays. Il y a les moyens de le faire et je le redis, mobilisez-vous, ne vous laissez pas voler cette élection, allez aux urnes, contrairement à celles et ceux qui disent que tout est déjà joué et qu'il faut une majorité au président de la République. Non, une élection législative, c'est pas une élection pour donner la majorité au président, c'est une élection pour conquérir le pouvoir et d'essayer de la politique que nous allons mettre en place pendant les 5 prochaines années.
Pour vous, Thomas Porte, en tant que candidat mais aussi que citoyen, quand vous regardez un petit peu la mandature qui arrive, quelles sont à vos yeux les priorités, les grands textes sur lesquels il faudra se pencher ?
Il y en a beaucoup, parce que le quinquennat qui vient de s'écouler a durablement abîmé le pays, aussi bien sur la question du pouvoir d'achat, la question de la démocratie et la question environnementale. Je rappelle ici que le président a été condamné à deux reprises pour une action climatique, en tout cas le gouvernement et l'état français a été condamné à deux reprises. Mais il y a un sujet qui aujourd'hui est dans toutes les consciences, c'est celui du pouvoir d'achat. On est dans un pays où on a de plus en plus de gens qui sont des travailleurs pauvres. Moi j'étais dans une épicerie solidaire il y a deux jours, à Neuilly-sur-Marne, dans ma circonscription.
Il y a quasiment 2000 bénéficiaires qui vont dans cette épicerie solidaire. C'est 25% de plus qu'avant le Covid. Et il y a des gens qui aujourd'hui y vont et qui travaillent. On a des salariés pauvres. On est dans la sixième puissance économique du monde. On a 10 millions de pauvres, 8 millions de personnes à l'aide alimentaire. Donc il faut augmenter les salaires. C'est pour ça que nous nous disons SMIC à 1500 euros net dès que nous arriverons au pouvoir. Et puis le deuxième marqueur c'est la question des retraites. Véritablement c'est un choix de société qui va s'opérer avec ces élections. Est-ce que vous voulez la retraite à 65 ans d'Emmanuel Macron ?
Ou est-ce que vous voulez la retraite à 60 ans à 1500 euros et 40 annuités de Jean-Luc Mélenchon ? C'est ça. Ces élections elles dessinent dans quel monde on veut vivre. Est-ce qu'on veut continuer dans ces logiques libérales qui affaiblissent la planète, jettent des millions de personnes à la précarité et gavent quelques-uns, ou est-ce qu'on veut prioriser l'intérêt général ? Est-ce qu'on veut prioriser la solidarité ? Est-ce qu'on veut gouverner selon les besoins tels que nous on le projette et on veut le mettre aux affaires dans quelques semaines ? Donc voilà je dis, choisissez le modèle de société que vous voulez dimanche et dimanche prochain.
Qu'est-ce qu'on peut dire Benoît Porte à ceux qui malgré tout s'inquiètent quand ils vous écoutent ? On peut adhérer sur le fond à l'idée, mais se dire qu'un autre côté on est dans un pays ou même dans un monde où on nous parle de plus en plus de stagflation d'économie qui est en berne. Tout cela malgré tout va coûter de l'argent si on augmente le SMIC. Est-ce que vous n'avez pas peur aussi de venir entretenir une inflation sur de l'inflation ?
Bien sûr vous avez raison de poser cette question, elle est extrêmement pertinente puisqu'on l'entend depuis des jours en disant Jean-Luc Mélenchon on va mettre le pays en faillite et on a même entendu c'était Moscou et les chars soviétiques à Paris pour reprendre les mots de Christophe Castaner. Nous on a présenté avec des économistes notre programme il y a quelques jours, c'est je crois 250 milliards de dépenses et 267 milliards de recettes. Notamment grâce évidemment à des taxations sur les plus riches, la lutte contre l'évasion fixale mais aussi des nouvelles recettes puisqu'on va relancer la consommation en augmentant les salaires.
Donc il n'y a pas de risque de mettre le pays en faillite. Évidemment la France est dans une économie mondialisée mais on a les moyens de changer les choses. Et je donne un exemple qui est une mesure phare de notre programme et qui répond à l'urgence sociale qu'on évoquait tout à l'heure, le blocage des prix. On nous dit que ce n'est pas possible. Emmanuel Macron l'a fait pendant la crise sanitaire pour bloquer les prix du gel hydroalcoolique parce que certains spéculaient et faisaient exploser les tarifs alors que c'était un produit des premières nécessités.
C'est aussi possible puisqu'on le fait à la Réunion le préfet contrôle je crois plus d'une centaine de produits aujourd'hui sur les prix donc c'est tout à fait possible. Il y a des choses qui sont possibles dans ce pays qui sont possibles de mettre en place de suite pour répondre à l'urgence sociale et ce n'est pas mettre le pays en faillite. Vous savez quand on regarde la politique du gouvernement qui a été menée depuis des années le bilan d'Emmanuel Macron il est clair sur un quinquennat je dis pour que les gens aient à l'esprit ce chiffre les 500 familles les plus riches de France avaient 500 milliards de patrimoine au début du quinquennat.
Elles sont en 1000 milliards à la fin du quinquennat. Donc la politique d'Emmanuel Macron elle a servi des intérêts de quelques-uns et elle a laissé de côté des millions de personnes. Moi il y a une mesure qui m'a marqué en 2017 quand le président est arrivé aux affaires il a supprimé 5 euros d'appel. Alors pour certains ça peut paraître très peu. Au final sur le quinquennat c'est 15 milliards la baisse des appels. Quand il a supprimé 5 euros d'appel il a supprimé en même temps l'ISF qui était un cadeau de 33 euros par jour aux plus riches. Donc voilà ce qu'est ce gouvernement.
Donc nous avons les moyens de relancer l'économie de relancer la consommation de faire vivre dignement les familles parce que c'est cette question là. Est-ce qu'aujourd'hui dans un pays aussi riche que le nôtre on peut accepter que des gens ne mangent pas se nourrissent très mal n'aient pas de boulot. Celles et ceux qui travaillent sont obligés des fois de dormir dans leur bagnole parce qu'ils n'ont pas les moyens d'accéder à un logement décembre. Je crois que ce n'est plus possible et tout le monde a très bien compris qu'on pouvait changer les choses et on peut le faire politiquement en gagnant ces élections.
Est-ce que cette coalition, Thomas Porte a un problème avec la sécurité ? Je reviens sur la fameuse phrase de Jean-Luc Mélenchon qui a été relativement critiquée concernant la police. Alors est-ce qu'il y a un problème entre la NUPES et les forces de l'ordre ?
Il n'y a aucun problème entre les forces de l'ordre et la Nouvelle Union Populaire, Écologique et Sociale. Nous ne sommes pas anti-police ou anti-flics comme je l'ai entendu. Jean-Luc Mélenchon a posé des mots sur une situation qui interroge. On a une jeune femme de 21 ans qui a été abattue à Paris avec un refus d'obtempérer. Nous, on considère qu'on ne peut pas tuer quelqu'un comme ça suite à un refus d'obtempérer. Mais nous, ce qu'on remet en cause, ce n'est pas les policiers. C'est la gestion du maintien de l'ordre et celles et ceux qui donnent aujourd'hui les consignes.
Nous, on n'accepte plus de voir des situations comme ce qui s'est passé au Stade de France et ce qui s'est passé à la Gare de l'Est il y a quelques jours où suite aux intempéries, on n'a pas de train, on met des bus et on se retrouve à gazer des gens qui veulent monter dans des bus. Donc aujourd'hui, il faut revoir de fond en comble la stratégie du maintien de l'ordre. On assume de dire qu'on va dissoudre la BAC. Mais nous, on n'est pas anti-police. On propose de recruter des milliers de policiers et de remettre une police de proximité. Parce que c'est ça le rôle de la police. C'est aussi d'être au quotidien des citoyens, d'échanger avec eux.
Il y avait à l'époque, dans beaucoup de quartiers populaires, des commissariats de proximité qui permettaient de tisser des liens entre les citoyens. Aujourd'hui, ce n'est plus fait. Donc nous, nous ne sommes pas anti-fliques, simplement. Quand il y a des choses qui ne vont pas, on le met sur la place publique. Et si Jean-Luc Mélenchon n'avait pas pris position de manière aussi frontale sur ce sujet-là, on n'en aurait pas parlé. Est-ce qu'on trouve normal dans ce pays, je le redis, qu'on puisse tuer une gamine de 21 ans en plein Paris parce qu'elle était passagère d'une voiture qui a simplement refusé d'obtempérer ? Je ne dis pas qu'il faut refuser d'obtempérer.
Il y a derrière des délits de fuite, il y a des procédures, il y a des décisions de justice qui condamnent ce genre de comportement. Mais on ne peut pas accepter que des fonctionnaires de police tirent à neuf reprises sur un véhicule qui, selon les premiers éléments, ne présentait aucun risque pour leur sécurité.
Deux dernières questions dans les deux minutes qui nous restent. Est-ce qu'il n'y a pas quand même une dichotomie dans cette notion d'urgence climatique entre d'un côté la volonté du politique d'avancer sur cette question-là qui est de toute façon primordiale pour notre avenir ? Et puis de l'autre, les réalités quotidiennes de tous les citoyens qui, pour certains, n'ont pas forcément les moyens de changer la voiture ou de pouvoir réellement s'engager dans cette direction ?
Vous avez raison de dire ça puisque aujourd'hui, le système, il culpabilise l'individu. C'est-à-dire, il monte du doigt celles et ceux qui n'auraient pas les bons comportements sans remettre en cause les logiques du système qui nous ont mené aujourd'hui à la crise climatique. Ce n'est pas le comportement individuel des citoyens qui est responsable du réchauffement climatique. C'est le système tel qu'il en passe aujourd'hui et c'est le système capitaliste qui a usé plus que de nature la planète, qui a été chercher des ressources. Alors qu'on n'en a plus, c'est pour ça que nous, on porte une proposition qui est celle de la planification écologique pour accompagner les populations.
Parce qu'on évoquait tout à l'heure des gens qui n'ont pas de logement, qui n'ont pas de boulot, qui n'arrivent pas à se nourrir. Leur priorité, évidemment, ce n'est pas la lutte contre le réchauffement climatique, même s'il y a une prise de conscience aujourd'hui. Mais il faut accompagner ces populations, il faut leur permettre aujourd'hui de s'engager dans la transition écologique. Je donne un exemple. Vous avez parlé des voitures, moi je vais parler du logement. On vit dans un pays où on a des millions de logements qui sont des passoires thermiques. Le gouvernement avait fait de grandes annonces, notamment sur ma prive Rénov'. On sait qu'aujourd'hui, ça a été suivi de peu d'effets.
Moi, je suis candidat et je vis dans un département où les deux tiers des logements sociaux ont été construits avant 1985, c'est-à-dire avant les normes thermiques. Dans notre programme, si nous sommes aux affaires, nous rénoverons 700 000 logements par an pour permettre que les gens puissent se chauffer dignement, ne pas se mettre en danger parce qu'ils achètent des systèmes d'appoints et c'est une catastrophe pour leur portefeuille.
Thomas Porte, pour terminer, si on met un bulletin dans l'urne pour cette coalition de gauche, la NUPES, qu'est-ce qu'on défend comme valeur ?
La solidarité, le partage des richesses, la justice sociale et la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète. On défend un modèle de société qui est basé sur l'intérêt général où chacune et chacun pourra vivre dignement dans ce pays.
Merci beaucoup d'avoir été avec nous ce matin. Thomas Porte, je rappelle à nos auditeurs que vous êtes candidat dans la troisième circonscription de Seine-Sundi où vous êtes candidat pour la coalition de gauche, la NUPES.
Thomas Portes