Macron/Mélenchon : ça va être serré ! #cdanslair Archives 2022
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Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Il est entré en campagne dans la dernière ligne droite. Emmanuel Macron a choisi de se rendre sur des terres de gauche qui ont majoritairement voté Jean-Luc Mélenchon pour ses deux derniers déplacements. Il faut dire que les derniers sondages donnent l'union de la gauche en tête et l'hypothèse d'un revers pour le président réélu est désormais dans tous les esprits. La Macronie sonne donc la charge contre Jean-Luc Mélenchon, dénonçant un programme qui conduirait au chaos, au désordre, un programme d'interdiction et de taxes, a dit Emmanuel Macron.
Le patron de la France insoumise décrit, lui, une panique générale au sein de la majorité alors qu'une question se pose dans tous les états-majors. Comment mobiliser les électeurs à la veille de ces législatives, en tout cas dans ces dernières heures de campagne ? Ces législatives tournent au duel. Macron-Mélenchon, ça va être serré, c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Bruno Jeudy, vous êtes rédacteur en chef au service politique de Paris Match. Votre chronique jeudi politique publiée aujourd'hui est intitulée « Macron sous la menace d'une majorité ric-rac ». Swazic Kemener est avec nous ce soir. Vous êtes rédactrice en chef du service politique de Marianne.
Citons le dossier dans Marianne cette semaine, les élections les plus importantes depuis 40 ans. Pauline de Saint-Rémy, journaliste politique pour le site d'Information Politico Europe, est avec nous également. On peut retrouver votre newsletter quotidienne sur le site de votre journal. Enfin, Brice Tinturier, directeur général délégué de l'Institut de sondage Ipsos. Selon votre enquête Ipsos-Soprasteria pour France Télévisions, l'ANUP arriverait en tête des intentions de vote au premier tour de ces législatives à 28% juste devant Ensemble, juste devant Ensemble à 27%. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à ce « C'est dans l'air en direct ».
On va peut-être commencer avec vous justement, Brice Tinturier, avec ce sondage qui donne, et c'est d'ailleurs le propos de notre émission ce soir, ça va être serré entre, on a résumé, entre Macron et Mélenchon, entre l'ANUP et la Macronie.
Oui, je crois que vous avez bien résumé. Maintenant, ce qu'on a sur qui va être en tête reste extraordinairement ténu. On a eu le sentiment d'un petit frémissement au cours des derniers jours, plutôt en faveur de l'ANUPES, lui permettant de coiffer éventuellement ensemble, donc 28-27, c'était l'inverse il y a quelques jours. Pour rien ne vous cacher, on traite encore des enquêtes aujourd'hui et demain, et dans ce que je voyais, ça ne semble pas forcément aussi net que cela. Donc on est dans quelque chose de très serré, je crois, entre l'ANUPES et Ensemble.
Après les traductions en siège, avec toute la prudence qu'il faut avoir sur ces traductions, sur ces simulations, je pourrais expliquer pourquoi.
Allez-y peut-être, parce que c'est vrai que pour une présidentielle, on prend ces sondages comme des vrais indicateurs relativement fiables de ce qui pourrait se passer au premier et au second tour. Pour les législatifs, c'est très singulier.
C'est très singulier parce qu'en réalité, ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'on part de rapports de force mesurés en voie. Mais il faut, pour pouvoir faire une simulation en siège, qu'on ait des hypothèses sur les seconds tours. Donc on pose aussi des questions d'intention de vote de second tour avec différentes configurations pour avoir ce qu'on appelle des matrices de report premier et second tour. Mais c'est là où c'est fragile. Parce que vous posez différentes configurations, les électeurs, les personnes que nous interrogeons, nous répondent, mais elles nous répondent sans avoir eu les résultats du premier tour.
Donc ça, c'est le premier point qui fait qu'ensuite, ces matrices qui reposent sur des sondages, elles peuvent considérablement varier. La deuxième chose à avoir à l'esprit, c'est qu'un point de plus d'abstention ou en faveur d'une autre liste, ça peut faire varier, mais 40, 50 sièges, très très vite. Donc quand on parle de majorité absolue, relative, etc., on le fait sur la base de simulations, je le redis, ils sont encore fragiles.
La vérité, c'est qu'on est dans le flou, quoi.
On est dans le flou sur les simulations en siège, sur les rapports de force en voie, je pense, j'espère, mais pas trop loin de la réalité, sur les simulations en siège, c'est une autre affaire. Il y a autre chose à avoir à l'esprit, je crois que c'est important de le dire aux téléspectateurs, c'est que vous avez un nombre encore plus important, cette fois-ci, qu'en 2017, de circonscriptions dans lesquelles les choses vont se jouer à deux points ou moins et même dans lesquelles le rapport de force peut se jouer à un point. Donc quand vous accumulez toutes ces variables, une trentaine de circonscriptions, ça va se jouer à moins d'un point potentiellement.
Plus de 100 circonscriptions, ça peut se jouer à deux points, vous vous rendez bien compte que les simulations en siège, il faut faire attention. Et vous avez 50 circonscriptions où a priori le troisième est à un point du deuxième. Donc la qualification pour le second tour, elle peut aussi bouger. C'est pour ça que j'essaye de calmer le jeu sur les simulations en siège. Je comprends que ce soit important parce que c'est le résultat des législatives, mais c'est quand même un outil à fortiori avant le premier tour.
Alors quel est l'indicateur que vous prenez au sérieux ? Est-ce que c'est la dynamique en faveur de la NUPES ces dernières semaines, qui est au fond assez constante, vous allez me dire d'ailleurs si je me trompe, c'est ce qu'on a vu dans les enquêtes d'opinion ? Ou est-ce que, quel est l'autre indicateur ? Vous vous dites, ça pour le coup, est-ce que c'est l'abstention, le risque d'abstention ? C'est quoi ?
Moi je crois qu'il y a trois dimensions qu'on peut retenir à date de ce scrutin. Première dimension, c'est un scrutin qui sera abstentionniste. Là-dessus, ça me paraît quand même assez...
Avec peut-être des records même.
Avec peut-être des records, on était à 51,3% d'abstention en 2017, on pourrait même être au-dessus, ou en tous les cas dans cette zone-là. Premier point. Deuxième point, et il est important, c'est un scrutin nationalisé. Ça ne se joue absolument pas sur la prime au sortant. Ça, on a pu le mesurer avec de gros échantillons. Il y a une prime au sortant, évidemment, que dans les circonscriptions, le sortant est un LR, ils font un peu mieux qu'en moyenne générale. Mais ça ne change pas la donne, parce que même s'ils ont 17% dans ces circonscriptions-là, plutôt que 11% en moyenne, ça les maintient en quatrième position. Et c'est la même chose pour les autres forces, pour aller vite.
Donc, pas d'élément local, un scrutin extrêmement nationalisé. Il n'y a pas non plus, ça fait l'objet de beaucoup d'interrogations, de différences majeures, suivant que le candidat de la NUPES, c'est France Insoumise ou écologiste ou PS. Donc, avec un gros échantillon, ça sont des choses que vous pouvez mesurer. Ça ne joue que marginalement. Donc, c'est un scrutin très nationalisé, vous l'avez bien dit. C'est Mélenchon contre Macron. Et troisième point, c'est un scrutin incertain. Donc, c'est le troisième élément.
Il est incertain parce qu'il y a ces rapports de force, parce que les bascules peuvent se faire ensuite au second tour avec des effets sur des sièges extrêmement lourds, extrêmement puissants. Donc, il faut modérer les simulations en siège et bien travailler sur les rapports de force.
C'était parfaitement clair. Merci beaucoup, Brice Ceinturier. En tout cas, on comprend mieux pourquoi il y a un vent de panique. C'est Jean-Luc Mélenchon qui le dit, parlant de la majorité. En tout cas, peut-être une petite fébrilité du côté du camp d'Emmanuel Macron sur le scénario de ces législatives. Une fébrilité, c'est incontestable. Une panique, non, n'exagérons rien. Parce qu'aucun, pour l'instant, aucun sondage, aucune projection, celle de Brice Ceinturier ou d'autres instituts, ne donne la victoire, la majorité à la NUPES à ce jour. Il faut le redire à nos téléspectateurs.
Donc, en revanche, ce qui apparaît quand on regarde toutes les études, en tous les cas, moi, c'est comme ça que je le vois, c'est qu'on a le sentiment que les Français, un, ne sont pas très intéressés par ce scrutin, deux, qu'ils veulent, au fond, ils ne veulent pas donner la majorité à la NUPES, mais ils ne veulent pas non plus donner un blanc-seing à Emmanuel Macron. Il y a comme une espèce de... Ils n'ont pas envie de grand-chose dans la scène politique qu'il aurait présenté aujourd'hui, ce qui est tout à fait inattendu. C'était le cas pour la présidentielle déjà ? Oui, c'est-à-dire que ces présidentielles ressemblent furieusement à...
Ces législatives ressemblent furieusement à la présidentielle. Rien n'accroche, ça ne démarre pas. Les extrêmes dominent la scène politique, et Emmanuel Macron doit arriver dans la ligne droite, donner le coup de collier pour essayer d'avoir cette majorité absolue, peut-être pas pour son seul parti, mais au moins avec ses alliés du Modem et de Horizon, ce qui est déjà une surprise. Il y a à peu près 40 jours, nous avions fait une émission assez vite après ici, la NUPES était née, tout le monde se disait, oh là là, ils feront peut-être 50, 100 députés, et puis là, aujourd'hui, dans les projections de tous les instituts, on est quand même plutôt 190.
Donc c'est déjà en soi assez inattendu, c'est une surprise, et sans doute la première fois que le troisième à l'élection présidentielle fait le match avec le premier, éclipsant la seconde. Déjà, en soi, on est dans le hors-norme pour ces législatives qui sont habituellement des élections un peu de confirmation de la présidentielle, depuis 2002 que les législatives se sont passées après la présidentielle, au fond, à chaque fois, la majorité a été assez large, la campagne a été faite d'assez peu de suspense, c'est peut-être la première fois qu'il y a cette incertitude à quelques jours du premier tour.
Pauline de Saint-Rémy, incertitude, forcément, quand on veut avoir une majorité forte et claire, c'est ce qu'a demandé aujourd'hui Emmanuel Macron, ce n'est pas le scénario dont il rêvait. Non, exactement, mais sur la question de l'inquiétude qui se serait emparée d'Emmanuel Macron et de son entourage, il y a un petit peu de récit qui s'oppose entre ceux autour de lui qui, justement, s'impatientaient jusqu'à hier, où il est allé en Seine-Saint-Denis, aujourd'hui où il était dans le Tarn, où il a prononcé son premier vrai discours de campagne, en fait.
Il y avait une sorte d'impatience chez ceux de son entourage qui estimaient qu'il aurait dû rentrer dans la campagne beaucoup plus tôt et qui, surtout, depuis six semaines, depuis la fin de l'élection présidentielle, aurait voulu qu'il s'activait... Et pourquoi il ne l'a pas fait ? Alors, justement, j'allais vous dire que la deuxième version qu'on entend, il y a ceux qui s'inquiètent un petit peu, qui s'assument de nous le dire, à nous, journalistes notamment, c'est que, rien du tout, Emmanuel Macron n'est absolument pas inquiet, pas particulièrement, en tout cas, même s'il observe, effectivement, la dynamique de la NUP ou de la NUPES, selon la façon dont on le prononce.
On n'aura pas réussi à se mettre d'accord jusqu'à trois jours du premier tour.
Emmanuel Macron dit NUPES.
Bon, très bien. Que, en réalité, tout se passerait exactement comme le président de la République l'avait prévu, puisqu'il estime depuis le début que les Français ne s'intéressent pas à la campagne et ne s'y intéresseront que dans la toute dernière ligne droite. On y est, et ce serait la raison pour laquelle il s'est déplacé hier et aujourd'hui. Et uniquement ça, pas du tout une volonté d'accélérer chez lui et donc une quelconque inquiétude.
Et Jean-Luc Mélenchon, qui a fait une conférence de presse à l'instant, a expliqué que ce n'était pas au président de la République de mener la campagne législative et que c'est grave d'accuser ses opposants de fragilité, l'unité du pays, puisque c'est l'une des accusations d'Emmanuel Macron. Ce n'est pas au président de faire la campagne, il a raison, Jean-Luc Mélenchon ? Alors Jean-Luc Mélenchon voudrait que ce soit Elisabeth Borne, évidemment, qui mène la campagne, parce qu'il sait que c'est un tout autre adversaire, Emmanuel Macron. Et il voit bien, d'ailleurs, dans la dernière ligne droite, il y a eu beaucoup de temps de parole qui a été accordé à la NUPES.
Et donc, il y a beaucoup plus de temps de parole aujourd'hui pour la majorité. Donc ça aussi, ça a été calculé par la majorité, par les équipes d'Emmanuel Macron. Donc on va beaucoup entendre Emmanuel Macron jusqu'à vendredi soir, la fin de la campagne. Vous avez gardé du temps de réserve volontairement ? Alors, certains ont regardé, effectivement, comment ça se passait, parce que c'est un jeu qui se joue jusqu'au premier tour des législatives. Mais Jean-Luc Mélenchon, il voit bien ce qui est en train de se passer. C'est-à-dire que pour l'instant, il y avait un refus de jeu de la part de deux acteurs très importants de cette campagne, Emmanuel Macron et Marine Le Pen.
Marine Le Pen avait dit très tôt, finalement, que le président de la République aurait sa majorité. On l'entendait dire, si on a un groupe, ce sera bien. Et puis elle a commencé à hausser le niveau de jeu en voyant que Jean-Luc Mélenchon était en train de lui prendre, ce que vous disiez à l'instant, Bruno, sa place de première opposante à Emmanuel Macron. Et puis de l'autre côté, on avait Emmanuel Macron qui était aussi dans le refus de jeu. Il prenait son temps. Il a pris des semaines à construire le gouvernement, du temps à rentrer en campagne. Et donc, il y a eu beaucoup de place pour Jean-Luc Mélenchon.
Et finalement, Jean-Luc Mélenchon a croisé l'aspiration de toute une partie de la gauche qui disait depuis des années, on le voyait dans les sondages, il voulait qu'il y ait une candidature unitaire. Alors, ça n'a pas été le cas pour la présidentielle, mais il y avait une aspiration des jeunes. Et donc, ils ont regardé un peu passer le train à Jean-Luc Mélenchon. Et puis maintenant, ils se réveillent en fin de campagne. Et c'est effectivement Emmanuel Macron qui met de la campagne et pas Elisabeth Borne.
Ce que je n'arrive pas à comprendre, pardon, c'est est-ce que c'est un scénario, au fond, qui a été pensé dès le début par le président de la République en disant on va laisser partir Jean-Luc Mélenchon et de toute façon, dans la dernière ligne droite, c'est comme ça qu'on fait une campagne. Désormais, les gens se décident très tard. Et je rentre en campagne au moment que j'ai choisi. Il y a quelque chose qui est un peu précipité parce que les sondages étant ceux que viennent de décrire à l'instant Brice Turier. Je pense qu'il y a des deux.
C'est-à-dire à la fois la volonté de garder la maîtrise du temps et donc d'être très présent dans la dernière ligne droite de la campagne en sachant qu'il y avait énormément de temps cette semaine entre la présidentielle et les législatives et que les Français allaient s'en désintéresser d'une campagne longue. Mais en même temps, une petite inquiétude parce que finalement, la gauche pour Emmanuel Macron, c'était de l'histoire ancienne, c'était réglé. On parlait beaucoup de la France qui avait basculé à droite même si ce n'était pas tout à fait exact quand on regardait les items. Mais c'est ce qu'on entendait beaucoup que le danger ne devenait plus de là.
Et là, il y a un récit qui est en train de se construire à gauche sur la fiscalité, sur le programme économique. Et là, il comprend qu'en particulier sur la retraite à 65 ans qu'il va y avoir une opposition très présente. Et il sait bien que même si Jean-Luc Mélenchon n'obtient pas la majorité absolue, la NUP sera très présente. Il sera obligé d'adapter ce qu'il a commencé à faire, son discours y compris sur les retraites. On va en parler dans un instant. En tout cas, la Macronie sort l'artillerie lourde dans la dernière semaine pour tenter d'enrayer la percée de l'union de la gauche derrière Jean-Luc Mélenchon. Le président est donc entré en campagne.
Il cible les terres de gauche et tacle un programme, je cite, d'interdiction et de taxation. Il a appelé aujourd'hui les Français à lui donner une majorité forte et Claire Aubrey Perrault et Erwann Hylian. Comme un air de victoire à gauche avant même d'avoir les résultats. À quelques jours du premier tour, Adrien Catenance, l'une des têtes d'affiche des Insoumis, pousse la chansonnette. Si les candidats NUPES s'y voient déjà à l'Assemblée, c'est que les derniers sondages sont bons. L'alliance de la gauche fait désormais la course en tête devant la majorité présidentielle. Le chef de file, Jean-Luc Mélenchon, surfe sur la dynamique et en remet une couche dans la presse.
C'est la première fois que l'opposition est donnée en tête « Nous allons gagner ».
Quelques jours après la percée de la gauche dans les circonscriptions des Français de l'étranger, pour des députés de la NUP, appel à la mobilisation générale ce dimanche.
On compte sur vous,
c'est dimanche que ça se passe.
Jean-Luc Mélenchon, Premier ministre, Emmanuel Macron va devoir se faire à l'idée, répète-t-il.
« Ah bah si bonhomme, tu vas le nommer ».
Pas si vite, répond Emmanuel Macron. Un mois et demi après sa réélection, le président en campagne, plus que jamais, hier en Seine-Saint-Denis. Et même là, la Macronie commencerait-elle à s'inquiéter. Cette semaine, ténors et ministres défilent sur le terrain pour aller défendre le parti présidentiel.
« Ce qui compte pour moi, c'est d'abord le travail que je vais réaliser. Et pour réaliser ce travail, bien sûr, nous avons besoin d'une majorité solide à l'Assemblée nationale. »
Une majorité à l'Assemblée pour appliquer le programme du président élu, mais aussi pour se protéger d'une régulation soviétique, préviennent-ils.
« Il est clair que,
vous savez,
avec le droit de réquisition
des entreprises,
par exemple, qui a été posé, sans aucun motif,
ça fait partie des propositions. De toute façon, ils nous proposent une société où soit tout est interdit, tout est organisé. On ne pourra même plus couper son bois dans sa propre propriété, selon Jean-Luc Mélenchon. »
Jean-Luc Mélenchon, devenu la cible préférée des marcheurs.
« Eux disent vouloir investir dans l'école et la santé, mais veulent le faire avec de l'argent qui n'existe pas. Le résultat, avec Jean-Luc Mélenchon, c'est la guillotine fiscale à tous les étages. »
La gauche pro-dépensière, la nouvelle première ministre promet-t-elle des aides ciblées sur le dossier épineux du moment, le pouvoir d'achat ?
« On souhaite apporter une réponse aux Français les plus modestes avec un chèque alimentation qui sera là aussi mis en place dans le cadre du projet de loi d'urgence pour le pouvoir d'achat. »
Le pouvoir d'achat. Elle en avait fait son argument pour la présidentielle, Marine Le Pen. Mais après le deuxième tour, quand Emmanuel Macron savoure sa victoire, que Jean-Luc Mélenchon prépare déjà le troisième tour les législatives en appelant à se faire élire premier ministre, la candidate du Rassemblement National, elle, affiche moins d'ambition au début mai.
« Vous voulez être premier ministre, Marine Le Pen ? » « Mais encore une fois, ça c'est une escroquerie qui a été vendue par Jean-Luc Mélenchon. Il ne sera jamais premier ministre. Voilà. Donc il faut arrêter cette fable. »
Marine Le Pen espère 15 députés minimum à l'époque.
« Fais capable ! Donne-moi un peu plus ! »
Avant de revoir ce chiffre à la hausse
un mois plus tard. « 60 députés, c'est la limite pour que l'opposition soit une opposition de plein pouvoir. c'est-à-dire qu'elle est l'intégralité des moyens qui sont accordés à l'opposition. Et l'idée, si vous voulez, qu'un mouvement qui a soutenu une candidate qui est arrivée au second tour de l'élection présidentielle à 42% des voix ne puisse pas avoir une opposition de plein exercice me paraît être un déni démocratique absolu. » « Cet objectif
est-il encore atteignable pour le Rassemblement National ? » « Pour l'instant, crédité de 20 à 60 sièges à l'Assemblée, largement distancée par l'alliance de gauche et le parti présidentiel. » Nous étions déjà en plein débat en regardant ce reportage. Cette question qui nous est posée par Gérard en Haute-Vienne. « Cette dynamique Mélenchon est-elle le signe d'un rejet de la politique de Macron ? » Brice Saint-Huay, c'est intéressant cette question.
Oui, tout à fait. Parce que ce qu'on voit dans cette élection et qui est un peu inédit par rapport à 2017, c'est qu'il n'y a aucun désir ni pour Ensemble et Emmanuel Macron ni en réalité non plus pour la NUPES. Il ne faut pas là-dessus se faire d'illusions. Vous parlez de dynamique. Pour l'instant, on a un mouvement quand même qui semble lent, progressif en faveur de la NUPES, mais ce n'est pas une dynamique comme on l'a vu dans les derniers jours. On verra dimanche pour Jean-Luc Mélenchon. Mais le point frappant, c'est qu'en 2017, les Français, vis-à-vis d'Emmanuel Macron, se disaient « nouveau président », « curiosité », « approbation des premiers pas ».
Et donc là, il y avait une forme de dynamique. Ce n'est plus du tout le cas. Quand vous testez les domaines d'action gouvernementale et que vous demandez aux Français s'ils font confiance ou pas au gouvernement, vous avez des taux qui en réalité sont très faibles. Quand vous demandez ensuite « est-ce que la NUPES ferait mieux ou moins bien ou ni mieux ni moins bien », vous vous rendez compte qu'il n'y a pas non plus beaucoup d'espérance du côté de la NUPES. C'est ça qui fait que ce scrutin est un peu mis à distance parce que des deux côtés, il n'y a pas de dynamique puissante, de dynamique forte.
Et il y a un contraste saisissant entre le sentiment d'urgence des Français, notamment sur la question lenteur perçue des décisions prises par le gouvernement. 65% nous disent que le rythme est trop lent, le rythme de décision et d'action du gouvernement est trop lent. C'est ça qui, en revanche, je crois, structure une partie de l'économie.
Parmi les attentes des Français, Emmanuel Macron, lors de son déplacement, je crois que c'était hier, dit « les Français, ils veulent de la stabilité ». Est-ce que c'est ce qu'ils vous disent aussi ? Avec cette idée, on va en parler dans un instant, des arguments qui sont déployés notamment contre Jean-Luc Mélenchon et la NUPES, qui est de dire, en gros, ce sera le chaos et une forme d'instabilité.
D'une certaine façon, c'est vrai. Quand on pose des questions, est-ce que vous souhaitez plutôt des réformes ou plutôt qu'on travaille au rassemblement que le président et le gouvernement cherchent à rassembler les Français, ce qui l'emporte, et assez clairement, c'est une volonté de tempérer, de rassemblement, beaucoup plus que de transformation. Et de la même manière, on n'a pas dans nos enquêtes un souhait majoritaire qu'il y ait une bascule en faveur de Jean-Luc Mélenchon, Jean-Luc Mélenchon, Premier ministre, et une majorité pour la NUPES. On a plutôt deux logiques radicalement opposées mais sans grande dynamique puissante derrière.
Quels sont les arguments utilisés du coup par le camp d'Emmanuel Macron contre Jean-Luc Mélenchon avec vous, Pauline de Saint-Rémy ? Alors, évidemment, ils caricaturent un petit peu Jean-Luc Mélenchon mais ils l'attaquent essentiellement sur son programme économique. Alors, il y a plusieurs champs d'attaque mais je vais commencer par le programme économique et notamment sur la question de la dépense publique. Il y a eu un débat qui s'est installé entre Terranova notamment cette semaine sur lequel le gouvernement s'est beaucoup appuyé entre Terranova et la France Insoumise qui ont débattu à coup de... Terranova, c'est un think tank, un groupe de réflexion.
qui prétend en gros que le programme économique de Jean-Luc Mélenchon parce que le programme économique de l'ANUP est celui de LFI. D'accord. D'ailleurs, pourra poser quelques problèmes politiques plus tard mais on en parlera une autre fois. Terranova donc prétend en écho à Bruno Le Maire notamment que ce programme économique mènerait à la banqueroute et notamment à cause de la dépense publique qui est chiffrée à 250 milliards d'euros de dépenses nouvelles par an par LFI que l'Institut Montaigne, un autre think tank plus à droite estime même bien au-delà à 300 et quelques milliards d'euros de dépenses nouvelles par an. Donc ça c'est évidemment un angle important.
L'argument massue de la crédibilité économique du programme de la France Insoumise. Bien sûr. A contrario, on pourrait observer que la France Insoumise et l'ANUP plus généralement a développé un programme assez précis, assez parlant. Ils ont consacré une conférence de presse à ce sujet il y a deux jours qui sont une des formations politiques qui finalement assument le plus son programme économique, le met le plus en avant et essayent de démontrer sa crédibilité. Avec des marqueurs très lisibles pour les gens qui aient retraite à 60 ans, retraite à 60 ans, blocage des prix, SMIC à 1500 euros. Notamment. C'est ça.
Et moi j'ajouterais dans les arguments qui sont déployés, on a entendu Emmanuel Macron le dire hier, faisant le tri au sein de l'ANUP parce que c'est ce qu'il a essayé de faire, les sociodémocrates, les socialistes en gros ne peuvent pas accepter le programme économique mais aussi la quasi-sortie de l'euro
et de l'Union européenne. C'est en gros ce que disent aussi le camp macroniste.
Et l'alliance avec la Russie. L'alliance avec la Russie. Et la nouveauté, c'est aussi, Emmanuel Macron l'a dit aujourd'hui, le cadre était bucolique mais le discours était au canon, il a mis aussi en même temps les extrêmes dans le même panier en quelque sorte. Il parle des extrémistes mettant au fond l'adversaire, le vote barrage qu'il avait mis en place dans l'entre-deux-tours contre Marine Le Pen.
On voit que cette fois-ci ils veulent faire contre Mélenchon mais aujourd'hui il est réuni tous les deux dans un vote barrage contre les extrêmes même si aujourd'hui selon les différents sondages le rassemblement national est moins menaçant qu'il ne pouvait l'être puisque c'était l'adversaire du second tour. Mais Emmanuel Macron, sans doute pour mieux mobiliser c'est la chasse aux modérés qu'il a lancé.
Hier on l'a bien vu il ciblait un peu l'électorat socialiste l'électorat de gauche modérée essayant de leur faire comprendre que le programme de Jean-Luc Mélenchon était fou et aujourd'hui c'était peut-être plus l'électorat de droite modérée qui perdrait beaucoup à ce que la majorité macroniste ne l'ait pas Le camp de la raison Le camp de la raison C'est le retour du camp de la raison Ils espèrent ajouter l'épouvantail Mélenchon pour ramener refaire le coup du vote Est-ce qu'il a tort ? Est-ce qu'il a tort Bruno Jeudy lorsqu'il dit qu'il y a une partie des socialistes qui ne peuvent pas voter pour la NUP ?
Est-ce que peut-être que je me tourne aussi vers Brice Ceinturier sur qu'est-ce que vous voyez dans les enquêtes sur les reports de voix est-ce que au fond cette union de la gauche voulue par Mélenchon fonctionne et est-ce que la gauche comme un seul homme votera pour la NUP ? Ou est-ce que la position développée à l'instant par Bruno Jeudy reportée par Emmanuel Macron qui est de dire en gros socialiste vous ne pouvez pas voter pour Mélenchon ?
En réalité ce que nous mesurons c'est que vous avez une forte minorité de sympathisants PS qui ne sont pas d'accord avec cet accord c'est de l'ordre de 39 à 40% mais ensuite quand vous regardez électoralement c'est ce que je disais tout à l'heure si le fait que ce soit un candidat France Insoumise ou pas restreint l'espace électoral de la NUPES pas du tout ça a très peu d'effet en revanche sur qui cible à mon avis dans le débat et dans la diabolisation de la NUPES et de son programme économique qui sont les électeurs ciblés je pense que ce sont principalement les plus de 60 ans pourquoi ?
parce que ce sont eux qui vont aller voter et qu'eux ont une mémoire de 81-83 donc quand vous leur dites évidemment ça ne parle pas aux trentenaires ou au quadrat mais quand le gouvernement dit c'est quelque chose qui va reproduire puissance 10 81-83 et le désastre qui a été celui de 83 ça parle à une petite partie de l'électorat mais cette petite partie c'est quand même celle qui va aller voter
cette phrase de Emmanuel Macron rien ne serait plus dangereux que d'ajouter au désordre mondial un désordre français on voit bien que c'est l'axe de ces derniers jours de campagne juste quand même un petit point sur la NUPES là où sans doute le camp macroniste s'est trompé c'est qu'ils imaginaient que ça ne fonctionnerait pas cette alliance cet attelage et c'est vrai que sur le papier ça paraissait difficile à l'arrivée il n'y a pas tant de candidatures dissidentes on nous avait dit qu'il y aurait des dizaines et des dizaines de candidatures dissidentes à travers toute la France hormis un peu la zone d'Occitanie parce que Chantal Carole Delga a maintenu les candidatures un peu en Bretagne finalement il n'y a pas tellement de dissidence donc on va voir s'ils ont beaucoup d'élus mais en tous les cas cette alliance fonctionne sur le terrain et même sur les divergences de vues entre parties qui composent la NUP on voit bien que pour l'instant ils sont prêts à mettre un mouchoir en tout cas au niveau des cadres ils sont prêts à mettre un mouchoir sur ce qui les sait pas et on le verra notamment dans un instant sur les questions liées à la sécurité et aux propos de Jean-Luc Mélenchon sur la police dans cette dernière ligne droite il n'y a pas qu'Emmanuel Macron qui se mobilise il y a aussi les ministres qu'on entend beaucoup et les ministres qui font des annonces notamment Bruno Le Maire qui a annoncé une augmentation de 4% sur les pensions de retraite là aussi ce sont des arguments de campagne enfin ce sera fait c'était une attente des retraités ça avait été annoncé mais évidemment la concrétisation en quelque sorte se fait à quelques jours du scrutin oui vous avez remarqué toutes les annonces se font dans la dernière ligne droite donc effectivement cette annonce de Bruno Le Maire les précisions sur l'indemnité à inflation puisqu'on ne parle plus de chèque alimentation mais en même temps avec un petit problème parce qu'on voit que les français attendaient c'était une promesse d'Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle et puis Bruno Le Maire l'a expliqué lui-même ce chèque alimentation il est très difficile à mettre en place parce que l'idée c'était que les français puissent acheter des produits français des produits bio l'idée c'était de leur proposer des produits de qualité et puis ils n'arrivent pas à trouver de dispositif la porte-parole du gouvernement hier a bien expliqué que c'était encore sur l'établi donc l'idée c'est de dire tout ce qu'Emmanuel Macron a proposé sera mis en oeuvre et on commence déjà à vous montrer un petit peu ce qui va se passer cet été autre exemple Emmanuel Macron est revenu cet après-midi sur le dividende salarié l'idée c'est de quand une entreprise va bien que les salariés puissent en bénéficier directement il en parle depuis longtemps il en a parlé pendant la campagne présidentielle et il dit on mettra ça aussi sur l'établi cet été évidemment on entend les adversaires l'opposition crier à l'électoralisme puisqu'on est juste avant les législatives et c'est tout le paradoxe c'est-à-dire c'est le grand silence du gouvernement pendant des semaines enfin d'Emmanuel Macron puis du gouvernement pendant des semaines et là tout d'un coup dans la dernière ligne droite c'est une annonce c'est de l'habilité politique c'est de l'habilité et on n'a pas parlé non plus de Brigitte Bourguignon qui a fait des annonces pour les soignants hier alors que tous les ministres sont censés être en période de réserve donc c'est le moment où normalement on ne s'exprime pas trop et là on a énormément d'annonces tous les jours effectivement l'idée c'est qu'au moment d'aller voter les français dans l'oreille les dernières annonces alors ce que disent aussi certains c'est que c'est le dernier moment de générosité du quinquennat et qu'ensuite c'est d'ailleurs ce que développe Jean-Luc Mélenchon ensuite une fois que les législatives sont passées l'addition va être très salée selon la fameuse expression de l'Elysée le sucré maintenant et puis peut-être le salé à la rentrée est-ce qu'il y a une lisibilité comment est-ce que vous résumeriez au fond ce positionnement du président de la République de la majorité des ministres dans cet entre-deux-tours et plus généralement quand vous projetez sur ce deuxième quinquennat Bruno Jeudi est-ce que c'est lisible ?
Non
c'est un peu la surprise c'est que Boris Tenturiel le disait à l'instant c'est vrai qu'il y a eu à peu près 50 jours entre une assez longue période plus longue que d'habitude entre la réélection du président et les élections législatives et d'abord il ne s'est rien passé quasiment pendant 25 jours côté Emmanuel Macron côté majorité il a mis beaucoup de temps à choisir son premier ministre alors on a compris qu'en fait il voulait étirer le temps et ne pas ne pas brusquer le jeu ensuite il nous a parlé beaucoup de sa nouvelle méthode et ça a plutôt fait un flop l'annonce de son conseil national de la refondation je ne suis pas sûr que les français aient compris exactement ce qu'ils voulaient faire ça paraît un peu un concept un peu fumeux ce sera peut-être bien à l'arrivée mais pour l'instant en gros
c'est un peu le conseil économique et social réinventé avec du tirage de citoyens
c'est l'idée de la concertation plus que l'injonction et ne pas être l'injonction ne pas être celui qui veut tout décider la promesse de remettre les corps intermédiaires dans le jeu est-ce que c'est aujourd'hui ce que les français attendent au moment où ils voient leur pouvoir d'achat se dégrader en tous les cas on leur dit que ça va leur coûter en moyenne 90 euros par mois toutes ces mesures évidemment ils sont coincés par le calendrier législatif et du coup le président a été contraint de jouer avec le temps parce qu'il ne peut pas faire grand chose mine de rien et là il fait des annonces juste avant parce que je pense que c'est ça un peu aussi la fébrilité c'est-à-dire qu'il faut quand même mettre des choses sur la table
et puis il y a le fait qu'il n'y a pas eu beaucoup d'idées c'est pas très neuf tout ça il n'y a pas quelque chose qui crée un élan qui crée où on se dit
les français se disent en 2017 c'était la promesse d'avoir des nouveaux députés vraiment des gens qui venaient de nouveaux horizons pas des professionnels de la politique on y croyait on n'y croyait pas ça a marché cette fois-ci en gros on nous remet les mêmes mais on vous dit il y a une nouvelle méthode
on va associer tout le monde les français n'ont pas l'air d'y croire ils se disent Emmanuel Macron il n'a pas changé on l'a déjà vu 5 ans la nouvelle méthode pour l'instant ils n'y croient pas trop peut-être qu'ils ont tort mais ils n'y croient pas trop du coup on est dans cette espèce d'attentisme d'une scène politique figée
où les français n'ont envie de rien et le problème c'est que c'est que ça évidemment ça met un peu en péril la question de la majorité et ça c'est quand même très important parce que voter au législatif il faut quand même le dire c'est très important parce que le président il a été réélu si les français ne lui donnent pas la majorité ce sera quand même un sacré bazar notamment s'il doit composer avec des partenaires évidemment s'il doit composer avec des le scénario le plus facile c'est avec ses alliés Modem et Horizon le scénario un peu plus compliqué c'est de se tourner vers ce qui restera de LR alors là pour le coup on basculerait dans c'est 1988 François Mitterrand qui n'a pas la majorité absolue et doit tantôt gouverner avec l'UDF tantôt gouverner avec une partie de la gauche pour faire voter et c'est la garantie de l'immobilisme pendant 5 ans ou pas ?
ça garantit l'immobilisme en tous les cas une action publique qui sera totalement illisible avec des textes c'est la fin du en même temps ce sera la fin du en même temps
mais c'est pour ça qu'Emmanuel Macron réclame une majorité forte contrairement à ce qu'avait fait Mitterrand en 1988 et du coup il avait eu une majorité étriquée et il en a payé le prix
c'est pas parce qu'il la réclame qu'il l'aura tout à fait
mais en tout cas
il a bien compris que c'était un enjeu majeur
naturellement je pense qu'il a compris aussi que toutes les formules qu'on utilise la maître des horloges etc tout ça c'est du vent il est dans un système contraint où il ne pouvait pas sortir de son chapeau d'autres mesures ça aurait été étonnant que ce qui avait été débattu d'urgence des français sur les questions de pouvoir d'achat et puis un pouvoir qui pendant 50 jours n'a pas dit grand chose et rien dit de nouveau
et qui annonce un projet de loi sur la question du pouvoir d'achat dès après naturellement les législatives
il n'y a que ça comme dans le calendrier les retraites par exemple aujourd'hui les français à mon avis
on va en parler dans un instant mais d'abord je voudrais qu'on voit ce reportage parce que c'est le sujet qui s'est invité au fond dans une campagne que vous avez décrit les uns et les autres comme assez atône la sécurité la polémique du stade de France a bousculé le gouvernement et la sortie de Jean-Luc Mélenchon sur la police qui tue a embarrassé y compris dans son propre camp dans la dernière ligne droite c'est en tout cas c'est sur ce thème qu'Emmanuel Macron a consacré son déplacement d'aujourd'hui dans le Tarn Juliette Vallon et Michel Bouy Cet après-midi Emmanuel Macron était en déplacement dans le Tarn avec un objectif mettre l'accent sur la sécurité à la rencontre de la gendarmerie locale le président de la république écoute prend son temps et s'intéresse aux nouveaux équipements ici une caméra vous avez été amené à l'utiliser dans des procédures oui et alors maintenant c'est fluide après avoir annoncé la création de 200 nouvelles brigades de gendarmerie sur le territoire le chef de l'état monte au créneau pour défendre les forces de l'ordre
il y a des choses que de là où je suis je ne peux pas accepter c'est qu'on insulte celles et ceux qui risquent leur vie pour protéger la nôtre et donc oui pour qu'une nation soit unie et que la république debout nous devons absolument défendre nos gendarmes comme nos policiers
une réponse très ferme à la polémique sécuritaire qui a occupé toute la classe politique cette semaine après la mort d'une jeune femme de 21 ans tuée par des policiers le week-end dernier à Paris lors du contrôle d'une voiture qui a mal tourné mais une réponse cinglante surtout à Jean-Luc Mélenchon qui quelques heures après le drame dénonce une peine de mort pour refus d'obtempérer sur Twitter avant d'écrire ce nouveau message
la police tue
et le groupe factieux Allianz justifie les tirs et la mort pour refus d'obtempérer la honte c'est quand
immédiatement ces propos font scandale au sein de l'opposition une occasion presque trop belle pour la majorité d'attaquer le leader de la France insoumise à quelques jours du premier tour des législatives alors que l'alliance de gauche la NUPES est en tête des intentions de vote
on ne peut pas avoir comme monsieur Mélenchon une présomption de culpabilité vis-à-vis de la police
c'est insupportable et c'est particulièrement insupportable de la part d'un haut responsable politique et peut-être encore particulièrement dans cette période électorale
à droite on s'empare de la polémique pour critiquer le bilan sécuritaire d'Emmanuel Macron
il y a malheureusement une montée de la violence dans le pays contrairement à ce qu'on nous raconte aussi ces derniers mois il y a eu une augmentation de 32% des violences sur les personnes depuis 5 ans sur ce quinquennat il y a une augmentation des homicides une augmentation des violences contre les élus contre les policiers donc il faut être capable de répliquer
le thème de la sécurité décidément partout cette semaine y compris autour du foot après l'audition du ministre de l'Intérieur sur le chaos autour de la finale de la Ligue des Champions au Stade de France autour du préfet de police de Paris Didier Lallement d'être convoqué par les sénateurs ce matin le haut fonctionnaire fait son méa culpa
c'est à l'évidence un échec car des personnes ont été bousculées ou agressées alors que nous leur devions la sécurité c'est un échec aussi car l'image du pays vous l'avez souligné messieurs les présidents a été ébranlée c'est une blessure pour moi car l'amour de la patrie et l'honneur du drapeau comptent plus que tout
cet après-midi dans le Tarn Emmanuel Macron a réaffirmé vouloir doubler la présence des forces de l'ordre sur le terrain d'ici la fin de la décennie la sécurité qui reste toujours l'un des principaux sujets de préoccupation pour les français et cette question de Bernard dans le Tarn justement où était aujourd'hui Emmanuel Macron les propos de Jean-Luc Mélenchon sur la police ne feront-ils pas perdre des voix aux candidats de la NUP
en tous les cas ce qu'on peut dire c'est que chez les français quand vous demandez est-ce que la NUP ou la NUPES ferait mieux
il va falloir arrêter avec ça il va falloir choisir
mieux ni moins bien connaissance et que vous êtes sur la dimension de la délinquance vous avez 14% des français qui pensent qu'elle ferait mieux et 44% qu'elle ferait moins bien donc clairement ce n'est pas un point de crédibilité le sujet de la sécurité fort et en faveur de Jean-Luc Mélenchon ou de la NUPES je choisis la NUPES mais ce que ça veut dire aussi c'est que du coup sur ces thématiques d'ordre il est à mon avis plutôt habile de la part du gouvernement de reprendre le drapeau de ceux qui défendraient l'ordre et la police n'a pas une mauvaise image dans le pays il y a des questions qui se posent de plus en plus sur l'usage de la violence dans la police mais vous avez 70% des français qui font confiance à la police donc là-dessus je crois que ce que Jean-Luc Mélenchon cherche à faire c'est à mobiliser un électorat notamment un électorat des banlieues qui considère et là il est en phase avec une majorité de français qu'il y a du racisme dans la police qu'il y a des actes de violence qui sont inexcusables donc il essaye de mobiliser dans les réserves d'abstentionnistes en sa faveur mais globalement ce n'est pas sa zone de crédibilité
ça veut dire que ce n'est pas une sortie de route de la part de Jean-Luc Mélenchon c'est une sortie calculée c'est un dérapage tout à fait contrôlé pour reprendre l'expression d'Éric Dupond-Moretti je suis assez d'accord je pense que d'abord Jean-Luc Mélenchon en a fait son fonds de commerce depuis des années ça fait à peu près 3-4 ans presque tout le quinquennat où il a systématiquement critiqué attaqué le gouvernement dès qu'il y avait des suspicions de violences policières et d'ailleurs c'est les insoumis qui ont largement popularisé cette expression de violences policières il a critiqué toutes les manifs aussi au point d'ailleurs d'être en contradiction totale avec l'un de ses alliés d'aujourd'hui Fabien Roussel qui était allé à une manifestation pour la défense des policiers là où les insoumis ne voulaient pas s'y rendre donc c'est tout à fait mais il l'a assumé d'ailleurs Jean-Luc Mélenchon sur une radio il a dit j'ai fait un premier tweet qui n'a pas été relevé j'en ai fait un deuxième pour poser la question des violences policières de la sécurité les insoumis remettent en cause la loi on va pas rentrer dans la technique d'avril 2017 qui en gros met les policiers et les gendarmes c'est une redéfinition de la notion de légitime défense et met les policiers au même niveau que les gendarmes pour l'usage des armes donc ils posent ce débat il y a des questions qui se posent c'est vrai la question de la formation de la police aujourd'hui est posée elle est sans doute insuffisante beaucoup de policiers n'ont pas les 90 cartouches tirées par an comme l'exige normalement c'est le conseil d'état qui le dit donc il y a des choses qui sont vraies mais on ne peut pas dire que la police tue c'est quelque chose qui à mon avis c'est une faute moi je pense que pour lui ça peut lui coûter et ça permet à Emmanuel Macron cette semaine de trouver un angle d'attaque là où la semaine dernière la majorité était très en difficulté sur le stade de France les violences du stade de France qui ont à mon avis été catastrophiques et à mon avis les candidats sur le terrain devaient beaucoup en vouloir au gouvernement au préfet de police qui d'ailleurs s'est excusé oui il ne faut pas qu'on passe là-dessus rapidement on va s'y arrêter parce qu'effectivement le préfet d'Allemand a dit que c'était un échec il a assumé l'échec il a assumé l'échec et c'est pas rien Pauline de Saint-Rémy vous vouliez réagir sur sur Jean-Luc Mélenchon vous demandiez si c'était une stratégie assumée je ne suis pas sûre à 100% que ça allait été dès le début une fois que le tweet a été commis si je puis me permettre il a décidé d'assumer cet angle d'attaque mais si on écoute bien ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon il y a eu son passage sur France Inter mais il a tenu un meeting aussi à Caen hier soir sur les terres d'Elisabeth Borne évidemment ce n'était pas un hasard et en présence de son allié Olivier Faure du parti socialiste dont on soupçonnait qu'il pouvait être un petit peu mal à l'aise sur ce sujet il a dit qu'il était mal à l'aise alors là pour le coup il a avalé son chapeau comme on dit interne du bureau national du parti socialiste où il a été mis en cause par certains ténors du PS ceux qui restent on lui a reproché les propos de Jean-Luc Mélenchon et Olivier Faure n'a pas tellement assumé c'est ce qu'on va raconter en tout cas a eu l'air de dire non non c'est pas tout à fait ce qu'il a dit enfin il a essayé de s'expliquer un petit peu maladroitement le soir même à Caen en meeting il a été obligé d'avaler son chapeau et de faire mine d'être parfaitement il aura réussi ça Jean-Luc Mélenchon c'est à dire aller mettre tous le petit doigt sur la couture du pantalon jusqu'à présent on verra une fois les élections passées comment se comportent les groupes les uns vis-à-vis des autres à l'Assemblée nationale mais si il est sûr c'est qu'il mène deux batailles Jean-Luc Mélenchon alors il y a la première la plus visible c'est élisez-moi premier ministre selon le slogan qu'il a développé depuis le début de cette campagne législative et puis un autre combat un peu plus souterrain c'est à dire devenir le chef de la gauche mais le chef idéologique aussi c'est à dire que là on est sur un rassemblement qui se rapproche de lui de la gauche radicale et notamment sur cette question du rapport à la police qui est essentiel c'est à dire qu'effectivement on se souvient vous en parliez tout à l'heure Bruno mais Fabien Roussel Yannick Jadot présent à la manifestation en 2021 auprès des policiers ça avait organisé une polémique au sein de la gauche il y avait ceux qui soutenaient les policiers ceux qui ne les soutenaient pas c'était une ligne de fracture très nette et c'est là qu'effectivement on voit que Jean-Luc Mélenchon a gagné son combat culturel puisque maintenant tous sont derrière lui et finalement on se dit que ça va être un peu pareil pour tout c'est à dire qu'à partir du moment où il se met sous son chapeau sous son drapeau pour cette question qui est très importante qui est vraiment constitutive de l'identité politique des autres il y aura la même question sur l'Europe parce que les prochaines élections intermédiaires c'est les européennes en 2024 ils ont des positions assez différentes lui il est pour la désobéissance au traité alors les autres ont signé comme ça sur un coin de table qu'est-ce qu'il en sera vraiment mais en tout cas au moment de 2024 il ressortira ces dossiers-là sur le nucléaire donc il est en train d'assurer sa suprématie idéologique aussi sur l'ensemble de la gauche c'est en ça que ce qui est en train de se passer est très très important vous le disiez tout à l'heure il était sur les terres d'Elisabeth Borne et naturellement ça n'est pas un hasard est-ce qu'elle fait une bonne campagne des législatives Elisabeth Borne ?
dans sa circonscription sans doute j'ai vu passer un sondage une circonscription où a priori
les candidats marcheurs sont plutôt ont de la marge n'avance donc a priori dans sa circonscription ça a l'air de bien se passer après elle va soutenir
beaucoup de candidats mais c'est assez discret comme campagne elle n'a pas imprimé beaucoup
ses premières prises de parole ont sans doute été à mon avis peu de relief on entend plus on a vu l'interview de Gabriel Attal aller au canon contre il trouve des formules la guillotine fiscale Bruno Le Maire également qui n'est pas candidat se répand est très présent dans les médias dans les matinales bon voilà de toute façon on a l'habitude dans les campagnes de la Macronie s'il n'y a pas
Emmanuel Macron en général c'est plus difficile les émetteurs sont quand même moins puissants il y en a un qui fait beaucoup campagne mais il fait une campagne j'allais dire un peu souterraine mais très présente je crois qu'il a soutenu près de 200 candidats il a fait plus d'une trentaine de circonscriptions
physiquement c'est Édouard Philippe mais Édouard Philippe il fait campagne pour la majorité mais surtout pour Horizon mais c'est vrai qu'il y a un personnage qui est en train de se dessiner la numéro 2 du gouvernement Bruno Le Maire quand on l'écoute on a l'impression qu'il est Premier ministre c'est-à-dire que c'est lui qui annonce avant même Elisabeth Borne les mesures contre l'inflation et on voit bien que dans les réunions dans les comptes rendus des réunions qu'on peut avoir c'est quand même lui qui s'exprime et Elisabeth Borne qui en ce moment elle écoute beaucoup Bruno Le Maire et donc on voit bien Bruno Le Maire il n'était pas tellement partant pour Matinon on dit toujours ça quand on n'est pas choisi quand on n'est pas choisi mais il savait que c'était pas un rôle politique tel que l'envisageait Emmanuel Macron en tout cas c'est-à-dire qu'Emmanuel Macron il voulait quelqu'un qui avait succédé à Jean Castex et qui allait répondre à ce que voulait l'Élysée et c'est vrai que Bruno Le Maire il a une certaine une certaine liberté politique parce qu'il a une longue histoire politique auparavant Elisabeth Borne elle se présente aux législatives elle ne s'est jamais présenté à une élection quelle qu'elle soit auparavant même si elle aurait bien voulu être candidate au régional la dernière fois Emmanuel Macron il avait dit surtout pas tu es au ministère du Travail Elle est sur une sélection qui n'est pas très compliquée ?
Non, elle a face à elle notamment un étudiant de la NUP qui a 22 ans donc on n'a pas l'impression que c'est lui qui pourrait le poser Vous vouliez dire un mot
non mais juste pour prolonger ce que vous venez de dire si effectivement vous aviez une majorité par exemple relative seulement pour Emmanuel Macron il n'est pas du tout assuré qu'il n'y ait pas à nouveau un changement de Premier Ministre et à ce moment-là si Emmanuel Macron avait besoin de s'appuyer davantage sur la droite Bruno Le Maire pourrait être une carte éventuellement à jouer
C'est ça peut-être qui est en train de se dessiner En tout cas
Juste un mot quand même
pardon on n'en a pas beaucoup parlé depuis le début de l'émission sur la finaliste quand même de cette présidentielle sur Marine Le Pen Jordan Bardella disait ce matin si nos électeurs se déplacent dimanche nous arrivons en tête il y a eu un recalibrage de la stratégie c'est vraiment possible ils ne sont pas si loin derrière
En voie ils sont un petit peu en dessous depuis quelques temps de ce qu'ils avaient obtenu à la présidentielle puisqu'on les mesure plutôt dans la zone des 20% 19,5-20% maintenant en siège il y a eu un retournement complet dans la stratégie du Rassemblement National Marine Le Pen avait expliqué que par souci de probité de vérité elle disait la vérité aux électeurs et que donc c'était plutôt 30 députés et pas plus et maintenant on reparle de 150 députés et de la nécessité d'avoir beaucoup de députés du Rassemblement National pour pouvoir s'opposer efficacement à Emmanuel Macron je pense qu'ils ont vraiment senti le danger de laisser totalement le rôle de premier opposant à Jean-Luc Mélenchon et à la NUPES et avec une extrême droite divisée
et les quelques pourcents du parti d'Éric Zemmour reconquête pourraient lui coûter cher notamment dans le sud
où elle peut rater
le deuxième ses candidats peuvent rater le second tour ou avoir des difficultés pour le deuxième tour et ça ça peut lui coûter cher et comme elle n'a pas voulu contrairement à Mélenchon faire l'union de son on va dire de l'extrême droite juste pour boucler la boucle il me reste une minute pour parler des LR est-ce qu'il y a un regain d'espoir parce qu'ils pourraient se dire qu'ils vont jouer sur des équations personnelles au niveau local qu'est-ce qu'on dit chez les LR ?
Il y a eu effectivement un regain d'espoir ces derniers jours notamment à cause de ce à quoi vous faisiez allusion au tout début en parlant des sondages qui ont tendance c'est ce qu'ils disent en tout cas eux parce qu'ils ont commandé des sondages internes mais vous allez nous le confirmer ont tendance à montrer que là où ils ont des candidats sortants rappelons qu'ils ont ils ont aujourd'hui 100 députés là où ils ont des candidats sortants qui se représentent ils sont plutôt solides et l'ancrage local fonctionne pour eux sauf que depuis ce qui se passe justement entre Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron vous allez peut-être nuancer un peu mais ce qui se passe entre Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron ne leur rend pas service et ils commencent à le sentir il y aurait un vote utile en faveur de Emmanuel Macron parce qu'effectivement cette stratégie de vouloir faire peur en agitant le chiffon rouge Mélenchon pourrait fonctionner notamment chez leurs électeurs
encore une fois même quand ils sont sortants ils restent souvent en troisième ou en quatrième position donc ils reviendront affaiblis à l'Assemblée ça sera peut-être 50 peut-être 60 c'est-à-dire que c'était
par rapport à la Bérésina qu'on annonçait
est-ce qu'ils vont s'en sortir sauver les noeuds passer de 100 à 50 ou à 40 ça commence à sentir quand même la Bérésina si ça se confie
en tout cas il y a une autre question qui a émergé pendant cette campagne c'est la question des services publics avec la crise de l'hôpital notamment et bien cela a donné des arguments aux oppositions Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen s'en sont donnés à cœur joie notamment sur l'organisation de job dating pour dénicher des professeurs reportage Barbara Astec Théo Manval et Stéphane Lopez
Après les speed dating
pour rencontrer l'amour les job dating pour recruter les professeurs et il y avait foule la semaine dernière devant ce lycée de Palaiso de nombreux candidats CV en poche prêts à épouser une carrière dans l'enseignement des profils différents jeunes moins jeunes une deuxième vie pour certains
je suis en pré-retraite et donc je voudrais faire partager mon expérience de la vente parce que j'ai toujours travaillé dans la vente pendant 30 ans
vous êtes pour quel poste au lendemain ?
professeur de mathématiques en lycée ou collège plutôt lycée
est-ce que vous avez déjà travaillé dans l'éducation nationale ?
absolument pas
quel est votre parcours ?
je fais 30 ans d'armée et ensuite 7 ans comme directeur de foyer pour personnes handicapées
ces candidats ont rendez-vous avec la plus grosse académie de France Versailles qui manque cruellement de professeurs 1300 postes d'enseignants sont à pourvoir pour la rentrée 2022 pour postuler il faut au minimum un bac plus 3 et c'est parti pour 30 minutes d'entretien que nous ne pourrons pas filmer
mise en situation assez rapide vous avez 4 élèves qui ont des difficultés par rapport aux autres les autres sortent en cours en récréation que faites-vous ? comment vous organisez-vous ? vous restez avec les 4 comment vous emmenez les 20 autres en récréation ? il y a du bon sens de l'organisation
et la méthode semble séduire ce membre du jury inspecteur de l'éducation nationale
les gens qui viennent viennent avec une nouvelle énergie dont on a besoin dans l'enseignement ils n'ont pas une représentation un peu ancienne de l'enseignement du professeur qui va être derrière son bureau et qui va faire cours non non ils viennent vraiment avec j'ai envie de transmettre j'ai envie de ils partent de leur expérience personnelle j'ai des enfants j'aimerais bien voir ça à l'école
les candidats sont bien plus nombreux qu'espérés et ceux qui n'ont pas d'entretien ont quand même la possibilité de laisser leur dossier est-ce que vous avez une prédilection pour le collège le lycée plutôt pour le lycée les heureux élus seront recontactés d'ici la fin du mois de juin pour un second entretien avant une courte formation cet été Samantha a 37 ans après 15 ans passés dans la banque elle a décidé de changer de vie et devenir professeur en lycée professionnel une quête de sens un sacrifice financier aussi
je vais perdre à peu près 1700 euros par mois pour compenser
j'avais déjà anticipé j'ai arrêté de fumer j'avais pris un appartement avec un loyer moins élevé je sais que ce sera pas forcément toujours facile mais je sais pourquoi j'y vais il y a vraiment comme je dirais un but du but un but au-delà même que de se lever à aller bosser et voilà et là en l'occurrence dans la banque je me retrouvais plus dans les valeurs que je peux porter la seule appréhension pour Samantha sera l'accueil de ses futurs collègues car la méthode fait polémique dans l'enseignement il y a une déqualification du métier c'est à dire que à partir du moment où on peut recruter n'importe qui pour ce métier ça veut dire qu'on n'a pas on qualifie pas le métier et on n'a pas une bonne qualification après il y a une précarisation de notre métier c'est à dire qu'on va avoir de plus en plus de contractuels de gens qui ne sont pas titulaires qui ne s'engagent pas dans le métier et puis c'est inquiétant pour les élèves évidemment parce qu'effectivement ils n'ont pas cette formation donc ils n'auront pas les compétences pour faire passer les savoirs et les connaissances une revalorisation des salaires c'est la proposition des syndicats pour rendre le métier de professeur de nouveau attractif c'est en tout cas une urgence à trois mois de la rentrée Alors on ne sait pas comment ça peut infuser dans l'opinion cette petite polémique autour de ce job dating dans l'éducation nationale les oppositions ont dénoncé le déclassement du service public et notamment de l'éducation nationale et ce reportage est intéressant parce qu'on voit aussi l'enthousiasme de cette jeune femme qui veut absolument enseigner et qui a accepté de renier une partie de ses rémunérations
Oui mais même à l'Elysée on n'est pas très très à l'aise quand on les interroge sur ce type de recrutement
bon voilà de toute façon on sait bien qu'aujourd'hui il y a un énorme problème de recrutement chez les enseignants il y a la question de la vocation de ce métier mais ils ne sont pas très à l'aise quand on leur en parle et c'est le grand chantier au fond s'il y a quelque chose que Emmanuel Macron va vraiment suivre et dans ce mandat ça va être sans doute l'école il a déjà beaucoup discuté avec son ministre on n'a pas beaucoup rien avant sa nomination on ne l'a pas beaucoup entendu je suis d'accord avec vous mais et puis il s'est investi il a mis des choses dans sa campagne 12 milliards pendant 5 ans dont 6 pour la revalorisation des enseignants une revalorisation qui a en face des contreparties c'est à dire que ce n'est pas forcément pour tous les profs c'est une sorte de travailler plus pour gagner plus il y a aussi la question de l'autonomie il y a beaucoup de choses qui ont été posées par le président dans un quelque chose qui est encore un peu flou mais on voit bien qu'il veut avancer sur ce dossier et la question de la vocation des enseignants la question du recrutement et peut-être pas en arriver à ces situations-là c'est au centre aussi de ce grand chantier de l'école Soazie Kamenar ça ferait partie des sujets qui sont amenés à être débattus dans ce conseil national de la rénovation de la refondation de la refondation dans le musée il y a un truc qui cloche la refondation on n'a pas les périmètres encore mais ce qu'on commence à entendre en tout cas c'est que ce sera pour les chantiers à long terme et c'est vrai que là job dating c'est pour répondre à une urgence il faut des profs pour la rentrée alors j'ai découvert qu'il y avait déjà 20% de contractuels 20% des profs qui sont contractuels aujourd'hui dans l'éducation nationale alors là on parle beaucoup parce que c'est très spectaculaire cette opération à Versailles d'habitude ça se fait à bas bruit après c'est vrai que d'après ce qu'on sait alors Olivia Grégoire porte parole du gouvernement a beaucoup insisté hier sur le pourquoi il y aurait un conseil national de la refondation elle dit mais je ne vous parle pas encore du comment donc on n'a pas encore c'est quand même très flou et très mystérieux pour l'instant mais on a compris en tout cas que c'était les grandes orientations françaises à long terme donc effectivement l'éducation la santé ça en fait partie on commence à voir d'ailleurs une stratégie c'est à dire des mesures à court terme sur la santé comme sur l'éducation très rapide et puis ensuite une vision à plus long terme alors c'est ce qu'avait essayé de faire Emmanuel Macron sur l'économie avec la France Relance France 2030 etc.
donc l'idée c'est de projeter le pays donc effectivement la question c'est comment donner aux gens envie à nouveau d'être prof comment susciter des vocations et puis comment sécuriser des parcours pour qu'il y ait des bons profs face aux enfants c'est pas que les personnes qui soient là ne soient pas des bons profs mais on ne peut pas dire que ce soit des profs formés comme les profs l'étaient à d'autres périodes Sur la méthode il y a une attente de la part des français de changement de méthode on l'a suffisamment dit lors de la présidentielle est-ce que ce conseil national de la rénovation même si on ne sait pas encore exactement comment il va se passer il y a quand même
refondation
pardon rénovation il y a un côté non mais non refondation il y a quand même une attente là-dessus de la part des français ou est-ce que vous diriez comme disait tout à l'heure Bruno Jeudy qu'il y a une forme de scepticisme sur ces affaires de méthode
je crois que le scepticisme quand même l'emporte et puis qu'il y a une double angoisse pour les parents pour les français mais plus précisément pour les parents puisque d'un côté ils entendent qu'il peut y avoir une rentrée avec un nombre insuffisant d'enseignants et puis de l'autre côté que les enseignants n'auront pas forcément les mêmes qualifications que ce qu'il y avait auparavant c'est quand même deux schémas qui sont fondamentalement insatisfaisants l'autre aspect aussi c'est que nous sommes au moment du deuxième quinquennat donc ces sujets ils ne datent pas d'hier ils sont lourds ils ne datent pas d'Emmanuel Macron mais malgré tout un peu comme dans le domaine de la santé quand il y a une situation d'urgence et qu'Emmanuel Macron dit je commande un rapport mission flash on comprend pourquoi quand on regarde le détail de ces déclarations etc mais malgré tout vous vous dites il y a eu 5 années déjà donc le sentiment dominant c'est que des problèmes lourds et les français comprennent que ce sont des problèmes lourds et complexes malgré tout n'ont pas été traités alors que 5 années se sont déjà écoulées
et nous revenons maintenant à vos questions une question de Bruno dans le Val-de-Marne écoutez Macron on a l'impression que lors du quinquennat précédent ce n'est pas lui le président c'est précisément ce que vous étiez en train de nous expliquer
oui même s'il faut aussi souligner que la crise des vocations de renseignement ça ne date pas d'il y a 5 ans c'est quelque chose qui a démarré il y a une quinzaine d'années que ces problèmes là structurellement n'ont pas été traités par les présidents précédents ou les majorités précédentes mais là puisqu'il y a une réélection je pense que c'est pas du tout la même configuration que quand vous arrivez au pouvoir et c'est ce qui explique aussi ce scepticisme plus grand des français ce manque d'allant à la fois je l'ai dit pour la NUPES mais également pour la coalition gouvernementale parce que il y a une forme de scepticisme de désillusion d'inquiétude et de défiance beaucoup plus importante
Emmanuel Macron pensait-il gagner les législatives sans faire campagne ? Pauline de Saint-Amy c'est un reproche que certains lui font c'est difficile de l'affirmer comme ça mais c'est un petit peu ce qu'on disait tout à l'heure avec Bruno c'est qu'on peut vraisemblablement penser qu'il a au minimum sous-estimé l'effet la dynamique qu'aurait cette union de la gauche qui a réussi quoi qu'on en pense à réaliser Jean-Luc Mélenchon et ça coûte combien le programme du Premier ministre Mélenchon ?
alors vous avez donné quelques chiffres tout à l'heure c'était les chiffres de dépenses nouvelles par an lui dit 250 milliards et certains estiment que ça serait bien au-delà de 300 avec des recettes fiscales qui selon lui seraient aussi plus importantes c'est ça parce qu'il dit que c'est un équilibre économique qui a été validé par le FMI c'est aussi un des arguments qu'il donne il y a un débat d'économistes
et surtout la mesure sur la retraite le retour à 60 ans puisqu'aujourd'hui
c'est 62 ans c'est un coût très très élevé et là-dessus il y a débat et polémique sur le chiffrage d'un tel retour puisque ce serait un des aspects centraux de son programme économique puisqu'il agite ça comme le retour à 60 ans alors que Macron veut 65 ans un Macron sans majorité absolue à l'Assemblée ce serait un Macron moins sûr de lui et plus à l'écoute est-ce qu'il peut y avoir cette tentation de la part de certains électeurs de dire bon on l'a élu président pour 50 plus mais on va en gros faire un peu de politique et mettre en face de lui une majorité qui sera plus difficile à manier oui on entend beaucoup d'ailleurs c'est repris à la fois par Marine Le Pen et par des gens de la NUPES c'est ne donner pas les pleins pouvoirs à Emmanuel Macron enfin les pleins pouvoirs juste c'est l'idée pour d'ailleurs cette expression c'est pas les pleins pouvoirs au sens de la constitution mais c'est l'idée de ne pas recommencer comme en 2017 donc effectivement ça peut infuser tout doucement dans le pays mais tout simplement parce qu'il y a une espèce de apolitisation du débat c'est-à-dire qu'il n'y a pas eu vraiment de débat il n'y a pas eu de choses vraiment saillantes dans cette élection donc ça devient un des thèmes après ça veut dire que c'est du vote aussi c'est du calcul c'est-à-dire je vote un peu pour lui un peu pour lui au second tour enfin on a déjà beaucoup vu ça au premier au deuxième tour enfin surtout au premier tour de la présidentielle donc effectivement on peut entendre ça on va voir dimanche si ça fonctionne ou pas nous n'avons pas droit à une campagne électorale seulement à un combat de coq
alors ça c'est c'est la résultante de l'hyperpersonnalisation des élections législatives nationalisées et personnalisées autour quasi exclusivement de Jean-Luc Mélenchon et d'Emmanuel Macron donc ça donne évidemment ce sentiment mais je crois pour répondre à la question précédente qu'il y a un désir dans le pays de donner plutôt une majorité peut-être à Emmanuel Macron mais une majorité quand même modérée et ça ça me rappelle moi furieusement ce que j'entendais du côté des lecteurs de gauche avant le 21 avril oui oui on votera pour Lionel Jospin au second tour mais au premier tour il faut quand même lui donner une petite leçon il y a un peu de ça et on ne sait pas comment ça se termine
Jean-Luc Mélenchon a clairement établi son programme qu'en est-il de celui du parti d'Emmanuel Macron ?
Ben c'est le le programme d'Emmanuel Macron c'est celui qui était pendant l'élection présidentielle sa plateforme qu'il avait présenté
dans cette conférence de presse de 4 heures on connaît à peu près les grandes têtes de chapitre ce qui est un peu surprenant depuis qu'il a été réélu c'est que nous n'avons pas eu d'éléments de calendrier président réélu il pouvait poser commencer à poser des éléments de calendrier à part la loi à part la loi pouvoir d'achat où là c'est précis début juillet ça a d'ailleurs été préparé par l'équipe précédente et là le conseil des ministres et donc ce sera le premier texte examiné par la nouvelle assemblée pour le reste sur les retraites il dit mise en oeuvre en 2023 c'est un calendrier quand même c'est un calendrier mais bon techniquement ça démarque quand enfin voilà et surtout au début on avait plutôt imaginé que ce soit un des premiers textes pendant l'été 2022 il y a toujours un risque à faire les retraites repousser un peu les retraites on sait que c'est un texte très compliqué à faire passer sous toutes les majorités en France Richard Ferrand et d'autres plaidaient pour que ce soit dès la rentrée 2022 c'est déjà un texte qui est repoussé
au milieu 2023
Une question de Michel dans les Côtes d'Armor comment Macron qui a fait une politique très libérale pendant son premier mandat peut-il demander à la gauche de voter pour lui ?
Pauline de Saint-Rémy Au culot C'est difficile il n'a pas d'autre stratégie que de le faire évidemment C'est le en même temps C'est le en même temps de Macron il se place depuis quelques jours du côté de l'ordre par opposition le débat s'est structuré en fait entre Mélenchon et lui donc il n'a pas d'autre choix que d'aller chercher ces fameux électeurs de gauche modérés dont on parlait qui pourraient ne pas se retrouver Mais sur quoi peut-il aller chercher les électeurs de gauche modérés sur les mesures sociales pouvoir d'achat par exemple annoncées récemment
D'abord peut-être en expliquant qu'une politique ultra-libérale de la part d'Emmanuel Macron quand vous avez réinjecté autant d'argent durant la pandémie ça peut se discuter et c'est ça qu'il cherche à mettre en avant aussi pour capter une partie de la sensibilité de gauche de dire qu'il a protégé les plus précaires qu'il est sur des mesures pour le pouvoir d'achat ciblées justement en faveur de ceux qui souffrent le plus de l'inflation c'est un peu ce jeu-là qu'il essaye de conduire pour au moins atténuer cette critique d'un antilibéralisme qui aurait été sa marque de fabrique et c'est vrai jusqu'en je crois 2018 on avait vraiment des mesures libérales les premières mesures du quinquennal sont totalement libérales
et après la crise Covid les choses en plus
après ça a quand même bougé d'ailleurs on ne parle plus de finances publiques même avant le Covid
ils ne parlent plus trop
d'égard budgétaire exactement on n'est pas dans la start-up nation et les premières mesures du début du quinquennal
Une question d'Éric en Haute-Garonne en cas de victoire de la NUP y aurait-il une alliance entre ensemble et les républicains pour constituer une majorité à l'Assemblée ? C'est peu probable une partie d'abord on ne sait pas combien de députés sortant LR retourneront à l'Assemblée une partie peut être tentée de trouver des majorités d'idées sur certains textes une chose est sûre c'est que ça compliquera beaucoup le travail de reconstruction de la droite de se retrouver dans cette formule même si évidemment l'hypothèse d'être groupe charnière mettra au centre du jeu politique LR je pense que ce sera une si bonne affaire pour LR et ce ne sera sûrement
pas une bonne affaire pour Emmanuel Macron et pourquoi ferait-il ce cadeau à Emmanuel Macron tout simplement ?
Merci à vous tous c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir aux alentours de minuit à 23h45 il est l'heure de retrouver maintenant Anne-Elisabeth Lemoyne et toute l'équipe de CETAVOU bonsoir Anne-Elisabeth au programme ce soir Bonsoir Caroline heureuse de vous retrouver on prolonge vos échanges sur la dynamique Mélenchon qui selon le leader de la France insoumise sème la panique en Macron et on vérifie immédiatement l'état d'esprit du numéro 2 du gouvernement Bruno Le Maire le ministre de l'économie et des finances est notre invitée à tout de suite Merci Anne-Elisabeth bonne émission demain vous retrouvez Axel Detarlet pour un nouveau C'est dans l'air je vous rappelle que vous pouvez retrouver C'est dans l'air quand vous le souhaitez en replay et en podcast belle soirée sur France 5 Sous-titrage ST' 501
Jean-Luc Mélenchon