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InterviewLCP (sur YouTube)· 25 mars 2023 14 minComplaisantPortrait personnelSolidarités & familleInstitutions & électionsTravail & emploiÉducation & recherche

Louis Boyard, député "La France insoumise" du Val-de-Marne | La politique et moi

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:45RelanceRéponse partielle

    Comment peut-on dire : "Félicitez-nous, 4 % d'augmentation" alors que seuls 38 % des étudiants touchent la bourse ?

  • 1:27OuverteRéponse directe

    C'est pour parler aux jeunes ?

  • 2:12OuverteRéponse directe

    Qu'en dites-vous ?

  • 2:56OuverteRéponse directe

    Vos codes peuvent choquer l'institution de l'Assemblée. Vos adversaires vous ont reproché d'abaisser la politique.

  • 3:39OuverteRéponse directe

    Vous vous animez et vous prenez un ton différent. Elle détone à l'Assemblée.

  • 4:23OuverteRéponse directe

    C'était préparé à l'avance ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:45Chiffre
    « Les bourses ont augmenté de 4 % avec l'inflation. »
  • 0:45Chiffre
    « Seuls 38 % des étudiants touchent la bourse. »
  • 0:45Chiffre
    « L'inflation est à 6 %. »
  • 2:12Fait
    « Je m'en fiche. »
  • 2:56Fait
    « La politique "n'est pas un challenge TikTok." »
  • 3:39Fait
    « Je reconnais aux jeunes la légitimité de bloquer leur établissement. »
  • 4:23Fait
    « Je me suis retrouvé à cette place, je n'avais pas envie de leur serrer la main. »
  • 5:08Fait
    « Je ne serre pas la main des RN. »
  • 5:51Fait
    « Vous déclenchez l'agressivité ? »
  • 6:35Fait
    « Il faut leur tenir tête. »
  • 7:19Fait
    « Si jamais il y a des gens qui sont réduits à ça pour nous intimider, c'est qu'on leur fait peur. »
  • 8:47Fait
    « On a bloqué pendant trois mois avec les professeurs et leur droit de retrait. »
  • 10:16Fait
    « La manche, c'est pas demander 2 euros pour un sandwich. »
  • 11:01Chiffre
    « Je fréquente des personnes qui vivent avec 400 euros par mois. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:00

-Il agace, il dérange, sans doute parce qu'il fait de la politique loin des codes habituels. Avec lui, la politique est forcément un sport de combat, avec pour ring TikTok plutôt que l'hémicycle. Générique ... Bonjour, Louis Boyard. -Bonjour. -Votre arrivée à l'Assemblée fait baisser la moyenne d'âge des députés, mais vous donnez aussi un coup de jeune à la communication politique. On va le voir. *-Madame la ministre, face d'étudiants devant les distributions alimentaires,

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votre action est aussi pauvre qu'un sandwich du Crous. *-Travailler, en études, n'est pas négatif. *-Ca apprend la valeur travail. L'Etat fait beaucoup. *-Les bourses ont augmenté de 4 % avec l'inflation. *-Comment peut-on dire : "Félicitez-nous, 4 % d'augmentation" alors que seuls 38 % des étudiants touchent la bourse ? Une majorité ne la touche pas. L'inflation est à 6 %. Les étudiants ont perdu de l'argent. -Alors, ce qu'on vient de voir, ce sont deux extraits de vidéos postées sur TikTok. Elles ont fait plus de 4 et 5 millions et de vues, je crois. Je suis pas sûr qu'un député ait fait autant de vues avec des prises de parole à l'Assemblée ou en commission. C'est une fierté, pour vous, ça ?

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-Là où on était étonnés, c'était en commission. Nous, en fait, notre objectif, c'est de s'approprier les codes des réseaux sociaux, ce sont aussi les nôtres. J'utilise ces applications, je regarde du contenu, mon équipe aussi. On utilise nos codes pour pouvoir intéresser les jeunes à la politique. -C'est pour parler aux jeunes ? -Oui, leur montrer ce qui se passe à l'Assemblée, de leur donner un argumentaire, de leur donner des chiffres, et leur montrer notre position. En fait, la génération 2000 est entrée à l'Assemblée avec ses propres codes culturels, ses codes politiques aussi. On les utilise et ça fonctionne. -Ca vous vaut d'être appelé le "député tiktokeur" par vos adversaires. Pour eux,

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c'est pas un éloge. Qu'en dites-vous ? -Je m'en fiche. Ce n'est pas à eux que je parle. -Vous assumez ce côté député tiktokeur ? -En fait, j'assume d'être un député qui essaye de parler aux jeunes. Pour parler aux jeunes, je ne vais pas le faire de manière descendante, en leur demandant de s'institutionnaliser. Au contraire, je veux que l'institution s'adapte aus jeunes, qu'elle s'imprègne de leur culture pour les attirer vers la politique. On dit que la jeunesse se fiche de la politique, c'est faux. Elle n'a jamais été aussi politisée, elle est ultra connectée, elle est ultra informée. Le problème, c'est le décalage entre les jeunes et l'institution. J'essaye de les reconnecter en montrant des interventions

2:56

avec nos codes, j'y arrive. -Sauf que parfois, vos codes peuvent choquer l'institution de l'Assemblée. Sur la réforme, vous avez lancé un concours sur Twitter des meilleures photos de blocus de lycée ou de campus. A la clé : une visite de l'Assemblée à vos côtés. Ca vous a valu une réplique sèche de la présidente de l'Assemblée : "La politique "n'est pas un challenge TikTok." Vos adversaires vous ont reproché d'abaisser la politique. -Elle abaisse la politique tous les jours, Yaëlle Braun-Pivet. J'ai beaucoup de critiques sur sa manière d'user de sa fonction. En vérité, je lui demande pas son avis. -Vous avez le sentiment que ça tire vers le haut, ça ? -Je crois sincèrement que oui. Au fond, que reprochent-ils

3:39

dans cette vidéo ? C'est pas le fait que j'utilise TikTok, c'est pas le challenge. Ils s'en fichent. C'est le fait que je reconnais aux jeunes la légitimité de bloquer leur établissement. C'est mon opinion politique. Je leur reconnais cette légitimité de faire des blocages. Ca les a scandalisés. Justement, on ramène des sujets vis-à-vis de la jeunesse : la légitimité de bloquer, le réchauffement climatique, la précarité... Ce sont des choses qu'ils ne veulent pas entendre. Ils sont mauvais sur ces sujets. Parce qu'on leur montre la misère que vivent les jeunes, ils s'indignent et ils préfèrent regarder le doigt plutôt que la Lune. -Vous vous animez et vous prenez un ton différent. Ca m'intéresse.

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Il y a votre façon de faire de la politique qui est différente. Elle détone à l'Assemblée. A peine élu député, vous vous êtes fait remarquer lors de la première séance. Vous étiez là en tant qu'assesseur et vous avez refusé de serrer la main des députés du Rassemblement National. C'était préparé à l'avance ? -Pas du tout. Je me suis retrouvé à cette place, je n'avais pas envie de leur serrer la main. -C'est pas un coup de com' ? -C'était pas un coup médiatique. Je pensais pas que ça monterait comme ça, mais ça a permis de mettre en avant un sujet politique : l'institutionnalisation du RN et ce qui était anormal il y a 20 ans est devenu normal. Je voulais pas leur serrer la main. Je ne serre pas la main des RN.

5:08

Parce que je pense que ces gens ont des idées politiques nauséabondes et incompatibles avec la République. Je voulais pas le faire parce que je suis comme ça. Derrière, ça a fait du bruit et on a utilisé ce bruit pour porter un sujet politique qui est l'institutionnalisation du RN dans l'Assemblée nationale. -Vous donnez l'impression de vivre votre engagement comme un corps-à-corps avec l'ennemi. -Mais c'en est un. -On va prendre des exemples. Vous avez été blessé au pied par un tir de Flash-Ball pendant une manif des gilets jaunes. Vous avez rendu fou Cyril Hanouna sur son plateau. Il vous a traité de "tocard", "merde" et bouffon". Et des militants d'extrême droite qui sont venus vous menacer à la fac de Bordeaux

5:51

où vous vous êtes rendu avec votre collègue Carlos Martens Bilongo. On a l'impression que la politique devient un combat de boxe, avec vous, qu'il faut forcément une dose d'agressivité, voire de violence. -Moi... Vous pouvez regarder dans tous les sujets, je ne suis pas violent. Des gens sont violents avec moi. -Vous déclenchez l'agressivité ? Vous ne vous sentez pas agressif ? -Non, je crois pas. D'un autre côté, je suis lucide en disant qu'en politique, il y a de la violence. La politique, c'est pas que des discours sous les dorures. Il y a des conséquences dans la vie des gens qui est violente, pour beaucoup. La misère, la politique de Macron et les mots du RN sont violents. -Votre mot d'ordre,

6:35

c'est de tenir tête. Ca se traduit aussi à travers votre politique ? -Oui, bien sûr. Oui, il faut leur tenir tête, car on ne reconnaît pas la légitimité à la jeunesse de tenir tête à la classe politique, comme à beaucoup d'autres. Oui, c'est un combat politique. Il faut l'assumer comme tel, et c'est sain. -La contrepartie de tout cela, c'est que votre adresse a été dévoilée sur les réseaux sociaux, sur Internet. Vous avez été suivi jusque chez vous, vous avez reçu à menaces à mort chez vous. Ca vous a valu d'être placé sous protection. -Sous surveillance. -Sous surveillance. C'est le prix de votre engagement ? Vous le vivez comment ? -C'est qu'on touche le bon bout.

7:19

Si jamais il y a des gens qui sont réduits à ça pour nous intimider, c'est qu'on leur fait peur. Du coup, j'ai envie de dire "tant mieux". -On va remonter un peu dans le temps pour voir que votre façon de combattre, elle était là dès vos tout débuts. En fin 2017, vous étiez lycéen, on a détecté de l'amiante dans votre établissement. C'est à Villeneuve-le-Roi et vous prenez la tête de la mobilisation des élèves. *-On est fatigués de tout ça. Et puis, il faut penser à notre bac. On a des élèves en décrochage scolaire. Ils ont arrêté les cours. D'autres vont échouer sur leur bac. On est des victimes. -C'est une de vos premières interventions. Je vous voyais rire. -Ca me fait... C'est drôle. -De vous revoir à l'époque ? -Ouais.

8:04

-Vous avez l'air vraiment très à l'aise pour parler. Comme si vous aviez fait ça toute votre vie. -A ce moment, j'essayais d'expliquer que laisser des élèves respirer de l'amiante, c'est dangereux. Je m'acharnais à répéter des évidences pour qu'elles soient entendues. -Comment vous en êtes venu à prendre la parole au nom de vos camarades ? -C'est parce qu'il y a eu l'histoire avec l'amiante. Avec les collègues du lycée, on s'est dit qu'on allait monter un syndicat pour se battre. Ben, naturellement, j'ai commencé à prendre la parole. -Des prédispositions ? -Apparemment, ça a fonctionné. -Par la suite, vous êtes devenu président de l'UNL, l'Union Nationale Lycéenne.

8:47

Vous vous battez contre Parcoursup, la réforme du bac et la politique du président. Comment vous vous êtes politisé aussi jeune ? -Bah, quand j'ai terminé la lutte dans mon lycée... On a bloqué pendant trois mois avec les professeurs et leur droit de retrait. Le lycée a été reconstruit. L'un membre de mon syndicat m'a parlé de Parcoursup. Vu mon lycée pourri, j'ai plus ou moins de chances qu'un autre ? J'ai compris que j'étais de ceux qui se feraient avoir. Je me suis battu contre. Après, il y a eu la réforme du lycée, du bac, et à chaque fois que je m'engageais dans une cause, je découvrais qu'il y en avait 1000 autres. -Vous avez été dans une grande précarité pendant la durée de vos études. Vous avez fait la manche parfois...

9:32

-Ca veut rien dire. -...l'aide alimentaire pour les étudiants, vous en parlez souvent, de ce sujet, dans l'hémicycle. Vous avez même dealé de la drogue pour vous aider à payer vos études. Vous ne voulez plus en parler. Pourquoi ? -Plus en général, en fait, c'est assez difficile de pouvoir parler de précarité étudiante en parlant de la sienne. A chaque fois, j'ai l'impression qu'on rend la chose pathétique. -En même temps, ça vous donne de la légitimité pour en parler. -Justement, la légitimité... Il n'y a rien de pathétique à la précarité étudiante. Tout étudiant est précaire. La manche, c'est pas demander 2 euros pour un sandwich. La question de la drogue, je n'ai pas envie d'en parler parce qu'encore une fois,

10:16

on va plus parler de ça et caricaturer, que de parler d'étudiants précaires. C'est ça. Quand j'essaye de parler de moi, ou avec un effet médiatique sur moi, mon seul objectif, c'est de parler de politique, de parler de tout le monde. Je fais justement attention les sujets dont je parle, car je veux pas être le centre du sujet. Le sujet, c'est l'intérêt général. -Aujourd'hui, vous gagnez 5841 euros net par mois, comme député. Vous dites : "Je ne suis pas à l'aise. "En quoi cette somme est justifiée ? C'est indécent." Il faudrait faire quoi, selon vous, pour mériter cette somme en tant que député ? -C'est pas une question de mérite ou de rapport à soi, mais de rapport aux autres. Je fréquente des personnes qui vivent avec 400 euros par mois.

11:01

Il y a autre chose qui me marque, c'est notre bureau de poste à l'Assemblée avec des fonctionnaires en nombre, dévoués, compétents, ouvert souvent, et la poste de ma ville, qui n'est quasiment pas ouvert. Il y a un décalage entre le service public, le revenu qui est proposé aux Français, et notre service public et notre revenu. Ce décalage me met mal à l'aise. -Quel regard portez-vous sur votre mandat de député ? Est-ce que c'est à la hauteur de ce que vous espériez ? Vous êtes déçu, frustré ? -Avec la nouvelle composition de l'Assemblée, je pensais faire avancer des sujets consensuels. Sans majorité, on pourrait faire passer des lois. Finalement, non. Tout le monde est plus sectaire.

11:45

C'est difficile de vraiment faire avancer l'intérêt général par nos propositions. Mais on a des débats de fond, l'Assemblée est regardée, et ça ouvre la bataille culturelle. Je me sens à l'aise à l'Assemblée parce que je sais que beaucoup ne m'aiment pas et d'un autre côté, je cherche pas à être aimé par eux, mais à mener une bataille regardée par les Français. -On passe à notre quiz, à présent. Le principe : je vais commencer une phrase et c'est donc vous qui allez la compléter. Porter une veste dans l'hémicycle, c'est... -C'est pas obligé de le mettre dans le règlement. -Mais vous le faites, vous en portez une. -Je n'ai pas le choix. Ils ont fait un règlement de l'Assemblée. -En dehors aussi. -A tout moment,

12:28

vous devez pouvoir aller voter à l'hémicycle. Je suis toujours prêt à aller voter. -Une bonne prise de parole doit forcément... -Etre comprise. Je dis ça parce que, quand on parle à l'Assemblée, ce n'est pas que pour les députés, on parle à ceux qui nous regardent. On parle plus à eux, d'ailleurs. Il faut être intelligible pour le public auquel on parle et c'est ce qu'on fait sur les réseaux. -Pour conclure, vous avez été élu à 22 ans, vous vous voyez en politique jusqu'à 70 ans comme Jean-Luc Mélenchon ? -C'est une question que je me pose. -Avocat, vous en rêviez. -Je rêve toujours d'être avocat pénaliste. Je pense faire ça dans ma vie. Voilà, j'aimerais. -Merci d'être venu dans l'émission.

13:13

-Merci. SOUS-TITRAGE : RED BEE MEDIA