Nicolas Dupont-Aignan invité du Rendez-vous de la Présidentielle sur Europe1 01/04/2022
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:05OuverteRéponse partielle
Va-t-il falloir se passer du gaz russe plutôt que prévu ?
- 1:11OuverteRéponse directe
Pourquoi dites-vous que l'autonomie constitutionnelle du Donbass n'est pas respectée par l'Ukraine ?
- 2:10OuverteRéponse directe
Est-ce que vous estimez que le gouvernement fait le job pour protéger le pouvoir d'achat des Français ?
- 3:32OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron n'a-t-il pas tenté de jouer ce rôle de médiateur ?
- 4:42OuverteRéponse directe
Est-ce que vous regrettez les sanctions prises à l'encontre de la Russie ?
- 6:30OuverteRéponse directe
Est-ce que vous proposez aussi l'abaissement de la retraite à 60 ans ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:19Invité politiqueFait
« C'était l'accord de Minsk. Il devait y avoir une autonomie constitutionnelle, une révision de la constitution ukrainienne pour donner l'autonomie au Donbass qui était la condition du retrait des mercenaires russes de cette région. »
- 2:14Invité politiqueFait
« Je pense que les sanctions contre les oligarques, contre Poutine, il fallait les prendre financières. »
- 2:19Invité politiqueFait
« En revanche les sanctions qui vont affaiblir l'Europe sont absurdes. »
- 5:53Invité politiquePromesse
« Je propose une taxation des super profits des pétroliers, qui ont gagné beaucoup d'argent avec, qui peuvent faire un petit effort quand même. »
- 7:37Invité politiqueFait
« La retraite à 64 ans comme Éric Zemmour, Pécresse, 65 ans comme Emmanuel Macron, est une folie absolue. »
- 7:50Invité politiqueChiffre
« 30% d'une classe d'âge travaille entre 60 et 65 ans. 30% seulement. 70% avant 60 ans. »
- 11:30Invité politiqueChiffre
« Par la lutte contre les fraudes à la carte vitale, 20 milliards d'euros, et je le ferai progressivement. »
- 13:50Invité politiquePromesse
« J'abolirai tout pass sanitaire et vaccinal. Je réintégrerai les soignants exclus. »
- 19:02Invité politiqueChiffre
« L'État a dépensé en 2021 un milliard sur les conseils en stratégie. »
- 24:51Invité politiquePromesse
« Je veux qu'on réoriente l'Europe, c'est-à-dire qu'on arrête avec cette Union Européenne, je veux la remplacer, je veux rompre ces traités. »
- 28:18Invité politiquePromesse
« Il est urgent d'avoir une vraie politique de développement au Maghreb. »
- 28:24Invité politiquePromesse
« Si les États ne veulent pas reprendre leurs délinquants, on coupe les visas. Total, zéro visa. »
- 32:43Invité politiqueFait
« Là, on voit bien l'Allemagne achète des F-35. »
- 32:43Invité politiqueFait
« La seule décision qu'a prise l'Allemagne, c'est d'acheter des F-35 et du gaz qu'a tari. »
- 32:50Invité politiqueFait
« 'Europe sera fondée par les nations. »
- 32:53Invité politiqueFait
« Le général de Gaulle avait une expression très belle. Il disait, on ne fait pas d'omelette avec des oeufs durs. »
- 33:01Invité politiqueFait
« Et seule la nation peut affronter les défis. »
- 33:12Invité politiqueFait
« Madame von der Leyen qui est complètement sous l'influence des lobbies. »
- 33:17Invité politiqueFait
« Qui est atlantiste. »
- 33:29Invité politiqueFait
« Mais écoutez, quand elle échange des SMS avec le producteur de Pfizer, et qu'elle refuse de communiquer... »
- 33:35Invité politiqueFait
« Et qu'elle refuse de communiquer ses dialogues, et qu'elle refuse de communiquer le prix d'achat, et qu'elle refuse... »
- 33:43Invité politiqueFait
« 'est une trahison de l'Europe, de la belle idée européenne. »
- 33:45Invité politiquePromesse
« Donc moi, je veux réorienter l'Europe, des peuples, sur des projets concrets. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan72 %
- Présentateur11 %
- ?8 %
- Invité6 %
≈ 51,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour Monsieur. Bienvenue sur Europe 1, vous êtes candidat à
l
'élection présidentielle de Debout la France. Nicolas Dupont-Aignan, va-t-il falloir se passer du gaz russe plutôt que prévu ? Alban Leprince le rappelait à l'instant, la Russie exige d'être payée en roubles et elle considérera tous les clients qui refuseraient comme en défaut de paiement. Est-ce que vous pensez que c'est du bluff ou c'est du sérieux ?
Je ne sais pas. La seule chose que je sais,
c
'est qu'on est en train d'être entraînés dans un conflit
dangereux
pour l'Europe
qui
va faire souffrir les Français
alors
qu'on aurait pu le régler et qu'on peut encore le régler par une position intelligente. Et d'ailleurs que c'est la meilleure façon d'éviter les souffrances terribles du peuple ukrainien. C'est quoi une position intelligente ? C'est ce qu'on propose à un certain nombre depuis des années.
C
'est-à-dire tout simplement la neutralité de l'Ukraine, premier point,
l
'autonomie constitutionnelle du Donbass qui était prévue par les accords de Minsk et qui n'a pas été respectée par l'Ukraine, même si la Russie est bien sûr l'agresseur. Et enfin, des élections bien supervisées par l'ONU avec le retrait évidemment des troupes russes.
Pourquoi dites-vous que l'autonomie constitutionnelle du Donbass n'est pas respectée par l'Ukraine ?
C'était un accord de Minsk sur la commission des affaires étrangères, je le connais suffisamment. Monsieur Le Drian d'ailleurs nous l'avait dit il
y
a six mois. C'était l'accord de Minsk.
Il
devait y avoir une autonomie constitutionnelle, une révision de la constitution ukrainienne pour donner l'autonomie au Donbass qui était la condition du retrait des mercenaires russes de cette région.
Et
jamais l'Ukraine. L'Ukraine n
'a
voté une première révision mais n'a jamais voté la deuxième. Et quelle responsabilité européenne avons-nous dans cette histoire-là ? La responsabilité de ne
pas
avoir fait respecter les accords de Minsk parce que nous en étions les garants avec l'Allemagne. Deuxièmement la responsabilité je pense de plonger dans ce conflit de manière irrationnelle
mettant
en danger l'avenir de l'Europe. Et je ne
le
dis pas, je ne suis en aucun cas le soutien à l'ami de Poutine. Je n'ai jamais rencontré cet homme. Je pense qu'il commet une très grave erreur pour son peuple. Donc je ne suis pas suspect de proximité, de rien du tout. Mais
vous regrettez les
sanctions prises à l'encontre de la Russie ? Ça
dépend
des sanctions. Je pense que les sanctions contre les oligarques, contre Poutine, il fallait les prendre financières. En revanche les sanctions qui vont affaiblir l'Europe
sont
absurdes. Auxquelles pensez-vous ? Sanctions économiques qui tuent nos entreprises là-bas. Cette histoire du rouble et de l'euro est complètement délirante. Et pendant ce temps-là, qui va souffrir ? L'économie européenne qui est déjà mal en point. On a une dette abyssale. Et qui va gagner
dans
la recomposition géopolitique du monde ? La Chine. On est en train de donner la Russie à la Chine. On est fou. Donc, les Etats-Unis, on va acheter du gaz au Qatar. C'est vrai que c'est un régime extraordinaire qui subventionne les islamistes. Il y
a
un moment, on perd la raison.
Et
ça ne
veut
pas dire que je demande, et puis on ne
va
pas passer toute la campagne présidentielle là-dessus, parce qu'il n
'y a
plus de campagne
non plus, parce qu'on ne parle que de l'Ukraine. C'est très intéressant, parce que ça veut dire, qu'est-ce qu'on fait
? Est-ce que l'on cède ? Mais ce
n'est pas
cédé.
Est-ce que l'on tient bon ?
Ce n'est pas
cédé.
Est-ce qu'on paye en roule ? C'est à voir la
position d'Israël, par exemple. La position d'Israël, qui est tout à fait raisonnable, qui est une position avec un peu de recul. Et si la France avait été gaullienne dans ce conflit, aujourd'hui la conférence de paix, elle ne serait pas à Istanbul, elle serait à Paris. Et la France aurait les moyens de peser.
Emmanuel Macron n'a-t-il pas tenté de jouer ce rôle de médiateur ? Non,
il a tenté de jouer le rôle de médiateur en étant parti à l'affaire, c'est-à-dire du côté de l'OTAN et des Etats-Unis.
On
ne peut pas être médiateur si on est d'un côté. On peut être médiateur si on dit stop, vous devenez fou. C'est une guerre quasi-civile entre deux peuples frères. Et aux atrocités de Poutine répond aussi un gouvernement ukrainien qui pose problème. Donc il
y a
un moment, il faut arrêter de tromper les Français. Et il y a une instrumentalisation de cette crise ukrainienne pour effacer la présidentielle française.
Et
moi je veux qu'on parle des problèmes des Français. Vous
pensez qu'Emmanuel Macron
instrumentalise la crise ukrainienne ? Il l'a complètement instrumentalisée, d'ailleurs ça ne marche plus. Les Français commencent à en avoir assez, d'un président qui après avoir instrumentalisé la peur du Covid pour étouffer le pays, instrumentalise l'affaire de l'Ukraine. Mais la guerre est là quoi qu'il arrive
Nicolas Dupont.
Mais on n'est pas en guerre, arrêtons de dire qu'on est en guerre. Il y a une guerre régionale. Personne ne dit qu'on est en guerre. Si, il y a une espèce de surréaction qu'on n'a jamais eue pour effacer l'élection présidentielle. Donc moi j'ai envie de parler de la présidentielle.
Il se trouve que c'est aujourd'hui qu'entre en vigueur la ristourne gouvernementale sur les carburants de 15 à 18 centimes. Est-ce que vous estimez que le gouvernement fait le job pour protéger le pouvoir d'achat des Français ?
Mais non, parce que le gouvernement ristourne déjà, il
y a
une partie des 18 centimes, c'est ce qu'il a gagné en plus avec la hausse des prix. Il rend la TVA, d'une certaine manière ? Non, même pas. L'augmentation du prix fait que comme la taxe est proportionnelle, la TVA, il a gagné. Donc il a déjà gagné les 7-8 centimes, d'après le rapporteur du budget macroniste. Donc il y
a
7-8 centimes qu'il avait déjà gagné sur le dos des Français. Il reste 10 centimes.
Et
il faut savoir
que
depuis son élection, Emmanuel Macron a augmenté le gazole de 19 centimes.
Donc
à la fin,
il
ne rend rien
du tout.
Augmentation, vous dites, via la TICP.
Oui, exactement.
La
taxe principale. Et
donc moi je propose la seule mesure qui est valable,
c
'est le plafonnement à 1,70 euro du prix. Vous bloquez le prix ? Je bloque, mais évidemment. Parce que ce sont nos compatriotes qui ne peuvent plus travailler. Nos petites entreprises, nos artisans, sont en train de crever. Et quand
on
est dans une situation de crise, on agit,
et
il y a tous les moyens de le financer. Je propose une taxation des super profits des pétroliers, qui ont gagné beaucoup d'argent avec, qui peuvent faire un petit effort quand même. Deuxièmement... Mais ils
en font. Non, non,
aucun effort. Les sur-restaurants qu'ils concèdent... Et les rachats d'actions de total, des milliards d'euros, 14 milliards de bénéfices. Enfin, il
y a
un moment, il faut arrêter. On va à l'explosion sociale. Les Français ne peuvent plus travailler. Quand vous mettez 400 euros d'essence dans votre réservoir et que vous gagnez le SMIC, vous faites comment
? Je
crois que là, on a une élite parisienne
qui
ne comprend rien. Qui ne sait pas ce que vivent les Français.
Ce
n'est plus possible. Donc, premier point, ça. Deuxième point, un impôt sur les grandes fortunes au-dessus de 10 millions d'euros, de solidarité exceptionnelle pour deux ans.
Alors, vous
entrez
là. Et troisième point, une contribution exceptionnelle des grandes sociétés qui ont fait des sur-profits pendant la période du Covid, notamment les GAFAM, qui peuvent aussi contribuer. Ça ne sera rien pour eux. Rien. Une miette.
Et
cette miette, elle peut permettre à nos compatriotes de passer le cap.
Alors,
vous entrez dans ce qui constitue le corpus de vos mesures économiques dans votre programme, dans lesquels on décèle certains paradoxes. Vous venez de citer deux de vos mesures, rétablissement de l'ISF.
Non,
non, pas rétablissement de l'ISF. Attention, l'ISF, c'était un impôt imbécile. Là, je dis les grandes fortunes financières au-dessus de 10 millions d'euros. Donc, ce n
'est
pas du tout l'ISF qui était à partir de 800 000 euros. Au-dessus de 10 millions d'euros pour les super profits
au
-dessus. Voilà,
ce n'est pas du tout l'ISF. Vous proposez aussi l'abaissement de la retraite à 60 ans ?
Non, non, mais ça, c'est un
mythe. C'est 62 ans, c'est marqué sur mon programme. Et j'entends ça, c'est marqué. Je n'ai jamais dit 60 ans parce qu'on ne peut pas le payer. En revanche, j'ai toujours dit que la retraite à 64 ans comme Éric Zemmour, Pécresse, 65 ans comme Emmanuel Macron, est une folie absolue. Pourquoi ? Je vais vous expliquer pourquoi, parce que ça, c'est important. 30% d'une classe d'âge travaille entre 60 et 65 ans. 30% seulement. 70% avant 60 ans. D'accord ?
Alors,
si... Ça baisse à partir de 55 ans, très concrètement.
Oui,
mais...
Donc, précisément, la décennie précédente... Vous avez raison.
Donc, quand on est au chômage à 58 ans, 59 ans, 60 ans, on peut tenir par le chômage jusqu'à 62.
C'est
pour ça que je maintiens à 62. Mais, aller à 65, ça veut dire qu'on sera au RSA. Ça veut dire que les dépenses sociales vont remplacer les dépenses de retraite. Premier point. Et deuxième point, et c'est ça qui est vraiment abominable, cynique de la part d'Emmanuel Macron, c'est qu'une fois que les gens prendront leur retraite à 65 ans, ils la prendront avec une retraite faible, de misère. Et donc, c
'est
là où sont les économies, d'ailleurs. Et moi, je propose autre chose. Pour tout ça, pour économiser, aller, entre 5 et 8 milliards d'euros. Moi, je finance... Sur les pensions de retraite. Non, oui. Je finance les pensions de retraite pour les 10 ans qui viennent, en retirant à Bruxelles
les
80% de ce qu'on verse. On verse 10 milliards d'euros net. Net. Je ne
sais
pas si vous réalisez, c'est le budget de l'enseignement supérieur.
Donc, vous voulez réduire la contribution
au budget de l'UE à 2 milliards. Je réduis la contribution de la fonction de l'UE.
Je la ramène au niveau de Jacques Chirac et de Léonel Jospin en 2000. C'est-à-dire une contribution de 2 milliards net, raisonnable.
Et
au-delà, j'écrète,
comme
l'avait fait Margaret Thatcher en Angleterre, je le rends aux retraités français. Et j'évite une réforme coûteuse qui va paupériser des millions de Français retraités. Je n'aime pas cette façon qu'ont certains candidats de s'attaquer aux retraités et puis j'indexe les pensions de retraite sur l'inflation. Ce qui n
'est
pas fait depuis plusieurs années.
Mais alors, vous avez proposé le blocage des prix, l'indexation des pensions de retraite sur
l'inflation. C'est normal d'indexer les pensions de
retraite entre nous. Ça paraît extravagant aujourd'hui, mais c'est la loi de 1980 qui a été bafouée.
Non mais très bien,
mais
sur les salaires, qu'est-ce qu'on fait avec une inflation à 4,5% ?
Vous indexez également ? Vous
revenez aux années 70
?
Mais il faudra indexer, mais vous n'allez pas paupériser tout un
peuple.
Mais vous savez ce qui se passe. Après, c'est une boucle. C'est terrible. C'est terrible.
En attendant, ce qui est terrible, c'est de
ne
pas
pouvoir acheter son pain et de mettre son essence. Donc là, il
y a
un moment, il faudrait que les économistes en chambre et toute cette élite qui s'est gavée d'argent depuis 5 ans avec Emmanuel Macron comprennent que, excusez-moi, moi je ne suis pas contre le fait de baisser des impôts. Je veux même baisser les charges des PME pour qu'on investisse en France. Je ne
suis
pas du tout un soviétique. Vous
baissez les cotisations
patronales sur les salaires également ?
Oui,
pour que je remonte l'exonération de cotisations patronales sur les salaires jusqu'à 3 SMIC. Parce qu'aujourd'hui, il
y
a des baisses de charges très fortes sur les SMIC-A. Mais dès que vous montez les ouvriers qualifiés, juste les classes moyennes, le patron est accablé de charges. Donc il n'augmente pas les salaires. Puisque s'il augmente les salaires, il paye plus de charges.
Donc je veux... Mais
budgétairement,
ça tient votre projet
? Oui, parce que... Vous baissez beaucoup
d'impôts et vous promettez beaucoup de dépenses. Eh bien non, mais vous avez le chiffrage du projet. Il est très très précis. J'ai écrit même un livre. On
va le pognon et
je vais vous dire, j'ai un programme d'économie, d'économie et
de
nouvelles recettes de 100 milliards d'euros.
Mais
attendez, c'est très important ce que je propose. Je veux basculer des dépenses d'assistanat,
des
gaspillages vers
le
travail.
Si
je propose ça, ce n
'est
pas pour dépenser de l'argent, parce qu'à la différence d'autres, par exemple, je ne propose pas la retraite à 60 ans, parce que justement, on
ne
peut pas la financer. Je veux que celui qui bosse
soit
récompensé de son travail. Et c'est le problème de la société française. Quand je finance, par exemple, mon 13e mois pour tous de 8%,
jusqu
'à 3 SMIC, 8% à 13e mois, je le finance comment ? Par la lutte contre les fraudes à la carte vitale, 20 milliards d'euros, et je le ferai progressivement.
Je
ne rase pas gratis. À mesure qu'on lutte contre les fraudes, on réduit les cotisations salariales et on donne de l'air aux Français qui bossent. C'est ça l'esprit. Si vous ne récompensez pas un peuple qui travaille dur, le pays ne peut pas s'en sortir. Et je voudrais que les chefs d'entreprise
le
comprennent. Et eux, ils ne paieront pas plus, parce qu'eux, ils verseront toujours le même brut. Mais le net de la feuille de paie va remonter, parce que l'État va faire des efforts pour réduire les gaspillages.
Nicolas Dupont-Aignan, vous vous présentez aussi comme le candidat des libertés. La première d'entre elles, dites-vous régulièrement, c'est la sécurité en Charente. Un homme est mis en examen depuis ce week-end pour meurtre. Il a tiré au fusil de chasse sur un cambrioleur qui était entré chez lui par effraction. Toute la question est de savoir s'il s'agit de légitime défense. Alors questionnez sur cette affaire. Emmanuel Macron a répondu hier. Voilà ce qu'il disait. Je vous propose de réagir juste après.
Nous sommes en état de droit. Il y a des règles. Et donc, les règles,
c
'est d'abord, chacun doit avoir la sécurité, évidemment. Et ça,
c
'est le devoir de la puissance publique de l'assurer. Mais je suis opposé à la légitime défense. Donc ça, c'est très clair et c'est intraitable parce que sinon, ça devient le Far West. Et je ne veux pas d'un pays où prolifèrent les armes et où on considère que c'est aux citoyens de se défendre. Nous sommes la République française. Et en République française, il y
a
une police et une gendarmerie.
Il y
a
la police, il
y a
la gendarmerie. Ce n
'est
pas le Far West.
Mais le problème, c'est que c'est lui
qui
a créé le Far West. Le problème, c'est que c'est lui qui a été incapable d'améliorer la sécurité. Les coups et blessures, les violences ont augmenté de 31%. C'est considérable. Les quartiers ne sont pas tenus. La loi des voyous est dans nos quartiers. On le sait tous. La justice ne punit pas cette horrible affaire du petit Timothy qui a été tué par un afghan qui a été déclaré irresponsable. Enfin, mais on devient dingue. Donc le problème de fond, c'est que nos compatriotes n'en peuvent plus. Et que oui, il
y a
le danger de la légitime défense comme ultime geste de survie. Et après, la justice fera son rôle dans cette affaire. Je ne
peux
pas commenter une décision. Ce que je veux, c'est justement que l'État républicain fonctionne. Mais vous parliez des libertés. La première des libertés, c'est de rétablir la liberté d'aller et venir,
de
rentrer à l'hôpital. Et j'abolirai tout pass sanitaire et vaccinal. Je réintégrerai les soignants exclus. Parce qu'Emmanuel Macron ne le dit pas.
Il
a suspendu le pass vaccinal dans les transports, restaurants. Il l'a suspendu. Il ne
l'a
pas supprimé. L'état d'urgence est toujours là. Et demain matin, après l'élection, il le rétablira. Et je dis aux millions de Français qui m'ont suivi dans mon combat
pour
la liberté de circulation, qu'il faut être prudent. Et plus ils me soutiendront, plus on pourra peser pour éviter ces mesures liberticides. Et je suis le seul candidat qui a été cohérent dans cette affaire. et qui a refusé ce gouvernement par la peur. Alors qu'on pouvait lutter bien mieux contre le Covid par de vraies mesures de santé publique.
Nicolas Dupont-Aignan, vous restez avec nous sur
un repas.
On
va marquer le jour. Louis, à vous l'honneur. Bonjour messieurs. Bonjour Nicolas Dupont-Aignan. On a rarement vu autant de candidats à droite. Marine Le Pen, Éric Zemmour, Valérie Pécresse, Emmanuel Macron pour une partie. Et vous ? Ça fait beaucoup. Et on sait que vous avez des idées proches de Marine Le Pen, que vous aviez soutenues au deuxième tour de la dernière présidentielle en 2017. Pourquoi est-ce que vous n'avez pas réussi à vous entendre, soit avec Marine Le Pen ou avec Éric Zemmour par exemple ?
Écoutez,
on ne
va
pas revenir cent fois
là-dessus. J'avais proposé en son temps une primaire. Personne n'a voulu. On ne
va
pas revenir là-dessus. Et puis je vais vous dire, je crois que les Français n'appartiennent pas à la droite,
à
la gauche, à des partis. En tout cas, ce que je vois dans cette campagne, c'est que ce qui est plaqué
par
le milieu politique, médiatique, est complètement décalé par rapport à la réalité. Ce qu'attendent les Français, c'est justement
l
'élection présidentielle voulue par le général de Gaulle.
C
'est
une
personnalité, un projet, un dialogue. Et vous savez, souvent les gens m'arrêtent dans la rue, c'est très intéressant, et ils disent « Ah ben j'ai voté Macron la dernière fois, je suis plutôt de gauche et je vote pour vous cette fois-ci, votre combat pour les libertés. » Voilà, ça change. Les Français n'appartiennent pas à des cases, nous ne sommes pas dans des cases. Et laissez un peu la liberté justement des gens d'un premier tour ouverts. Vous savez, s'il y a tant
d'abstentions... On se posera
la même question pour le deuxième
tour. Mais tous, si vous n'êtes pas qualifié au deuxième tour... Mais attendez,
forcément,
laissez jouer le premier tour. Un ou une candidate. On verra,
mais de toute façon,
c'est ceux où les électeurs qui voteront. On
se
posera de la même manière. Non, pas du tout. Vous savez,
s
'il y a tant d'abstentions, c'est parce qu'on a réduit le choix. Laissez les électeurs choisir. Et on ne joue pas la finale avant les matchs. Donc, on est dans le premier tour. J'offre un projet politique, une personnalité. Je suis absolument convaincu qu'il y a besoin d'air, que les Français ne veulent pas obligatoirement revoir le scénario 2017. Et je me bats, notamment pour que M. Macron ne soit pas au second tour. Vous connaissez
l'adage, Nicolas Dupont-Aignan. On dit au premier tour, on choisit. Au second,
on est
limite.
Mais
oui, mais on veut jouer.
Mais tous les candidats,
même Emmanuel Macron, dit je suis le
vote utile.
Mais le
vote utile,
il a été inutile. Le favori des sondages, il a été
inutile. Le seul vote utile, c'est le vote de conviction pour son pays. Voilà. Et le vrai danger aujourd'hui, vous savez, au-delà de ma petite personne, le vrai danger, c'est quoi ? C'est que nos compatriotes sont écoeurés. Écoeurés, et je crois qu'il
y a
un vrai danger d'une élection qui n'est pas une élection. Et c'est pourquoi, je ne me suis pas du temps pour l'égalité des temps de parole, qui n'a pas été faite.
C'est pourquoi,
oui, 15 jours à la fin, la va-vite, alors qu'avant, c'était 5 semaines. C'est pourquoi je voulais un débat. Parce que, hier, on est passé à France 2, les uns après les autres. Là, bon, les gens, ce qu'ils aimaient, c'est la confrontation, c'est l'échange. C'est ce que je peux demander à Macron. C'est ce que Marine Le Pen peut demander à Zemmour. Enfin, quand même, dans une démocratie. Dans une démocratie. Aux Etats-Unis, les primaires où il y avait Obama, il y avait un industre inconnu, ils discutaient ensemble. C'est quoi ce système
?
Et ça, le grand danger, c'est que les Français se détournent des urnes. Mais ce que vous décrivez, c'est une primaire, Nicolas Dupont-Aignan.
Oui,
mais d'accord, mais ce n
'est
pas
moi qui ai refusé les primaires. Est-ce
que
c'était mieux, Nicolas Dupont-Aignan, est-ce que c'était mieux en 2017 ? Souvenez-vous, parce que, là, donc, vous dites qu
'on est en non-campagne. En 2017,
c'était déjà le début de la manipulation.
On ne parlait que d'affaires judiciaires.
Il y avait des débats
autour de l'immixion de la justice dans l'élection présidentielle. Les grands sujets de fonds n'avaient pas forcément été plus évoqués que lors de cette compréhension
électorale.
C'était déjà une campagne
très manipulée, parce qu'on le voyait déjà. D'ailleurs, ça a fini comment ? La crise des Gilets jaunes, deux ans après. C'est évident. D'ailleurs, là, je lance un avis de recherche.
Qui
recherchez-vous, Nicolas Dupont
-Aignan ?
Le parquet financier. Il a disparu.
Le
parquet financier qui s'est revenu. Vous aimeriez qu'il revienne pour qui ou pourquoi ? Pour Emmanuel Macron, quand même. Conflit
d
'intérêt au sommet sur l'affaire McKinsey. J'ai le rapport du Sénat ici. Je vous le recommande de le lire. C'est un milliard. Enfin, il faut quand même savoir que l'État a dépensé en 2021 un milliard
sur
les conseils en stratégie. 450 millions d'euros, ça a été multiplié, devinez, presque par 4
en
3 ans. Par 4.
Mais
quel est le scandale,
McKinsey ? C'est d'abord un scandale financier ?
Tous les gouvernements font
ça depuis 40 ans. Non, non, non. Ce n'est pas vrai. Pas dans ces proportions. Multiplié
par 4... En France, c'est le plus faible d'Europe. Et alors ? Ce n'était pas le cas en France. Il n
'y
a jamais eu 450 millions d'euros multipliés par 4 en 3 ans. Mais c'est beaucoup plus grave, parce qu'il y a du conflit d'intérêts potentiels au sommet. Quand vous faites appel à McKinsey,
qui
a conseillé Pfizer, que vous, président de la République, avant d'être candidat, vous avez effectué chez Rothschild une opération entre Pfizer et Nestlé. D'ailleurs, entre nous, le parquet financier ferait mieux d'enquêter sur la déclaration de patrimoine d'Emmanuel Macron. Où est passé l'argent ? De quel argent parlez-vous ? De ce qu'il a gagné, des millions d'euros. Vous lancez des
accusations ? Je
ne
lance pas
des accusations, je demande une enquête.
Et
je ne
suis
pas le seul. Christian Jacob, républicain, l'a demandé hier. Tout le monde s'étonne de beaucoup de choses. Mais ça, allez, on passe. McKinsey, qui fait toujours des prestations gratuites pour l'Elysée. Non, mais vous vous rendez compte, un cabinet américain fait des prestations gratuites pour un président de la République à l'Elysée.
Bon. Il
met en place la stratégie vaccinale,
pour
des prix exorbitants.
Et
ce cabinet conseille en même temps Pfizer. C'est le conflit d'intérêts
au
sommet, pour des centaines de millions d'euros.
Et
je dis que, en tout cas, c'est moralement, moralement insupportable. Vous dites quand
même, où est le conflit
d'intérêts ? Le conflit d'intérêts, ça ne vous choque pas qu'on remplace des hauts fonctionnaires indépendants par une société privée, qu'on paye une fortune, et qui elle-même conseille le laboratoire dont la société privée, pour le compte de l'État, accélère les ventes de vaccins ?
Vous
croyez que c'est normal ? Vous savez très bien qu'on ne
peut pas auditer, ni organiser une administration quelconque par elle-même.
Je vous plaisante, mais là, ce n'est pas
auditer.
C'est de dépenser l'argent des Français. Excusez-moi, monsieur. On dépense l
'argent des Français dans des notes absurdes. 500 000 euros pour une note sur le métier d'enseignant. 4 millions d'euros pour réduire les APL de 5 euros. Des jeux de rôle, des jeux de Lego avec des hauts fonctionnaires. De Lego, oui, les Lego, les jeux d'enfants. Payés, payés, payés. Et pendant ce temps-là,
il
faut quand même que les Français sachent ce qui se passe dans ce pays. à l'Assemblée nationale,
l
'année dernière, tous les partis, donc ce n
'est
pas moi,
les
Républicains,
la
France Insoumise, les centristes,
nous
étions d'accord pour déconjugaliser l'allocation adulte handicapé. C'est-à-dire donner de la dignité aux handicapés.
C
'est une revendication de toutes les personnes handicapées en France. Quel est l'enjeu de déconjugaliser ?
C'est-à-dire que la personne
handicapée et son allocation adulte handicapé ne dépend plus du revenu de son conjoint. Lui donner une autonomie. La refaire venir au-dessus du seuil de pauvreté. Et là, qu'est-ce qu'on nous a dit à nous tous ? On disait, on ne
peut
pas le faire.
Ça
coûte 800 millions d'euros.
Ça
coûte 800 millions d'euros. On ne peut pas, on aimerait bien, mais on ne peut pas.
Et au
même moment, ils dépensaient un milliard pour des cabinets d'études. Ça, c'est le visage que les Français ne veulent plus voir en France. Et moi, je ne veux plus de ça. Et je dis aux Français,
ça
suffit. Vous avez le pouvoir, par votre vote, d'enlever ça. Et on va reconstruire la France avec des efforts, mais une justice.
Et
il n'y
aura
pas de conflit d'intérêts au sommet. Oui,
mais
il a fallu quand même organiser la vaccination, notamment. Et il faut payer des boîtes pour ça. Ah oui, pour faire
des jeux
de rôle, pour
faire des notes qui valent rien. Et vous trouvez normal, M. Valls, qu'on prenne la société qui a
aidé M. Macron gratuitement à être
président
de la République
? Non,
mais une population qui est menacée par un virus et qui doit être vaccinée, ça coûte très cher à
organiser
la vaccination.
On va marquer une très courte pause. Nicolas Dupont-Aignan, vous restez avec nous. Philippe Vall, Louis Dragnel, vous êtes avec nous également.
L
'Europe 1, Nicolas Dupont-Aignan, le candidat de Boulas-France à l'élection présidentielle. Et l'invité d'Europe Matin jusqu'à 9h. Louis Dragnel et Philippe Vall sont avec nous. C'est votre troisième présidentiel ? Oui, je ne
suis
pas le seul, mais c'est vrai que ça fait trois fois. Ce que je voulais dire,
c
'est que par trois fois, vous avez porté la voix du souverainisme qui connaît d'une certaine manière, Nicolas Dupont-Aignan, un peu le destin de l'écologie en politique, à savoir qu'aujourd'hui, pratiquement tout le monde s'en réclame. Quel bilan tirez-vous de ces trois candidatures à l'élection présidentielle ? Est-ce qu'il y
a
une victoire culturelle que vous revendiquez d'une certaine manière ? Tout le monde aujourd'hui défend la souveraineté.
Oui, le mot souverainisme même était ringard, était dépassé, on nous accablait. Donc il y
a
une victoire, je pense, par l'évidence, notamment avec les crises successives, on s'est aperçu que l'Europe était nue,
que
la France était nue, qu'on dépendait des masques, qu'on dépendait des médicaments, qu'on a trois jours de munitions, quatre jours, qu'on ne fabrique même plus nos munitions en France. Donc, je pense qu'il
y a
une prise de conscience réelle. Et moi, je suis fier d'y avoir contribué.
Mais c'est avec 15 ans
qu'on dit ça, ça ne vous profite pas politiquement. Mais c'est pas
à
côté
de le paradoxe.
Oui, c'est la vie. En revanche, le problème de fond, c'est qu'on en parle, mais qu
'on
ne le fait pas du tout. On a créé des usines pour faire des masques, et puis l'État a commandé les masques au Vietnam. Bon. Et les chefs d'entreprise qui se sont secoués sont comme là, sont abandonnés. On n'avance pas sur des sujets fondamentaux. Et c'est pourquoi je veux qu'on réoriente l'Europe, c'est-à-dire qu'on arrête avec cette Union Européenne, je veux la remplacer, je veux rompre ces traités, mais pas partir dans le vide. Je voudrais que l'Europe serve à des projets communs,
qu
'on réoriente complètement l'organisation pour se mettre sur des projets à trois ou quatre pays, comme on avait fait avec la magnifique réussite d'Airbus. C'était hors de l'Union Européenne. Qu'on fasse la même chose sur le numérique, sur l'aide à l'Afrique. Le défi de l'Afrique est colossal en matière migratoire, colossal. On va
doubler de
population en 30 ans, en Afrique. L'Europe devrait plutôt être là-dessus que de savoir si on va réglementer tout pareil, si on a une espèce de bureaucratie envahissante. Il faut changer,
il
faut redistribuer. Ça,
c'est une
vraie vision de souveraineté.
Justement,
est-ce que vous pouvez nous décrire le bras de fer que vous envisagez avec l'Union Européenne, puisque ça fait partie de votre programme ? Casser les traités actuels, en renégocier de
nouveau
? Écoutez,
je pense
que l'Europe, telle qu'elle fonctionne, n'a pas défendu les pays d'Europe sur les choses essentielles. Et c'est mêlé de la vie des nations au point de tuer leur démocratie. Parce que s'il y
a
une crise démocratique, c'est parce que le président de
la
République, en fait, négocie toujours avec d'autres. Et il n'y a plus de démocratie nationale. Donc c'est vrai, je veux qu'on revoie tous les traités. J'ai écrit un traité alternatif avec des Danois, des autres pays. Et je veux que dans les six mois d'arriver au pouvoir, on renégocie tout. Et là, on repart sur des bassaines. Sinon, petit à petit, d'autres pays feront ce qu'on fait la Grande-Bretagne.
Il n'y a pas d'autre issue.
Mais
vous imaginez qui
comme allié dans ce combat ? Mais les peuples, vous savez, le peuple italien, l'Italie est au bord de la rupture. Là, on l'a acheté pour quelques années. On lui a donné des milliards, des dizaines de milliards. Mais ça ne va rien régler. Parce qu'au fond, ce qu'on a construit ne marche pas. Il faut
recentrer
l'Europe sur des projets concrets pour affronter la Chine et les États-Unis qui prennent un train d'avance, notamment technologique. Et le XXIe siècle sera chinois et américain si l'Europe continue comme ça.
Vous
avez évoqué tout à l'heure la question de l'immigration.
Et
donc moi, j'ai lu votre programme. Suppression du droit du sol, obtention de la nationalité par un processus de naturalisation exigeant, rétablissement du contrôle aux frontières par la fin des accords de Schengen. Ce sont des propositions fermes. Mais vous savez que la difficulté se trouve essentiellement dans les expulsions. C'est-à
-dire
qu'aujourd'hui, la France prononce des expulsions, ce qu
'on
appelle les obligations de quitter le territoire français. Mais elles ne sont pas exécutées. Le gouvernement a un peu tout essayé. Dialogue respectueux, puis dialogue ferme, puis conditionnement des aides au développement, puis réduction, voire division par deux, du nombre de visas délivrés pour les pays du Maghreb.
Qu
'est-ce que vous envisagez de faire précisément pour exécuter ces décisions d
'expulsion
? Il y a une chose très simple à faire. Il y a deux choses. Il y
a
d'abord le dialogue. C'est pour ça que ma première visite de président,
c'est dans
les pays du Maghreb. Le gouvernement est beaucoup allé. Gérald Darmanin,
Jean-Yves Le Drian.
Ça veut dire quoi ? Est-ce qu'on imagine un vrai plan de développement du Maghreb ? Parce que moi, ce qui m'inquiète beaucoup avec la crise ukrainienne, personne n'en parle, c'est que si en Ukraine, on ne plante pas pour le blé cette saison, c'est les émeutes au Maghreb dans un an.
C
'est ça la réalité.
Donc, la
déstabilisation du Maghreb est la dernière
conséquence
de l'affaire de l'Ukraine. Donc, je dis qu'il est urgent d'avoir une vraie politique de développement au Maghreb. Et deuxième point, si les États ne veulent pas reprendre leurs délinquants, on coupe les visas. Total, zéro visa. Je peux vous dire qu'en deux jours, c'est fait. En deux jours, ça change. Vous
savez qu'on a des intérêts
économiques. Je pense par exemple au Maroc, il y
a
des entreprises françaises. Mais il y aura une tension.
Non, mais c'est une
vraie question. Ce
n'est pas du tout un piège. Ce n'est pas facile. Est-ce que vous
assumez par exemple de dire je tends l'élastique avec ces pays-là, quitte à ce que nos entreprises françaises soient
éventuellement
explosées du
pays ?
Non, mais je suis convaincu qu'on trouve un accord parce que le Maghreb ne peut pas se permettre cela. Simplement, il faut que la France soit ferme. Ferme et en même temps, une vraie politique de développement. Moi, je suis hanté par la déstabilisation du continent africain. Hanté. Parce
que c'est le grand défi géopolitique des prochaines années.
La France, via l'Agence française de développement,
la FD,
a dépensé énormément
d'argent
depuis la fin de la colonisation.
Non, mais la FD, je l'examine en tant que membre de la Commission des Affaires étrangères, c'est un gouffre à argent. On ne dit même plus que c'est la France qui donne.
C'est-à-dire que la
France a
abandonné... Est-ce qu'on a une relation qui est mûre avec les pays du Maghreb ? Non. Est-ce que vous n'avez pas l'impression qu'il
y a
une relation qui est immature avec ses anciennes colonies ou ses anciens protectorats ?
Non, je pense qu'on peut l'avoir parce qu'il faut un discours de vérité. Emmanuel Macron a joué pas bien là-dessus. Je pense qu'il n
'est
pas facile.
Je
ne
vais
pas vous dire tout est facile. Mais je pense que c'est là l'enjeu majeur, beaucoup plus qu'en Ukraine, pardonnez-moi. Et je sais que je vais choquer en disant ça. Mais le jour où ça pète en Tunisie, où ça va très mal, au Maroc et en Algérie, je peux vous dire qu'on a du souci à se faire pour la France. Alors on ferait mieux de se mettre là-dessus. Et là, un vrai plan européen costaud de fonctionnement pour aider ces pays à se maintenir, à se développer, est vital. Et je suis content qu'on parle de ça. Alors c'est la première fois depuis le début de la campagne qu'on parle de quelque chose de,
disons,
à plus long terme. Ben voilà, c'était sur Europe 1.
Et ça
dépasse les partis, ça dépasse même les candidats.
J'ai une autre question pour vous. En préparant cet entretien avec Philippe Vall, il me disait, tu sais, Dimitri, tu devrais lui poser une question sur le ralliement de Jean-Pierre Chevènement à Emmanuel Macron. Parce
que
Jean-Pierre Chevènement est la grande figure du souverainisme. Le maître Yoda du souverainisme.
Et ça vous inspire quoi ? Ça m'inspire que ces troupes ne doivent pas le suivre parce que, vu le nombre de dix chevènementistes qui sont chez nous, on rejoint, on rejoint aussi les patriotes de Philippot qui me soutiennent. À mon avis, beaucoup de ceux qui l'ont aimé
ne
comprennent pas. Et je ne dis pas plus.
C'est
peut-être Chevènement qui a compris quelque chose. Ah bah oui. Devant la nouvelle configuration du monde, peut-être que... Ah bon ? Ah bah oui.
Ben, Chevènement est
quand même un intellectuel et un observateur assez aiguisé de la vie de ce monde. Je ne ferai aucun
commentaire. Non
mais son
ralliement
à
Macron
veut dire quelque chose. Oh non, ce ralliement est
un naufrage.
Vous
pensez que ça ne veut rien dire
? C
'est
un naufrage. Mais en quoi c'est un naufrage ?
Parce que Macron,
il veut le fédéralisme européen. D'ailleurs,
il
y a une qualité de Macron.
Vous
êtes honnête. C'est qu'il dit ce qu'il veut faire. Il veut la fin de la France comme nation indépendante. Il a inventé son histoire de souveraineté européenne qui ne veut rien dire. Parce que si vous avez une souveraineté européenne, vous n'avez plus de souveraineté française. Et démocratie française. Ce n
'est
pas vrai.
Il n'y a pas les deux. Ça n
'existe pas.
Et ça n'existe pas. Vous n
'êtes
pas à moitié enceinte, excusez-moi. Vous êtes français ou
vous êtes
européen. Et vous n'êtes pas entre les deux. Et ce qui est terrible, c'est que si Macron était par malheur élu, je ne crois pas qu'il le sera. Je pense que les Français auront un sursaut le 10 avril. Eh bien, vous n'aurez plus ni de démocratie française, ni d'indépendance du pays. Nous serons dans un magma. Et les pouvoirs, la France sera un gouverneurat, ce sera un État américain. Voilà. Et donc, voilà, c'est un choix.
Moi, je
pense que la nation est le seul moyen de relever les défis et d'assurer la cohésion. Et de résoudre nos problèmes. Ce qui n'interdit pas des coopérations européennes. Oui, parce que c'est la grande discussion.
C'est un
débat fondamental.
Il y a aussi, chez les défenseurs de l'Union européenne, cette idée qu'aujourd'hui, la puissance est affaire de taille. Et que l'Union européenne,
c
'est la
taille critique.
Mais on nous répète ça depuis 20
ans. Rien n'a fonctionné.
C
'est une union américaine. Là, on voit bien l'Allemagne achète des F-35. La seule décision qu'a prise l'Allemagne, c'est d'acheter des F-35 et du gaz qu'a tari. Donc, si c'est ça l'Europe, mais ce n
'est
pas l'Europe.
L
'Europe sera fondée par les nations. Les nations. Le général de Gaulle avait une expression très belle. Il disait, on ne fait pas d'omelette avec des oeufs durs. C'est les nations. Et seule la nation peut affronter les défis. Après, que nos pays européens coopèrent entre eux. Oui. Mais l'Europe,
c'est que vous imaginez, ce n'est pas une boîte
de
27
oeufs durs.
Mais non,
ce n
'est
pas Madame von der Leyen qui est complètement sous l'influence des lobbies. Qui est atlantiste. Qui ne défend jamais l'Europe. Ce
n'est pas parce qu'on est atlantiste, qu'on est sous
l
'influence des lobbies. Si l'Europe, c'est
la boîte des Etats-Unis, je ne veux pas l'Europe à la boîte de la Russie.
Mais écoutez, quand elle échange des SMS avec le producteur de Pfizer, et qu'elle refuse de communiquer... Combien
qu'elle
parle avec le producteur
de Pfizer ? Et qu'elle
refuse de communiquer ses dialogues, et qu'elle refuse de communiquer le prix d'achat, et qu'elle refuse... Mais enfin, l'Union Européenne, ce n
'est
pas l'Europe.
C
'est une trahison de l'Europe, de la belle idée européenne. Donc moi, je veux réorienter l'Europe, des peuples, sur des projets concrets. Ça n
'a
rien à voir avec ce bouly-bouly-là, qui ne marche pas. Tout le monde l'a vu.
Merci Nicolas Dupont-Aignan d'avoir été ce matin l'invité d'Europe. Merci vous de Ragné. Merci Philippe Balle. Bon voyage, parce que vous prenez l'avion, et vous n'avez pas
de temps
à perdre. Bon voyage.
Nicolas Dupont-Aignan