Périscolaire : Hidalgo sera entendue au Sénat - 31/08
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:58OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on peut faire le point sur cette affaire titanesque ?
- 1:58OuverteRéponse directe
La rentrée est-elle en train de virer à la psychose dans le périscolaire ?
- 2:15OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce qu'on peut dire à ses parents ce soir ?
- 3:04RelanceRéponse directe
Qui savait ? Qui a préféré le silence ? Qui a entretenu l'OMERTA ?
- 4:15RelanceRéponse directe
Soit il y a une incompétence majeure, soit c'est beaucoup plus grand.
- 6:05OuverteRéponse partielle
Pourquoi il n'y a pas une prise de conscience auprès des citoyens collectifs ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:06InvitéChiffre
« Il y a 203 enquêtes en cours à Paris, 143 en maternelle, 36 en primaire et 24 en crèche. »
- 1:12InvitéChiffre
« Il y a 47 dossiers qui ont été classés sans suite et il y a 6 affaires devant le tribunal correctionnel de Paris. »
- 1:46InvitéChiffre
« Il y a eu 22 nouveaux signalements qui sont parvenus au parquet de Paris entre juillet et août 2026. »
- 3:46InvitéChiffre
« Il avait décrit 31 situations de risque d'abus sexuels. »
- 4:52InvitéChiffre
« Il y a aujourd'hui 70 départements qui sont concernés. »
- 5:15InvitéFait
« En 8 minutes chrono, elle a été recrutée sans contrat, sans qualification et sans casier judiciaire. »
- 11:39InvitéChiffre
« 40% des communes ont des périscolaires qui ne sont pas déclarées à l'État. »
- 13:29InvitéFait
« La loi oblige les autorités à dénoncer un délit ou un crime immédiatement quand il en a connaissance et sans délai. »
Temps de parole
- Invité45 %
- Présentateur31 %
- Invité 27 %
- Invité 37 %
- Invité 46 %
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Merci d'être là et bonsoir à vous Agnès Évren. Bonsoir. Vous êtes sénatrice LR de Paris et vous présidez cette commission d'enquête parlementaire du Sénat sur le périscolaire qui va entamer, poursuivre une série d'auditions très attendues, je le disais, le sujet est une bombe judiciaire et politique et c'est vous qui allez auditionner des personnalités dont par exemple Anne Hidalgo, vous allez nous détailler tout cela. Et puis le naufrage, vous avez déjà quand même auditionné un certain nombre de personnes mais tout d'abord avec vous Pauline Romna, bonsoir, on va poser le cadre avec vous Serge Raffi, je vous salue également, bonsoir à vous.
On va parler de cette bombe politique à fragmentation des conséquences et je salue également Maître Dylan Slama. Merci d'être avec nous Maître, évidemment les conséquences judiciaires sont tentaculaires. Tout d'abord Pauline, on va voir où en sont ces multiples plaintes. Une centaine d'animateurs périscolaires ont été suspendus dont 52 pour soupçon de violences sexuelles ou sexistes. Est-ce qu'on peut faire le point sur cette affaire titanesque ?
Alors pour l'instant on n'a que des chiffres du parquet de Paris, il n'y a que le parquet de Paris qui communique ses globaux si je puis dire. Il y a 203 enquêtes en cours à Paris, 143 en maternelle, 36 en primaire et 24 en crèche. Il y a 47 dossiers qui ont été classés sans suite et il y a 6 affaires devant le tribunal correctionnel de Paris dont celle qui nous a occupé cet après-midi avec Maxime Branche 7h. Il y a un animateur de 59 ans qui comparaît cet après-midi pour des violences, des agressions sexuelles sur des enfants âgés de 6 à 9 ans en primaire. Je suis désolée pour ce que j'ai fait, a-t-il dit cet après-midi.
Il faut le souligner, c'est assez rarissime qu'il reconnaisse les faits. Je n'ai pas respecté la règle d'assumer la sécurité physique de l'enfant, physique et morale de l'enfant. En quoi ne l'avez-vous pas respecté, lui demande le juge cet après-midi, en les touchant de manière inappropriée. L'audience est en cours, Maxime Branche 8h le suit pour nous. Il faut aussi dire que pendant l'été, il y a eu 22 nouveaux signalements qui sont parvenus au parquet de Paris entre juillet et août 2026. Donc vous comprenez bien qu'il y a du boulot, en tout cas en la matière.
Et la rentrée, peut-être, est-elle en train de virer à la psychose dans le péri-scolaire ? La confiance, on peut le comprendre, est rompue clairement et de nombreux parents, je vous le disais, s'organisent pour un temps partiel. Alors qu'il s'agisse d'ailleurs d'enfants inscrits dans des écoles où il y a eu des agressions, agressions supposées, ou non ? Alors que dit-on véritablement ce soir ? Qu'est-ce qu'on peut dire à ses parents ? Je voudrais qu'on écoute deux mères de famille qui se sont exprimées au micro de BFM.
L'année dernière, il y a eu un souci dans l'école de mon petit garçon. On préférait prendre les précautions, prévenir plutôt que guérir. Mais c'est vrai que cette histoire-là nous a un peu échaudés. Et c'est quelque chose qui est effrayant parce qu'on sait que si jamais il y a un problème, on sait que ce ne sera pas bien traité.
Ça fait forcément l'objet de discussion et de réflexion parce que c'est des sujets qui touchent fort et qui touchent avec forcément des émotions personnelles qui sont en jeu. Il y a des problèmes, mais quels que soient les endroits, il y a des problèmes un peu partout. Et qu'en fait, on ne peut pas non plus mettre nos enfants sous cloche et les préserver de tout. Le tout, c'est surtout, à mon sens, de faire de la prévention auprès d'eux.
Bien, rentrons dans le vif du sujet. Agnès Évren, vous présidez une commission éminemment politique. Évidemment, je vais même parler d'une bombe politique. On va détailler cela avec Serge Raffi. Il y a une question qui s'impose à tous. Qui savait ? Qui a préféré le silence ? Qui a entretenu l'OMERTA ? Est-ce que les politiques, de manière générale, et puis au Conseil de Paris, est-ce qu'ils ont pu ignorer les signalements et les remontées de signalements ?
Écoutez, ça n'est pas possible pour une simple et bonne raison. C'est qu'il y avait un rapport de l'inspection générale de la ville de Paris, qui date de juin 2015, et qui détaillait, qui documentait, noir sur blanc, toutes les défaillances auxquelles étaient susceptibles d'être confrontés les enfants. Et c'est même pire, c'est qu'il avait décrit 31 situations de risque d'abus sexuels. Et donc, ils disent, attention, formez bien les adultes à la détection, en fait, des comportements, des changements de comportement d'enfants, parce qu'il faut pouvoir ensuite alerter immédiatement la direction, ce qu'on appelle la DASCO, la CASPE, et est-ce que c'est remonté ou non à la mer de Paris ?
Vous savez, dans ces affaires, il y a une vraie opacité, parce qu'on ne sait pas qui a recruté, qui a signé les compétences.
Mais les signalements sont remontés, on verra jusqu'où. Donc, soit il y a deux possibilités. Soit il y a une incompétence majeure, tout simplement, de ne pas avoir traité ces signalements, soit c'est beaucoup, beaucoup, beaucoup plus grand.
Moi, je vais vous dire, le fond de ma pensée, même si je suis rapporteure de cette commission d'enquête, et on ne va pas d'emblée définir des coupables. Ce que je veux dire, c'est que Paris est un cas exceptionnel par l'ampleur du nombre de familles concernées, par l'ampleur d'enquête pénale 203, et par l'ampleur de l'OMERTA. On n'a pas les chiffres nationaux. Oui, alors, ça c'est pour Paris. C'est dire l'inquiétude, Pauline. Pour autant, ça n'est pas une exception. C'est-à-dire que Paris n'est pas une exception. C'est un cas exceptionnel, mais ça n'est pas une exception. Pourquoi ? Parce qu'il y a aujourd'hui 70 départements qui sont concernés.
C'est-à-dire que toutes ces défaillances, elles se répètent sur quasiment tout le territoire. C'est le SOS périscolaire qui le dit. En termes de formation, en termes de recrutement, je vous donne juste un exemple. Jeudi, on va auditionner une journaliste d'RTL, et ça a été public, donc je peux le dire, qui s'est infiltrée dans une école du Val-de-Marne. Je ne dirai pas laquelle. En 8 minutes chrono, elle a été recrutée sans contrat, sans qualification et sans casier judiciaire. Et le pire, c'est qu'elle s'est retrouvée dans une école avec un dispositif ULIS, c'est-à-dire avec des enfants qui sont en situation de handicap, sans avoir été prévenus. D'accord ?
Et quand elle pose la question au recruteur qui était de la direction de la jeunesse, donc ce n'était pas un agent lambda, elle lui dit, mais c'est habituel comme ça de recruter en quelques heures ? Oui, il y en a eu deux hier, parce que nous gérons la pénurie d'animateurs qualifiés et formés. Et l'urgence. Et donc, on répond à l'urgence. Vous voyez ? Ça dit tout, en fait, de la principale faille qui est à l'entrée, parce qu'on sait que les pédocriminels, ils ne vont pas travailler dans les EHPAD. Mais quel naufrage ! Les pédocriminels ne vont pas travailler dans les EHPAD.
Ils vont travailler au contact des enfants parce qu'ils savent qu'ils peuvent, ils pensent qu'ils peuvent vivre librement leur déviance sexuelle. C'est pour ça qu'on doit redoubler de vigilance. Mais qui le ont ?
Pardonnez-moi, s'il y a un sujet, un sujet qui doit être prioritaire, ça devrait être celui-là. D'ailleurs, ça devrait être le sujet de la campagne présidentielle. On va traiter de mille et un sujet tout à l'heure. Mais pardonnez-moi, pourquoi il n'y a pas, je ne sais pas, une prise de conscience, évidemment, auprès des citoyens collectifs ?
Mais Mme Mabrouk, je vais vous dire, on a l'impression qu'on découvre le sujet. Vous savez, la parole de l'enfant, elle a toujours été libérée. Le problème, c'est qu'on a toujours méprisé la parole de l'enfant et que ça doit être un enjeu du débat présidentiel, de la place des enfants, des plus fragiles dans nos sociétés. On est un pays comme la France, un pays développé comme le nôtre. Comment est-ce qu'on peut cacher des choses aussi ignobles ? On parle d'enfants de 2 ans, de 3 ans, de 4 ans, de 5 ans.
Je sais bien, votre commission, alors on ne peut pas préenter les questions que vous allez poser, mais Serge Raffi, évidemment. Il y a le conseil de Paris, il y a l'ancienne maire de Paris. Il ne s'agit pas du tout de pointer des responsabilités de ce soir, mais la question va lui être posée. Il y a des signalements d'une telle gravité.
L'objet de la commission d'enquête, dirige Mme Evren, c'est justement d'établir les responsabilités. Et donc simplement... Attention, je ne suis pas procureur ni juge. Moi, je suis là pour pointer la chaîne de protection où elle a failli. Collectif, individuel. C'est ça, et individuel. Et ça, moi je sais que vous allez peut-être me contredire, mais en 2015, il y a eu une intervention d'un élu de l'opposition à la mairie de Paris. M. Lecoq est intervenu, et ça n'a servi à rien, parce que tout simplement, il y avait une vision partisane.
C'est-à-dire que quelque part, la mairie de Paris a vécu ce moment-là, non pas comme une alerte sérieuse, mais comme une opération partisane de déstabilisation, etc. Et d'ailleurs, ce qui est assez amusant, c'est qu'il semblerait qu'on continue à le présenter un peu sous cet angle-là. C'est-à-dire que vous, vous êtes le procureur de la droite qui veut vraiment faire la roue d'un d'arrivaux, etc. Or, je sais bien que ce n'est pas votre cas. C'est tellement grave.
Là, il ne s'agit pas de la saleté ou de Paris ou des débats municipaux.
Je sais bien, c'est bien pour ça.
Là, il s'agit d'une gravité sans nom.
La commission d'enquête parlementaire, c'est la responsabilité politique. C'est pas la responsabilité pénale. Ma commission, elle est transpartisane. Vous savez, parce qu'en fait, les violences sur des mineurs, elles dépassent les clivages politiques, confessionnels et idéologiques. L'enjeu, c'est pourquoi est-ce que dans nos sociétés, on ne protège pas suffisamment ce qu'on a de plus fragile, et je le dirais pareil pour les plus vulnérables, nos aînés, en fait.
Je vais vous dire, c'est un sujet politique, c'est un sujet judiciaire, c'est un sujet médiatique aussi. C'est notre responsabilité de dire, de dénoncer. Et quand je viens d'entendre Pauline Maître Slama décrire ce que nos journalistes à BFM ont suivi, c'est saisissant. C'est-à-dire, il y a une reconnaissance. C'est rare. C'est très rare. Et merci de nous en rendre compte de culpabilité. Je veux dire, là, peut-être qu'on tire le fil, pardonnez-moi, d'un scandale qui dépasse largement la capitale, d'ailleurs.
D'un point de vue judiciaire, c'est très difficile à traiter, parce que vous avez raison de dire que ce qui est exceptionnel, c'est les aveux, mais j'irai encore plus loin, les condamnations. Vous avez parlé, je crois, de 47 classements sans suite dans ce cadre d'affaires. Alors attention, 47 classements sans suite, il ne faut pas faire peur aux gens, ça ne veut pas dire que 40 pédo-criminels sont en liberté, etc. En revanche, Maître Slama, avant l'été, il y a eu trois procès. Et donc, il s'est fini par une relax, je me rappelle. Il y a eu deux relax, et il y a eu 18 mois avec sursis.
Et le point commun de ces trois, c'est qu'ils vont tous être jugés en appel, parce qu'il y a eu des appels dans tous les sens. Bien sûr, mais je comprends bien, mais il faut bien comprendre que la preuve est très difficile à apporter dans ce type de dossier, que la parole de l'enfant, bien sûr qu'il faut l'écouter, est-ce que pour autant elle suffit pour condamner quelqu'un ? Ce n'est pas évident. Moi, je vais vous dire très honnêtement, j'ai reçu à mon cabinet des animateurs qui ont été suspendus. On se dit aussi qu'il peut y avoir des excès dans ce qui est dénoncé.
Alors attention, quand je dis ça, c'est normal que le principe de précaution s'applique, c'est normal que ces animateurs qui font l'objet de signalement soient immédiatement suspendus. Mais entendez-nous, il y en a, je pense, un certain nombre qui sont suspendus et qui ne finissent pas.
Mais pardonnez-moi, le principe de surprécaution, il s'applique partout, dans tous les domaines de notre société. Mais alors quand il s'agit d'enfants, je viens de dire des choses. Mais attention, vous avez raison, il y a l'aspect aussi.
Et le corollaire de ça, c'est d'accepter de suspendre tout un tas de gens aussi qui ne sont sans doute coupables de rien. Mais il faut l'accepter. Agnès, c'est vrai. Ce que vous dites est très important, parce qu'en fait, aujourd'hui, la preuve, en France, elle repose essentiellement sur le recueil de la parole. Et il se trouve que parfois, les enfants, parce que la brigade de protection des mineurs est totalement engorgée et embouteillée, la parole de l'enfant est recueillie quelques mois après. Eh bien, ça détruit la preuve. Et le classement sans suite, ce n'est pas un certificat d'innocence.
Ça veut dire juste que la parole de l'enfant n'a pas été suffisamment claire, n'a pas été suffisamment précise. Que l'infraction sexuelle n'a pas été suffisamment caractérisée. Et c'est difficile.
Je vous rejoins. Ce soir, il y a des parents qui sont angoissés, qui se disent, moi, je ne vais pas, je ne peux pas, je ne peux pas mettre mes enfants dans un centre aéré, à la cantine. Mais vous imaginez la réorganisation, j'allais dire par rapport aux risques...
Mais c'est une rupture de confiance totale envers les institutions, envers les milieux.
Vous imaginez aussi la responsabilité qui pèse sur vous pour qu'on sache véritablement ce qu'il sache.
Est-ce que vraiment, on saura ? Mais je pense que, bien sûr qu'on saura. Mais il faut complètement refonder le périscolaire. Parce qu'en fait, il y a une telle... Aujourd'hui, il y a des directions bicéphales dans les écoles. Très rapidement, en fait, le scolaire dépend de l'éducation nationale et le périscolaire de la mairie. Quand il y a un drame, un parent va voir l'école et on leur dit, mais non, c'est la mairie. Quand ils vont voir la mairie, il dit, il y a une enquête judiciaire présomption d'innocence.
Les mairies et les collectivités ont une responsabilité. Moi, je voudrais savoir qui recrute. Le CV arrive bien sur la table.
Exactement. C'est 100%. Le recrutement incombe 100% aux municipalités. Mais est-ce que vous savez que 40% des communes ont des périscolaires qui ne sont pas déclarées à l'État ? Et donc, elles sont exemples de toutes qui sont externalisées. C'est ça. Ce sont les accueils collectifs de mineurs qui ne sont pas déclarés à l'État et qui, donc, eux, ne sont pas contrôlés. Un jardinier municipal, par exemple, peut demain encadrer 150 enfants. Et donc, il vient avec ce qu'il a. S'il prend un enfant sur les genoux parce qu'il n'a pas été formé, c'est possible. Aujourd'hui, il n'y a pas de contrôle de ce point de vue-là, d'honorabilité, parce qu'ils ne sont pas déclarés à l'État. Vous voyez ?
En fait, il faut uniformiser tous les protocoles.
Est-ce qu'il y a une omerta municipale ? Peut-être que vous subissez des pressions, mais est-ce que vous avez pu convoquer facilement certaines personnalités ?
Sans aucun problème. Moi, ce que je dis, d'ailleurs, je l'ai dit à Paris, évidemment, quand il y a eu 203 enquêtes pénales, qu'un rapport écrivait noir sur blanc, tout ce qui s'est passé aujourd'hui, c'est donc bien qu'il y a eu un déni, un omerta, un mépris de la parole des enfants. Et c'est même pire, un mépris des parents, parce qu'aujourd'hui, les parents, malheureusement pour eux, ils sont devenus des enquêteurs de nuit. Ce sont eux qui recoupent toutes les informations pour savoir si leur enfant a été ou non au contact, en fait, d'un animateur prédateur.
Et donc, il y a une espèce de silence assourdissant vis-à-vis des familles qui est insupportable, parce que pour certains, c'est vrai que parfois, on a déplacé le risque au lieu de le supprimer.
Mais les signalements, ça, c'est un fait ? Est-ce que vous pouvez nous dire que c'est un fait ? On a été remontés depuis 2015 ?
C'est toute la question, Mme Mabrouk.
Et à qui ils sont remontés ?
Nous, on sait très, très bien qu'en fait, à partir de 2025, oui, quand l'affaire a éclaté médiatiquement, les signalements sont remontés. Alors là, on a fait des articles 40 dans tous les sens. Le problème, c'est de 2015 à 2025. Là, c'est le silence. M. Grégoire, et je lui ai demandé, je veux toute la date des signalements articles 40. À quel maire de Paris ? À la maire de Paris, je l'ai écrit. À Mme Hidalgo, à M. Grégoire, à M. Bloch. Je leur ai dit de 2015 à 2025, je veux la liste de tous les articles 40 qui ont été faits par les autorités. Parce que c'est la loi. La loi oblige les autorités à dénoncer un délit ou un crime immédiatement quand il en a connaissance et sans délai.
C'est la loi qui le dit. C'est la loi qui le dit. Et on ne sait pas actuellement. Et donc, je fais confiance à M. Grégoire pour nous transmettre tous ces articles 40. Pardonnez-moi, Mme, mais vous savez autant que moi que l'article 40 du Code de procédure pénale, il est endormi quelque part dans la multitude des affaires. Il était très peu utile.
Ce qui n'est pas endormi, c'est la colère des familles. C'est que la non-dénonciation est un délit. Non, mais c'est pour revenir sur la notion de responsabilité. Et puis, pardonnez-moi, on peut dormir si on a mis sous le tapis des signalements d'un enfant qui peut dormir.
Vous savez, je vais vous dire quelque chose de très douloureux. J'ai dans une audition un papa qui m'a dit qu'il avait beaucoup de mal à recueillir de la parole de l'enfant parce qu'elle est très difficile à recueillir. Il ne sait pas à cet âge-là ce qu'est la sexualité. Il ne se représente pas. Il ne met pas de mots sur ce qu'il a dit. À un moment, il a dit cette phrase qui me terrifie. Il a dit, on lui a montré la bande dessinée, mon corps et mon corps. Et quand on lui a dit que je n'ai pas le droit d'être seule avec un animateur, elle a levé les yeux. Ah si papa, moi l'animateur, il m'a emmenée dans le local à vélo et j'étais seule avec lui.
Et à partir de là, elle décrit tout un acte pédocriminel avec une limpidité. Et ça, c'est vrai que pour des parents, c'est traumatisant. C'est-à-dire que c'est des vripes brisés pour les enfants, mais pour les parents aussi.
Non, mais c'est glaçant ce que vous assure. Je ne sais pas, on a des frissons. Ce n'est pas possible, on est à la veille du... Vous avez vraiment les commissions d'enquête parlementaires. On connaît aussi, il y a certaines commissions qui ont fini, qui ont fait pchit. Celle-ci, elle a un devoir, elle est plus que d'utilité publique. Tout le monde va venir, donc qui va être auditionnée ? Alors, la journaliste dont vous avez parlé, Pauline.
Anne Hidalgo, Patrick Bloch. Oui, mais encore une fois, n'oubliez pas que Paris est un cas exceptionnel, mais ça n'est pas une exception. On a tout ce qui s'est passé cet été à Tarnos, 13 fillettes agressées par un directeur de centre de loisirs, à Mardier, près d'Orléans, près de Bordeaux. Donc, je reçois les collectifs de parents jeudi, mais ça, bien évidemment, ce ne sera pas filmé parce qu'ils veulent rester anonymes. Ensuite, je reçois la procureure de la République de Paris, le procureur général de Lanterre, le procureur...
Je me mets à la place d'une personne auditionnée, de responsable. Je vais vous dire, moi, mais je n'étais pas au courant. Voyez mon responsable, mon collaborateur.
Sonia, il va y avoir des pièces qui vont être fournies ?
J'ai demandé que tout soit documenté. Il y a des courriels. Vous pouvez saisir sur pièce et sur place, comme on dit ?
Bien évidemment.
Vous pouvez débarquer à la mairie de Paris et demander...
Tous ceux qui viennent et dont les auditions sont publiques doivent prêter serment. J'ai un droit de citation. Et eux, ils ont une obligation de prestation de serment. C'est-à-dire qu'ils lèvent la main droite et ils disent, je le jure. Voilà. Mais je vous assure que Mme Hidalgo a répondu oui tout de suite. M. Bloch également. M. Bloch était l'adjoint au maire compétent pendant 15 ans. Et puis, ce n'est pas tout. Je reçois également toutes les anciennes directrices de l'enseignement scolaire de Paris, les deux qui, pour certaines, vont venir expliquer, en fait, parce que c'est elles qui recrutaient. C'est l'administration qui recrute. Il ne faut pas l'oublier. Donc, elles recrutaient.
Moi, je veux savoir, par exemple, pour Saint-Dominique, qui a signé le contrat de celui qui est en détention provisoire ? Qui a signé le contrat ? Je veux être sûre que le contrôle d'honorabilité a été bien effectué.
Je pense qu'avec Pauline, BFM, on va suivre véritablement. Alors, ce n'est pas public. – Ah si, toutes les auditions le sont,
elles sont retransmises des politiques.
– Oui, des politiques. – Mais des parents de victimes, non. Il y a l'émotion, il y a le chagrin. Maître, mot de la fin, si je puis dire, parce que je vous vois, il y a évidemment ce que vous avez dit, le principe de précaution, la prudence. Il y a des gens qui sont présumés, évidemment, innocents. Malgré tout, moi, je m'étonne. C'est-à-dire que là, on pourrait tirer le fil d'un véritable scandale.
– Ah mais bien sûr ! Alors, encore une fois, il faut se méfier. Je parlais, le scandale est déjà là. – Au plan national. – Parce que là, on parle beaucoup du périspélaire frarisien. – Mais pour moi, c'est le duffrage de nos services publics, que ça soit en amont, dans la chaîne judiciaire, le contrôle. – C'est un lieu sacré, dans un lieu sacré, tous nos enfants doivent être protégés, y compris leur intégrité physique, et c'est ça. – Votre commission, elle va pouvoir agir pour établir la responsabilité, mais pour trouver les solutions sur du temps long. – Pas du tout, mais pardonnez-moi, ne me dites pas que depuis, rien n'a été mis en place.
– Je pose la question, sur la solution, la pénurie d'animateurs,
comment on fait pour résorber cette pénurie d'animateurs qui a abouti encore il y a quelques semaines.
– Mais vous savez, monsieur Sama, vous prenez le sujet à l'envers. D'abord la sécurité, ensuite la pénurie.
– Ah oui, mais une commission, c'est la même chose, les solutions, c'est comment empêcher de recruter des animateurs en 6 minutes. – D'abord, on protège l'intégrité physique de l'enfant. – Les responsabilités, c'est au plan national et territorial. Je vais auditionner Vincent Payon, et je vais lui demander si, en 2013, quand il a mis en place la réforme des rythmes scolaires, est-ce qu'ils ont pensé à la dimension du recrutement et des contrôles quand on recrute 15 000 animateurs à Paris, et qu'on sait que les pédocriminels vont au contact des enfants pour penser vivre cette déviance librement. Donc ça veut bien dire qu'en fait, ils n'ont pas été suffisamment, je trouve…
– Je vais vous choquer, c'est un permis qui a été donné à certains pédophiles.
– Bien sûr, c'est pour ça que certaines mères de famille… – Venez par la commission d'enquête, je ne peux pas le dire. – Il n'y aurait que des femmes. – Mais c'est illégal. – On compte sur vous, madame la présidente, quelle que soit votre étiquette politique,
on compte sur vous, c'est transpartisan, et c'est important évidemment. – Vous pouvez, vous pouvez. – Merci d'avoir été notre invitée, merci. Merci Pauline, évidemment c'est très important, on suivra cela ensemble.