Bachar al-Assad, Djihadistes, 1er ministre, le RN au pouvoir : Mathilde Panot invitée de LCI
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Nous recevons une actrice clé du jeu politique, président du groupe Eléfi à l'Assemblée Nationale, Mathilde Panot. Bonsoir. Bonsoir. Merci beaucoup d'être avec nous.
Merci à vous.
Le moment d'abord dans lequel nous sommes, quand visiblement le service politique de TF1 et de LCI semble avoir l'information que demain, enfin, un Premier ministre en tout cas serait annoncé. Réaction ?
Alors on verra s'il y a vraiment un Premier ministre qui est annoncé. Je rappelle que lorsqu'il y a eu la motion de censure, la première fois depuis 62 ans, depuis 1962, qu'un gouvernement est renversé par la motion de censure déposée par le nouveau Front populaire et les Insoumis. Le lendemain, Emmanuel Macron qui a parlé jeudi soir en expliquant que ces censures seraient anti-républicaines, bref n'importe quoi, ce qui est anti-républicain c'est ne pas respecter le résultat des urnes, on disait qu'en 24 heures il nommerait un Premier ministre.
Bon, vous voyez, nous sommes aujourd'hui mercredi, au départ on disait aujourd'hui, on disait même en début de semaine, puis demain matin, puis peut-être demain soir quand il reviendrait de Pologne. Donc écoutez, on verra bien, ce qui est sûr c'est qu'Emmanuel Macron cherche à gagner du temps comme il l'a fait à beaucoup d'autres moments avec les gilets jaunes, on se rappelle du grand débat, on se rappelle de la convention citoyenne pour le climat, on se rappelle du conseil national de la refondation, des rencontres de Saint-Denis. Bon, il gagne du temps et il espère ainsi pouvoir durer le plus longtemps possible alors que sa démission est posée.
Qu'est-ce qui a pu se passer en quelques heures ? Maude Brejon, porte-parole du gouvernement, tout à l'heure, ce matin, disait, à l'heure où nous parlons, il n'existe pas de socle plus large, néanmoins le rôle du président de la République, garant des institutions et en recherche de stabilité, consulte, afin de savoir si d'autres partis seraient, d'autres groupes parlementaires disposés à discuter. Qu'est-ce qui a pu se passer entre ce matin et ce soir pour que visiblement une fumée blanche, ou en tout cas grise, apparaisse ?
Il n'y a aucune fumée blanche, puisqu'eux-mêmes disent qu'il n'y a aucun élargissement de la coalition qui se fait. C'est ce que nous disons depuis le début. Je veux que tout le monde comprenne ce qui est en train de se passer et pourquoi nous, nous avons refusé de participer à ces négociations. Nous n'avons jamais refusé ni d'aller voir le président de la République lorsque nous étions invités, ni d'ailleurs les différents premiers ministres quand nous étions invités à Matignon. Mais là, nous avons refusé pour une raison simple. C'est qu'il y avait une raison à ce rendez-vous qui a été donnée dès le départ.
Et cette raison, le motif de cette invitation, c'était le gouvernement d'intérêt général, comme il appelle ça, c'est-à-dire un gouvernement d'union nationale. Et pour nous, il n'est pas question de faire une alliance, quelle qu'elle soit, avec ceux qui ont mis en place la retraite à 64 ans de force alors que nous voulons l'abroger, avec ceux qui ont supprimé l'impôt de solidarité sur la fortune alors que nous voulons le rétablir, et avec ceux qui refusent constamment les augmentations de salaire alors que nous voulons les augmenter.
Vous dites « nous », mais ce « nous » devient un petit peu incertain, puisque hier encore sur notre antenne, M. Caner, le socialiste, disait « Nous, nous sommes prêts à gouverner, donc avec d'autres ». Quelle est votre réaction à cela ? Comment vous qualifiez cette attitude ?
Moi, je crois que je suis assez inquiète du changement stratégique qui est en train de faire le Parti Socialiste. Justement, hier sont sorties les différentes forces du nouveau Front populaire qui ont, elles, accepté d'aller auprès du Président de la République alors que nous leur avons infligé la plus grande défaite que nous ayons jamais faite depuis 7 ans au Président de la République et qui lui donne un rôle qui n'est d'ailleurs absolument pas le sien.
Lorsqu'ils sont sortis, moi j'ai entendu les écologistes, par exemple, dire qu'ils n'iront plus jamais dans une telle réunion à l'Elysée et dire que les macronistes ne faisaient aucune concession, aucun compromis, ce que nous disions depuis le départ. Mais les socialistes ? Alors, les socialistes, eux, sont embarqués dans quelque chose qui, effectivement, sur un accord de non-censure qui, du coup, pourrait imaginer, laisser imaginer un gouvernement qui irait du PS jusqu'aux Républicains avec, par exemple, M. Retailleau dedans. Je crois que ce n'est pas sérieux. Et encore une fois, nous avons dit...
Mais vous n'avez pas répondu, pardon. Comment est-ce que vous qualifiez leur position, puisque visiblement, elle bouge ?
Bah, je crois qu'il faut rester fidèle et ne pas renier les engagements qui ont été pris devant les électeurs et les électrices.
Donc, ils sont infidèles, selon vous ?
Bah, en tout cas, ils sont dans une aventure, pour reprendre les mots qu'Olivier Faure a utilisés tout à l'heure, ils sont dans une aventure qui s'écarte du nouveau Front populaire. Et je le redis, le nouveau Front populaire, c'est un programme, c'est un accord avec des candidatures dès le premier tour. Il faut être absolument fidèle à ce programme.
S'ils franchissent le Rubicon, c'est-à-dire s'ils acceptent de gouverner, par exemple, avec les LR, est-ce qu'il y aura des représailles ? Est-ce qu'il y aura une rétorsion ?
Ah bah, je crois que s'ils décident d'aller gouverner avec les LR, ce que je ne souhaite pas, à ce moment-là, évidemment, ils auront eux-mêmes rompu avec le nouveau Front populaire. Mais je veux redire aux millions de gens qui se sont engagés dans le nouveau Front populaire, que le nouveau Front populaire ne s'arrêtera pas là.
On a compris, mais est-ce que ça veut dire qu'aux prochaines élections, par exemple, vous le retirez ? Beaucoup ont été élus en partie grâce à vos suffrages, à votre soutien. Est-ce que ça veut dire que s'ils pactisent avec le LR, par exemple, vous leur retirez ce soutien la prochaine fois ?
Mais ça sera même avant la prochaine fois. C'est-à-dire que s'il y a un gouvernement qui continue, de quelque façon que ce soit la politique macroniste, nous déposerons, nous avons dit, nous nous sommes prêts à gouverner. Mais contrairement à ce qui est dit tout à l'heure par M. Cannaire, c'est, nous sommes prêts à gouverner avec un gouvernement du nouveau Front populaire, qui ensuite va chercher des compromis à l'Assemblée nationale, comme nous l'avons démontré sur le budget, où nous avons gagné 159 amendements à la majorité. Donc, nous nous sommes prêts à gouverner dans ces conditions-là. Mais tout autre gouvernement sera censuré, donc ça commencera par là.
Nous, nous déposerons une motion de censure. Et je vais vous dire, M. Rochebin, quelque chose d'important.
Attendez, chapitre par chapitre. Allez-y. Ça veut dire que vous censurez tout Premier ministre qui n'est pas issu du nouveau Front populaire ?
De la candidature qui a été choisie par le nouveau Front populaire.
Et ça, ça ne bougera pas ?
Ça ne bougera pas. Je vais vous expliquer pourquoi. Dans toute démocratie parlementaire, normalement, vous avez un Premier ministre qui vient devant le Parlement demander un vote de confiance. Ça se passe tout le temps comme ça. Tout le temps comme ça, plus depuis Emmanuel Macron, et notamment 2022, depuis qu'ils sont minoritaires. Et donc, puisque vous n'avez pas de vote de confiance, le seul vote qui permet de déterminer qui soutient le gouvernement et qui est dans l'opposition à ce gouvernement, c'est la motion de censure.
Et donc, par cette motion de censure que nous déposerons, puisqu'il semble assez évident qu'Emmanuel Macron ne veut pas nommer la coalition arrivée en tête, celle du nouveau Front populaire, et donc piétiner le suffrage universel, eh bien, le seul vote qui restera, c'est de savoir si les gens votent cette motion de censure et seront dans l'opposition. S'ils ne la votent pas, alors ils seront, de fait, des soutiens du gouvernement.
Ça veut dire, je finis ma question, pas tout à fait répandue, ça veut dire qu'ils ne pourront plus compter sur votre soutien aux prochaines élections, que ce soit législatives, municipales et autres ?
Mais c'est eux-mêmes, s'ils font ça, c'est eux-mêmes qui se mettent en rupture du nouveau Front populaire. Mais juste, je vous donne une citation d'Olivier Fort,
du 30 août 2024. Beaucoup d'entre eux joueront leur siège. Comment ? Beaucoup d'entre eux joueront leur siège.
Écoutez, moi je ne suis pas là pour menacer M. Rochevin, je suis là pour garder une cohérence et un principe. Le principe, c'est celui du respect de la démocratie et du suffrage universel. Et la cohérence, c'est celle que nous avons promise à nos électeurs, celle de nous opposer en tout point à la politique d'Emmanuel Macron, qui a été rejetée trois fois massivement dans les urnes, et celle qui est d'être fidèle au programme que nous portons, et notamment à l'abrogation de la retraite à 64 ans.
Quand je vois des forces politiques qui disent que maintenant, on pourrait ne plus tout à fait abroger la réforme de la retraite à 64 ans, alors qu'elle a été passée en force, et alors qu'il y a une majorité à l'Assemblée, nous l'avons démontré lors de notre niche parlementaire, où nous n'avons pas réussi à aller au vote, juste du fait de l'obstruction du gouvernement et des députés macronistes, je ne comprends pas pourquoi est-ce qu'ils feront ça.
Mais pardon, Mme Panot, alors lisez votre déclaration.
Non, mais je vous dis juste, le 30 août 2024, il disait justement, Macron est prêt à vous lâcher tous les noms, vous dire que vous pourrez tout avoir, peut-être même s'il vous appelle les uns les autres, il vous dirait que vous pourrez faire quelque chose sur les retraites, quelque chose sur le SMIC. La seule condition, c'est que vous rapportiez le scalp du nouveau Front populaire, que vous puissiez dire qu'il n'y ait plus une majorité à gauche, et que ceux qui ont été battus à trois reprises dans les Yandes sont à nouveau la majorité de ce pays. Et il termine, voilà le calcul présidentiel, et voilà ce que nous n'accepterons jamais.
Aucun socialiste n'acceptera jamais de devenir le supplétif de la Macronie. Donc je l'invite à réécouter lui-même et à revenir là aussi à la raison.
Que répondre à ceux qui vous diront, vous jouez le pire ? Même de votre point de vue, un gouvernement, même s'il est un peu plus à gauche, s'il y a dedans des socialistes, ça vaut mieux que rien ?
Je ne crois pas. Alors, je vais vous expliquer pourquoi. Dans tous les pays dans lesquels il y a eu des grandes coalitions, c'est comme ça que l'extrême droite est montée. Vous regardez par exemple notre voisin, l'Italie, dans lequel là aussi il y a eu des grandes coalitions, où à la fin la seule opposition qui restait, c'était l'extrême droite. La réalité c'est que l'extrême droite est aujourd'hui au pouvoir. Et moi je n'accepterai jamais que mon pays soit aux mains de l'extrême droite.
Donc ce que nous faisons, c'est en restant justement fidèles au programme sur lequel les 193 élus du Nouveau Front Populaire ont toutes et tous été élus, c'est justement garder un cap qui permet que la pente irrésistible ne soit pas celle de l'extrême droite. Donc non, ce n'est pas mieux que rien. Et je vais vous dire, M. Rochebin, un peu plus loin, quelque chose qui est très important. Peut-être avez-vous vu ces derniers chiffres qui disent que les envies de suicide chez les plus jeunes ont doublé en 10 ans. Peut-être avez-vous vu que pour les restos du cœur, ils expliquent que 10% de leurs bénéficiaires ont moins de 3 ans. Un Français sur trois se prive de repas régulièrement.
Le froid, la faim est en train d'exploser dans un pays qui n'a jamais été aussi riche de son histoire. Donc maintenant, il est urgent. C'est une urgence vitale de tourner la page des politiques de malheur des macronistes, pas de s'arranger avec.
Mathilde Panot, encore une fois, un Premier ministre un peu plus à gauche, un Bernard Cazeneuve, par exemple, on va dire que c'est un type d'extrême droite, Bernard Cazeneuve. Il est même un homme de droite, ou bien vous le classez à droite ? Où est-ce que vous le classez ? Non, je ne le classe pas du tout à l'extrême droite.
Ce n'est pas du tout ça que je suis en train de dire.
Est-ce que, pardon, rappelez-vous l'époque où François Mitterrand est arrivé au pouvoir, où la gauche unie admettait François Mitterrand. Ce n'était pas franchement un gauchiste.
Oui, d'accord, mais c'est la retraite à 60 ans. Enfin, voilà. La question, c'est pourquoi gouverner ? Et nous, M. Cazeneuve n'est pas du nouveau Front populaire, nous, nous voulons gouverner pour le programme. Et ensuite, à l'Assemblée, c'est là que nous faisons les compromis, c'est ce que nous avons démontré dans les faits, à la fois dans le budget de la sécurité sociale et dans le budget de l'État, où il est possible d'aller, par exemple, taxer les 147 milliardaires de ce pays plutôt que de prendre aux retraités, plutôt que de prendre aux malades, aux privés d'emploi, aux soignants, à l'éducation nationale. Voilà ce que nous proposons. Je pense que c'est assez raisonnable.
Vous dites résister à la poussée des nationalistes, l'extrême droite, dites-vous. Pour l'instant, ça ne marche pas. Quelle que soit la stratégie dont vous parliez, regardez, c'est évidemment les chiffres du jour. Très spectaculaire, sondage IFOP Fudiciel pour le Figaro Magazine et Sud Radio qui montre la puissance populaire de Marine Le Pen. Regardez ces chiffres. Sondage premier tour face à Gabriel Attal, 38%. C'est tout à fait inédit. C'est absolument exceptionnel pour elle. Face à Édouard Philippe, 36% contre 25%. Visiblement, que ça plaise ou non, elle est populaire.
Bon, alors vous me permettrez quand même de dire qu'on a eu 27 sondages pendant les élections législatives. 27 sondages, on est tous sans exception, l'extrême droite en tête. Et que la réalité, c'est que l'extrême droite est arrivée troisième.
Il y a eu un front entre deux.
Oui, il y a eu justement des millions et des millions d'électeurs, des quartiers populaires, de la jeunesse de ce pays, des Outre-mer, qui ont été massivement aux yeux pour priver le pouvoir par l'extrême droite, en disant que l'extrême droite était dangereuse dans ce pays.
Mais on voit que ce front est déjà en train de se fissurer. Je vous rappelle, vous venez de dire vous-même, que des socialistes sont en train visiblement de changer de stratégie. Donc, ça accrédite l'idée de ceux qui diront que c'était une affaire de boutique.
Non, non, ce n'était pas une affaire de boutique, y compris, je le dis, il y a eu des retraits de candidatures. Donc, en fait, les retraits de candidatures se feront dans tous les cas au second tour. Donc, ça dépend de quel candidat serait arrivé en tête. C'était le nouveau front populaire majoritairement à l'époque. Donc, ça ne change rien sur cette question-là. Mais ce que je veux dire, c'est 27 sondages qui donnent tous, sans exception, l'extrême droite en tête. Et à la fin, c'est le nouveau front populaire en tête et l'extrême droite en troisième. Ça, c'est juste pour dire sur les sondages faisons attention. Ensuite, deuxième chose. Il faut quand même dire deux choses très importantes.
La première, c'est qu'Emmanuel Macron et les gouvernements successifs, ainsi que leur majorité minoritaire aujourd'hui, sont historiquement responsables de la montée de l'extrême droite. Vous aviez 8 députés RN en 2017. Vous en avez 89 en 2022. Vous en avez ensuite 143, aujourd'hui 142, ils viennent d'en perdre un, en 2024. Et lorsque vous avez des gens qui parlent de la même manière que l'extrême droite, utilisent leurs mots, voire leurs cadres de pensée, comme M.
Rotaillot qui parle de français de papier, qui est une expression qui a été utilisée sous Vichy, qui parle des belles heures de la colonisation, ou encore de la régression ethnique de certains de nos concitoyens, eh bien, je le dis, on ne combat pas l'extrême droite en utilisant ses propres principes et ses propres mots. On les combat pied à pied. Et je le dis, par exemple, lorsque nous avons constitutionnalisé le droit à l'avortement, c'est aussi comme ça qu'on les fait reculer.
Là, un jour ou l'autre, est-ce qu'il faudra accepter que l'ORN est dans le jeu ? Rappelons les précédentes élections. Si on remonte à 2022, Jean-Marie Le Pen est à 16 et quelques pourcents. Premier tour. Ensuite, 17 et quelques au second. 2012, Marine Le Pen, 17,90. 2022, ça monte encore. Quand en partie, on est là, est-ce qu'à un moment donné, il faut accepter, par exemple, pour faire un gouvernement, de faire une sorte de pacte avec lui ?
Non, parce que l'extrême droite, d'abord, a une histoire dans ce pays. Je rappelle que, contrairement à ce qui est souvent dit, on n'a jamais essayé le Rassemblement national, ou l'extrême droite, ou le Front national, il se trouve que si, l'extrême droite a déjà gouverné dans ce pays, c'était sous Vichy, et on s'en rappelle assez douloureusement.
Le temps a passé, depuis le temps a passé.
Oui, d'accord, mais en fait, vous avez des courants de pensée qui se retrouvent, notamment sur le fait de trier systématiquement les concitoyens français, selon leur couleur de peau, leur religion réelle ou supposée, leur orientation sexuelle, et que c'est insupportable pour des républicains comme nous.
Il y a beaucoup de gens de gauche, pardon, qui ont soutenu Staline, ou Mao, avec des centaines de millions de morts.
Mais là, ça n'a rien à voir, M. Rochebin, là, ça n'a rien à voir.
On ne peut pas indéfiniment dire aux gens de gauche, ou d'extrême gauche, Ah, rappelez-vous, 1953.
Je vais vous donner un exemple contemporain, très concret, pour vous montrer pourquoi l'extrême droite est toujours dangereuse, et donc est toujours un parti à part dans ce pays. D'abord, vous avez les alliances qu'ils ont à l'international, avec des gens qui refusent le résultat des urnes, vous avez M. Trump. Mais par exemple, je vais vous prendre Mme Mélanie. Parce que Mme Mélanie, je vous parlais de l'avortement tout à l'heure, et c'est à raison. Comme Mme Le Pen, elle a dit, en arrivant au pouvoir, donc extrême droite qui est à la tête de l'Italie aujourd'hui, elle a dit, je ne toucherai pas à la loi sur l'avortement. C'est vrai, elle n'a pas touché la loi sur l'avortement.
Par contre, qu'est-ce qui s'est passé ? Vous avez des régions où il y a 90% des médecins qui sont objecteurs de conscience, donc plus d'accès à l'avortement, et pire que ça, ils ont financé... Je vais vous dire, ils ont financé des associations anti-droit et anti-choix qui vont directement dans les centres d'avortement et qui créent des cimetières de fœtus sur lesquelles ils écrivent le nom des femmes sur des croix qui ont avorté. Voilà ce qui se passe exactement en Italie. Avec, du coup, un recul pour les droits des femmes à disposer de leur corps, qu'on observe aussi en Hongrie, dont M.
Bardella prend sans cesse l'exemple où on oblige les femmes à écouter le cœur du fœtus avant de pouvoir avorter, qu'on observe en Pologne, etc.
Soyons honnête, à ce chapitre, pardon, Mme Panot, on vous entend moins sur des pays musulmans, Algérie, Maroc, où l'avortement clandestin cause tant de drames humains, vous le savez comme moi, avec une barbarie épouvantable.
Oui, oui, mais moi je défends le droit à l'avortement partout.
Oui, mais pour dire, on vous entend un peu moins sur ces sujets-là.
Oui, mais d'accord, mais moi je ne prends pas sans cesse en exemple la politique qui est faite en Algérie ou je ne sais où sur la question des droits des femmes. Or, vous avez M. Bardella qui explique que sur la question des retraites, il faut faire comme M. Orban.
Madame la Présidente, puisque vous parlez de l'étranger, quelques mots encore sur l'étranger, s'il vous plaît, sur la situation en Syrie. Vous savez combien un certain nombre d'observateurs, pas seulement des citoyennes, citoyens, disent, vous reprochent aujourd'hui d'avoir été trop ambiguës à l'égard de Bachar el-Assad. D'abord, votre regard là-dessus, le fait que ce dictateur, cette dictature, si sanglante, soit tombée, on voyait les images, la prison de Sebnaya, etc. Réaction ?
Alors, nous n'avons jamais été ambiguës avec Bachar el-Assad et Jean-Luc Mélenchon a été sans cesse constant. Non seulement pour demander le départ de Bachar el-Assad et pour un soutien au peuple syrien, pour redire à chaque fois que l'avenir de la Syrie devait appartenir au peuple syrien. Bon, d'abord, je veux dire qu'on partage évidemment le soulagement et la joie. Et les images, par exemple, de la prison sont très émouvantes, ce qu'on appelait l'abattoir humain, avec 30 000 prisonniers qui ont été tués ou exécutés dans cette prison-là, avec des centaines de personnes qui essayent d'avoir des nouvelles de leurs proches.
Donc évidemment, on partage cette joie et ce soulagement qu'un demi-siècle du clan Assad soit enfin tombé. Après, je dois dire aussi que nous partageons aussi des inquiétudes sur les nouveaux maîtres du pays qui, donc, originellement sont liés à Al-Qaïlda, même si, alors ils disent maintenant qu'ils seraient en quelque sorte repentis de tout cela. Et je crois que maintenant, l'urgence, c'est justement qu'il puisse y avoir l'organisation d'élections libres sous l'égide probablement d'organismes internationaux pour que le peuple syrien puisse décider de son avenir.
Est-ce qu'on risque de passer d'une dictature à l'autre ? Je vous lis une citation de Jean-Luc Mélenchon, elle est intéressante, de 2015, parce que certains continueront à défendre ce genre de position ou au contraire des jugés immoraux. Il disait, c'était à Public Sénat, 2015, vous pensez qu'il faut faire tomber Bachar el-Assad à n'importe quel prix ? Moi, je ne suis pas d'accord pour qu'il tombe à n'importe quel prix. Je suis pour qu'il s'en aille et pour qu'il y ait un gouvernement d'union nationale, mais il s'en ira, dans les circonstances seront réunies et il faut un accord honnête, sinon ce sera la Libye bis. Est-ce que vous diriez la même chose aujourd'hui, 2024 ?
Là, on est en 2015, c'est un moment où la situation en Libye est très prégnante et sur lequel, et c'est depuis plusieurs années, notamment Jean-Luc Mélenchon avait beaucoup soutenu la révolution citoyenne en Syrie qui avait eu lieu en 2011, et d'ailleurs qui avait donné lieu à beaucoup de prisonniers politiques qui étaient enfermés dans cette fameuse prison dont nous parlions à l'instant.
Maintenant, est-ce que mot pour mot, vous reprendriez ça ? Certains le font, il y a tout, on a le droit à toutes les opinions, ce n'est pas un tabou, mais est-ce que vous reprendriez ces mots-là ?
C'est-à-dire que, enfin là, on va dire que la Libye, si je le dis comme ça maintenant, je ne suis pas sûre que les gens comprennent exactement ce qu'on est en train de dire, mais ce dont parlait Jean-Luc Mélenchon, c'est justement le fait que l'avenir de la Syrie appartient au peuple syrien. Et je voudrais juste faire un point d'alerte particulier sur vraiment une situation qui me tient à cœur, c'est la situation des Kurdes dans le nord de la Syrie, au Rojava. Parce qu'il y a une grosse inquiétude pour savoir ce qui va se passer pour ces Kurdes, qui depuis des années sont bombardés à part des milices armées et financées par la Turquie d'Erdogan.
Et je crois que là se trouve une des voies de la solution possible politique pour la Syrie, puisqu'ils ont construit un confédéralisme, municipalisme, laïc, ce qui est impressionnant pour la région, féministe, écologiste. Et donc, il y a là une possibilité de solution politique qui pourrait s'ouvrir pour l'ensemble de la Syrie, à condition qu'on les soutienne et qu'on les aide, évidemment.
Il y a le risque que des djihadistes français, des islamistes, rentrent en France. Vous savez combien, votre parti, on vous soupçonne souvent d'entretenir une sorte de clientèle islamiste. On entend souvent ça, à tort ou à raison. Est-ce que vous considérez...
Je tiens quand même à dire que les Kurdes, c'est nous qui les avons soutenus, c'est nous qui les soutenons depuis des années. C'est eux qui ont été combattre contre Daesh pour l'humanité tout entière. Donc nos liens avec les islamistes, je pense que ça va s'arrêter là.
Est-ce qu'il faut les moyens les plus fermes pour empêcher que ces islamistes-là, ce sont des combattants français qui vont combattre avec une armée ennemie, qui a fait que lui du sang français, donc ce sont des traîtres, est-ce qu'il faut les frapper fortement ?
Oui, bien sûr. Et d'ailleurs, vous avez des parquets antiterroristes qui, lorsque ces personnes-là, si elles commettent, ces djihadistes, s'ils commettent des exactions, notamment contre des populations civiles, des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité, évidemment, les parquets antiterroristes doivent s'en saisir. Et je rappelle juste, et ça, c'est un point qui me semble important, que la France, depuis des années, sous-traite justement aux Kurdes le fait qu'il y ait beaucoup d'enfants français, y compris dans des camps, et que là, pour le coup, la France doit respecter la Convention internationale des droits de l'enfant et rapatrier ses enfants.
Mathilde Panot