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Discours / meetingFrançois-Xavier Bellamy· 24 novembre 2022 7 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & international

La Commission européenne n'a pas autorité pour imposer la GPA

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 70 %Défensif 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:10Invité politiqueFait
    « ce que la Commission européenne veut faire, c'est affirmer que toute personne qui est reconnue comme père ou mère dans un pays, doit l'être aussi dans tous les Etats membres de l'Union européenne. »
  • 0:39Invité politiqueFait
    « les pays de l'Union européenne qui ne reconnaissent pas, par exemple, la PMA ou la GPA, seront contraints de le faire puisque de facto, il suffira d'être reconnu comme père ou mère dans un pays de l'Union pour l'être dans tous les Etats membres. »
  • 2:46Invité politiqueFait
    « vouloir vaincre ces limites à travers la PMA, à travers la GPA, vouloir inventer une parentalité qui serait purement construite, c'est s'ouvrir à n'importe quelle dérive. »
  • 3:28Invité politiqueFait
    « aujourd'hui cela vaudrait certainement pour des couples de deux parents, mais après tout, pourquoi pas aller plus loin, pourquoi pas reconnaître à un enfant plus de deux parents »
  • 4:06Invité politiqueFait
    « la Commission européenne se saisit par des moyens détournés, de plus en plus, de questions qui ne sont pas de sa compétence. »
  • 5:23Invité politiqueFait
    « si la droite a perdu des élections dans le passé, c'est parce qu'elle s'était trop souvent reniée sur ces questions fondamentales. »
  • 6:01Invité politiquePromesse
    « la droite s'honorera d'être assez libre, et assez courageuse, pour mener ce combat, franchement, clairement, avec constance, et dans la clarté. »

Temps de parole

  • François-Xavier Bellamy100 %

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François-Xavier Bellamy

Bonjour à tous, très heureux de vous retrouver. Aujourd'hui, parmi les nombreuses actualités de cette session plénière à Strasbourg, simplement faire un point avec vous sur un sujet qui s'est présenté dans les débats de ces quelques jours. Nous avons eu l'occasion de questionner la Commission européenne sur le projet qu'elle va présenter dans quelques semaines, sur l'idée d'une reconnaissance mutuelle de la parentalité. L'idée étant que les pays européens harmonisent la reconnaissance de la parentalité.

Derrière cette expression, qui paraît presque anodine, il y a en réalité, je crois, une dérive très grave, puisque ce que la Commission européenne veut faire, c'est affirmer que toute personne qui est reconnue comme père ou mère dans un pays, doit l'être aussi dans tous les Etats membres de l'Union européenne. Sous-entendu les pays de l'Union européenne qui ne reconnaissent pas, par exemple, la PMA ou la GPA, seront contraints de le faire puisque de facto, il suffira d'être reconnu comme père ou mère dans un pays de l'Union pour l'être dans tous les Etats membres.

Et ce faisant, nous perdons de facto la possibilité de déterminer dans notre pays ce que nous considérons comme un lien de filiation. Il me semble que ce débat, absolument fondamental, doit revenir à ceux auxquels il est aujourd'hui confié, c'est à dire les citoyens de nos pays, les démocraties nationales. Chaque Etat membre aujourd'hui a la compétence pour définir son modèle de société, et nous n'avons pas à nous voir imposer par la Commission européenne, de manière détournée, des réformes sociétales, qui sont nécessairement l'occasion de discussions majeures sur l'idée-même que nous nous faisons de la famille.

Certains combattent pour expliquer que la famille est une pure construction, une construction intellectuelle, dont on peut disposer à loisir pour dire que peut être parent toute personne à laquelle l'Etat ou la technique reconnaissent cette possibilité.

Nous, nous disons, je le dis, nous l'avons toujours dit, avec notre famille politique, qu'il faut maintenir des repères essentiels pour notre société et que, dans une période où nous ne cessons de dire qu'il est nécessaire de reconnaître que la relation de notre vie avec le monde qui nous entoure doit être marquée par des limites, qu'on ne peut pas tout faire de la nature, qu'il faut accepter de reconnaître que nos désirs ne sont pas tout puissants, eh bien il est fondamental de dire, aussi, que ce qui vaut pour notre environnement, vaut aussi pour notre propre corps, pour notre condition humaine.

La condition humaine, oui, c'est vrai, est marquée par des limites et ces limites peuvent être l'occasion de frustrations, l'occasion de souffrances, de blessures. Mais ces limites-là, elles sont aussi ce dans quoi se joue toute l'aventure magnifique de la fécondité de nos existences, et la parentalité ou la manière dont, pour le dire dans des termes plus simples que le jargon actuel, la manière dont nous reconnaissons la construction de la famille, doit s'ancrer dans cette réalité incarnée de nos vies ; dans cette réalité qui fonde le cœur de nos existences.

On voit bien que, vouloir vaincre ces limites à travers la PMA, à travers la GPA, vouloir inventer une parentalité qui serait purement construite, c'est s'ouvrir à n'importe quelle dérive.

Et de fait, l'un des témoins, des experts ou supposés experts interrogés par nos collègues de la Commission JURI, il y a quelques semaines, au Parlement européen, expliquait très tranquillement, au sujet de la reconnaissance mutuelle de parentalité, qu'aujourd'hui cela vaudrait certainement pour des couples de deux parents, mais après tout, pourquoi pas aller plus loin, pourquoi pas reconnaître à un enfant plus de deux parents ; et finalement, disait il, il y a des propositions en ce sens qui sont déjà faites aujourd'hui, dans certains pays européens comme l'Allemagne, et qui devraient, de facto, si l'on écoute de la Commission, s'imposer à tous les Etats membres dès qu'elles auraient été validées.

On voit que demain, à travers cette reconnaissance mutuelle de parentalité, la Commission européenne pourrait imposer à nos Etats de reconnaître des modèles de société qui, je crois à bon droit, peuvent être dénoncés comme étant en réalité des fuites en avant dans des dérives inacceptables. Ce sujet est majeur. C'est un sujet clé d'abord pour notre idée de la famille, notre idée de l'enfance. Mais c'est aussi un sujet majeur parce que c'est l'une des occurrences supplémentaires de cette espèce de dérive par laquelle la Commission européenne se saisit par des moyens détournés, de plus en plus, de questions qui ne sont pas de sa compétence.

Moi, je suis pour l'état de droit que la Commission dit défendre, et l'état de droit, ça commence par le fait de respecter la loi, de respecter les traités européens en l'occurrence, et jamais les traités européens, n'ont confié à la Commission européenne le soin de définir la famille. Il faut que nous arrivions absolument à faire entendre raison à nos institutions européennes, au Parlement, à la Commission, pour qu'ils ne sortent pas ainsi de leur champ. Je sais que une mobilisation commence en France sur ce sujet. Je crois que c'est important que les citoyens fassent entendre leur voix sur cette question.

Et moi, je serai de ceux qui diront à la Commission européenne, qui diront à nos décideurs politiques que nous n'avons pas le droit de jouer, ni avec la loi et les traités, ni avec le sens de la condition humaine. Ce débat mérite d'être mené. Je termine en vous disant que, nous sommes aussi dans un moment de débat interne au sein de notre famille poltique, et certains nous expliquent, dans ce débat pour l'avenir de la droite, que si la droite a, par le passé, perdu des élections, c'est peut-être parce qu'elle était trop conservatrice, trop fixée, trop attachée à la défense de quelques idées qu'il faudrait désormais regarder comme "passéistes".

Je vous le dis très simplement : je crois que si la droite a perdu des élections dans le passé, c'est parce qu'elle s'était trop souvent reniée sur ces questions fondamentales. C'est parce qu'elle n'avait pas toujours eu le courage de faire face à un progressisme devenu délirant qui montre parfaitement qu'il ne sert plus le progrès, mais qu'il sert en réalité la défaite de ces repères fondamentaux de notre expérience humaine. Lorsque le Planning familial nous explique maintenant que les hommes peuvent être enceints, lorsque ce Parlement européen vote, il y a quelques mois de cela, pour dire que les hommes doivent avoir le droit de faire l'expérience de la grossesse...

Moi je dis que ce progressisme-là est devenu fou, et qu'il constitue une incroyable régression. Parce qu'à travers cette reconnaissance mutuelle de la parentalité, nous allons en fait reconnaître le business de la GPA, qui est une manière de refaire de la vie humaine, et de la vie d'un enfant, un objet de contrat marchand. Et cela, nous n'avons pas le droit de l'accepter. Et c'est un combat d'avenir. Et la droite s'honorera d'être assez libre, et assez courageuse, pour mener ce combat, franchement, clairement, avec constance, et dans la clarté. Et je crois que c'est aussi, encore une fois, l'un des enjeux de ce débat pour notre élection interne.

Moi, je soutiens Bruno Retailleau, justement, parce qu'il a toujours été clair sur ces sujets. Et je crois qu'il faut que nous le restions, parce que nous le devons aux générations futures, et que cette constance et cette fidélité est le seul fondement possible pour les victoires de demain. Merci encore et à très bientôt.