Pour le budget 2027, "on demande un petit effort à tout le monde", souligne le ministre du Logement pour justifier le gel des APL
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 20 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:03OuverteRéponse directe
Ministre de la Ville et du Logement, revenons sur les mesures pour la crise du logement.
- 0:25OuverteRéponse partielle
Peut-on s'attendre à des propositions concrètes rapides pour soulager les Français ?
- 1:06RelanceRéponse directe
Des annonces très concrètes sont-elles attendues dès lundi ?
- 1:36OuverteRéponse directe
La prime de 100 euros est-elle suffisante ?
- 2:18OuverteRéponse partielle
Est-ce que ces 100 euros sont suffisants ?
- 2:25OuverteRéponse directe
Bruno Retailleau propose de baisser le prix à la pompe en supprimant la taxe C2E. Est-ce une bonne idée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 6:17Invité politiqueFait
« On demande à des structures comme l'Agence Nationale de l'Habitat, l'Agence Nationale de la Rénovation Urbaine, etc. de faire des économies de gestion. »
- 17:33Invité politiqueFait
« Il y a des bâtiments tertiaires, des bâtiments de bureaux qui sont là, en train de se vider. »
- 18:55InvitéFait
« Vous voulez les remettre à la location après l'été caniculaire ? »
- 19:13Invité politiqueChiffre
« Ça représente 700 000 logements. »
Temps de parole
- Vincent Jeanbrun65 %
- Invité13 %
- Présentateur11 %
- Invité 26 %
- ?5 %
≈ 17,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour
Camille. Bonjour Benjamin. Et bonjour Vincent Jeanbrun. Bonjour. Ministre de la Ville et du Logement, on va revenir avec vous sur les mesures que vous proposez pour faire face à la crise du logement que traverse notre pays. D'abord, une autre crise est aussi à la une de l'actualité encore ce week-end, la crise des carburants avec la flambée des prix à la pompe qui atteignent toujours des records. Le gouvernement dit depuis hier réfléchir à de nouveaux dispositifs pour aider les Français, notamment les plus précaires. Est-ce qu'on peut s'attendre à des propositions concrètes, rapides pour soulager les Français dans les prochains jours
?
On a aujourd'hui cette crise au Moyen-Orient qui impacte tous les pays dans le monde et particulièrement nos concitoyens. Il faut qu'on puisse d'abord prolonger les dispositifs qui avaient été mis en place jusqu'ici, que ce soit l'aide grand rouleur ou que ce soit les sujets plus sectoriels pour aider les pêcheurs, les agriculteurs ou les entreprises du BTP. Et puis effectivement, il faut qu'on regarde parce que cette crise semble pouvoir durer. Et donc, on a travaillé, on a été réunis autour du Premier ministre en fin de semaine.
On va se réunir à nouveau lundi pour pouvoir faire dans les prochaines semaines des propositions pour voir comment accompagner les Français les plus fragiles qui souffrent le plus de
ces crises. Il n'y a pas
d'annonce très concrète auxquelles il faut s'attendre dès lundi ? Faire
des
annonces,
c'est
bien. Être capable de délivrer un accompagnement et une aide très concrète, c'est mieux. Et donc, l'idée, c'est que ce soit très structuré et très concret pour que dans les prochains jours, on y aille. Je le dis simplement, l'aide grand rouleur, elle a touché un peu plus d'un million de personnes alors qu'elle pouvait toucher potentiellement 3 millions. Donc, le guichet est toujours ouvert jusqu'au 30 septembre. N'hésitez pas, si vous faites partie de ces Français qui travaillent et qui sont des grands rouleurs, à solliciter cette aide.
Vincent
Jambrun, elle est aussi de 100 euros. Il faut la doubler, selon vous ?
Le sujet, c'est d'avoir le dispositif le plus ajusté possible.
On
voit que la crise des carburants, qui n'est pas liée à une décision française...
Non, mais elle est là et a l'impact que les Français.
Est-ce que ces 100 euros sont suffisants
? On subit
tous par rapport à ce climat international. On doit regarder au plus près. L'idée, c'est aussi de ne pas faire n'importe quoi. On ne peut pas promettre des montants qu'on ne sait plus investir. Donc, il faut aider les plus fragiles pour faire en sorte, notamment, que les Français qui travaillent puissent continuer à le faire. Et c'est important parce qu'il y
a
des territoires ou des métiers où il y a vraiment besoin de sa voiture. Il
n'y a
pas le choix sur des kilomètres et des kilomètres.
Et
donc là, on doit être au rendez-vous pour les accompagner.
Alors, Vincent Jambrun, il
y
a une proposition dans le débat. Elle est portée par Bruno Retailleau, le patron du Parti des Républicains, le parti dont vous êtes issu. Il propose de baisser le prix à la pompe en supprimant une taxe avec un nom assez technique, la C2E. Ce sont des certificats d'économie d'énergie. Et cette taxe, elle finance la rénovation thermique des habitations, par exemple. Ça vous concerne donc en premier lieu en tant que ministre du logement. Est-ce que vous pensez que c'est une bonne idée de supprimer cette taxe
? Non, je comprends la tentation de dire qu
'il
suffit de supprimer un prélèvement pour avoir un ticket de caisse un peu plus bas. 15
à 17 centimes d'euros en moins par litre d'essence.
Première chose, ça n'aurait aucun impact immédiat. Parce que ce n
'est
pas une taxe comme les autres, c'est un contrat. Que passent les grandes entreprises qui ont un impact sur l'environnement, pour dire un peu simplement les entreprises qui polluent le plus. Et elles vont cotiser avec ces contrats pour pouvoir financer ensuite des choses positives sur l'environnement. C
'est le
principe pollueur-payeur.
C'est l'esprit. Comme la prime rénov' que vous évoquez qui dépend de mon ministère, qui permet d'aider. Mais aussi le leasing social sur les voitures électriques. Aussi le leasing social qu'on veut faire sur les pompes à chaleur. Bref, il y
a
une utilité très concrète. Mais surtout comme c'est des contrats.
Ils
sont passés sur des mois, voire des années. Ça veut dire que si on essayait aujourd'hui de supprimer les C2E,
tous
les contrats sont en train de courir. Donc ça aurait au mieux un impact en février prochain, ou peut-être même en mai prochain. Donc c'est pas du tout le sujet aujourd'hui. Et en vrai, pour une fois qu'on a, j'allais dire, une taxe un peu Robin des Bois, où on prend aux plus riches pour les données aux plus pauvres, c'est important. Et je vais vous dire qui craint fortement qu'on supprime les C2E,
ce
sont nos petits artisans. Parce que vous l'avez dit, qu'est-ce qu'on fait avec ces C2E ? On finance la rénovation des maisons, des bâtiments, pour les plus modestes. C'est des chantiers pour nos artisans partout sur le territoire national. Toucher aux C2E, c'est toucher à la capacité de financer des travaux, et donc à la capacité de nos artisans d'avoir des contrats. Donc je ne pense pas que ce soit une bonne idée. En revanche, des aides ciblées, c'est évidemment nécessaire. Et il faut qu'on accompagne les Français dans cette crise internationale qui nous frappe.
Juste pour compléter, on entend bien votre attachement à cette taxe, c
'est
que c'est une mauvaise idée. Mais donc vous dites aussi que Bruno Retailleau a dit un petit peu n'importe quoi, parce que ça ne permettrait pas aux Français d'avoir une baisse directement sur le prix du plein à
l'apport.
Bruno Retailleau souligne un point que beaucoup de Français partagent.
C
'est-à
-dire
qu'au fond, quand sur 2 euros d'essence, on a 1 euro de taxe, c'est vrai qu'on se dit, est-ce qu'on ne pourrait pas soulager un petit peu la pression fiscale ? Maintenant, les C2E, c'est facile de les attaquer, parce que c'est un truc complexe. Les Français se disent comment ça marche ce truc-là. C'est vrai que c'est assez technique, mais je veux leur dire très simplement aujourd'hui, c'est un système, un mécanisme que j'appelle Robin des Bois. On prend grandes entreprises très riches qui ont un impact très fort sur l'environnement, et on donne aux petits artisans, et au passage, on aide les Français à rénover leur habitation et à avoir des voitures électriques moins chères.
Ce serait dommage de s'en priver.
Vincent Jambin, cette crise des carburants, elle s'inscrit dans un contexte de contraintes budgétaires très fortes, et c'est aussi la raison pour laquelle c'est difficile d'y répondre pour le gouvernement. Sébastien Lecornu, le Premier ministre, a présenté de premières grandes lignes pour le futur budget. 54 milliards d'euros d'économie, ça c'est le chiffre donné. Pour l'instant, avec les différentes pistes annoncées, on n'arrive pas tout à fait à 54 milliards d'euros. Concernant votre ministère, le ministère du Logement, où est-ce que vous allez devoir faire des coupes
?
En fait, comme tous les ministères, on va faire beaucoup d'économies, tout sauf les ministères régaliens, la défense, la justice, et évidemment la sécurité, le ministère de l'Intérieur. Mais ce qu'il faut déjà retenir, c'est que cette année, on présente un budget
où
l'État sera exemplaire. C'est-à-dire que l'État demandera le plus d'efforts à lui-même. Et c'est essentiel parce que pour pouvoir demander des efforts aux Français et aux autres structures, que ce soit les collectivités locales ou autres, il faut qu
'on
soit exemplaire. Et donc effectivement, on sert les budgets, on sert les budgets de fonctionnement. On demande à toutes
les agences
de l'État de
baisser... Pour le ministère du Logement, ça veut dire qu'on demande
à des structures comme l'Agence Nationale de l'Habitat, l'Agence Nationale de la Rénovation Urbaine, etc. de faire des économies de gestion partout où c'est possible.
Vous savez combien d'économies vous devez faire sur votre ministère du Logement
? On a eu
ce qu'on appelle dans le jargon les lettres plafonds, c'est
-à
-dire une lettre de mission.
On
dit attention, dans telle et telle enveloppe budgétaire, il ne faut pas dépasser tant, etc. Donc bien sûr qu'on fait des économies. Une économie qui, chez nous, est substantielle, ce sont le fait de geler les APL. C'est-à-dire qu'on ne
va
évidemment pas les diminuer. En revanche, elles ne seront pas revalorisées l'année prochaine. C
'est un effort important qui est demandé aux Français.
Certains Français ont du mal à se loger. Vous défendez un accès plus simple au logement pour les Français ?
Est-ce
que le gel de ces APL
est aussi en contradiction avec cet objectif ? Évidemment, mais la vérité, c'est qu
'il faut qu'on finance des dispositifs qui recréent un choc d'offres. Ce n
'est
pas une économie énorme non plus, le gel des APL. En tout cas, on demande un petit effort à tout le monde. Et vous avez raison de le dire. L'idée, ce n
'est
pas de dire qu'on va faire un énorme effort à un endroit. On fait des efforts un peu partout pour essayer de s'en sortir.
Les APL, par principe, c'est
pour les Français les plus précaires et qui font le plus face à cette
crise du logement. Ça
accompagne beaucoup de Français. Et l'idée, encore une fois, c'est de les préserver. Aujourd'hui, on veut préserver ces aides essentielles. Mais simplement, elles ne seront pas revalorisées au niveau de
l
'inflation. Ce qui permet de dégager des marges de manœuvre pour d'autres dispositifs, notamment faciliter l'accession à la propriété. Vous l'avez vu dans le budget, on propose une vraie nouveauté, ce qui est une très bonne nouvelle pour les familles françaises. Un prêt zéro, un prêt à taux zéro famille, un prêt à taux zéro parentalité, qui va permettre de devenir propriétaire à l'arrivée d'un enfant. Ce n
'est
pas rien parce qu'aujourd'hui, dans notre pays, la crise du logement fait que vous avez des gens qui renoncent à faire un enfant. Ce qui, pour moi, est totalement inacceptable et injuste. Parce qu'ils se disent, on ne pourra pas acheter l'appartement qui nous permettra d'accueillir cet enfant dans de bonnes conditions. Et donc, au même titre que le prêt à taux zéro fonctionne très bien et qu'on souhaite prolonger dans le temps, on va rajouter un prêt à taux zéro parentalité qui permet à la naissance d'un enfant supplémentaire d'avoir à nouveau accès à un prêt à taux zéro pour pouvoir acheter plus grand, même si on a déjà acheté avant d'avoir l'enfant.
On reviendra à ces pistes éventuellement juste après, Vincent Germain. Un mot à nouveau sur les économies qu'on va vous demander à votre ministère.
C'est lié, si vous permettez, parce que c'est parce qu'on va faire des économies
à
certains endroits qu'on peut créer des dispositifs nouveaux de cette nature.
Vous vous êtes arrêté assez vite sur les économies,
justement, qu'il allait falloir faire pour votre ministère. Est-ce qu'il y
a
des pistes qui sont un peu plus précises que ça ?
En fait, c'est ce que j'essayais de vous dire le plus simplement du monde, c'est qu'on a été interpellé chaque direction d'administration, chaque direction d'agence, en disant qu'il va falloir dégager des économies. Vous avez
parlé de l
'ANRU, par exemple, l'Agence nationale
de la rénovation
urbaine, qui doit faire des économies.
Est-ce
que ça veut dire moins de programmes de rénovation urbaine à l'avenir ? Merci
de poser la question pour le préciser. C'est surtout dans la gestion,
c
'est-à-dire dans les frais, par exemple, de communication. Vous aviez des budgets de communication importants dans les ministères. Ils sont réduits de manière drastique. On fait des économies sur nos propres cabinets, nos propres équipes. C
'est du fonctionnement, ce n'est pas sur
le fond des projets. Exactement. Et justement, le budget courageux que présente le Premier ministre préserve l'investissement. Parce que quand on investit dans des grands projets comme la rénovation urbaine, on a des effets leviers extraordinaires. Pour vous donner juste un exemple, tout le programme numéro 2, ce qu'on appelle l'ANRU 2, porté par l'Agence nationale de rénovation urbaine, c'est 12 milliards au départ. C'est un effet levier de 46 milliards à la fin. C'est énorme, en fait. Et ces 46 milliards, ils vont dans l'économie, ils vont dans le BTP, ils vont dans nos artisans, nos constructeurs. Donc, c'est de l'emploi non délocalisable. Et donc ça, il faut évidemment le préserver.
Et justement, Vincent Jean-Brun, vous portez
un troisième programme de l'ANRU. C'est ces programmes qui permettent de faire de la rénovation urbaine dans différents quartiers, dans des zones urbaines dites difficiles. Mais dans le projet que vous portez également, ça concerne les villes moyennes et l'outre-mer. C'est 5 milliards d'euros. Vous nous dites ce matin que ça ne va pas être impacté, ce budget. Ces 5 milliards d'euros sont préservés malgré les efforts demandés par le Premier ministre. C
'est même un tout petit peu plus compliqué que ça parce qu'en fait, tant
que le
projet de loi n'est pas voté, il n
'y
a pas d'ANRU 3. Donc, pour l'instant, ça n'impacte pas le budget 2027.
D'accord.
Mais c'est important de montrer justement que parce qu'on fait des économies sur le fonctionnement aujourd'hui, sur les dépenses courantes de l'État, on va pouvoir avoir des projets ambitieux que celui que vous venez d'évoquer pour pouvoir transformer encore des centaines de quartiers dans notre pays qui en ont besoin, que ce soit les quartiers avec les grands ensembles ou les villes plus moyennes ou nos villes en outre-mer. Cette ambition d'investir beaucoup,
elle
dépend de notre capacité à faire des économies sur le fonctionnement aujourd'hui. Et
c
'est pour ça que moi,
je
suis fier de faire partie d'une équipe qui est courageuse dans la présentation de ce budget. Après, vous le savez aussi, c'est un budget que propose le gouvernement, qui sera ensuite débattu avec les parlementaires. Et permettez-moi d'insister
là-dessus parce qu
'il y
a aussi
une petite musique qui consiste à dire, de toute façon, ils sont tentés par les ordonnances. Vous savez, c'est le côté, on ne fait même pas le débat au Parlement et tout ça, et fait de manière un peu automatique et brutale. Ce n
'est
pas la philosophie du gouvernement. Nous,
on
est là pour être au service de la France et des Français, et donc on propose une copie de départ. On va la travailler avec les parlementaires qui voudront bien se donner la peine de la travailler avec nous. Et au même titre qu'en l'année dernière, on a su voter intelligemment un projet de loi de finances pour la sécurité sociale. Eh bien, on doit pouvoir avoir ce même chemin ensemble. On
le verra avec tous
les
débats qu'il va y avoir à l'Assemblée nationale. Dans les
prochaines semaines, Vincent Jean-Brun, ministre de la Ville et du Logement, vous restez avec nous. On va évoquer vos pistes pour essayer de répondre à la crise du logement que traverse la France dans un instant. Après l'info en 1 minute, 8h46 avec Laurette Piau.
Donald
Trump annonce avoir obtenu un contrôle permanent sur la sécurité du Groenland. Un accord conclu avec le Danemark qui vise notamment à empêcher l'installation sur le territoire arctique de bases militaires russes ou chinoises. La première ministre danoise a salué l'accord assurant qu'il serait bon pour l'OTAN et pour l'Europe. Le président de la mutualité française alerte à quelques jours de la présentation du budget de la Sécu 2027. Dans une interview au Parisien, Eric Chenu réclame une baisse des taxes des cotisations sur les couvertures santé pour être à l'équilibre. La dynamique des dépenses a augmenté de 5% au premier semestre, a-t-il affirmé.
Paris appelle Moscou à revenir sur sa prise de contrôle d'entreprises françaises. La Russie a mis sous administration provisoire les filiales russes de plusieurs groupes européens dont Auchan et Nestlé. Un choix justifié par le Kremlin par leur appartenance à des pays inamicaux. Et puis du football, ce soir est la cinquième journée de Ligue 1 qui se poursuit 5 matchs avec dès 17h15 Paris FC Strasbourg. Hier, Monaco s'est imposé 2-1 face au RC Lens et a repris la tête du classement.
France
Info
Le
8.30 France Info, Camille Girère, Benjamin Recouvreur.
Vincent Jean Brun, ministre de la Ville et du Logement, vous êtes notre invité ce matin du 8.30 France Info. Alors je dis le ministre du Logement, mais vous, vous utilisez souvent cette expression, le ministre de la crise du logement. Ce loger pèse plus que jamais sur le budget des Français. Son poids a même plus que doublé dans les dépenses des Français en 60 ans. Comment est-ce que c'est possible qu'on en soit arrivé là ? Pourquoi est-ce que c'est devenu si cher, si compliqué de se loger pour les Français
? Il
y a plein de raisons à cela. Ça va donner déjà notre ambition commune de préserver nos fonciers, donc préserver nos terres agricoles, préserver nos terres naturelles. Donc s'il
y a
moins de fonciers disponibles, le prix du foncier, du terrain, monte. Ça va aussi du fait qu'on a voulu des normes beaucoup plus exigeantes sur la qualité et le confort thermique, sur la qualité environnementale. Et donc ça fait augmenter le coût de construction des biens. Et puis, de façon générale, on a moins rendu rentable le fait d'investir dans la pierre, à tel point que parfois, certains Français qui voulaient investir dans un logement pour le mettre en location, ont continué à le faire, mais ailleurs, en Europe par exemple. Donc il y a plein de raisons à cela, mais le vrai sujet, c'est comment on trouve des solutions pour en sortir.
Parce que vous l'avez dit, la crise, elle est majeure. On a un chiffre qui parle de lui-même, mais 25 mètres carrés de pouvoir d'achat en termes de logement perdu en 10-15 ans. Ça veut
dire
quoi concrètement pour les
Français
? 25 mètres carrés, ça veut dire que c'est la chambre que l'étudiant n'aura pas pour faire ses études à côté de l'université qui vient de décrocher. J'ai eu des témoignages qui me disaient, j'ai eu l'université dont je rêvais, je n
'ai
pas pu faire mes études là-bas, je suis resté à côté de chez mes parents parce que je ne pouvais pas me loger. Pareil pour des jeunes actifs. Dans ma circonscription, autour du marché de Rungis par exemple, c'est des jeunes actifs qui décrochent un job et qui finalement, après plusieurs semaines à dormir dans leur voiture, disent, je ne
vais
pas pouvoir continuer. Vous
évoquiez les solutions. Et on parlait tout à l'heure,
les parents qui renoncent à faire des enfants, je pense que ça c'est très important qu
'on
l'entende. Notre pays ne peut pas accepter ça, d'où des solutions comme le prêt à taux zéro parentalité que j'évoquais tout à l'heure.
Et qui sera dans le budget. Vous présentez aussi un
projet de loi de relance pour le logement Vincent Jambin qui a été adopté au Sénat, qui doit être discuté maintenant à l'Assemblée nationale. Ça doit être quoi la priorité ?
Là,
vous parlez beaucoup du foncier, de la difficulté à construire. C'est ça la première urgence ? C'est de relancer la construction dans le pays
?
La première urgence, c'est ça. C'est l'offre. Il faut qu'on relance la production de logements dans ce pays. Quand on parle de produire du logement, c'est construire du neuf, rénover de l'ancien à neuf. Et donc là, on marche sur deux jambes. J'allais même dire sur une troisième, c'est-à-dire logement privé comme logement social. Parce que dans notre pays, on a la chance d'avoir un parc de logements sociaux important, bien réparti sur le territoire, mais qui lui aussi a besoin d'être rénové. Et donc, toutes les mesures qui sont dans le projet de loi visent à ça.
Ça passe par ramener de l'investissement, et notamment des dispositifs fiscaux qui vont inciter les Français et rentabiliser le fait d'investir dans le neuf et d'investir dans l'ancien et de le rénover. Ça passe par un choc de simplification. C'est tellement long dans ce pays de construire. Il
y a
trop
de normes.
C
'est
incroyable. Surtout, trop de procédures. Ce n
'est
pas tout à fait la même chose.
Parce que
les normes
existent pour garantir la sécurité, garantir que les nouveaux bâtiments respectent l'environnement. Il y a toute une liste
de critères. Vouloir mettre à bas les
normes...
Ce
n
'est pas ça le sujet.
Le sujet, c
'est de dire comment on simplifie ce qui est simplifiable. D'abord, vous avez des projets qui mettent aujourd'hui huit ans à sortir de terre. Construire physiquement le bâtiment, c'est deux ans, deux ans et demi si c'est très compliqué. Tout le reste, c'est quoi ? C'est la procédure.
Donc ça, vous voulez
le simplifier.
Et ça, on veut le simplifier comme on a su le faire pour les Jeux Olympiques.
Vous avez deux formules, d'ailleurs. Les
Jeux Olympiques du logement et le Notre-Dame de la construction. C
'est un bon emballage,
mais on ne comprend pas forcément ce qu'il y a derrière.
En
fait, on écrase les procédures administratives. Ensuite, sur les normes, vous avez raison. Il y
a
des normes. Heureusement qu'elles sont là, elles nous protègent. Normes incendies, normes pour l'accessibilité des personnes à mobilité réduite. C'est très important.
Justement, il y a une norme, parce que
le temps file,
il y a
une norme sur laquelle je
voudrais qu'on
revienne ensemble. Dans une de vos propositions.
Je
voudrais quand
même
vous donner un
exemple, parce qu'il y a
aussi des normes sur lesquelles il faut pouvoir revenir. Aujourd'hui, on se dit qu'on ne veut pas consommer de foncier naturel. On a raison. Mais, d'un autre côté, il y
a
des bâtiments tertiaires, des bâtiments de bureaux qui sont là, en train de se vider. Il faudrait qu'on les convertisse. Vous savez quoi ? Les normes dans le bâtiment tertiaire ne sont pas les mêmes que dans le bâtiment de logement. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire
que quand on achète
un
bureau...
Faisons grand public.
Justement, grand public. Figurez-vous, mesdames et messieurs, que les marches dans des bureaux, comme ici, elles ne font pas la même taille que dans un bâtiment de logement. Donc, quand on veut convertir un
bâtiment de bureau... Dans les normes, notamment,
que vous citez dans votre projet de loi, vous voulez autoriser les propriétaires à pouvoir louer des habitations qui sont aujourd'hui en une mauvaise note thermique, qui sont même considérées par l'État comme des passoires thermiques. Vous voulez les remettre à la location ?
Après,
l'été caniculaire qu
'on
vient de vivre, est-ce que c'est vraiment une bonne idée ?
D'abord, pour l'instant, le DPE, il regarde surtout le confort d'hiver et pas vraiment le confort d'été. Donc, ça,
ça
pose une autre question.
C
'est comment on crée vraiment un
cahier des charges pour avoir un cahier
des charges pour l'été et comment on lutte contre les bouilloirs thermiques. Et ensuite, pardon, je préférais dire ça autrement. Vous dites, vous voulez remettre les logements classés F et G en location ? Non, moi, je veux
rénover. G, c'est une passoire
thermique.
Et F aussi, en réalité. Moi, je veux qu'on les rénove. Or, vous avez beaucoup de propriétaires. S'ils n'ont plus la capacité de mettre en location et qu
'ils
perdent ce revenu, ils ne sont pas solvables à la banque pour pouvoir financer
les travaux. Ils pourraient
les rénover avant de les mettre à la location
?
À condition d'être solvables. Non, parce que beaucoup l'ont fait. Mais si vous avez une mamie de 86 ans qui est propriétaire d'un logement et qu'elle va voir sa banque en disant, j'ai besoin d'un crédit pour le rénover. Et en plus, je n
'ai
même plus le loyer qui me permettait de rembourser le crédit. Ça ne marche pas, en fait. Donc, il faut le faire. Et puis, dernier point. Ça représente
700 000
logements.
Là,
aujourd'hui, avec la crise du logement dont on a parlé, vous voulez retirer 700 000 logements du marché. Ce serait une aberration. Ils seront
obligés de les rénover. Ils seront
évidemment obligés de les rénover avec l'engagement auprès des entreprises.
Merci beaucoup, Vincent.
Merci
à votre ministre de la Ville et du Logement d'avoir été l'invité du 8.30 France Info ce matin. L'info continue sur France Info. Restez avec nous.
Vincent Jeanbrun