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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 16 février 2015 6 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & famille

Patrick Lafarge

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 10 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:34OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'on a voulu réduire dans ce millefeuille finalement ?

  • 2:25OuverteRéponse directe

    Est-ce que la défiance à l'égard du gouvernement va jouer sur un scrutin pourtant si local ?

  • 3:27OuverteRéponse directe

    Cette porosité, l'UMP va y laisser des plumes ?

  • 4:12OuverteRéponse directe

    Le FN, il espère quoi ? Obtenir notamment le Var, le Vaucluse, l'Aisne par exemple ?

  • 5:01OuverteRéponse directe

    ça a été difficile à faire comprendre aux hommes élus ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:37Invité politiqueChiffre
    « En réalité, on aura le même nombre d'élus. Non, on aura même un tout petit peu plus. »
  • 0:47Invité politiqueFait
    « Vous avez, premier point, l'arrivée de la parité. »
  • 1:16Invité politiqueFait
    « le Conseil constitutionnel et le Conseil d'Etat ont tapé du poing sur la table pour l'égalité des voix. »
  • 2:31Invité politiqueFait
    « Vous savez, le problème est simple, on regarde un petit peu en arrière pour savoir où on va. »
  • 3:32Invité politiqueFait
    « Là, on est rentré dans quelque chose qui pose problème. »

Temps de parole

  • Patrick Lafarge64 %
  • Invité32 %
  • Présentateur4 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Votre invité ce matin, Éric Delvaux, c'est Patrick Lafarge, politologue, expert de la carte électorale française, à quelques heures de la clôture officielle du dépôt des candidatures pour les élections départementales des 22 et 29 mars prochains.

0:13
Invité

Oui, des élections qui vont supprimer les conseillers généraux, remplacés par des conseillers départementaux. Bonjour Patrick Lafarge. Bonjour. Une nouvelle carte avec moins de cantons. Il s'agissait au départ de réduire le millefeuille territorial. Or, comme chaque canton a désormais non plus un, mais deux élus, au final il y aura autant d'élus qu'auparavant. Qu'est-ce qu'on a voulu réduire dans ce millefeuille finalement ?

0:37
Patrick Lafarge

En réalité, on aura le même nombre d'élus. Non, on aura même un tout petit peu plus. C'est quand même assez étonnant. Qu'est-ce qu'on a voulu faire ? Regardons les choses positives. Vous avez, premier point, l'arrivée de la parité. Il est effectif que c'était quand même hallucinant d'avoir dans certains départements quasiment aucune femme jusqu'aux dernières élections. Là, il y a oubliation d'avoir... On va lire un binôme à chaque fois, un homme, une femme. Un homme, une femme et non pas quelque chose où l'homme est titulaire et la femme suppléant. C'est ce qui existait souvent.

Deuxième point, comme pour législatives qui ont été faites sous la présidence Sarkozy, le Conseil constitutionnel et le Conseil d'Etat ont tapé du poing sur la table pour l'égalité des voix. Ce qui veut dire que les cantons, dans un département, doivent grosso modo représenter le même nombre d'électeurs, ce qui permet à tous les électeurs d'avoir à peu près le même poids. Troisième élément, qui vient des deux précédents, c'est la première fois qu'on vote partout, sauf à Paris et à Lyon, au même moment pour des cantonales. Jusqu'à présent, c'était coupé en deux et tous les trois ans.

1:36
Invité

Et également, c'est pas pareil, notamment en Martinique, puisque la région est à la fois un département... C'est la Guyane et la Martinique qui changent de statut. Manuel Valls, dans son premier discours de politique générale, avait voulu carrément supprimer les départements avant de se raviser les élus locaux dans les départements. C'est un lobby puissant ?

1:54
Patrick Lafarge

C'est un lobby puissant. Et puis si vous regardez dans quelques anciens présidents de conseils généraux qui ont réussi, vous regardez la liste, vous avez François Hollande, Corrèze, vous avez Jacques Chirac, Corrèze, vous avez François Mitterrand, Nièvre, et puis si on va plus loin, on a De Gaulle, mais si c'est pas lui, c'est donc son frère. Donc Pierre De Gaulle, qui était maire de Paris et président du conseil général de Paris.

2:14
Invité

Alors, les élections départementales, puis les régionales de décembre, elles s'annoncent dévastatrices pour les socialistes qui pourraient perdre la moitié des 60 départements qu'elles préident pour l'instant, les socialistes. Est-ce que la défiance à l'égard du gouvernement va jouer sur un scrutin pourtant si local ?

2:31
Patrick Lafarge

Vous savez, le problème est simple, on regarde un petit peu en arrière pour savoir où on va. On a des expériences de partis au pouvoir qui subissent les cantonales. Pour la gauche, ça a été désastreux en 85-92. Le gouvernement était au plus mal, dans les deux cas, ça a précédé des législatives qui n'étaient pas bonnes. Pour la droite, ça a été la même chose. Donc un parti au gouvernement a tout à redouter des élections locales. Les partisans du gouvernement sont généralement modérés dans l'enthousiasme de soutien et ne vont pas voter. Et ceux qui râlent, ils vont voter contre. Mais qu'on se rassure, en Italie, en Espagne, aux Etats-Unis, le président vient de perdre le Sénat.

Nous aurons des élections en Angleterre bientôt. On est dans une gouvernance en période de crise.

3:15
Invité

Aïe, aïe, aïe, pour ceux qui gouvernent. A droite, il y a la porosité avec le Front National. Trois sondages viennent de le confirmer. TNS Saufresse pour France Info, l'IFOP JDD, ou encore ce matin, Odoxa pour le Parisien, aujourd'hui en France. Cette porosité, l'UMP va y laisser des plumes ?

3:29
Patrick Lafarge

Là, on est rentré dans quelque chose qui pose problème. C'est-à-dire qu'antérieurement, le Front National faisait l'appoint au deuxième tour, puisqu'il ne pouvait pas se maintenir. Et la plupart des électeurs votaient à droite. Une partie s'abstenait. Là, on va avoir une configuration qui a beaucoup changé depuis début janvier. Avant Noël, et après la synthèse que j'avais fait des municipales et des sénatoriales, on était sur une victoire relativement facile et très large de la droite parlementaire.

Depuis le mois de janvier, et avec la visualisation pour tout le monde des résultats de la législative dans le Doubs, et on a des sondages qui sortent maintenant, on a un bord à bord, voire une position supérieure du FN, d'où la position trouble à l'intérieur du MP.

4:12
Invité

Et le FN, il espère quoi ? Obtenir notamment le Var, le Vaucluse, l'Aisne par exemple ? Il pourrait présider carrément des départements ?

4:21
Patrick Lafarge

Alors quand on fait les projections, et j'étais en paquet la semaine dernière, la situation est extrêmement glissante sur le Vaucluse. La droite et la gauche sont d'une position compliquée. Heureusement, entre guillemets pour eux, le Front National est dans des querelles de famille qui sont très brutales avec M. Bompard, d'où des duels dans certains cantons. Les Bouches-du-Rhône, qui peut dire comment ça tournera avec l'affaire Guérini, des candidats qui sont ici, qui sont ceux-là ? Plus, ça me paraît difficile, plusieurs dizaines de conseillers généraux du FN, la réponse est oui. Qu'est-ce qu'ils cherchent ? Le lancement sur les régionales.

4:56
Invité

Vous en parliez à l'instant, un homme, une femme dans chaque binôme, la stricte parité, ça a été difficile à faire comprendre aux hommes élus ?

5:04
Patrick Lafarge

Alors, je regardais ce matin, 40% des sortants du Pas-de-Calais sortirent. Donc, il est effectif qu'à partir du moment où vous dites à des gens qui sont en place depuis plusieurs années, il serait temps que tu prennes ta carte vermeille, ça coince.

5:19
Invité

Ça coince, évidemment, j'allais dire, quand il s'agit des hommes en place, ce n'est pas une première. Merci beaucoup Patrick Lafarge, donc politologue, expert de la carte électorale. Ce sera à 16h, je crois, la clôture officielle du dépôt de candidature pour les élections départementales. On rappelle les dates, 22 et 29 mars. Merci.