Mélenchon a-t-il "plié" la primaire à gauche ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Jean-Luc Mélenchon qui a donc lancé hier sa quatrième campagne présidentielle. Le candidat de la France Insoumise s'est posé en leader de la gauche des crétons ou de la primaire. C'est fini, il se veut l'incarnation du barrage au Rassemblement national, alors peut-il encore être le vote utile à gauche ?
Est-il en capacité de battre l'ERN pour n'en parler ? Nous sommes avec Yves Trier. Bonjour Yves, merci beaucoup d'être là avec nous, directeur adjoint de la rédaction du Figaro.
Rachel Garaval-Carsel, bonjour, merci également d'être avec nos journalistes politiques et puis Laure Salvin, bonjour. Merci d'être là, directrice générale de Véry en France. Et avant de vous entendre, on va regarder ce sujet pour lancer sa campagne.
Jean-Luc Mélenchon a donc choisi la plus grande ville dirigée par LFI Saint-Denis selon les organisateurs. 26 000 personnes étaient rassemblées pour suivre son meeting, l'occasion pour lui de défendre son programme et de vanter sa Nouvelle-France. Céline Schmitz.
Nouvelle France ! Nouvelle France ! 26 000 sympathisants de la France insoumise étaient réunis dimanche au pied de la basilique Saint-Denis et juste à côté de la mairie remportée par l'insoumis Bali Bagayoko.
Un lieu historique et hautement symbolique où Jean-Luc Mélenchon a présenté son concept de nouvelle France. La France est nouvelle comparée à celle de 1958 quand a été créée la 5e République. Depuis, tout a changé.
Nous ne sommes plus les mêmes, nous vivons, aimons, pensons tellement autrement. Dans la foule, des drapeaux tricolores et une formule. On est chez nous, des mots qui étonnent car associés habituellement au Rassemblement National.
Ce dimanche, Jean-Luc Mélenchon a détourné cette formule pour illustrer une France métissée, héritière de vagues successives d'immigration. -"Nous ne renierons pas, mesdames, messieurs les fachos, les sacrifices et l'amour de nos grands-parents qui nous permettent d'être ici, et dans ce pays qu'ils ont tant contribué à bâtir. On est chez nous La culture, la langue, la politique, l'histoire, elle est faite de migration.
C'est ce pays-là qu'on veut, c'est pas ceux des réacs et des grincheux quoi. En près d'une heure trente de discours, Jean-Luc Mélenchon a identifié un seul adversaire, l'extrême droite. Une façon de plier le match à gauche alors que ses adversaires en sont toujours à spéculer autour de l'organisation d'une primaire. « A tous les quelques grancheux qui se disent, vous savez, Jean-Luc Mélenchon n'est pas capable de si, n'est pas capable de ça au second tour. » Franchement, vous en prendre aujourd'hui au seul candidat potentiellement qui est en capacité d'aller au second tour, laissez-le plutôt gagner.
Selon le dernier sondage Odoxa mascarait pour Public Sénat, Jean-Luc Mélenchon serait au coude à coude avec Edouard Philippe pour accéder au second tour de la présidentielle. « Rachel Garaval-Carsel, d'abord un mot avant d'en venir au fond, au concept de Nouvelle-France à l'électorat de Jean-Luc Mélenchon. Un mot peut-être sur la forme de ce discours.
On avait un Jean-Luc Mélenchon debout à la tribune avec les cadres, les parlementaires de la France Insoumise qui étaient assis à À côté de lui, on a eu un Jean-Luc Mélenchon qui était plutôt posé dans un discours plutôt de rassemblement. C'est un nouveau, Jean-Luc Mélenchon finit le temps des clivage, c'est Jean-Luc Mélenchon, le rassembleur qu'on a vu hier. – C'est toujours un nouveau Jean-Luc Mélenchon chaque élection présidentielle, si je puis dire.
Non, là, comment dire ? Effectivement, il y a la volonté de montrer une équipe derrière lui. Ce qui n'est pas nouveau ces dernières années, ce qui est nouveau pour une campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, parce que c'est la première fois qu'il a vraiment beaucoup d'élus à l'échelle de la France insoumise derrière On a vu aussi un discours plus court que d'habitude, plus lu de Jean-Luc Mélenchon.
D'ailleurs, il en a fait lui-même la remarque à deux reprises pendant le discours. Donc moi, ce qui me marque, c'est qu'il a déjà enclenché, alors qu'on est à dix mois du premier tour de l'élection prisonnière, il a déjà enclenché son lissage, si je puis dire, son lissage d'images qui l'enclenche d'habitude beaucoup beaucoup plus tard, mais parce que je pense aussi qu'il part de beaucoup plus loin sur ce sujet -là et qu'il a bien compris que cette élection, ce sera probablement l'élection du vote utile, mais d'un vote utile particulier, C'est-à-dire que les gens regarderont aussi ce que peut faire ce candidat au second tour. Et pour l'instant, Jean-Luc Mélenchon, il n'est pas rassembleur au second tour, c'est une évidence.
Lorsalvin, il fallait qu'il polisse un peu son image, Jean-Luc Mélenchon. C'était aussi le but de la scénographie de ce meeting, peut-être en installant aussi ses élus, la volonté de montrer qu'il est en capacité de former un gouvernement. Ça fait partie des points négatifs de Jean-Luc Mélenchon dans l'opinion, ce côté clivon, un peu le bruit et la fureurre ?
Oui, et puis ce côté chef absolu, voire totalitariste. Là, effectivement, on voit bien qu'il y avait une volonté d d'horizontaliser, si je puis dire un peu la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Et d'ailleurs, il a fait appel aussi aux militants, aux sympathisants eux-mêmes en leur demandant effectivement de convaincre trois personnes chacun de voter pour lui.
Et ça, ce sont des méthodes effectivement beaucoup plus horizontales. On l'a vu avec Barack Obama par exemple, Nicolas Sarkozy aussi avait fait la même chose en 2007. Mais voilà, il a besoin effectivement à la fois de souder son camp et de mobiliser ses militants.
Et en même temps, il se rend bien compte qu'il n'est pas dans la même position qu'en 2022. En 2022, il avait par exemple, si on ne regarde que la cote de confiance que nous réalisons pour le Figaro Magazine, le baromètre cote de confiance, effectivement, cote d'avenir, on voyait que Jean-Luc Mélenchon était bien mieux placé qu'aujourd'hui. Aujourd'hui, il n'y a que 16 % des Français qui souhaiteraient lui voir jouer un rôle en France à l'avenir.
Donc on voit bien qu'effectivement qu'il a besoin de mesurer un peu ses propos et ses ambitions et puis d'apparaître aussi entouré, bien sûr. Yves, est-ce qu'il a compris qu'on était dans une élection présidentielle peut-être un peu différente ? Le premier tour, le second tour finalement va se jouer au premier.
On ne va pas être dans un au premier tour on choisit, en deuxième, on élimine. Le barrage va se faire dès le premier tour en 2027 ? Oui, bien sûr.
Il l'a évidemment compris. Je pense que s'il y en a un qui a compris l'élection à venir, c'est bien lui. Donc je ne me fais pas trop de soucis pour ça.
Et effectivement, il a cette volonté de rassemblement qui est beaucoup plus prononcée et beaucoup plus, je dirais, anticipée que par le passé. Ça, c'est une première chose. Moi, je crois qu'il a quand même un discours qui est beaucoup plus construit que par le passé.
C'est-à-dire que sa Nouvelle France, c'est quelque chose qui l'a mûri depuis depuis longtemps, qu'il a travaillé depuis longtemps, qui passe, vous allez le voir dans les prochaines semaines, je pense, à travers la défense de la francophonie. Il travaille beaucoup tout ça et il va essayer de gommer, et ça se voit déjà, les aspérités qui justement le rendaient peut au Chinière. Exactement, il est resté sur des thèmes rassembleurs, et donc...
La hausse du SMIC, l'abaissement de l'âge à la retraite, la retraite à 60 ans. Et puis quand même cette France avec la basilique de Saint-Denis derrière lui, vous vous rendez compte du symbole. Il est en train de dire, mais attendez, la France que défend Mme Le Pen, puisque c'est elle qui le vise, la France que défend Mme Le Pen, mais c'est la France, c'est vous, vous êtes cette France là, et c'est la France qui s'est faite par sédimentation.
Et on ne peut pas finalement corriger l'histoire, l'histoire elle est comme ça. C'est ça qui est très intéressant, c'est que je vous dis, c'est un récit qui est très on va voir ce que ça donne oui un point de détail sur ce décorum si je puis dire ça fait longtemps qu'il a annoncé ça fait un mois depuis sa déclaration de candidature qu'il a annoncé ce meeting à saint-denis et je me disais sans avoir d'informations il aura la mairie derrière lui mais non il a choisi d'avoir la basilique derrière lui alors c'est un point de détail ce n'est pas là dessus que va se jouer l'élection mais qu'est-ce que ça veut dire politiquement pour vous ça veut dire qu'il se place dans l'histoire de la France c'est exactement ce que disait Mitterrand pour son second mandat je sais pas si vous vous souvenez de la campagne officielle de Mitterrand pour son second mandat mais c'était toutes les images de la France depuis la révolution jusqu'au premier mandat de François Mitterrand un président de la République c'est un digne successeur des rois de France je crois que c'était ça sa phrase bah d'une certaine manière Jean-Luc Mélenchon c'est un Mitterrandien mais ça c'est tout à fait et ça c'est quelque chose qu'il a en tête depuis très longtemps et qu'il a cultivé et c'est assez gonflé quand même parce que c'est pas là où l'attendent ses adversaires et ces adversaires vont C'est ça qui est intéressant, c'est que ses adversaires sont à court de récits. Complètement.
Ils cherchent un récit, ils cherchent la formule. Lui, il a sa formule, la Nouvelle-France, après on verra ce que ça vaut, je ne sais pas, mais il a...
Tout est construit déjà. Mais il voulait illustrer. Voilà, c'est ce qui manque effectivement la plupart, pardon, des candidats.
Et Mélenchon, il profite quelque part de ce désordre aussi en apparaissant beaucoup plus solide, beaucoup plus construit. Et quand on interroge les sympathisants de gauche, ils disent qu'il y en a un seul aujourd'hui qui a un projet, c'est qu'on ait envie de voter pour lui ou pas, c'est Jean-Luc Mélenchon. Mais il est clair pour les Français ce concept de Nouvelle-France, ou est-ce qu'au contraire il est laissé suffisamment flou par Jean-Luc Mélenchon pour que tout un chacun puisse s'y reconnaître ?
Absolument. Effectivement, tout le monde peut se reconnaître dans la Nouvelle-France, puisqu'il dit c'est les opprimés, les oubliés de la république, c'est les enfants d'immigrés, c'est aussi la nouvelle classe ouvrière, enfin voilà, donc tout le monde peut s'y retrouver. Il y a aussi et ça, ça a été remarqué, toute la, comment dire, toute la mouvance LGBT +, aussi.
Donc ça, il l'a affirmé, il l'a nommé. Donc voilà, ça rassemble quand même finalement une très grande partie de la population française. Non, puis après, un projet présidentiel dans ce sens-là, il y a toujours quand même une part de flou.
Enfin, je sais bien que, comment dire, quand on est élu président, après, il y a une sorte de ratification, comme si c'était l'évidence. Mais j'imagine que quand François Mitterrand, en 81, présente la force tranquille. Pour plein de gens, ça paraît tout à fait vaporeux.
Sauf qu'à un moment donné, ça rencontre un état du pays et ça marche ou ça ne marche pas. Il y a une chose aussi, c'est ce que, d'ailleurs, dans la colonne du Figaro, on le souligne aujourd'hui, ils veulent se réapproprier le social. Le discours a été très identitaire ces dernières semaines, ces derniers mois même, extrêmement identitaire, justement, et ils veulent j'ai l'impression, se réapproprier le social.
Alors, juste parce que oui, mais alors, il y a quand même une image qui a été marquante hier et une phrase. qui a été très marquante, reprise par Jean-Luc Mélenchon, reprise par le public, c'est le « on est chez nous ». On est chez nous, c'est vrai que c'est une phrase qu'on a plutôt l'habitude d'entendre dans les meetings du Front National, du Rassemblement National.
Comment on explique ce choix de Jean-Luc Mélenchon, de dire on est chez nous et de le faire scander par la foule présente ? – Bon alors d'abord c'est vrai que c'est un choix étonnant et même honnêtement à l'oreille, ce n'est pas forcément ce qu'il y a de plus fort je trouve mais en tout cas ça peut être dérangeant néanmoins on comprend bien l'intention c'est-à-dire que le Rassemblement National pardon, l'extrême droite qui aujourd Aujourd'hui, une des favoris de l'élection présidentielle veut exclure une partie de la population. Là, il fait dire à Saint-Denis, à une foule pas si diverse qu'on pouvait l'imaginer, mais diverses quand même surtout très jeune moi j'étais marqué par la jeunesse de cette foule là on est chez nous c'est à dire qu'on a le droit d'être là d'une certaine manière donc ça un sens évidemment tout à fait différent même si de prime abord ça peut être un peu dérangeant à l'oreille et j qui s'est posé hier en adversaire, en challenger du rassemblement national on va l'écouter.
Dans ce chaos naissant un nouveau projet politique germe dans les guerres du Moyen-Orient et du trumpisme. Voici ce qu'il faut appeler le suprémacisme, c'est-à-dire une volonté de hiérarchisation humaine pour dominer les peuples en les divisants en ethnie et en religion. L'économie de guerre est son modèle, le numérique sont vecteurs.
En France, le suprémacisme est déporté par le R .M. On va écouter ce que lui répond ce matin.
Le rassemblement national par la voix de son vice-président, Sébastien Chenu. Les excès de Jean-Luc Mélenchon, on les connaît. Pour moi, à Jean-Luc Mélenchon, c'est l'accélérateur du déclin, c'est-à-dire que c'est le candidat en fait des dangers et des vengeances.
Des vengeances vis-à-vis d'un tas de gens, des vengeances vis-à-vis même de l'histoire de notre pays. Et qui est obsédé de la couleur de la peau ? Qui sans arrêt parle de Français racisés ?
Qui sans arrêt parle de privilèges blancs ? Qui sans arrêt parle de minorités visibles ? C'est Jean-Luc Mélenchon, nous ne parlons jamais de la couleur de la peau.
Un être humain, quelle que soit la couleur de sa peau, est absolument le même égal à un autre être humain. Nous, nous parlons de la nationalité. Il a installé le match face au RN hier soir.
Hier, Jean-Luc Mélenchon, Yves ? Ah bah oui, évidemment. Il n'y apparaît que deux.
Les autres n n'existent pas. Vous savez ce que disait Malraux entre le Parti communiste et nous ? Il n'y a personne.
Bon bah là, c'est un peu pareil. Il a installé ce match au RN. Il n'a jamais cité Edouard Philippe, jamais cité mais il n'existe pas pour lui et c'est une vente c'est évidemment une volonté on va voir si elle est gagnante mais il ya aussi dans les esprits alors ça après il faut mesurer ça dans les sondages mais dans les esprits en france il ya quand même l'hypothèse d'un match d'une finale entre les deux entre le rassemblement national quel que soit son représentant et la France Insoumise, et Mélenchon en particulier.
Ce match-là, il est dans toutes les têtes. Il n'est pas du tout exclu. C'est assez intéressant.
Ça veut dire que le centre, aujourd'hui, a bien du mal à Mais est-ce que c'est porteur pour lui d'installer ce match ? Ou est-ce qu'au contraire, ça va renforcer le bloc central et les Français qui ne veulent pas d'un match entre Jean-Luc Mélenchon et le candidat du RN ? En fait, l'idée, c'est de dire quelque part presque l'élection est pliée, en fait.
Il va y avoir un duel entre le RN et moi, Jean-Luc Mélenchon, donc préparez-vous à ça. Donc on façonne un petit peu les les esprits pour faire en sorte qu'effectivement on se dise en tout cas que tous sympathisants de gauche se disent bon de toute façon il n'y a qu'un seul vote utile c'est celui de Jean-Luc Mélenchon dès le premier tour et je me prépare pour le vote au second tour donc en fait c'est ça fait partie des dynamique électorale ça peut être porteur mais il peut encore être le vote utile ou est-ce qu'aujourd'hui et notamment depuis le 7 octobre il y a une vraie rupture entre l'électorat de Jean-Luc Mélenchon et l'électorat social-démocrate où c'est encore un électorat qui peut se retrouver je ne ferai plus jamais je ne ferai partie de cette gauche là et là depuis quelques semaines on voit l'opinion qui commence un petit peu à bouger alors je peux pas vous dire si c'est un mouvement d'opinion qui va être pérenne ce qu'on sait c'est que jean-luc mélenchon est très fort en campagne qu'on l'a vu en 2022 d'ailleurs effectivement son ascension et lente mais solide il a rappelé hier on était à 420 000 voix du du second tour en 2022 où il avait complètement écrasé le ps qui était à moins de 2 % ça peut encore se produire en 2020 tout à fait se produire parce qu'en effet il n'y a pas d'autres figures aujourd'hui aussi consensuelles mais de la même façon il peut effectivement, d 'ici là, il y a quand même un an émergeait une figure un peu plus centriste justement, qui pourrait rassembler des voix à la fois de gauche mais aussi du centre droit Et pour Jean-Luc Mélenchon la gauche en 2020 27 sera forcément incarné par lui. Il a tué toute idée de primaire.
On va l'écouter. Vous savez que pour une fois, les étoiles sont alignées. Que pour une fois, sans contestation possibles, la première force politique de la gauche et du changement, la voici.
La première force politique de la gauche et du changement, la La primaire est finie. C'est nous qui avons gagné l'honneur de marcher en première ligne et de la venue à tous ceux qui veulent participer à la bataille pour la sixième république écologique et sociale. Elle est finie, la primaire, Rachel ?
La primaire comme objet politique potentiellement important, elle est finie, peut bien avoir lieu à un vote, mais qui sera dans des conditions tellement dégradées et dont on n'attendra tellement pas le résultat qu'au fond, ça n'existe pas, pour ainsi dire. En fait, il n'a pas tué hier l'idée de primaire et puis l'idée de primaire, elle s'est quand même tuée toute seule elle n'avait pas besoin de Jean-Luc Mélenchon mais c'est la déclaration de Codiature il y a un mois qu'il a quand même complètement détruite. Je l avoue, moi j'avais plutôt des doutes sur la date de la déclaration de Jean-Luc Mélenchon.
Alors c'est vrai que ça arrivait plus tard que dans d'autres campagnes pour lui mais au fond Jean-Luc Mélenchon il était déjà en campagne. Il n'avait pas besoin d'être officiellement candidat pour pour remplir des salles aux quatre coins du pays, pour intervenir médiatiquement, pour compter dans le débat public. Sauf qu'en fait sa déclaration là le 3 mai si ma mémoire est bonne en fait ça a figé ses adversaires.
C'est un peu comme un cadrage débordement au rugby ou un passing au tennis, il est affigé alors que cette candidature elle était attendue, il n'y a pas de surprise en fait il a suffi d'une petite pitch nette de Jean-Luc Mélenchon pour que les autres soient complètement déstabilisés. Mais est-ce qu'aujourd'hui un candidat social-démocrate, un candidat écologiste peut encore émerger où il a plié le match ? Non je ne dirais pas qu'il a plié le match parce que d'abord il reste 10 mois, qu'il va se passer beaucoup de choses.
Et puis aussi il y a un problème pour Jean-Luc Mélenchon. Certes il est très fort, il est sans doute plus fort que ce qu'il était à la même période lors des précédentes élections. Il a une grosse machine que n'ont pas les autres partis de gauche, il faut insister dessus.
Aucun autre parti de gauche n'est capable d'organiser un meeting comme celui-ci. – Il y a le meeting, il y a le meeting, il y a aussi notamment une grosse machine sur les réseaux sociaux. Complètement, mais je sais, c'est tout au global.
Mais si la campagne à venir est une longue litanie de son âge de second tour qui le montre à 25, 30 ou 35 % des voix face à Jordan Bardella, il y a une partie du centre-gauche qui peut voter utile pour Jean-Luc Mélenchon et qui se dira si on envoie Mélenchon au second tour face à Bardella ou Le Le Pen, on s'assure la victoire de Bardella. Ce n'est pas la même chose d'envoyer en 2022 Mélenchon au second tour face à Macron parce que perdre contre Macron, c'est une chose qui n'est pas très grave. Perdre face à Marine Le Pen ou face à Jordan Bardella, c'est tout autre chose donc je pense que c'est quelque chose qui va transparaître tout au long de la campagne et ce n'est pas pour rien que souvenez-vous dans son interview sur TF1 ou sur Brut le soir de sa déclaration il dit mais c'est même pas sûr que le RN soit au second tour.
Il n'a pas réutilisé cet argument-là, au fond, aujourd'hui, en tout cas, c'est l'évidence qu'il y a une place qui est déjà prise et que c'est l'autre qui est à prendre. Il engage ce duel parce qu'au fond, est-ce que c'est lui qui le choisit tant ce duel ? Non, c'est l'ERN.
L'ERN lui il est loin devant donc il fait comme s'il n'y avait personne d'autre parce qu'il regarde devant et c'est logique mais parce qu'il a besoin de montrer qu'il est en capacité de gagner un second tour face à l'extrénaute, ce qui aujourd'hui est très loin d'être évident. – Et effectivement, et est-ce que face à une candidature comme celle de Raphaël Luxman, qui semble aujourd'hui le mieux placé dans le camp social-démocrate, est-ce que Raphaël Luxman peut plier Jean-Luc Mélenchon comme il le dit lui-même ou est-ce qu'aujourd'hui c'est totalement impossible ? Jean-Luc Mélenchon a pris trop d'avances.
Vous avez une équipe de première division face à une équipe de National Je veux dire, il n'y a même pas de match, je dirais. Il n'y a pas de match, il y a un professionnel...
Donc il ne peut pas y avoir d'autres candidatures à gauche qui sont portes ? Il y a un professionnel de la politique qui a un parcours, qui a une expérience, qui a un un discours, qui a un projet. Et en face, vous avez quelqu'un qui façaye, j'ai envie de dire.
C'est-à-dire qu'on ne sait pas trop où il va, on ne sait pas trop les idées qu'il a pillé, et on ne sait pas quelle machine il y a derrière. Ce qui est impressionnant, c'est la démonstration de force hier, qui est quand même très impressionnante. Alors que je vous rappelle que Raphaël Luxman avait qui ne fait pas partie du Parti Socialiste.
Avec le Parti Socialiste, c'est loin d'être évident. Ils n'ont pas le même discours, ils n'ont pas les mêmes stratégies, ils n'ont pas les mêmes histoires même. Donc c'est loin pour Raphaël Luxemann.
Raphaël Luxemann, d'ailleurs, qui vous dit qu'il va réfléchir encore 4 mois avant de donner sa candidature. – 3, vous leur rajoutez un. – C'est pas Sincèrement, c'est pas...
J'ai envie de dire, pardon, c'est très brutal. Mais c'est pas très sérieux, quoi. Ça veut dire qu'il est pas encore très...
Je dirais, sur ses assises, il n'est pas encore très – Mais est-ce que ce match que lance Jean-Luc Mélenchon, le match RN-LFI, il arrange la droite ? Il arrange la droite, il arrange le broche central, il arrange Edouard Philippe. – Il arrange personne, je vais vous dire, c'est à chacun d'exister, et ça devrait d'ailleurs susciter quelques réactions dans l'espace central.
Alors après, chacun a sa définition de l'espace central, avec les limites qu'il veut bien y mettre, mais ça devrait les inciter à se réveiller. Là, pour le moment, Mélenchon et évidemment le RN, sans qu'ils aient besoin de faire quoi que ce soit, parce qu'ils sont servis, je le dirais, d'une certaine façon par l'actualité, sont en train de s'installer au cœur de la bataille. Et justement, on va en dire un mot de cette actualité, puisque cette campagne de Jean-Luc Mélenchon a été lancée dans un le contexte très lourd, l'onde de choc de l'affaire Liana.
Alors, Salvin, est-ce que pour vous, ça va droitiser la campagne présidentielle ? Je ne sais pas si ça va la droitiser parce qu'effectivement, elle est déjà assez à droite, la campagne. On a vu effectivement les émeutes suite à la victoire du PSG déjà créé, quand même un effet dans l'opinion, dans notre Notre baromètre, Jordan Bardella prenait 6 points, Marine Le Pen 4 points.
C'était juste au lendemain de...
Donc on ne sait jamais exactement qu'est-ce qui crée ces effets d'opinion. Mais quand même, effectivement, il y a un contexte assez globale qui, comment dire, appellent à de la protection, de l'ordre, de la sécurité. Et c'est pas nouveau, j'ai envie de dire, effectivement, depuis de toute façon que le monde est qu'on est entré en guerre, malgré tout.
On voit bien cette nécessité pour les Français d'avoir beaucoup plus de...
Eh bien, de...
Comment dire ? De force aussi, de force et d'ordre. Et est-ce que Jean-Luc Mélenchon, il peut être le candidat qui incarne ce besoin de force, d'ordre, de sécurité ?
Je reprends les mots de Laure. Est-ce qu'il est perçu comme ça, comme pouvant répondre aux inquiétudes actuelles défoncées sur ce sujet ? Je ne suis pas sûr que ce soit aujourd'hui le mieux placé dans l'opinion sur ces sujets-là.
Mais une campagne présidentielle, c'est aussi un moment où les cartes sont beaucoup rebrassées. Ce n'est pas un autre monde que celui d'avant la campagne présidentielle, mais malgré tout, il y a des choses qui bougent. Regardez ce qui s'est passé autour d'Éric Zemmour la dernière fois.
Jean-Luc Mélenchon, c'est quand même une personnalité qui est très connue, très installée. On l'a dit, c'est une de ses forces. Les gens savent où il est, savent à peu près ce qu'il veut.
Et c'est quand même une grande force, au moins déjà dans l'espace de la gauche où c'est pas très clair dans le reste de la gauche sur la question de la sécurité ça paraît moins clair c'est une évidence mais parce que ce n'est pas un sujet qui traite très souvent non plus mais malgré tout c'est vrai que son expérience politique peut lui donner quand même une certaine force, une certaine solidité dans ces domaines-là. Il incarne quand même malgré tout une expérience solide en termes et d'ailleurs c'était quand même aussi, ça faisait partie de ces thèmes de prédilection il y a quelques années. Ça fait longtemps qu'il n'en parle plus, mais à un moment donné, il en parlait effectivement énormément.
Yves, un dernier mot sur ce sujet ? Est-ce que l'actualité actuelle le dessert ? Je ne sais pas si ça le dessert, mais ce n'est pas son thème favori.
Enfin, on voit bien que c'est le Rassemblement National qui prospère sur ces thèmes-là. Je ne pense pas que...
Alors effectivement, il y a le côté...
L'expérience de Jean-Luc Mélenchon. Mais Jean-Luc Mélenchon, c'est aussi l'homme qui peut provoquer le désordre. C'est un mot qu'il a dans la bouche.
Donc là-dessus, je ne pense pas qu'il soit mieux placé. Merci beaucoup. Merci à tous les trois d'avoir été...
Merci. Merci à nos invités pour décrypter ce lancement de campagne de Jean-Luc Mélenchon. Merci à tous de nous avoir suivis.
On se retrouve demain. Très bonne journée. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous a proposé Bonjour chez
Jean-Luc Mélenchon