Accélérer la féminisation des métiers d'avenir
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Écoutez, on va s'asseoir. Comme ça, ce ne sera plus des contraintes. Écoutez, c'est une joie vraiment immense et que je ne faim pas de vous retrouver aussi nombreuses aujourd'hui pour lancer ce Tech Booster.
Alors, il faut savoir que le nom a été choisi par la communauté Social Builder. Donc, ce grand Tech Booster national. Et c'est un événement qui fait partie de tout un Tour de France, un parcours dans 13 régions.
On va à la rencontre des femmes pour leur présenter les métiers, les secteurs d'avenir et bien sûr, les inviter à y faire une partie de leur vie professionnelle et de s'y projeter. Car oui, en fait, il y a un certain nombre de métiers que vous peut être vous connaissez déjà dans le numérique et plus particulièrement dans la cybersécurité, dans l'intelligence artificielle. Ça fait un peu marronnier, mais c'est vrai.
L'industrie et aussi tout ce qui va être autour de la ville durable. Donc, vous connaissez l'énergie, la mobilité, la construction où il y a moins de 25% de femmes. Donc, c'est des chiffres qu'on n'aime pas trop entendre, mais il faut quand même se le redire parce qu'il y a des actions et des progrès à y faire.
Pourtant, ces secteurs sont les secteurs qui sont les plus créateurs d'emplois. On y trouve des métiers qui sont passionnants, évolutifs, rémunérateurs. Et c'est des métiers où la technologie est assez centrale.
Et donc, c'est des métiers d'avenir. C'est des métiers qui vont compter demain. Donc, on sait aussi, je pense, pourquoi on y trouve encore trop peu de femmes.
On entend rarement dire aux jeunes femmes, tu seras scientifique ma fille. On entend encore trop peu dire aux jeunes femmes, tu seras technicienne de data center ma fille. Et on entend presque jamais dire, tu seras opératiste de production sur une chaîne industrielle ma fille.
Donc, ça peut faire sourire, mais au final, ces manques d'incitation limitent la projection des filles, des femmes, dans leur parcours professionnel, dans ces secteurs. Alors, c'est pour cette raison que l'association Social Builder, en partenariat avec l'APEC, je ne te présente pas encore, Laetitia, on le fera tout à l'heure, et Nadine Crigné, et une constellation, bien sûr, de partenaires. On ne fait pas ça que toutes les trois.
On se sont réunis pour déployer un très grand programme qui s'appelle FEMA. Féminisons les métiers d'avenir. FEMA, c'est quatre ans de programme pour aller à la rencontre des femmes et accompagner 15 000 femmes à s'insérer dans des métiers qui comptent aujourd'hui, et qui compteront encore plus demain.
Et Tech Booster, alors vous allez participer à deux jours. Tech Booster, c'est deux jours qui ne sont pas comme les autres, ce n'est pas qu'un événement, c'est un parcours. Donc, ça a été pensé pour vous permettre de découvrir des métiers, des secteurs, de comprendre la réalité professionnelle et les environnements dans lesquels vous pourriez vous situer demain, de rencontrer des entreprises, des organismes de formation, de mettre en pratique lors d'ateliers, d'être mentorés sur des sessions.
Enfin, c'est tout un package. Et bien sûr, d'y trouver aussi pour celles qui sont déjà en recherche, des stages, des alternances et des emplois. Donc, toutes les transitions que nous connaissons, que nous se connaissons aujourd'hui, les transitions écologiques, numériques et même les enjeux de réindustrialisation, sont souvent présentées comme des défis pour l'économie, avec des enjeux de recrutement importants.
Nous, avec l'APEC et France Travail, ce qu'on pense, c'est que tous ces défis doivent être des opportunités pour vous, et on travaille ardemment à ce que ce le soit, celles deviennent. À l'issue de ces deux jours, dans le cadre du programme FEMAR, je vous fais une petite annonce. Nous souhaitions et nous allons produire un livre blanc dans lequel nous allons faire un certain nombre de recommandations pour féminiser les filières industrielles et numériques.
Ces recommandations seront bien sûr proposées et seront remises au gouvernement pour soutenir une réflexion nationale qui a déjà bien sûr été entamée sur la transition de l'emploi et l'égalité professionnelle. Parce qu'il est de notre responsabilité collective de s'assurer que les femmes soient vraiment, réellement actrices du monde dans lequel nous sommes et qui se transforment profondément. Voilà, pour revenir rapidement sur votre expérience de ces deux jours, Tech Booster, c'est aussi une proposition, enfin il y a un après Tech Booster concrètement, et toutes nos organisations vous proposent des accompagnements gratuits.
Pensez vraiment en adéquation avec où vous en êtes aujourd'hui dans vos réflexions, si vous êtes déjà dans les filières que vous vouliez progresser, si vous voulez développer des nouvelles compétences dans un métier qui se transforme. Pour ne parler que de social builder, vous verrez aux différents endroits où les équipes peuvent vous accueillir, que Fema peut vous proposer, bien sûr une académie où vous pouvez développer des compétences en intelligence artificielle, en leadership, peut vous proposer des trois jours de formation sur votre projet professionnel, du mentorat et bien d'autres choses. Voilà.
Je vais m'arrêter là sur la présentation de l'initiative, vous vous engagez dans ces deux jours, et je vais donner la parole à ma gauche pour commencer, puis ensuite à ma droite. Donc je donne la parole à Nadine Crigné, qui est directrice générale de France Travail, Île-de-France. On se connaît depuis dix ans, Nadine.
On a fait un événement comme celui-ci, avec un parcours de découverte. À l'époque, c'était le numérique, le digital en Hauts-de-France, et c'est comme ça que l'aventure a commencé. En tout cas, je suis très vraiment ravie de te retrouver là aujourd'hui.
Je te donne la parole sur, du coup, le point de vue de France Travail aussi et son engagement sur la féminisation. Bonjour à toutes, à toutes, à toutes et tous. On est dans un monde de paradoxes et de contradictions.
Seulement 25% des femmes imaginent travailler dans la tech, dans le secteur de l'industrie, dans le secteur des travaux publics, dans le secteur du numérique et de l'IA, de la tech au sens large. C'est près de 160 000 emplois aujourd'hui, au niveau national, qui sont non pourvus. 50% des employeurs estiment avoir des difficultés de recrutement.
Et pourtant, dix ans après, nous parlons encore et toujours de l'accès aux femmes, pour les femmes, à ces métiers. Alors, ce n'est pas un constat d'échec, c'est un sujet, au fond, de persévérance et de tenacité, et qui part d'un effet booster pour toucher un grand nombre de personnes. Et c'est ce que propose le programme que tu viens de présenter, FEMA, qui est un programme national, qui va s'étaler avec des événements dans toutes les régions, tout au long de cette année, et donc qui vise, au fond, à massivement aller vers les femmes pour proposer ce programme qui va permettre de s'inspirer, de s'imaginer, aussi, dans une carrière différente.
J'ai échangé avec quelques-unes d'entre vous qui me parlaient de reconversion, et donc, vous êtes au bon endroit. Et de réussir, au fond, en passant à l'échelle, à construire, et c'est là où c'est le plus difficile, des parcours individuels qui mêlent, qui vont mêler à la fois qui vous êtes et votre parcours antérieur, mais aussi impliquer les entreprises, d'en recruter autrement. Et dans ce paradoxe aussi, on est plutôt sur un temps long, alors qu'aujourd'hui, on est dans des modes plutôt rapides.
Et au fond, la compétence, elle se crée sur des temps longs, en amont de l'entrée en entreprise, mais aussi pendant. Et l'entreprise a un rôle à jouer de révélateur pour que son équipe travaille ensemble, hommes, femmes, quelles que soient, au fond, les caractéristiques des uns et des autres. Donc, c'est ce qu'on va vous proposer au cours de ces deux journées et tout au long de ce programme.
Nous avons travaillé, et je remercie les équipes de France Travail et de Social Builder et de l'APEC, pour, au cours de ces deux journées, qu'il y ait 3 000 femmes chaque jour qui puissent bénéficier de ce programme en présentiel, et puis aussi, bien sûr, en distanciel, ce qui offre aussi plus d'opportunités pour chacun de bénéficier de cette action. Donc, le champ des possibles est immense, il le reste, mais au fond, c'est la transformation passe par l'individuel, mais encore, faut-il être capable de pouvoir massivement orienter vers ces métiers. Donc, c'est pour ça que nous sommes là.
Il y a un stand France Travail aussi qui permettra de vous faire part à la fois des offres d'emploi dans les 3 secteurs qui ont été cités, numérique, industrie, TP, qui sont des secteurs moins menacés, si je puis dire, par l'évolution des usages. On voit le commerce qui est touché en ce moment par l'absence de...
On se déplace moins pour aller faire des achats. Par contre, ces 3 secteurs-là sont des secteurs en pointe où l'IA, au fond, permet de faciliter le travail, pénibilité en moins, développer des nouveaux usages, et ça serait quand même fichtrement embêtant que des femmes ne soient pas associées à tous ces produits, puisqu'elles sont aussi des consommatrices, et puis aussi révélateurs de toute une société. Donc, c'est pas juste un sujet social, c'est un sujet économique, c'est un sujet aussi d'émancipation.
On le voit aussi beaucoup quand on travaille sur des publics réfugiés, qui sont aussi pour nous des publics où on voit que les femmes peuvent aussi rejoindre les rangs de ces métiers d'avenir. Donc, voilà les raisons pour lesquelles on est à tes côtés, avec l'APEC, pour réussir cette transformation et persévérer, être tenace au fil des années dans ces changements qui passent par des prises de parole, mais aussi des accompagnements très individualisés. Merci beaucoup, Nadine, et je rebondis sur le fait qu'en effet, il y a le temps long.
Ces métiers, ces transformations sont là pour durer, donc on peut se projeter, on a le temps de construire des choses, et il faut penser sur des fois plusieurs coups. Et aussi le rôle des entreprises pour vraiment aller à votre rencontre et ouvrir les vannes. C'est une joie de t'avoir à mes côtés.
Donc, Lety Sanodo, qui est directrice générale adjointe de l'APEC, et avec qui on a, on peut le dire aussi, fait germer l'idée de ce grand projet FEMA, il y a maintenant 4 ans. C'est unique d'avoir un partenaire aussi, qui accompagne dans la durée, qui soutient avec autant de force et de détermination pour offrir au cadre toutes les opportunités possibles de compter et d'être présente au cœur de la société, notamment au cadre femme. Donc, je te donne la parole.
Merci beaucoup, Emmanuelle. Bonjour à toutes et bonjour à tous. Alors, en effet, on ne voit pas bien la salle, mais j'espère qu'il y a beaucoup d'hommes aussi dans la salle, parce que les enjeux dont on parle sont des enjeux qu'on doit porter ensemble, très clairement.
En effet, je suis très heureuse, vraiment, aujourd'hui, d'être aux côtés d'Emmanuelle et aux côtés de Nadine. Je suis très heureuse que l'APEC et NovaPEC, le programme de soutien à l'innovation sociale, soient partenaires de Social Builder depuis, en effet, plusieurs années, notamment, donc, sur le programme FEMA, Féminisons les métiers d'avenir. Et je suis très heureuse que ce Tech Booster, alors, je ne le dis pas avec le même accent que toi, je le dis à la française, que ce Tech Booster, qui a été vraiment porté par Emmanuel et les équipes de Social Builder depuis plusieurs années, voit le jour.
On a déjà eu des événements en région qui se sont très bien passés, avec une vraie mobilisation des différents acteurs impliqués et une vraie mobilisation des participants et participantes. Donc, je suis sûre que ces deux jours à Paris vont être à la hauteur des enjeux. Notre ambition commune, vous l'avez dit, c'est clairement, finalement, de donner envie, de donner à voir ces métiers d'avenir, d'apporter des solutions concrètes pendant ces deux jours et après pour favoriser l'accès des femmes à ces métiers, pour favoriser l'évolution professionnelle des femmes vers ces opportunités professionnelles.
Parce qu'à l'APEC, on le sait bien, à travers nos études, les inégalités entre femmes et hommes dans le monde du travail persistent. Il y a certains progrès, mais clairement, on est loin du compte. C'est vrai en matière de rémunération, c'est vrai en matière de progression de carrière, c'est vrai en matière d'accès au poste à responsabilité.
Donc, il faut qu'on y travaille. C'est pour ça qu'on y travaille ensemble. Il faut que ce soit une mobilisation collective pour réduire ces inégalités.
Et ça a été dit, on observe en particulier une sous-représentation des femmes sur les métiers qui construisent l'économie de demain. Les métiers de la tech, les métiers du numérique, les métiers de l'industrie, les métiers de l'IA, bien sûr. Et clairement, si on n'y prend pas garde maintenant, ces métiers vont non seulement poursuivre, mais peut-être même encore aggraver les inégalités actuelles.
Or, ce sont les métiers, ça a été dit par Nadine, qui recrutent le plus, qui rémunèrent le mieux, qui offrent les plus belles perspectives de carrière. Donc, il est vraiment fondamental. On apporte le plus possible de visibilité, qu'on crée des déclics et qu'on apporte des solutions pour qu'en effet, la mixité dans ces métiers, l'accès aux femmes vers ces métiers, soit privilégiée, accélérée, et que ça devienne, le plus rapidement possible, une réalité.
Voilà, donc très heureuse de ce partenariat avec France Travail et Social Builder. Merci infiniment. Écoutez, sans plus attendre, merci infiniment à vous deux pour votre présence et cette introduction.
Donc, avant de poursuivre votre journée, moi, j'ai le plaisir et l'honneur d'accueillir parmi nous Anne Le Hénanf, qui est ministre déléguée chargée de l'intelligence artificielle et du numérique. Voilà, c'est vraiment un honneur d'avoir sa présence aujourd'hui, ainsi que, bien sûr, le patronage du président de la République, qui témoigne de l'importance de l'État pour nos sujets et les sujets que nous traitons, à savoir la féminisation des métiers et l'accompagnement des talents. Donc, Madame la ministre, nous sommes très heureux de vous avoir à nos côtés dans le cadre de TechBooster.
À toutes et à tous, à toutes, principalement, j'imagine, mais il doit y avoir quelques hommes dans la salle quand même. Je suis vraiment très, très heureuse d'être avec vous ce matin. Madame la présidente de Social Builder, Madame Emmanuelle Larocque, Madame la directrice générale de Social Builder, Madame Marine Rousseau, Madame la directrice générale adjointe de l'APEC, Madame Laetitia Niodo, Madame la déléguée régionale Île-de-France de l'APEC, Madame Dominique Largo, Madame la directrice régionale France Travail Île-de-France, Madame Nadine Crignier, Madame la directrice régionale adjointe France Travail, Madame Caroline Riffard, Madame la directrice générale du Centre 4, Madame Valérie Senghor, et toutes qui êtes là dans la salle.
Bonjour, et je suis vraiment très, très heureuse d'être parmi vous aujourd'hui pour ouvrir un événement important, TechBooster. Évidemment, j'ai, quand on m'a proposé l'invitation immédiatement acceptée, parce que c'est un sujet extrêmement important, celui de l'engagement des femmes dans la tech, et puis, parce que c'est un sujet aussi qui me tient particulièrement à cœur, c'est un sujet, l'engagement des femmes et la place des femmes dans le monde du numérique et de la tech, qui est un travail de long terme, de pas à pas, de constance, de ténacité, et que finalement, toutes les opportunités, je les saisis, c'est une occasion de venir à votre rencontre, de vous passer des messages, mais également de passer les messages finalement à ceux qui vont faire la différence et qui vont prendre ces décisions d'ouvrir davantage ce monde masculin aux femmes. J'en ai fait, moi, dans le cadre, je suis ministre depuis 7 mois, je suis dans le numérique depuis 2008, donc depuis longtemps, j'en ai fait un engagement prioritaire.
Finalement, les sujets sur lesquels et pour lesquels Sébastien Cornu m'a désigné, m'a nommé ministre, c'est assez évident. Je suis une experte considérée comme telle, en tout cas dans le domaine, sur l'IA, sur la cybersécurité, sur le quantique, sur le cloud, sur les usages numériques, sur l'inclusion numérique. Et donc, je dirais que c'est assez naturel.
C'est quelque chose des sujets dont je parle depuis des années et des années. Par contre, je pense que le dossier des femmes dans la tech doit être vraiment au-dessus de la pile, parce que ça, c'est une priorité, c'est une nécessité, et je dirais même que c'est vital pour nous et pour notre pays. C'est évidemment, pour vous, un enjeu d'égalité et de chance, donc rien que pour cela, ça vaut la peine de s'engager pour cette justice sociale. et évidemment, je reviendrai sur le sujet, un enjeu de souveraineté.
Et ça, je le dis partout, c'est que je ne peux pas tous les jours parler de souveraineté numérique de la France si je me passe de 50% de la population française. Ce n'est pas possible. Il faut absolument que tout le monde, toutes les femmes, puissent penser à un moment qu'elles peuvent contribuer à cette souveraineté numérique.
Alors, force est de constater qu'on a un déficit de compétences également qui s'explique et je vais le détailler un petit peu plus. Et ce déficit de compétences est un frein majeur à notre compétitivité, à notre capacité d'innovation et à notre autonomie. En tant que ministre, je porte, je défends sans relâche, vous l'avez dit, cette vision forte de la souveraineté.
Mais, si vous voulez, dire des choses sans pouvoir les appliquer ou sans qu'elles soient opérationnelles, n'a pas de sens. Je ne suis pas là pour faire réveiller les gens, je suis là pour faire en sorte qu'elles puissent, que les personnes puissent s'épanouir dans ce monde numérique, dans ce monde de la tech. On sait que nous sommes dans un monde, le numérique, où la donnée devient un actif stratégique.
On parlait de l'or, on parlait du pétrole. Eh bien, aujourd'hui, on parle de la data. Et la data, ça a une valeur et c'est quelque chose qu'on doit protéger et qu'on doit conserver sur notre territoire.
Quand je dis notre territoire, c'est en Europe, principalement. L'intelligence artificielle, vous voyez, dans notre vie au quotidien, elle recompose avec une rapidité incroyable nos représentations et nos usages du monde. Ça va tellement vite que c'est parfois difficile de, je dirais, d'accompagner ce développement de l'IA et notamment de protéger les citoyens face à ce raz-de-marée de l'intelligence artificielle.
Les compétences en mathématiques, en sciences, en informatique, les compétences techniques d'une nation conditionnent sa prospérité future. Et si nous voulons éviter la France, le décrochage de notre nation, nous devons renforcer nos compétences et nos talents dans les filières scientifiques, technologiques et numériques. Cette exigence est encore renforcée avec l'ambition claire qui a été fixée par le président Emmanuel Macron lors du sommet pour l'IA en février 2025 à Paris et encore très récemment lors de ses annonces au centre du CEA, le centre de l'énergie atomique, sur le quantique.
Mon ambition, notre ambition, c'est faire de la France un acteur de premier plan en matière de numérique, notamment en matière d'IA, de centres de données et de quantique. Il y a des choses que je peux faire en nom du gouvernement. Il y a des choses que les parlementaires peuvent faire également.
Les entreprises privées peuvent faire des choses. L'administration, les ministères peuvent faire beaucoup de choses. Mais les compétences, la présence de toute la population, hommes, femmes, est essentielle pour nous permettre d'atteindre cet objectif ambitieux, d'être au cœur de la stratégie IA mondiale. et elle ne peut évidemment se concrétiser sans celles et ceux qui créent, qui développent ces technologies, qui font tourner les infrastructures, qui les exploitent au quotidien.
Et pour cela, nous avons besoin d'ingénieurs, de techniciens, de techniciennes, de scientifiques, de codeurs partout, dans tous les territoires. La féminisation des filières scientifiques et technologiques devient un enjeu crucial pour notre pays. j'en parle régulièrement avec le ministre de l'Éducation nationale, Edouard Geffray, qui a une vraie vision et une ambition sur le sujet.
Je m'en réjouis. C'est que finalement, il faut que nous fassions un virage majeur culturel dans notre pays. Il faut que les mentalités changent.
Ça commence à la maison, dans les discours que l'on peut tenir autour de la table, lors d'un dîner, les conseils que les parents peuvent donner à leurs filles lorsqu'elles doivent faire des choix sur Parcoursup ou qu'elles doivent choisir des options en seconde ou en première. Il faut vraiment que culturellement, les parents également jouent un rôle, l'environnement familial, sur le fait d'ouvrir toutes les possibilités et de ne pas enfermer ou en tout cas orienter trop fortement les filles. cela se poursuit à l'école.
Dès le CP, dès 6 ans, après le premier trimestre, donc on est en décembre, les petites filles commencent déjà à se dire que les mathématiques, ce n'est pas pour elles. Je le dis en m'appuyant sur des études qui ont été faites à 6 ans, en décembre, déjà. Les petites filles se disent je n'aime pas les maths.
Il y a un problème. Il y a un problème, il y a donc un travail peut-être à faire aussi au niveau des enseignants, donner confiance et ne pas genrer les postures ou les propos qui sont souvent involontaires. Ce n'est absolument pas conscient.
Et puis, les choix d'orientation, parcours sup, évidemment, c'est essentiel, mais aussi l'entrée au lycée. Donc, c'est donc sans surprise, malheureusement, que les filles ne sont pas bien représentées dans les métiers du numérique. Aujourd'hui, en France, seulement 7% des adolescentes expriment un intérêt pour les métiers du numérique.
Dans le même temps, c'est 29% chez les garçons. Seuls 23% des emplois dans le numérique sont occupés par des femmes. 21% des start-up sont créés par des femmes ou par des équipes mixtes.
Un garçon, une fille. Et seulement 2% des levées de fonds sont réalisées par des équipes exclusivement féminines. La levée de fonds, c'est ce qui permet de passer à l'échelle et de passer de start-up à entreprise, on peut dire PME.
Donc, c'est très peu. Il faut absolument qu'on change cela. On doit changer les mentalités.
Il faut éviter l'autocensure, évidemment, les préconçus, les biais de genre, les représentations du métier aussi. Souvent, je me fais...
Je suis assez...
Depuis pas mal d'années engagée sur la filière de la cybersécurité en Bretagne, notamment. Et un jour, j'avais fait une publication qui avait fait vraiment réagir les garçons, d'ailleurs, principalement, sur le fait que, non, les filles...
Je m'adressais donc aux filles. Je disais, non, les filles dans la cybersécurité, ce ne sont pas que des garçons en suite à capuche, devant un ordinateur, lumière éteinte, avec un paquet de chips, la nuit. Ce n'est pas ça, la filière cybersécurité.
Bon, évidemment, ça avait un peu été provocateur, je le reconnais, mais au moins, ça avait fait réagir. Les garçons, dans un certain sens, et les filles, dans l'autre. Donc, très bien.
Il faut donc changer notre approche. Il faut d'abord que les femmes se fassent confiance. Les filières scientifiques, les filières technologiques, comme son nom l'indique, ce sont des filières dont il y a tous les métiers.
Il y a tous les métiers, comme il y a la filière agricole, la filière éolien, la filière touristique, dans les filières technologiques, il y a tous les métiers. Et les femmes, évidemment, ont leur place. Elles ont, en plus, quand elles sont associées à des garçons, les équipes mixtes sont beaucoup plus performantes, puisqu'on n'a pas la même approche.
Donc, on est complémentaires, et donc, c'est gagnant-gagnant. Il faut aussi, je pense, renforcer le tutorat, le mentorat, le rôle modèle, même si parfois, les rôles modèles paraissent inaccessibles. Pour une jeune fille, une fois, qui m'avait dit, dans la cyber défense, effectivement, une femme qui était très engagée, qui avait fait des longues études, qui était colonel dans l'armée, elle disait, mais jamais, je pourrais faire ça.
Donc, il faut aussi, au niveau des rôles modèles, savoir doser les rôles modèles pour que ce soit dans l'esprit accessible et où la jeune fille se dise éventuellement, je peux le faire. Encourager l'accès aux stages, aux alternances, développer massivement les dispositifs d'accompagnement ciblés, en particulier pour les jeunes des milieux modestes ou des quartiers ou les personnes en reconversion. Et puis, je vous le dis, mesdames, il faut vous faire confiance.
Je pense que c'est la base. Il faut vous faire confiance. Si je prends mon exemple, je ne suis pas une technicienne.
Je ne suis pas une ingénieure. Je fais des études généralistes. Mais par contre, ce sujet m'intéresse.
Et c'est à force de travail, de conviction, de constance, que je suis devenue ministre de l'IA et du numérique. Ça paraît très logique que ce soit une ingénieure. Non, en fait.
Donc, il faut vous faire confiance. Nous n'avons pas besoin d'être toutes des Marie Curie pour devenir des expertes dans des domaines technologiques, numériques. Et c'est tant mieux pour y faire notre place, comme dans tous les secteurs, et pour y être légitime.
Il y a une seule valeur à mes yeux, c'est le travail et la confiance. Je crois vraiment beaucoup au rôle des rôles modèles qui donnent envie, qui donnent confiance, avec qui on peut échanger, qui peuvent donner des clés aussi pour rapprocher certains secteurs. Et je peux constater depuis ces mois que la proximité, justement, entre celles qui sont déjà dans les métiers et celles qui ont envie d'y être, cette proximité, cette visibilité est essentielle pour inspirer, pour encourager.
Donner la juste et la pleine palace des femmes dans les innovations technologiques, c'est aussi répondre aux enjeux de biais des technologies, car la technologie, elle n'est jamais neutre. La technologie, elle ressemble toujours à celles et ceux qui la conçoivent. À quoi va donc ressembler l'IA française ou européenne si elle n'est conçue que par des hommes ?
Je vous pose la question. En tout cas, moi, je pense que je ne me retrouverai pas dans cette IA. Et c'est pour ça aussi, c'est important que vous vous engagez dans ces filières.
On a besoin de la vision et de la représentation et de la contribution des femmes pour que l'IA européenne soit celle qui nous ressemble le plus. Une IA qui ne reflèterait pas la diversité de notre société risque de reproduire et d'amplifier des inégalités existantes. Et puis je dis attention, une tendance de fond est en train de se développer et pour laquelle la présence des femmes va permettre notamment de résister, c'est le masculinisme.
Et une IA qui n'est faite que par des hommes ou par des mouvements masculinistes est extrêmement dangereuse pour la société. Si nous voulons un numérique au service de toutes, de tous, nous avons besoin de femmes, nous avons besoin de diversité. Nous avons 15% de femmes dans l'IA et les étudiants dans ce domaine ne représentent que 15%.
Il faut faire évoluer ces chiffres. C'est mon engagement, c'est le travail qu'on fait avec le ministre Philippe Baptiste de l'enseignement supérieur de la recherche avec Édouard Geffray dans l'éducation nationale. L'amélioration de l'accès des femmes dans les filières scientifiques et technologiques est un facteur clé aussi de notre croissance, de notre capacité d'innovation et nous permettra de relever ces défis.
Nous devons suivre ce chemin, nous en sommes capables. Quand je regarde ce qui se passe à l'extérieur pour bouger un petit peu dans le monde, là où il y a des événements sur l'IA ou le numérique, quand je vois ce que les Indiens sont capables de faire, quand je vois ce que le Maroc est capable de faire, eh bien je me dis qu'il n'y a pas de raison que la France ne puisse pas le faire. L'engagement des jeunes filles dans ces pays est assez exceptionnel, elle est quasiment paritaire.
Il s'agit d'un enjeu, je l'ai dit, d'égalité des chances, un enjeu de souveraineté et un enjeu qui doit tous nous mobiliser parce que vous y avez votre place et vous avez le droit aussi d'être dans ces filières, évidemment. Je sais pouvoir compter sur le soutien de Social Builder et de vos partenaires. Je souhaite pouvoir bénéficier évidemment de vos recommandations concrètes.
Vous allez faire un livre blanc, donc il m'intéresse fortement d'avoir vos conclusions pour mieux attirer, recruter, intégrer, fidéliser les femmes dans les métiers d'avenir. Alors moi, je n'ai qu'un mot à vous dire avant de conclure et c'est, vous l'avez compris un peu mon mantra, faites-vous confiance. C'est ainsi que je voudrais finir mon intervention.
Merci beaucoup. Merci infiniment, Madame la Ministre, de votre détermination à faire bouger les choses et de votre présence parmi nous pour tous les partenaires d'Ophema. Pour immortaliser ce moment, j'appelle Nadine Crignier et Letizia Nudeau à nous rejoindre.
Je pense que c'est le moment de l'engagement pour l'avenir. Est-ce qu'on a le droit de faire ? Merci infiniment.
Alors je vous propose, Madame la Ministre, si vous...
Eh bien, nous allons faire comme ça. Nous allons lancer une petite...
On s'adapte. Nous allons lancer un clip, une vidéo qui a pu être diffusée sur l'ensemble des chaînes de France Télévisions et les réseaux sociaux et qui ont impacté des dizaines de millions de foyers et de femmes pour rappeler l'urgence et l'importance de travailler sur ces sujets d'engagement des filles et des femmes dans les métiers numériques et techniques. Donc vous allez voir cette vidéo et on remercie les partenaires qui ont rendu ça possible à la fois en termes de conception et de diffusion à savoir l'agence Sachi et Sachi, Publicis et bien sûr France Télévisions qui nous ont permis de concrétiser ce projet.
Je vous laisse avec cette vidéo. Salut Kim, tu vas bien ? Non, je ne sais pas.
Je peux savoir ce qui se passe là ? Je sais que c'est un peu bizarre, même très bizarre. Je suis toi, Kim, mais pas tout à fait.
D'accord. Disons que je suis une version alternative. Une Kim qui a fait des choix différents à certains moments de notre vie.
C'est fou votre truc. Mais donc, tu ne travailles pas dans les ressources humaines comme moi ? J'aurais adoré aussi faire ce métier comme toi, mais j'ai fait des choix différents.
Quand on était petite, on aimait les enquêtes policières. Je me souviens, on jouait souvent à Sherlock Holmes avec les grands frères. Donc, si je comprends bien, c'est ça le multiverse ?
Oui, on peut dire ça. En tout cas, dans ma réalité, quand tu es partie en école de commerce, moi, j'ai directement fait une formation en pilotage de drones. C'est incroyable, je n'y crois pas.
Mais pourquoi ? Parce qu'on a toujours aimé les voitures télécommandées quand on était enfant et maintenant, je fais ça avec des drones. Je peux scanner les sols avant la construction de bâtiments durables.
Ça a l'air super technique, ton truc. Jamais j'aurais pensé bosser là-dedans. Mais pourquoi tu penses que tu ne pourrais pas faire de la cybersécurité comme moi ?
J'y pense, souvent. Je me suis dit que c'était un métier comment dire, de mec et qu'il fallait être super forte en maths. Ah parce que nous, on n'était pas fortes en maths au lycée ?
Si. Mais je ne sais pas. Il faut dire qu'à l'époque, les conseillers d'orientation ne m'ont pas vraiment poussé vers une voie scientifique.
Bien sûr. On nous dit d'avoir confiance en nous mais on n'est pas toujours aidés. Et tu ne regrettes pas parfois ?
Pas une seconde. Et j'aime l'idée d'être un modèle pour les filles qui se poseraient les mêmes questions. Tu vois, pour parler avec toi, eh bien j'ai envie d'essayer.
Tu sais que j'ai failli faire une école d'art ? Oui, du coup, tu sais. Et mes parents, enfin nos parents, je ne sais pas qu'ils étaient forcément contre mais ils avaient un peu peur qu'il n'y ait pas trop de débouchés.
Oui, mais les carrières ne sont pas toujours linéaires. Un jour, on fait une chose, un jour, une autre. Mais tu sais, il n'est pas trop tard pour que tu fasses comme moi.
Tu crois vraiment ? Bien sûr. Avec ton expérience, tu as sûrement déjà des idées et a priori, tu en es capable.
Vu que tu es moi et que moi, je suis toi, c'est ça ? Exactement. Ouais.
Ça marche. On peut applaudir une nouvelle fois cette vidéo. Bravo Emmanuel pour la réalisation de cette vidéo.
Merci donc à nos intervenantes. Merci Madame la Ministre pour ce boost d'inspiration avec une vidéo qui reprend bon nombre de messages qu'elle nous a partagés. Merci pour votre attention.
Vous allez maintenant pouvoir suivre nos guides bénévoles en sortie de salle. Ils vont vous conduire à la prochaine étape de votre parcours guidé. Donc, dans l'espace, explorez.
Très belle journée ici pour TechBooster. Merci. Merci.
Merci. Merci. Merci.
Anne Le Hénanff