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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 9 octobre 2025 23 min

Crise politique : Bruno Retailleau "nous a mis dans cette situation", tacle Marc Fesneau

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Marc Fénault. Bonjour. Qui va diriger la France dans les prochains jours ? Le pays est-il ingouvernable ? La classe politique est-elle à la hauteur ? Autant de questions que nous allons vous poser à vous, le président des députés Modem à l'Assemblée. Mais d'abord, le sursis accordé par le président à Sébastien Lecornu a pris fin hier soir. On écoute le Premier ministre démissionnaire. Il était l'invité de France 2.

0:28
Marc Fesneau

Je sens qu'un chemin est possible encore. Il est difficile. Et j'ai dit au président de la République que les perspectives de dissolution s'éloignaient et que je pense que la situation permet pour le président de nommer un Premier ministre dans les 48 prochaines heures.

0:43
Présentateur

Si on résume, le Premier ministre est venu à la télévision après 48 heures de consultation pour nous dire qu'il fallait encore attendre 48 heures. Marc-Lin ?

0:50
Invité

Non, il est venu faire état, pardon de le dire ainsi, de l'état des consultations. La question qui se posait ou qui se posait lundi, compte tenu de ce qui s'est passé entre dimanche soir et lundi matin, une espèce de retournement de situation un peu improbable sur des affaires de personnes qui ne me paraît pas tout à fait à la hauteur des enjeux, mais on y reviendra peut-être.

1:09
Présentateur

Oui, oui, je trouve que ce n'est pas...

1:12
Invité

Dans ce moment-là, on a quand même des sujets sérieux qui sont une crise économique. Je ne parle pas des sujets internationaux qui sont majeurs, des Français qui s'inquiètent, des entreprises qui s'inquiètent et on dit je ne veux pas voir telle ou telle tête. Je ne suis pas sûr que ce soit à la hauteur.

1:24
Présentateur

Donc Bruno Retailleau, lui, n'a pas été à la hauteur.

1:26
Invité

Et donc Sébastien Lecornu est venu dire à la télévision ce qu'était l'état. Est-ce que la question se pose de savoir si on peut ou pas trouver un chemin ? Il est venu hier soir dire à la télévision et je voudrais vraiment saluer le travail qu'il a fait d'abord depuis un mois et puis depuis quelques heures pour essayer d'entendre les points de vue de chacun et essayer de distinguer s'il y avait quelque chose qui pouvait naître. Il a parlé de plateforme, de quelque chose... Plateforme de stabilité, il va falloir nous expliquer votre télé. Plateforme de stabilité, peu importe les formules, mais quelque chose qui permette de faire différemment que ce qui s'est passé depuis un an.

Qu'est-ce qui s'est passé depuis un an ? Vous avez une assemblée qui est morcelée, elle l'est toujours. Et vous avez des forces qui refusent assez continuellement de faire des pas les uns vers les autres.

2:04
Présentateur

On ne comprend pas en quoi cette plateforme de stabilité de 210 députés, c'est-à-dire si on a bien compris le modem LR Renaissance et Horizon, fera mieux que ce que vous appeliez le socle commun.

2:15
Invité

Pardon, je n'ai pas compris que c'était ça la plateforme de stabilité. Alors vous allez vous expliquer. C'est quoi la plateforme de stabilité ? Expliquez-nous. Je vois votre curiosité. Ce que je comprends de la plateforme de stabilité, c'est qu'il a parlé avec d'autres forces politiques.

2:27
Présentateur

Alors dites-nous, qui par exemple ?

2:28
Invité

Mais c'est publié qu'il a parlé. Il a parlé avec le parti socialiste, il a parlé avec les écologistes, il a parlé avec les communistes pour regarder quelles étaient les conditions dans lesquelles on pourrait essayer de sortir un budget dans ce pays sur un certain nombre de points qui pourraient être des points de compromis.

2:40
Présentateur

Et donc 210 députés avec les socialistes et les écologistes ? Mais c'est lui qui a parlé de 200 députés.

2:45
Invité

Non, non, non, mais ça c'est la base sur laquelle on est à peu près déjà stabilisés depuis un an. C'est ces 210 députés...

2:51
Présentateur

C'est ceux le socle commun.

2:53
Invité

C'est ce qu'on appelait, ou ce qu'on appelle le socle commun. Mais je rappelle que pour aller à 289, il me manque des députés. Pardon de faire de l'arithmétique bête et méchante. Et donc on a besoin que d'autres puissent, non pas être dans une forme de coalition, on n'est pas dans un système à la demande, on ne demande à personne de renier ses convictions, mais est-ce que sur une question centrale qui est la question budgétaire, on est capable de se dire, et chacun de faire des pas les uns vers les autres, pour dire quelle est la trajectoire budgétaire ?

Quelles sont les demandes qui sont faites en termes de pouvoir d'achat, en termes de justice fiscale, en termes de retraite, on y reviendra peut-être. Qu'est-ce qu'on peut essayer de trouver comme chemin ? Et ce qu'a dit Sébastien Lecornu, et que je voudrais saluer, c'est qu'il lui considère, et moi aussi je considère, pour avoir moi-même parlé avec un certain nombre de forces politiques, qu'il y a peut-être un chemin, pour peu qu'on s'en donne un peu les moyens et qu'il y ait un peu de bonne volonté et pas de faux semblants.

3:40
Présentateur

Mais concrètement, pardon, parce qu'il a dit qu'il y a un chemin sur le budget, par exemple, donnez-nous une piste qui met tout le monde d'accord, du PS au LR.

3:48
Invité

Il ne m'appartient pas, je ne suis pas Premier ministre, donc il ne m'appartient pas de dire, et moi je ne m'avais pas entendu depuis le début, poser la moindre ligne rouge, il y a une ligne rouge pour moi, la seule, c'est la ligne rouge du réel. C'est-à-dire de quoi a besoin le pays, de quel budget il a besoin, qu'est-ce que c'est que la dette et le déficit. Mais à partir de là, il y a peut-être des éléments sur lesquels on doit travailler.

Et il appartient au futur Premier ministre de dire, voilà ce qu'on peut faire sur le pouvoir d'achat, voilà ce qu'on peut faire sur la fiscalité, voilà ce qu'on peut faire en termes de trajectoire de déficit, voilà ce qu'on peut faire en termes d'ouverture de champs sur la question des retraites. Ce matin, la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, dit chez nos confrères d'ici nord, du côté de Lille, pourquoi ne pas essayer la gauche ? Mais, pardon, je vais vous dire quelque chose d'assez lapidaire. On n'est pas dans une situation, on n'essaye pas. Il faut que ça marche.

4:35
Présentateur

Vous voulez dire qu'on a pris le choix ?

4:36
Invité

On n'est pas dans une cabine d'essayage. Il faut que ça marche, la gauche ? Non, il faut que ce qu'on construit marche. Mais est-ce que c'est le tour de la gauche ? C'est ça ma question. Je réfute l'idée de, il faut essayer, on verra bien.

4:50
Présentateur

Vous voulez dire que la gauche, ça ne marchera pas ? Ils n'auront pas la majorité ?

4:52
Invité

Laissez-moi finir ma phrase. Quand on dit il faut essayer, ce n'est pas il faut essayer pour démontrer qu'il ne marche pas. Il faut essayer pour démontrer que ça peut marcher, on ne sait pas ce qu'est. Si il y a quelque chose qui se construit, mais la gauche, tel que j'entends ce que dit M. Fort, c'est 130 voix. Il en manque 159. Donc on ne va pas juste essayer pour montrer et démontrer qu'ils sont moins bons que nous. Moi je n'ai pas envie de démontrer plus que, j'aurais aimé d'ailleurs que les socialistes fassent d'eux-mêmes, je n'ai pas envie de montrer, ah ben on a essayé, et bien ça ne marche pas.

5:22
Présentateur

Vous pourriez faire un accord avec cette gauche-là ? Vos députés plus les leurs ?

5:25
Invité

Ce qu'on pourrait essayer, au-delà des personnes, on n'a pas essayé, on s'en fiche, ce qu'on pourrait essayer c'est de regarder si avec la gauche, avec la droite républicaine, il y a quelque chose d'une, c'est là que le mot plateforme a son sens, d'une plateforme sur un budget, les noms des personnes importent peu. Mais cette idée de, on va épuiser toutes les forces politiques, pour au fond derrière servir qui, Mélenchon et Le Pen, pour montrer qu'on est incapables. Ce qu'il faut essayer, c'est d'être responsable. C'est ça qu'il faut vraiment essayer.

Parce que le reste, c'est, on fait semblant, et moi j'ai dit aux responsables socialistes, moi je ne vais pas vous dire, allez-y, on verra bien comment vous vous plantez. Ça n'a aucun intérêt.

6:00
Présentateur

Et ce n'est pas ce que réclament les Français. Ça c'est la théorie, mais très concrètement.

6:03
Invité

Non, ce n'est pas la théorie, c'est la pratique, pardon. La théorie, c'est dire, on va essayer.

6:07
Présentateur

La France n'a toujours pas de gouvernement et de Premier ministre. Donc, est-ce qu'il y a un scénario, aujourd'hui, où Sébastien Lecornu, par exemple, est reconduit ? Est-ce que ce scénario, il existe ?

6:15
Invité

Je ne sais pas. Moi, il me semble, je l'ai dit hier, d'ailleurs, dans notre réunion à Matignon, qu'il y a sans doute besoin de changer les têtes et quelque chose d'un paradigme pour montrer que quelque chose change. Pour la raison que vous évoquez, c'est-à-dire que nous sommes 210, nous sommes la force la plus cohérente, quand même, malgré tout, et la plus puissante à l'Assemblée. Ça ne fait pas de nous, ça ne doit pas faire de nous des prétentieux. Donc, on ne peut pas dire, pour commencer, c'est forcément quelqu'un de nos rangs, et forcément le sortant ou quelqu'un d'autre.

6:41
Présentateur

Est-ce que ça peut être un Premier ministre macroniste ou issu du socle commun ?

6:45
Invité

Moi, il me semble, je viens de vous dire, qu'il me semble qu'il vaudrait changer, il vaudrait mieux, mais ça ne m'appartient pas et je ne fais pas d'oukaz, je ne vais pas faire des oukaz là-dessus. Moi, ce que je veux, c'est que ça marche. Pardon, je suis de bonne foi. J'essaye avec mes députés d'être de bonne foi.

6:57
Présentateur

Et selon vous, ça ne marchera pas avec un Premier ministre macroniste ?

6:59
Invité

On ne va pas réessayer pour voir si ça marcherait. Il faut qu'on ait quelque chose où il y a un accord sur les questions de fond. Il y a un nom qui émerge ce matin, qui n'est pas démenti par l'Elysée et n'est pas non plus confirmé. C'est un homme, un ancien ministre, un centriste retraité qui va faire une sortie du côté de Toulouse. C'est le nom de Jean-Louis Borloo. Est-ce qu'il pourrait être l'homme de la situation pour vous ? Pardon, un peu par malice, le nom de Jean-Louis Borloo revient assez régulièrement quand il s'agit de trouver un Premier ministre. C'est vrai. Mais il revient aussi ce matin. Oui, pardon de vous dire, ce n'est pas très original ce que vous me racontez. Plutôt nom ?

Je viens de vous dire. Je ne sais pas si vous êtes pour ou contre. Je viens de vous dire que je ne faisais pas des questions de mots une question principielle. Moi, la réponse que je veux avoir et que j'essaie de construire avec les autres forces politiques, c'est est-ce que tout ça chemine, tient et permet de trouver un équilibre ? Après, je connais bien Jean-Louis Borloo. J'ai même été dans le même parti que lui, il fait un temps. Donc, je n'ai pas de querelle avec Jean-Louis Borloo. Mais arrêtons de dropper du terme, de jeter à la figure des noms pour dire ça je veux, ça je ne veux pas. La politique, c'est aussi des incarnations. Oui, mais manifestement, ça ne suffit pas en ce moment.

C'est autre chose que de l'incarnation. L'incarnation vient en même temps que quelle est la plateforme, quels sont les sujets qu'on a envie de partager.

8:10
Présentateur

Marc Fénault, vous nous dites qu'il y a un semblant d'accord qui se dessine dans cette plateforme commune, en tout cas des convergences. Ce n'est pas facile à croire et à comprendre quand on voit par exemple qu'hier soir, Bruno Retailleau, le patron des LR, a annoncé qu'à titre personnel, mais c'est quand même le patron des LR, il était ministre dans ce gouvernement, je n'irai pas dans un gouvernement qui voudrait abroger ou suspendre la réforme des retraites, nommé un Premier ministre de gauche ou même un gouvernement, le cornubis, ce sera au-dessus de mes forces. Il n'y a que des lignes rouges là, non ?

8:39
Invité

Oui, pardon, pourtant je m'entends bien avec Bruno Retailleau et je salue le travail qu'il a fait au ministère de l'Intérieur. Mais franchement, nous sommes dans cette situation parce que dimanche soir, il nous a mis dans cette situation.

8:49
Présentateur

C'est de la faute de Bruno Retailleau cette situation ?

8:52
Invité

La situation qui a amené Sébastien Lecornu à démissionner lundi matin me semble liée à ça, non ? Vous avez vu autre motif que celui-là pour la démission de Sébastien Lecornu ? Enfin, si vous m'en trouvez un autre, vous me le dites, mais moi, ce n'est pas ce que j'ai vu, ce n'est pas ce que les Français ont vu. Alors, de venir maintenant rajouter des lignes rouges, j'invite chacun, mais pas plus Bruno Retailleau que les autres, mais pas moins. Chacun a un peu de responsabilité et de retenue parce que je crois que Bruno Retailleau est quelqu'un qui a un sens aigu de l'État et de la responsabilité.

Douter Sapir au chaos, ce n'est pas ce que j'avais compris de son entrée au gouvernement et de l'entrée au gouvernement des LR en septembre dernier. C'était par esprit de responsabilité qu'en 2024...

9:31
Présentateur

Mais justement, vous pouvez encore travailler avec les LR après ce qui s'est passé ? Même Laurent Wauquiez, membre des LR, estime que le coup de sang justement de Bruno Retailleau dont vous parliez dimanche a abîmé l'image de son parti.

9:42
Invité

Ça, c'est leur sujet partisan, ça ne me regarde pas et ça ne m'intéresse pas.

9:45
Présentateur

Mais vous pouvez encore travailler avec eux après ça ?

9:46
Invité

Nous sommes obligés de travailler ensemble. On n'est pas obligés de voyager ensemble nous avons des différences qui sont notables. Mais nous, nous avons accepté d'avoir d'ailleurs Bruno Retailleau. C'est pour ça que je n'aime pas les questions de personne. Nous avons accepté au mois de septembre 2024 d'avoir Bruno Retailleau dans le gouvernement et ce n'était pas forcément facile. Mais j'ai considéré que c'était l'intérêt de la France. Nous l'avons considéré. Et donc, je pense que chez les Républicains, il peut y avoir le même état d'esprit. De même qu'à gauche, je ne parle pas forcément d'un gouvernement. C'est ça qu'il faut travailler.

Donc, j'essaie de ne pas jeter à la figure, comment dirais-je, des insultes aux uns et aux autres et j'essaie de dire soyez et soyons et nous, il faut se l'appliquer à nous aussi, un peu responsables. Mais comment vous pouvez rassembler Renaissance, Horizon et vous le Moidem ? Vous n'êtes pas le dernier pompier volontaire d'une maison déjà cramée ? Non, je ne crois pas que la maison soit cramée. Je pense que la maison qui risque d'être cramée, c'est la maison France. Et que donc, il vaudrait mieux beaucoup plus de pompiers et beaucoup moins de pyromanes. C'est sûr qu'il vaudrait mieux plutôt ça. Et donc, moi, vous ne me ferez pas dévier de chemin. Personne ne me fera dévier de chemin.

Le mouvement démocrate non plus avec François Bayrou. Nous cherchons des solutions à des problèmes qui sont concrets parce qu'aujourd'hui, vous avez des salariés, des chefs d'entreprise, des services publics, des gens qui se posent des questions et qui regardent ça comme un spectacle lamentable. Et d'ailleurs, ils ont grandement raison.

10:55
Marc Fesneau

Le 830 France Info. Agathe Lambret, Paul Larouturou.

10:59
Présentateur

Avec Marc Fénaud, président du groupe Modem à l'Assemblée. Il y a un sujet qui reste à trancher

11:04
Invité

parmi d'autres... Un nœud, la réforme des retraites. Agathe, on va écouter. Je ne sais pas si on doit appeler le Premier ministre, en tout cas le Premier ministre démissionnaire Sébastien Lecornu hier sur France 2.

11:13
Marc Fesneau

Je le dis au président de la République, il faudra trouver un chemin pour que le débat ait lieu sur la réforme des retraites. Je pense que dans une démocratie et politique, l'Assemblée, le Sénat et sociale avec les partenaires sociaux, vous aurez du mal à siffler en disant non, non, circuler, il n'y a rien à voir.

11:30
Invité

On ne comprend plus rien. Monsieur Fénaud, Elisabeth Borne, la ministre qui avait porté cette réforme, avait dit dans le Parisien qu'elle s'était dit la première prête à y renoncer. Hier, on ne comprend pas exactement. Est-ce que vous, vous avez compris ? Est-ce que ça signifie suspension de la réforme des retraites ou pas suspension de la réforme des retraites ? Pardon, on a un peu une manie dans le moment qui vient et qui existe, c'est de trouver un seul sujet et de penser qu'avec un seul sujet on a résout notre... Les retraites, c'est un gros sujet quand même. Non, attendez, pas du tout. Ce n'est pas le seul sujet. Non, c'est un gros sujet.

Pendant un mois et demi, on s'est baladé avec la taxe Zucman. On a dit si on a la taxe Zucman, on a réglé le problème budgétaire. Là, maintenant, on nous dit il faut faire la pause sur les retraites et on aura réglé le problème budgétaire. Pardon, cette question se pose dans un cadre global qui est cadre budgétaire. D'accord, mais ce n'est pas la réponse à la question. Suspension ou pas suspension ? J'ai très bien entendu votre question. Si je pouvais faire deux phrases de développement, vraiment, je vous assure que il n'y a pas de problème. J'essaie d'expliquer la position qui est la nôtre. Je vous dis juste. Pourquoi on a fait cette réforme des retraites ?

Parce qu'on va au chaos sur les retraites. La moitié de la dette accumulée depuis 2017, c'est les retraites. Donc, on ne peut pas dire que ça n'existe pas ce problème-là. C'est pour ça qu'il y a eu cette réforme. Qu'elle est impopulaire, qu'elle a été mal comprise, que peut-être sur la méthode ça a dysfonctionné. Et sans doute, plutôt que peut-être ça a dysfonctionné. Mais dire, simplement, ok, allez, on se suspend sans se poser des questions globales. Pourquoi tout le monde nous regarde avec effroi ? C'est la seule réforme structurelle qui montre une trajectoire de réduction des dépenses. Sur le reste, on a un fichu de le faire. Bon.

Donc, moi, je veux bien qu'on ouvre la boîte de qu'est-ce qu'on fait comme modification sur les retraites, suspension, enfin, trouvez tous les mots que vous voulez. Mais je veux qu'on me dise où sont les trajectoires responsables en termes budgétaires. Parce que c'était la seule réforme et les marchés financiers qui nous regardent. Alors, je n'ai pas de passion pour les marchés financiers,

13:08
Présentateur

sauf qu'ils nous prêtent. Il y a les marchés financiers, il y a les Français aussi. Cette réforme, elle a mis le pays sans dessous-dessus à l'époque. Des millions de gens dans la rue. Elle a déchiré la classe politique. Vous avez tenu pendant deux ans et demi contre Vence et Marais. Et aujourd'hui, vous diriez, c'est fini, on la suspend. Quelle image

13:24
Invité

ça renvoie de vous ? Pardon, c'est pour ça que je ne dis pas autre chose que l'esprit de responsabilité. C'est-à-dire qu'on puisse ouvrir des champs sur la question des retraites, qu'on puisse dire est-ce qu'on fait une suspension, une pause, enfin bref. Donc une suspension,

13:36
Présentateur

vous n'êtes pas contre. Je veux avoir

13:39
Invité

une réponse globale parce que la réponse qui va derrière, c'est la question qui va derrière, c'est comment on finance tout ça ?

13:45
Présentateur

Oui, parce qu'une suspension en 2027, c'est 3 milliards d'euros.

13:48
Invité

Comment on finance tout ça ? Et moi, je n'ai pas ces réponses-là. Donc, ce n'est pas juste d'un trait de plume parce que nous ne l'avons pas fait parce que ça faisait plaisir et d'ailleurs, nous avions raison, ça faisait vraiment des plaisirs. Donc, ok, on l'a fait parce que tous les pays d'Europe ont réussi à le faire. Tous, de gauche et de droite et que nous avons été affichus, nous, classe politique, de le mener. Et donc, je ne veux pas dire simplement suspension, sauter en l'air et dire et non renoncer à ce qui est une réalité, c'est la démographie dans ce pays. Et la démographie, elle est fatale au système de retraite. Donc, moi, je ne m'engagerai pas dans quelque chose.

Je veux bien toutes les formules et toutes les discussions mais quelque chose qui ne disent pas en responsabilité. Voilà les autres trajectoires qui permettent quand même de ne pas mettre le pays au chaos parce que vous dites les Français, les retraités, c'est tout ça illégitime. Enfin, les Français, c'est si on leur explique dans trois ans ce qui s'est passé dans d'autres pays qu'on est obligé de baisser les pensions de retraite, qu'on est obligé de faire des coupes drastiques dans les budgets, qui ils iront voir ? Ils iront voir nous qui n'auront pas été responsables.

Et donc, j'invite à la responsabilité mais dire qu'on ne peut pas en parler, dire qu'on ne peut pas en parler avec des demandes qui viennent des syndicats, c'est pareil. Je regrette, je vais vous dire quelque chose, c'est que le conclave sur les retraites n'est pas abouti parce que le conclave sur les retraites, ils venaient acter la question de l'âge parce que tout le monde sait qu'au bout la question de l'âge est une question incontournable et que ceux qui disent on recule, on va en arrière sur cette question-là brutalement, ça ne marche pas et qu'on est buté là-dessus.

Je regrette que, notamment du côté du MEDEF, on n'ait pas trouvé le point d'équilibre parce qu'au résultat des courses, on n'a pas avancé alors qu'on réglait la question de l'âge et la question de la pénibilité. Quel sujet ? Merci, vous avez répondu.

15:15
Présentateur

Le point d'œuvre de François

15:16
Invité

J'ai répondu, merci.

15:17
Présentateur

Marc Fénaud, il y a une majorité absolue contre la dissolution a dit Sébastien Lecornu hier. Écoutez, ce qu'en pense Marine Le Pen, elle était en marge d'un déplacement à Cournon d'Auvergne dans le Puy-de-Dôme.

15:30
Auditeur

Je censurerai tous les gouvernements jusqu'à obtenir la dissolution parce que je considère que chaque nouveau gouvernement est une manière de contourner la volonté populaire.

15:42
Présentateur

Est-ce que vous risquez pas de faire monter le Rassemblement national avec cet argument ?

15:45
Invité

Ce qu'on a fait depuis cinq jours, ce qui s'est passé depuis cinq jours dans la classe politique aide plutôt le Rassemblement national et le met dans presque une posture de responsabilité alors que quand vous entendez la déclaration de Mme Le Pen, c'est une posture irresponsable. Peu importe le budget, peu importe le fonds, peu importe ce que ça pourrait apporter aux Français, je censure parce que j'ai décidé qu'il fallait une dissolution, une dissolution, une dissolution, une dissolution. Quant à l'extrême-gauche, on dit démission, démission, démission. Deux tiers des Français sont pour sa dissolution selon un sondage IFOP. Très bien. D'abord, on ne gouverne pas deuxième élément.

Pourquoi ils sont pour ces éléments-là ? Parce qu'ils ne voient pas d'autres solutions. Je vous assure que si vous faisiez des choix multiples et que vous disiez s'il y avait une solution et que les gens s'entendaient, est-ce que vous préféreriez ? Moi, je vous dis qu'il y a une majorité de Français qui préfèreraient qu'on s'entende. C'est pour ça que sur ce chemin-là... Mais devant la passe...

16:31
Présentateur

Vous avez peur de perdre votre siège, Marc Fénaud ?

16:32
Invité

Comment ?

16:33
Présentateur

Pourquoi vous, vous êtes compte parce que vous avez peur de perdre votre siège ? C'est de ça dont parle les députés. Marc Fénaud, vous ne pouvez pas ignorer que c'est une vraie crainte dans les couloirs de l'Assemblée nationale ? Ce n'est pas à moi que vous allez raconter

16:42
Invité

que j'ai peur de perdre mon siège. J'ai fait des combats politiques en perdant tous les sièges et en prenant tous les risques. Alors franchement, ce n'est pas à moi qu'il faut me raconter. Ce n'est pas une question personnelle. Non mais... Arrêtons ce genre de choses. Moi, je n'ai pas envie qu'on ait une campagne encore tronquée de trois semaines à quatre semaines aux législatives et le budget. Si on fait une dissolution aujourd'hui, il n'y a pas de budget. C'est ça la réalité. Donc ce n'est pas ma question de mon siège. J'ai pris suffisamment de risque pour ne pas avoir la crainte de mon siège. Je peux faire autre chose dans la vie.

Mais pardon, si jamais vous faites une dissolution, on est bien d'accord qu'il n'y a pas de budget. Donc on a une loi spéciale. Donc on n'a pas les moyens pour nos armées. Donc on a des services publics qui vont être entravés. Donc on a un certain nombre de revalorisations qui ne seront pas faites. Et alors après, les mêmes viendront nous réclamer. Comme ils l'ont fait l'an dernier quand ils ont fait tomber le gouvernement Barnier, ils vont nous dire « Ah mais il faudrait une loi spéciale parce qu'évidemment ça met la pagaille. » Donc il faut mesurer les conséquences de la dissolution.

17:30
Présentateur

Peut-être qu'il fallait y penser avant d'en arriver là. Mais on a l'impression que la classe politique a joué à se faire peur, a été totalement irresponsable. Et quand vous avez vu les conséquences de vos actes, tout le monde est redescendu en pression.

17:40
Invité

Pardon, moi vous ne m'avez pas vu remonter.

17:42
Présentateur

Je parle en général.

17:42
Invité

Non mais excusez-moi, chacun prend sa responsabilité. Moi j'essaie d'être responsable. J'invite tout le monde à le faire. Je n'ai pas que des vertus. Enfin, essayons de ne pas globaliser. Si vous trouvez que le discours de Mme Le Pen est très responsable, pardon, Mme Le Pen, c'est une adversaire politique. Sur la question de la Russie, c'est quand même un peu clair-obscur ce qu'elle raconte. Sur la question de l'Europe, c'est clair-obscur. Elle refuse de regarder la question budgétaire et en plus elle dit je ne veux pas participer au budget de l'Europe. Qu'est-ce que c'est comme conséquence ? C'est une sortie de la France de l'Europe ? C'est ce chaos-là qu'on a envie d'organiser ?

Vous dites que tout le monde doit être responsable. Quelle est la part de responsabilité du président de la République selon vous ? Il nomme les gouvernements. C'est la constitution. Oui, attendez. Vous avez vu, j'essaie de répondre à vos questions. Il faut juste me laisser deux phrases de développement. Oui, les vides parce qu'après, il y a la question. Je sais. Mais on a tous une part de responsabilité, le président comme nous tous. Mais après, aller chercher chez le président le bouc émissaire facile parce qu'aujourd'hui, ce qui ne marche pas, ce n'est pas le président de la République, c'est qu'à l'Assemblée nationale, on ne soit pas d'accord.

Parce que ça s'imposerait à tout le monde, y compris au président de la République, si nous étions d'accord. C'est-à-dire que notre impuissance, on la reporte sur le président de la République. C'est aussi parce qu'il a pris la décision de la dissolution totalement ratée. Très bien. Cette dissolution était inopportune sans doute et ratée manifestement. Très bien. Et alors, on va voyager pendant combien de temps en racontant ça sans se dire bon ok, qu'est-ce qu'on fait maintenant ? La question c'est qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Et donc, je trouve que cette recherche du bouc émissaire, y compris dans notre propre camp, elle est un peu curieuse. Parce que c'est...

Est-ce que François-Gabriel Attal et Edouard Philippe cherchent un bouc émissaire ? Vous avez très bien compris ce que je veux dire. Oui, je trouve que dans notre propre camp, ça manque... Je ne parle même pas de question de loyauté parce que c'est évident aux yeux de tout le monde. Ce sont des traîtres pour vous ? Comment ? Ce sont des traîtres pour vous ? Non, ne me faites pas dire... Vous parlez de loyauté donc au bout de votre question... J'ai dit... Je prends mes mots et vous prenez les vôtres et moi, je ne dis pas ça parce que d'abord, j'ai beaucoup travaillé avec eux et je ne dirai pas ça. Mais je trouve que ça interroge les Français sur ces questions-là.

Moi, je ne sais pas au moment où les choses sont difficiles, c'est tellement facile de chercher des boucs émissaires. Mais le Président... Pourquoi ils font ça,

19:48
Présentateur

Marc Fénaud ? Est-ce que c'est parce que 2027 est dans tous les espaces ?

19:51
Invité

Manifestement. Mais ce n'est pas dans les têtes seulement du camp présidentiel, c'est dans les têtes des LR. La position de M. Retailleau. M. Retailleau, où il dit pas de Premier ministre en marche, enfin, macroniste, pas de Premier ministre de gauche. Et je veux cohabiter. Avec 50 députés, il veut cohabiter avec qui, en fait ? Il a 50 députés à l'Assemblée nationale. Et comment on peut prétendre ça, dire ça et dire que c'est crédible ?

20:17
Présentateur

Édouard Philippe, il demande une présidentielle. Mais c'est la même chose.

20:20
Invité

Là, on est en train d'inventer la révocation ou la démission d'opinion. C'est-à-dire que quand on est plus populaire, il faut révoquer le Président où il faut le faire démissionner. Mais qu'est-ce que c'est que cette démocratie ? Que dans une démocratie, on soit populaire, ça existe. Que dans une démocratie, on soit impopulaire, ça existe. Ça ne remet pas en cause le suffrage universel. Qu'est-ce que c'est cette histoire ? J'ai été maire et élu local. Donc, dès que vous êtes impopulaire dans votre mairie, on dit qu'il faut le révoquer ou qu'il démissionne. Qu'est-ce que c'est ? La responsabilité politique, c'est aussi prendre parfois la paume de popularité. C'est ça aussi la responsabilité.

Et donc, que tout le monde réfléchisse à ça et essaie de dire pas pour rester pour le plaisir, pas pour garder nos postes pour le plaisir, mais l'intérêt du pays, c'est celui-là, pardon de vous le dire. On entend votre appel à la responsabilité. Il est déjà l'heure de la question qui que vous retrouvez sur les réseaux de France Info. Aujourd'hui, la question qui marque l'histoire. Ce soir, Robert Badinter rentre au Panthéon. Il est l'homme qui a aboli la peine de mort. Quelle est, selon vous, la décision politique en 2025 qui marquerait l'histoire ? Sachant que vous n'arrivez pas à faire voter, par exemple, la fin de vie, c'est à l'arrêt. Quelle est la décision qui marquerait l'histoire ?

Non, mais la décision qui marquerait l'histoire, c'est qu'on rende universelle l'abolition de la peine de mort. C'est ça qui marquerait l'histoire. Parce que je pense que le combat de Robert Badinter qui rentre aujourd'hui au Panthéon, c'est un combat pas français. C'est un combat universel. C'est une certaine vision de la justice et de ce qu'est l'humanité dans son histoire. Tu ne tueras point, si je peux dire les choses ainsi. Et donc, c'est ce combat-là qui pourrait être un combat parce que la peine de mort est encore présente dans de très nombreux pays. Et en France,

21:53
Présentateur

l'opinion aussi. Oui, et là aussi, si vous faites

21:55
Invité

de la démocratie d'opinion, vous voyez ce que... Et il y a des principes universels. Et Robert Badinter, d'ailleurs, jusqu'à la fin de sa vie, il disait ça. Il disait, j'aimerais que l'abolition de la peine de mort soit sur l'ensemble de notre planète.

22:07
Présentateur

Marc Fénaud, à la mort de Robert Badinter, vous avez parlé d'un artisan inlassable de l'humanité. Est-ce qu'il y a aujourd'hui dans la classe politique, selon vous, un artisan inlassable de l'humanité ou au moins quelqu'un qui ait la stature d'un Robert Badinter ?

22:21
Invité

J'espère.

22:23
Présentateur

Vous espérez, mais vous ne savez pas ?

22:25
Invité

Non. Vous ne m'en voyez pas ? J'espère.

22:27
Présentateur

Merci beaucoup, Marc Fénaud, d'avoir répondu aux questions de France Info. !

Crise politique : Bruno Retailleau "nous a mis dans cette situation", tacle Marc Fesneau — Marc Fesneau · Pourquijevote