Sébastien Lecornu menace d’une dissolution en cas de censure : chiche ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 50 %Défensif 40 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 58 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:30OuverteRéponse partielle
Est-ce que dans les milieux politiques on l'a vu venir ?
- 1:30OuverteRéponse directe
Est-ce que vous aviez vu venir cette sortie de Sébastien Lecornu ?
- 3:00OuverteÉludée
Est-ce que vous auditeurs, qu'est-ce qu'on dit à Sébastien Lecornu ? Chiche ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Est-ce que dans le paysage politique actuel, il y a des forces vives qui auraient intérêt à cette dissolution ?
- 7:30RelanceRéponse directe
Est-ce que la dissolution permettrait aux partis traditionnels de rebondir ?
- 10:00OuverteÉludée
Est-ce que vous lui diriez 'Allons-y, actons la dissolution' ou au contraire de la stabilité ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:30François CoqueFait
« Le Premier ministre n'a pas la prérogative pour dissoudre l'Assemblée nationale. Celle-ci est du ressort du chef de l'État. »
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
La question est simple. Vous avez vous l'avez peut-être vu avec cette histoire de Mercosour. Beaucoup de membres de l'opposition ont commencé à dire "Ah oui, mais si on fait ça, c'est très très simple.
En réalité, ce qu'on va faire, c'est que nous au niveau du parlement, au niveau de l'Assemblée nationale, on va déposer des motions de censure. Le Premier ministre, qui n'a visiblement pas l'habitude de se laisser faire a dit "Ben c'est très simple, moi j'ai un autre bouton, moi aussi je suis capable de montrer mes muscles et ce que je vais faire c'est que si jamais il y a une notion de censure de mon côté, j'adapterai la méthode dissolution totale." C'est ce qu'on appelle le bouton nucléaire en politique.
Est-ce que selon le mot du premier ministre, dissolution en cas de censure, on lui dit ce matin au premier ministre "Ciche", qu'est-ce que vous en pensez ? Oui, monsieur le Premier ministre. Appuyez sur le bouton de la dissolution.
On n peut plus, on veut de nouvelles élections. Ou au contraire, une grande respiration. On en a marre des députés, des éternels débats, de l'absence de budget.
Un peu de stabilité s'il vous plaît. Qu'est-ce que vous en pensez ? Sud votre radio 0826 300300.
Et bonjour Lucas Planverge. Bonjour Maxime. Bonjour à tous.
Journaliste au JDD. Merci d'être avec nous ce matin. Bonjour François Coqu.
Bonjour à tous. analyste politique, essayiste et enseignant. D'abord, première question, la menace de Sébastien Lecornu.
Est-ce que dans les milieux politiques, mon cher Lucas Planaverne, vous qui travaillez dans cet édomadaire du dimanche qui est le JDD, est-ce que on l'a vu venir ? Est-ce que c'était une hypothèse crédible ou ça a vraiment été un argument qu'on a brandi pour vraiment entamer un bras de fer avec les oppositions ? D'abord euh pour ceux qui les réclament sans cesse, j'ai envie de dire euh ça y est, c'est le retour du député maire.
Hm. Parce que s'il y avait effectivement une dissolution, donc euh ça a déjà été dit, il y aurait une élection euh conjointe des municipales et des législatives. Dans le fond, euh cette menace, euh elle vise très clairement les socialistes et les Républicains, pas évidemment le RN et la France insoumise.
C'est une manière de dire au PS et à LR, si vous nous faites tomber, on vous entraîne de notre chute. H pourquoi ? parce que on sait très bien que ce sont ces deux parties là qui qui détiennent le plus de communes en France, que en cas de double scrutin, ce serait une manière de nationaliser, j'ai envie de dire, les municipales et de ne plus faire que les électeurs votent sur des sujets locaux et des bilans locaux.
Et euh en plus ça met LR et le PS euh ça les ça les prend en étu parce que si ils ont tous les deux plus ou moins soutenu le gouvernement dans les dernières semaines. Donc forcément ils vont être accusés d'être la béquille du macronisme s'il ne veent pas la censure euh LFI et le Rassemblement national pourront faire campagne au municipal en disant que ce sont les laquets de la Macronie. Donc effectivement c'est une menace qui peut fonctionner pour pour Macron et Sébastien Lecornu.
On verra ce que ce que ça va ce que ça va donner. François Coque, est-ce que vous aussi vous aviez vu venir cette sortie en tout cas de Sébastien Lecnu, cette tout d'un coup cette prise de testostérone comme on dit ? Bon, cette sortie de Sébastien Lecornu, on doit surtout se rendre compte que monsieur Lecornu agite le le chiffon rouge mais que tout cela ne sont jamais que des fadaises.
Enfin, j'en veux pour preuve si vous le voulez bien, la forme même de cette annonce, il ne vous a pas échappé que monsieur le Premier ministre n'a pas la prérogative pour dissoudre l'Assemblée nationale. Celle-ci est du ressort du chef de l'État. Et donc si le premier ministre vient comme ça dire que il se prépare à une dissolution, il les termes ont fuité volontairement.
C'est le premier ministre qui parle lui-même de de dissolution. Exactement. Exact.
Vous avez raison, on précise, il a été, on va dire, savamment organisé que Sébastien Lecnu a demandé à Laurent Nunes, ministre de l'intérieur, de se préparer à de nouvelles élections au moment des municipales parce que la volonté ce serait de dissoudre pour avoir une double élection municipale et législative. Mais vous comprenez bien que un premier ministre d'expérience comme euh monsieur Lecornu, d'expérience pas tant en tant que premier ministre mais en tant que responsable politique puisqu'il est ministre de monsieur Macron depuis 2017, un responsable d'expérience comme monsieur le Cornu ne se trompe pas sur les termes euh comme cela. Donc s'il parle lui-même de de dissolution, c'est qu'il est dans une opération de communication.
Il n'empièterait pas il n'empièterait pas sur les prérogatives du chef de l'État si c'était autre chose. Et donc que veut-il faire ? qui veut remettre au pas l'ensemble du parlement.
Non pas tant du fait des motions de censure qui ont été déposées par la France insoumise et par le Rassemblement national mais parce que monsieur le Cornu se en difficulté sur le budget comme par comme toujours. Voilà, c'est c'est la Martin Galade juste une véritable opération. Moi j'aimerais aussi qu'on on se pose à cette question et votre avis personnel à tous les deux, c'est celle aussi que je pose au 0826 300300.
Est-ce que vous auditeur qu'est-ce qu'on dit à Sébastien Lecnu ? Chich. Oui, allez-y, on balance la dissolution.
On en peut plus du macronisme faisant de véritables élections comme ce qui s'est passé il y a il y a près d'un an et demi maintenant ou au contraire est-ce que on prône la fameuse stabilité puisqueaprès tout économiquement, culturellement, chacun professionnellement, on voit à quel point le contexte économique est difficile. Donc on a besoin de stabilité du Caplan. Est-ce que pour vous une dissolution selon l'état démocratique du pays est souhaitable ?
Alors je suis d'accord avec ce qui vient d'être dit, c'est-à-dire que c'est évidemment une opération de communication parce que sur le timing, on comprend pas. Ça fait des mois qu'on aurait pu dissoudre et ça n'a pas été le cas au nom justement de cette prétendue stabilité. On a eu des débats budgétaires qui se sont éternisé.
On a eu une crise institutionnelle et politique qui s'est éternisée également. Donc on voit mal pourquoi là ce serait euh effectivement une volonté démocratique de la part du Premier ministre et du président de la République euh de dissoudre. Donc moi, je fais partie de ceux qui depuis le début de toute cette crise dit que la dissolution est souhaitable.
Pourquoi ? parce qu'on a une assemblée complètement disparate, que rien n'avance dans le pays et que dans ces moments-là à mon sens, c'est au peuple de tranché. Maintenant, encore une fois, la question du timing est très importante.
Mélanger deux élections de façon très inédite dans ce sens, je ne sais pas si c'est la meilleure manière pour que tous les Français comprennent les enjeux aussi bien locaux et et nationaux que ça je ne sais pas si c'est une manière également de redonner confiance et de redonner de l'intérêt aux Français dans la classe politique. François Coque, je crois que vous avez raison d'évoquer la question du timing, c'est-à-dire que après 2024, si on en fait une question de principe démocratique, monsieur Macron aurait pu acter que la démocratie minoritaire n'est pas quelque chose de viable. On a vu dans tous les pays autour de autour de nous, là où les gouvernements ne sont pas assis sur une majorité parlementaire, ça ne fonctionne pas.
Donc, il aurait fallu dissoudre à ce moment-là, il ne l'a pas fait. S'il avait voulu du retrouver du temps politique utile, il aurait pratiqué la dissolution pendant l'année 2025. h il ne l'a pas fait non plus. s'il propose de le faire euh maintenant euh au mois de de mars 2026, il le proposait réellement, ça voudrait dire qu'il sait que finalement la séquence est terminée, qu'il a réussi à geler la scène politique suffisamment longtemps parce qu'il y a pas simplement deux élections qui se percuteraient en mars.
Il y aurait bien sûr les municipales et les législatives, mais il y aurait aussi l'élection présidentielle parce que tout le monde sait bien que le lendemain de l'élection le lendemain de de l'élection municipale, c'est la campagne pour la présidentielle qui commence et on sait très bien que dans ce cadre làà le gouvernement ou un nouvel nouveau gouvernement qui serait élu aurait très honnêtement les mains liées par la campagne qui serait en train d'être mise en œuvre. Ce qui serait d'ailleurs plutôt logique parce que j'espère bien que dans cette campagne présidentielle, les grands choix vont être soumis au aux Français pour qu'ils puissent enfin les trancher. Ce serait mieux. 0826 300 300.
Est-ce que selon vous le premier ministre, est-ce que si vous l'aviez devant vous par exemple, vous vous lui diriez "Mais allons-y, monsieur le Premier ministre, actons la dissolution pour qu'on retourne aux urnes ou au contraire un petit peu de respiration, un petit peu de maturité. On va pas se mettre aussi à dissoudre le pays à peu près tous les tous les 2 ans, sinon on va on ne va jamais s'en sortir. Lucas Planaverg, est-ce que dans on va dire le paysage politique actuel, il y a des forces vives qui auraient forcément intérêt à ce que cette dissolution intervienne très rapidement ?
Après, je vais je vais pas me projeter sur les potentiels résultats de ces potentielles élections, mais effectivement, il paraît assez euh assez évident que pour la France insoumise et pour le Rassemblement national, il y a plus d'intérêt que pour le Parti socialiste et pour les Républicains. Plus largement, je pense que c'est aussi une menace adressée à tous les parlementaires. Je me souviens très bien comment lors des précédentes menaces de dissolution sur sur le cas du budget, un député d'un groupe très respecté à l'Assemblée nationale me disait en toute honnêteté comment il ne votait pas la censure parce qu'il ne voulait pas perdre son siège.
Et ça c'est un ressort qui malheureusement compte beaucoup pour de nombreux parlementaires. Donc ça Sébastien Lecnu le sait très bien, Emmanuel Macron le sait très bien également et il s'agit de jouer là-dessus. Maintenant, il y a un point sur lequel on ne s'est pas arrêté également, c'est euh le le la galère logistique, si je puis dire, de ces potentielles doubles élections.
Parce que pour les services de l'État, organiser deux élections différentes dans un six petit lapse de temps avec des modalités différentes, ça ça va quand même relever d'une réelle gagure. Hm. François Coque, vous avez raison sur ce dernier point.
L'élection municipale est l'une des dernières élections pour laquelle les Français ont réellement de la pétence. C'està-dire qu'ils y voient du sens, il donnent du sens à la au choix de la personne qui va diriger leur leur commune. Là, faire percuter cela par l'élection législative, je pense que ça mettrait beaucoup de beaucoup de bazar et finalement ça minorerait la dimension de l'élection municipale.
Mais je je j'évoque quand même un point. On sait que on a appris par un travail de de l'un de vos confrères que monsieur Macron avait le dessin en 2024 lorsqu'il a pratiqué la dissolution la dernière fois de se dire bah finalement si c'est le Rassemblement national qui est élu, ça peut être un bon pari parce que ils vont se décrédibiliser par l'exercice du pouvoir avant la prochaine élection présidentielle. On n'est pas à l'abri que monsieur Macron soit à nouveau en train de faire un tel paris.
Sauf que ça ferait quand même une drôle de fin de mandat pour monsieur Macron. Vous avez vu ces derniers jours qu'il est totalement isolé sur la scène internationale, y compris même sur la scène européenne au point que euh il s'est fait mettre en en minorité sur la question du Mercosour et là il se retrouverait finalement euh mis au rencart à la fin même de son mandat. Et si je j'essaie de me faire euh avec vous l'avocat du diable ce matin, non pas que ce soit la position la plus agréable, mais est-ce qu'on peut ne pas se dire que la dissolution permettrait aussi d'avoir vu, y compris pour des partis peut-être comme LR et des partis comme le Parti socialiste, de voir que ces dernières semaines, ben ils ont eu quelques victoires.
Peut-être que beaucoup de Français se disent "Bah attendez, certes, mais au bout d'un moment, le crépage de Chignon entre partis politiques, les grandes indignations en plateau pour après aller se taper dans le dos à la buvette de l'Assemblée nationale, c'est quand même un peu mieux quand ça permet petit à petit de faire avancer le budget." C'est ce qui s'est passé parfois avec le Parti socialiste. C'est ce qui s'est aussi passé parfois du côté des Républicains.
Est-ce qu'on est si sûr que ça que pour que les partis dit traditionnels se prennent une raclée ? Est-ce que c'est certain à ce point ? À l'approche d'une élection, je pense que le l'argument de de la stabilité et de la responsabilité ne fonctionnera pas.
Le Parti socialiste effectivement a beaucoup fonfaronné ces derniers mois notamment pour sa petite victoire si je puis dire sur la réforme des retraites. Mais les débats budgétaires finalement n'ont pas avancé. Ça a abouti à une loi spéciale.
Finalement on n' pas eu de consensus sur le budget. Donc je vois pas comment là maintenant avec cette menace là ce sera possible et je vois pas comment le Parti socialiste et les Républicains pourraient s'en tirer confortablement dans une telle séquence. Le le paris de la responsabilité François Cooc, vous n'y croyez pas non plus.
Je ne crois pas tant au rebond possible des anciens grands partis que au fait que monsieur Macron pourrait par contre potentiellement miser sur le fait que ces partis seraient à nouveau tellement affaiblis qu'il seraiit contraint d'accepter une forme de gouvernement ou de gouvernance serais-je tenté de dire nationale de coalition qu'on appelle grand chapitau dans les dans dans les autres pays c'est-à-dire le mariage de la carpe et du lapin quelque chose qui est totalement hétérogène d'un point de vue idéologique et qui lui permettrait de tenir jusqu'à la de son mandat. Mais et ce qui ce qui est marrant, c'est qu'on va avoir un petit peu le même genre de séquence, je pense, que ce qu'on a eu avec les précédentes de menaces de dissolution où par exemple chez les Républicains, les sénateurs pencha que les députés non, puisque les députés jouaient leur siège dans le jeu. Et ben là, ce sera ça avec les candidats au municipal qui eux sont candidats ont tout intérêt à se à se démarquer de la Macronie, à se démarquer de LFI, par exemple dans le cas des socialistes alors que les députés eux ont auront envie sans doute de garder leur siège. pour les républicains qui risquent d'être périlleux.
Hm. Et ben en tout cas messieurs, on va voir à quel point Sébastien Lecnu a montré les muscle, à quel point c'était c'était du bœuf. Dernier mot et peut-être une petite note positive si je puis dire, c'est que peut-être que ce serait une bonne chose pour la participation parce que deux scrutins en même temps, ça fait que les gens sortent seulement une fois plus sauf si sauf si le l'élection législative amène l'élection municipale dans le trou de la non participation parce que c'est quand même ça aussi. un un désintérêt total.
Messieurs, merci beaucoup d'avoir été avec nous. Lucas Planavergne, journaliste au journal du dimanche à retrouver naturellement en kiosque à partir de dimanche et sur le site internet qui cartonne et que vous gérez à la perfection. Mon cher Lucas et François Coque, merci beaucoup d'être avec nous. spécialiste politique, communiquant et enseignant.