Trump tout puissant... - C dans l’air - 20.01.2025
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Il a été accueilli à la Maison Blanche par Joe Biden. Trump is back. Il est de retour pour une cérémonie d'investiture qui se déroule à l'intérieur en raison de la vague de froid polaire sur les Etats-Unis. Donald Trump qui annonce la couleur, un déluge de décrets pour mettre en scène le changement d'air. Immigration, guerre commerciale, retour en grâce des énergies fossiles. Il promet 100 décrets en 100 jours.
Parmi les invités cet après-midi, Georgia Melanie, Ravier Milley, Jair Bolsonaro et pour la France, Éric Zemmour et Marion Maréchal, les figures d'un nouvel axe politique qu'Emmanuel Macron a nommé la nouvelle internationale réactionnaire. En tout cas en Europe, on se prépare au choc économique et au retour de la loi du plus fort, comme le dit le ministre des Affaires étrangères, avec un avertissement formulé aujourd'hui par le Premier ministre François Bayrou. Si nous ne faisons rien, la France et l'Europe seront écrasés. Écrasés, Trump tout puissant, c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Nicole Bacharant.
Vous êtes historienne, politologue, spécialiste des Etats-Unis, éditorialiste à Ouest France. Avec nous ce soir, Isabelle Lasserre. Vous êtes correspondante diplomatique pour Le Figaro. Votre dernier article intitulé « L'état de souffle de Donald Trump sur le monde » c'est à retrouver sur le site de votre journal. Et on va en parler beaucoup ce soir. Loïc Delamornet est avec nous. Vous êtes grand reporter pour Envoyé spécial et France Télévisions. Vous êtes ancien correspondant aux Etats-Unis. Enfin, Nicolas Bouzou, vous êtes économiste pour le cabinet de conseil Asteres, chroniqueur à l'Express. Citons votre livre « La civilisation de la peur » aux éditions XO. Bonsoir à tous les quatre.
– Bonsoir. – Merci de participer à ce « C'est dans l'air » en direct. Bien sûr qu'on va vous faire vivre cette cérémonie d'investiture. Et d'ailleurs, voilà les toutes premières images. On a vu arriver tout à l'heure la famille de Donald Trump qui va jouer, vous nous direz, peut-être un rôle dans l'entourage d'une présidente des Etats-Unis. Et puis, on en a beaucoup parlé. Et on va beaucoup en parler ce soir également. Les patrons de la tech qui ont tous fait allégeance à Donald Trump et qui naturellement sont extrêmement puissants et jouant également un rôle auprès du président. Tout à l'heure, on en parlait avec Christine Ockrent, Nicole Bacharan.
Il faut rappeler que c'est une cérémonie privée qui est en train de se dérouler.
– C'est vrai, vous avez raison. Rien n'oblige à ce que ça soit au milieu d'une foule sur les marches du Capitole. C'est quand même la tradition, mais elle n'est pas toujours respectée. Et je donne deux exemples. En 1985, pour cause de grand froid, la deuxième prestation de Ronald Reagan a eu lieu, de même dans la rotonde du Capitole, comme ça se passe aujourd'hui. Et je me souviens que la deuxième prestation de serment de Barack Obama, donc en 2013, a eu lieu à la Maison-Blanche, en petit comité, parce qu'au fond, il avait déjà eu la grande cérémonie, le grand discours, la foule. Donc c'est une cérémonie privée, mais où les Américains sont quand même extrêmement concernés. Ils regardent.
Il y en a beaucoup qui se sont déplacés, qui n'auront pas de place à cause du froid. Et puis, évidemment, on observe beaucoup qui est présent, qui a réussi à se faire inviter, qui a payé très très cher.
Et on va en parler des invités. Mais sur le moment, c'est un moment institutionnel, c'est un moment grave, c'est un moment solennel, c'est un show, une cérémonie d'investiture, c'est quoi ?
– C'est tout ça à la fois, et je vous avoue que depuis ce matin, comme nous tous, je suis ça, pas à pas, et je pose déjà que Donald Trump a gagné l'élection, qu'il est bien élu, qu'il est légitime, mais en même temps, dans ce que je vois, tout est faux. – Pourquoi ? – Donald Trump et Mélania arrivent à la Maison-Blanche, sont reçus par le couple présidentiel. Ces hommes se haïssent, c'est pas l'hostilité politique traditionnelle. Hier encore, Donald Trump a traîné Joe Biden dans la boue, avec une violence inimaginable, accusée de corruption, accusée vraiment d'avoir détruit ce pays.
Il y a 4 ans, évidemment, on s'en souvient, Joe Biden et son épouse sont arrivés à la Maison-Blanche dans la même situation, les Trump étaient partis, et le nouveau couple a trouvé la porte fermée à clé. Ils ont dû faire appel à un militaire qui a fait office de serrurier. Et là, je termine là-dessus, mais cette rotonde de Capitole, qui est quand même le lieu le plus symbolique, le plus sacré de la démocratie américaine, elle a été désacralisée il y a 4 ans, on a tous en tête le chaman avec sa peau de bête,
Oui, parce que c'est là que ça se passe, bien sûr.
Et désacralisée, pourquoi ? Parce que Donald Trump a lancé ses troupes, ses émeutiers à l'assaut du Capitole. Donc là, va être honoré l'homme qui, en dehors de son appartenance politique, n'aurait pas dû être éligible si les contre-pouvoirs avaient joué leur rôle.
C'est vrai que c'est une sacrée ironie de l'histoire que ça se passe à se mettre dans cette même pièce, sous cette coupole.
Quelle revanche, quel barraquat de cette personnalité, encore une fois, extraordinaire, au sens littéral du terme, qui est Donald Trump. On en a parlé à de nombreuses reprises sur ce plateau. Mais rappelons-nous, il y a 4 ans, au même moment, Donald Trump, on dit qu'il va se morfondre, s'éteindre, tout seul à Mar-a-Lago, lâché par tous. Il est de retour. Et je me rappelle encore, on s'en rappelle tous, cette phrase qu'avait Donald Trump avant même son élection en 2016. Il disait, vous vous en rappelez, les gens m'aiment tellement que je pourrais descendre sur la 5e avenue à New York, un flingue et quelqu'un qui m'aimerait toujours autant. Plus de 8 ans après, on en est là. Et c'est...
Voilà, on peut... Si on voit les choses différemment, on peut dire l'histoire est incroyable.
Et effectivement, je voudrais vous montrer cette une du Time Magazine pour illustrer ce que va faire Donald Trump. Regardez, ils ont mis en animation, cette animation en ligne, on le voit arriver, voilà, qui fait table rase, qui arrive tonitruant pour mener cette revanche.
Oui, déjà, c'est une vengeance absolument spectaculaire, c'est une revanche. Sur les images, je voudrais juste... Il y a quelque chose qui ne va pas dans les images des deux couples, c'est que le chapeau de Mélania... On ne voit pas son regard, on va essayer de la retrouver, cette image. On ne voit pas ses yeux, c'est absolument... Ça doit vouloir dire quelque chose. Elle remplace les lunettes du soleil. Je ne sais pas quoi.
Regardez, on la voit sur cette photo, effectivement, sur tous les plans, c'est à la limite du regard
et on ne voit pas son regard. Oui, comme si elle ne voulait pas voir quelque chose, c'est assez curieux. Alors, sur cette une de Time, oui, mais c'est absolument incroyable parce qu'en fait, il arrive, il déboule quasiment comme un chien dans un jeu de qui avec ce désir de vengeance et ce désir aussi de révolution. On le sent déjà dans ces images, dans ces premières images au Capitole. Et alors, quand même, il y a quand même une chose, c'est que...
Alors là, ce n'est pas un jugement de valeur, je ne juge pas sur le fond, mais la méthode Trump, c'est la une du Time, c'est-à-dire qu'il a un projet, il s'est préparé à son projet depuis 4 ans, tout est complètement bétonné, il va, dès aujourd'hui, s'atteler à réaliser son programme, mais dans la même temps, c'est-à-dire qu'il le fait, en fait. Ça explique aussi, en partie, pourquoi tout le monde s'est complètement rallié avec lui, c'est-à-dire que c'est l'opposé de nos hommes politiques. Nos hommes politiques sont élus, mais tous, on prévoit, Sarkozy, quand il arrive, il a dit, une de mes premières mesures, ça va être d'annuler les 35 heures.
Combien d'années après, on a toujours les 35 heures ? Les réformes de la retraite. C'est-à-dire que nous, on a des présidents qui arrivent avec des programmes et rien ne se passe jamais. Et là, on a le contraire et ça se passe le premier jour et on sent ce souffle dans le Capitole, c'est le résumé formidable de cette une de Time. Il va tout balayer.
Ce souffle et ce soir, en réalité, on sait déjà, et on va beaucoup en parler ce soir, parce qu'il a annoncé la couleur de ce qu'il allait faire dans ses 100 premiers jours avec des mesures qu'il a déjà annoncées et qu'on va commenter ce soir. Autre révolution. Exactement, sur l'immigration, sur la guerre commerciale, donc on va parler avec vous, Nicolas Bouzou, juste sur le moment qu'on est en train de vivre, Nicolas Bouzou, sur ce Trump-Tony Truant qui arrive et ses toutes premières images.
Il y a une grande nouveauté par rapport à sa première élection, c'est la présence des chefs d'entreprise, des dirigeants d'entreprise de la Silicon Valley. Ça, c'est très important parce que du point de vue économique, le premier Trump était finalement assez conservateur, assez orienté vers la défense de l'industrie traditionnelle, ce qui était logique, c'était son électorat, ce qu'on appelait, vous savez, la Rosbell, c'est-à-dire au fond ces territoires qui étaient spécialisés dans les années 80-90, dans l'automobile, dans la sidérurgie, qui s'étaient beaucoup désindustrialisés, donc il voulait défendre ça, ça c'était le premier mandat.
Là, l'idée, il a raison d'ailleurs du point de vue intellectuel, c'est de dire, au fond, l'économie d'aujourd'hui et plus encore celle de demain, c'est l'économie, de l'intelligence artificielle, de la robotique, des humanoïdes et il a compris que le leader du monde, y compris du point de vue technologique, du point de vue diplomatique, du point de vue militaire, devait être le leader dans ces technologies et donc il a un programme extrêmement ambitieux et c'est ce qu'on commence à voir, donc c'est Elon Musk, bien évidemment, c'est la présence d'Elon Musk. Et tous les autres. Mais tous les autres, exactement.
En réalité, ils sont tous là, je pense que ça veut dire quelque chose de très profond sur la vision qu'il a de l'Amérique, sur ce qu'il veut en faire et je pense aussi qu'il faudrait qu'on commence à y réfléchir. On aurait dû le faire auparavant, mais enfin, non, non, mais, écoutez, il n'est jamais trop tard, mais qu'il faut quand même qu'on y réfléchisse très sérieusement, nous, Européens.
Et on va en reparler ce soir de cette tombe de choc en Europe. C'est un peu ce qu'on vit avec certains et on le verra aussi tout à l'heure qui ont déjà pris fait et cause pour les États-Unis et qui intiment à l'Europe de signer des deals avec Donald Trump. On va en parler en tout cas. Ce n'est pas une cérémonie d'investiture, mais c'est un sacre. L'opposition est chaos et Washington s'apprête à entendre le discours d'un Trump galvanisé et prêt à prendre sa revanche, désormais sans obstacle sur sa route. Romain Besneno et Christophe Roquet.
Il peut savourer sa victoire sur la route du Capitole bordée de partisans. Donald Trump redevient président des États-Unis ce soir devant un parterre de personnalités contrairement à 2017. Tous les milliardaires de la tech sont présents. Musk, Bezos, Zuckerberg, ils ont donné des millions pour cette cérémonie. À leur côté, l'extrême droite mondiale Javier Milley ou encore Georgia Melanie. Pour les supporters de Donald Trump, c'est un jour historique.
Papa est de retour
à la maison. Papa est de retour à la maison. J'attendais désespérément qu'il revienne au pouvoir. Ces quatre dernières années étaient horribles. Il y a des produits de tous les jours qui sont passés de 1 à 6 dollars.
Un peu plus tôt, le nouveau président a été accueilli à la Maison Blanche par Joe Biden pour partager un thé. Une tradition que Trump avait boudée il y a 4 ans. Les planètes semblent étonnamment alignées pour le milliardaire. La capitale est bien calme, sous haute sécurité, l'opposition quasi-inexistante. Seuls quelques milliers de démocrates ont manifesté ce week-end à Washington. Donald Trump a le champ libre et les Américains s'attendent à un début de mandat explosif. Le président Trump commence son deuxième mandat ce lundi et prévoit de promulguer des dizaines de décrets dès son premier jour. Trump a fait énormément de promesses sur ce qu'il ferait le premier jour.
Dès le premier jour, je lancerai le plus grand plan d'expulsion de l'histoire. Je ferai baisser les prix dès le premier jour.
On m'a demandé
si je serai un dictateur. J'ai dit non, non, sauf le premier jour. Je fermerai la frontière et on pourra forer, forer. Nous y voilà. Au moins 100 décrets seront signés ce soir dans la salle présidentielle du Capitole. Donald Trump l'a confirmé hier lors d'un meeting à Washington. Concert de son groupe favori, les Village People et Elon Musk en mauvais chauffeur de salle. Nous allons faire de gros changements
et poser les fondations
d'une Amérique forte pour des siècles, pour toujours. Donald Trump, lui, galvanise ses supporters. Les mesures de sécurité aux frontières que je présenterai dans mon discours d'investiture constitueront un effort de grande envergure. Le plus agressif que le monde ait jamais connu pour restaurer nos frontières. Je mettrai fin à la guerre en Ukraine, je mettrai fin au chaos au Moyen-Orient et j'empêcherai la troisième guerre mondiale de se produire. Et vous n'avez aucune idée d'à quel point nous en sommes proches. Ah, je suis surexcité, soulagé et tout simplement heureux.
Il va restaurer l'Amérique aujourd'hui, elle est en ruine. Ce soir,
Donald Trump devrait investir la Maison-Blanche peu avant 22h avant d'assister à au moins trois balles traditionnelles en son honneur.
Trois balles, rien que ça ? Trois balles, oui, parce que c'est des grandes fêtes organisées à travers Washington et le président et la First Lady, ils font un tour, ils font un petit pas de danse et souvent même la First Lady change trois fois de tenue. Très bien, ça c'est dit.
On va rentrer dans le dur si vous le voulez bien une fois qu'on a parlé des sujets essentiels comme la tenue de la Force Lady. Commençons par ce qu'il a déjà annoncé, c'est-à-dire que vous le disiez, il a annoncé la couleur sur ce qu'il souhaite faire. Un des gros dossiers sur lesquels il veut intervenir très rapidement, c'est la question de l'immigration. On l'a entendu dans ce reportage, le plus grand plan d'expulsion jamais organisé. On a appris à l'instant source gouvernementale que Donald Trump va décréter une urgence nationale à la frontière avec le Mexique. De quoi s'agit-il exactement ?
C'est extrêmement important de prendre ce terme urgence nationale parce que c'est le moyen par lequel il va vraiment pouvoir étendre ses pouvoirs. Urgence nationale sur l'immigration, il parle d'urgence nationale sur l'économie, urgence nationale sur l'énergie. Et à ce moment-là, ça lui donne accès à des fonds supplémentaires et à une grande latitude dans sa manière d'appliquer la loi. Donc, urgence nationale sur l'immigration, ça lui permet d'utiliser les fonds du Pentagone. Et l'armée,
puisqu'il dit que l'armée va jouer, en tout cas source gouvernementale toujours, pardonnez-moi, je vous ai coupé, l'armée va jouer un rôle clé à la frontière entre les États-Unis et le Mexique.
Alors, ce que ça signifie, ce n'est pas l'armée que l'on voit intervenir en Syrie ou en Irak. Normalement, cette armée-là n'a pas le droit d'intervenir sur le sol américain. C'est la garde nationale. Donc, c'est l'armée de chaque État. Mais le président peut en prendre le contrôle. Et cette garde nationale ne peut pas, par exemple, faire des arrestations de migrants, mais elle peut faire la logistique, les transports, et assurer la sécurité à la frontière. Et c'est très important pour Donald Trump d'avoir des images de militaires en armes à la frontière.
Jour 1, puisque c'est ça, c'est de cela qu'il s'agit, puisque dès ce soir, il va signer le décret dont nous parlons. Maintenant, encore une fois, le programme, on le connaît. Sur la question de l'immigration, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il va aller les chercher, il va organiser, le mot est un peu fort, des rafles, mais en tout cas, mettre en scène, en image, cette expulsion des illégaux.
Oui, ça, tous les contacts qu'on a... D'accord. À Washington, qui gravitent autour du pouvoir, nous disent ça, nous disent, la volonté est très claire, il va y avoir, il faut qu'il y ait des images très dures. Ça va se dérouler sur deux champs. D'abord, très probablement, on va voir ce qui va se passer, selon toute logique. Il va d'abord y avoir vraiment une action très ferme dans ce qu'on appelle les villes sanctuaires, qui sont vraiment les ennemis des conservateurs et Donald Trump, c'est-à-dire ces villes qui ont des politiques d'accueil, en tout cas beaucoup plus souples, sur les migrants, New York, Chicago, notamment.
Donc, on peut s'attendre vraiment à des actions coup de poing dans ces villes-là. Alors, là, il ne s'agit pas de la garde nationale, mais il s'agit tout simplement de l'autorité ICE qui s'occupe de la traque, si on peut dire, des migrants clandestins. Et puis, donc, à la frontière, avec l'aide de la garde nationale dont parlait Nicole, qui est aux ordres des gouverneurs, par exemple, le gouverneur du Texas, qui est très proche de Donald Trump, on peut s'attendre à des images, là encore, très dures, pour marquer les esprits. C'est-à-dire, ce qu'on a vu il y a 5-6 ans, les familles séparées, les mères séparées de leurs enfants, ça va être politique.
Il faut que ce soit brutal.
Il faut que ça marque les esprits pour marquer, peut-être un petit peu dans les pays de départ, dans les pays latins-américains, mais surtout pour marquer son électorat.
Isabelle Lasserre ? Oui, alors, je crois qu'il veut effectivement dissuader. Il veut rendre l'Amérique à l'homme blanc. Il avait l'impression qu'elle avait été dépossédée. Ça va être quand même assez compliqué. Il va y avoir des grosses questions de logistique, parce que là, on parle quand même au début de 11 millions de personnes, mais ça peut être multiplié, je crois, par trois. Donc, il va y avoir des grosses questions de logistique, et puis, ça va aussi provoquer des tiraillements avec l'entourage de Donald Trump, et notamment, par exemple, avec Elon Musk, qui lui a besoin de l'immigration pour l'économie. Il n'est pas le seul.
Donc, il va y avoir des intérêts qui ne seront pas forcément partagés entre la volonté politique de Donald Trump de mettre en place cette contre-culture de l'économie de cette contre-révolution culturelle, politique et sécuritaire et les intérêts de l'establishment économique. Donc, on va voir comment ça va se passer, mais je pense qu'effectivement, il y a une volonté choc au début qui est faite pour dissuader et pour ralentir le processus de l'arrivée des immigrants clandestins aux Etats-Unis.
Vous voulez dire un mot sur justement les tiraillements sur la partie économique, sur l'immigration ? Les Etats-Unis, c'est un pays d'immigration.
La plupart des immigrés, même clandestins, travaillent en réalité et donc, il y a déjà eu un lobbying assez important des dirigeants d'entreprises, au Silicon Valley, mais pas seulement, pour dire en effet pendant la campagne électorale, attention, parce que ces gens-là, ils ont participé aussi à la prospérité de l'économie. En fait, les Etats-Unis, structurellement, sont au plein emploi. Donc, une économie au plein emploi, quand elle se développe, elle a forcément besoin de faire travailler des gens qui viennent de quelque part.
Il y a une question de Jacques dans les Vosges qui concerne l'immigration, mais qui peut concerner tous les sujets qu'on va évoquer ce soir. Donald Trump peut-il vraiment faire ce qu'il veut ? Y a-t-il des gardes fous ? Notamment sur la question, les Etats-Unis sont un pays de droit, sur la question de l'immigration, j'imagine qu'il va y avoir des recours, des associations vont se mobiliser. Entre jeudi que je vais prendre des décrets et ce qui peut se passer réellement, est-ce qu'il pourrait y avoir des déconvenus ? Peut-être que vous ?
Il y aura, oui, et ça reste, c'est pour ça que les Etats-Unis restent une démocratie, parce qu'il y aura des appels dans les différentes cours de justice, mais ça va prendre du temps et c'est quelque chose que j'ai vu de mes propres yeux, notamment au Texas, où vous avez ces derniers mois justement le gouverneur du Texas qui a pris position sur certaines zones de la frontière avec sa garde nationale, donc des militaires, alors que cette zone devait être contrôlée par par exemple la Border Force qui serait grosso modo l'équivalent de notre police aux frontières, qui est fédérale.
Et donc il y avait un endroit où par exemple il y avait toute une zone où la Border Force, la police, c'est comme si à Roissy, à l'aéroport, il y avait la police aux frontières et l'armée arrivait et l'armée disait « allez vous dégager, c'est plus votre boulot ». Et donc il y a eu cette tension, on a été à l'endroit qui était un endroit réservé à la Border Force et puis non, ça avait été installé en camp retranché avec des blindés de l'armée et de la garde nationale et donc il va y avoir ces frictions-là entre le gouvernement fédéral, même s'il est aux ordres de Donald Trump, et l'armée, la garde nationale et puis derrière des juridictions.
En fait, ce qu'on essaie d'analyser ce soir, c'est est-il vraiment tout puissant ? A-t-il désormais tous les pouvoirs ? Y a-t-il encore des contre-pouvoirs aux États-Unis ? Que peuvent les oppositions ? Regardez ce câble diplomatique comme on dit envoyé par l'ambassadeur allemand aux États-Unis à la ministre allemande des Affaires étrangères qui dit ceci et qui avertit que Donald Trump pourrait se diriger vers une concentration maximale des pouvoirs. Ce câble diplomatique n'était pas destiné à sortir dans la presse. Il est sorti, il a été plus ou moins démenti, mais malgré tout, il y a cette inquiétude de voir Donald Trump s'arroger tous les pouvoirs. Peut-il le faire ? C'est son projet,
en tout cas. C'est son projet. Ça ne sera pas tous les pouvoirs, mais au contraire, de 2017, où il n'avait pas l'habitude de l'exercice du pouvoir, ni vraiment des contre-pouvoirs, là, il a des équipes qui travaillent depuis 4 ans sur comment utiliser déjà le pouvoir qui lui est reconnu et ils ont fouillé dans la vieille jurisprudence, dans des lois anciennes qui sont tombées, qu'on n'a pas abrogées, mais qu'on n'applique plus et qu'on pourrait réappliquer. Dans justement ce que je disais il y a un instant, sur la méthode de déclarer état d'urgence sur un tas de sujets, tout cela, ce sont des moyens d'élargir le pouvoir présidentiel.
Et on peut rappeler que sur la question de l'immigration, pour clore ce sujet-là, il veut mettre fort au droit du sol. Oui. Ça aussi. Et ça, pardon. Oui, allez-y.
Mais ça c'est à nouveau hyper important. Le droit du sol, ça fait partie de l'ADN américain depuis le début. Et d'ailleurs, ça sera un des premiers recours avec les expulsions massives. C'est que vous avez beaucoup de parents illégaux dont les enfants sont nés aux Etats-Unis. Ce sont des enfants américains. Donc déjà, ça va être compliqué. Donald Trump sait parfaitement que le droit du sol, il est dans la Constitution. Donc son but, c'est de faire des décrets attaquant le droit du sol qui seront attaqués au tribunal et pour que d'appel en appel, ça aille à la Cour suprême et que le droit du sol soit redéfini autrement. Isabelle Lasserre. Juste deux choses.
Je pense qu'il rêverait d'être un espèce de Poutine démocrate. Il n'a jamais caché son admiration vis-à-vis des autocrates qui sont très forts et qui peuvent faire absolument tout ce qu'ils veulent à l'intérieur. Alors, il est quand même président d'une grande démocratie, la démocratie américaine, donc ça ne se passera pas exactement comme ça. Mais il a quand même une admiration pour les hommes forts. Donc ça, ça fait complètement partie du personnage et de l'histoire qui va être écrite des États-Unis.
Et deuxième chose, en faisant ça, le droit du sol, les expulsions massives d'immigrants, philosophiquement presque, j'ai l'impression qu'en fait, il est en train de vouloir donner une nouvelle définition de la mondialisation. C'est-à-dire que la mondialisation ne va pas, il ne va pas mettre fin à la mondialisation, mais il veut la border, il veut la limiter et notamment en ce qui concerne toutes les questions d'immigration.
Il faut vraiment être très, très attentif à ça parce que moi, je suis persuadée qu'il va y avoir un effet de souffle mais absolument considérable sur les pays européens et que ça va être comme un espèce de vase communiquant ce qui se passe aujourd'hui aux États-Unis avec les pays européens et les courants ou les gouvernements qui vont s'emparer de ça parce qu'il y a une partie des populations européennes en fait qui réclament ça sans le dire ouvertement comme ça.
Et nous verrons aussi l'onde de choc sur la partie économique dans un instant. On peut peut-être juste s'arrêter puisque vous parlez de la question de l'immigration sur les invités aujourd'hui de cette cérémonie d'investition. On l'a dit rapidement tout à l'heure, vous avez parlé des grands patrons de la tech mais effectivement il y a aussi Georgia Meloni Victor Orban devait venir finalement il n'est pas là mais il y a Ravier Milei il y a Sarah Knafo et Eric Zemmour il y a Marion Maréchal ceux qui sont j'allais dire autour de la table en tout cas dans la salle très privilégiée parce qu'il y a très peu de monde incarne cette logique-là sur l'immigration.
Complètement mais c'est là-dessus parce que c'est juste intéressant de reparler de tous ces manias de la tech je pense qu'on a fait une erreur nous ici en Europe et peut-être que les démocrates américains ont fait l'erreur c'est de considérer que ces manias de la tech c'était forcément des progressistes parce qu'ils venaient de qualité
Ils l'étaient
Peut-être qu'on s'est un peu trompés dessus ils avaient cette image-là parce qu'ils étaient cool ils étaient pédéges en basket qu'ils avaient des grands open space qu'on venait il y avait des M&M's gratos on venait en roller au travail et donc il y avait cette image de coolitude la tech la Silicon Valley c'est aussi et surtout avant tout des libertariens et ça a été conçu comme ça à l'origine c'est-à-dire des gens pour qui le moins d'état possible c'était ce qu'il y avait de mieux et je pense qu'on a un petit peu oublié ça qu'ils ont un petit peu aussi suivi le mouvement évidemment il y a beaucoup d'opportunisme là-dedans mais qu'on a oublié que non ils n'étaient pas forcément progressistes Le hic de la Mornay
on a peut-être oublié qu'ils étaient là pour faire du business pourquoi je vous pose la question je me tourne vers vous Nicolas Bouzou on va encore une fois parler dans un instant des conséquences économiques pour nous mais quand vous voyez qu'il crée une crypto-monnaie Donald Trump que Mélania son époux crée une crypto-monnaie là on se dit quoi ? ils peuvent en faire une opération financière de cette année ?
on se dit on est vraiment dans un autre monde et très honnêtement là aussi il faut qu'on y réfléchisse sérieusement parce que cette affaire de crypto-monnaie les crypto-monnaies aujourd'hui ça ne représente pas grand chose je vous dis ça ce n'est pas parfaitement documenté d'ailleurs ce qui est un sujet mais on va dire que les grands investisseurs institutionnels c'est-à-dire les grandes banques les compagnies d'assurance ont peut-être 3-4% d'investissement en crypto-monnaie mais là ce que fait le nouveau président Trump c'est qu'il accentue un phénomène spéculatif de façon incroyablement spectaculaire il a créé en effet une crypto-monnaie c'est quoi exactement ?
une crypto-monnaie c'est une monnaie dématérialisée voilà c'est aussi simple que ça on achète de la monnaie Trump qui n'est pas émise par une banque centrale d'accord mais elle est dématérialisée elle est produite par des algorithmes voilà donc vous pouvez acheter la monnaie Trump mais même le bitcoin qui est la plus connue aujourd'hui un bitcoin coûte 100 000 dollars donc là 109 un peu plus de 100 000 dollars merci de la précision donc en fait c'est un phénomène spéculatif qui est incroyablement spectaculaire mais qui comme tous les phénomènes spéculatifs a sans doute vocation à se terminer en atterrissage douloureux donc je trouve que tout ceci alors ce que je vais dire est terriblement comment dire à côté du sujet d'une certaine façon mais j'allais dire tout ceci est imprudent
de la part de Donald Trump ?
ah oui bien évidemment parce que là et c'est un libéral en plus qui vous parle mais là on est en train d'ouvrir toutes les vannes sans aucune régulation et tout ça selon toute probabilité se terminera pas la notion même
de conflit d'intérêt n'est pas un sujet alors écoutez
franchement quand vous voyez ce qui se passe aux Etats-Unis et quand vous voyez la rigueur de nos process notamment en France avec ce qu'on appelle la haute autorité pour la vie publique là encore on est même dire que c'est dans deux univers différents me semble encore trop éloigné de la réalité si vous voulez c'est vraiment mais deux oui on n'est pas du tout on a l'impression qu'il n'y a aucun conflit d'intérêt qu'il n'y a rien oui zéro alors que si non mais évidemment non mais surtout non mais quand vous voyez en Europe et en France à quel point nos concitoyens ne savent pas forcément d'ailleurs mais à quel point les conflits d'intérêt sont limités mais jusqu'à un degré extrême dans certains secteurs la finance la santé et là vous voyez vous avez l'impression qu'il n'existe rien du tout vous vous dites que vous avez un divorce aujourd'hui mais complètement sous-estimant autre divorce
je voudrais parler avec vous c'est parmi les mesures qu'il va prendre là ce soir les décrets qu'il va signer c'est réduire les régulations environnementales oui je le bébé de juillet fort bébé fort c'est le retour le grand retour des énergies fossiles
bon alors on va voir là pour le coup parce que vous avez raison il va libéraliser donc les permis de forêt pour le gaz pour le pétrole il me semble quand même que l'économie américaine sous la présidence Biden s'est engagée avec des investissements extrêmement conséquents dans la voie de la décarbonation c'est une politique qu'on a appelée l'IRA l'inflation reduction act il n'y avait pas grand chose à voir avec l'inflation mais peu importe en tout cas on a donné beaucoup d'argent aux entreprises américaines pour qu'elles décarbonent leur processus de production je pense c'est bien ancré dans le business si vous voulez donc je suis pas sûr
il va pas faire machine arrière
ça me semble pas complètement évident je pense qu'il y aura les deux parce que ce que dit Nicolas Bouzou est tout à fait juste en fait ça s'incarne dans l'état du Texas l'état du Texas aujourd'hui c'est l'un des états les plus vertueux au monde enfin l'un des états ça c'est pas un pays mais bon l'un des endroits les plus vertueux au monde et au Texas très concrètement vous allez voir quelqu'un qui fait un gros business dans les panneaux solaires ou dans les éoliennes et c'est un bon américain avec un bon accent texan car avec le chapeau sur la tête un gigantesque CAC 4x4 qui va consommer 35 litres au 100 il va laisser tourner le CAC 4 pendant que vous faites l'interview pour que la clim soit bien froide donc tout est en décalage mais il vous dit alors moi je le fais pas pour l'amour de la planète il y a strictement rien à faire dans la planète c'est un good business ça marche bien surtout ça devient plus rentable dans certains endroits pas dans tous mais si à cet endroit là c'est plus rentable de faire de l'éolien du solaire plutôt que d'extraire du pétrole de plus en plus profond on y va pour le business et c'est win-win des deux côtés donc il pourra y avoir les deux qui vont cohabiter
Donald Trump qui déclare lors de cette cérémonie d'investiture que l'âge d'or de l'Amérique commence on a beaucoup entendu pendant cette campagne très bien et pour les américains est-ce que dans les mesures qu'il va prendre là très rapidement tout à l'heure dans le reportage on a entendu une dame qui disait c'est formidable en gros tout va changer on sait que la question du pouvoir d'achat a été centrale dans la réélection de Donald Trump est-ce que parmi ces toutes premières mesures c'est ce qu'il a promis mais est-ce qu'il va prendre des décrets qui vont changer la vie des américains notamment sur la question du coût de la vie moi je n'ai rien vu
qui va avoir un effet sur le coût de la vie dans l'immédiat en matière d'économie il parle effectivement de liberté des forages et de droits de douane très élevés pour les importations il n'y a rien dans les droits de douane très élevés qui va aider le pouvoir d'achat des américains qui paye les droits de douane à l'arrivée c'est le consommateur américain en l'occurrence et c'est vrai que pendant la campagne Donald Trump s'est beaucoup appuyé sur le fait que beaucoup d'américains avaient la vie vraiment très difficile les prix sont devenus vertigineux mais il a annoncé qu'il allait faire baisser tout de suite les prix de l'alimentation couper en deux les prix de l'énergie et en pratique
comment il peut faire ça Nicolas Bouzou ? Est-ce qu'il a des leviers pour le faire ?
Non, alors il a un coup de chance c'est que la grande vague d'inflation aux Etats-Unis qui a été en effet très forte beaucoup plus forte qu'en France par exemple on a l'impression qu'elle arrive à peu près au bout les prix continuent d'augmenter mais de façon assez marginale mais je suis entièrement d'accord en fait la grande mesure économique qui a été annoncée par Donald Trump c'est les tarifs ce que les anglo-sexons appellent les tarifs donc les droits de douane et ces droits de douane il faut bien comprendre c'est très simple c'est pas payé par les douanes ce sont des taxes sur les consommateurs ce sont les consommateurs qui payent les droits de douane
donc ça va faire fermer les prix
alors ce qui n'est pas clair dans notre affaire pardonnez-moi ça n'est pas très télévisuel mais c'est que ça a beaucoup évolué cette question de droits de douane quand même au fur et à mesure de la campagne c'est-à-dire qu'on est parti d'un Donald Trump qui expliquait qu'il allait augmenter les droits de douane de façon indifférenciée sur tous les produits en provenance de tous les pays donc ça c'était la première période deuxième période des droits de douane surtout sur le Canada et sur le Mexique pas pour des raisons économiques mais pour des raisons liées au contrôle des migrations c'est-à-dire que Donald Trump utilise les droits de douane non pas simplement comme un outil économique mais comme un outil de pression pour des sujets qui peuvent n'avoir pas grand chose à voir avec l'économie le Washington Post bien informé nous dit il y a quelques jours en fait les droits de douane ce sera très ciblé sur des secteurs et ce ne sera pas grand chose suite à ça l'administration Trump dit si ce sera énorme etc.
et au moment où on se parle on a plutôt l'impression à nouveau que ce ne sera pas grand chose vous voyez alors je suis désolé pour cette séquence un peu longue
c'est parfaitement clair
mais c'est pour être précis pour répondre précisément
à votre question c'est qu'à un moment donné il va peut-être lui aussi être confronté au principe de réalité
Donald Trump connaît l'économie il vient de là ça a été un chef d'entreprise il sait bien que si on augmente je vais être très concret les droits de douane sur l'acier ça fait augmenter les prix des voitures voilà c'est aussi simple que ça
mais il ne veut pas qu'on importe des voitures allemandes de toute façon donc
oui d'accord mais il y a comment dire il y a une temporalité entre le moment où on met les droits de douane et le moment où les américains sont éventuellement capables de faire des voitures pas chères
en tout cas sur la question des droits de douane ça nous emmène immédiatement à ce qui se passe en Europe et aux craintes des européens puisqu'en Europe certains vous allez le voir ont déjà fait le choix d'un deal plutôt conciliant avec Trump c'est le cas par exemple de Christine Lagarde la patronne de la BCE ou d'Ursula von der Leyen la présidente de la commission il faut dire que le président Trump a promis de frapper fort dans les premières heures de son mandat dans la guerre commerciale qu'il veut mener contre l'Europe et le reste du monde hier il a commencé son bras de fer avec un géant chinois TikTok Laura Radeau et Aurélie Sanner
TikTok est de retour aux Etats-Unis suite à une loi fédérale qu'il avait obligé à fermer dans un communiqué la plateforme affirme que Donald Trump l'a assuré que ses abonnés ne seront pas pénalisés
12 heures de fermeture et voilà le réseau social TikTok de nouveau accessible aux 170 millions
d'abonnés américains et pour cela l'application chinoise peut remercier une personne Donald Trump
TikTok est de retour on va faire une société commune contrôlée à 50% par des américains c'est sans risque ça ne nous soutera pas un seul dollar on a juste besoin de leur donner notre accord sans ça ils ne peuvent rien faire donc bon ça m'a l'air pas mal vous en pensez quoi ?
un revirement pour le président américain qui voyait pourtant TikTok comme une menace durant son premier mandat le sujet aurait été évoqué lors d'une discussion téléphonique entre Donald Trump et Xi Jinping la semaine dernière nous espérons que la partie américaine saura écouter la voix de la raison et offrir un environnement commercial ouvert équitable juste et non discriminatoire aux entités commerciales de tous les pays opérant aux Etats-Unis
le dossier TikTok
a-t-il servi de levier de négociation avec Pékin le milliardaire américain ne cesse en tout cas de menacer la planète entière de déclencher une nouvelle guerre commerciale Chine, Mexique Canada, Europe tous sont dans la ligne de mire de Donald Trump face à ces déclarations incendiaires Christine Lagarde veut éviter le bras de fer la solution de la patronne de la BCE sortir le carnet de chèques
L'Europe pourrait discuter de l'achat de plus de gaz naturel liquéfié aux Etats-Unis Il y a des équipements de défense dont certains ne sont pas en mesure d'être produits ici en Europe et qui pourraient être achetés
La défense voilà un domaine dans lequel le président américain a déjà mis la pression sur les Européens Son objectif les pousser à augmenter drastiquement leurs dépenses militaires En réponse la Commission européenne pourrait proposer à Donald Trump un deal comme il les aime
Le deal avec les Américains si je peux dire Vous savez vous parlez comme lui vous parlez de deal De manière simple c'est oui pour un des engagements et oui surtout pour construire les garanties de sécurité européennes avec les Européens en plus de l'OTAN Néanmoins nous ne pouvons pas le faire avec une guerre commerciale à nos portes et les budgets nationaux ne sont pas aujourd'hui en capacité de pouvoir monter à 3% partout le budget de la défense
Concession pour les uns opposition pour les autres Face aux appétits insatiables de Donald Trump d'autres voix s'élèvent pour que le destin de l'Union Européenne ne se joue pas à Washington
Nous sommes nous à l'heure de la soumission nous sommes nous à l'heure du diktat nous sommes nous à l'heure de la vassalisation on a un marché de 450 millions de personnes on voit bien à quel point l'oligarchie technologique aux Etats-Unis attache de l'importance au marché européen M. Zuckerberg M. Elon Musk dotons-nous d'un réseau social dotons-nous d'un véritable cloud européen dotons-nous d'un modèle de langage ça fait partie des attributs indispensables de la puissance et de l'indépendance au 21ème siècle et donc il faut ouvrir les yeux
ouvrir les yeux et surtout parler d'une même voix l'autre défi qui se présente aux 27 membres de l'Union Européenne dans la lignée d'Emmanuel Macron le Premier ministre François Bayrou a ce matin appelé les Européens au sursaut et a préparé une réponse commune
les Etats-Unis ont décidé d'une politique qui est une politique incroyablement
dominatrice et si nous nous ne faisons rien et bien notre destin est très simple nous allons être dominés nous allons être écrasés nous allons être
marginalisés et c'est une décision qui ne tient qu'à nous les Français
et les Européens parce qu'évidemment sans Europe c'est impossible de le faire
parmi les invités lui c'est mieux que quiconque qu'il faut éviter un affrontement direct avec Donald Trump le PDG de LVMH Bernard Arnault comme d'autres patrons français a fait le déplacement aujourd'hui à Washington pour l'investiture du nouveau président américain
ah oui juste peut-être avec vous Nicolas Bouzou un mot sur la présence des patrons français à cette cérémonie d'investiture
ils ont mille fois raison je veux dire nos entreprises sont très les entreprises du CAC 40 sont des entreprises mondiales qui font à peu près 20% de leur activité maximum en France donc un groupe comme LVMH par exemple qui est par exemple propriétaire du légendaire magasin Tiffany à New York enfin bon ce sont des entreprises qui sont très importantes qui sont très implantées aux Etats-Unis qui exportent beaucoup sur le marché américain et donc elles ont parfaitement raison d'aller défendre leurs intérêts aux Etats-Unis leurs intérêts c'est aussi les nôtres donc là
une réaction à ce reportage que vous venez de voir on voyait Christine Lagarde la présidente de la commission européenne Ursula von der Leyen qui donne le sentiment de vouloir déjà faire des deals elle déclare à l'instant qu'elle espère une collaboration étroite avec les Etats-Unis donc il y a d'un côté Dominique de Villepin qui dit il faut se réveiller et de l'autre côté une partie de l'Europe qui dit non non il faut dealer
c'est Dominique de Villepin qui a raison de mon point de vue on voit bien que Donald Trump est vraiment dans une stratégie de rapport de force ça aussi on n'y a pas suffisamment réfléchi c'est à dire que véritablement on sort du multilatéralisme on sort du droit international alors qu'on pouvait critiquer qui n'était pas parfait mais pour rentrer dans la logique du pur rapport de force ce qui a été très important ces derniers jours ce qui a été assez peu commenté enfin en tout cas insuffisamment à mon sens mais c'est ce qu'a dit le président Trump sur le Canada sur le canal de Panama sur le Groenland c'est à dire l'entrée véritablement dans l'ère du rapport de force et donc si vous répondez à ça en disant on va faire des deals à mon avis vous êtes à côté du sujet donc je pense que de ce que j'ai entendu dans le reportage Dominique de Villepin et le Premier ministre François Bayrou je dois dire que je trouve que son explication est absolument parfaite je souscris complètement disent bien sous-entendre que non il faut nous-mêmes que enfin enfin on maîtrise ces technologies de l'intelligence artificielle de la robotique du numérique etc
le problème c'est le nous c'est qui nous en Europe quand on voit qu'il y a une partie de l'Europe qui est à la cérémonie d'investiture je pense à Georgia Meloni que Orban devait y aller mais qu'il n'y est pas que l'Allemagne a peut-être envie de faire des deals avec les Etats-Unis pour exporter ses voitures c'est qui le nous ?
nous on est 27 il faudrait déjà qu'on se mette d'accord bien sûr bien sûr ce que dit Dominique de Villepin ou François Bayer tout à l'heure j'allais dire pas pour faire la politique mais on est tous d'accord oui je me sens être le premier des Européens mais justement on en a déjà parlé sur ce plateau à se désoler du retard qu'on a pris sur l'intelligence artificielle sur le spatial sur la défense encore une fois ça fait quand même plus de deux ans ça va bientôt faire trois ans que l'Europe se lamente sur la guerre à ses portes mais l'Europe a ce qu'elle mérite en ayant dit pendant des décennies on va quand même pas trop dépenser pour l'armée on a le parapluie américain on est face à nos propres échecs donc je serais le premier à souhaiter que l'Europe et on l'est on l'est on est le plus gros marché mondial on est presque 500 millions 400 millions on est plus que les américains ils sont 330 millions on devrait la même chose quand on a parlé des réseaux sociaux aujourd'hui la réaction en Europe c'est avec Elon Musk peut-être qu'il faut songer et c'est ce qu'a encore dit Monsieur Séjourné ce matin peut-être qu'on irait jusqu'à l'interdiction de Wix interdire, interdire alors que pourquoi ne développons-nous pas nous-mêmes notre propre réseau social européen avec nos valeurs européennes encore une fois on est 450 millions mais mais mais c'est la réelle politique on a pris tout son part et on n'est pas de taille aujourd'hui et je ne pense pas qu'on le soit dans les 2 ou 4 ans qui viennent
à affronter les Etats-Unis là-dessus ce qui est difficile à apprécier c'est est-ce qu'on est avec Donald Trump dans des propos de tribune vis-à-vis de l'Europe ou est-ce qu'il a les capacités après tout ce que vous avez dit sur la puissance du marché européen de mettre en application ces menaces ?
Bien sûr il a la possibilité de mettre en application ces menaces et notamment le premier sujet où il va les mettre en application c'est la guerre en Ukraine et je pense moi que tout n'est pas de la faute de Trump l'Europe est d'une faiblesse absolument extrême vous parliez de la question de la défense depuis 2 ans mais ça fait ça fait 30 ans que les présidents 25 ans que les présidents américains tous même Barack Obama nous disent attention augmentez vos budgets de défense parce que ça n'aura qu'un temps et maintenant on va passer à un autre modèle l'Europe s'est construite à la fin de la seconde guerre mondiale autour des questions de paix elle a toujours été très mal à l'aise avec la guerre elle n'arrive pas aujourd'hui elle a compris qu'elle sortait des dividendes de la paix et qu'elle rentrait dans un nouveau monde mais elle n'est toujours pas sortie du pays des bisounours en ce qui concerne la manière dont elle s'adresse aux hommes forts qui constituent quand même une grande partie du monde c'est-à-dire qu'elle est incapable de dealer avec le rapport de force et le monde aujourd'hui ne fonctionne que selon le rapport de force que ce soit avec Trump avec Poutine avec Erdogan avec Xi Jinping et le problème c'est qu'on retombe immanquablement dans les traditionnelles divisions européennes alors là on attendait plutôt Mélanie et Orban et paf c'est Van der Leyen et Françoise Lagarde Van der Leyen qui propose tout de suite on va vous acheter du gaz etc ça casse tout ça augure mal du réveil stratégique de l'Europe et si l'Europe ne se réveille pas stratégiquement elle ne pourra tenir tête ni à Trump ni à Poutine ni à Xi Jinping mais ce ne sera pas de la faute de Trump de Poutine et de Xi Jinping
ce sera de la faute de l'Europe il y a cette question qui est posée la France restera-t-elle une alliée des Etats-Unis oui
dans un premier temps en tout cas oui la France va rester une alliée des Etats-Unis mais ça ne va pas être une alliance très sympathique moi je partage totalement ce que vient de dire Isabelle et je dois dire que malheureusement mon diagnostic il est très pessimiste parce que ce que j'entends outre madame Van der Leyen madame Lagarde qui en gros disent on ne va pas vous énerver on ne va pas vous froisser oui d'accord on peut acheter du gaz en plus j'entends on va commencer à réfléchir en Europe à peut-être avoir une position unie on va réfléchir à créer un géant de la tech ce serait peut-être mieux que de ne faire qu'interdire on va réfléchir à passer en économie de guerre mais le temps passe très très vite très très vite et donc si on refuse l'idée en Europe que le monde est fondé maintenant sur les rapports de force et si on est les derniers des Mohicans la dernière zone de libre-échange le dernier groupe qui applique les règles de l'OMC que tout le monde a quitté à commencer par Joe Biden d'ailleurs on n'a
mais aucune chance juste quels sont les secteurs qui sont les plus menacés par la guerre commerciale menée par Donald Trump les secteurs de l'économie européenne
alors l'automobile d'accord déjà éventuellement le luxe voilà mais c'est essentiellement ça c'est le ça fait partie des deals pour reprendre voilà mais c'est essentiellement ça mais c'est essentiellement les secteurs industriels
et notamment l'automobile pourquoi est-ce qu'on lit ce sujet-là au sujet de l'armement et de l'OTAN quand on est en Stéphane Séjourné qui dit le deal avec les Etats-Unis c'est oui pour construire des garanties de sécurité européennes en plus de l'OTAN mais nous ne pouvons pas le faire avec une caire commerciale à nos portes parce qu'on n'a pas assez d'argent
parce qu'il dit qu'on ne peut pas augmenter tous les budgets en même temps évidemment la France n'a absolument pas d'argent un déficit budgétaire absolument abyssal elle ne pourra donc en fait il y a une espèce d'urgence à augmenter nos budgets de défense mais là on est à 2% mais ce qui va nous tomber dessus quand même dans les années qui viennent c'est de monter à 4% par exemple parce qu'on ne pourra pas s'en sortir si on n'augmente pas plus notre budget de défense pour assurer la sécurité européenne et on n'a pas les moyens de tout faire
il y a une saisie de question pourquoi la France n'a-t-elle pas elle aussi des Musk des Bezos ou des Zuckerberg on les a ?
on les a mais ils partent mais c'est pas un problème c'est un problème européen mais c'est une question qui est remarquable c'est ce qui devrait nous obséder jour et nuit sur l'intelligence artificielle le premier acte de l'Union Européenne c'est un acte de régulation il faut demander aux entreprises de l'intelligence artificielle ce qu'elles en pensent nous on peut mais il faut les écouter eux ils vous disent que du coup ils ont du mal à développer leurs algorithmes au sein de l'Union Européenne et qu'ils vont les développer aux Etats-Unis donc les talents on les a on les fait partir le rapport de force je lisais des chiffres qui étaient absolument effrayants alors on a des licornes en Amistral en France en Europe qui ne demandent qu'à grandir on a des Xavier Niel par exemple qui investissent dans les supercalculateurs ce rapport là Xavier Niel a monté tout un laboratoire de recherche le plus important peut-être d'Europe le rapport en équipement entre nous et les Etats-Unis il n'est pas de 1 à 2 de 1 à 10 il est de 1 à 100 ou à 400 selon le type de matériel de 1 à 400 c'est vous dire le retard qu'on a accumulé
dans les choses qu'on attend de la part de Donald Trump évidemment la guerre commerciale des précisions sur les montants sur les produits ciblés mais aussi ce qui va se passer vous l'avez dit rapidement tout à l'heure en Ukraine Vladimir Poutine s'est exprimé cet après-midi il a dit il assure je cite vouloir une paix durable en Ukraine et il félicite Donald Trump et se dit ouvert au dialogue on est d'accord que la prochaine étape c'est la rencontre avec Poutine
oui mais alors là ça risque d'être un peu plus compliqué le problème est passé de sa promesse de régler la guerre en Ukraine de 24 heures à une promesse de la régler en 6 mois pour l'instant Vladimir Poutine malgré son apparente ouverture n'a fait absolument aucune concession il considère qu'il est en position de force et donc tout le talent de Trump va être enfin le défi de Trump va être en fait d'essayer de faire en sorte que les deux parties en fait sortent vainqueurs de ce conflit le principal risque c'est d'avoir un conflit gelé avec une Poutine qui fasse passer la guerre d'une guerre ouverte à une guerre couverte et qui le temps de reconstituer son armée reviendra dans 4 ans ou dans 5 ans pour avaler à nouveau l'Ukraine et Trump s'en lavera les mains parce que ce qui lui ce qui l'intéresse c'est les prochaines 4 années et si vraiment c'est pas encore décidé si les Etats-Unis ne sont pas partie prenante aux garanties de sécurité qui devront être données à l'Ukraine pour éviter pour la protéger contre la Russie alors pour l'instant aujourd'hui l'Europe n'a pas les moyens de le faire seule
on poursuit sur les premières mesures de Donald Trump 47ème président des Etats-Unis Trump dit ceci d'un simple trait de plume dès le premier jour nous mettrons fin au délire transgenre voilà ce qu'a annoncé hier Donald Trump au Texas sur des terres conservatrices les parents d'élèves vous allez le voir obtiennent déjà le retrait de livres jugés trop progressistes reportage dans le comté de l'Anneau Nicolas Bidard et Nicolas Baudry-Dasson
Derrière la tranquillité apparente de ces paysages et de ces rues le comté de l'Anneau au Texas est devenu le théâtre d'une bataille culturelle une guerre des livres tout commence en 2023 quand les autorités retirent 17 ouvrages de la bibliothèque publique de la ville Suzette Baker en était alors la responsable
sur celui-ci c'est l'histoire d'une jeune fille regardez Maya enlève son t-shirt comme un garçon Maya a été élevée dans une communauté avec l'idée qu'il n'y avait pas de genre prédéfini ce livre
sur l'identité de genre a été retiré considéré comme woke
tout ce qui concerne un mode de vie alternatif avec lequel ils ne sont pas d'accord ils veulent empêcher quiconque d'y avoir accès ce qui n'est pas juste
à l'origine de cette censure des parents qui demandent aux autorités locales le retrait des références ils s'inspirent d'une liste établie par le gouverneur républicain du Texas Suzette Becker refuse d'obéir elle est licenciée
je ne pouvais pas ne pas me lever ne pas dire non ce n'est pas juste je savais que j'allais être virée pour ça mais j'étais sereine parce que je me battais pour la liberté et pour les droits de tous les lecteurs de ce côté une vision progressiste
de la liberté d'expression qui se heurte à celle du camp adverse conservateur et religieux
combien d'entre vous
aiment sa famille
c'est bien
tout le monde lève la main
Jésus s'est sacrifié
pour moi et pour vous car il vous aime à l'église méthodiste de la ville la censure des livres de la bibliothèque est légitime pour le pasteur il y a différents péchés dans le monde l'un d'eux c'est la pornographie j'ai trois enfants est-ce que je veux que mes enfants regardent ce qu'ils ne devraient pas voir à leur âge absolument pas et il est de ma responsabilité que ça n'arrive pas un discours bien compris par les fidèles certains vont même plus loin cette idée digne de Frankenstein où les enfants pensent qu'ils peuvent choisir d'être des garçons ou des filles
et ces travestis
qui lisent des histoires aux enfants c'est le mal absolu c'est le diable
une ville divisée
à l'image du pays pour protester contre cette censure un groupe de citoyens s'est formé ce jour là réunion de groupe dans un lieu symbolique la bibliothèque de la ville ils mènent une action en justice contre le comté de l'anneau pour obtenir le retour des livres en rayon la procédure est toujours en cours ils ont fait appel de la décision du juge qui avait demandé de remettre les 17 livres sur les étagères ce n'est que la première partie on n'en est même pas au procès pas de quoi pour autant dissiper une inquiétude celle de perdre la bataille idéologique
même le mot bibliothèque quand vous le dites trop fort en public les gens se raidissent et se disent oh non ne parlez pas de ça ils ont fait des bibliothèques des livres de l'éducation une source de peur de conflit donc dans un sens si vous voulez ils ont déjà gagné selon eux
cette censure permet aussi d'effacer l'histoire du pays
quand vous parlez à certaines personnes ils ne croient pas à l'esclavage pourtant il y avait des esclaves au Texas c'est un fait et ces personnes là ne veulent pas que ce soit écrit dans les livres d'histoire c'est pourquoi ils veulent les supprimer
c'est un phénomène
en pleine croissance il y a d'autres états qui s'y mettent certains bibliothécaires sont poursuivis en justice
rien que l'an passé
entre 4000 et 6000 interdictions de livres ont été recensées aux Etats-Unis essentiellement en Floride et au Texas des Etats républicains
Alors je vais vous demander une réaction à ce reportage juste cette question faut-il s'attendre à 4 ans de propagande viriliste qui fera s'écrouler les acquis du mouvement MeToo aux Etats-Unis et je rajoute à cette question une déclaration de Donald Trump qui va signer un décret reconnaissant l'existence de seulement deux sexes
C'est vrai que par décret ça me paraît un peu vertigine je pense qu'il faut quand même qu'on pose dès l'abord qu'il y a des personnes transgenres et que ces personnes ont été historiquement marginalisées maltraitées et qu'on ne leur faisait pas de place et que Donald Trump peut déclarer ce qu'il voudra ça ne va pas changer la réalité Alors il les cite expressément puisqu'il dit
qu'il veut mettre fin au délire transgenre
Voilà et pour lui immédiatement ça concerne évidemment l'armée c'est toujours là que ça se passe en premier donc il n'y aura plus de personnes transgenres admises dans l'armée et l'armée la sécurité sociale en quelque sorte de l'armée ne financera plus les hormones les transitions les opérations
Sur ce reportage et sur ce qui est en train de se passer cette bataille autour de l'interdiction de livres dont le contenu ne convient plus à une partie des américains
et le drame c'est que les livres ne conviennent plus à deux parties des américains parce que ce n'est pas faux de dire qu'il y a aussi des manuels des programmes où on présente à des enfants qui sont à l'école primaire l'idée que ils ne sont peut-être pas dans le bon corps et que voilà c'est une possibilité à explorer pour eux et il y a de quoi aussi affoler beaucoup de parents Maintenant on l'a vu il s'agit de protéger les enfants non seulement d'idées sur la question du genre mais également sur la question sexuelle mais vous ne pouvez pas imaginer à quel point ces parents-là vivent dans un monde où leurs chérubins n'ont pas accès à internet ne regardent pas de porno surtout rien de sexuel et rien qui mette en cause la bonne conscience
américaine Mais dans ce reportage on parlait de bataille idéologique Donald Trump a gagné la bataille idéologique avec de la Mornay sur ces sujets-là
ou pas ?
Il a gagné par endroits encore une fois il faut toujours rappeler à quel point j'enfonce des portes ouvertes mais à quel point les Etats-Unis sont complètement différents de nous donc nous on s'imagine des livres interdits parce que le sommet de l'Etat ou l'éducation nationale a mis tel et tel livre à l'index c'est pas du tout comme ça que ça se passe aux Etats-Unis il n'y a pas de très peu de pouvoir central ça se fait même pas dans les Etats vous avez bien entendu dans votre reportage le mot de county de comté ça se fait par comté c'est comme si en France c'était même pas les Yvelines ou le Cantal qui interdit tel livre c'est vraiment un arrondissement un chef lieu qui va interdire ça a commencé d'ailleurs il y a longtemps au Kansas quand ils ont interdit un livre très célèbre pour enfants dans le monde anglo-saxon qui s'appelle Charlotte's Web la toile de Charlotte et juste parce que l'héroïne s'appelle Fern elle est un petit peu garçon manqué les animaux parlent et ça parle de mauvais traitement sur les animaux et moi j'en ai fait beaucoup des reportages où on voit ses parents il faut imaginer ça c'est très loin de nous français mais des parents dont elles comptaient qui viennent alors très à l'américaine ils parlent ils disent mon Dieu cette fille en fait elle est transgenre et ils se mettent à pleurer et tout le monde pleure dans la salle et prie Dieu et Jésus c'est ça l'Amérique alors ça peut être très préoccupant ça ne veut pas dire que Donald Trump va encore une fois mettre à l'index
mais ça fait partie de ses combats c'est-à-dire dans les quelques premières mesures qu'il veut prendre au day one comme il dit au jour un il y a quand même l'idée de reconnaître par décret les deux sexes
je pense qu'on a un peu sous-estimé effectivement le boomerang le retour de boomerang d'une certaine vague woke et encore une fois je ne mets pas de jugement là-dessus mais je vous donne juste un dernier exemple par exemple quand il y a eu le dernier film de Disney l'un des derniers films de Disney sur la petite sirène qui a été ils ont fait un remake avec une petite sirène qui est noire ça a exaspéré toute une bonne partie du camp du camp Trump mais d'un autre côté il y a plein de petites filles noires et je l'ai vu sur le terrain qui sont ouvertes à quelque chose et qui ont dit voilà pour la première fois on parle à moi c'est ça l'Amérique
c'est un débat qui traverse les Etats-Unis avec toute la spécificité de ce pays-là mais ça fait partie d'un combat idéologique que veut mener Donald Trump et Elon Musk d'ailleurs
je pense que Donald Trump a été en partie élu pour ça et je pense que pour tous les électeurs de Donald Trump il y a eu des dérives du courant qui pour eux est allé beaucoup trop loin et aujourd'hui le boomerang ça repart complètement de l'autre côté c'est résumé par il y a des reportages c'est résumé par ça en fait les familles politiques les communautés politiques aujourd'hui aux Etats-Unis sont si divisées que dans les Etats majoritairement républicains des démocrates s'en vont parce que les femmes ne peuvent plus avorter parce qu'ils sont mal à l'aise avec l'idéologie qui va être appliquée de Donald Trump et à l'inverse dans les Etats démocrates des républicains s'en vont parce qu'ils ne supportent pas qu'effectivement quand ils amènent leur fille à l'école on leur dit est-ce que le mardi tu préfères si tu as envie le mardi d'être un garçon et le mercredi d'être une fille c'est possible alors que sans doute l'enfant n'y avait jamais pensé vous voyez ce que je veux dire donc c'est allé en fait il s'est allé tellement loin il y a eu tellement de dérives qu'aujourd'hui ça repart complètement en fait on ne peut pas faire évoluer une société sur les questions culturelles comme ça si rapidement ça provoque des réactions extrêmement violentes on est là dedans et après ça va sans doute
revenir au milieu bon en tout cas Donald Trump s'est emparé de ce sujet et ça fait partie de ses priorités de ses premiers jours aux responsabilités il a déclaré Dieu m'a sauvé pour sauver l'Amérique on en parlait tout à l'heure il confirme qu'il veut reprendre ce sont ses mots le canal de Panama et qu'il veut planter le drapeau américain sur la planète Mars on revient à vos questions Gaspard nous pose cette question les marchés financiers ont réagi à la hausse avant l'investiture de Donald Trump pourquoi Nicolas Bizeau ?
parce que justement il y a cette idée de la déréglementation de la simplification du fait de libéraliser complètement le secteur énergétique qui a plu à la bourse alors ce qu'il faut bien voir c'est que la bourse américaine 25% de la capitalisation du S&P 500 c'est l'équivalent du CAC 40 en plus gros 25% ce sont ces fameuses entreprises de la tech donc c'est énorme il n'y a pas un pays au monde dont l'économie s'est déjà autant restructurée autour de la tech
Trump a la majorité du Congrès et a nommé lors de son premier mandat des juges conservateurs aura-t-il des contre-pouvoirs ?
Oui il aura des contre-pouvoirs parce qu'il y a des états déjà qui ont des pouvoirs et qui s'opposent parfois au pouvoir fédéral il y a des juges qui ne sont pas pro-Trump mais il va continuer à en nommer un président au cours d'un mandat nomme 200-300 juges fédéraux donc évidemment il veillera à ce que ce soit des juges de son bord moi je dirais qu'il y a deux contre-pouvoirs essentiels en fait le premier c'est pas tant le Congrès où sa majorité est quand même très fine il va falloir qu'il négocie un peu c'est d'abord le monde réel dont on a parlé notamment avec la question de l'inflation et des droits de douane et du boomerang possible et du fait que s'il ne tient pas ses promesses économiques une partie de ses soutiens vont le lâcher et puis c'est le fait que dès aujourd'hui finalement c'est ce qu'on appelle un canard boiteux il ne peut pas être réélu donc il a deux petites années devant lui au bout de deux ans élection législative souvent le parti en place perd des voix et à partir de là Donald Trump glisse dans le passé la presse la presse est très inquiète c'est important de le dire vous avez énormément de médias qui mettent de côté de l'argent pour faire face au procès qui conseillent à leurs reporters de ne pas mettre leurs informations et surtout concernant leurs sources sur le cloud qui s'apprêtent à une guerre à la fois judiciaire et politique
comment penser que ces milliardaires sont là pour améliorer le quotidien des américains et non pour devenir encore plus riches
moi vraiment je crois qu'ils sont là vraiment en grande partie pour le business mais l'économie américaine est quand même une économie où les lobbies sont beaucoup plus puissants qu'en Europe ou en France là encore où c'est extrêmement réglementé aux Etats-Unis mais on l'a vu encore de toute façon avec les cérémonies d'investiture etc où on voit que des milliardaires peuvent financer peuvent donner de l'argent
ce qui n'est pas le cas en France Alain dans le Val-de-Marne quel message Donald Trump veut-il faire passer en invitant des personnalités européennes d'extrême droite
et bien je pense qu'il veut dire une chose c'est qu'il aimerait bien transformer le monde et le transformer aussi l'Europe et donc il s'adresse en Europe aux personnes qui pensent comme lui qui partagent la même idéologie et dont il espère soit qu'ils seront au pouvoir soit qu'ils feront pression pour que sa politique soit que ce que oui il y a une volonté de transformation mais même chez Musk on la voit aussi cette volonté de transformation du monde occidental
il le dit puisqu'il a fait un échange avec la patronne de l'AFD et qu'il a insulté copieusement Olaf Scholz entre autres c'est une impression où l'Union Européenne a déjà cédé face à Trump L'Origue Delamornay
c'est de la réelle politique elle n'a pas beaucoup le choix l'Europe et elle sait qu'elle va devoir passer par on en a parlé des deals et peut-être ce qu'on disait à l'instant des deals de personne à personne ça c'est le logiciel
une dernière question d'Olivier dans le Cantal en 4 ans Donald Trump a-t-il le temps de transformer une démocratie en autocratie ? oui ? non ? non je crois pas non ? non bon merci merci à vous tous c'est la fin de cette émission il est l'heure de retrouver toute l'équipe de CET à vous
bonsoir Anne-Elisabeth bonsoir Caroline au programme ce soir l'émotion et le soulagement des familles des trois premières otages libérés hier mais aussi les scènes de l'IES qui ont accompagné la remise en liberté de 90 prisonniers palestiniens et la démonstration de force du Hamas réaction à suivre de l'ambassadeur d'Israël en France Joshua Zarka qui est notre invité et puis les images de la cérémonie d'investiture de Donald Trump officiellement 47ème président des Etats-Unis depuis tout juste une heure les analyses de Patrick Cohen et du spécialiste des Etats-Unis Corentin Seller merci à vous
bonne émission on se retrouve demain en direct dès 17h30 belle soirée
Éric Zemmour