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InterviewRadio J — L'interview politique· 10 octobre 2024 12 minComplaisantActualité / polémiqueImmigration & asileInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & famille

Caroline Yadan - Le Barbier du matin du 10/10/24

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 5 %Attaque 70 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:09OuverteRéponse directe

    Comment avez-vous traversé ces quelques jours de commémoration ?

  • 2:19OuverteRéponse directe

    Quel message est sorti de vos rencontres avec les diplomates et politiques israéliens ?

  • 3:46OuverteRéponse directe

    Que fallait-il faire le 7 octobre dans les écoles ? Quelle est votre position ?

  • 5:04OuverteRéponse directe

    Les déclarations du président de la République appelant à cesser de livrer des armes à Israël vous ont valu de la colère. Pourquoi ?

  • 7:53OuverteRéponse partielle

    Qu'est-ce qui se passe au niveau de l'Élysée ? Pourquoi ces positions du président ?

  • 8:45OuverteRéponse directe

    Jean-Noël Barraud a parlé de provocation après les déclarations de Netanyahou. Vous comprenez ce bras de fer diplomatique ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:26Invité politiqueFait
    « les Français qui habitent en Israël font partie de la circonscription qui est la mienne »
  • 1:41Invité politiqueFait
    « le peuple juif n'a jamais connu depuis la Shoah »
  • 1:59Invité politiqueFait
    « le désir d'extermination, le désir de s'en prendre à un peuple pour ce qu'il est, et de le rayer de la carte »
  • 2:54Invité politiqueFait
    « elle s'est heurtée pendant plus de trois mois à un silence total »
  • 6:04Invité politiqueFait
    « La guerre d'Israël est contre Khamény et la République islamique d'Iran ne part pas contre le peuple iranien »
  • 10:38Invité politiqueFait
    « LFI est devenu le premier parti antisémite de France »
  • 10:43Invité politiqueFait
    « LFI fait l'apologie du terrorisme et se sert de cette cause palestinienne, non pas pour aider les Palestiniens en aucun cas, mais comme porte-étendard »

Temps de parole

  • Caroline Yadan86 %
  • Présentateur14 %

1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:07
Présentateur

Caroline Yadant, bonjour. Bonjour Christophe Barbier. Bienvenue, comment avez-vous traversé ces quelques jours de commémoration ?

0:13
Caroline Yadan

D'abord en allant en Israël, j'ai été sur place, je les ai traversées avec beaucoup d'émotion, évidemment, un an après, déjà, un an après, et j'ai absolument voulu me rendre aux côtés des Français d'Israël, puisque les Français qui habitent en Israël font partie de la circonscription qui est la mienne, pour leur dire à la fois mon soutien, ma solidarité. J'y suis allée avec une délégation de parlementaires européens qui venaient de l'ensemble de l'Europe, de l'Ukraine, en passant par l'Estonie, en passant par l'Allemagne, le Royaume-Uni. Donc, ça a été un moment extrêmement fort.

Nous nous sommes rendus sur les lieux de mémoire, nous nous sommes rendus au Festival de Nova, nous avons été dans le sud, nous avons rencontré des survivants, des survivants des massacres.

1:01
Présentateur

Des héros aussi, des gens qui ont sauvé le 7 octobre, des vies.

1:06
Caroline Yadan

Alors oui, nous avons rencontré une personne, notamment, qui était dans un kibbutz et qui a contribué à sauver des vies. Nous nous sommes rendus aussi au musée de la tolérance. Le musée de la tolérance, c'est un musée qui vient d'ouvrir à Tel Aviv, qui est un musée dédié, justement, à la tolérance, au dialogue, à la paix. Et en fait, il devait ouvrir juste avant le 7 octobre. Et il y a eu le 7 octobre. Et donc, ils viennent de mettre en place une exposition sur les 7 octobre. Et j'ai été extrêmement touchée par cette exposition. Pourquoi ? Parce qu'au-delà du devoir de mémoire, eh bien, ça touche quelque chose d'extrêmement profond que le peuple juif n'a jamais connu depuis la Shoah.

Et cette exposition-là fait penser, malheureusement, au musée de la Shoah, même si, évidemment, en termes de mode opératoire, ça n'est pas la même chose. Il n'en reste pas moins que le désir d'extermination, le désir de s'en prendre à un peuple pour ce qu'il est, et de le rayer de la carte, de rayer ce qu'il peut même représenter en Israël, mais au-delà d'Israël, eh bien, on l'a retrouvé dans ce musée. Donc, ça a été quelque chose d'extrêmement fort.

2:18
Présentateur

Les parlementaires que vous avez emmenés, vous avez aussi rencontré beaucoup de diplomates sur place, des diplomates étrangers, des diplomates israéliens, des politiques également, le président de la Knesset, je crois. Quel message est sorti de cela ?

2:29
Caroline Yadan

Alors, nous avons effectivement rencontré, alors, surtout, il y a eu le président de la Knesset, mais il y a eu aussi une députée de l'opposition qui s'occupe de l'enquête sur les femmes, en fait, sur les viols des femmes, et elle nous a livré un témoignage saisissant qui est de... Lorsqu'il a eu lieu le 7 octobre, elle a très vite prévenu les instances internationales des viols qui avaient été commis, des mutilations sur les femmes, et elle s'est heurtée pendant plus de trois mois à un silence total.

3:01
Présentateur

On ne voulait pas savoir.

3:02
Caroline Yadan

On ne voulait pas savoir, et après le silence sont venues les interrogations et les... Vous n'apportez pas de preuves à ce que vous avancez. Alors qu'il y avait des vidéos, alors qu'il y avait des témoignages, à n'en plus pouvoir, il y avait des photos, eh bien, elle s'est heurtée à cette volonté, à ce déni, et à cette volonté de ne pas savoir, de ne pas dire. Donc, ça a été extrêmement fort, puisqu'elle continue, à ce jour, à lutter pour que la vérité soit faite. C'est elle qui mène toutes les actions en justice, également les actions internationales.

Et puis, bien sûr, nous avons rencontré des officiels, et notamment le président de la Knesset, qui nous a expliqué la position d'Israël aujourd'hui.

3:46
Présentateur

Pendant ce voyage, en France, il y avait toute une série de polémiques. La première, chronologiquement, c'était sur les écoles. Que fallait-il faire le 7 octobre dans les écoles ? La ministre de l'Éducation avait annoncé une minute de silence. Elle avait confondu avec la cérémonie d'hommage à Samuel Paty. Quelle est votre position ? Qu'est-ce qu'on doit faire ? Qu'est-ce qu'on peut faire dans les écoles ?

4:01
Caroline Yadan

Alors, j'ai une confiance vraiment totale envers notre ministre de l'Éducation, notre nouvelle ministre de l'Éducation, Anne Geneté. Je sais à quel point elle n'a même pas besoin d'être convaincue par la nécessité absolue de lutter dans les écoles contre la haine, contre la haine des Juifs, notamment, et notamment depuis le 7 octobre. Mais ce n'est pas facile sur le terrain pour les enseignants. Ce n'est pas facile sur le terrain pour les enseignants. Les enseignants font un travail remarquable aussi, il faut le souligner. Ils essayent, avec les moyens, qui sont les leurs, de lutter contre cette haine.

Elle a pris, donc je parle du ministre de l'Éducation, elle a pris, sauf erreur aux missions de ma part, une circulaire récemment pour dire les choses et pour affirmer à quel point rien ne se leur a toléré en matière de haine des Juifs et notamment autour du 7 octobre. Donc, pour la suite, j'espère, mais je suis absolument persuadée qu'elle saura quoi faire.

5:04
Présentateur

Alors, l'autre polémique, bien sûr, ce sont les déclarations du président de la République appelant à cesser de livrer des armes à Israël. Déclaration du 5 octobre. Ça lui a valu d'entendre son nom siffler lors de la réunion magistralement réussie du CRIF lundi soir au Dôme. Vous avez témoigné de votre colère et de votre incompréhension à ce moment-là. Depuis le 5, vous avez pu en reparler au président ?

5:24
Caroline Yadan

Non, parce que j'étais en Israël et je suis revenue hier soir. Mais j'espère, j'espère vraiment avoir un entretien avec lui parce que je voudrais simplement lui expliquer certaines choses. Et vous voyez, juste en arrivant ce matin, je prenais la revue de presse et je voyais qu'il y a un journal israélien qui fait état d'une délégation de Libanais et d'Iraniens qui se sont rendus. Alors essentiellement, beaucoup d'Iraniens, je crois qu'il y avait une Libanaise que d'ailleurs on a aussi rencontré qui s'appelle Rawan Osman qui est allemande, syrienne et libanaise. Mais les Iraniens qui étaient dans cette délégation, je cite, disent la chose suivante.

La guerre d'Israël est contre Khamény et la République islamique d'Iran ne part pas contre le peuple iranien. Aucun iranien ne souhaite la guerre mais il semble que notre seul espoir de salut réside dans une intervention militaire d'Israël. Tout ça pour dire quoi ? Tout ça pour dire que, en fait, ça semble... Pourquoi j'ai parlé d'incompréhension ?

Parce que, pour le peuple israélien et pour les Français qui habitent en Israël, il semble inconcevable qu'on puisse mettre sur un même plan et c'est ce qu'on dit en réalité quand on dit qu'on ne va plus livrer d'armes à Israël, mettre sur un même plan une organisation terroriste et Israël qui se défend contre cet islamisme-là qui touche en France et qui est notre ennemi commun. Et parler de belligérants comme s'il s'agissait de deux belligérants équivalents, pour moi, oui, ça n'est pas compréhensible.

Pourquoi dire, d'un côté, on ne livre plus d'armes et pourquoi, dans ce cas-là, continuer à financer, en tout cas, que l'Union européenne continue à financer la construction des tunnels et bien une éducation à la haine ? C'est ce sur quoi il est impératif de se pencher, sans oublier, bien sûr, ces paroles-là ne nous font jamais oublier la tragédie qui se joue au niveau des populations civiles. Je l'ai dit, je le répète, une mère qui perd son enfant, quelle que soit sa nationalité, c'est une tragédie. Mais au-delà de ça, il faut s'interroger sur les intentionnalités et sur les responsabilités. Ce qu'il se passe aujourd'hui dans la région n'est pas né de nulle part.

Il est né du plus grand massacre antisémite de notre siècle qui n'a eu que pour objectif que de rayer Israël de la carte et que de détruire, d'exterminer le peuple juif.

7:53
Présentateur

Vous l'aviez déjà signifié au moment du salon Eurosatory dont Israël avait été banni. Qu'est-ce qui se passe au niveau de l'Elysée ? C'est la vieille diplomatie gaulliste, antisionniste qui est à l'œuvre. Pourquoi ces positions du président ?

8:06
Caroline Yadan

Écoutez, ça je ne sais pas. Il va falloir vraiment... Si vous avez l'occasion de lui demander, moi je l'ai dit aussi que je n'étais pas le porte-parole de l'Elysée. En revanche, ce qui m'intéresse, c'est la position de mon groupe. Ce qui m'intéresse, c'est la position du président aussi de mon groupe parlementaire. Et sur ce point, le communiqué de Renaissance, le récent communiqué de Renaissance et le récent, j'allais dire communiqué, mais tweet de Gabriel Attal, soutiennent de manière absolue Israël et reviennent sur ce qu'il s'est passé le 7 octobre sans aucune circonvolution et sans aucune réserve. Et ça, aujourd'hui, c'est ce qui m'intéresse.

8:45
Présentateur

Alors Jean-Noël Barraud, le ministre de l'Affaires étrangères, était sur place aussi ces derniers jours. Quand Benjamin Netanyahou a averti le Liban, vous pourrez subir ce que subit Gaza si vous n'étachez pas du Hezbollah. Jean-Noël Barraud a parlé de provocation. Vous comprenez ce bras de fer entre diplomatie ?

9:01
Caroline Yadan

Alors je comprends que les paroles de Benjamin Netanyahou n'étaient pas très à droite, c'est clair. L'idée, ce n'est pas de faire un maximum, évidemment, de victimes dans la population civile, mais l'idée, pour moi, la France, en fait, doit, si elle veut vraiment avoir un rôle dans la région, il faut qu'elle aide Israël à lutter contre le Hezbollah, à lutter contre les proxys iraniens, parce que c'est nos ennemis, en fait. Ce sont nos ennemis communs. Israël est l'avant-garde, en fait. Mais bien sûr, il faut que la France aide le gouvernement libanais à reprendre possession de son territoire. L'Iran, le Hezbollah, veut faire de l'Iran une province de Liban, une province de l'Iran.

Donc c'est quelque chose qui est affiché, c'est même dans l'ensemble de ces déclarations-là, donc ne s'attacher qu'au bombardement, à mon sens, ce n'est évidemment pas suffisant. Regardez les scènes de liesse qu'il y a eues, on n'en a pas assez parlé, mais les scènes de liesse au Liban, les scènes de liesse en Iran, à la mort de Nasrallah.

10:12
Présentateur

Dernière polémique de cette semaine, l'initiative de Jean-Luc Mélenchon, qui a dit dès le 8 octobre, il ne faut pas voiser partout, notamment dans les universités, aux couleurs du drapeau palestinien. Que cherche-t-il ?

10:22
Caroline Yadan

Vous savez, on est face à une haine des Juifs qui se perçoit d'être, elle-même, d'être un exercice de tolérance. On est aujourd'hui face à une haine des Juifs avec LFI, avec Mélenchon, qui est sans nul autre pareil depuis la Seconde Guerre mondiale. LFI est devenu le premier parti antisémite de France. LFI fait l'apologie du terrorisme et se sert de cette cause palestinienne, non pas pour aider les Palestiniens en aucun cas, mais comme porte-étendard, comme outil d'une haine pour provoquer le chaos et pour provoquer la révolution dont rêve Jean-Luc Mélenchon.

Et le souci, c'est que, à force, et comme Annabelle l'a dit tout à l'heure, à force de répéter des mensonges, ça s'ancre dans les esprits, et notamment dans les esprits de notre jeunesse qui n'a plus de recul sur la situation. Et ça fait un mal fou, mais on doit continuer à lutter pied à pied contre cette haine-là, provoquée aussi par LFI, qui porte une lourde responsabilité sur toutes les agressions des Juifs en France.

11:27
Présentateur

Vous faites confiance dans la gauche sociale-démocrate qui se réveille, Glucksmann, Hollande, pour se détacher de cette haine que portaient les filles ?

11:34
Caroline Yadan

Mais j'attends qu'ils s'en détachent officiellement de manière définitive. C'est que des mots pour l'instant. Mais bien sûr, mais on les a entendus avant les dernières élections législatives. Ils se détachaient aussi des propos. Mais j'attends un acte fort. Et vraiment, j'allais dire que c'est le nœud du problème. Pourquoi aujourd'hui, il y a un problème de haine des Juifs en France qui se développe ? Parce que cette haine de Juifs est banalisée par LFI et encore plus banalisée par l'alliance contre nature du PS vis-à-vis de LFI, ce que n'a pas fait le LR. Les LR ont refusé d'aller vers Ciotti, ont refusé d'aller vers le RN. Et le PS contre nature rejoint Jules Guette plutôt que Jean Jaurès.

Et ça, c'est une vraie difficulté. Donc, j'attends vraiment un acte fort de Hollande et de Glucksmann et de leurs amis.

12:21
Présentateur

Caroline Yadon, merci et bonne journée.

12:22
Caroline Yadan

Merci, Christophe. Merci beaucoup, Christophe. On vous retrouve demain. Votre invité sera le journaliste Guillaume Durand. Sous-titrage Société Radio-Canada