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interviewFrance Inter — L'invité de 6h20· 6 juillet 2023 8 min

Paris 2024 : "Les infrastructures sont prêtes, mais il y a une inquiétude sur les transports" (Stéphane Peu)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Inter, Mathilde Munoz, le 5-7.

0:08
Stéphane Peu

Il est 6h20, bonjour Stéphane Peux. Bonjour. Député communiste de Seine-Saint-Denis et co-rapporteur d'une mission d'information sur les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris. Vous avez étudié les retombées économiques et sociales de cette compétition. Nous sommes à un tout petit peu plus d'un an de la cérémonie d'ouverture. Déjà, est-ce que vous pensez que tout sera prêt ?

0:27
Présentateur

Alors, les infrastructures sont prêtes. D'ailleurs, dans notre rapport, nous saluons le travail de l'établissement public La Solidéo, qui a réalisé le village olympique, le village des médias, le centre aquatique, toutes les infrastructures pour accueillir les Jeux. C'est un travail formidable. Les délais seront tenus. Donc, il n'y a pas d'inquiétude sur les infrastructures. Il y en a sur d'autres sujets, mais pas sur les transports, notamment. C'est quand même le gros point noir de notre rapport.

0:56
Stéphane Peu

600 000 personnes à transporter chaque jour pendant les Jeux ?

0:58
Présentateur

Oui, si vous voulez, nous sommes déjà aujourd'hui en Ile-de-France avec une situation dégradée du point de vue des transports collectifs. On n'a pas retrouvé le niveau de service d'avant le Covid. Les Jeux, au mois d'août, ça va être un trafic classique plus 15%. Alors qu'en principe, au mois d'août, on a un trafic à moins 30, moins 40%. Donc, ça va demander une très forte mobilisation des agents, des gens qui travaillent dans les transports, d'une part. Mais ça va demander également de retrouver un niveau de prestation. Or, il y a beaucoup d'inquiétudes.

Le recrutement des agents, le président Jean Castex à la RATP, il travaille d'arrache-pied et puis il a réussi à rétablir un dialogue social plus apaisé dans l'entreprise. Mais pour autant, on se heurte aussi à une obstination incompréhensible parce que tout le monde lui dit qu'il ne faut pas aller dans cette voie. Valérie Pécresse, qui préside IDFM Mobilité, veut à tout prix maintenir le délai de l'ouverture à la concurrence des bus parisiens. Rien n'est prêt.

2:05
Stéphane Peu

C'est prévu pour l'an prochain ?

2:06
Présentateur

C'est prévu au 1er janvier 2025, mais il faut que l'ouverture à la concurrence soit effective pendant 2024. C'est complètement concomitant au jeu. Or, les salariés ne savent pas où ils vont aller. Les négociations au sein de la RATP ne peuvent pas être conduites puisque les décrets ne sont pas parus. Ce n'est pas raisonnable.

2:27
Stéphane Peu

Vous criez quoi ? Une désorganisation ou un conflit social ?

2:29
Présentateur

Les deux. Et ce n'est pas raisonnable de la part de Mme Pécresse de s'entêter. Donc, on alerte vraiment dans notre rapport en disant il faut, dans un climat social tendu, que tout le monde soit responsable pour apaiser le climat, pour faire que tous les Français, tous les salariés qui vont devoir concourir à la bonne réussite des Jeux Olympiques à donner le meilleur visage de notre pays au monde qui va nous regarder pendant cette période, il faut que tout le monde fasse les efforts pour qu'il y ait un engouement populaire.

3:03
Stéphane Peu

Oui, vous appelez effectivement le gouvernement à apaiser le climat social en vue de ces Jeux Olympiques. Ce rapport, vous avez fini de l'écrire avant les violences urbaines de la semaine dernière ?

3:11
Présentateur

Oui, juste avant, mais on sentait déjà un pays sous tension.

3:17
Stéphane Peu

Mais ça veut dire que vous suggérez quoi, par exemple ? Pas de grand projet de loi sensible au printemps ? On met un peu le Parlement en sommeil, en mode pause ?

3:24
Présentateur

Non, mais le Parlement, il peut continuer. Il y a beaucoup de chantiers, mais on peut continuer à réformer le pays, on peut continuer à légiférer dans ce pays sans forcément à chaque fois mettre un peu d'huile sur le feu de toutes les plaies qui sont à vif dans le pays. On peut faire de la politique sans mettre le pays en dessous à chaque réforme ou à chaque loi et sans non plus avoir des mots qui blessent ou des lois provoquantes.

3:53
Stéphane Peu

Venons-en aux retombées économiques de ces Jeux Olympiques et Paralympiques. Combien de touristes sont attendus ? Et est-ce que vous savez s'ils vont faire chauffer la carte bleue ?

4:02
Présentateur

Alors, le nombre de touristes et de visiteurs est estimé à environ 15 millions de personnes, c'est considérable. Si on traduit ça en nombre de nuitées marchandes, pour dire les choses dans un langage, c'est environ 2 millions et demi de nuitées, enfin de personnes qui vont être hébergées dans des hébergements marchands. C'est 1 million de plus qu'un été ordinaire dans la région francilienne. Donc, c'est considérable.

4:34
Stéphane Peu

Attendez, il y a 15 millions de touristes, mais que 2 millions de nuitées ?

4:37
Présentateur

Oui, parce qu'on estime à 80% des visiteurs de l'Hexagone ou européens ayant des hébergements. Mais c'est quand même presque la moitié plus.

4:52
Stéphane Peu

Donc, les retombées économiques, c'est surtout dans le secteur de l'hôtellerie et de la restauration ?

4:55
Présentateur

Alors, les retombées économiques, c'est nous, dans notre rapport, avec le Centre économique du sport de Limoges, on a évalué à peu près à 10 milliards de retombées économiques. Un petit tiers pour la construction, un bon tiers pour tout ce qui est l'organisation et les retombées de l'organisation sur la vie économique de notre pays, et un tiers sur le tourisme.

5:19
Stéphane Peu

Stéphane Peu, je rappelle que vous êtes député de Seine-Saint-Denis, c'est le département qui concentre les principaux investissements publics. publics. Ces jeux seront assurément bénéfiques pour la Seine-Saint-Denis ?

5:28
Présentateur

Ah bah, assurément.

5:30
Stéphane Peu

C'est pas juste une parenthèse et après, ça recommence comme avant ?

5:33
Présentateur

Non, parce que d'abord, Paris 2024, ce sont des jeux économes. 95% des manifestations sportives vont avoir lieu dans des équipements qui existaient déjà ou qui sont construits de manière temporaire. Donc, ce sont des jeux économes, mais les infrastructures construites sont pour l'essentiel. en Seine-Saint-Denis, le centre aquatique olympique, l'aréna de la Porte de la Chapelle, le centre para-olympique à Bobigny qui s'appelle le Prispe, et puis, bien sûr, le village olympique et le village des Médières qui vont ensuite être transformés en quartiers de ville avec des logements, des crèches, des écoles. Donc, tout ça, bien sûr, va bénéficier au département de la Seine-Saint-Denis.

En termes d'infrastructures, reste un sujet, c'est que les habitants de la Seine-Saint-Denis, les jeunes de la Seine-Saint-Denis, ne regardent pas les jeux depuis leur télévision uniquement. Et qu'ils puissent aller aux compétitions aussi. Donc, la question de la billetterie populaire et d'avoir une billetterie un peu plus accessible est posée.

6:31
Stéphane Peu

Et un autre point important dans votre rapport, c'est que vous dites que ces jeux sont aussi l'occasion de revoir le cadre juridique pour la location de meublés touristiques. Et là, vous visez clairement les locations Airbnb.

6:42
Présentateur

Oui, de toute façon, le sujet Airbnb est un sujet posé dans le pays. Il y a deux lois sur le bureau de l'Assemblée. Mais là, ça accélère. Mais bien sûr, pendant les jeux, la question se pose. Elle se pose et nous faisons plusieurs propositions. D'abord, il faut qu'il y ait quand même une concurrence qui soit la plus... la moins déloyale avec l'hôtellerie classique. C'est-à-dire qu'il y ait une fiscalité qui soit semblable du point de vue de la TVA, qu'il y ait un numéro d'enregistrement, qu'il y ait aussi des règles de sécurité. Je rappelle quand même qu'il y a quelques jours, il y a eu sept morts dans Airbnb à Montréal pour défaut de sécurité d'un appartement.

Un Français est décédé la semaine dernière à Florence, intoxiqué par du monexite de carbone dans Airbnb parce qu'il n'était absolument pas conforme. Donc, on ne peut pas avoir autant de... C'est un secteur qui est totalement dérégulé. Nous demandons à ce qu'il soit régulé, qu'il y ait un numéro d'enregistrement, de la sécurité, de la fiscalité équivalente et puis un nombre d'unmités beaucoup plus court aujourd'hui, on peut louer sa résidence principale 120 jours. Qui, raisonnablement, peut louer 120 jours sa résidence principale ? Bon, il faut revenir à quelque chose.

7:49
Stéphane Peu

Et donc, vous voulez quoi ? 90 ? 60 ? 60. 60, ce serait bien.

7:52
Présentateur

Et mettre un petit peu de règles dans ce qui, pour l'instant, est une jungle.

7:55
Stéphane Peu

Et est-ce que le fait qu'Airbnb soit partenaire des JO, ça freine vos projets ?

7:59
Présentateur

Airbnb est partenaire du Comité international olympique et la France doit montrer aux CIO comme à Airbnb qu'ici, on est dans un pays où il y a des droits, des règles et où ce n'est pas la jungle.

8:10
Stéphane Peu

Merci Stéphane Peux, député communiste de Seine-Saint-Denis. Vous étiez l'invité du 5-7 ?