Mobilisation du 18 septembre : la prise de parole de Jean-Luc Mélenchon|LCI
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La journée d'aujourd'hui se présente d'ores et déjà comme un immense événement. C'est évidemment un événement syndical, mais tout le monde comprend, compte tenu de son ampleur, qu'il s'agit aussi d'un événement qui aura un impact politique. Et il sera, à mon avis, assez profond pour que personne ne puisse plus s'en débarrasser. Que veut-il dire ? Eh bien les syndicats, en appelant à la grève et à la manifestation, ont posé sur la table un certain nombre de revendications dont on voit bien qu'elles sont incompatibles avec la ligne politique et celle de M. Lecornu.
Dès lors, la question syndicale se surcharge d'une question politique, c'est quel genre de gouvernement est capable de prendre en compte les revendications sociales. C'est ça le plus important. Voyez-vous, il pensait s'être débarrassé du problème de la retraite à 64 ans, qui est passé de force sans qu'il n'y ait jamais eu aucun vote parlementaire. La revoici qui vient sur la scène. Bien. Alors ça, c'est l'événement de la journée. Il est certain qu'il y aura des prolongements syndicaux comme il y aura des prolongements politiques.
Les prolongements politiques, puisque c'est notre domaine, je dois maintenant les évoquer, il est certain que ce qui se passe aujourd'hui est un renfort considérable pour le plan de marche qu'est le nôtre. M. Lecornu, à mon avis, n'arrive à rien, et c'était très prévisible. J'invite donc à ce qu'on cesse et si malgré d'aller et retour de prétendus dialogues qui n'en sont pas, mais qui finissent par donner une impression de magouille générale qui écœure le peuple français. Qu'on en finisse. et qu'il vienne comme c'est normal devant l'Assemblée et qu'il fasse le vote de confiance auquel s'est soumis son prédécesseur, M. Bayrou, après tout. Si M. Bayrou l'a fait, pourquoi M.
Lecornu ne le ferait-il pas ? Et puis c'est la tradition parlementaire dans tous les pays du monde, que voulez-vous ? Un gouvernement arrive, il demande la confiance, il ne l'a pas, il s'en va. Donc M. Lecornu, s'il demande la confiance, ne l'aura pas. Pourquoi ? Parce que nous savons depuis ce matin que, aussi bien, Europe Écologie-Les Verts, pour parler de la gauche. D'abord, ne votera pas la confiance et dit que, à juste titre, d'ailleurs, M. Rotaillot, à lui tout seul, est un motif de censure. Et puis, j'ai entendu aussi le Parti Socialiste dire, alors il y a toujours une formule pour enrober le biscuit, alors c'est en l'État, alors en l'État, ils voteraient la censure.
Eh bien, ils voteront la censure parce qu'on ne voit pas pourquoi le pactage de M. Lecornu changerait. Donc, nous aurons une gauche unie pour voter la censure. Si bien que M. Lecornu va tenir à petit fil, ce sera le Rassemblement National. Alors, peut-être que s'il paye bien, s'il donne des places pour le bureau de l'Assemblée, ou des choses de cette nature, il pourrait circonvenir le Rassemblement National. Mais, ce n'est pas certain pour lui. Dès lors, ou bien il fait le vote de confiance, ou bien nous déposons la motion de censure que nous avons annoncée, nous autres, insoumis. Et nous sommes naturellement très heureux de penser qu'on se retrouvera tous pour voter la censure.
Alors, il faut que cette comédie soit abrégée autant qu'on le peut. Et voici que le mieux serait que le vote intervienne le plus tôt possible. Ça sera forcément au début de session parlementaire, en toute hypothèse, que M. Lecornu le veuille, ou pas, puisque nous avons le pouvoir de déposer cette motion de censure. Voilà. Mais il n'y a pas de gouvernement encore ? Il n'y a pas encore de gouvernement en même temps ? Si, il y en a un, je vais vous le prouver. Il y a un gouvernement parce que M. Lecornu a dit qu'il retirait les deux jours de férié. Ce n'est pas qu'il comptait supprimer. Donc, nous avons déjà obtenu une victoire. Mais une victoire par rapport à quoi ? Au plan de M. Bayrou.
Si donc, il retire, ça veut dire qu'il maintient le reste. Donc, il y a un Premier ministre et un plan gouvernemental. Eh bien, pour être contre le reste du plan Bayrou, il faut être contre le gouvernement de M. Lecornu. C'est donc une simplification très formaliste de dire qu'il n'y a pas de gouvernement. Mais si, il y a un gouvernement, il y a une ligne politique, il y a une volonté. Vous le savez tous, comme moi. Tout ça tient à un personnage qui a décidé d'avancer sur la scène, sa marionnette.
Parce que comment comprendre qu'après avoir mis le résultat du vote en 2024, après avoir proposé successivement deux personnes qui n'avaient aucune légitimité pour gouverner le pays, puisque représentant des formations politiques ultra minoritaires, il persiste et signe en nous en mettant un nouveau, en plus en nous le présentant comme très proche de lui. Voilà. Bon, on a tous compris. Et puis tout ça est une mystification. On nous parle de 40 milliards d'économies, mais l'homme qui vient d'être nommé Premier ministre était le ministre des Armées, qui a annoncé qu'il allait mettre 150 milliards dans les armées. Alors ils sont où ces 150 milliards ? Voilà.
Non, nous avons bien affaire à quelque chose de cohérent, et le peuple français, avec beaucoup d'intelligence, se déploie comme il faut, quand il faut, et sous les formes qu'il faut.
Au final, ça passera par un gouvernement et un Premier ministre issus de la gauche ?
Pardon ?
Au final, ça passera par un gouvernement et un Premier ministre issus de la gauche ?
Ça n'aurait plus aucun sens à l'étape actuelle. Comment voulez-vous faire un gouvernement issu de la gauche ? Déjà l'appellation est, comme vous le savez, très frelatée pour beaucoup. Mais comment ferait-il cela, des mois après le résultat d'un vote qui a été nié, et après que les organisations qui avaient d'abord signé le nouveau Front populaire et son programme, et passer tout ça par-dessus bord ? Non. Et puis, on n'en est plus au combine, que voulez-vous ? Peut-être qu'on aurait pu voir avoir il y a quelques mois, mais là, ça n'a plus aucun sens.
Il faut que le Premier ministre s'en aille, mais il faut surtout que le Président de la République, lui, s'en aille, parce que c'est lui le responsable de tout ça, et je vous rappelle qu'il a perdu toutes les élections depuis la sienne, n'est-ce pas ? Donc, il a perdu trois fois, et il a perdu quatre premiers ministres. Normalement, dans une ambiance, comment dire, normale de démocratie, on en tire les conséquences. Imaginez-vous que De Gaulle est parti pour un pauvre référendum sur les régions et le Sénat, et bon, à la première secousse, ça a été terminé. Il a dit qu'il ne partira pas.
Oui, mais on dit toujours que voulez-vous, et pas vous dire qu'il va partir, sinon il sait bien que demain il s'en va. Donc, il tâche de résister, c'est dans son rôle, mais ça n'ira pas bien loin, tout ça. La pente est prise, et elle ira à son terme.
Vous avez un petit peu de stratégie, c'est le chaos.
Est-ce qu'aujourd'hui, vous appelez à manifester dans le calme ? Alors, déjà, ce n'est pas parce que quelqu'un m'accuse du chaos qu'il faut que je l'accepte, parce que pour l'instant, le chaos, mesdames et messieurs, ça ne peut pas être moi. Je ne gouverne pas, je ne suis pas le président de la République, je ne suis pas le Premier ministre, je ne suis pas le dirigeant des syndicats, ni non plus celui du 10 septembre. Ce que vous observez, ce sont des faits pour lesquels nous proposons un dénouement. Alors, je sais que c'est devenu étrange pour une bonne partie de notre pays qu'on parle d'élections, de démissions de responsables, mais pourtant, c'est la vie. Le président, c'est lui le chaos.
Et tout ce qui a lieu en ce moment est le résultat de son action, à lui, pas la mienne. Après, si on doit appeler chaos toute mobilisation sociale ou politique dans ce pays, mes amis, on ferme, ce n'est plus une démocratie, c'est comme ça. Il faut se faire à l'idée.
Une dissolution, ça peut être la solution ?
Ça peut. S'il y a une dissolution que vous voulez vous qu'on fasse, vous vous direz aux élections. Mais ce n'est pas la solution. La solution, c'est le départ du président de la République. Et vous savez tous comme moi, qu'à partir d'un certain niveau de tension dans notre pays, à partir d'un certain niveau de désorganisation, de l'industrie, des finances, il faut en quelque sorte, à un moment, refondateur. Que voulez-vous ? Depuis 1958, maintenant, il y a une culture de la Ve République dans notre pays. Et l'élection présidentielle, qui par bien des côtés est tout à fait disproportionnée par le rôle qu'elle donne à un individu, tout seul. Mais n'empêche, c'est comme ça.
C'est dans la culture populaire. On a besoin d'un moment refondateur, de renouveau. Des candidats s'avancent et disent, on va faire comme ci, on va faire comme ça, pour répondre à tous les grands problèmes. Le pays fait son choix. Et souvent, vous avez remarqué dans le passé, qu'après avoir voté à la présidentielle, ils votent à la législative en conformité, pour donner du poids et du pouvoir. C'est de ça à celui ou à celle qui est désignée élu dans l'élection. Voilà, voilà ce dont on a besoin. Ça ne sert à rien de tourner autour du pot, avec des combinaisons politiciennes qui n'ont plus rien à voir avec la culture politique des Français.
Vous savez, ce qu'on vit en ce moment, c'est banal dans plein de pays. Mais en France, ça ne passe plus. On n'aime pas ça, les arrangements entre partis, qui vont contre leurs propres programmes, qui trahissent leurs meilleurs amis. Tout ça, ça ne passe plus. Alors, tirons-en la conséquence que M. Macron s'en aille. Le slogan « Macron dégage » me paraît tout à fait adapté à la situation et conforme à ce qu'on observe dans les autres pays, comme ça se présente comme ça.
Et vous aimeriez le remplacer, peut-être, alors ?
Le remplacer, à faire quoi ? Vous avez vu la galère que c'est ? Mais vous ne réfléchissez pas assez, mon ami, là, où vous allez ? Non, voyons, restons sérieux en blaguant. Bien sûr, il faut un peu d'humour aussi, parce que sinon, on va mourir de tristesse. Bon, il faut qu'il s'en aille. Et je comprends que ça n'est pas dans sa manière de voir la vie et le monde. Mais, voyez-vous, la France n'est pas une espèce de jeu de société où on va d'un coup à l'autre. Et le président Macron a souvent cette vision de la France. Il la connaît mal, il ne connaît pas ses lenteurs et ses exaspérations, qui sont des choses assez complexes.
On connaît bien ça ici à Marseille, mais lui, non, tout ça lui passe au-dessus de la tête. Il pense qu'il a fait un bon coup, alors c'est raté, pof, il passe à un autre, et ainsi de suite. Mais non, nous sommes un grand peuple, une grande nation, ça ne se manie pas comme ça, quoi. Voilà, j'espère que vous avez répondu.
Surtout que le grand peuple perd confiance en la politique.
Et dans les médias aussi, vous avez remarqué, la classe médiatique est presque autant vomi que la classe politique. Et je vais vous dire, je leur donne raison. Parce que je ne parle pas de la classe médiatique, je ne me permettrai pas cette audace devant vous. Vous êtes plus nombreux que moi. Mais, pour ce qui est de la politique, le fait est que, que voulez-vous, d'où ressortent tous ces combinards ? Vous croyez que l'espèce avait définitivement disparu ? Non, on les revoilà ! Tels qu'ils étaient sous la 4ème République, prêts à s'entendre, s'arranger, se combiner, trahir ses voisins. Que voulez-vous que disent les gens ? Allez, qu'ils s'en aillent tous ! Eh bien, je suis d'accord avec eux.
Vive la 6ème République !
Alors, madame, merci de me souffler la réponse, que sans cela, je n'aurais pas pu caser. Il est évident que, si vous y réfléchissez, mais ne serait-ce qu'à un instant, vous vous dites, bon, d'accord, monsieur Macron, mais vous êtes... Il n'invente pas la situation. Qu'est-ce qu'il a créé ? Le pouvoir excessif qu'il a. C'est donc la question de la 5ème République et de la 6ème. Mais c'est comme ça en France. On n'a jamais été capable de passer d'une organisation à une autre sans qu'il y ait une tension extrême. Bon, ben, nous y voici, autant régler la situation. Et commençons par démanteler ce qui donne une autorité excessive à une personne toute seule.
C'est la raison pour laquelle l'idée de la 6ème République est en train de devenir une idée qui se répand, alors que pendant longtemps, nous fûmes les seuls à la défendre. Mais bon, ça se répand. Et on pourrait la corriger immédiatement, cette 5ème République, avec une réforme, qui est de créer le référendum révocatoire. C'est-à-dire, s'il y a un certain nombre de gens qui le demandent, eh bien, il y a un référendum pour révoquer un élu, quel qu'il soit.
Ça existe en plusieurs États des États-Unis, dans plusieurs pays du monde, et ce serait une solution simple, démocratique, et qui ne nécessiterait pas toute l'énergie qu'il faut déployer pour faire comprendre à quelqu'un qu'il est devenu un important. Voilà, M. Macron.
Vous avez appelé une mobilisation pacifique, pourtant, le ministre de l'Intérieur s'attend à des milliers d'éléments radicaux.
Aujourd'hui, comment éviter les heurts ? Mais je ne sais pas. Ce que nous savons, nous, et que je peux dire en regardant les gens dans les yeux, c'est que toute action violente ne sert qu'une seule et unique personne, M. Rotaillot, qui a besoin de la violence, qui a besoin des poubelles qui brûlent, qui a besoin de tout ça pour affirmer son rôle de sauveur, de je ne sais quoi. En réalité, cet homme est une provocation ambulante. Et le président de la République ferait bien de le ramener à la raison. Qu'a-t-on à faire d'un dirigeant politique national qui passe son temps ? Vous avez vu à quoi ?
Exciter les uns contre les autres, à se taire quand il y a certains crimes islamophobes ou racistes qui n'ont pas l'air de le déranger plus que ça. Ensuite, nous met en cause, je vous invite tous aussi à la maîtrise de ce que vous pouvez répandre. Quand même, cet homme a osé dire qu'il nous accusait solennellement des violences qui sont commises contre des policiers, qui sont des faits de droit commun et pas des faits politiques. Il l'a fait, il a osé le faire. Cet homme est odieux. Il représente une forme de notre pays, racie, rabougrie, haineuse, méfiante contre tout et tout le monde et qui donne continuellement le sentiment de détester la vie.
Vous êtes à Marseille aujourd'hui, pourquoi ce choix ? Est-ce que les forces de gauche, les manifestants ici, sont particulièrement mobilisées ?
Parce que je viens ici régulièrement. Je voulais être certain que tout le monde voit bien la veste que je porte parce que je sais qu'à Marseille, on a de l'humour. Alors, comme je suis mis à cause de ma veste et de sa signification idéologique, je me suis dit, si je vais à Marseille, tout le monde va se marrer si je viens avec la veste. Et c'est réussi, la preuve, vous m'en parlez.
Et vous les trouvez comment ces manifestants à Marseille ?
En général, la ville, vous savez, la ville et toute la région est d'un tempérament très ardent et très franc. C'est-à-dire que quand ils ne sont pas contents, ça se voit tout de suite. Quand ils sont satisfaits, vous pouvez vous accrocher pour essayer de les faire changer d'avis. Et moi, j'aime bien cette manière d'être. J'ai été ici, en tout cas, à leur député. Alors, à intervalles réguliers, je viens. C'est autant un signal politique, ça l'est toujours, tout ce que je fais, mais qu'un signal de tendresse. Voilà.
Voilà, Jean-Luc Mélenchon, charge extrêmement violente à l'encontre du ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, que nous allons écouter ensemble dans un court instant, puisque la réunion interministérielle de gestion de la journée de mobilisation va bientôt se conclure, et Bruno Retailleau prendra la parole. Charge contre le ministre de l'Intérieur, mais aussi discours politique à l'attaque, à l'offensive, contre Sébastien Lecornu, contre Emmanuel Macron. Sébastien Lecornu, il lui lance un défi, les unes et les autres. Il lui dit, faites comme M. Bayrou, allez chercher la confiance des députés à l'Assemblée nationale après votre discours de politique générale. Commentaire, réaction.
Allez, Elisabeth. Alors d'abord, moi, je trouve que dans le style, il essaye de restaurer son image depuis la rentrée, donc c'est plutôt un Mélenchon patelin, qui s'adressait de façon bonhomme aux Français. Il n'avait pas le couteau entre les dents, jusqu'à la charge. Mais même la charge, si vous voulez, elle est assez ciselée. Mais on n'avait pas le Mélenchon agressif. Et puis par ailleurs, il a perdu Paris du 10 septembre. Donc, il a quand même, voilà, souvenir de cet échec de la mobilisation. Il a un peu parlé des syndicats, parce qu'il faut quand même rendre à César ce qui est à César.
Et par ailleurs, Marie-Élée Léon, ce matin, lui a dit, vous ne vous occupez pas des manifestations, c'est nous. Vous, les politiques, et c'était très clairement adressé à Jean-Luc Mélenchon, vous nous laissez faire. Donc, voilà, il en a un peu parlé. Et puis, tous les chemins mènent à Rome, maintenant, pour Jean-Luc Mélenchon. Le départ d'Emmanuel Macron. Donc, encouragement, effectivement, enfin, encouragement, faux encouragement. Oui, allez à la confiance, et vous verrez, vous tomberez. Rien de neuf sous le soleil, pardon. Même s'il fait très beau à Marseille, partout ailleurs. Rien de neuf sous le soleil.
C'est le discours, maintenant, de LFI, qui veut faire tomber, et qui pousse, et qui pousse, et la semaine prochaine, rappelez-vous, il dépose une motion de destitution du président de la République. Et il a évoqué aussi, pourquoi pas, une motion de censure spontanée, puisque... C'est vente, pardon. Mais attendez, quand il dit qu'on est dans une situation de si magré, que les rencontres entre M. Lecornu et les différentes forces politiques font du théâtre, du cinéma, que M. Lecornu n'arrive à rien, je prends quelques extraits, quand il dit tout cela, ce discours-là, sans doute entendu, dans les cortèges d'aujourd'hui, convaincant, selon vous, Sibeth ?
Écoutez, quand on a un petit peu l'habitude d'observer la vie politique, on voit en Jean-Luc Mélenchon, à la fois un orateur hors pair, un débatteur, un théoricien de la lutte sociale, de haut de volée. Est-ce que pour autant, c'est en rapport avec la réalité ? Ça, je n'en suis pas totalement convaincue. D'abord, parce que les manifestants ne sont pas complètement l'intégralité du pays. On a sur le plateau une chef d'entreprise qui ne partage pas forcément les revendications des manifestants. Donc, on est dans un pays qui est divers.
Et donc, essayer de plaquer de manière presque automatique le fait que les revendications qui s'expriment, et qui sont des revendications évidemment légitimes, on a eu l'occasion de le dire sur ce plateau, font sens et corps pour déterminer intégralement et exclusivement la politique d'un gouvernement, ça n'est pas tout à fait exact en démocratie. Moi, je n'apprécie pas tellement le fait d'avoir cette opposition systématique entre d'un côté une démocratie sociale, une démocratie revendicative qui s'exprime à travers des manifestations et une démocratie représentative électorale.
Et je trouve que cette manière de faire, c'est justement ce qui va conduire à travers un discours qui aujourd'hui est effectivement patelin, mais dont on sait qu'il peut avoir des saillies un peu plus violentes habituellement, qui contribuent à crisper en fait le pays. Et dans ce qu'on entend aujourd'hui, il ne cherche pas de solution si ce n'est l'application de son programme qui, pardon, n'a pas gagné aux législatives. Oui. Oui.
Jean-Luc Mélenchon