Europe : « Il faut rompre avec ce monde pourri » - Mélenchon
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Chapitres
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Nos deux peuples ont une responsabilité particulière dans l'histoire du vieux continent et en particulier du fait de la puissance économique de nos deux nations nous n'avons pas le droit de nous réfugier derrière des abstractions pour nous décharger de notre responsabilité particulière sur les autres. »
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« L'Allemagne gouvernée par madame Merkel et qui a imposé à toute l'europe avec la complicité de tous les gouvernements conservateurs, d'une part et d'autre part avec la participation active de tous les sociaux-démocrates d’Europe à des gouvernements de coalition qui on appliqué la politique souhaitée par le gouvernement de madame Merkel qui protège d'abord les intérêts du capital financier »
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« le gouvernement de madame Merkel et de monsieur Schäuble se sent assez fort pour traiter d'une manière absolument intolérable la Grèce, Chypre, le Portugal, l'Espagne, l'Italie »
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« La souveraineté du peuple Français est menacée par les gouvernements qui dorénavant ont trouvé normal de commettre un acte de guerre contre Chypre en lui coupant l'accès à la monnaie ! »
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« Il est important qu'il y ait des gouvernements qui rompent avec le système productiviste qui est directement et congénitalement attaché au capitalisme de notre époque »
- 8:30MélenchonFait
« Nous devons être capable d'incarner la colère du peuple. Si nous avons des craintes de déplaire aux belles personnes, si nous avons peur d'élever la voix parce que ce n'est pas poli, si nous avons peur de dire que les traités européens sont absolument incompatibles avec la dignité de nos peuples »
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c'est un moment important pour moi, Français de m'adresser à mes amis et camarades principalement allemands. Nos deux peuples ont une responsabilité particulière dans l'histoire du vieux continent et en particulier du fait de la puissance économique de nos deux nations nous n'avons pas le droit de nous réfugier derrière des abstractions pour nous décharger de notre responsabilité particulière sur les autres. Il y a eu beaucoup de constats de faits concernant les critiques et les solutions à la crise actuelle.
Je n'ai pas l'intention d'en rajouter, je veux vous dire que la première question que je me pose comme Français et comme internationaliste c'est de savoir comment dans mon propre pays je peux changer les conditions de l'Europe et je pense que c'est la tâche de chacun d'entre nous dans son propre pays. C'est une abstraction de croire qu'il va y avoir un mouvement général dans les 28 pays qui va nous décharger de la responsabilité particulière de changer la donne dans notre pays. Si d'ici quelques mois les destins veulent, et les électeurs, que je gouverne mon pays, qu'est-ce que je pourrais faire ?
Hé bien, la première difficulté est que j'aurai à affronter c'est l'Allemagne gouvernée par madame Merkel et qui a imposé à toute l'europe avec la complicité de tous les gouvernements conservateurs, d'une part et d'autre part avec la participation active de tous les sociaux-démocrates d’Europe à des gouvernements de coalition qui on appliqué la politique souhaitée par le gouvernement de madame Merkel qui protège d'abord les intérêts du capital financier en raison des conditions particulières de l'Allemagne et du cœur de l'électorat de madame Merkel qui a des retraites par capitalisation et qui a donc besoin d'un haut niveau de la monnaie euro pour pouvoir acquérir à bas prix les conditions de vie de ces retraités et deuxièmement des salaires bas de manière à ce que les dividendes soient le plus haut possible pour garantir ces retraites par capitalisation. La grande difficulté que nous avons connue est résultée de la mise en place de cette politique, premièrement. Et deuxièmement, de l'incroyable lâcheté des dirigeants français qui ont renié la parole de leur propre peuple qui avait dit non au projet de traité constitutionnel, et qui ensuite ont été dire à madame Merkel nous sommes d'accord pour signer.
Lâcheté quand les français ont voté pour un candidat qui leur disait : "nous allons renégocier le traité" qui était en cours de rédaction et qu'à peine élus ils l'ont signé ! par conséquent je dois vous dire que si nous montrons du doigt madame Merkel, nous sommes conscients du fait qu'elle n'a pu agir de cette façon que parce que les autres lui ont dit :" oui madame, vous avez raison" et ont trahi leur propre peuple, le vote de leur peuple. Vous voyez la difficulté !
Et maintenant du fait de ces capitulations successives le rapport de force a changé, le gouvernement de madame Merkel et de monsieur Schäuble se sent assez fort pour traiter d'une manière absolument intolérable la Grèce, Chypre, le Portugal, l'Espagne, l'Italie. Nous entendons parler du club Med à propos de nos patries mais nous vous signalons que le club Med c'est la deuxième, la troisième, la quatrième économie du continent ! c'est une situation très dangereuse que celle que nous vivons c'est pourquoi je vous en parle avec cette force et cette gravité.
En même temps les pulsions à la guerre sont revenues ! Des irresponsables à l'est de l’Europe veulent à tout prix d'un choc avec la Russie ! L'OTAN est déjà arrivé et a installé ses bases et ses fusées !
Eh bien c'est à nous de dire que les Russes ne sont pas des adversaires ! Ce sont des partenaires et nous ne voulons pas de la guerre avec eux ! Nous n'en voulons pas ! (applaudissements) Je dois éviter de traiter trop de sujets mais je veux montrer ce qu'ils ont en commun.
C'est cette même politique qui pousse les peuples à s'affronter les uns avec les autres la mécanique de l'Europe actuelle est une mécanique de confrontation dans les nations et entre les nations ! L'Union Européenne des traités européens, du traité de Lisbonne et du dernier traité ne peut pas produire autre chose que de la misère et de la guerre ! C'est pourquoi nous devons avoir comme mot d'ordre central qui nous unisse, la sortie des traités européens.
Pas la sortie de l’Europe, la sortie des traités européens ! Et c'est pourquoi je développe pour ma part l'idée que nous Français nous devons avoir un plan A : Nous venons et nous disons à nos partenaires : "il faut sortir des traités, en tout cas nous n'obéirons plus au traité qui prévoit les travailleurs détachés c'est-à-dire la délocalisation dans chaque usine de la main d’œuvre. Nous n'appliquerons plus les traités qui nous interdisent de développer nos services publics !
Nous n'appliquerons pas les traités qui nous obligent à une austérité absurde parce que ce qui est bon pour l'Allemagne, pays vieillissant n'est pas bon pour la France, pays qui est le plus jeune de toute l’Europe, qui a besoin de routes, d'écoles, d'hôpitaux, de ponts, de travail pour tout le monde ! Et nous ne pouvons pas pour faire plaisir à une idéologie sacrifier notre peuple, notre existence comme nation ! C'est la raison pour laquelle si le plan B n'était...
Le plan A n'est pas écouté, si nos offres de discussion sont repoussées alors nous pratiquerons un plan B. En résumé, ou bien on change l’Europe ou bien nous la quitterons ! Pourquoi la quitterons-nous ?
Parce qu'il n'y a aucune valeur supérieure en démocratie à la souveraineté du peuple ! Aucune ! Aucune !
La souveraineté du peuple Français est menacée par les gouvernements qui dorénavant ont trouvé normal de commettre un acte de guerre contre Chypre en lui coupant l'accès à la monnaie ! De commettre un acte de guerre contre la Grèce en lui coupant l'accès à la monnaie et en l'humiliant ! En lui faisant des promesses concernant sa dette qui ne sont pas tenues, en échange de sacrifices qui sont déjà consentis !
Voilà le moment historique, le moment historique qui est celui où, comme tu l'as dit, comme tu l'as dit, comme tu l'as dit Sarah ! La menace ne viendrait pas des eurosceptiques que nous serions...
Ce n'est pas nous qui menaçons l'idéal européen ! Ceux qui menacent européen...
L'idéal européen c'est ceux qui sont en train de l'effondrer sous mes yeux ! On est passé par les violences contre la Grèce pour interdire le respect de la souveraineté du popul... du peuple grec.
Et bien maintenant nous en sommes au Brexit. C'est quoi à l'étape suivante ? Quelle est l'étape suivante ?
Vous autres les Allemands vous avez vu un système s'effondrer à votre porte, eh bien vous savez que l'effondrement est possible. Quand à nous, j'ai dit quelle est ma proposition plan A, plan B ! sortir des traités européens ensemble pour formuler d'autres politiques.
Mais nous avons aussi un devoir et c'est là-dessus que je vais terminer. Plus grand ! Plus important que celui de nos nations, plus important que celui de nos peuples.
Il y a une urgence écologique ! La planète a pris feu ! Nous ne pouvons pas rester là, les bras croisés à regarder, à faire des discours.
Il est important qu'il y ait des gouvernements qui rompent avec le système productiviste qui est directement et congénitalement attaché au capitalisme de notre époque. Pour faire la transition pas seulement de l'énergie mais des process de production des process d'échanges de la façon de consommer qui nécessite une révolution culturelle de notre manière de vivre et d'appréhender la vie. Et donc de poser à nouveau l'interrogation face à la richesse.
Quel est le sens, s'il-vous-plaît, quand on a 1 milliard d'en vouloir un deuxième ? Quand on a un million d'en vouloir un deuxième ? En quoi consiste la véritable richesse des êtres humains sinon le soin à apporter aux autres?
A l'amour que l'on peut partager, à la tendresse qu'il faut donner dans la société qui sont les tâches prioritaires d'un programme de gauche, autrement dit. Notre tour est venu de porter l'intérêt général humain. Quel parti sommes-nous ?
Le parti de l'intérêt général humain. Voilà ce que je voulais vous dire, je ne sais pas combien d'autres fois j'aurai l'occasion de venir vous parler de ces thèmes. Je veux d'abord dire mon immense gratitude à "Die Linke" et spécialement à Oskar Lafontaine parce que c'est lui qui nous a donné le courage de rompre avec le vieux système et si j'ai une leçon peut-être à apporter, à contribuer c'est dire...
Il faut rompre avec ce monde pourri ! Il faut rompre et trouver le courage en nous-mêmes quand nous avons le pouvoir et que nous sommes de gauche, de faire des politiques de gauche ! Bon la première chose que l'on peut se dire c'est qu'on a beaucoup de choses à faire ensemble dans les deux ans qui viennent.
Moi j'aime bien poser les problèmes politiques dans leur contexte. Dans les deux ans qui viennent, il y a des élections présidentielles en France qui vont être en bonne partie décisives pour l’Europe. L'année suivante, ce sera le tour de l’Allemagne et évidemment que si ça change en Allemagne nous pouvons dire que les risques de guerre et d'accroissement des violences dans les nations vont reculer !
Donc ce sont deux années cruciales. C'est...
C'est...
Notre destin que nous avons dans la main c'est pas des choses abstraites, lointaines... euh... des thèmes de conférences, nous allons faire des campagnes électorales et le but de la campagne électorale est ?
De la gagner ! Et de convaincre ! Nous avons besoin les uns des autres pour ça.
J'ai dit...
Année électorale en Allemagne, année électorale en France, et cette année va avoir lieu le processus de ratification du TAFTA traité d'échanges avec les Etats-Unis d’Amérique et du CETA traité d'échanges avec le Canada donc dans nos pays respectifs nous devons être en tête du mouvement pour que la souveraineté des peuples s'exprime ! Nous pouvons avoir en commun la même revendication, dans tous les pays les peuples doivent pouvoir s'exprimer sur TAFTA et CETA ! Il me semble que si nous donnons à voir cette grande cohésion nous montrerons qu'il y a une alternative à l'ordre des choses.
Bon c'est un peu difficile de dire tout ça alors que je parle au paradis parce que vous êtes le paradis ici ! En France on nous dit qu'il faut imiter le modèle allemand parce que tout va bien et la preuve c'est que vous vendez beaucoup de voitures. Bon !
Quand je parle avec mes amis allemands, cela n'a pas l'air de suffire à leur bonheur. Mais chez nous on nous dit que si ! Et quand on fait la critique de ce modèle on se fait immédiatement traiter de germanophobe !
Si je ne suis pas d'accord avec la politique de madame Merkel on me dit :" tu veux faire la guerre !" Non je veux pas faire la guerre j'ai même un excellent ami qui s'appelle Oskar Lafontaine et nous avons besoin de montrer notre complicité politique. Moi j'ai...
Tu me poses la question, j'ai besoin que Oskar et d'autres camarades, toi, vous veniez en France pendant la campagne électorale. Pour que vous soyez vous à dire "non, chez nous c'est pas le paradis ! On vous ment !" On a besoin de vous !
Ensuite tu me dis :"quel conseil je peux donner ?" Moi je sais pas quel conseil, si je connaissais le remède miracle je l'aurais déjà appliqué dans mon propre pays et on n'aurait pas besoin de faire une conférence ce soir. Mais je veux quand même faire une remarque nous devons être capable d'incarner la colère du peuple.
Si nous avons des craintes de déplaire aux belles personnes, si nous avons peur d'élever la voix parce que ce n'est pas poli, si nous avons peur de dire que les traités européens sont absolument incompatibles avec la dignité de nos peuples parce que nous avons peur de passer pour des anti-européens alors nous ne pourrons convaincre personne ! Il faut donc parler cru ! Je sais pas comment on traduit ça en allemand.
Cru et Dru ! Dru comme la pluie qui tombe fort ! il faut parler cru et dru et il faut incarner la fonction tribunitienne !
Le doute du peuple qui l'amène des fois à écouter des discours sur l'identité ! Alors c'est...
En France ça marche très bien ça ! On parle de l'identité alors évidemment...
Vous avez qu'à vous posez la question à vous même : qui êtes-vous vous-même ? Vous n'êtes pas la même personne toute votre vie, vous n'êtes même pas la même personne toutes les heures alors imaginez-vous quand il faut que 65 millions de personnes disent en même temps qui elles sont ! C'est une question absolument folle qui n'a pas de réalité !
Nos peuples sont et seront de plus en plus métissés et tant mieux ! Par conséquent nous devons voir là une ruse des importants. Une ruse pour substituer la question identitaire à la question sociale et à la question écologique.
Mais nous ne pouvons pas être entendus si nous ne sommes pas parfaitement clairs à dire les choses sans tourner autour du pot ! Et à mettre en avant une idée de la civilisation humaine. C'est pourquoi ça me plaît de répondre à un homme de culture.
Ce qui est premier dans la vie de la société c'est la morale, l'amour, la tendresse, le soin des autres. Non ! Ce n'est pas de vendre des voitures très grosses !
Ce qui est premier dans la société c'est la raison pour laquelle nous sommes ensemble et je pense que si nous tenons le discours de l'humanisme des Lumières ! Si nous rappelons que tous les êtres humains sont semblables et que par conséquent nous mourrons tous de la même manière ! Si vous continuez à faire des mines de charbon à ciel ouvert en Allemagne, si nous, nous continuons à multiplier les centrales nucléaires non seulement chez nous mais chez les autres en nous disant qu'il n'y a pas de danger jusqu'au jour où il y aura un accident ! nous sommes des êtres humains semblables et nous portons la parole de cette similitude alors comme on l'a dit pour Dracula, si tu allumes la lumière de l'humanisme, Dracula s'en va en petits morceaux !
Jean-Luc Mélenchon