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interviewBFMTV· 29 novembre 2024 46 min

Traversées de la Manche: le discours du ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Bruno Retailleau

avant de m'exprimer, et c'est un problème tellement important, tellement grave, que j'ai préféré laisser passer quelques semaines, réfléchir, avant de venir. Je voudrais saluer bien sûr le maire d'Anglotteuse, chère Stéphane, d'être ici.

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Invité

Merci beaucoup. C'était un plaisir pour nous d'accueillir, vous accueillir, vous, Madame la Ministre, les personnes présentes, et surtout ceux collectifs qui ont été initiés par l'attache-là, et pour lesquels, je pense, on s'associera à vous aider à avancer, à trouver de vraies solutions sur ce grand plan et le côté humain, et c'est ce que tous voulons en priorité.

0:37
Bruno Retailleau

Merci Stéphane. Je salue vraiment les maires qui sont aussi, les derniers mois, on a échangé pendant le déjeuner.

Je voudrais avoir un mot aussi, parce que cette visite, je l'ai préférée avec l'équipe au ministère, les collaborateurs, et puis aussi avec, l'équipe préfectorale, je veux saluer le préfet de région, le préfet Gomme qui se cache parmi vous, le préfet de département qui est en uniforme, Vincent Agoguet qui est préfet délégué, voilà, mais j'en parlerai, et puis les différents responsables, ou responsables notamment les deux directeurs généraux qui m'accompagnent et qui fournissent les forces qui sont en œuvre et qui seront renforcés, le général, donc, Hubert Bonneau, qui commande la Gendarmerie nationale, et son homologue et directeur général de la police nationale, voilà, Louis Logier.

Mesdames, Messieurs, d'abord un préalable, un préalable pour vous dire que si je suis venu aujourd'hui, c'est parce que 72 morts, ça n'est pas tolérable. C'est un drame, c'est une tragédie. Je l'ai indiqué il y a quelques instants lorsque je me suis exprimé devant les élus. Ce matin, à l'Ultime, qui est l'office qui est chargé de lutter contre la traite d'êtres humains, les enquêteurs m'ont montré les images d'une embarcation où on entendait, il y avait des dizaines et des dizaines de migrants, on entendait le cri de jeunes enfants, de jeunes enfants, de très jeunes enfants.

On y voyait des femmes et on voyait des passeurs taper avec des bâtons sur d'autres migrants qui ne voulaient pas embarquer. J'ai vu ces images. Elles sont marquantes. Et on ne peut pas laisser les choses aller au fil de l'eau parce que c'est trop grave. Ce que je veux simplement vous dire, c'est que je suis venu pour ne pas que les élus se sentent seuls, pour que la population sache que l'État se tient à ses côtés. D'ailleurs, dans le témoignage que nous avons recueilli des élus, tous les maires nous ont dit que l'État était à leur côté, notamment à travers les forces de l'ordre, notamment à travers le corps préfectoral.

Ce que je veux redire de façon très solennelle, je persiste et je signe. Lorsque j'ai déclenché une polémique en indiquant que pour moi, l'immigration qui est en dehors de tout contrôle n'était pas une chance, je l'assume totalement, ni pour la France, c'est une chance, ni pour les migrants. Parce que si l'immigration incontrôlée était une chance pour la France, les habitants de Calais, les habitants des communes environnantes, n'auraient pas à subir ce qu'ils subissent quotidiennement. Que les choses soient très claires, malgré la mobilisation des forces de l'ordre, 800 forces de l'ordre chaque jour, je le rappelle, ils sauvent des vies humaines.

Ils sauvent des vies humaines, puisque les canaux sur lesquels embarquent les migrants ne peuvent pas d'ailleurs, ils ne sont pas fabriqués pour pouvoir faire la traversée. Deuxième chose, l'immigration, ça n'est pas une chance, quand elle n'est pas contrôlée pour la France, ni pour les migrants eux-mêmes. Parce que, je vous l'ai dit, je vous ai redonné ce chiffre, 72 morts, et il y a quelques semaines, quelques mois, vous vous souvenez de ce nourrisson de 4 mois, qui est mort noyée. C'est l'horreur absolue. C'est l'horreur absolue.

Ceux qui pensent qu'on ne doit retenir personne, qu'on ne doit pas garder nos frontières, eh bien je pense que c'est une fausse générosité, et que cette fausse générosité nourrit les plus grands drames. Et moi je veux y mettre fin. Lorsque j'ai eu cette question à traiter, j'ai adopté la méthode qui est toujours la mienne. J'ai essayé de poser un diagnostic et d'avoir une sorte de méthode pour approcher ce problème de façon globale. Ce que je vais vous dire, c'est qu'on arrive dans un cadre, dans une logique qui est totalement à bout de souffle. Totalement à bout de souffle. Aujourd'hui, puisque le collectif m'avait fait des propositions, je suis venu pour répondre à l'urgence.

Je suis venu pour m'engager sur des propositions. Je vais vous les donner dans quelques instants. Les uns et les autres pourront porter leur jugement sur ce que je me suis engagé à faire comme ministre de l'Intérieur. Mais ça ne suffit pas. Parce que ce sera uniquement le traitement des conséquences de ce désordre migratoire. Il va falloir changer les règles. Il va falloir changer de cadre. Et je terminerai vraiment sur cette partie-là. Le premier point, c'est les engagements que j'ai pris il y a quelques minutes devant les élus, les élus de la région, les élus du département.

Je ne sais pas si le représentant du conseil départemental est ici, du président Leroy, mais j'en dirai un mot il y a quelques instants, et des maires. Je suis arrivé avec des propositions qui concernent trois paquets. Trois paquets d'engagement. Je vais les énumérer. Pardon, c'est un peu didactique, mais je souhaite que ce soit précis, parce que ces engagements, vous pourrez les mesurer, semaine après semaine, mois après mois. Trois paquets. Le premier va concerner la sécurité du quotidien. Le deuxième concernera le soutien aux collectivités locales et aux habitants. Et aux habitants. C'est eux qui sont en première ligne de tous ces désormes.

C'est eux, les habitants de toutes ces communes du littoral. Et le dernier concerne la lutte contre les mafias, le démantèlement des réseaux. Le premier bloc, le premier paquet sur la sécurité du quotidien. Nous avions mis cet été, pendant les Jeux olympiques, ce qu'on appelle une compagnie de marche, qui devait durer de façon expérimentale, provisoire, le temps des Jeux olympiques. J'ai annoncé que nous allons pérenniser ces 75 personnels qui permettent de patrouiller et qui renforcer le dispositif existant. 75 personnels qui seront déployés, notamment les jours, les nuits, où il peut y avoir du passage.

Où la mairie calme, où les conditions météorologiques, qu'on anticipe bien évidemment, sont propices précisément à ces passages. Premier engagement. Deuxième engagement, nous allons sécuriser le financement du cantonnement CRS de Calais parce qu'on est régulièrement amené à renforcer les équipes. Et je tiens à ce que nos policiers, notamment les CRS, puissent disposer de conditions de vie, de séjour convenables, dignes. Voilà. Fondamental. Troisième élément, la création d'un nouvel hôtel de police à Calais. Bien entendu, nous demanderons aux Anglais de le cofinancer. L'emprise à Calais, Mme le maire, est prévue. C'est une emprise SNCF.

Dans le cas, dans la perspective d'un projet plus vaste qui pourrait aussi réunir la police municipale, c'était des sécurités, je crois, comme vous le dites. C'est un autre engagement. Ensuite, le renfort d'effectifs de la police aux frontières. J'ai à mes côtés, voilà, la directrice, Valérie Mine, de la police aux frontières. C'est un effort conséquent. C'est 75 renforts. 10 sont arrivés il y a quelques jours. Et dès lundi, les 65 autres arriveront. Dès lundi. Je ne dis pas la 5 linglin. Dès lundi, 2 décembre. Ce sera 75 renforts de plus.

Et enfin, dernier point sur cette sécurité du quotidien, on va renforcer aussi les effectifs de la police des 2 commissariats de Dunkerque et de Calais, à hauteur de 25 effectifs. Exactement 15 pour Dunkerque et 10 pour Calais. Ces engagements représentent un effort sans précédent. Et cet effort, je le dis, je le remets en perspective dans un contexte budgétaire très compliqué. Voilà. Mais que nous assumerons. Et encore une fois, si j'ai donné des engagements précis, chiffrés, c'est bien pour qu'ils puissent être sur le terrain vérifiés. Et les préfets en sont comptables pour moi, si j'ose dire. Deuxième bloc, le soutien aux collectivités, le soutien aux habitants.

Nous allons demander au Royaume-Uni de cofinancer un plan, ou plutôt un fonds d'indemnisation. Il n'est pas normal que des particuliers, que des entreprises, notamment petites entreprises ou agriculteurs, aient à financer des réparations quand il y a, par exemple, pour l'assurance, une franchise. Quand il se passe mal, nous créerons un fonds d'indemnisation financé par les accords de Sanders. Donc, à négocier avec les Anglais, mais c'est une condition qui est une condition première pour précisément prendre en compte, et que les habitants ne prennent pas en compte, les réparations qui sont à leur charge.

Deuxième élément, il y a l'enveloppe prévue pour tout ce qui est les dégâts, le nettoyage, la réparation sur les campements. Là aussi, c'est totalement insuffisant. Ce sera une des demandes que je ferai à Yvette Cooper. J'en parlerai tout à l'heure, puisqu'elle sera ici, je l'ai invitée, le 9 décembre prochain. Ensuite, le département, j'ai parlé du département parce que les départements ont en charge la tutelle budgétaire, notamment, et financière, avec le bloc communal des SDIS, des services départementaux d'incendie et de secours. Et dans ce département, à peu près, c'est 12% des interventions, des sapeurs-pompiers, qui sont directement liées au désordre migratoire.

Donc, nous estimons que ce n'est pas au département, au bloc communal, aux intercommunalités, aux communes, de prendre en charge ces interventions-là. Et par conséquent, là encore, ça devra être financé par nos amis anglais. Deux points supplémentaires. Natacha Bouchard nous avait demandé de désigner un préfet qui porterait en permanence, au quotidien, cette question migratoire. Il est désigné, il est devant vous. J'ai désigné, donc, Vincent Lagouguet, qui est préfet délégué actuellement, mais on va le charger tout particulièrement de cette mission. Et il aura autour de lui trois personnes, une cellule, qui aura quotidiennement cet objectif de veiller à la bonne marge des choses.

Les élus sauront que, précisément, quand il y a un problème, ils pourront s'adresser directement à eux. Ça n'efface pas, évidemment, le rôle des sous-préfets qui sont ici, ou même des préfets, mais je pense qu'un membre du corps préfectoral, un préfet portant jour après jour et au quotidien à cette question-là, c'était nécessaire et c'était une de vos demandes. Et enfin, la SNSM, ce n'est pas exactement dans le périmètre du ministère de l'Intérieur, le sauvetage en mer, mais je veux rappeler quand même que cette année, il y aura, et on n'a pas terminé l'année, 5500 sauvetages. 5500 sauvetages, c'est 5500 vies sauvées.

Moi qui suis un homme de la mer aussi, avec la Vendée, je connais très très bien la SNSM, je connais très très bien les engagements, l'engagement des sapeurs-pompiers, professionnels, volontaires, mais aussi les sauveteurs en mer. Je ne veux pas qu'ils soient oubliés, et là aussi, nous exigerons, et nous obtiendrons d'ailleurs, des amis anglais, une part de financement pour aider la SNSM. Et enfin, dernier paquet, dernière proposition sur le démembrement des filières.

J'ai rencontré nos enquêteurs de l'ultime, je ne peux rien dire parce que c'est une enquête qui est sous l'autorité du procureur, donc je ne peux pas faire de révélation, mais ils font un boulot fantastique, et ils démantèlent des réseaux. J'espère qu'il y aura une communication dans les jours à venir si possible, mais on ne le peut pas aujourd'hui. Il faut les renforcer, c'est ce que nous allons faire, aussi bien donc au bureau, à l'antenne de Dunkerque qu'à Calais, à Dunkerque avec 14 enquêteurs de plus, et il manquait 6 enquêteurs ici, sur Calais, qui devront donc être, comment dirais-je, fléchés sur Calais, sur l'ultime.

C'est des moyens importants parce que les enquêteurs, d'abord, c'est compliqué, ça exige un niveau d'exigence, un niveau d'expertise très important. Voilà, donc trois paquets, vous voyez que ce sont des chiffres considérables en matière, très précisément de force de l'ordre, mais aussi en matière de soutien aux élus, aux communes, aux départements, mais aussi pour la population avec le fonds d'indemnisation. Ça, c'est un point qui est important. Mais ça ne suffit pas. Ça ne suffit pas parce que tout ne peut pas se réduire, se régler, à coût d'effectifs supplémentaires ou à coût de financements complémentaires.

Si on ne sort pas de cette logique dans laquelle nous sommes depuis des années, on va courir après le problème en permanence et il y aura d'autres morts. Et ça, je ne le souhaite pas. Que faut-il faire, donc ? Je pense qu'il y a deux choses à faire. Là, pour aller directement, non plus au traitement des conséquences, mais au traitement des causes. Le premier point, c'est changer, modifier la relation avec les Anglais, avec le Royaume. Pourquoi ? Pour le dire de façon très précise, la relation entre la France et le Royaume-Uni, elle ne peut pas se résumer à la simple sous-traitance du gardiennage de la frontière. Ça, ça n'est pas possible. Ça n'est pas possible.

Si autant de migrants souhaitent traverser la Manche, c'est parce que le modèle britannique est très attractif. Et on en connaît les éléments de l'attractivité. Et que pour l'instant, nos amis britanniques n'ont jamais rien fait pour que l'attractivité de ce modèle soit remise en cause. C'est la première raison. Tant que cette raison ne bouge pas, il n'y a pas de raison que le flux ne soit pas alimenté de plus en plus. Ça, c'est fondamental. Bien sûr que nous exigerons des financements. La France ne peut pas supporter seule. Et la France n'a pas à supporter, encore une fois, cette sous-traitance et les coupes qui en sont afférents, de tout ce que je viens de vous dire.

Donc c'est ce que je dirais à Yvette Cooper, qui viendra le 9 décembre prochain à Calais. Et j'espère qu'on aura l'occasion d'une rencontre avec les élus pour qu'elles-mêmes entendent les déléances de ceux qui sont en première ligne sur le terrain et qui se font l'écho des souffrances de leur propre population. Donc ça, c'est quelque chose d'absolument fondamental pour moi. Il y a un bras de fer à engager. J'espère que nous n'arriverons pas là. Mais on doit changer cette relation si on veut changer de braquet et si, justement, on veut un cadre nouveau. Deuxième élément, je parle de cadre nouveau. Là encore, la question, c'est de sortir du face-à-face France-Angleterre. Pourquoi ?

Parce que je pense que cette frontière-là, je parle devant un spécialiste, un très bon connaisseur qui est Jean-François Rapin, qui est sénateur, qui préside la Commission européenne du Sénat. On en a souvent parlé. Mais la frontière entre la France et le Royaume-Uni, c'est la frontière commune extérieure de l'Europe. Pourquoi la France seule ? Pourquoi la France seule, puisque désormais le Royaume-Uni n'est plus un État membre, devrait supporter tout le poids de la défense de cette frontière extérieure ? Ça, ça n'est plus possible.

Donc, ma proposition, celle que je ferai à Yvette Cooper, et je vous dirai dans quel cadre je la ferai, le lendemain, d'ailleurs, du 9, le 10, à Londres, c'est que, de cette relation exclusive, de ce face-à-face entre la France et l'Angleterre, nous le transformions demain en une relation beaucoup plus équilibrée entre le Royaume-Uni d'un côté et l'Union européenne de l'autre. Pourquoi ? C'est la frontière extérieure. Pourquoi ?

Parce que, sur l'ensemble de l'immigration irrégulière, de l'ensemble des flux, vous prenez les 27 pays européens, vous prenez l'Europe dans son entièreté, 30%, c'est la part de l'immigration qui vient sur cette frontière dont je vous parle, ça représente 30% des flux irréguliers de toute l'Europe. Vous vous rendez compte ? 30%. Donc, ce n'est pas à la France de régler ce problème. Parce que ces migrants, ils ne viennent pas de chez nous. Ils passent par la frontière belge. ils passent par la frontière allemande, un peu par la frontière suite, de moins en moins par la frontière italienne, qui est désormais mieux surveillée. Mais on a un vrai souci.

Voilà ce que je voulais dire très rapidement sur ce changement de cadre. C'est fondamental. Je rappelle et je conclue pour dire que si on veut traiter les causes, c'est en même temps les causes générales d'une politique migratoire que je suis en train de refonder. Je vous la rappelle très rapidement. Je pense qu'elle doit être là encore globale. Globale. C'est-à-dire qu'il y a la dimension internationale. Je multiplie, nous multiplions des accords bilatéraux avec des pays pour pouvoir éloigner et pour pouvoir avoir des laissé-passer consulaires. C'est la raison pour laquelle j'ai désigné Patrick Stéphanini comme représentant spécial. Il devra multiplier ces accords.

Et ces accords de nouvelle génération n'ont plus rien à voir avec les accords d'il y a une vingtaine d'années. Ce sont des accords très techniques, très précis, très administratifs qui exigent une très grande connaissance des mécanismes de réadmission. Patrick Stéphanini est un des grands spécialistes de l'immigration. C'est cette tâche que je lui ai confié. Donc le niveau international. Ensuite, il y a le niveau européen. Avec deux textes qui sont importants. La transposition du paquet immigration-asile, très bien, mais qui sera utile notamment pour les frontières extérieures. Mais surtout, surtout, la renégociation de la directive retour.

Cette directive, elle est mal nommée puisque c'est l'assurance du non-retour. Puisqu'elle donne aux clandestins en situation irrégulière la possibilité d'un délai volontaire de départ. Autant dire que ça efface totalement, totalement, la possibilité d'un contrôle efficace à nos frontières. Cette directive retour a été prise est transposée en 2008 et ça fait des années qu'on cherche à la renégocier. Eh bien, nous avons obtenu qu'elle soit renégociée dans les premiers mois de la présidence polonaise puisque la Pologne prendra la présidence de l'UE à partir du 1er janvier prochain. Et ça, c'est fondamental pour maintenir nos frontières. Voilà.

Et troisième élément, bien sûr, qui sont l'international, le niveau européen, le niveau national avec deux circulaires. Une première circulaire que les préfets, que j'ai signé, que les préfets ont reçu il y a quelques semaines, une circulaire de pilotage. Ensuite, une autre circulaire qui sera signée par moi, qui prendra la suite de la circulaire VALS en matière de régularisation, étudiantine, familiale, professionnelle, métier. Et puis, des textes, la transposition du paquet, je vous le disais, européen. Et il faut un nouveau texte. Natacha Bouchard en a parlé ce matin.

J'estime, par ailleurs, qu'il faut rétablir ce que François Hollande avait supprimé en 2012, c'est-à-dire le délit de séjour irrégulier. Parce que ça nous donnera des pouvoirs d'enquête qui permettront, par exemple, quand on a les téléphones portables, de procéder à l'identification. Qui procédons et qui permettront surtout aussi de lutter beaucoup plus efficacement contre les filières illégales. Voilà ce que je voulais vous dire. L'objectif de ce texte-là, c'est qu'on s'assure au moment où tous les pays européens sont en train de durcir leur législation, que ce soit les gouvernements conservateurs, que ce soit les gouvernements sociodémocrates.

Moi, je ne veux pas que la France soit plus attractive. et je veux que sur chaque dispositif, on s'assure qu'on est bien dans la moyenne européenne, pas plus. Parce que sinon, on crée des appels d'air. Parce que sinon, on est plus attractif. Si on veut maîtriser l'immigration, et c'est ce que nous demandent les Français, les Français de gauche et de droite, quand vous regardez tous les sondages désormais, alors que les Français sont querelleurs, alors qu'il y a tant de sujets qui nous divisent, désormais, le sujet migratoire crée quelques polémiques dans le microcosme parisien, médiatico-politique, mais les Français, à plus de 70%, 75%, réclament une fermeté migratoire.

Et les Français, les plus modestes, parce que ceux-là, ils n'ont pas suffisamment d'argent pour habiter les beaux quartiers, pour se préserver du désordre migratoire. Ils n'ont pas suffisamment d'argent pour placer leurs enfants dans les bonnes écoles. C'est eux qui subissent en première ligne les conséquences de tous ces désordres-là. Et c'est pour eux aussi et d'abord que je me bats. Voilà ce que je voulais vous dire un peu longuement. Tu veux dire un mot ?

23:43
Invité

Les questions,

23:47
Bruno Retailleau

puis au gré des questions...

23:49
Invité

Emmanuel Michel, je suis journaliste pour M6. Vous parlez de la relation avec l'Angleterre et de ce qu'il va falloir négocier. On sait qu'il y a ces accords du Quay qui sont là, qui a une dépendance en tout cas économique dans la gestion de la frontière de l'Angleterre. Comment comptez-vous vous y prendre puisque ils ne seront pas obligés de dire oui à tout ce que vous demandez ou d'aller dans votre sens puisque c'est... Ils ont leur politique, leur gouvernement à eux. Ils ne sont plus dans l'Europe. Ils sont...

24:18
Bruno Retailleau

Voilà. C'est le sens du bras de fer. J'ai un point que je veux préciser puisqu'en fait, il y a trois États. Il y a ma visite aujourd'hui. Il y a le 9 décembre prochain la visite de mon homologue Yvette Cooper et ensuite, à Londres, le lendemain, la réunion du groupe de Calais que j'ai demandé. Le groupe de Calais, c'est quoi ? Historiquement, c'est les Pays-Bas, c'est l'Allemagne, la Belgique, la France et le Royaume-Uni. On va y adjoindre l'Irlande et on va y adjoindre...

Il ne peut pas venir, mais il m'a donné son accord, je l'ai vu il y a trois jours, le nouveau commissaire européen, nouvellement investi par le Parlement européen, Magnus Brunner, c'est un Outriche qui partage le point de vue, l'analyse que j'ai pu vous développer il y a quelques instants. Le groupe de Calais, il sera chargé, justement, de préparer cette relation nouvelle entre l'Union européenne et puis le Royaume-Uni. Mais le bras de fer, c'est assez simple, c'est qu'à un moment donné, et je sais que c'est la position de Xavier Bertrand et d'autres, mais si les choses ne progressent pas, eh bien, on dénoncera les accords du Touquet. Les choses sont claires.

Où il y a de part et d'autre une volonté d'avancer et une volonté de trouver un juste équilibre. Je ne doute pas que cet accord soit possible. À ce moment-là, il y aura un accord plus général avec deux voies, si j'ose dire. Une voie d'admission légale parce que le problème, c'est que depuis le Brexit, le Brexit a détruit toutes les relations migratoires que nous avions avec l'outre-manche, y compris les admissions légales. D'accord ?

Donc, l'idée de cet accord UE-UK, c'est qu'on ait une voie d'admission légale avec des critères en termes économiques, de regroupement familial, de public vulnérable, je pense aux mineurs, vers l'Angleterre, mais qu'il y ait aussi des réadmissions pour dissuader ces réadmissions. Il est hors de question que la France porte le poids de ces réadmissions. En clair, ça doit être partagé avec nos voisins, l'Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, parce que, comme je vous disais tout à l'heure, les migrants viennent de ces frontières-là. Donc, bien sûr qu'il y a un bras de fer. Il y a un bras de fer puisqu'il y a des intérêts qui ne sont pas les mêmes.

Mais aujourd'hui, on le voit bien, la question principale, ce n'est pas le problème des accords du Touquet, fondamentalement. c'est qu'il y a un modèle économique, socio-économique anglais, qui est fondamentalement attractif. Ont-ils modifié leur législation ou font-ils appliquer la législation en matière de droit du travail ? Voilà. C'est ces questions-là qu'on doit remettre à plat.

27:21
Invité

Et vous ne pouvez pas influer sur le modèle socio-économique ou l'attractivité d'outrement ?

27:27
Bruno Retailleau

Non, mais on peut faire plus ou moins d'efforts sur cette fameuse sous-traitance du gardiennage de la frontière. Vous voyez ? Et ça, c'est un levier qui a sa force, je le pense.

27:40
Invité

Monsieur le ministre, l'idée, ce serait finalement d'aller dans les voies légales d'immigration ?

27:45
Bruno Retailleau

Mais, écoutez, est-ce que vous avez à peu près 71, 71 %, je pense, qui passent et... Pardon ? Qui sont admis. Ils sont admis. Mais tous ceux qui passent sont admis. François Maudet. Tous ceux qui passent sont admis. Ça veut dire que s'ils ne reviennent pas, ça veut dire qu'il y a une admission. Donc, plutôt que les uns et les autres meurent, je dis, aux Britanniques, créant dans un nouveau cadre réfléchi avec des critères, ils ont leur souveraineté, ça je la respecte. Je demande la même chose pour nous la France en matière migratoire. Mais créons une voie d'admission légale. Non, mais l'admission... Ça peut être... Non, si c'est une admission légale, là, ce n'est pas le problème.

Il peut y avoir plusieurs voies physiques, si j'ose dire. Je vous rappelle que voilà, il y a l'avion, il y a le train, il y a la mer. Après, ce n'est pas le problème du moyen terrestre, aérien ou maritime. C'est le problème du cadre juridique. Et c'est ça, c'est ce qu'il faut qu'on pose. Tant qu'on reste dans le cadre dans lequel on se débat, on va améliorer la situation. On va faire énormément d'efforts, je l'ai dit, je me suis engagé, parce que c'est du court terme, ça. Natacha Bouchard, Stéphane et les maires qui sont derrière moi, ils ne supporteraient pas que je leur dise simplement pas de problème, on va changer, on va tout changer, demain, on reste gratis. Non.

Donc, on agit maintenant et on agit précisément sur ces trois paquets, mais ça ne nous empêche pas aussi d'avoir le sens, la perspective et de ce qu'il faut vraiment pour nos deux pays. Et je crois que le Royaume-Uni peut aussi être gagnant, puisque encore une fois, il y a besoin de main d'oeuvre, il y a un certain nombre de besoins et il y a des réunifications familiales, on le sait bien. C'est ce qui attire aussi les mineurs et d'autres.

29:47
Invité

Les élus réclamaient aussi la création de l'accueil humanitaire éloigné de la côte. C'est quand même si vous voulez.

29:55
Bruno Retailleau

Ah non, mais on a un dispositif, j'ai visité ce matin, l'État fait beaucoup, beaucoup pour nourrir, pour héberger et il y a des centres d'hébergement, il y a 145 places, on en parlait, il est hors de question de recréer un point de fixation. Enfin, pas recréer, attendez, ça, ça signifierait qu'on recrée sur un point du territoire, peu importe qu'il soit tout près de la mer ou un peu plus éloigné de la mer. Ce serait catastrophique, ce serait un formidable retour en arrière. Là, très franchement, je le dis comme je le pense, ça n'exclut pas tous les efforts de l'État, il y en a pour 20 millions d'euros, tous les efforts que l'État fait actuellement en termes de nourriture, en termes de soins.

Et quand je dis 20 millions, je ne comprends même pas les soins à l'hôpital. En termes d'hébergement, voilà. Mais il est hors de question de créer à nouveau un appel d'air en disant voilà, on va faire un campement, ça, non.

30:57
Invité

Mais c'est visiblement insuffisant puisque, encore une fois, les mères continuent de réclamer un meilleur accueil humanitaire de tous ces migrants qui sont sur la côte.

31:03
Bruno Retailleau

cette dimension humaine de dignité, l'État la prend en compte. Mais ne comptez pas sur moi pour encourager des formules qui développeraient l'attractivité et qui renforceraient le problème. Vous savez, je me méfie, moi, d'une fausse générosité qui conduit au laxisme et qui conduit à aggraver les problèmes. Moi, ce que je veux, c'est qu'on règle au fond cette question-là pour que demain, il n'y ait pas à nouveau de plus en plus de noyés. C'est ça. Voilà.

31:37
Invité

Il y a de plus en plus de noyés. Mais c'est bien. Et pourtant, il y a toujours eu ce discours de fermeté. Vos prédécesseurs sont venus dans la région et ont parlé de fermeté aussi. Ils ont développé des moyens. Ça n'a jamais fait baisser la mortalité. Elle augmente plutôt dans les traversées.

31:54
Bruno Retailleau

Mais c'est bien parce que j'ai compte d'abord les moyens que je vais mettre à disposition dont l'histoire n'a pas eu beaucoup à ce niveau-là. Ensuite, c'est bien parce que ce que vous me dites, c'est exactement ce que je vous dis. Je suis en train de vous dire que si on ne sort pas du modèle actuel, c'est mort. On n'y arrivera pas. On n'y arrivera pas. Donc, voilà, il faut bouger. Il faut changer la donne. Moi, je vais essayer de changer la donne. Je ne suis pas en train de vous dire que j'ai une baguette magique et demain, tout sera résolu. Certainement pas. simplement, je vois la perspective et je vois la route, le chemin qu'on doit prendre si on veut vraiment changer les choses.

32:35
Invité

une dernière question parce qu'après, il va vraiment falloir son grand chef. Vous évoquiez l'attractivité de la Grande-Bretagne. Il y a un autre phénomène, une autre cause qui amène les gens aussi à la frontière britannique. C'est la procédure du Blanc. C'est la seule issue pour certaines personnes qui ont déposé l'asile et qui reste l'anguette pour ces gens. Non,

32:56
Bruno Retailleau

c'est franchement, c'est une question un peu technique. Très franchement, cette question, elle est totalement dépassée. C'est pas du Blanc, respect ou non, qui améliorera quoi que ce soit. On est déjà sous des procédures du Blanc. Les choses sont en train de changer d'ailleurs du point de vue de la législation européenne. Très franchement, ça n'est pas la voie de recours. Ça, c'est une fausse bonne idée.

33:23
Invité

C'est une petite proposition notamment des Vélus ?

33:25
Bruno Retailleau

Oui, bien sûr. Bien sûr, bien sûr. J'ai moi le recul, notamment européen, et je vois bien ce qui se passe puisque quand je rencontre mes collègues, ministres d'Intérieur des différents États membres. Je voudrais peut-être que, pardon, je sais que je dois aller à Boulogne, j'aimerais que peut-être Xavier ou Natacha puissent s'exprimer. Natacha ou... Natacha, puis Xavier après. peut-être que vous, je ne sais pas. Non,

33:50
Invité

je pense qu'on va faire si c'est un micro tendu. Oui, c'est un micro tendu.

33:58
Bruno Retailleau

Bon, ce que je vous propose, c'est qu'ils feront un micro tendu. Alors, attends, tu veux ? Ah, la police, j'ai oublié, bien sûr. J'ai oublié un des engagements, j'ai oublié un des engagements puisque les transports, la police des transports, sécurisation des transports, on aura là aussi un certain nombre de points. On aura 26 effectifs qui vont être dédiés à la police des transports. Voilà, la police des transports, ça fait partie du premier paquet. C'est une petite ligne que j'avais oubliée, mais Natacha, elle ne l'a pas oubliée. Et comment,

34:36
Invité

le ministre, pas que les transports ferroviaires.

34:38
Bruno Retailleau

Non, train et bus. Non, train et bus. Les deux. Les deux. Les deux. Natacha. Au nom du collectif,

34:58
Présentateur

je tenais à remercier le ministre de l'Intérieur d'être arrivé déjà hier en fin de soirée pour diagnostiquer et partager en fait notre vécu à nous élus, habitants, forces de l'ordre et de sécurité et pouvoir aussi avoir les témoignages des différentes personnes impliquées dans la partie aussi humanitaire, mais aussi, voilà, les difficultés dans lesquelles nous exerçons en fait nos mandats. et si aujourd'hui, il y a un appel collectif des maires du littoral, c'est parce que, très clairement, nos habitants sont dans un seuil d'insupportabilité et que nous sommes en fin effectivement du cycle et qu'il faut pouvoir améliorer la situation.

rapporté à ce qui a été proposé par le collectif, plusieurs mesures ont été validées directement ou indirectement. Alors, on pense au préfet à l'immigration qui est en fait le préfet des sécurités donc qui pourra et défense qui sera donc notre interlocuteur à côté bien sûr de nos préfets d'arrondissement mais qui permettra quand même d'avoir une vision très complémentaire puisque nous sommes en fait sur quatre arrondissements.

Ensuite, la police des transports est pour nous un élément essentiel pour rassurer l'ensemble des habitants qui utilisent nos transports donc auprès de la région auprès donc des différentes compagnies en fonction des collectivités donc ça c'était un point vraiment déterminant pour nous des renforts de sécurité qui sont annoncés des forces de l'ordre supplémentaire donc au niveau des commissariats de la PAF mais aussi des investigations pour la lutte contre les passeurs ces gens sont là en fait pour faire de l'économie de la traite humaine les emmènent à la mort et font aussi créer un climat d'économie parallèle que nous voulons éradiquer sur nos territoires parce que nous en avons assez qu'on utilise en fait nos territoires comme ce terrain de jeu de traite humaine pour les emmener en fait se noyer actuellement il faut 7 minutes pour être en hypothermie et donc engager les pronostics vitaux de ces pauvres gens pour autant pour pouvoir affronter ces difficultés il faut effectivement que ça puisse passer par des mesures d'éloignement mesures d'éloignement de la bande littorale en les termes du ministre le rétablissement du délit de séjour irrégulier qui permet effectivement à pouvoir donner aux forces de l'ordre d'investigation des moyens pour lutter contre ces passeurs et ces filières diverses et variées qui vivent en fait de cette de cette traite humaine et donc dans l'immédiateté c'est vrai que ces mesures nous permettent d'avoir en soi dans notre quotidien déjà une réponse et on pourra suivre avec le collectif quelles sont les évolutions concrètes et la façon en fait dont sont déployés et dont les résultats peuvent et pourraient déjà être constatés le volet bien évidemment c'est comme quand on soigne une maladie si on n'en soigne pas la cause voilà on a du mal à guérir c'est et elle vient essentiellement en fait du dispositif qui est mis en place par les britanniques et qui nous contraigne à devoir subir pour eux depuis tant d'années et bien la régulation hypocrite en fait de leur immigration alors que moi je vous mets au défi de façon nationale voire internationale à nous dire quel est le migrant qui est revenu par voie légale britannique de retour en France zéro zéro et donc je suis même incapable au moment où je vous parle de vous dire combien sont passés depuis 30 ans quel est le nombre de migrants qui sont passés par Calais ou par Sangatte à l'époque et qui sont revenus aucun donc ils ont tous été légalisés donc à partir de là c'est vrai qu'on est en droit de se dire on veut remettre en cause les accords du Touquet pourquoi parce que c'est un c'est un moyen de fortement de pas de chantage mais c'est un vrai bras de fer que nous demandons aujourd'hui au ministre de l'Intérieur de ne pas céder de ne pas céder sur des points qui permettraient simplement au gouvernement britannique à évidemment réaligner un certain financement conséquent mais qu'il soit impérativement accompagné de mesures très concrètes qui puissent en fait nous donner aussi l'espoir à pouvoir réduire en fait le nombre de personnes migrantes et le flux en fait migratoire qui augmente par cet appel d'air essentiellement britannique donc sur l'essentiel c'est vrai des propositions qui ont été faites en l'état si toutes les propositions qui nous ont été faites aujourd'hui en réponse à nos sollicitations sont suivies des faits ce sera le déplacement le plus positif que le territoire et que nos habitants pourront en fait avoir comme bénéfice au niveau du littoral et je passerai la parole au président de la région puisque en ce sens c'est lui en fait qui aura à répondre de la façon dont il le souhaite dans un instant

42:27
Bruno Retailleau

merci Natacha merci et puis merci aux maires qui m'ont accompagné j'ai été vous n'étiez pas là malheureusement mais ils ont ils ont donné des témoignages où chaque nuit ils se réveillent et oui parfois il faut aller constater des morts etc et c'est eux qui sont en première c'est aussi pour eux qu'on fait ça et pour la population Xavier

42:52
Invité

juste quelques mots je connais bien Bruno Retailleau c'est quelqu'un qui veut faire et qui va faire il va mettre en oeuvre ce qu'il a dit j'en suis convaincu tout ça va nous permettre de traiter les conséquences de cette crise migratoire mais le vrai sujet le sujet de fond et je souhaite qu'il ait le soutien de l'ensemble du gouvernement c'est d'engager le bras de fer avec les britanniques c'est de gagner ce bras de fer avec les britanniques de le gagner et pour cela vous connaissez ma position il faut être prêt à dénoncer les accords du Touquet pour obliger les britanniques à se mettre autour de la table et à obtenir ce que nous attendons depuis des années la question a été posée tout à l'heure sur la responsabilité des noyés qui est-ce qui a posé cette question un tableau d'anglais parce qu'il y en a marre de l'hypocrisie des britanniques il y en a marre les responsables de ces drames ce sont les passeurs et ce sont les britanniques et tout le monde le sait et la seule façon de régler ce problème c'est effectivement de tordre le bras aux autorités britanniques les gouvernements succèdent c'est toujours la même logique ils prennent un maximum de migrants ils les font travailler ils les payent avec un lance-pierre et ça les arrange bien parce que ça contribue à la compétitivité de leur économie voilà pourquoi au final ils passent comme l'a dit Natacha ils ne reviennent pas et vous avez des dizaines de morts il y en aurait un que ce serait déjà trop mais les patrons britanniques qui les embauchent ces migrants illégaux ils arrivent à dormir ils arrivent à dormir avec ces morts sur la conscience parce que c'est ça la réalité et nous on se fait engueuler par les tabloïds parce qu'on garderait pas assez bien la frontière britannique pour leur compte ici en France alors ça commence à bien faire le ministre a raison d'engager ce que nous devons faire pour traiter les conséquences il a raison de venir avec la ministre britannique mais si nous voulons vraiment régler le problème on ne peut pas continuer comme ça qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ?

ah les britanniques nous font un chèque ah oui ils règlent une partie vous savez ce qu'ils règlent ? à peine la moitié de ce que ça nous coûte aujourd'hui on est dans une équation budgétaire des plus difficiles qui soient il y a près de 500 millions d'euros qui manquent au compteur de ce que nous doivent les britanniques avec les accords 500 millions d'euros et quand il y a 20 millions d'euros que paye l'état pour assurer la prise en compte humanitaire parce qu'effectivement Bruno Retailleu a raison de le dire il y a aussi aujourd'hui une logique d'humanité dans l'action qui est la nôtre 20 millions d'euros c'est à la France de les payer ?

non c'est aux britanniques de les payer et quand on pleure pour avoir du matériel nouveau les procédures du côté britannique sont tellement longues qu'il nous faut parfois attendre des années pour que ce soit réglé à la France

45:36
Locuteur

de la France de la France de la France