Clémentine Autain - On n’est pas couché 12 mai 2012 #ONPC
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 77 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:02OuverteRéponse directe
Vous venez d'entendre cet échange sur le coût de la campagne de Hollande et la tranche d'imposition supplémentaire pour les hauts revenus.
- 0:42FerméeRéponse partielle
Le rapport 20 à 1 entre le salaire le plus élevé et le moins élevé dans l'entreprise, est-ce une mesure de Hollande ou de Mélenchon ?
- 1:25OuverteRéponse directe
Si vous avez suffisamment de députés, le Front de Gauche surveillera-t-il l'application de cette mesure de Hollande ?
- 2:28RelanceRéponse partielle
La raison invoquée par Gisbert n'est-elle pas la seule à la chute dans les sondages de Mélenchon ?
- 4:06RelanceRéponse partielle
Êtes-vous consciente que Mélenchon est devenu obsédé par le Front National et a perdu des électeurs ?
- 6:08RelanceÉludée
Vous ne retenez pas ma thèse sur les électeurs récupérés par Mélenchon ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:26Invité politiqueFait
« On a commencé notre ascension, on a entendu au Bourget des phrases de François Hollande sans prendre à la finance, puis en effet la taxe pour les hyper-riches. »
- 1:45Invité politiqueChiffre
« On pense qu'il faut d'ailleurs plus de tranches, entre la tranche la plus haute que le Parti Socialiste propose à 45% et la nouvelle tranche à 75%. »
- 1:55Invité politiquePromesse
« Nous, on propose d'échelonner et de faire une révolution fiscale avec 14 tranches. »
- 1:59Invité politiqueFait
« On s'est battus notamment contre les politiques d'austérité pour faire en sorte qu'il puisse y avoir une relance par le partage des richesses et par la transition écologique. »
- 4:28Invité politiqueFait
« Le problème que le Front National soit devant le Front de Gauche n'est pas un problème pour le Front de Gauche. C'est un problème pour le pays. »
- 5:17Invité politiqueChiffre
« Nous voilà, avec 11%, un score à deux chiffres, une nouvelle force politique est née dans ce pays. »
- 8:06Invité politiqueFait
« Je souhaite que cette majorité réussisse. Je pense qu'elle n'est pas outillée pour faire face aux différentes crises qui sont les nôtres. »
- 8:36Invité politiqueFait
« Sur l'immigration, il faut en finir de marcher sur les pas de la droite et dire franchement qu'il faut régulariser les travailleurs sans papier. »
- 11:01Invité politiqueChiffre
« Le Front de Gauche, c'est 4 millions de voix. Et ces 4 millions de voix, elles ont pesé dans la défaite de Sarkozy. »
- 18:55Invité politiqueFait
« Nous avons fait campagne pour appeler à voter pour François Hollande et pour battre Nicolas Sarkozy. »
Temps de parole
- Clémentine Autain50 %
- Présentateur19 %
- ?9 %
- Invité7 %
- Invité 27 %
- Invité 35 %
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Vous
venez d'entendre cet échange avec Franz Olivier Gisbert qui expliquait ce coût formidable de la campagne de Hollande, de cette tranche d'imposition supplémentaire pour taxer les plus hauts revenus qui visait évidemment à calmer un peu les électeurs de Jean-Luc Mélenchon qui devenait de plus en plus nombreux. J'imagine que vous l'aviez compris. Oui,
quand
on a commencé notre ascension, on a entendu au Bourget des phrases de François Hollande sans prendre à la finance, puis en effet la taxe pour les hyper-riches. Donc voilà, c'est bien. Ça veut dire que le Front de Gauche est utile pour faire bouger les lignes politiques.
Juste une
petite question.
J
'ai remarqué que le rapport 20 à 1 entre le salaire le plus élevé du patron et le moins élevé dans l'entreprise, j'ai vu ça annoncé comme une mesure de François Hollande pour les entreprises publiques. J'ai vu ça annoncer, mais il me semblait que chez Mélenchon c'était le total,
mais
il me semblait que c'était une proposition de Mélenchon à l'origine. Non ? Ou est-ce
que tous les deux l'avaient ? En
fait,
c
'est une vieille proposition de la gauche. L'idée d'échelonner les salaires, d'avoir un ratio entre le plus bas et le plus haut, ça paraît une logique de bon sens. Après, à quel étiage on le fixe
exactement,
ça peut susciter de débat. Mais voilà, je pense que plafonner les salaires, c'est une mesure de gauche, et il n
'y a
pas de raison de le faire simplement dans les entreprises publiques. C
'est
une idée américaine, d
'ailleurs, la gauche américaine qui a toujours été...
C'est ce que vous
expliquez, vous rappelez dans votre livre. Alors justement, si vous avez suffisamment de députés à l'Assemblée nationale, le Front de Gauche, votre rôle sera de surveiller que cette mesure-là de François Hollande, qui était dans son programme et qui a été un des éléments qu'on a pu retenir pendant la campagne, soit appliquée ?
Par exemple, c'est vrai qu'on s'est battus sur la question de la révolution fiscale. On pense qu'il faut d'ailleurs plus de tranches, entre la tranche la plus haute que le Parti Socialiste propose à 45% et la nouvelle tranche à 75%. Vous voyez, entre 45 et 75, c'est le vide. Nous, on propose d'échelonner et de faire une révolution fiscale avec 14 tranches. Mais notre vigilance, elle sera plus globale que ça. On s'est battus notamment contre les politiques d'austérité pour faire en sorte qu'il puisse y avoir une relance par le partage des richesses et par la transition écologique. Et comme ça a été notre slogan de campagne, on ne lâche rien.
Donc voilà, on a envie d'avoir un groupe parlementaire qui pèse, un bon score confirmé aux législatives. Et on n
'est
pas prêts d'aller se coucher. Le peuple de gauche s
'est
réveillé, vous avez vu dans cette campagne. Beaucoup d'enthousiasme. Je crois vraiment qu'il s'est produit quelque chose.
Sauf
que peut-être, et après, Natacha et Audrey, ce sera ma dernière question personnelle, sauf que peut-être la raison invoquée par François-Olivier Gisbert n'est pas la seule à la chute dans les sondages de Jean-Luc Mélenchon. Parce qu'à un moment donné,
je suis
d'accord avec vous, il a monté, énormément monté, plus que ce que tout le monde attendait. Et finalement, il a fait un bon score par rapport peut-être à ce qu'on pouvait imaginer il y a quelques années. Mais il n'empêche qu'à un moment donné,
il
était à 16, 17, puis pouf, total, finalement, un peu décevant parce qu'il est retombé.
Et
moi, alors, elle vaut ce qu'elle vaut, mon analyse. Mais au fond, je regarde quand même tout ça comme un électeur que je suis. Et à un moment donné, je me disais, finalement, Mélenchon, c'est vrai pour les ouvriers qui suivent la campagne électorale. C'est un espoir. Il leur parle directement. Voilà, c'est peut-être utopique, mais c'est un espoir. Il s'adresse à ces électeurs qu'il faut récupérer, qui sont partis à droite, à gauche, à l'extrême droite, surtout. Dans l'abstention, hein ? Dans l'abstention aussi. Sauf que, d'un seul coup, voyant que sa cote montait dans les sondages, il est devenu obsédé par le Front National.
C'est-à-dire que, d'un seul coup, Jean-Luc Mélenchon, et vraiment, je vous parle en tant qu'électeur, Jean-Luc Mélenchon, que j'ai supporté pendant un long moment,
je
me disais,
ah,
c'est finalement, voilà, un type qui parle au peuple. Eh bien,
il
est devenu, mais agaçant, exaspérant, parce qu'il n'avait plus qu'une fixette, c'était être devant Marine Le Pen. C'est-à-dire que son discours n'était plus un discours sincère, c'était un discours stratégique. C'est-à-dire qu'il se positionnait par rapport à Marine Le Pen. Et donc, il finissait par insulter des électeurs qu'il avait un peu récupérés au départ et qu'il a reperdus. Est-ce que vous êtes consciente de ça
?
Non, je pense que l'objectif qui était de parler à tous les électeurs, et pas simplement aux ouvriers, de rassembler le peuple autour d'un projet de transformation sociale et écologique, ça a été ça, le cœur de notre campagne. Et dans cette campagne, en effet, nous avons décidé d'affronter le Front National, l'extrême droite. Et on s'est senti parfois un peu seul sur ce terrain. Et quand on voit les résultats, le problème que le Front National soit devant le Front de Gauche n'est pas un problème pour le Front de Gauche. C'est un problème pour le pays.
C'est un problème qui, d'ailleurs, s'est vérifié dans l'entre-deux-tours, puisque Nicolas Sarkozy, dans l'entre-deux-tours, a quand même modifié son discours et a droitisé sa posture avec des propos xénophobes qu'on entendait dans son entourage, mais qui, là, s'est encore renforcés. Donc, je pense qu'il faut être vigilant. Et il est normal que le Front de Gauche se mobilise pour combattre l'extrême droite. Sur le score, le tassement, faisons attention. Parce qu'il y a eu beaucoup de commentaires sur la déception, sur un score qui ne serait pas si grand. En 2006, moi, j'avais milité dans les collectifs antilibéraux et on rêvait d'une candidature unitaire.
Je me souviens d'une interview que j'avais donnée à Libération, où le titre, c'était « Nous pouvons faire un score à deux chiffres ». Autour de moi, c'était « Que dirait qu'il
y a
de moi ». Mais enfin, n'importe quoi, un score à deux chiffres, mais elle est complètement dingue. Et nous voilà, avec 11%, un score à deux chiffres, une nouvelle force politique est née dans ce pays. C'est ça qui s'est produit.
Vous ne pouvez pas nier qu'il y a une déception
quand même. Vous ne pouvez pas nier qu'il y
a
une déception.
Même si
c'est un très beau score, quand même, les électeurs du Front de Gauche et Jean
-Luc Mélenchon s'attendaient à mieux. Il y a une
déception pour, peut-être, celles et ceux qui ont peut-être confondu dynamique militante et dynamique électorale.
Mais vous n'avez pas tout à fait
répondu
à ma question. Non, mais
déception de ne pas être devant le Front National, bien sûr que
c
'est une déception. Nous aurions voulu être devant. Mais ce que je veux dire, c'est qu'on ne peut pas lire simplement à l'aune de ce fait politique. On ne peut pas nier ce qu'a été cette campagne et le fait qu'il y a maintenant une force politique nouvelle qui est le Front de Gauche, qui est cohérente, unie dans cette campagne, qui a soulevé de
l
'espérance et qui n'est pas prêt de se rappeler.
Mais vous ne retenez pas... Je voudrais
juste avoir cette réponse à ma question. Vous ne retenez pas ma thèse qui dit que,
à
un moment donné, Jean-Luc Mélenchon avait récupéré certains électeurs, parce que c'est parfois les mêmes, certains électeurs du Front National, parce qu'ils ont une vie malheureuse, parce qu'ils ne
se
sentent pas bien dans leur vie, parce qu'ils gagnent pas assez d'argent, parce que dans la ruralité ou ailleurs, voilà, ils cherchent un vote contestataire et qu
'ils
pouvaient le trouver aussi bien au Front National qu'au Front de
Gauche. Non, je ne suis pas d'accord avec ça. À un moment donné,
c'est devenu une telle fixette pour lui qu'il a finalement reperdu des gens qu'il avait gagnés.
Le Front de Gauche est porteur d
'un rapport critique à la société telle qu'elle existe et telle qu'elle dysfonctionne. Mais le Front de Gauche, ce n
'est
pas qu'un vote protestataire. C'est un vote qui vise à construire des majorités politiques et qui est, de ce point de vue, porteur d'espoir. Et le problème de cet électorat qui a pu se réfugier ou qui peut se réfugier dans le Front National parce qu'il a été déçu par la gauche, c'est un problème pour toute la gauche. C'est-à
-dire
comment toute la gauche est capable, demain, d'améliorer les conditions de vie du plus grand nombre. C'est ça le défi qui est posé.
Et c'est un défi qui est posé à toute la niche. Vous dites que vous allez construire
une majorité électorale. Très bien. Mais alors ça va se passer comment ? Vous croyez réellement que François Hollande, une fois aux manettes, une fois qu'évidemment il aura constaté l'état du pays, va faire une politique qui est celle que vous espérez ? Ou alors vous allez le soutenir comme la corde soutient le pendu ou alors dans la rue ? En quoi va
y avoir une majorité entre
ce que vous, vous voulez et ce que veut François Hollande ?
Je n'ai pas dit qu'on était en état de faire une majorité avec François Hollande et le Parti Socialiste. Ce n
'est
pas ça que je viens de vous dire. Donc ça va faire
comme
en Grèce. Ce n'est pas tout à fait ça que je viens de vous dire. Vous
espérez avoir suffisamment d'élus pour peser, mais évidemment pas assez pour pouvoir faire un gouvernement avec d'autres.
À
l'heure actuelle, il n'y a pas les conditions d'un accord politique avec le Parti Socialiste. Je ne
vous
livre pas là un scoop. Ça fait des mois que nous le disons. D'ailleurs, au mois d'août, nous avions demandé un débat avec le Parti Socialiste et malheureusement, personne n'a voulu nous répondre. Donc nous sommes orphelins de ce débat. Aujourd'hui, nous savons quelles sont les positions des uns et des autres. François Hollande a été élu et je souhaite que cette majorité réussisse. Je pense qu'elle n'est pas outillée pour faire face aux différentes crises qui sont les nôtres. Mais notre position est une position constructive. C'est-à
-dire
que nous voulons avoir le maximum de députés pour que les positions qui sont arrêtées et les décisions qui sont prises par le gouvernement de gauche dans les cinq années qui viennent soient les plus favorables socialement. C'est très concret. Quand nous disons qu'il faut consolider les services publics, qu
'il
faut augmenter le SMIC, qu
'il
faut sortir l'Union européenne de cette logique d'austérité qui nous mène dans la récession et qui accroît les inégalités sociales. Quand nous disons que sur l'immigration, il faut en finir de marcher sur les pas de la droite et dire franchement qu'il faut régulariser les travailleurs sans papier. Voilà. Je prends des marqueurs qui sont les marqueurs français
sur lesquels nous allons continuer à nous battre.
Qu'avez-vous de commun avec lui ? Puisque tout ce que vous venez de dire, ce n'est pas ce que François
Hollande
va faire. Donc vous actez qu'à l'heure actuelle, le rapport de force à gauche fait qu'il n'y a pas de majorité possible avec le front de gauche, entre le front de gauche et le parti socialiste. Mais ne désespérez pas bien en cours. Nous sommes constructifs.
Il faut désespérer bien en cours. Et vous voyez,
nous avons obtenu les 75% pour les hyper-riches. Il y a encore des mois qui vont se passer. Il y a aussi des choses qui se passent dans l'ensemble de l'Europe. Ce qui se passe en Grèce aujourd'hui, avec y compris la percée de Syriza, de la gauche radicale, les
médias ont eu 48
ans. Il y
a
les néo-nazis, les médias français en ont parlé tout de suite et c'est préoccupant. Mais de l'autre côté, il
y
a une percée très forte de la gauche radicale qui est passée devant le PASOC, le Parti socialiste local. Pour
l
'instant, conduit à une paralysie.
Et c'est justement dans la question de Natacha, c'est
exactement ce qu'il y a.
L'enjeu n'est pas la paralysie,
le front de gauche n'est pas Syriza. Est-ce qu'un groupe front
de
gauche à l'Assemblée nationale sera le premier opposant à la majorité de François ?
Moi,
je n'aime pas ce terme d'opposant. Nous sommes autonomes. Nous irons d'ailleurs sous nos couleurs pour les législatives. Au premier tour, nous espérons qu'il y aura un accord pour les endroits où il y a un risque de non-présence de la gauche et
d'une triangulaire avec le Front National. Excusez-moi,
mais vous nous dites à l'instant qu'un accord pour une majorité n'est pas encore possible, que les conditions ne sont pas réunies, mais en même temps, on peut envisager un accord de désistement pour les législatives. Il y a une petite contradiction.
Quand il y a un risque de Front National, oui, je pense que... D'ailleurs, c'est une vieille tradition républicaine.
Si
les deux
candidats de tête sont un candidat UMP et un candidat Parti socialiste, est-ce que le candidat Front de Gauche se maintient au risque de faire perdre le Parti socialiste
ou est-ce qu'il a perdu
?
Ce
que nous proposons justement, c'est de ne pas faire perdre la gauche quand il y a un danger de Front National. C'est
ça que nous proposons. Je parlais de
l'UMP.
Ah, de l'UMP, de triangulaire avec le...
Oui,
là, vous êtes dans des configurations...
Oui, ça peut arriver. Ça peut arriver, d'accord. On va regarder au cas par cas, d'ailleurs. La réunion avec
le Parti socialiste devrait enfin pouvoir se tenir, donc on va pouvoir prendre une carte électorale et regarder ça.
On se donne le nombre de trucs
qu
'on regarde au cas par cas.
Il y a cette bataille des législatives et nous, ce que nous disons, c'est que plus le Front de Gauche sera fort, plus il y aura des garanties que la politique qui sera menée permettra des conquêtes sociales. Nous sommes dans cet état d'esprit. Vous savez, on a contribué à battre Nicolas Sarkozy. Le Front de Gauche, c'est 4 millions de voix. Et ces 4 millions de voix, elles ont pesé dans la défaite de Sarkozy.
La différence entre
François Hollande, rappelons-le, et Nicolas Sarkozy au deuxième tour, c'est un peu plus d'un million de voix.
Mais moi, je suis quand même très contente de me dire que depuis 5 ans, on a passé beaucoup de temps, beaucoup d'énergie à nous battre pour éviter le pire, pour contester les mesures qui étaient prises par le gouvernement en place. Donc d'être dans une posture de résistance. Là, la période qui souffre, c'est une période dans laquelle nous allons pouvoir être conquérants, au sens où nous allons nous battre pour obtenir des améliorations, des acquis sociaux
nouveaux. Déjà,
le report de voix du Front de Gauche entre le 1er et le 2nd tour de Jean-Luc Mélenchon à François Hollande a été bien moins important que prévu ou qu'espéré par le Parti Socialiste.
Pourtant, on a fait la campagne. Moi, j'ai dit que ça n'est pas d'état d'âme à voter
pour François Hollande. Après, c'est à François Hollande de regarder ce qu'il a dit, ce qu'il n'a pas dit et peut-être ce qui a manqué pour qu'il y ait le plein du vote du Front de Gauche qui se reporte sur le Parti Socialiste.
En
revanche,
vous me décevez, Clémentine Autain. Je me déceve. Oui, vous n'êtes même pas candidate vous-même. Alors, qu'est-ce que c'est que
ça ?
Si,
c
'est pas vrai.
C'est pas
vrai.
Je suis suppléante.
Je suis candidate.
Je suis candidate suppléante de François Assensi à Tremblay-Villepinte-Sevran. Je suis candidate sur une circonscription, figurez-vous, puisqu'on parle de ça, où le Parti Socialiste a décidé de s'allier au vert. C'est le seul cas en France pour justement défier le candidat sortant du Front de Gauche. Eh bien, voilà, je suis allée lui prêter ma forte dans un département qui m'est cher qui est le département de la Seine-Saint-Denis.
Mais vous n'aviez pas envie vous-même d'être députée ? Il va falloir que vous attendiez que, je ne
sais
pas, il renonce ou que le pauvre, je ne
lui
souhaite pas mais qu
'il
soit valable ou que pour que vous soyez députée vous-même. Non, mais franchement, c'est un peu dommage.
Écoutez, on va essayer d'avoir le maximum de députés. Chacun juge de là où il est. Je suis très contente d'être suppléante de François Assensi.
Moi, je pensais que vous étiez une ambitieuse. Je ne
vous
ai dit que je n'avais pas d'ambition. Quand on est ambitieux... Non, non, ne vous inquiétez pas. On est députée directe. On n'est pas suppléante. Non,
non,
je vous assure.
Mais l'ambition, vous savez, c'est au long cours. J'ai beaucoup d'ambition pour mes idées
et c'est au long cours.
Vous
savez, c'est dans la durée que ça se juge,
cette ambition-là. Ah, donc c'est plutôt
l'Elysée, vous, directement, alors.
Enfin
une
femme à l'Elysée. François-Olivier Gisbert avait envie de poser une question. Moi, j'ai été très frappé par le talent du Front de Gauche pendant la campagne, le charisme absolument stupéfiant de Jean-Luc Mélenchon. Et elle y a participé. Oui, oui, bien sûr. Elle avait beaucoup de talent. Les propositions très intéressantes qui ont fait vraiment débat et qui sont passionnants.
Je
trouve le 1 à
20, c'est vraiment un problème. La Révolution citoyenne, par exemple. Mais, mais,
mais, mais,
mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, je vais vous demander, vous, des gens aussi brillants,
aussi intelligents, est-ce que vous croyez vraiment à toutes vos salades sur le plan économique ? C'est-à-dire, quand vous nous expliquez, vous avez un programme pour régler la crise, c'est très bien une grosse dette, on va l'effacer comme ça, parce que vous croyez que ça marche comme ça, ou alors il y a 100 milliards à trouver dans les caisses de l'État et vous nous dites, « Ah ben, c'est très simple, on va faire 100 milliards de dépenses de plus. » Comment vous en êtes arrivé là ? Parce qu'il y a quelque chose qui ne va pas, si vous voulez, entre vous, votre niveau intellectuel, votre qualité de campagne et puis vos propositions économiques. Ça fait froid dans le dos.
Pardonnez-moi de vous répondre par une question, mais je suis assez fascinée de ce consensus dans les hautes sphères de notre pays et en Europe. Je suis
dans les basses. Écoutez-moi, laissez-moi terminer.
Oh non, ne refaites pas les coups des basses sphères.
Prends
l'histoire là de...
Vous
serez imposés à 75% comme
les
autres. Moi, non, jamais. Je
suis
fascinée par cette assurance que j'entends sur tous les plateaux où je vais, où le consensus est total pour dire, «
Mais
enfin, il faut résorber la dette. La solution est cette solution. » Mais cette solution, c'est celle qui nous mène dans le mur. C
'est celle que vous proposez. En
Grèce, ils essayent.
La Grèce ? Ils essayent votre solution ? Non, ils essaient la vente. C'est le programme du Front de Gauche. Vous avez eu le résultat. Mais non,
c'est totalement faux.
Mais non, ils ne veulent pas régler le problème. Laissez-moi terminer. Ils
reportent tout le temps en Grèce. Regardez, c'est comme si le
Front de Gauche avait gouverné la Grèce. Si vous me permettez d'enlève pas de votre temps de parole. En trois
phrases, en trois phrases, c'est pas possible. Donc laissez-moi aller jusqu'au bout. Précisément la Grèce. La Grèce, ils en sont au neuvième plan de rigueur. Et après, neuf plans de rigueur. Écoutez-moi jusqu'au bout, je vous en supplie. Neuvième plan de rigueur, M. François-Olivier Gisbert, les inégalités sont criantes, elles se sont aggravées. D'accord ? Les services publics sont en berne et la récession est en marche. Et le pire du pire,
c
'est que la dette a explosé. Elle est passée de 120% du PIB en 2007 à 170% du PIB. Donc votre démonstration,
elle est en berne. La
démonstration, ce que je
veux juste vous dire, c'est
que la démonstration...
Vous êtes bonne, mais...
Mais la démonstration est faite que les politiques proposées de façon unanime, qui est de dire qu
'il
faut des politiques d'austérité, celles-là nous mènent dans le mur. Je
ne sais pas la validité, nous n'avons pas testé
le programme du
Front de Gauche. Je suis très étonnée par une chose, Clémentine Nothin, sur ce que sont nos propositions
économiques. Mais je pense que ce que nous proposons est une voie différente et qu'elle a toute chance de fonctionner mieux que ce qui n'a pas fonctionné
toutes ces dernières années. Clémentine Nothin,
on laisse parler votre soeur jumelle.
C
'est plus compliqué que ça.
J
'ai une question. Pendant la campagne, il y
a
eu un événement dont on a assez peu parlé. C'est une manifestation, justement, de soutien à la Grèce et de lutte contre les plans d'austérité imposés à la Grèce par l'Europe et qui était en train de couler le pays. Dans cette manifestation, il y a par exemple Nicolas Dupont-Aignan qui est venu. Ça fait des années qu'il se bat contre ce système européen pour des solutions qui, finalement, sur ce plan-là, ne sont pas si éloignées des vôtres. Il s'est fait virer, manu militari, de cette manifestation en se faisant traiter de fasciste, etc. Vous n'avez pas réagi. Jean-Luc Mélenchon n'a pas réagi.
Est-ce à dire que le vieux réflexe de gauche fait que vous préférez vous allier avec François Hollande qui va faire le contraire de votre politique plutôt qu'avec des gens qui peuvent dire la même chose que vous à certains moments et avoir
des liens ? Je ne vais pas faire l
'exégéage. Je ne
vais
pas faire en prendre mais une minute dix-huit pour faire l'exégéage du programme de M. Dupont-Aignan. Sur
ces questions-là, il était en pointe avant vous. Je ne suis pas
certaine
que nous
ayons en tout point des bases d'accord fortes. Non, ça je ne crois pas. Et pour la sortie de l'euro, ce n
'est
pas tout à fait ce que nous proposons. Par exemple, si on prend ce cas-là. Mais même sur les questions d'immigration, j'en parlais tout à l'heure, de la conception de la République, des libertés, je ne suis pas sûre qu
'on
se retrouve de la famille. Sur
la question de la Grèce ?
Non, mais après, voilà, il peut y avoir des éléments sur lesquels on peut se retrouver. Mais je pense qu'en termes de cohérence politique, il vient d'une tradition politique qui n'est pas celle de la gauche.
La
dernière question sera peut-être pour Audrey Pulvar qui en a toujours une sous sa...
Vous
avez 40
secondes pour
répondre.
Allez-y, Audrey.
Est-ce que le Parti communiste est prêt manifestement à entrer au gouvernement de François Hollande
?
Ils ne s'y
sont
pas... Vous
m'avez entendu quelque chose ? C'est lui dont vous pensez ? Ce
ne s'y
sont
pas...
Je n
'ai
pas entendu Pierre Laurent dire qu'il ne rentrerait absolument pas dans un gouvernement de François Hollande.
D
'ailleurs,
il
a entre les deux tours appelé très clairement à voter François Hollande. Moi aussi. Un petit peu plus clairement que Jean-Luc Mélenchon, en tout cas au soir du premier tour. Est-ce que si des ministres... Enfin, si des communistes pardon, entrent au sein du gouvernement, ils seront encore membres de la coalition du Front de Gauche pour partir avec vous à la bataille législative ?
Moi, je crois qu'il y a une grande cohérence stratégique à l'intérieur du Front de Gauche avec le Parti communiste, le Parti de Gauche, la FAS, que je représente d'autres mouvements. Et je pense que nous serons cohérents dans notre démarche jusqu'au bout.
C'est-à-dire ? Il
ne faut pas entendre des dissensions. Nous avons fait campagne pour appeler à voter pour François Hollande et pour battre Nicolas Sarkozy. Ça a été extrêmement clair. Et nous nous battons aujourd'hui sur une ligne stratégique qui est très claire. Nous voulons faire réussir la gauche. Mais nous n'irons pas dans un gouvernement qui mènerait une politique qui est contraire à ce que nous avons raconté. Mais
nous voulons faire réussir la gauche. Vous voulez peser sur la politique de François Hollande mais vous ne voulez pas
rentrer au
gouvernement pour
peser dessus.
Non mais
entendez
ce que nous disons. Nous avons mené une campagne de conviction. Nous croyons à ce que nous disons et nous nous battrons jusqu'au bout sur nos idées. Quelle sera la possibilité d'accord ou pas ? Pierre Laurent a dit qu'il le jugerait à l'issue des législatifs parce que nous avons cette bataille à mener et que nous entendons la mener jusqu'au bout le plus favorablement possible.
Parfait. Vous avez très bien utilisé votre temps de parole. On vous remercie Clémentine Autant et bonne législative.
Merci
à vous. La semaine prochaine dans le cadre de l'équité c'est le Parti Socialiste et le Front National qui seront représentés sur ce plateau.
Clémentine Autain