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Podcast / conversationyoutube.com· 24 novembre 2025 52 minAutoproduitPortrait personnelÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & familleImmigration & asile

Emmanuel Macron : Stratégie, pouvoir et ambition, l’énigme politique décryptée - Documentaire AMP

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 20 %Défensif 15 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 10:03Invité politiqueChiffre
    « Le permis de conduire aujourd'hui dans ce pays, il coûte en moyenne 1 500 €. Il faut attendre plusieurs mois, parfois plusieurs années, avant de pouvoir le passer. »
  • 11:57Invité politiqueFait
    « Ce monsieur qui travaillait chez Rothschild n'a sans doute jamais rencontré une ouvrière d'agroalimentaire. »
  • 19:13Invité politiqueChiffre
    « nous avons décidé en responsabilité de réinvestir jusqu'à 10 milliards d'euros dans la filière nucléaire française. »
  • 28:13Invité politiqueFait
    « Je pense que c'est un tort de modifier la Constitution dans ces circonstances. Je pense qu'on ne modifie pas la Constitution pour répondre à l'émotion. »
  • 28:13Invité politiqueFait
    « Déchoir de sa nationalité française un individu condamné pour une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ou un acte terroriste, même s'il est né français. »
  • 36:08Invité politiqueChiffre
    « Ça fait 30 ans que dans notre pays, le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans n'est jamais tombé sous les 18%, jamais. »
  • 40:41Invité politiqueFait
    « Un mouvement politique qui ne sera pas à droite, qui ne sera pas à gauche. »

Temps de parole

  • Emmanuel Macron100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:07
Emmanuel Macron

Dans le TGV, Emmanuel Macron pense à son destin, se rêve peut-être en futur président des Français. Il offre l'image d'un jeune homme rangé, et c'est un homme pressé, qui a déjà eu plusieurs vies alors qu'il n'a pas 40 ans. Pour lui, tout semble s'être dessiné vite, très vite. C'était le 25 août 2014. Le le président de la République a nommé monsieur Emmanuel Macron, ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique. Emmanuel Macron, qui prend donc le poste du ministère de l'Économie à Bercy. Emmanuel Macron à Bercy, c'est donc une Bonne idée. Pour qui ? Depuis, l'homme dérange comme il fascine. Il déjoue les clivages et s'en amuse.

Il aime plaire et déplaire comme pour mieux souligner sa liberté. Il a une dimension symbolique dans la nomination d'Emmanuel Macron. Bankier d'affaires chez Rothschild. Son parcours d'ancien banquier des affaires chez Rothschild fait beaucoup débat. La nomination de Macron, de toute façon, ne parle plus à la gauche. Il connaît l'entreprise, il connaît l'économie de marché et il connaît la mondialisation. Macron, on l'admire, on le déteste. Il symbolise la puissance de l'argent, la trahison de la gauche pour les uns ou au contraire, pour les autres, la nécessaire adaptation au monde d'aujourd'hui.

Mais dans cette france qui n'aime ni les premiers de la classe, ni l'argent, quel destin peut avoir cet ancien banquier ? Que se passe-t-il dans la tête d'Emmanuel Macron ? Depuis le début, on sait très bien qu'Emmanuel Macron est extrêmement ambitieux, mais en rester à son ambition, c'est peut-être pas comprendre la complexité du personnage. Moi, j'ai essayé de voir d'où venait cette ambition et également, est-ce qu'elle allait s'exprimer peut-être plus rapidement que possible que par rapport à certaines prévisions de certains commentateurs ou faiseurs de rois sur la place de Paris.

Et donc, effectivement, là, ces derniers mois, on a pu voir un jeu très particulier entre Manuel Valls, François Hollande et Emmanuel Macron. Une sorte de jeu à trois où comme un proche d'Emmanuel Macron m'a dit: Dans ce jeu à trois, il y aura deux morts. D'insertion avec 68% de retour. Dans la tête d'Emmanuel Macron, il y a d'abord une ambition, un cheminement qui vient éclairer toute son action. Enfant de la poste modernité, il n'a pas 40 ans, Emmanuel Macron fait fi de toute référence idéologique. Il est libéral, mais il veut un État présent. Il est de la génération de l'instant, mais il va célébrer Jeanne d'Arc. On le croit technocrate et il est plus politique qu'il n'y paraît.

Il y a sans doute plusieurs Emmanuel Macron. On a investi près de 3 millions d'euros entre le bâtiment, les travaux. Le signe le plus visible de son ambition, de sa liberté, c'est ce besoin d'aller toujours à la rencontre des Français. Vous êtes là depuis combien de temps ? Moi, ça fait trois mois et demi. Et vous ? De temps en temps, je peux faire carrière. Je viens d'avoir mon casser, ça me permet de l'extérieur. Et après de la valoriser derrière. Envie du contact ? Peut-être. Mais surtout, il s'agit de faire oublier une partie de son passé. Un passé qui ne passe pas. Emmanuel Macron, 36 ans, énarque, ancien banquier d'affaires. Banquier d'affaires chez Rothschild.

Monsieur Macron n'était-il pas un des dirigeants de Rothschild avant de venir à Bercy ? Tout le parcours d'ancien banquier des affaires chez Rothschild fait beaucoup débat. Moi, je n'avais pas, je pense, intégré quand j'ai accepté les responsabilités que le président de la République m'a confiées, le fait que j'avais la lettre écarlate sur le dos pour beaucoup qui est d'avoir été banquier. Et je pense d'ailleurs qu'il faut le dire, la lettre écarlate était d'autant plus écarlate que je venais d'une banque qui s'appelait Rothschild. La banque se serait appelée Société Générale, Lazard ou autre. Pour certains, le problème ne serait pas le même.

Et Et c'est vrai que ça a du coup coloré, et ça continue à le faire, toute la perception qu'il y a à mon endroit, qui, pour certains, m'enferme dans une caste. C'est-à-dire, je fais partie d'une forme d'oligarchie financière, mystérieuse, ce qui renvoie d'ailleurs, psychanalytiquement, aux choses les plus sombres de l'âme française. Emmanuel Macron a gagné de l'argent, beaucoup d'argent. En 2012, il a piloté l'acquisition d'une filiale de Pfizer pour Nestlé, contre Danone. Puis, il a choisi de devenir ministre, de gagner moins. Peut-être le souci de se mettre à l'abri pour toujours rester libre. Vu la trajectoire qu'il a eue chez Rothschild, il aurait pu devenir un très grand banquier.

Son grand coup avec Nestlé, il aurait pu monter très, très rapidement, encore plus vite dans la banque. Et finalement, il fait le le choix de partir. Il y a une maladie qui existait en 68, qui est au fond pas tellement de savoir ce que les gens disent ou ce qu'ils ont dans le ventre ou ce qu'ils portent, mais qui est juste de savoir d'où ils viennent, d'où ils parlent. Et beaucoup ont voulu m'enfermer dans cette case du banquier ou de l'ancien banquier. À moi d'être suffisamment inspiré et inspirant pour ne pas y être enfermé. Mais cela dit plus quelque chose de l'état de la société et de celles et ceux qui l'invoquent que de moi.

Mais cette liberté financière reste un handicap, tant le prix à payer dans l'imaginaire de la gauche est énorme. Un homme aisé qui choisit la gauche, c'est contre-nature. Hier, on reprochait à Léon Blum les vacances sur la Côte d'Azur, les couverts en argent. Pour Léon Gambetta, c'était la baignoire en or. Vous voulez retirer cette loi ? Vous voulez retirer la loi ? Retrez ! Vous voulez retirer cette putain de loi pour nous, les salariés ? La classe ouvrière aurait des représentants qui lui ressemblent. Ce n'est qu'une illusion de confort. Et Emmanuel Macron, avec son pédigré, ne rentre pas dans cette histoire.

Derrière le visage lisse d'un premier de la classe, se cache pourtant la difficulté de se construire un chemin. Tout commence en Picardie, où Emmanuel Macron fait le grand écart entre l'école privée catholique qu'il fréquente et l'école de la République, où sa grand-mère est institutrice. Moi, j'ai été élevé dans un imaginaire qui était en effet celui de ma grand-mère, donc qui n'est pas celui de ma génération, et donc de quelqu'un qui s'était forgé par l'école de la République, qui avait gravi les échelons, qui s'était toujours battu et qui ensuite a passé sa vie à faire réussir des gens, puisqu'elle était institutrice, et ensuite, elle a dirigé un collège en Picardie.

À une époque où diriger un collège, ça voulait dire diriger un dortoir de jeunes filles, les faire lire le soir, leur faire faire les devoirs et donc accompagner des vies. Et donc, c'est cette école-là qui a été la mienne. Dans votre local de classe. C'est une histoire familiale qui ne va pas de soi. C'est pour ça d'ailleurs qu'il a du mal à dire qu'il est héritier. Il a dû quand même se faire tout seul parce que ses parents ont divorcé. Je des choses que les gens savent assez peu. Il y a eu un rapport avec son père et sa mère, un peu compliqué aussi. Et c'est pour ça qu'il a été principalement élevé par sa grand-mère, qui lui a donné, on va dire, une conscience de gauche.

En tout cas, tel qu'il aime le présenter. Donc, il a été élevé plutôt par cette grand-mère, notamment d'un point de vue intellectuel. Mais Emmanuel Macron, le premier de la classe, va pourtant échouer. Il n'intègrera pas l'École normale supérieure. Rémy-rougeur. Il étudiera la philosophie à la faculté de Nanterre et travaillera avec le grand philosophe Paul Rémy-Rougeur. Ensuite, il intégrera l'ENA pour trouver sa place parmi l'élite française. Pourtant, sa première ambition était tout autre. Ce sont les hasards de la vie, les engagements successifs, les indignations, la volonté de faire, le goût des autres aussi, qui ont détourné. Je pense qu'Emmanuel est un littéraire pur.

C'est quelqu'un qui a cette fibre des mots. C'est pour ça que je ne peux pas décemment imaginer qu'il est aujourd'hui ministre de l'Économie. La littérature apporte à l'action politique. Elle apporte d'abord le rapport à la langue, la capacité à signifier, à nommer. Et je crois très profondément que la capacité à bien nommer les choses, parfois d'ailleurs à le nommer à côté et voir ce que ça provoque, à essayer de les déplier, change très profondément. Une partie, au fond de l'explication de la désaffection des Français pour les hommes politiques, pas pour la politique. C'est leur vocabulaire.

Et aujourd'hui, ce dont notre vie politique manque, c'est aussi d'un peu de la transcendance que la littérature et la philosophie apportent. Mais les mots sont terribles. Parfois, il arrive qu'ils dépassent votre pensée, tant la résonance médiatique est forte. Emmanuel Macron va l'apprendre à ses dépens lors de sa première interview comme ministre. 22 jours qu'il est ministre de l'Économie et ce matin, premier interview politique pour Emmanuel Macron est déjà une polémique. Il se met alors à parler du prix du permis de conduire et prend l'exemple des Abattoirs bretons-gades. Écoutez. Le permis de conduire aujourd'hui dans ce pays, il coûte en moyenne 1 500 €.

Il faut attendre plusieurs mois, parfois plusieurs années, avant de pouvoir le passer. Dans les sociétés qui me sont données sur les dossiers que j'ai, il y a la société GAD. Vous savez, cet abattoir ? Il y a dans cette société une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées. Illettrées, Patrick, ce mot a provoqué un tollé. Lui qui, ce matin, a dit que la plupart des femmes de la société GAD étaient des illettrées. Alors nous, on vient vous prouver qu'on n'est pas illettrés, qu'on qui a permis et qu'il y a aussi des administratifs et que toutes les femmes ici savent lire et écrire. Faire tant d'études pour sortir ça, je honte. Je honte à sa place.

On nous parle comme si on était des moins que rien. C'est un petit peu dommage. Je n'enlève rien au fait que je n'ai pas mis un cache-sexe sur le réel. Parce que dans les indignations qui ont fait suite à cet épisode, il y a une indignation qui m'a touché et qui a fait que j'ai présenté mes excuses et que je suis allé là-bas, c'est l'indignation des femmes et des hommes qui étaient concernés. Parce que eux, je leur dois, et encore aujourd'hui. Monsieur le Premier ministre, ce matin, à la radio, votre ministre de l'économie a traité les salariés des entreprises GAAD d'illettrés. C'est inadmissible. Après le scandale des sans dents, voici maintenant celui des illettrés.

Le premier regret, c'est pour les propos que j'ai tenu ce matin, si j'ai blessé et parce que j'ai blessé des salariés. Et c'est inacceptable et ce n'est pas ce que je voulais faire. Et donc, mon premier regret, mes excuses les plus plates, elles vont à l'égard des salariés que j'ai pu blesser, que j'ai blessé à travers ces propos, et je ne m'en excuserai jamais assez. Ce monsieur qui travaillait chez Rothschild n'a sans doute jamais rencontré une ouvrière d'agroalimentaire. Ce monsieur n'est pas venu voir sur place. Quelle méconnaissance de la réalité de l'intelligence ouvrière dans notre pays.

Si vous aviez fait votre travail depuis dix ans et pendant les dix ans, vous étiez là, nous n'aurions pas eu ces difficultés. Mon regret, madame, c'est précisément que vous, aujourd'hui, vous soyez aussi révoltés par les mots, mais que vous ne soyez pas aussi révoltés par les réalités. Parce que ce qui est inacceptable, c'est le quotidien que vivent ces femmes et ces hommes, madame. Les réformes que nous mènerons, ce seront pour eux, pour leur quotidien, parce qu'il doit être amélioré. Merci, monsieur le Ministre. Il y a une indéniation insupportable.

C'est celle des bien-pensants, de gauche ou de droite, qui me reprochait d'avoir dit le vrai et qui préfère employer des périph phrases parce que ça rend la réalité plus facile à vivre dans les beaux salons. Ça, je n'en ai rien à faire. Et je continuerai à nommer le réel, parce que quand on le nomme, on le traite mieux. Évoquer les ouvrières de Gad et les qualifier d'unalphabète. Cela sonne comme un acte manqué. Une maladresse qui s'explique peut-être par une contradiction intime. Emmanuel Macron avait en lui, depuis toujours, la sensation de ne pas être comme les autres et même d'être porté par son destin, de surplomber sa propre existence.

Et cela peut vous donner un complexe de supériorité. Quand je l'ai connu à Amiens, il savait qu'il était différent. Il n'avait pas a pris la mesure de l'ampleur de sa différence. Il savait qu'il était différent, mais pas jusqu'à ce point-là, puisqu'il a eu une réussite quand même spectaculaire, rapide, qui aujourd'hui fait beaucoup parler. Il a une ambition de faire quelque chose de sa vie. Ça, ça a toujours été une caractéristique chez Emmanuel Macron. J'ai un destin, en gros.

En cela, il est très anachronique par rapport à l'époque, parce qu'il il y a quand même peu de jeunes hommes ou de jeunes femmes qui, encore aujourd'hui, croient avoir un destin dans le monde tel qu'on peut le vivre aujourd'hui. Il n'avait peut-être pas pris la mesure de son destin, mais il se savait différent et il a cultivé cette différence. Et cette différence-là, je la retrouve dans l'Emmanuel Macron d'aujourd'hui. De cet engagement de jeunesse. Ce que j'aime chez lui, c'est qu'il a, au fond, une action politique nourrie de l'histoire de notre pays. Et le rapport à l'État qui l'entretient, un pays où on ne gouverne pas un pays sans mesurer l'importance de sonÉtat.

Par Jean-Pierre Chevènement, et notamment dans son rapport à l'État. Et dans son rapport à l'art de gouverner. Il croit à la verticalité en politique, à l'art de décider. Il le so croit d'ailleurs totalement en capacité de décider. Je avoir un résolument à l'action politique. Je crois dans le rôle de l'État, ce qui m'a donné beaucoup. Et l'une de mes plus grandes journées en étant ministre, c'est de servir dans l'État et d'avoir des fonctionnaires, justement, qui agissent dans cet esprit-là. L'état a un rôle fondamental dans nos pays. Nous sommes un pays qui s'est fait par l'État. On ne sait pas de décréter seul, et ce n'est pas la nation qui a constitué l'État. L'état a fait ce pays.

C'est son histoire. Ironie de l'histoire, c'est dans un TGV fierté industrielle française que le ministre Macron va visiter à Réva, fleuron de l'industrie française et fer de lance de notre indépendance énergétique héritée de la France du général. Au Centre atomique de Marcouls, le le président de Gaulle a pu constater le chemin parcouru depuis qu'en 1945, il signa l'acte de naissance de l'industrie nucléaire en France. C'est ici le germe de la puissance d'un pays et c'est cette promesse qui a voulu marquer le général de Gaulle en disant: Il est saisissant de constater ce que sont les réalisations françaises quand on s'en donne la peine.

Dans la tête d'Emmanuel Macron, il y a un souvenir abstrait des Trente Glorieuses, de la fierté de la France gaulienne avec un État fort. Il est un enfant de la crise et de la révolution libérale. Nous avons structuré notre imaginaire productif, politique, durant les Trente Glorieuses, c'est-à-dire dans une économie de rattrapage où les cycles étaient très longs, où les ajustements politiques étaient aussi très lents. Il y a eu des crises, mais les programmes longs, le capitalisme long ont permis justement de construire un destin au pays.

Or, nous sommes dans dans une ère aujourd'hui beaucoup plus mondialisée, où la décision est décentralisée de manière beaucoup plus forte et qui est une économie de l'innovation, de la repliomie, de la rapidité, de l'ajustement. Et si on reste avec les mêmes régulations, les mêmes discours, les mêmes représentations, on est mort. Le propos est libéral, mais comme toujours, ce n'est pas si simple. Le ministre plaide aussi pour un État fort, pour accompagner ou soutenir l'industrie française. Un paradoxe qui tranche avec le consensus de beaucoup de ses camarades socialistes, convertis au libéralisme financier dès les années 80.

Le Parti socialiste avait déjà une frange extrêmement libérale, pro-privatisation ou pro-finance par le passé. Dès les années 80, Laurent Fabus est dans cette politique-là. C'est-à-dire, en gros, on a tout essayé, de toute manière, ça ne marche plus. Le vieil État, il faut le foutre à la poubelle. Le vieil État colbertiste, la politique industrielle, c'est du passé. La France doit être une France des services et de la finance. 83, 84, c'est le tournant. L'adaptation complète, l'ouverture au réel, on s'ajuste et on a même une gauche qui devient très pro-marché, très pro-libérale et qui fait une ouverture que peu de gouvernements de droite ont fait ou auront fait.

Ils vont beaucoup plus loin que ce qui a été fait ces dernières années. On sombre même collectivement, d'ailleurs, gauche et droite confondues, dans une très grande naïveté à l'égard des marchés. Et c'est un des moments où vont se jouer d'ailleurs les causes de la désindustrialisation française, parce qu'on ouvre sans plus protéger, on ouvre à tout vent, on ne crée pas les conditions d'avoir un vrai capitalisme français et on prépare aussi quelques sinistres. Areva, constructeur de centrales atomiques et malade, EDF est inquiet pour l'avenir de la filière nucléaire en France. Face à cela, Emmanuel Macron n'hésite pas à sortir le carnet de chèques au nom d'un État redevenu stratège.

C'est donc parce qu'il y a une stratégie industrielle repensée, refondée, réorganisée pour la France et pour l'international, parce qu'il y a des compétences essentielles et des sites productifs comme celui-ci, que nous avons décidé en responsabilité de réinvestir jusqu'à 10 milliards d'euros dans la filière nucléaire française. C'est une décision nécessaire parce que nous ne faisons pas simplement que réparer des éléments. Nous reconstruisons pour le futur. Ce que je sais, c'est que c'est une histoire qu'on a toujours gagnée.

Et on l'a gagnée parce qu'il y avait des femmes et des hommes qui connaissaient leur métier, parce qu'il y avait des dirigeants qui n'avaient jamais lâché cette filière, et parce qu'il y a un pays qui croit dans sa souveraineté énergétique, qui croit non seulement dans son histoire industrielle, mais dans son avenir industriel. Et c'est pour ça qu'on est là aujourd'hui tous ensemble. Merci beaucoup. Alors, qu'est-ce que vous voulez faire après, vous ? Je vais m'entreprendre en France. Quand vous serez président, on va manger un verre comme faire aux États-Unis. D'accord ? Merci en tout cas. Merci. Bienvenue. Bon courage. Merci.

Dans ma culture politique, dans mon approche des choses, il y a cet alliage entre ce que certains ont pu appeler un libéralisme politique et économique que j'assume pleinement pas, mais au sens strict du terme, pas dans la confusion sémantique dans laquelle on entretient cette notion aujourd'hui, on la rapproche du capitalisme, ce qui ne veut rien dire, ou de l'ultra libéralisme. Mais oui, je crois à la liberté des individus, à l'autonomie des individus et de la société. Et en même temps, Je crois très profondément que l'État a un rôle, et que ce rôle est très spécifique en France, parce qu'il a son histoire.

Emmanuel Macron est souvent présenté comme moderne et libérale, mais son credo pour un État fort se nourrit d'une lecture très classique de notre histoire. Il assume cette nostalgie d'une France qui s'est transformée grâce à un État puissant et stratège et à ses serviteurs. Il s'appelait François Bloch-Léné ou Simon Nora. C'est au fond une génération de bâtisseurs, pas tant parce qu'ils sont fonctionnaires. C'est une génération de bâtisseurs parce qu'ils sortent de la guerre. C'est l'époque où quand vous étiez au fonctionnaire, vous n'aviez souvent pas simplement réussi à passer un concours.

Vous aviez piloté un char, vous aviez peut-être été dans un sous-marin quand vous vous étiez pas engagé dans la résistance à 17 ans. Parce que ces bons hommes-là, c'est ça qu'ils ont fait en premier. Ça change le rapport aux réalités, que vous le vouliez ou non. Ma génération n'a pas connu ça, celle d'avant encore moins. Le défi qui est le nôtre aujourd'hui, c'est de réconcilier les Français. Ce qu'ils ont su faire à ce moment-là, c'est d'être à nouveau des bâtisseurs. Le système est épuisé, il est fatigué. Le peuple français a conscience de cela.

Il y a une France qui a peur du monde, il y en a une autre qui est fascinée par la mondialisation, il y a une France qui veut se replier sur elle-même, une autre qui pense qu'elle est cosmopolite, mais c'est le même pays, c'est les mêmes valeurs. Et on doit réussir à regrouper les énergies, justement, de la société politique, de la société civile, de plusieurs mondes qui ne se parlent plus pour réconcilier ces Français, c'est-à-dire refondir, pas réformer. Les gens sont épuisés de ce terme. Pour refonder. La défiance à l'égard du politique est telle que les discours ou les réformes technocratiques ne fonctionnent plus. Elles doivent s'accompagner de réformes fortes, visibles.

De quoi rêve Emmanuel Macron, sans aucun doute, à devenir président. Un président au-dessus des partis politiques parce qu'en prise directe avec la société. Un monarque de l'ère numérique, un monarque 2. 0. C'est audacieux, mais les Français ont toujours eu la faiblesse de croire aux hommes providentiels. Voici donc la France et son peuple. C'est ce peuple dont les mains ont toujours tenu l'outil et la plume, main de l'imagier, main de l'artisan, main du chercheur. C'est ce peuple qui l'a suivi, approuvé, confirmé dans dans sa pensée et dans son action.

Et c'est ce peuple dont les mains se tendent dans toute la France vers l'homme qui, aux heures dramatiques, a toujours incarné l'esprit national. La France est une nation particulière. Elle ne peut pas se résumer dans sa vie politique à celle des autres pays d'Europe. Parce que d'abord, les autres pays d'Europe, parce que d'abord, les autres pays d'Europe ont soit assumé qu'ils étaient des puissances moyennes comme l'Allemagne, assumé pour des tas de raisons historiques qu'elle ne sera jamais qu'une puissance moyenne, politique en tout cas, ou parce qu'ils ont une identité nationale qui est incarnée par un roi.

La France est une grande puissance qui n'a pas accepté d'être une sous-puissance, mais qui n'a pas de monarque. Et donc, nécessairement, elle doit avoir une conception de la politique complètement différente. Il doit y avoir un président qui incarne la monarchie. Alors, on a fait cette erreur majeure, double, de réduire le mandat à cinq ans et de réduire le président de République à un super Premier ministre, ce qui fait qu'il n'y a plus de monarque dans cette société, et donc le pays est sans politique.

Tant qu'on a ça, la France s'engage dans un processus où elle aura le pire de l'Allemagne, c'est-à-dire la négation du désir politique, et le pire des pays sociaux-démocrates d'Europe du Nord, puisqu'elle aura un Premier ministre modeste, sans roi, sans personne pour incarner l'identité nationale. Et ça, c'est très dangereux, parce que ça veut dire que, tant à gauche qu'à droite, le débat sur la permanence de la nation est ouvert, puisqu'il n'y a plus personne pour l'incarner. C'est très dangereux. Monsieur le Président, pardon de se coincer. L'affaiblissement de l'autorité correspond à une impuissance réelle du pouvoir.

C'est-à-dire que les hommes au pouvoir, aujourd'hui, sont livrés à une forme d'impuissance dans la mesure où si on pouvait localiser le lieu du pouvoir, ça serait certainement plus la tête de l'État. Mais c'est quoi un impuissant ? Sexuellement, psychologiquement et politiquement, c'est quelqu'un qui ne tient pas ses promesses. Se présente comme comme un personnage politique se présente comme n'étant pas lui effondré à l'idée d'occuper une place qui serait celle de l'impuissance, il exerce pendant un certain temps, en tout cas, une certaine séduction.

Quand la France réussit à porter un discours sur le reste du monde, à rayonner, à porter ce qu'elle est, elle est fidèle à elle-même et les gens y sont heureux. Qu'est-ce qui s'est passé, monsieur ? Il y a eu un attentat. Il y a plusieurs dizaines de tués. Il y a beaucoup de blessés. C'est une horreur. 13 novembre Ce jour-là, des Français ont tiré sur d'autres Français, faisant 191 morts. C'est un défi pour tous les responsables politiques et en premier lieu, pour le chef de l'État. Monsieur le président de la République, vous avez la parole. 48 8 heures après ces événements, le président de la République réunit le Parlement au Congrès, à Versailles, pour réviser la Constitution.

Une initiative qu'avait désapprouvé Emmanuel Macron. Mon grand désaccord, mais je l'ai exprimé au président de la République le matin même de sa déclaration à Versailles: Je pense que c'est un tort de modifier la Constitution dans ces circonstances. Je pense qu'on ne modifie pas la Constitution pour répondre à l'émotion. Précisément parce que la solidité des institutions, c'est de ne pas céder à cela. Parmi les mesures envisagées par le chef de l'État, il en est une qui cristallisera toutes les passions et heurtera le ministre de l'Économie. Ennemis. Cela constituera entre eux un point de rupture.

Mais nous devons pouvoir déchoir de sa nationalité française un individu condamné pour une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ou un acte terroriste, Même s'il est né français, je dis bien, même s'il est né français. Je dis bien même s'il est né français. Dès lors qu'il bénéficie d'une autre nationalité. Je vous demande de réfléchir à la décision que j'ai prise. Ce qui m'a philosophiquement choqué dans l'idée de déchéance, c'est la promesse intenable qu'on fait à nos concitoyens qu'au fond, on réglerait les problèmes en excluant. Et qu'au fond, la solution pour la communauté nationale, c'est d'exclure le mal. C'est une promesse intenable. Le mal est dans la société.

Il y en aura toujours. Le risque est dans la société et il y en aura toujours. Et donc oui, il y aura toujours des criminels, il y aura toujours des fous, il y aura toujours des salopards. Au plan mondial comme au plan français, nous sommes en 1932 et que chacun doit prendre ses responsabilités par rapport à cette crise politique fondamentale. Neuf jours après les attentats, au Conseil économique et social, Emmanuel Macron va provoquer les GRAC, ce groupe de hauts fonctionnaires qui souhaitent une alliance entre droite et gauche libérale.

Tout le monde se réjouit de voir Emmanuel Macron parce qu'il est dans la même ligne idéologique que les GRAC et on s'attend à ce qu'ils fassent un discours économique. Emmanuel Macron a décidé, devant les Grecs, de laisser parler son double. Il va faire de la politique. Quand j'avais pris cet engagement de conclure les universités d'été des Grecs et que l'attentat arrive, je dis à ce moment-là ce que je pense très profondément, c'est-à-dire qu'il y a une responsabilité très profonde des élites. Je vais vous parler du moment que nous traversons. Il a quelques pages entièrement remplies de notes manuscrites de sa part, pas un discours écrit, des notes.

Il va montrer qu'à partir de ces notes, il sait construire un discours d'une élégance à laquelle on n'est plus habitué avec les discours d'hommes politiques. Ils n'étaient pas des oiseaux de passage. Ils s'appellent de Samy Amimour, Fabien Klein. Ils étaient presque tous nés en France ou dans d'autres pays européens. Ils ont été éduqués chez nous. Longtemps intégrés. Et à un moment, les choses ont mal tourné, mais ils ont grandi en France. Il a l'air d'entamer, d'entonner le discours de Hollande et Valls.

Et puis, après quelques minutes, il dit: Mais il faut aussi maintenant se poser le problème de notre responsabilité à nous, à vous, à nous, aux élites, dans la constitution du terreau qui a permis l'émergence du djihadisme. Nous avons progressivement abîmé cet élitisme ouvert et républicain qui permettait à chacune et chacun d'où qu'il vint de progresser. Et je le dis ici, puisque nous sommes les premiers coupables collectivement. Nous sommes une société de plus en plus endogame. Nous sommes une société où les élites se ressemblent de plus en plus. Nous sommes une société où nous avons construit la capacité à fermer la porte.

Je suis au cœur de cette endogamie par mon parcours, mais j'ai toujours voulu m'en libérer par mes comportements et par mes propres affinités, par mes démarches personnelles, parce que je n'aime pas cette endogamie, parce que je pense qu'elle est coupable, parce que je pense qu'elle empêche de penser. Il y a un terreau que nous avons laissé constituer. Et ce terreau, c'est notre responsabilité. Merci pour votre attention. Les propos d'Emmanuel Macron passeront inaperçus ou presque. Manuel Valls les désapprouvera et le fera savoir indirectement à l'Assemblée nationale. Aucune excuse ne doit être recherchée. Aucune excuse. Aucune excuse sociale, sociologique et culturelle.

Car dans notre pays, rien ne justifie qu'on prenne des armes et qu'on s'en prenne à ses propres compatriotes. Faire de son propre, ministre de l'Économie, quelqu'un qui cherche à justifier le djihad, rare quand même d'avoir à la tête de l'État ce type de critique. Ma question est donc simple et concrète: à combien ? D'abord, c'est une erreur intellectuelle. Vouloir expliquer, ça n'est jamais excusé. Et considérer qu'il ne faut pas expliquer, puisque c'est ce qui est dit à ce moment-là, et qu'il ne faut pas chercher à comprendre les causes profondes de ce qui arrive, c'est une erreur.

C'est une erreur profonde parce que sinon, ça signifie que la vie politique ne consiste qu'à traiter les symptômes et ne jamais remonter aux causes profondes. Dès lors, la guerre contre Emmanuel Valls est déclarée. Mais Emmanuel Macron reste au gouvernement et fera toujours valoir sa différence. La politique est parfois un théâtre et l'Assemblée nationale, une scène de choix. Et c'est là que l'affrontement entre les deux hommes se verra au grand jour à plusieurs reprises. Dans l'interminable débat sur la déchéance de nationalité, Emmanuel Macron ne soutient pas son gouvernement. Il va même décider de faire connaître son opposition au grand jour, à la veille du vote.

C'était le 9 février 2016, devant l'association Francis Raëlle. J'ai, à titre personnel, un angle fort philosophique avec la place de l'Afrique, parce que je pense qu'on ne traite pas le mal en l'exclusion de la communauté nationale. La déchéance de nationalité. Une sortie inattendue. Je n'exclus pas qu'Emmanuel Macron soit sincère. Je ne veux pas qu'on en fasse, pour ma part, un débat de principe sur ce que doit être la communauté nationale, qui est un autre débat. Je ne veux pas qu'on en fasse un débat de principe et un débat philosophique sur la binationalité, qui est un autre débat.

Et si son attaque contre le projet présidentiel de déchéance de nationalité, à la veille du vote, était un moyen d'affirmer des convictions, de se poser définitivement comme une alternative à gauche, d'apparaître comme un rempart contre le Fonds national et une lopénisation des esprits. Les dirigeants de Mosaïques RH ont saisi la balle au bon. Depuis plus de 10 ans, ce cabinet de recrutement cherchent à faire se rencontrer les diplômés des quartiers et le monde économique. Ce qui distingue effectivement Emmanuel Macron, c'est juste d'envisager la question des quartiers sous l'angle plutôt économique que purement social.

Aujourd'hui, nous, les jeunes qu'on rencontre sont des jeunes qui sont habitués aux réseaux sociaux, à partager l'information dans les réseaux sociaux. Donc l'économie de partage, pour eux, c'est la réalité d'aujourd'hui, c'est naturel et c'est comme ça qu'ils voient un peu leur évolution dans la société d'aujourd'hui. Donc, qu'Emmanuel Macron ait compris ça et qu'on le dise de lui qu'il est libéral, soit. Mais je pense que peut-être qu'il a juste compris quelles étaient les attentes des jeunes d'aujourd'hui et de la jeunesse d'aujourd'hui. Ça fait 30 ans que dans notre pays, le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans n'est jamais tombé sous les 18%, jamais.

Le 5 février 2016, à Bercy, il va faire de son ministère un lieu de rencontre entre DRH d'entreprises et 1000 jeunes issus des quartiers. Il y a 1 000 jeunes qui ont été sélectionnés et vous êtes 500 entreprises qui se sont portées volontaires. Les jeunes, en particulier les jeunes diplômés de nos quartiers, sont une formidable énergie pour le pays et une formidable opportunité pour le pays. C'était beaucoup plus difficile pour nombre d'entre eux de décrocher ce diplôme que lorsqu'on vient des beaux quartiers. Ils se sont déjà plus battus dans la vie. Ils ont une énergie avec eux, une ont été de faire qui est formidablement importante. Donc, votre mobilisation ce soir est dans la durée.

Et l'effet d'entraînement que vous aurez chacune et chacun dans vos secteurs, c'est ce dont nous avons besoin. Parce que c'est ça, finalement, tenir la promesse républicaine. Merci Monsieur le Ministre. Ça veut dire que notre société doit être en capacité d'élever chacun au-delà de ce qu'il est. Et moi, je considère que quand vous avez des fils ou des petits-fils d'immigrés qui reviennent vers un fondamentalisme religieux qu'avaient pas leurs parents ou leurs grands-parents. C'est quelque chose n'a pas marché chez nous.

Il faut que les uns et les autres, dans leur culture, dans leur monothéisme, dans leur spécificité, puissent s'exprimer et avoir cette couleur, cette joie, ce qui les apporte à la société française. Et en même temps que ce soit clair pour tout le monde que, au fond, les règles de cette société, c'est ce qui nous rassemble. Il y a plusieurs Emmanuel Macron, celui qui ambitionnait de devenir écrivain, le Mozart de la finance et enfin, l'Inspecteur des finances, soucieux de l'intérêt général. Il semble qu'après quelques mois à Bercy, un nouveau Emmanuel que le Macron s'impose. Une autre ambition prend place dans sa tête. Il s'imagine un destin politique.

Emmanuel Macron, il semble échapper à la critique d'ambition malpondérée, disons, ou mal dissimulée, parce qu'il a l'âge de son ambition. Son ambition est d'autant plus supportable que par ailleurs, il nous présente son parcours, le plus récent, c'est-à-dire depuis qu'il est, disons, mêlé aux affaires du quinquennat, comme étant un parcours pendant lequel on l'a constamment bridé. Emmanuel Macron est un ministre populaire divers. Il échappe aux critiques contre la loi travail qu'il a pourtant soutenue. Et pour beaucoup, il est la nouveauté et l'envie de changement le protège.

L'atout principal, c'est de rentrer en résonance avec une réalité française qui a envie de changement, qui a envie de repenser le compromis historique de la Libération et de proposer un nouveau contrat aux Français. L'handicap, quand vous incarnez la nouveauté, en particulier dans le monde politique, vous avez face à vous, une coalition extrêmement forte, extrêmement large, qui va tout faire pour vous en empêcher. C'est-à-dire que c'est une réelle faiblesse. En fait, l'attitude d'Emmanuel Macron Macron, c'est d'être compatible avec tout le monde du moment qu'il est employable. Il est compatible avec la deuxième gauche rocardienne ou la gauche sociale libérale.

Il peut être compatible avec un gouvernement qui serait présidé par quelqu'un comme Chevet de main, mais de temps en temps, il repasse dans les affaires. Donc, le service de l'État, là-dedans, c'est simplement le service de sa propre carrière. Le destin d'Emmanuel Macron va prendre forme sur ses terres picardes à Amiens, le 6 avril 2016. Ce jour-là, il lance son mouvement politique avec un nom explicite: En marche. J'ai mis du temps, j'ai réfléchi, j'ai consulté J'ai associé beaucoup de gens et j'ai décidé qu'on allait créer un mouvement politique. Un mouvement politique qui ne sera pas à droite, qui ne sera pas à gauche.

On essaiera toujours de le remettre dans une case, de dire: Moi, je suis d'un gouvernement de gauche et je l'assume totalement. Mais je veux travailler avec des gens qui se sentent aujourd'hui à droite aussi. Le mouvement politique d'Emmanuel Macron ressemble au désir d'avenir de Ségolène Royale, mais surtout le travail de terrain est celui initié par Barack Obama lors de sa campagne victorieuse en 2008. C'est bon ? Bonjour, à toutes et tous. Je suis à Paris, là, avec une équipe qui est en train de se former pour la Grande Marche. Cette Grande Marche, son objectif, c'est d'aller à la rencontre des Français. Nous allons vous demander votre avis, vos idées, votre perception des choses.

Mais ce n'est pas être populiste que de parler au peuple. Ou alors, je revendique de l'être. Ce que nous pouvons faire avec les meilleures intentions du monde, c'est quand même toujours de changer l'avis des gens. Et donc, ma volonté, c'est d'entendre et d'écouter, de porter une verticalité que j'assume totalement dans le message politique à travers les valeurs et l'idéologie, et de réconcilier justement les deux. Mais ça n'est pas la démocratie participative au sens classiquement utilisé, c'est-à-dire en quelque sorte, les gens me diront: Il faut aller. C'est pas ça.

Conscient de la force politique du symbole, Emmanuel Macron choisit, au moment où il lance son mouvement politique, en marche, de célébrer Jeanne d'Arc à Orléans. Les grandes figures de l'histoire ne nous parlent pas. Elles n'ont jamais cherché à nous envoyer un message. C'est nous seuls qui les faisons parler. Il n'y a pas non plus d'hommes ou de femmes providentielles. Je n'y crois pas. C'est une erreur de laisser Jeanne d'Arc au Front National.

Faire comprendre à un Français dans une école aujourd'hui, quelle que soit son origine sociale, quelle que soit sa confession, que Jeanne d'Arc fait partie de son patrimoine imaginaire, culturel, qu'elle a fait, le pays, c'est essentiel pour qu'il comprenne ce que c'est qu'être français. C'est ça, l'identité. Mais en même temps, il faut expliquer que Jeanne d'Arc, elle a réussi à faire ce qu'elle a fait en devant une armée de métèques, dirions-nous aujourd'hui. Mais voilà, c'est aussi cela notre pays. Paris, 12 juillet, c'est C'est à la mutualité, salle mythique dans l'histoire de la gauche, qu'Emmanuel Macron organise son premier meeting.

Celui qui doit consacrer sa mue, sa transformation, celle d'un jeune ministre surdoué en ténor politique, prêt au combat présidentiel. Il y a des différences entre la gauche et la droite. Elles existent des différences de culture politique, de sensibilité sur certains sujets. Moi-même, j'ai eu l'occasion de le dire, je suis de gauche. C'est mon histoire. Emmanuel Macron est un enfant de la fin des idéologies. Il est de gauche, mais d'une gauche dépourvue d'un surmoi marxiste. Une gauche qui échappe au XIXe siècle pour mieux rentrer dans le XXIe. Ce monde est ancien. Il est usé. Il est fatigué. Il faut en changer.

Aujourd'hui, la gauche est dans une crise très profonde avec elle-même, parce qu'elle est séparée entre une gauche, moi que je qualifie de statutaire, de conservatrice, qui pense que protéger les Français, c'est leur dire: On va, au fond, vous éviter de vivre la grande transformation du monde. Elle est de toute façon inéluctable, elle nous dépasse, mais on va vous protéger. Et à côté de ça, il y a une gauche du réel qui, au fond, dit: Le monde est en train de à changer, on doit refonder les choses. Le problème, c'est que comme elle ne pose pas les constats et une idéologie claire, elle se retrouve dans une situation où elle donne le sentiment de s'adapter au monde.

Et c'est la pire des choses pour des gens de gauche. Parce que quelqu'un qui a un éthos de gauche, une morale de gauche, dit: Moi, j'ai des principes, je veux changer le monde. Je crois malgré tout qu'aujourd'hui, on le voit bien, face à ces défis qui sont les nôtres, nous devons dépasser ce clivage. Dans la tête d'Emmanuel Macron, il y a côté pile de l'ambition, une parfaite compréhension de l'inconscient monarchique français. Et côté face, il y a la volonté de parier sur la raison et elle seule. Un pari qui n'est pas sans risque, c'était hier, celui de Pierre Mendès France ou Michel Rocard. Je veux qu'au cœur de nos convictions, de nos valeurs, nous la laïcité.

La France, elle a des origines chrétiennes. C'est vrai. Il faut le regarder en face, il faut le nommer. Il s'appelle Jean, Michel, Malika, Raphaël, Ismaël ou que sais-je. C'est ça l'identité française. Ça n'est rien d'autre. Ça n'est pas quelque chose qui nous diviserait. Ça n'est pas quelque chose qu'on veut nous enlever. Parce que l'identité française, c'est un projet. L'identité française, c'est ce qui nous fait avancer. L'identité française, c'est ce que nous sommes en train d'inventer. L'identité française, ça n'est jamais étriqué. Ce meeting du 12 juillet est celui de l'affranchissement pour Emmanuel Macron.

Il n'hésite plus à aller contre les peurs françaises du moment, à revendiquer pleinement sa liberté contre le président de la République et le gouvernement. Monsieur le Président, on est par là. Emmanuel Macron ne se dédouble plus. Il ne fait plus qu'un avec son ardent désir de liberté. La violence des réactions qu'il y a eues au sein du gouvernement, dans l'écosystème politique, la violence des réactions qui a parfois eu au sommet de l'État, crée une tension qui, à un moment, devient insoutenable et entretient le sentiment d'une ambiguïté chez beaucoup de gens, en disant: Au fond, est-ce que c'est possible d'être dedans, dehors ? Je l'entends, ce sentiment d'ambiguïté.

Ce n'est pas ce que je veux faire. Emmanuel Macron, sur le point de démissionner du gouvernement. Rtl vous le révèle, c'est une question d'heure. Le ministre de l'Économie aurait donc pris sa décision de quitter le gouvernement. C'est bien sûr l'information de la journée, la démission d'Emmanuel Macron. Je pense que parmi les dirigeants du Parti socialiste et dans le gouvernement, il passe pour un traître, non pas tant à cause du fait qu'il se retire du jeu, mais à cause de la date qu'il a choisie. Il quitte le navire au moment où on a l'impression qu'il est en perdition. J'ai 38 ans. J'ai un poste, une visibilité forte.

Si j'avais poursuivi mon intérêt personnel, j'aurais été le meilleur élève de la classe, j'aurais cherché à prendre le parti, à être au cœur de cette campagne, à jouer le coup d'après comme beaucoup font, ou ont fait. C'était mon intérêt, c'était beaucoup plus sûr, beaucoup plus sûr. J'ai présenté cet après-midi au président de la République ma démission du poste de ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique. Macron, il a fait les choses au grand jour. Clairement, il est allé voir Hollande, il a discuté avec lui. Donc On n'a pas l'impression que c'est un traître.

C'est juste quelqu'un qui se sépare, qui ne se sent pas tenu ad vitam aeternam de dire merci et d'être dans une allégeance à quelqu'un dont il ne partage pas les idées. Le choix que je prends aujourd'hui, c'est un choix pour être libre et responsable. Je vous remercie pour votre attention. Dans cette France inquiète de son avenir, la vitalité d'Emmanuel Macron détonne. Il est peut-être le symptôme de la recherche d'une espérance collective. Il ambitionne d'être celui qui, demain, écrira une nouvelle page du roman des Français. Nous sommes tous un produit de de l'histoire. Je rappelle qu'à la Libération, on avait nationalisé les banques l'énergie Renault. Ça, ça fait partie de notre culture.

Le gros avantage d'Emmanuel Macron, c'est comme il est en rupture dans son histoire par rapport à cette suggestion, ça lui permet justement d'être beaucoup plus libre pour proposer un nouveau contrat, un nouveau contrat social, un nouveau partage à la société française. Le pari d'Emmanuel Macron est un pari pascalien pour un homme politique qui n'a jamais reçu l'onction du suffrage universel. Mais peut-être que la clé est ailleurs. Il a décidé de vivre le roman qu'il n'a pas encore écrit. De toute façon, je me donne, pour l'action publique en elle-même, un temps limité. Parce que ce sont des vies asséchantes aussi, par ce qu'elles imposent d'engagement, ce qu'elles imposent de contact.

Il est donc bon, à un moment donné, d'arrêter de le faire. Donc, je fais ça pour un temps donné. Ce n'est pas pour demain, je vous rassure, mais dans 15 ans, je ne ferai plus cela.