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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 28 février 2018 7 minComplaisantActualité / polémiqueImmigration & asileSécuritéÉducation & rechercheOutre-mer

Anchya Bamana : "Les habitants de Mayotte se sentent abandonnés par l'État"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Défensif 100 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:08OuverteRéponse directe

    Bonjour en Chiabamana.

  • 0:11OuverteRéponse directe

    L'île de Mayotte a connu une journée morte hier.

  • 0:55OuverteRéponse directe

    Alors pour bien comprendre en Chiabamana, c'est concentré à Mamoudzou le chef-lieu où c'est partout dans l'hymne comme chez vous à Asada ?

  • 1:46OuverteRéponse directe

    Alors, venons-en au cœur de la colère. La colère, elle est liée à quoi à Mayotte ?

  • 3:08OuverteRéponse directe

    Et ne donne pas d'espoir parce qu'effectivement, il y a 50% de mineurs, c'est ça à Mayotte, si j'ai bien les bonnes statistiques.

  • 3:24OuverteRéponse directe

    L'éducation pour vous, c'est la clé pour lutter contre cette insécurité et vous vous sentez abandonné par l'État de ce point de vue-là ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:20Invité politiqueFait
    « le mouvement qui a fait descendre les habitants de Mayotte dans la rue, c'est depuis mardi 20 février de la semaine dernière. »
  • 1:52Invité politiqueFait
    « Mayotte vit des actes de violence que les habitants n'ont pas connus il y a une vingtaine d'années. »
  • 2:09Invité politiqueFait
    « L'île vit par ailleurs une immigration irrégulière massive qui fait qu'il y a une augmentation de la population concentrée sur 374 km², la surface de l'île. »
  • 2:32Invité politiqueChiffre
    « Moi-même, Asada, commune de 11 000 habitants, pour prendre un exemple au niveau de l'éducation, nous manquons cruellement de salles de classe. »
  • 2:49Invité politiqueFait
    « Pourquoi ? Parce qu'en fait, une salle de classe physique sert pour deux groupes d'élèves. Un de matin, un de l'après-midi. »
  • 3:13PrésentateurChiffre
    « il y a 50% de mineurs, c'est ça à Mayotte, si j'ai bien les bonnes statistiques. »
  • 3:40Invité politiqueFait
    « Je peux vous assurer qu'il nous est impossible en tant que politique de prévoir des politiques, de prévoir les infrastructures tant qu'on ne maîtrisera pas l'évolution de la démographie. »
  • 3:54Invité politiqueFait
    « Depuis 2014, par exemple, on nous demande de mettre en place la réforme sur les rythmes scolaires, alors que nous n'avons absolument pas les bases de la mise en place de cette réforme. »
  • 4:15Invité politiqueFait
    « Il n'existe même pas de réfectoire dans les établissements scolaires de Mayotte. »
  • 4:25Invité politiqueFait
    « On nous demande, département depuis 2011, on nous demande d'appliquer la norme du droit commun appliqué à Paris sans les moyens qu'il vaut avec. »
  • 5:17Invité politiqueFait
    « il y a un couple de touristes qui se fait attaquer. »
  • 5:25Invité politiqueFait
    « Il y a actuellement un jeune homme, un adolescent, qui s'est fait attaquer alors qu'il se promenait paisiblement dans la commune de Dembéni, paisiblement. »
  • 5:31Invité politiqueFait
    « Il se retrouve actuellement dans les hôpitaux à l'île de la Réunion puisqu'il a été évacué sanitairement pour être soigné. »
  • 5:42Invité politiqueFait
    « Un médecin avant-hier qui a été aussi attaqué en pleine route, des coupeurs de route, ces gens qui ne sont pas connus et qui ne devraient pas être là puisqu'ils sont en situation irrégulière, qui sont disséminés dans les campagnes de cette île et qui coupent les routes. »

Temps de parole

  • Anchya Bamana84 %
  • Présentateur16 %

2,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

L'invité de ce 5-7 se trouve à Sada, commune de l'ouest de Mayotte. Bonjour en Chiabamana.

0:06
Anchya Bamana

Bonjour madame.

0:08
Présentateur

L'île de Mayotte a connu une journée morte hier. Cela fait suite à des violences contre des établissements scolaires, des caillassages de bus scolaires et pas que. Il y a beaucoup de colère qui s'exprime en ce moment en Chiabamana.

0:20
Anchya Bamana

En fait, le mouvement qui a fait descendre les habitants de Mayotte dans la rue, c'est depuis mardi 20 février de la semaine dernière. Donc en fait, hier, c'était un mouvement aussi de soutien aux victimes. Mais ça fait déjà une dizaine de jours que Mayotte vit au ralenti parce que la population exprime une exaspération vis-à-vis de l'insécurité et des violences qui sévissent sur ce petit territoire de l'océan Indien.

0:55
Présentateur

Alors pour bien comprendre en Chiabamana, c'est concentré à Mamoudzou le chef-lieu où c'est partout dans l'hymne comme chez vous à Asada ?

1:03
Anchya Bamana

En fait, le mouvement se fait essentiellement au sein de la capitale Mamoudzou. Mais en réalité, comme Souva, il y a un seul axe qui desserve l'île du nord au sud, de la capitale étant en plein centre de l'île. Dès qu'on bloque les routes d'un côté ou de l'autre, ça paralyse tout le fonctionnement de l'île parce qu'en fait, tout est concentré dans la capitale Mamoudzou. Donc les manifestations se font de manière générale. La foule se concentre de manière générale sur la capitale Mamoudzou puisque c'est le poumon du fonctionnement de l'île.

1:44
Présentateur

Alors, venons-en au cœur de la colère. La colère, elle est liée à quoi à Mayotte ?

1:50
Anchya Bamana

À l'insécurité. Mayotte vit des actes de violence que les habitants n'ont pas connus il y a une vingtaine d'années. C'est une île où on vivait paisiblement actuellement. Donc ça fait 6, 7, 8 ans où là, les gens ne vivent plus. L'île vit par ailleurs une immigration irrégulière massive qui fait qu'il y a une augmentation de la population concentrée sur 374 km², la surface de l'île. Donc l'île étouffe. Nous n'avons aucune prévision en matière de politique publique. Moi-même, Asada, commune de 11 000 habitants, pour prendre un exemple au niveau de l'éducation, nous manquons cruellement de salles de classe. Donc c'est ici un système de rotation et c'est généralisé sur toute l'île. Pourquoi ?

Parce qu'en fait, une salle de classe physique sert pour deux groupes d'élèves. Un de matin, un de l'après-midi. Vraiment, l'afflux massif d'immigrés en situation irrégulière, donc incontrôlée, asphyxie le développement de l'île.

3:08
Présentateur

Et ne donne pas d'espoir parce qu'effectivement, il y a 50% de mineurs, c'est ça à Mayotte, si j'ai bien les bonnes statistiques. L'éducation pour vous, c'est la clé pour lutter contre cette insécurité et vous vous sentez abandonné par l'État de ce point de vue-là ?

3:24
Anchya Bamana

Les habitants de Mayotte se sont abandonnés par l'État au niveau de l'éducation, mais aussi au niveau de tous les moyens mis en œuvre pour éviter effectivement cet afflux massif sur la petite île. Je peux vous assurer qu'il nous est impossible en tant que politique de prévoir des politiques, de prévoir les infrastructures tant qu'on ne maîtrisera pas l'évolution de la démographie. Donc il y a la question de l'éducation. Depuis 2014, par exemple, on nous demande de mettre en place la réforme sur les rythmes scolaires, alors que nous n'avons absolument pas les bases de la mise en place de cette réforme.

Je parle des élus qui doivent, bien entendu, combler notamment la pause méridienne avec de la restauration scolaire. Il n'existe même pas de réfectoire dans les établissements scolaires de Mayotte. Vous imaginez, je vous donne l'exemple sur l'éducation, mais de manière générale, tout est comme ça. On nous demande, département depuis 2011, on nous demande d'appliquer la norme du droit commun appliqué à Paris sans les moyens qu'il vaut avec.

On ne peut plus continuer comme ça à délaisser ce département français, à nous demander d'être au même standard, de répondre aux normes des autres départements du territoire national mais des autres territoires d'outre-mer, tout en ayant cent mille fois moins les moyens.

4:56
Présentateur

C'est un mouvement unanime à Mayotte ?

5:00
Anchya Bamana

Oui, c'est un mouvement unanime. C'est un mouvement qui rassemble toutes les communautés présentes ici. C'est vraiment une grande manifestation contre l'insécurité et les violences à Mayotte. Je vous assure, la semaine dernière, oui, il y a un couple de touristes qui se fait attaquer. Il y a actuellement un jeune homme, un adolescent, qui s'est fait attaquer alors qu'il se promenait paisiblement dans la commune de Dembéni, paisiblement. Il se retrouve actuellement dans les hôpitaux à l'île de la Réunion puisqu'il a été évacué sanitairement pour être soigné. Ses actes continuent.

Un médecin avant-hier qui a été aussi attaqué en pleine route, des coupeurs de route, ces gens qui ne sont pas connus et qui ne devraient pas être là puisqu'ils sont en situation irrégulière, qui sont disséminés dans les campagnes de cette île et qui coupent les routes. Vous pouvez vous retrouver devant un barrage en pleine course, en pleine campagne, des gens qui vous arrêtent, qui vous dépouillent. C'est insupportable. Vraiment, la situation actuellement est explosive et la population en a marre.

6:14
Présentateur

En Chabamana, Nicole Belloubet promet l'ouverture d'un centre éducatif renforcé pour les mineurs délinquants. Gérard Collomb lui a déclaré qu'une zone sécuritaire prioritaire était à l'étude pour Mayotte. Pour vous, ça, ce n'est pas suffisant ? Il faut passer aux actes.

6:28
Anchya Bamana

Les habitants de Mayotte ne se suffisent plus à des annonces. Il faut passer aux actes. Oui, zone prioritaire, c'est une urgence. Il est urgent, vraiment, je me répète, mais il est urgent à ce que ça se fasse concrètement avec des moyens de police, des moyens de gendarmerie supplémentaires parce que l'équipe actuelle qui est là, des forces de l'ordre, sont saturées. Ces gens font un travail formidable que moi, en tant qu'élu, je salue. Mais ce personnel est saturé. Il n'en peut plus parce que fortement sous-dimensionné, il y a urgence, effectivement, à envoyer des moyens humains, des moyens de locomotion supplémentaires pour assurer la sécurité des Mahorais.

7:22
Présentateur

Merci beaucoup, Anshia Bamana, en direct de Mayotte, d'avoir été en ligne avec nous ce matin.