Le RN, tous derrière et lui devant
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 24 %Attaque 43 %Défensif 33 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:58OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'on lit au fond dans un programme économique, que ce soit celui du RN ou peut-être un autre ?
- 3:58OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous pensez de cette remarque, vous ?
- 4:55RelanceRéponse partielle
Qu'est-ce que vous en pensez, Jean-Daniel Lévy ?
- 6:48OuverteRéponse directe
Victoria Koussa, vous allez y répondre, donc allez-y.
- 9:19OuverteRéponse directe
Safia Dhani, avant de retourner au standard, ce que je me demande c'est en fait à qui elle parle Marine Le Pen ?
- 12:43OuverteRéponse directe
Jean Placide, vous êtes sur le même thème.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:23PrésentateurChiffre
« le RN est toujours en tête des sondages et de loin, 32 à 33,5% des intentions de vote. »
- 0:46PrésentateurChiffre
« Il y a eu presque 75 000 votants ce week-end à Orléans. »
- 0:55PrésentateurFait
« les condamnations de Marine Le Pen, en première instance, comme on appelle. »
- 1:29PrésentateurFait
« il ne semble pas être un frein à un vote éventuel. »
- 2:30InvitéFait
« les programmes économiques des candidats précédents, élus ou non élus d'ailleurs, étant totalement farfelus de toute façon. »
- 3:30PrésentateurFait
« « Idées reçues sur l'extrême droite en France », à paraître très bientôt, au milieu du mois de novembre, aux éditions Cavalier Bleu. »
- 8:38InvitéPromesse
« Marine Le Pen en parle et dit j'ai l'intention de redonner du pouvoir d'achat aux classes moyennes et aux catégories populaires. »
- 10:11InvitéFait
« Ils envoient encore toujours les mêmes signaux. »
- 11:25InvitéFait
« il y a une alliance d'électeurs qui n'ont rien à voir les uns avec les autres. »
- 14:02AuditeurFait
« je pense qu'on assiste à une espèce de glissement de tout le champ politique vers la droite. »
- 25:34InvitéFait
« elle a dit que la France ne deviendra pas les États-Unis, qu'on ne basculerait pas vers une démocratie libérale si elle arrivait au pouvoir. »
- 27:14InvitéChiffre
« le scandale autour du détournement massif d'argent public assez inédit dans la 5ème république, plus de 4 millions d'euros »
- 28:47InvitéChiffre
« 90% des électeurs du Rassemblement National pensent que Marine Le Pen est honnête »
- 29:13InvitéFait
« le RN avait fait de la thématique de la corruption un point central avec l'idée qu'ils avaient les mains propres et la tête haute »
Temps de parole
- Présentateur27 %
- Invité21 %
- Invité 219 %
- Invité 318 %
- Auditeur5 %
- Auditeur 23 %
- Auditeur 33 %
- ?2 %
≈ 13,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
France
Inter
France
Inter Fabienne Sintès
Au
sortir du congrès du Rassemblement National, au milieu d'une séquence sociale mouvementée, alors que le parti lui-même a été secoué par les révélations sur les écrits antisémites de Jordan Bardella, plusieurs constats s'imposent. D'abord, le RN est toujours en tête des sondages et de loin, 32 à 33,5% des intentions de vote. Les chiffres ont à peine frisé au cœur des révélations de Mediapart. Et hier,
à
Orléans, Jordan Bardella a été réélu à la tête du parti, sans concurrence et sans heure. Le nombre d'adhérents du RN est difficile, évidemment, à mesurer, mais ce qui est affiché, c'est 160 000. Aucun autre parti ne peut avancer un chiffre approchant. Il y
a
eu presque 75 000 votants ce week-end à Orléans. Tous derrière et lui devant. C'est comme ça que nous avons intitulé cette émission et c'est factuellement juste. Ce qui a glissé aussi, ce sont les condamnations de Marine Le Pen, en première instance, comme on appelle. On peut tenir le pari que les électeurs RN, les primo-votants en particulier, ceux que le RN veut garder tout près ne sont pas aveugles, mais ils ont intégré cette composante du parti et s'en accommodent. Tout cela rentrera bien sûr dans notre conversation avec vous. S'en accommoder pose d'ailleurs une question essentielle. Pourquoi on vote ? Pour quel objet politique vote-t-on ?
Nous irons ensemble aussi sur le programme économique du RN.
Et
là aussi, même s'il a été beaucoup critiqué, y compris à droite d'ailleurs, il ne semble pas être un frein à un vote éventuel. Ce qui veut dire, et est-ce que ce n
'est
pas valable aussi pour les autres partis, que les électeurs sont surtout attachés à un grand tout ? Marine Le Pen, dans son discours à Orléans, a surtout insisté sur la renaissance de la France, qui passe par d'ailleurs avoir les mains libres.
C
'est le sens de la révision constitutionnelle en perspective, qui ne choque pas les électeurs apparemment, sauf peut-être quelques transfuges qui sont de vieux gaullistes. Vous aussi, vous voyez ça, vous ne pouvez pas le voir, dans votre famille peut-être,
je
sais certains de vos amis, dans votre village, dans votre quartier, dans votre ascenseur. Vous comprenez ces ressorts-là. A l'inverse, vous ne les comprenez pas. Venez nous raconter, venez aussi vous raconter, vous qui avez peut-être switché, et nous expliquer pourquoi c'est le téléphone sonne. Soyez les bienvenus.
Le téléphone sonne. 0 1 45 24
7 000. Une fois n'est pas coutume, on commence par une note vocale, c'est celle de Sébastien.
On
l'écoute ensemble.
Oui,
bonsoir, c'est Sébastien. Je voulais réagir à la thématique de ce soir sur le vote RN,
et
notamment à la problématique exposée du programme économique qui ne tiendrait pas debout. En fait, ma remarque est tout simple, c'est-à-dire que les programmes économiques des candidats précédents, élus ou non élus d'ailleurs, étant totalement farfelus de toute façon, donc à partir de là, est-ce que le critère
de
crédibilité d'un programme ou d'une promesse électorale, quelle qu'elle soit, vaut quelque chose ? Je pense que la réponse est dans la question.
Merci Sébastien, on a entendu qu'il était en voiture. Sébastien,
j
'espère qu'il avait son kit main libre. Mais elle est bien la question, qu'est-ce qu'on lit au fond dans un programme économique, que ce soit celui du RN ou peut-être un autre ? Pour discuter de tout ça ensemble, autour de la table, il y a Jean-Daniel Lévy, bonsoir.
Bonsoir. Vous
êtes le directeur délégué de l'Institut Harris Interactive. Il y a Safia Dhani qui est là également, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes docteur en sciences politiques, post-doctorante en sociologie à l'EHESS, spécialiste de l'extrême droite. Vous avez co-écrit avec Alexandre Desay,
«
Idées reçues sur l'extrême droite en France », à paraître très bientôt, au milieu du mois de novembre, aux éditions Cavalier Bleu. Et puis Victoria Koussa est là également, bonsoir. Bonsoir. Chef adjointe du service politique de France Inter. Je la trouve intéressante, cette note vocale, Safia Dhani. Je vais commencer avec vous, de Sébastien. Parce qu'au fond, ce qu
'il
nous dit, c'est « Peu importe aujourd'hui qu'un programme économique, celui du RN en particulier, soit critiqué ou ne le soit pas, soit crédible ou ne le soit pas, c'est pas ce qu'on regarde. Parce que tous les politiciens, au fond, en période électorale, rassent gratis. » Qu'est-ce que vous pensez de cette remarque, vous ?
Oui,
je crois que ça fait écho à une espèce de sentiment qui est largement partagé par un nombre d'électeurs de défiance face aux professionnels de la politique qui seraient devenus interchangeables. Mais je crois que ça montre aussi qu'en fait, le rapport au vote, la manière dont on choisit pour qui on va ou ne pas voter, c'est pas uniquement lié aux propositions programmatiques des partis. Tout le monde ne va pas lire dans le détail les propositions économiques du RN ou d'autres partis politiques.
Et donc, voilà, c'est l'idée d'insister que ce qui fait le vote, c'est sûrement d'autres processus dans la vie quotidienne, le travail, la famille, les amis, et que ça dépasse vraiment les temps de campagne électorale ou les propositions spécifiques des partis politiques, en particulier pour l'extrême droite aussi, dont je veux quand même rappeler que les enquêtes montrent qu'un des principaux ressorts du vote, c'est quand même le fait de politiser largement le racisme dans sa vie quotidienne à différents degrés, de différentes manières. Alors, on y reviendra,
évidemment, mais je voudrais vous entendre là-dessus, Jean-Daniel Lévy, au fond, peu importe ce que ça raconte, ces fameuses 125 mesures, les 140 milliards d'économies, ce qu'on a pu dire sur la TVA à la source,
ce
qu'on dit sur la retraite, sur... etc. Peu importe, en fait, ça n'a pas d'importance dans le débat politique aujourd'hui.
Je
ne
dis
pas que ça n'a pas d'importance, mais en tout cas,
c'est
une importance relative, et notamment de la part du cœur de cet électorat
-là.
Ce qui est assez frappant, c'est que quand on demande aux électeurs qui votent RN leur première motivation de vote, ce ne
sont
pas forcément des dimensions de thématique, mais c
'est une
dimension d'attitude, et c'est le terme changement. Et c'est une dimension qui est une dimension croissante. Donc,
il
y a effectivement, tel que cela a été indiqué par l'auditeur, la perception que depuis quelques dizaines d'années, nous avons sensiblement des personnes qui sont issues du serail, qui ont des idées qui sont relativement proches et qui ont assez nettement échoué. Que dans ce contexte-là, il y a une aspiration à faire différemment, sans avoir la certitude que ça sera tout à fait opérant ou efficace, mais en se disant que ça se tente, entre guillemets.
C
'est ça que j'entends, en fait. Quelque chose qui dit, de toute façon, ça n
'a
pas marché pour les autres, donc peu importe qu'elle propose elle, on verra bien si ça marche.
Il
y a ça.
C'est quand même très,
très court. Mais très court pour elle comme pour les autres, d'ailleurs. Politiquement, économiquement, c'est quand même très court.
Il
y a de ça. Après, il y a deux aspects qui sont importants, je pense, d'avoir à l'esprit. Le premier aspect, c'est que ce n
'est
pas un phénomène qui est si nouveau que ça. Je me rappelle que dans le cadre de la présidentielle, par exemple, de 2022, donc il y a pratiquement 5 ans, quand on demandait aux Français est
-ce
que vous pensez que Marine Le Pen était efficace ou compétente ? La réponse était majoritairement non, même de la part d'une cœur de son électorat. Mais lorsqu'on posait la même question pour d'autres responsables politiques, elle n'était pas singulièrement plus mauvaise. Et que dans ce contexte-là, il y a un aspect qu'on lui reconnaît, c'est de pouvoir décrire le réel. A deux rois raison, on a l'impression que quand Marine Le Pen parle, on la comprend, et qu'elle, au moins, entre guillemets, nous comprend et à travers les thématiques qu'elle évoque, elle est celle qui est la plus proche des préoccupations du quotidien de nos compatriotes.
Et ça, Victoria Koussa, vous allez y partir, donc allez-y, mais je me demandais si c'est exactement ce qu'on voit quand on suit comme vous le RN et qu'on a les électeurs à portée de main, si j'ose
dire,
quotidiennement. Ce qui est sûr, là où je voulais rebondir, c'est que cette présentation du contre-budget et du coup du programme économique du RN qui intervient finalement très tôt dans cette campagne présidentielle pour Marine Le Pen, c'est surtout un enjeu de crédibilité derrière, d'être enfin justement reconnue sur ce qui lui a fait défaut lors des trois dernières tentatives, cet enjeu de compétence.
Et quand Marine Le Pen présente ce contre-budget et donc ce programme économique, j'y étais d'ailleurs, au tout nouveau siège du RN, c'est vraiment tous ces graphiques qu'il y a derrière, ce communiqué de presse qui fait une cinquantaine de pages avec des chiffres et des graphiques dans tous les sens, détaillées à la mesure près, tout peser, etc. Il y a vraiment cet enjeu derrière de se montrer crédible sur ce programme économique aussi pour assurer une partie de la droite. Toute cette réserve de voix dont Marine Le Pen et le RN auront besoin s'il y a second tour pour le RN. Et donc, avant tout, c'est une question d'image politique que de se positionner sur
l
'économie.
Mais donc, ça veut dire quoi ? Ça veut dire peu importe à la fin si tout cela est très critiqué, l'important, c'est qu'on fait sérieux et qu'il faut qu'on fasse sérieux dans cette campagne-là. C'est ça que ça veut dire ? Ça s
'inscrit
dans un contexte où les autres n'apparaissent pas comme étant sérieux. En fait, aux yeux des Français, quand vous les interrogez, ils déclarent, notamment ceux qui ont tendance à vouloir voter pour l'extrême droite, qu'il y a eu des promesses qui ont été faites de la part des gouvernements successifs, notamment en matière de pouvoir d'achat. On peut rappeler que ça a été la première motivation de vote des Français au cours de la dernière élection présidentielle et que Marine Le Pen en parle et dit j'ai l'intention de redonner du pouvoir d'achat aux classes moyennes et aux catégories populaires.
Donc, on est vraiment dans ce registre-là où c'est plus la preuve par des dimensions qui sont des dimensions très concrètes avec un aspect que je trouve assez intéressant qui est passé sous silence et que pendant 50 ans, le premier débat qu'on a eu dans la cité française, c
'est
un débat autour de l'emploi, que ça a structuré tous les débats politiques depuis le milieu des années 70 qu'au cours de la dernière élection présidentielle,
c
'était loin d'être la première motivation de vote. On voit à
l
'heure actuelle qu'il ne s'agit absolument pas d'un enjeu mais que ça n'est pas porté au crédit des acteurs politiques passés et donc un changement de registre duquel le RN tire un bénéfice d'un point de vue d'opinion et d'un point de vue électoral.
En ce moment, Safia Dahani, avant de retourner au standard, ce que je me demande c'est en fait à qui elle parle Marine Le Pen ? Est-ce qu'elle parle à ses électeurs déjà en train de parler à ses électeurs de deuxième tour ? C'est-à-dire ce que j'appelais tout à l'heure les primo-votants, ceux qui vont sauter le pas pour potentiellement, c'est bien ce qu'elle espère, l'amener jusqu'à 50%
? Oui,
je crois que vu le contexte et surtout la frénésie sondagière à laquelle on assiste depuis de longs mois qui nous parlent déjà quasiment un an avant l'élection d'un second tour qui serait de Jean-Luc Mélenchon face à Marine Le Pen. Quand ils font campagne, ils essaient je crois de parler à tout le monde mais pour revenir quand même sur la question du programme économique, je pense qu'il ne
faut
pas oublier qu'il n
'y
a pas que des enjeux de présentation pour rassurer quelque part a priori des personnes et notamment dans le champ des élites pour garantir qu'ils sauraient gouverner. Ils envoient encore toujours les mêmes signaux. C'est un programme économique qui fait sens à l'extrême droite avec des mesures qui visent les immigrés et les étrangers, des mesures qui visent la fonction publique et tout un tas d'agences de l'État, des mesures aussi qui donnent des signaux positifs du côté du patronat et des très grandes entreprises et un budget qui est aussi orienté vers des économies au regard de l'Union européenne. Je pense qu'il ne
faut
pas non plus nier qu'il
y a
de l'idéologie, qu'il y
a
des idées derrière ce programme économique. Ce n'est pas que des enjeux de présentation. Il y a aussi des thématiques d'extrême droite qui reviennent et qui sont largement visibles dans ce programme-là.
Il y a ce message sur WhatsApp que je voudrais vous soumettre à tous qui est de Simon et qui dit « Moi, j'ai beaucoup de mal à comprendre les ressorts de ce vote et je ne crois pas que ce soit seulement parce que je fais partie des gagnants, il nous le dit comme ça de la mondialisation mais je me souviens d'un dossier que j'ai lu disait-il c'est dans le Nouvel Obs en l'occurrence où deux électeurs du RN étaient interrogés en parallèle. Le premier routier souhaitait être protégé de la concurrence et notamment des chauffeurs européens à l'Est et le second chef d'entreprise de taille intermédiaire voulait une mise à plate toutes les charges salariales ainsi que les normes et être compétitif.
Je me demandais si et c'est bien la question d'ailleurs de notre auditeur est-ce qu'elle réussit à faire cette synthèse-là Victoria Koussa ou est-ce qu'on est toujours dans cette espèce de dichotomie qu'on a vu à un moment très clairement
entre Jordan Bardella d'un côté et elle de l'autre ? Ce qui est sûr c'est qu'il y
a
une alliance d'électeurs qui n'ont rien à voir les uns avec les autres on parle beaucoup des électeurs du Sud du Sud-Est notamment de la France qui ont un profil plus bourgeois presque plus Eric Ciotti compatible et c'est d'ailleurs Eric Ciotti qui permet avec son parti l'Union de la droite républicaine d'aller atteindre ces anciens électeurs de droite qui sont prêts à franchir le pas et toujours parce que le RN parle aussi de lutte contre l'immigration et c'est ce qui fait peut-être aussi le lien avec cet autre électorat qui n'a rien à voir un électorat qui a un sentiment de déclassement l'électorat qu'on retrouve notamment dans le bassin minier qui est le bastion historique de Marine Le Pen et donc ce sont les fondamentaux qui font la jonction entre ces électeurs très différents les uns des autres et qu'on a pu d'ailleurs retrouver au congrès du RN il y avait ces profils très différents qui se retrouvaient dans une même pièce
et
qui applaudissaient très fortement
ensemble
notamment sur les fondamentaux notamment quand il était question de priorité nationale de lutte contre l'immigration là il y avait un record à l'applaudimètre c
'est
là que j'allais vous emmener effectivement
les fondamentaux touchent directement à l'immigration on va rester un petit peu sur l'économie et non s'en éloigner un peu grâce à vous Jean Placide bonsoir
on
vous écoute
alors
moi ma question disons plus il est un témoignage qu'une question
c
'est que jusque là nous étions habitués à un véritable débat fracassant entre les forces politiques
ce
que l'on ne trouve plus aujourd'hui on a plutôt tendance que
la
force des idées du rassemblement national s'explique par la démission spectaculaire de la droite traditionnelle
face aux
idées du rassemblement national situation qui
auprès
des français aux yeux des français s'apparente comme une sorte d'armistice idéologique
entre
le rassemblement national et la droite traditionnelle parce que si on regarde les thèmes l'immigration l'insécurité la préférence nationale mais la droite traditionnelle ne parle plus on ne voit plus les gaullistes
Merci beaucoup Jean Placide et on va enchaîner avec Nicolas parce qu'il est un peu sur le même thème ce qui nous permettra d'y rester un peu bonsoir Nicolas
Oui
bonsoir On vous écoute Oui c'est plus ou moins le même thème en fait moi je suis d'une génération où la question qui se posait c'était l'interdition du Front National
donc
l'ancêtre du RN et en fait je pense qu'on assiste à une espèce de glissement de tout le champ politique vers la droite
qui
fait qu'on banalise complètement des propos qui il y a quand j'avais 20 ans étaient absolument inaudibles il y avait des digues toutes ces digues ont sauté
et on
fait comme si
cette
espèce d'animation cette espèce d'ambition xénophobe qui fait quand même une grande part
de
l'électorat du RN était tout à fait entendable et normale je crois qu'à un moment il faut peut-être se poser la question qui agite quand même toutes les démocraties c'est est-ce qu'il
y a
une démocratie pour les ennemis de la démocratie parce qu'à un moment on devient totalement quand on laisse la place aux intolérants la démocratie elle-même devient intolérante et je crois que c'est ce qu
'on
vit en fait
je
vais poser la question comme ça à nos invités Nicolas je vous remercie beaucoup Jean Placide aussi Safia Dhani et puis Jean-Daniel Lévy derrière est-ce que c'est l'environnement qui change et qui permet aujourd'hui une émergence si haut du RN est-ce que c'est le RN qui a fait changer la conversation en gros Safia Dhani qui a commencé de l'oeuf et de la poule
c'est compliqué à dire je pense que les deux vont ensemble mais ce qu'on observe dans les travaux en sociologie des médias du journalisme et en sociologie politique plus largement c'est qu'il
y a
effectivement une espèce de processus de droitisation qui passe comme l'a dit l'auditeur par des formes de banalisation de ce qu'est l'extrême droite de ses professionnels de ses représentants de ses discours de ses idées etc. et il y a un processus un peu lent un peu diffus mais qui date vraiment pas d'aujourd'hui qui se voit à la fois à la droite et au centre du champ politique et largement aussi dans l'espace dominant du champ médiatique de dépolitisation de ce qu'est l'extrême droite comme l'auditeur le rappelait il fut un temps où on posait la question de
l
'interdiction du RN aujourd'hui ce qui est mis à la journée c'est l'interdiction de la France insoumise fut un temps où quand les porte-paroles de l'extrême droite étaient invités à la télévision il y avait des pétitions des mobilisations des votes internes dans les rédactions etc. aujourd'hui on est quand même dans un espace du débat public qui est quand même qui a dépolitisé quelque part pour partie l'extrême droite alors que de son côté le FN devenu RN n'a finalement pas trop transformé sa manière de faire de la politique sa manière de militer ce qu'il propose etc. donc je pense que c'est plutôt l'environnement a joué quand même un large poids dans ce processus de banalisation
l'environnement Jean-Daniel Lévy et même l'environnement politique on a Marie-Paul sur WhatsApp qui dit le RN progresse aussi parce qu'en face d'elle les niveaux politiques de toute façon sont bien faibles ça aussi ça parle d'environnement on ne
va
pas lâcher l'idée de l'environnement médiatique aussi ça existe mais qu'est-ce qu'on dit de cet environnement politique qui nous
emmène où nous en sommes aujourd'hui ?
ça joue fortement mais je pense que ça vaut le coup quand même de regarder l'évolution des thèmes qui ont été exposés par le Rassemblement National voire le Front National depuis que Marine Le Pen en a pris la direction il y a cela 15 ans ils ont abordé des thématiques qui étaient un peu moins libérales d'un point de vue économique et beaucoup plus social également et ils ont abordé le thème de la laïcité le thème de la république le thème de l'égalité le thème des services publics le thème de la retraite le thème de tout ce que peut être les systèmes de solidarité et dans une certaine mesure ils ont réussi à rassurer une partie des français je ne parle pas du fond mais je parle de la perception de la part des individus et avec l'idée selon laquelle le politique pouvait faire quelque chose nous sommes un pays extrêmement politique
de
nombreux responsables politiques donnent l'impression qu'ils n
'ont
pas forcément la possibilité de pouvoir agir qu'ils doivent réagir qu
'ils
n
'ont
pas la possibilité de pouvoir impulser qu'ils sont uniquement face à des réactions aux regards de forces qui viendraient de l'extérieur et ce qui rassure aujourd'hui lorsqu'on interroge les français qui ont l'intention de voter pour le RN ils disent le politique à nos yeux peut prendre à nouveau ses lettres de noblesse en matière d'économie en matière de sociale en matière de situation internationale en matière évidemment de contrôle de l'immigration en matière de sécurité donc ce point là est un point certes qui correspond pour partie à une droitisation de la société française mais qui correspond également à une aspiration profonde de la part des français qui est un peuple qui est terriblement attaché à ce que le politique puisse fixer la norme et puisse la faire appliquer ce en quoi les autres responsables politiques sont perçus de la part d'une majorité de compatriotes comme ayant cette difficulté à pouvoir atteindre leurs objectifs qui renvoient au rapport au politique
le politique fixe la norme on y reviendra parce que ça peut nous emmener aussi directement aux réformes constitutionnelles par exemple
Victoria
Koussa ce qui est intéressant c'est de voir aussi qu'aujourd'hui le RN se frotte les mains de constater que les autres partis sont contraints de se positionner à chaque fois que le RN sort sur quelque chose ça a été par exemple le cas avec le plan clim ça ils en étaient très fiers de voir que chacun derrière et ça a été ça a été très visible pendant l'été chaque candidat tentait de se positionner de proposer ses points sur la climatisation etc etc donc là le RN s'est dit bon ben voilà on a un peu la main sur l'agenda mais il y a quelques étapes qui se sont passées ces dernières années qui sont intéressantes d'avoir en tête il y
a
à la fois la candidature d'Éric Zemmour à la dernière présidentielle qui a permis d'ouvrir cette fenêtre d'Overton aujourd'hui par exemple les troupes de Marine Le Pen disent mais nous par exemple on n'est pas contre la remigration pour nous l'immigration est compatible avec la République etc et ont tenté comme ça de sortir de se décaler un peu plus vers la gauche de Reconquête et puis il y a eu aussi l'attitude du gouvernement et l'attitude des macronistes au sein du Parlement et notamment au sein de l'Assemblée nationale qui se sont positionnés sur des textes de plus en plus sécuritaires et il y
a
eu un moment très important je pense et qui peut aussi expliquer le pourquoi du comment aujourd'hui c'est le texte immigration qui a fait tomber beaucoup beaucoup de barrières et qui a aussi permis de légitimer le fond des mesures du Rassemblement national ou en tout cas de les rendre comme acceptables dans cette enceinte de l'Assemblée nationale et ce sont aussi les macronistes et les troupes d'Emmanuel Macron qui ont permis que le RN puisse avoir la main aujourd'hui sur l'agenda politique On a
Rachel sur Whatsapp qui dit est-ce qu'on aura des témoignages des lecteurs du RN j'aimerais mieux les comprendre nous dit-elle sur Whatsapp et bien écoutez j'en ai un dans les mains il s'appelle Georges qui ne veut pas parler mais qui dit j'ai toujours voté RN parce que j'estime qu'un pays n
'a
pas à être envahi ces mots à lui comme à l'heure actuelle et je ne comprends pas pourquoi les gouvernements laissent entrer tant d'immigration au point que nos coutumes disparaissent fermez les guillemets je cite ce message Jean-Daniel Lévy parce qu'on parlait tout à l'heure des fondamentaux on se demandait pourquoi effectivement il y a peu de choses à grippe finalement dans le programme économique est
-ce
qu'on le discute est-ce qu'on ne le discute pas etc ce qui fait le fonds de commerce c'est ce que nous dit Georges et ça c'est un fonds
de
commerce immuable en quelque sorte Oui
c'est un fonds
de
commerce immuable et ce que je trouve intéressant c'est que dans le vote pour le Rassemblement National ou pour le Front National il fut un temps il y avait avant une sorte de diptyque immigration, sécurité qui était vraiment les deux principales motivations de vote et ce qui est flagrant c'est que depuis une dizaine d'années certes l'immigration et la sécurité sont présentes mais sont venues s'agréger d'autres dimensions notamment la question du pouvoir d'achat on en a parlé tout à l'heure notamment la question de la norme sociale notamment la question de la république et donc ils ont réussi quelque peu à étendre tant et si bien qu'aujourd'hui vous avez un coeur électoral pour Marine Le Pen ou pour le Rassemblement National qui ne ressemble pas à celui qui existait il y a encore quelques années vous avez aujourd'hui une personne sur quatre qui est âgée de 50 ans et plus qui vote pour le Rassemblement National ce qui n'était pas du tout le cas par le passé vous avez aujourd'hui plus d'un quart des personnes qui sont catégories supérieures
et
qui existent
également ce qui n'était pas le cas non plus il y a très peu d'années
absolument et catégories supérieures vous avez même plus d'un quart des personnes qui sont issues des catégories supérieures dont on pourrait se dire au regard notamment du programme économique que celui-ci ne leur conviendrait pas mais qui sont prêts à voter en faveur du Rassemblement National donc ils ont réussi à pouvoir agréger strat par strat des franges de population qui certes aujourd'hui votent sur la question immigration sécurité quand je regarde aujourd'hui les nouveaux électeurs à travers des données Toluna Harris Interactive on voit bien que les nouveaux électeurs votent plus en mettant en avant par rapport aux autres les questions qui peuvent être les questions sociales que les questions à caractère identitaire
vous
savez ce qui m'a frappé Safia Dhani en regardant Orléans ce week-end on se rend compte à quel point les questions sécuritaires les questions migratoires c'est Jordan Bardella c'est Eric Ciotti Marine Le Pen et dans cette espèce de grand tout dont je parlais en introduction son discours s'appelait Renaissance Française je crois quelque chose la Renaissance pour la France voilà la Renaissance pour la France merci Victoria donc on sent bien et on comprend ce qu'elle veut envoyer elle par rapport aux autres un peu comme si elle allait chercher ces fameux primo-votants sur les valeurs dont parlait Jean-Daniel Lévy pendant que les autres derrière sont là pour maintenir en vie les fondamentaux est-ce que c'est une lecture qui vous paraît juste
? je
ne sais pas vraiment puisque en fait les professionnels de la politique ont des stratégies puis ensuite les électeurs ils les interprètent comme bon leur semble moi je dirais qu'ils ont un travail oui de division de la parole dans le cadre d'un meeting à la suite du congrès mais je dirais que ce qu'on appelle les fondamentaux c'est-à-dire un programme d'extrême droite pour un parti d'extrême droite ils sont aussi largement présents dans le discours de Marine Le Pen ne serait-ce que parler de renaissance de la France il
y a
quand même l'idée assez classique dans cet espace du champ politique que l'État rien ne va la réponse au déclin le déclin le pourrissement etc donc ça c'est c'est assez classique et puis je voudrais aussi dire que par rapport à cette question des primo-votants ces gens dont on dit qu'ils vont voter plus sur des questions sociales etc bon en fait ce sont quand même des personnes qui savent très bien pour qui et pourquoi elles votent et qui à minima vont s'accommoder du programme xénophobe différentialiste voire des propositions racistes que peut proposer l'extrême droite donc je nuancerai aussi cette manière-là et puis sur la question de la division aussi on a souvent dit voilà Jordan Bardella il est plus proche des milieux patronaux et puis Marine Le Pen elle
a
un discours plus social en fait c'est vrai que l'extrême droite a toujours dansé sur deux pattes avec l'idée que derrière eux ils ont un conglomérat électoral qui est fait de différentes fractions de classes qui vont de personnes qui sont très dotées notamment en capital économique à des personnes qui le sont moins mais pas non plus les plus précaires qui continuent beaucoup à s'abstenir et à voter à gauche et donc ils ont toujours dû aussi allier ces deux éléments-là sachant qu'au total au final dans leurs propositions programmatiques il y a quand même historiquement et aujourd'hui aussi de larges signaux qui sont envoyés du côté de ceux qui détiennent les moyens de production du côté du patronat des artisans des commerçants etc.
ce sont des populations qui historiquement votent quand même à l'extrême droite Victoria Coussa On sent qu'avec ce discours Marine Le Pen entre dans une deuxième phase de normalisation puisque la renaissance c'est pas seulement la renaissance de la France c'est aussi la sienne elle sait qu'elle a perdu les trois dernières fois elle sait que là elle n'a jamais été aussi proche de pouvoir l'emporter et donc elle change elle tente de s'arrondir déjà d'arrondir son image elle a tenté dans ce discours de montrer son rapport aux oppositions elle a même évoqué la possibilité d'un gouvernement d'union nationale et ça c'est assez surprenant de la part de la candidate du RN avec qui ?
Est-ce que ce sera avec des partis de droite ? Qu'est-ce qu'elle veut dire par là ? Elle a aussi tenté et je vous le dis parce que
j'étais Je pense que ce
soit avec des partis de gauche vous me direz
Voilà ça m'étonnerait en l'état actuel des choses j'étais à Orléans et en tant que journaliste on a aussi vu qu'elle a tenté de rassurer de nous rassurer nous journalistes elle a organisé un moment un moment off comme on dit avec la presse où elle a vraiment tenté de nous rassurer elle a dit que la France ne deviendra pas les Etats-Unis qu'on ne basculerait pas vers une démocratie libérale si elle arrivait au pouvoir elle nous a même dit mais vous savez je vous adore même si vous êtes de mauvaise foi je vous garderai tous et c'était on était assez surpris mal à l'aise aussi face à ce discours qui tranche et derrière avec son discours du meeting où elle tente aussi de se montrer rassembleuse présidente de tous les français elle est clairement dans cette deuxième phase de la campagne de l'entre-deux-tours
on
a Emma sur WhatsApp qui dit ceci il me semblait que Marine Le Pen et le Rennes avaient été condamnés en appel en détournement de fonds publics les électeurs l'auraient-ils oublié ou bien est-ce que ça ne les rebute pas est-ce que les médias ne devraient pas le rappeler de temps en temps et pourquoi ne parle-t-on jamais de cette logistique de campagne sous bracelet électronique je voudrais rappeler qu'elle n'est pas sous bracelet électronique Marine
Le Pen
elle pourrait l'être elle pourrait l'être il faut attendre c'est quand d'ailleurs les résultats
de la cour
de casse
justement ils ont parlé avant le 18 avril est-ce que les délais seront possibles honnêtement pour l'instant c'est très flou alors moi j'aimerais amener surtout
cette
question comment se fait-il Safia Dahani et Jean-Daniel Lévy je vous entendrai aussi là-dessus que effectivement ça n'est pas un sujet mais exactement comme les écrits de Jordan Bardella sur Facebook révélés par Mediapart c'est pas un sujet non plus et j'aimerais comprendre pourquoi à aucun moment ça ne semble non seulement inquiété mais surtout être un sujet finalement pour les électeurs RN qu'est-ce qui s'est passé pour que ce ne soit pas plus du tout un sujet Safia Dahani
voilà
je pense qu'on ne peut faire que des hypothèses et sans résumer ce que je vais dire à l'ensemble des comportements électoraux d'une part il y
a
le scandale autour du détournement massif d'argent public assez inédit dans la 5ème république plus de 4 millions d'euros bon ce scandale-là il est certes inédit historique par la quantité d'argent qui a été détournée pour autant la dynamique professionnelle de la politique qui serait corrompue c'est quelque chose qui est largement installé il me semble c'est pas spécifique au RN donc ça
peut
servir de justification et
il n'y a pas d'enrichissement
personnel
aussi
ça ça compte beaucoup chez les électeurs oui et puis sur le côté Jordan Bardella et donc les articles de Mediapart autour de ses écrits antisémites dans sa jeunesse il faut aussi j'ai beaucoup écouté les dirigeants du RN rappeler ce qu'ils disent classiquement que Mediapart est une officine d'extrême-gauche que ce sont des ennemis politiques tout ça c'est un registre discursif victimaire qui est classique aussi à l'extrême-droite au FN puis au RN ils ont toujours eu ce genre de propos face aux journalistes qui faisaient leur travail face au scandale qui pouvait émailler leurs représentants je pense notamment à tous les maires élus dans les années 90 au nom du FN qui avait aussi été condamné pour partie pour ce type d'affaires donc c'est un registre victimaire qui est assez classique et qui peut donc on peut faire l'hypothèse fonctionner pour des électeurs mais je rappellerai que par exemple en 2017 il y avait eu un scandale qui avait émaillé la campagne de François Fillon ça n'avait pas non plus échaudé la majorité des électeurs de droite de l'époque donc voilà le scandale il faut toujours le resituer dans un autre ensemble de choses qui font que les gens vont voter Est
-ce que ça parle Jean
-Diane
Lévy d'un électorat désormais tellement consolidé en fait que ce genre de choses aussi ne fait trembler personne parce que cet électorat précisément il est suffisamment consolidé pour ça
Absolument et une donnée parmi d'autres 90% des électeurs du Rassemblement National pensent que Marine Le Pen est honnête donc on a une situation où quand on pose la question de manière assez régulière que ce soit après la condamnation en première instance que ce soit après la condamnation en appel ça n'a quasiment rien changé déjà du point de vue de la majorité des Français et notoirement de la part du cœur de l'électorat du Rassemblement National il y
a
peut-être un aspect à avoir à l'esprit c'est qu'au cours et ça a été indiqué tout à l'heure des années 80-90 le RN avait fait de la thématique de la corruption un point central avec l'idée qu'ils avaient les mains propres et la tête haute que ce point là est beaucoup moins mis en avant au cours des 15 années de la part du Rassemblement National donc aujourd'hui même les électeurs du RN disent peut-être que c'est pas impeccable ce
qu
'ils ont fait ils ont été condamnés etc. mais sont-ils singulièrement plus mauvais que les autres la réponse est non Très vite Victoria pour qu
'on
retourne au standard Très vite ce qui participe aussi au fait que ça glisse sur les électeurs c'est l'entreprise de décrédibilisation des médias que ce soit du RN de LFI et même parfois d'autres parties c'est-à-dire que chacun tente d'imposer sa vérité et le RN pense que nier suffit et en tout cas quand on écoute les électeurs ben nier suffit oui Bonsoir Daniel Bonsoir On vous écoute Daniel soyez le bienvenu
Ben
voilà moi je suis un électeur du Front National
et
j'entends des discours à droite à gauche mais moi je suis pas plus raciste qu'un autre dans ma tête ça va très bien
et
du coup
je
vois pas où il
y
a le problème ce que je dis c'est que comme je dis à l'heure actuelle regardez ce qui se présente aux élections présidentielles
deux
anciens premiers ministres de Macron
ils
ont rien fait avant moi je votais LFI
mais
regardez ce qu'il est devenu monsieur Mélenchon en espace de trois élections il a changé trois fois de discours
si
vous écoutez les antécédents et vous regardez ce qui se passe en réalité
il
y a plein de changements c'est pas normal je comprends pas qu
'on
puisse changer de veste comme ça
Mais
du coup votre histoire électorale à vous Daniel c'est quoi en fait vous avez voté LFI c'est
ce que je
comprends si vous voulez je vote depuis mes 18 ans
ok il
y a très longtemps j'ai vu monsieur Lajoigny j'ai vu monsieur U
j
'ai fait j'ai travaillé à l'élection présidentielle du deuxième tour de François Mitterrand j'ai voté pour lui
ok
après j'ai voté pour les communistes aussi après j'ai même voté pour EELV à l'époque de madame comment elle s'appelle la blonde je sais plus ça fait trop longtemps et de là Dominique Boinet peut-être voilà excusez-moi
madame non non je vous en prie
voilà c'était ça et j'ai voté pour elle j'ai essayé de voir des choses mais ce que j'ai vu beaucoup par exemple j'ai voté pour François Hollande
et
j'ai vu qu'à chaque fois ce qu'on vote on ne l'a pas on nous promet beaucoup de choses ce que j'arrive pas à comprendre madame c'est qu'on promet beaucoup de choses aux gens mais quand arrive le moment présent il n'y
a
rien qui se passe pourquoi et
qu'est-ce qu
'il
vous dit que cette fois-ci ce qu'on vous a promis
vous
l
'aurez
et
bien ce que je me dis c'est pourquoi pas eux voilà ce qu'on me dit
pourquoi
pas eux ça va faire un moi je les écoute ça va faire ils sont à peu près cohérents dans leur discours je sais il y a un problème de fraude ça je le reconnais c'est peut-être pas propre peut-être qu'elle n'est pas honnête moi je n
'étais
pas là maintenant ce qu'ils disent comme je dis c'est ce qu'il dit sur monsieur Bardella moi je ne sais pas aujourd'hui on me dit qu'il a pu Mediapart a pu avoir des contacts avec monsieur Zuckerberg mais il a de la chance d'avoir son numéro de téléphone et d'avoir les contacts qu'il veut moi je vous le dis honnêtement aujourd'hui on peut faire ce qu'on veut avec les réseaux sociaux et avec des IA maintenant je dis
pourquoi
pas eux regardez ce que monsieur Macron il a fait
alors
il n'a pas le numéro de Zuckerberg chez Mediapart ils n'ont pas le numéro de Zuckerberg mais il y
a
un moyen effectivement
c'est la demande d
'extraction des fichiers des conversations et chacun
peut le faire même
vous même vous Daniel si vous voulez vous pouvez aller regarder nos messages sur Messenger mais je vous remercie beaucoup de nous avoir appelés et je le note parce que vous vouliez répondre à l'une de nos éditrices tout à l'heure sur WhatsApp qui disait moi je ne comprends pas les ressorts j'aimerais bien qu'on me les explique Jean-Daniel Lévy Daniel si j'ose dire on le met sous vert en fait parce qu'il résume ce que vous nous avez expliqué depuis le début de cette émission
oui il résume alors c'est pas le seul en fait mais le fait qu'on ait aujourd'hui des électeurs qui soient passés par la gauche et qui arrivent aujourd'hui à
l
'extrême droite ça existe
communiste communiste
et même LFI si j
'ai
bien entendu ce qu'il avait indiqué mais même si là on est sur un laps de temps relativement long mais quand vous regardez sur un laps de temps relativement court vous avez aujourd'hui près de 10 à 15% des électeurs qui ont voté au premier tour pour Emmanuel Macron il n
'y
a pas si longtemps que ça en 2022 qui déclare cette fois-ci nous allons voter pour Marine Le Pen et ça fait partie de ces vous parliez tout à l'heure des primo-votants en faveur du Rassemblement National c'est tout à fait ce type de population plutôt âgée plutôt insérée pas toujours d'ailleurs sur la question migratoire mais autour de l'idée qu'il faut du changement par rapport à des promesses qu'ils ont considérées qui n'ont pas été atteintes à leurs yeux
alors plutôt âgée vous dites je voudrais qu'on écoute Mounira bonsoir Mounira bonsoir on vous écoute
merci
de me donner la parole moi je me posais juste une petite question concernant ce qui vient de se passer au Brésil avec les réseaux sociaux que Lula a pu passer devant M.
Bolsonaro
que fait notre jeunesse
aujourd
'hui
avec
les réseaux sociaux
pour
qu
'on
puisse garder notre république notre fierté notre égalité
et
nos valeurs
merci Mounira pardon de vous presser parce que le temps presse mais Safia Dahani on avait tout à l'heure notre auditeur Daniel qui est plutôt effectivement représentant d'une population plutôt âgée qui se tourne vers le Rassemblement National moi je voudrais savoir les jeunes ceux dont parle Mounira réseaux sociaux ou pas est-ce qu'ils y sont est-ce que au contraire cet électorat-là très volatil est plutôt du côté de LFI en ce moment ils sont où les jeunes et le Rassemblement National
?
Je ne sais pas si c'est une population qui est plus volatile que les autres la volatilité électorale c'est un grand terme mais en fait on sait que les tendances ce sont plutôt des mobilités électorales qui sont souvent dans un même pôle politique c'est pour ça que là on disait que l'auditeur qui était passé a priori de gauche à l'extrême droite c'était un cas typique moi je dirais que c'est pas forcément un cas typique et qui a la porosité elle est quand même plus prégnante entre la droite et l'extrême droite même s'il
y a
des histoires électorales qui peuvent mener d'un vote Mitterrand dans les années 80 à un vote Marine Le Pen en 2026 et ensuite sur la question des réseaux sociaux plus particulièrement en fait c'est comme pour les médias tout ça ne fait pas le vote ce ne sont pas des médiums qui font le vote à eux seuls c'est pris dans des processus plus larges à qui on parle d'où on vient comment est-ce qu'on est politisé donc voilà mais pour le RN oui il y a des jeunes au RN ils ont une organisation jeune mais de ce qu'on sait et là je n
'ai
pas vraiment de données très précises ils votent quand même aussi à gauche et pas qu'à l'extrême droite vous en avez vu vous beaucoup à
Orléans oui il y en avait
à Orléans il y
en
a à chaque déplacement de Marine Le Pen c'est ceux qui demandent le plus de selfies notamment simplement là le RN il
y a
un signal qui inquiète c'est justement qu'ils étaient le premier parti chez les jeunes et qu'ils voient aussi cette jeunesse les très jeunes les moins de 25 ans aller de plus en plus vers LFI c'est un signal qui clignote un peu sur le tableau de bord du RN et ils vont ils commandent des enquêtes d'opinion là-dessus en ce moment et ils comptent même tenter de faire jouer Marine Le Pen avec des influenceurs notamment qu'elle puisse aller leur répondre alors que c'est des formats qu'elle n'affectionne pas
particulièrement
mais il va y avoir un travail de ce côté-là côté RN
Ben
écoutez à suivre donc on aura l'occasion évidemment d'en reparler on est à six mois de cette élection présidentielle l'occasion c'est le moins qu'on puisse dire merci beaucoup à tous les trois de votre présence dans le téléphone merci à tous pour vos nombreux appels la pub
d'avoir regardé
cette
vidéo sur le tableau
de
sur le
tableau de