Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewRMC· 7 mai 2022

L'Interview politique: Rachid Temal, sénateur PS, opposant à l'accord avec LFI (interview intégrale)

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

8h42, soyez les bienvenus sur RMC et soyez le bienvenu sur RMC, Rachid Temal, bonjour. Bonjour. Sénateur socialiste du Val d'Oise, porte-parole du parti, président délégué du groupe au Sénat, conseiller régional d'Ile-de-France.

Vous avez toujours ces attributions, Rachid Temal ? Euh, bah oui. Vous les conservez ?

Je suis toujours au Parti Alli, je suis toujours membre des instances, notamment du Conseil national, je suis toujours président de mon groupe, tout ça, il n'y a pas de souci. Pas de menace d'exclusion ? Mais pourquoi serais-je exclu ?

Pour des candidatures dissidentes, ou en tout cas un soutien à certaines candidatures dissidentes, vous-même en tout cas ne souhaitez pas rendre votre carte, certains l'ont fait. Mais en fait, moi vous savez, je suis rentré au Parti Alli parce que je crois au socialisme, parce que j'ai pu m'inspirer de certains de nos grands anciens, je pense à Mitterrand, je pense à Jaurès, Blum, etc. Et le Parti Alli appartient à tous ces militants dont je suis, et donc personne ne doit partir, et d'abord j'appelle tous les militants socialistes, même ceux qui ne sont pas favorables à cet accord, à rester au partialisme.

Parce que si le parti, il faudra de façon à le changer, tout le monde est d'accord, mais l'idée du socialisme, c'est une idée d'avenir. Je rappelle qu'en Europe, plusieurs pays, je pense à l'Allemagne, l'Espagne, le Portugal, sont dirigés par des socialistes, bientôt, je l'espère, bien sûr aussi en Angleterre. Vous voyez, le sujet n'est pas le socialisme, ou quel est l'avenir du socialisme ?

En tout cas, on aura compris, vous êtes fermement opposé à cette union de la gauche, la union de l'UPS. Non, non, non, excusez-moi, excusez-moi, moi je suis totalement et fermement favorable à l'union de la gauche, c'est dans mon ADN et celle, l'ADN des socialistes. Alors de quelle gauche, Rachid Thémane ?

Mais moi, ce que je dis, c'est que l'union, ce n'est pas...

La gauche ou vous, socialiste, vous seriez leader ? Pas du tout, je n'ai pas dit cela, je dis que l'union, d'abord, l'union, ce n'est pas une finalité en soi. C'est ceux qui vous écoutent ou les électeurs, leur problème, ce n'est pas de savoir combien il y aura de logos au bas d'une affiche.

La question qui est posée, c'est quelle réalité, quelle sera la réalité du changement dans leur vie en mieux que pour apporter telle ou telle coalition. Donc moi, je suis pour une coalition de la gauche et des écologistes. Donc une coalition, ça veut dire d'abord...

Mais pas avec Jean-Luc Mélenchon. Non, non, dans la méthode d'abord, dans la méthode. Dans une coalition, ce que nous avons su faire, par exemple, la gauche plurielle, c'est que vous mettez tout le monde sur la même table et... 97.

Par exemple, mais ce qu'évoquait aussi Olivier Faure il y a quelques semaines sur votre antenne, enfin, sur BFM, c'est on se met autour d'une table, on arrête ensemble des points et ça devient notre coalition. Aujourd'hui, ça a été, voilà le programme de Jean-Luc Mélenchon, vous devez accepter ou vous démettre. La gauche plurielle 97, 1972, vous citiez François Mitterrand, j'aimerais qu'on le réécoute, l'archive RMC du jour, conférence de presse du programme commun avec François Mitterrand.

Programme commun, c'était avec le parti communiste et le parti radical de gauche. La vie politique, c'est comme cela. Devons-nous considérer que cette concurrence doit nous amener à nous entre-déchirer ?

Il y a des moments historiques où l'on pense que l'intérêt premier, c'est la défense des masses, des travailleurs, que nous représentons en commun. Et nous avons préféré mettre de côté ce qui peut signifier une explication différente, sinon de l'histoire, tout au moins, des intérêts que nous représentons, plutôt que d'abandonner aux conservateurs le gouvernement à perpétuité. Les mots de François Mitterrand sont exactement les mêmes que ceux de Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui.

Je ne crois pas. Je ne crois pas. D'abord, ce que je partage avec François Mitterrand, ce qu'il le dit là, comme aujourd'hui, moi je suis d'abord fermement opposé à la Macronie et son programme, notamment, je parle des retraites de 5 ans par exemple, et donc moi ça fait 5 ans que je suis au Parlement, au Sénat, et je m'oppose jour après jour à Macron.

Donc ça, nous sommes d'accord avec François Mitterrand. Ce qu'il faut rappeler dans ce que vous oubliez là, c'est qu'avant que Mitterrand dise cela, il y a un travail d'abord d'un programme socialiste, et ensuite vous avez des vrais échanges. Donc là, dans ce que vous évoquez là, c'est qu'il y a bien l'EPS, l'EPC de l'époque, et le MRG, à l'époque les radicaux, qui ensemble, je dis bien ensemble, font un programme commun, et pas prennent le programme d'un des trois pour l'appliquer.

C'est vrai, c'est une nuance qui est essentielle, tant dans la méthode que dans la façon de gérer et dans les mesures à proposer. Max est avec nous, Orléans dans le Loiret. Bonjour Max !

Bonjour ! Une question à Rachid Temal. Oui, du coup, je viens de vous écouter.

Pour moi, le vrai problème aujourd'hui de ceux qui s'opposent à l'Union de la Gauche, c'est la figure de Jean-Luc Mélenchon, comme vous venez de le dire, c'est qu'en fait, il y a les mêmes idées, tous les partis sont vraiment d'accord là-dessus, mais par rapport au fait que vous dites que le programme, il n'est pas discuté, échangé, c'est qu'en fait, entre la présidentielle et la législative, c'est vraiment très très court, il n'y a pas le temps de vraiment travailler dessus, donc l'avenir en commun arriverait devant, donc c'est logique qu'il y ait un rassemblement autour. Et pour moi, aujourd'hui, les idées, elles sont vraiment au-dessus des personnes, et pour moi, c'est le seul problème aujourd'hui à gauche, par rapport au PS. Privilégier le collectif, plutôt que l'ego des socialistes, c'est ce que vous nous avez appris.

Aujourd'hui, le PS a 25 sièges à l'Assemblée, l'Union, le NUBI, leur en propos de 70, ça voudrait dire qu'ils pourraient tripler leur nombre de députés, et pour moi, le PS, s'ils veulent avoir vraiment quelque chose à faire pour l'avenir de la France, ils vont se reconstruire de l'intérieur en étant dans cette union. Et que, voilà, pour moi, je voulais poser la question, monsieur le sénateur, c'est que pour moi, aujourd'hui, j'ai peur que, en fait, les égaux des personnes soient au-dessus des partis, et ça, c'est pas ce que les gens veulent aujourd'hui, les gens veulent un rassemblement, et ils veulent qu'on gagne, que la gauche gagne aux législatives, pour que le monde change et que la France change vraiment. Merci, Max.

Rachid Temal, vos réponses, c'est un peu ce que je vous disais quand vous disiez « je suis pour l'union des gauches », mais pas avec Jean-Luc Mélenchon, plutôt avec le Parti Socialiste devant, Rachid Temal. Mais c'est pas du tout, c'est pas du tout, je suis désolé de vous le dire. Pas de problème d'ego ?

C'est pas ce que j'ai dit, c'est pas ce que j'ai dit, et je le dis à Max qui écoute, c'est pas ce que je dis, excusez-moi. Alors, je vais essayer de vous faire simple. Oui à l'union, je suis toujours pour l'union, j'ai toujours été pour l'union, je reste pour l'union, et je rappelle que les socialistes, même quand ils sont à Bordeaux ou à Lyon, ils font l'union derrière les écologistes, par exemple.

Donc, il n'y a pas de procès-intention à faire aux socialistes sur l'union. Et je veux même vous dire que, par exemple, mon ami Michael Delafosse, qui a des candidatures à Montpellier, c'est une candidate socialiste et écologiste, vous voyez, donc comme quoi l'union, elle peut se faire. Mais là, je vous donne un exemple concret.

Moi, j'ai pas de problème d'ego, très honnêtement, mais une question précise, à deux heures de Paris, des femmes, des enfants et des personnes, n'importe qui, prend des bombes sur la tête, à savoir en Ukraine. Moi, je considère que la question de soutenir les Ukrainiens, notamment en donnant et en livrant toujours des armes aux Ukrainiens qui se battent pour leur liberté, est essentielle. C'est ça que vous attendiez de Jean-Luc Mélenchon ?

Aujourd'hui, par exemple, ce n'est pas dans le programme. D'ailleurs, Mélenchon le refuse. Vous voyez, c'est pas une question d'ego.

Une fois qu'on a dit unité, unité, il faut savoir pourquoi. Je vous donne un autre exemple, c'est le premier exemple. Autre exemple. sur le nucléaire et donc le mix énergétique.

Moi, je suis pour le mix énergétique. D'accord ? Eh bien, je peux vous annoncer qu'entre ce qui a été fait pour les différents partis, les signatures, les différents accords...

Les accords ne sont pas les mêmes sur le nucléaire, entre les écologistes, les communistes, les socialistes. On peut toujours dire union, union. La question, c'est pourquoi faire ?

Comment on change la vie des gens ? Donc, moi, comment tout ça est financé ? Donc, toutes ces questions-là, elles ne sont pas liées à un ego, ni individuel, ni des socialistes.

Pas de problème d'ego, pas de problème générationnel non plus, parce que quand on voit ceux qui sont opposés à cette nouvelle union populaire, écologique et sociale, François Hollande, Bernard Cazeneuve, qui rend sa carte du Parti Socialiste, certains disent suffisamment que c'est les éléphants grincheux, Rachid Temal. Alors, je ne sais pas ce qu'est un éléphant grincheux, mais moi, par exemple, vous savez, je suis plus jeune qu'Olivier Faure. Et je vais vous dire, dans mon département, les socialistes, par exemple, que j'ai interrogés, vous avez des anciens militants qui sont pour l'union, comme vous avez des jeunes militants qui ne sont pas pour cet accord avec Jean-Luc Mélenchon.

Et je le redis, nous sommes pour l'union. Et ce qu'il faut croire qu'il y aurait ceux pour l'union et ceux contre l'union, c'est un mensonge. Je vous dis juste, l'union, parce que je suis pour l'union, il faut être exigeant sur la question de l'union, et ce qu'on y met.

Et donc, la question de méthode est essentielle. Regardez, moi, je vais découvrir le programme, alors que je suis dirigeant, parce que je suis au Conseil de l'Union Socialiste, je vais découvrir le programme cet après-midi, quand Jean-Luc Mélenchon me donnera. Vous imaginez que c'est un peu particulier.

Carole Delga dit ce matin qu'elle veut des États généraux de la gauche républicaine d'ici 15 jours. Stéphane Le Foll se dit prêt à conduire la campagne des dissidents. Vous aussi, vous appelez les candidats socialistes qui étaient prévus pour ces législatives à maintenir leur candidature face aux candidats de l'union ?

Mais je vous redonnais un autre exemple. Oui ou non ? Non mais, Joudé Mérabé, maire d'Elbeuf, celui qui a battu d'ailleurs le Front National dans sa ville, il est candidat, et on voudrait le retirer pour mettre quelqu'un qui est parachuté.

Ce n'est pas acceptable. Donc moi, je dis aux socialistes, sacrifiez dans cet accord. S'ils souhaitent ce candidat, qu'ils le soient.

Parce que d'ailleurs, j'ai cru comprendre que Jean-Luc Mélenchon était pour l'insoumission. Alors, il faut qu'ils acceptent l'insoumission, même dans le camp de la gauche. Jean-Luc Mélenchon, avec cette bannière, ce slogan « Premier ministre », c'est l'objectif.

Est-ce que ça peut marcher ? Au-delà de vos désaccords, franchement, soyez honnêtes, est-ce que cette union peut l'emporter, peut être majoritaire à l'Assemblée ? Moi, je souhaite qu'il y ait un maximum de députés, bien sûr socialistes, mais de députés de gauche à l'Assemblée.

Donc c'est une bonne chose. Mais vous voyez, finalement, l'élection, ce ne sera pas comment on améliore la vie des gens, puisque Jean-Luc Mélenchon, lui, il veut faire un référendum pour ou contre Mélenchon. Je crois que ce n'est pas cela.

L'élection législative, c'est 577 campagnes. Mini-campagne, vous avez aussi une réalité, c'est les unis locaux, la réalité de la présence. Et d'ailleurs, je reviens d'un mot sur votre précédent auditeur, Max.

Je rappelle qu'à Max, il n'y a pas 70, parce qu'il dit, on vous donne 70 sièges, ce n'est pas ça. On dit 70 candidats, comme il y en a plus de 350 pour les filles, etc. Vous souhaitez la défaite de cette union aux législatives.

Mais vous êtes sérieux ? Vous êtes sérieux vraiment dans ce que vous venez de dire ? Je vous pose la question, est-ce que cette union peut gagner ?

Moi, je me suis engagé. Vous savez, moi, personne ne me donnera de leçons de gauche. Moi, je sais d'où je viens.

Mes parents sont venus d'Algérie comme des travailleurs étrangers. D'accord ? J'ai grandi une cité HLM.

C'est mes parents et l'école de la pluie qui m'ont fait ce que je suis. Je suis de gauche. Je n'ai pas de leçons de gauche à recevoir.

J'ai toujours été dans le camp de la gauche, je serai toujours dans le camp de gauche et je voterai toujours pour la gauche. Donc, il n'y aurait pas ceux qui seraient pour la gauche et contre la gauche. Arrêtons ce débat actuel.

Moi, je suis pour la gauche et c'est la victoire. Je dis juste que M. Mélenchon redécouvre la gauche, tant mieux.

Tant mieux. Mais je vous le dis, la question, c'est ce qu'il y a dans le contenu. Donc, dire que je souhaite la défaut de la gauche, jamais.

Jamais. Et encore jamais. Je voterai à gauche, je suis pour la gauche, je ferai campagne pour la gauche jusqu'à mon dernier souffle.

Au fond, est-ce que le grand gagnant, ce n'est pas Emmanuel Macron ? Parce que tout se passe comme prévu depuis 2017. L'effacement des grands partis de gouvernement, partis socialistes, les républicains, il est seul face à des blocs radicaux, voire extrêmes.

Mais encore une fois, moi, je ne crois pas justement, et je crois que le débat, ce n'est pas la radicalité. Je crois que les Français ne veulent pas de radicalité, ils veulent une réalité, la réalité de leurs mesures. Donc, quand vous regardez les élections territoriales, ça a du sens.

Le premier parti qui gère cinq régions, le tiers des départements, la plupart des grandes villes et même des centaines et des centaines de villes, c'est le parti socialiste dans des coalitions avec les autres forces de gauche. Pourquoi ? Parce que c'est un parti qui a une capacité à la fois de changer la vie des gens, mais d'avoir du réalisme qui permet de le faire concrètement.

Il y a ceux qui sont pour le grand soir, les grandes mesures. Moi, je préfère chaque jour faire changer la vie des gens plutôt qu'annoncer le grand soir et que chacun, jamais, personne ne le voit. Donc, aujourd'hui, ce qui est posé, c'est pas...

Moi, je ne suis pas là pour savoir si...

Est-ce que le bonheur de Jean-Luc Mélenchon sera d'être premier ministre ou pas ? Je suis pour savoir comment on fait pour changer la vie des gens. Donc, par exemple, comment l'école devient moins inégalitaire.

Mais c'est aussi ce qu'il dit, Jean-Luc Mélenchon. Non, mais il vous dit...

Oui, mais il vous dit aussi qu'il veut d'abord être premier ministre. Vous voyez, c'est une différence entre lui et moi. Donc, lui, c'est un problème d'égo, alors ?

Je ne sais pas. Moi, je dis, quand je vote au Sénat, quand, par exemple, je dépose une loi il y a quelques mois, une proposition de loi, pour faire qu'il n'y ait plus...

Vous savez, le non-recours des gens qui ont le droit à des aides ne les aient plus. Moi, je me bats concrètement. Je n'attends pas le grand soir.

Je le fais au quotidien. Donc, je n'ai pas de soi à recevoir et je crois qu'on soit un socialiste sur cela. Donc, moi, je suis comme les Français de gauche.

Je suis pour l'aspiration à l'unité, mais pas...

L'union n'est pas la soumission. L'union doit être un programme partagé. Parce que, je dis d'un mot, Mélenchon a fait 7,5 millions de voix. 7,5 millions de voix.

Mais 3,5 millions de voix sur les autres candidats de gauche. Donc, il faut aussi les respecter parce que, vous voyez, une coalition, il faut additionner et ne pas dire on se met tous derrière Jean-Luc Mélenchon. Il faut additionner.

Et d'ailleurs, Roussel, Fabien Roussel, a dit qu'il ne va pas distribuer de bulletins sur Mélenchon, Premier ministre. Rachid Temal, sénateur socialiste. Merci beaucoup d'avoir été avec nous ce matin sur RMC.

Vous dites que vous êtes toujours membre du parti et que vous le resterez, que vous n'avez aucun problème d'ego, que vous êtes favorable à l'union de la gauche et que vous ferez campagne pour cette gauche et pour sa victoire. Merci d'avoir été avec nous ce matin sur RMC.