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interviewLa France insoumise (sur YouTube)· 18 septembre 2025 54 minAutoproduit

Outre-mer, l’abandon organisé | #Amfis2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour à toutes et tous. Donc merci merci d'être présent d'être présent et et de participer à ce débat. Euh d'abord, je voudrais remercier aussi Rémy Carayol de voilà de participer et à cet entretien et j'ai je suis honorée de de faire cet entretien, je vais le dire ensuite après, mais vous êtes journaliste indépendant et vous avez beaucoup travaillé sur euh sur l'Afrique euh et euh vous êtes cfondateur, moi c'est d'une d'un site que je suis qui est Afrique 21.

Vous avez débuté votre carrière au Comor, c'est ça ? Euh et puis vous êtes un auteur engagé. Euh enfin voilà, je pense à des ouvrages comme le Mirage Saélien, la France en guerre en Afrique et puis moi récemment un ouvrage qui par ailleurs enfin que j'ai lu pendant les examens parlementaires des lois Mayottes et et vraiment je vous en remercie parce que ça m'a permis aussi de prendre un recul considérable sur la situation la situation à Mayotte et je pense que le titre résume assez bien le fil directeur, c'est-à-dire Mayotte département colonie hein.

Et donc évidemment, il y a toute la question de rapport colonial de la France euh avec les outremères. Et je pense qu'on va parler d'outremè au pluriel et ce qu'on va vous proposer aujourd'hui parce que en fait on s on se le disait tout de suite euh on n' pas envie d'essentialiser les outresemères. Il y a autant d'autres mèes que de situation de département d'outre mè que de situations différentes, hein.

Même si évidemment, on va le on le verra, mais il y a aussi des réalités qui se rejoignent, notamment ce rapport néocolonial ou colonial, on l'appelle comme on veut, avec les outres mères. Voilà. Et je crois que ça va être aussi un peu le fil directeur.

Je le dis aussi parce que enfin, je vais mettre les pieds dans le plat, on est on est deux blancs à discuter d'outreem. Voilà. Euh et c'était pas prévu comme ça, je vous le dis.

Ben, c'était pas d'abord, on voulait que ce soit un élu d'outre maire, un député, on en a beaucoup d'outre maire qui fasse cet entretien avec Rémy Carayol. Euh bon, finalement, c'est moi qui le fait, j'en suis ravi. Bon, alors il se trouve que je suis présidente de la commission des affaires économiques qui à l'Assemblée nationale qui est en charge en priorité, hein, les questions d'outre maire.

Donc évidemment, j'y suis confronté. De toute façon, je suis dans cette commission depuis 3 ans, j'y suis. confronté.

J'ai eu l'occasion puisqu'il y a eu deux examens de lois là dans les 6 derniers mois sur Mayotte, j'ai eu l'occasion aussi de m'y rendre en délégation d'ailleurs délégation transpartisane. C'était intéressant. J'y suis allé avec un vice-président de la droite républicaine du modè et écologiste, hein, mais donc avec des visions quand même sensiblement différentes sur la situation et les responsabilités de l'État français dans dans cette situation.

Euh juste quelques mots puis surtout c'est voilà ce qui m'intéresse aussi c'est c'est de vous vous laisser parler sur tout cela et je voudrais aussi laisser vraiment le temps euh pour vous pour que vous réagissiez. Enfin je je vois dans la salle qu'il y a des militants des outremères. Euh je vous propose de parler spécifiquement de Mayotte mais peut-être pour élargir à la question des outremères mais en fait en 1h30 on se dit qu'il vaut mieux partir d'un cas concret.

Euh je vois aussi que voilà, là il y a Maxime qui qui a qui a travaillé de de nombreuses années à Mayotte. Enfin bon, bref, donc euh c'est important aussi qu'on ait le débat avec vous, avec euh et puis aussi avec euh les militantes et militants des outresemes, hein. Euh euh là-dessus, euh un petit mot avant de rentrer sur le sujet de Mayotte, dire qu'évidemment il aujourd'hui il y a des mobilisations populaires extrêmement importantes enem contre la vie chère pour l'égalité des droits que l'on soutient pleinement pleinement.

Euh et maintenant, j'en arrive à Mayotte parce que Mayotte, il y a eu le cyclon Shido il y a 6 mois, mais ça n'a été qu'un révélateur en fait, qu'un révélateur des immenses inégalités, difficultés de ce département qui par ailleurs, vous le savez, le plus pauvre de France mais de loin. Et moi qui suis arrivé, enfin voilà, moi je connaissais pas Mayotte he pour être clair quand je suis arrivée là-bas, enfin j'avais jamais mis les pieds les plamottes mais c'est choquant tout de suite hein quand on voit que le SMIC il a 1300 € au lieu de 100 brut quand on voit que le RSA est en dessous les allocations familiales qu'il y a pas de convention collective ou pr enfin tout tous les droits sont sans compter le droit d'asile tous les droits des migrants qui sont bien en dessous de tous les droits partout ailleurs. Voilà, dans tous les domaines, les droits sociaux à Mayotte sont inférieurs à la métropole.

Voilà. Et et donc c'est la première chose qui qui évidemment choque. Je le dis aussi à Mayotte, on a un groupe, on en reparlera, on a un groupe d'insoumis qui est sans doute enfin je sais pas ce que vous en direz mais qui est bon qui est la principale force voir peut-être une des seules forces de gauche vraiment active à Mayotte, ce qui est pas simple, ce qui est plein de contradictions aussi parce qu'on va reparler.

Mayotte, c'est une histoire compliquée, difficile euh y compris. Moi, j'ai eu des débats, on n'est pas toujours d'accord en fait à vrai dire enfin en tout cas on a des débats serrés, y compris euh il faut l'avoir hein ce débat avec les militants à Mayotte parce que et et nous il nous faut comprendre aussi la situation. C'est pour ça qu'ils nous ont dit "Mais venez nous voir, venez discuter de des réalités concrètes.

Vous pouvez pas juste avoir votre regard de métropolitain sur ce qui se passe ce qui se passe à Mayotte." En tout cas, moi ce qui ce qui est clair, c'est aussi le fossé considérable. Alors, je l'ai vu dans l'examen parlementaire. le fossé considérable entre les grands discours de la métropole et ce qui se passe concrètement sur le terrain.

Ce qui, et je finirai là-dessus et je et je vais vous passer la parole. Et puis moi ce qui m'a choqué aussi euh pour moi Mayotte est un laboratoire des idées de droite et d'extrême droite. C'est vraiment euh à dire ce que ce que la l'extrême droite vous vou voudrait faire passer par exemple remettre en cause le droit du sol pour le droit du sang. qu'ils veulent faire passer partout dans le pays.

Mayotte sert pour moi aujourd'hui, mais je voilà, je vous aussi une perche, sert aujourd'hui de de laboratoire. Voilà et nous c'est la difficulté aussi à Mayotte hein, c'est qu'il y a un sentiment enfin c'est extrêmement clivé il me semble aussi parce que sans doute vous me direz, il y a des très fortes inégalités sociales, mais c'est extrêmement clivé. entre dizaines de milliers de migrants évidemment qui vivent dans une situation absolument insupportable et une partie de la population aussi qui est acquise aux idées xénophobes.

Enfin, on va pas, je veux dire, il y a une députée, il y a deux députés qui défendent des idées d'extrême droite, quoi. Ouais. À Mayotte, enfin, on va pas se voilà.

Et donc, j'en arrive à ma première question parce que il me semble déjà pour comprendre, il faut comprendre l'histoire de Mayotte. Et donc, vous appelez votre livre Mayotte, le département colonie. Voilà.

Et tout au long des débats parlementaires est ressortie la question et quand on va Mayotte, c'est pareil de ces fameux référendum où les Maoré aurait dit "Nous voulons être français et donc ce serait un choix émancipateur universaliste des maoré pour rester français." Et ça n'est et voilà et donc ça n'est pas une colonie quelque part puisque les Maoré ont bien choisi d'être d'être français. Voilà, je voudrais revenir déjà là-dessus.

Est-ce que tous les maoré est-ce qu'on peut dire que tous les Maoré ont choisi ça ? Et et pourquoi vous parlez aujourd'hui d'un département colonie ? Alors euh bonjour à toutes et à tous.

Merci d'être là. Euh juste pour rebondir sur ce que vous avez dit juste avant, effectivement Mayotte a longtemps servi de laboratoire aux idées de la droite et de l'extrême droite. Et moi maintenant, j'en prends un nouveau terme.

J'estime que depuis quelques années, plus qu'un laboratoire, c'est devenu un cheval de 3 pour l'extrême droite. C'est-à-dire que c'est plus seulement on va essayer de tester des idées, c'est que on va faire passer des lois à Mayotte et ensuite on va essayer de les généraliser à l'ensemble du territoire national. Mais peut-être qu'on y reviendra un peu plus tard.

Euh oui, Mayot c'est un territoire très particulier où euh parfois il faut accepter de revoir les schémas qui sont les nôtres vu d'ici de l'Hxagone et notamment quand on est euh militant ou quand on est défend des valeurs de gauche. C'est un territoire qui est très déstabilisant parce que notamment historiquement, il y a une particularité, c'est que les habitants de cette île de Mayotte ont décidé, j'emploie le terme dans le livre, mais c'est pas un terme qui sort de mon imagination, c'est un terme qui m'a été dit par des militants de Mayotte française, des militants de la première heure. Ils ont choisi d'être de rester colonisés parce que le discours des partisans de Mayotte française était de dire entre deux colonisations, la colonisation comorienne et la colonisation française, nous choisissons la colonisation française.

C'est un discours à mon sens très problématique parce qu'en réalité je vois pas comment on peut parler d'une colonisation comorienne étant donné que les Maorèses et les Maoré sont partie intégrantes de la nation du peuple. On appelle ça comme on veut, comorien. C'est un archipel qui a une histoire bien avant la colonisation française évidemment avec une population qui s'est constituée au fil des siècles par le jeu de migration permanente venue d'un peu partout. le golf arabique, le golfe persique, la côte est africaine, Madagascar et tout ça a constitué une société une société relativement homogène, soit dit en passant, contrairement à ce que l'on veut faire croire dans les discours politiques euh qui parle une même langue avec au sein de cette langue donc le chikomori, des parlés différents selon chacune des quatre îles de l'archipel des comor mais ces quatre parlés sont issus de la même langue comorienne qui ont même pratique de culte qui ont les mêmes marqueurs sociaux et culturels.

Euh la France a colonisé ce territoire au 19e siècle. Elle n'en a pas fait grand-chose parce que elle ne savait pas vraiment quoi en faire. Euh et lorsque la question de l'indépendance s'est posée un peu plus tard que pour les autres colonies françaises en Afrique puisque c'est en 1975 que les comor sont devenues indépendantes.

Lorsque cette question s'est posée, la France a décidé de consulter la population comorienne pour savoir si elle voulait devenir indépendante ou si elle voulait rester française. Et donc cas particulier unique dans l'histoire de la décolonisation, une partie du territoire, en l'occurrence l'île de Mayotte, a opté contre pour rester français contre l'indépendance. Alors le discours, c'est de dire c'est tous les Mauré qui l'ont voulu, c'est faux.

En 1974, au moment de la consultation 63 % des Maoraises et des Maoré ont voté pour rester français. Ça veut dire quand même qu'il y a 36 % des Maores et des Maoré qui ont voté pour l'indépendance. Mais ça, on l'oublie un peu facilement.

Il faut préciser aussi que ça intervient ce vote dans un contexte d'intense bataille politique, parfois très violente avec des bagarres entre villages parce que souvent c'était un village soroda, c'est-à-dire pro français ou un village serré la main, c'est-à-dire pro comorien, pro indépendance. Euh et donc on est dans un contexte vraiment très violent à l'époque euh politiquement euh et qui est le fruit surtout d'un travail de sap d'un lobin très puissant de la part des partisans de maillotte française pour convaincre donc la population que l'ennemi ce n'était pas le colon le français. L'ennemi c'était le comorien.

En l'occurrence les discours pointaient essentiellement les grands comoriens et les enjoinés. Donc il y a quatre îles dans l'archipel des comors. La grande Comor, Enjoin, Moéli et donc Mayotte.

Et donc ce vote a a eu lieu. Donc 99 % des électeurs et électrices des autres îles ont voté pour l'indépendance. Et donc à Mayotte, c'est 63 % qui ont voté contre l'indépendance.

Et bon, je vais je passe sur les étapes du processus, mais c'est ainsi que Mayotte a été détaché de du reste de l'archipel et est resté un territoire français quand les autres îles des Comor sont devenues euh indépendantes. Donc déjà, on a cette histoire qui est vraiment très particulière. À ça s'ajoute le fait que une fois que le vote a eu lieu, tous les partisans de l'indépendance ont été chassés. chassé physiquement, c'est-à-dire que un grand nombre, l'historienne Mama Idriss estime selon enfin sur la base d'un travail notamment dans les archives que 1500 personnes ont été expulsées Manu Military vers l'île d'Enjoin. 1500 personnes, ça peut sembler peu.

Mais juste pour vous donner un ordre d'idée, lors de la consultation de 1974, il y a à Mayotte 14000 votants. C'est un tout petit territoire à l'époque 14000 votants. Sur l'ensemble de l'archipel, c'est 163000 votants.

Mayotte, c'est 14000 votants. Et donc sur ces 14000, il y en a à peu près 8000 qui votent pour rester français et il y en a à peu près 5000 qui votent pour l'indépendance. C'est important quand même de de préciser où on est.

Et donc sur ces 5000 qui votent pour l'indépendance, il y en a à peu près 1500 qui sont expulsés du territoire. Quant aux autres qui sont pas expulsés, ils sont excommuniés de la vie villageoise. C'est-à-dire que on leur dit "OK, tu es indépendantiste, tu ne participera plus euh aux euh événements de la de la vie villageoise qui le village, c'est le cœur de la vie en société dans l'archipel des comors." Et donc pour revenir, pour avoir le droit de reparticiper à cette vie sociale, il fallait faire un amendement d'honorable et faire allégance au combat pour Mayotte française.

Pourquoi j'explique ça ? parce que ça explique aussi pourquoi aujourd'hui on a l'impression que c'est toute une population qui est pour rester française. La question en réalité aujourd'hui se pose plus trop sur l'île.

Puis ensuite, pourquoi toute la population a été pour le statut de département ? Alors que là, il y avait quand même des voix un peu discordantes sur cette question parce que en privé, on peut penser ce qu'on veut, publiquement, on ne peut pas le dire. Et aujourd'hui et bien effectivement les discours que l'on entend essentiellement des discours très durs, xénophobes, il faut le dire que ça soit de la députée RN en Cheabamana mais surtout de l'autre député qui est Liot mais qui tient des discours d'une violence inouie qui est Estel Youssoufa.

Et on pourrait penser que finalement tout le monde à Mayotte pense comme ça. C'est beaucoup plus complexe que ça. Tout le monde dit publiquement comme ça mais beaucoup de gens ne le pensent pas.

Sauf qu'ils pas le dire parce que on a cette chape de plomb qui s'impose aux habitants de cette île depuis une cinquantaine d'années où si l'on ose émettre un avis divergent de celui qui est défendu par l'élite politique, et bien on est considéré comme un ennemi de Mayotte, comme un procomorien. C'est la pire des insultes qu'on puisse donner sur place ou comme un indépendantiste. Moi, je me suis fait traiter, je dis bien traité, c'était une insulte d'indépendantiste ou d'anticolonialiste.

Voilà, pour vous donner un peu un ordre d'idée de dans quel contexte on on on est. Et et c'est pour cette raison que c'est très très difficile à Mayotte de d'essayer de défendre un certain nombre de de valeurs, notamment quand on est de gauche, parce qu'en réalité ça entre en confrontation directe avec le discours dominant et que les personnes qui tiennent ce discours dominant veulent faire croire que c'est le seul discours de l'ensemble de la population maoraise. C'est beaucoup plus compliqué que ça.

Pour finir sur ce point, euh c'est d'autant plus compliqué que souvent quand on parle par exemple des élections ne vote que les euh personnes qui ont la nationalité française. Sauf qu'à Mayotte, c'est 50 % de la population de Mayotte qui est la nationalité française. 50 % de du reste, ce sont des étrangers entre guillemets.

J'emploie toujours les ce terme entre guillemets à Mayotte. Ce sont des étrangers. Donc les étrangers n'ont pas le droit de vote, ils n'ont pas le droit de citer à Mayotte et pourtant c'est une population qui vit là et contrairement à ce qu'on veut faire penser et d'ailleurs le terme migrant est à bannir à Mayotte parce que une grande partie de ces personnes ne sont pas des migrants.

Une grande partie de ces personnes sont nées sur ce territoire. Euh de fait, même si elles sont pas nées, elles avaient des attaches familiales parce que là aussi, il faut le préciser, malgré 50 ans de séparation politique, euh les attaches, les liens familiaux sont encore très prignants entre les habitants de Mayotte et les habitants des trois autres îles. Il n'y a pas une famille et j'inclus la famille d'Anch Bamana, la députée RN et la famille d'Estel Yussoufa, la députée Oliot.

Il n'y a pas une famille à Mayotte qui n'a pas des liens familiaux avec des habitants des autres îles dans l'archipel. Et cette population là d'étranger entre guillemets, on la prend pas en compte. C'est quand même 50 % de la population qui vit sur ce territoire.

Alors certes, selon les responsables politiques, une partie une grande partie des responsables politiques de Mayotte et selon l'État français, ces gens, pour reprendre un terme qui est souvent employé par les ministres de l'intérieur qui se succèdent, n'ont pas vocation à être là. Ou pour reprendre le terme d'un préfet en 2004, ces gens n'ont rien à voir avec Mayotte. La réalité c'est que ces gens ont de par l'histoire tout à voir avec Mayotte et que quand on parle de la représentativité politique en fait on on parle d'une représentativité très restreinte de l'ensemble de la population qui vit sur ce territoire.

Merci beaucoup et je crois que vous en parlez aussi dans vos travaux tous ces invisibles des bidonville en fait qui sont autant de personnes qui n'ont quasiment aucun droit en fait à Mayotte et qui sont la moitié de la population à Mayotte. Euh moi, je voudrais venir aussi sur la question de à la fois de la pauvreté, de l'insécurité. Bon, parce que euh alors on a une pauvreté euh enfin insoutenable, hein, dans le sens mais alors dans le sens où déjà on a on a une on a de l'eau euh un jour sur deux pour ou un jour sur trois dans dans be dans voilà dans de manière assez continuelle quoi.

Euh les enfants par exemple dans beaucoup d'écoles vont à l'école la moitié du temps parce qu'il y a pas assez de place. Alors, faut savoir quand même qu'à l'Assemblée nationale, la Macronie et la droite, enfin je le mets dans un tout et l'extrême droite ont même voté contre un amendement, un de nos amendements qui demandait tout simplement comme objectif de scolariser l'ensemble des enfants. On en est là.

Enfin, c'est-à-dire que que le droit humain le plus fondamental qui soit qu'un enfant soit scolarisé était repoussé par 2/ tiers de l'Assemblée nationale parce que ça allait créer un appel d'air pour les entre guillemets migrants qui sont par ailleurs là souvent depuis très longtemps est nés est nés là-bas. En tout cas, ils y vont la moitié du temps. Bon, et il y a il y a par exemple, je donne un exemple, mais il y a une une déchetterie à ciel ouvert pour 320000 habitants.

Enfin, voilà, tout est tout est comme ça. Euh donc une pauvreté quand même qui qui frappe et qui est extrême. Et par ailleurs, et moi je voudrais venir là-dessus, en même temps, il y a la question de l'insécurité et des violences.

Je moi je suis venue avec mes mes yeux de l'hexagone, mais c'est compliqué quand on en ressort quand on repart de Mayotte, c'est compliqué de ne voilà de dire qu'il y a pas de problème d'insécurité en voilà les enf on entend les gens dire mais moi à 20h je rentre chez moi. D'abord, est-ce que ce cette question de l'insécurité pour vous est voilà est une question qu'il faut dont il faut se saisir et comment ? Évidemment la droite, l'extrême droite et la Macronie disent tout ça, y compris jusqu'à Manuel Vals, hein et le ministre actuel disent bah tout ça est la faute des des migrants entre guillemets.

Bon voilà comment voilà comment vous pensez que la gauche peut peut répondre à ce problème ? Je le dis aussi parce que y compris la gauche sociale et politique et les deux principales organisations là-bas, la CGT, la France insoumise, bon ont un discours disant "Oui, il y a de l'insécurité et oui, on a un enfin on va oui, il y a un problème aujourd'hui du nombre d'habitants à Mayotte qui est un espace exigu avec des ressources naturelles enfin et des ressources insuffisantes. Et donc alors la réponse de la FI c'est de dire égalité des droits.

Donc il faut une territorialisation du titre de enfin il faut arrêter avec les titres de séjour territorialisé. Il faut une solidarité nationale dans l'accueil dans l'accueil de tous les migrants. Voilà c'est la réponse qui est donnée.

Qu'est-ce que vous dites par rapport à ça ? Et je le dis on a voilà il faut aujourd'hui en tout cas une une réponse qui soit à la fois une réponse décolonial mais qui s'adresse aussi à ce qu'on nous dit sur l'île de toutes parts. Voilà.

Donc je vous je vous je vous passe le relais sur cette question là. Je dis juste que la question elle est difficile et complexe. Elle est très compliquée et en réalité moi je parle beaucoup mais j'ai pas de solution.

Euh non pour revenir sur la la pauvreté, c'est manifeste. Je vais quand même donner quelques chiffres pour que vous compreniez où on se trouve. Euh la moitié de la population à Mayotte aujourd'hui enfin en 2018 euh vivait avec moins de 260 € par mois. 4 personnes sur 10 vivaient en dessous du seuil de pauvreté euh local qui est fixé à 160 € par mois. 8 personnes sur 10 vivaient en dessous du seuil de pauvreté national qui est à un peu plus de 1000 € par mois.

Euh alors cette pauvreté, moi je sais pas ce que je mets le le premier en avant parce qu' il faut la replacer d'abord dans son environnement. Certes, Mayotte est un territoire si l'on se situe dans le cadre franco-français très pauvre, le plus pauvre. Mais par contre, si on se situe dans son cadre régional, c'est le territoire le plus riche.

Le PIB de Mayotte par habitant est 8 fois supérieur à celui des Comors, 20 fois supérieur à celui de Madagascar. Donc ça, il faut pas l'ignorer. Il faut pas notamment l'ignorer quand on veut apporter des réponses.

Parce qu'évidemment ce différentiel économique qui s'est démultiplié depuis une trentaine d'années, c'est-à-dire que depuis le moment où la France a commencé à investir sur l'île de Mayotte, et bien il est source de migration évidemment. Et alors qu'avant la migration qui venait des hôtes îles vers Mayotte était d'une migration essentiellement familiale où euh qui était lié à des événements. On venait participer à un mariage, à une cérémonie religieuse et puis on repartait.

On venait travailler un mois, 2 mois et puis on repartait. Aujourd'hui, c'est une migration essentiellement économique ou alors d'ordre de survie effectivement pour accoucher parce que pour accoucher dans des conditions qui peuvent permettre la survie de l'enfant ou pour que les enfants aient une éducation à peu près convenable et gratuite. Donc cette question là, elle est quand même importante.

De même, cette pauvreté, elle a une histoire évidemment. Donc comme je le disais, l'État français n'a commencé à investir sur ce territoire que il y a une trentaine d'années au début milieu des années 90 avant que ça lorsque c'était une colonie, l'ensemble de l'archipel était une colonie qui ne comptait pas pour la France. Elle ne savait pas quoi en faire et donc elle n'a jamais investi quoi que ce soit.

Elle n'a jamais vraiment envoyé beaucoup de fonctionnaires d'ailleurs. D d'ailleurs pour donner quelques chiffres, en 1974, donc au moment où il y a eu la consultation, il y avait 26 écoles à Mayotte et deux enfants sur trois n'étaient pas scolarisés. Juste pour vous montrer un peu à quel à quel niveau on se situait.

Pour vous donner une idée aussi, l'école n'est devenue obligatoire qu'en 1986. Donc on voit d'où on part. Donc cette pauvreté a aussi euh une histoire, c'est l'histoire de la colonisation notamment.

Euh moi ce que je préfère mettre en avant, c'est c'est les inégalités parce que là elles sont encore plus flagrantes et ell c'est celles ces inégalités là qui sont sources de cette insécurité. Les inégalités sont monstrueuses. Mayode n'est pas seulement le territoire le plus pauvre de France, c'est aussi le territoire le plus inégalitaire de France par c'est aussi troisème point important, le territoire le plus jeune, j'y reviendrai.

Donc le plus inégalitaire. Alors selon l'INC, les 10 % les plus aisés à Mayotte touchent sep fois euh en un niveau de vie sep fois supérieur au niveau médian. Euh concrètement, je sais pas trop ce que ça veut dire.

Moi concrètement par contre, je vois très bien ce qui comment ça se passe à Mayotte. On a des quartiers de riches, de très riches qui côtoi, mais vraiment qui côtoi, qui voisine des quartiers de pauvres, de très pauvres, les bidonvillees dont vous avez tous vu les images après Chido qui avaient été rasés. Ils se côtoient, ils sont à côté les uns des autres.

Et ce ces inégalités, elles sont notamment le fruit de la politique française. Il faut le préciser parce que chez les très riches, il n'y a pas que quelques entrepreneurs qui sont allés faire fortuner à Mayotte au début des années 80 quand tout était quelque part à inventer entre guillemets. Non non, c'est aussi le fruit de la politique française qui consiste à surrémunérer les fonctionnaires qui sont envoyés sur place, mais aussi depuis quelques années les fonctionnaires locaux.

Ce qui fait que les fonctionnaires qui sont sur place et bien sont bien me payés à Mayotte comme dans tous les territoires d'outre mer que euh que que dans l'hexagone, tant mieux pour eux. Le problème c'est qu'on est dans une situation donc où par exemple un jeune enseignant peut toucher 3000 €. Quand je dis un jeune, c'est 22 23 ans, hein.

Il peut toucher 3000 € pour son premier poste. Quand une grande partie de la population, pour ceux qui travaill dans le secteur privé, dans le secteur formel, donc sont au SMIC, un SMIC, on l'a dit, qui est inférieur qui est à peu près à 75 % au niveau du SMIC pratiqué dans l'hexagone. Mais surtout ce qu'on oublie souvent de parler, c'est l'économie informelle.

Et l'économie informelle, c'est quasiment 50 % de l'économie de ce territoire. Et là, dans l'économie infermelle où travaille notamment un grand nombre d'étrangers en situation irrégulière, on est à des salaires de 200 ou 300 €. Donc, on est dans ce territoire avec ces immenses inégalités qui plus dans le territoire qui est petit territoire et donc où ces inégalités sont visibles de tous les jours.

Alors, quand on se demande mais comment ça se fait qu' est en de délinquence ? La réponse, elle est assez facile parce que d'autant plus que la délinquence effectivement en grande partie ce sont des cambriolages en grande partie ce sont aussi des agressions mais des agressions qui ont un objectif de voler un téléphone, l'argent ou des choses comme ça. Euh et et c'est une délinquence juvénile.

C'est là où je viens la la question de la jeunesse. C'est essentiellement une délinquence juvénile et c'est pas pour le coup une construction médiatique ce sentiment d'insécurité. C'est une réalité vraiment.

Il est tout jeune entre guillemets ce sentiment. Euh, il date d'une dizaine d'années. Avant, Mayotte était un territoire très paisible où il y avait très peu d'actes de délinquence, quelques cambriolage, essentiellement les quartiers habités par ce qu'on appelle les mzungu sur place, les métropolitains.

Très rarement des agressions. Aujourd'hui, on est dans une situation où il y a vraiment des agressions, des cambriolages parfois très violents, où il y a des homicides, ce qui n'existait quasiment pas il y a 20 ans sur le territoire. Il y a une violence vraiment qui s'est qui s'est développée.

Cette violence, elle est liée à ces inégalités, au fait qu'on a une délinquence qui est liée à des questions matérielles, mais elle est liée aussi à il y a un autre effet qui a provoqué cette délinquence notamment juvénile. Et là aussi, c'est lié à la politique de l'État français. c'est que lorsque l'État français a commencé à mener une traque à l'échelle industrielle des personnes en situation irrégulière au milieu des années 2000 à l'époque où le ministre de l'intérieur s'appelait Nicolas Sarkozi, donc là la France a commencé à expulser à tour de bras.

On est passé en 2005 de 6000 expulsions par an, ce qui était déjà énorme à 13000 l'année suivante et aujourd'hui on est à 25000 expulsions par an. C'est énorme. Dans l'hexagone, on est à 22000 expulsions par an et encore sur ces 22000, la moitié ce sont des aides au retour volontaire.

Euh donc on est dans cette échelle industrielle d'expulsion de personnes en situation irrégulière. Le problème c'est que en expulsant un tour de bras, évidemment, il faut faire très vite. Les gens ne restent que quelques heures au CR, parfois même pas.

Ils vont directement dans le bateau et en expulsant très vite, on ne regarde pas la situation des personnes que l'on expulse. Et parmi les personnes que l'on expulse, il y a beaucoup de femmes. Et parmi ces femmes, il y en a beaucoup qui sont des mères ou des tantes qui avaient des enfants à charge.

Et lorsqu'on expulse ces dames, et bien les enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes. Alors le phénomène, on l'a vu apparaître, c'est là où c'est facile de le lier à la politique d'expulsion. On l'a vu apparaître vers 2007-2008.

La politique d'expulsion a commencé 2006-2007. C'est-à-dire que les travailleurs sociaux ont commencé à dire "Attention là, on voit un phénomène, ce qu'on appelle les mineurs isolés sur place, des gamins qui sont livrés à eux-mêmes parce qu'au début quand la maman ou la tante est expulsée, le voisinage s'en occupe mais il peut pas s'en occuper si longtemps. Et puis après les gamins, ben ils s'organisent entre eux et parfois c'est des gamins qui sont très jeunes 8 9 ans.

Donc on a commencé à les voir, fouiller les poubelles d'abord, ensuite mandier devant les quelques rares supermarchés de l'île et puis après bah ils se sont organisés en bande, ils ont commencé à cambrioler et puis aujourd'hui ces bandes et bien elles se battent entre elles, vous en entendez parfois parler mais aussi elles mènent effectivement ell elle c'est ce elles font des de couper les routes donc pour arrêter des véhicules pour voler ce qui se trouve dans les véhicules et sur les personnes qui sont dans ces véhicules et parfois donc elle elle mène des agressions violentes. Et donc cette insécurité-là, elle est le fruit de cette politique et effectivement, elle aboutit à une exaspération de la population euh sur le territoire. Et là-bas, comme dans tout un tas d'autres endroits, cette exaspération, elle se traduit par le vote en faveur de l'extrême droite.

L'extrême le Front National, le Rassemblement national, ex-fond national n'a réellement vu ses scores exploser à Mayotte qu'au moment où l'insécurité est apparue, c'est-à-dire il y a une dizaine d'années. Avant, le Front National dans les années 2000 ne représentait rien à Mayotte. Le Pen faisait 2 %. au dernière à la dernière présidentielle, Marine Le Pen a fait 40 % au premier tour, 60 % au second tour et aujourd'hui une grande partie de la classe politique maorise euh affirme sans s'en cacher, que c'est Marine Le Pen là qui défend le mieux les intérêts de Mayotte et des gens qui sont pas forcément politisés, je connais très bien, qui sont des amis donc qui me parlent franchement sont capables de dire qu'effectivement ils votent pour Marine Le Pen qui savent très bien ce qu'elle défend qui savent très bien sa vision de l'islam mais qui disent c'est la seule à dire que à se à s'intéresser à nos problèmes et à dire que l'insécurité c'est liée à l'immigration.

Et cette moi cette très bonne amie m'a dit je t'assure qu'il n'y a aucun maoré qui commette des actes de délinquence en en en étant persuadé. C'est ce qu'on rabâche. C'est ce que Manuel Vals a encore rabâché à l'Assemblée nationale il y a quelques il y a quelques semaines.

C'était d'ailleurs assez cocasse. C'était au Sénat, je crois, cette fois-ci puisque il aborde la question de l'insécurité et il la relie directement à la question de l'immigration. Et il donne ce chiffre. 48 % des actes de délinquence sont le fait d'étranger.

OK. 52 % de la population à Mayotte est étrangère. Donc il n'y a pas surreprésentation des étrangers dans les délinquents.

Au contraire, ils sont un peu moins importants. Mais au-delà de ça, les études sociologiques et les magistrats le disent. Dans les délinquants, notamment juvénil, on trouve aussi bien des Français que des étrangers.

Bien, merci beaucoup. Et alors, j'ai eu l'occasion quand j'avais pas le préfet sur les côtes à Mayotte de discuter une manière un peu franche quoi, avec des gardes doigniers qui nous disait que par ailleurs, il y avait une chimère totale, une illusion totale de penser qu'en fait à à Mayotte, on peut bloquer tout flux de migrant quoi. Et parce que ça a été le grand truc de la droite et de l'extrême droite pendant les débats parlementaires de dire mais d'ailleurs c'était le fond de la deuxième loi.

Nous, on pensait avoir une deuxième loi sur Mayotte là au mois de juin qui s'attaquait vraiment au développement économique et social, à l'égalité des droits et tout. Que dal. Bon déjà c'est pas c'est ça était la commission des lois qui l'a prise en main.

Donc déjà ça donnait un petit une petite idée de ce qui est en réalité. Le fameux projet de loi de développement de Mayotte a été un projet de loi contre les migrants. C'était vraiment ça.

Et ce qui est intéressant, c'est quand on on discute avec les gardes doudoigners, ils nous disent "Mais en réalité, c'est ce que vous dites, c'est c'est c'est que c'est une chimère totale puisqu'on est à 50 km d'écor et parce qu'on va pas on va pas mettre un mur de fer dans la mer qui empêche les migrants de venir." Et alors ce qu'il raconte c'est que de toute façon on ne cesse d'avoir les des des migrants des comorts qui arrivent qui repartent qui arrivent qui repartent et qui font 10 fois l'aller-retour jusqu'à ce qu'ils arrivent à pouvoir s'installer. Donc c'est euh voilà et qui bien souvent par ailleurs passent 2 jours 3 jours dans le CR, repartent et cetera.

Voilà. Donc pour dire que par ailleurs du coup la la droite, l'extrême droite d'abord s'il prennent n'importe comment et et à mon avis poursuivent une illusion une illusion totale sur la question quand bien même on voudrait quand bien même on déciderait de s'y attaquer quoi. Enfin je parce qu'en fait on ne peut pas de toute manière.

Donc ça ça ne sert finalement qu'à qu'à nourrir un sentiment de xénophobie et antimigrant qui n'a qui n'a aucun débouché. Mais je voulais peut-être voilà vous laisser réagir là-dessus. Et moi, j'ai une question aussi sur euh la coop parce que du coup la la réponse euh de gauche il me semble doit être aussi qu'il faut mettre en place une coopération régionale avec les comores.

Alors quand on dit ça à Mayotte euh l'extrême droite la droite hurle en disant "Mais vous voulez vous voulez discuter avec un dictateur colonisateur qui s'appelle les comorts ?" C'est hors de question. Bon voilà, mais finalement la la seule issue n'était n'est-elle pas celle-là quoi ?

Bah si, c'est une évidence en réalité qui que dont tout le monde est conscient mais en fait il y a des enjeux politiques qui sont plus forts que cette évidence là. Euh juste pour revenir sur la question de de fer dans la mer, en fait c'est pas seulement une image hein depuis quelques temps. C'est l'expression employée par euh Darmanin d'abord puis par Vals, le rideau de fer.

Il parle sérieusement de mettre en place un rideau de fer entre Mayotte et les autres îles des Comors. Euh je veux dire la première fois on pouvait penser à une blague. En plus c'était Darmanin on pouvait se dire il est tellement stupide.

Mais mais non en fait non, ils sont persuadés qu'ils peuvent mettre en place, alors c'est pas un rideau de fer physiquement mais en multipliant les radars, en multipliant les patrouilleurs en mer, en multipliant aussi les systèmes d'écoute qui pourraient permettre d'anticiper les départs sur l'île d'enjoy et bien ils pensent qu'ils vont pouvoir arrêter ça. Ça fait 20 ans qu'ils investissent dans cette politique là et effectivement les flux ne se tarissent pas. Et quand je parlais de 25000 expulsions par an, en fait c'est quasiment autant de personnes qui reviennent.

En réalité, ce sont des gens qui reviennent parce que une grande partie de ces personnes a fait sa vie à Mayotte. C'est ça aussi la question qui se pose au-delà du fait que géographiquement ces 70 km c'est rien. Même si c'est dangereux, il y a quand même des morts en mer et et pas en petit nombre.

Beaucoup évidemment parce que comme il y a des patrouilleurs, il faut prendre les routes les plus compliquées, parfois par temps très mauvais. Et donc il y a des bateaux qui chavirent. Euh donc on on on continue en fait dans cette dans cette politique en pensant on voit bien que ça ne marche pas et d'ailleurs effectivement les membres de la police aux frontières le disent eux-mêmes en aparté.

On voit bien que ça marche pas mais on continue malgré tout à faire ça. Euh et effectivement il y a un côté un peu démagogique puisqu'on dit mais c'est ce que veulent les Maoré en réalité. C'est ce que veulent les représentants politiques des Maorais et des Maoré.

Il y a beaucoup de personnes qui pensent, je dis pas qu'elles sont majoritaires hein, mais il y a quand même beaucoup de personnes qui pensent qui pensent quand même différemment ou en tout cas qui ont un regard critique sur ce qui se fait depuis un certain nombre d'années. Euh mais donc on dit c'est ce qu'ils veulent donc c'est ce que c'est c'est ce qu'on c'est ce qu'on c'est ce qu'on va faire. OK.

Bon mais en fait selon cette logique s'ils veulent aussi qu'on jette les gens à la mer, bon mais jetons les gens à la mer. Alors, puisque après tout, si c'est ce qu'ils veulent, bon effectivement euh le le la seule solution mais qui est facile sur le papier, qui est beaucoup plus difficile à mettre en en place sur le terrain, c'est une véritable coopération mais une coopération très poussée. Là, on parle même pas d'une coopération comme celle que la France peut mener avec un certain nombre, notamment d'anciennes colonies, notamment sur le territoire africain.

Non, non, c'est c'est une coopération beaucoup plus profonde. Pourquoi ? Parce que et ça c'est moi, c'est ce que je défends depuis des années et des années, on ne peut pas considérer Mayotte dans le seul cadre franco-français.

C'est impossible. On ne doit considérer Mayotte que dans le cadre francocomorien pour plusieurs raisons. La première raison, c'est qu'il y a un contentieux quand même encore aujourd'hui au niveau diplomatique puisque les comor continuent de revendiquer Mayotte et puisque lorsque l'ONU a été euh lorsque la question s'est posée à l'ONU à de multiples reprises à une vingtaine de reprises, l'ONU a donné raison au Comor en estimant que Mayotte devrait être un territoire comorien selon le principe de l'intangibilité des frontières issues de la colonisation.

Donc il y a cette il y a cette question là, mais plus largement, il y a une question très concrète. Au-delà de cette proximité géographique, il y a les liens familiaux dont je parlais tout à l'heure. Euh il y a ce maintenant ce différentiel économique qui font que de toute manière rien ne se fera si on ne fait si on ne prend pas en compte l'ensemble de l'ensemble de de l'archipel des comorts et même au-delà maintenant hein puisquon voit bien que il y a de plus en plus de gens qui viennent de l'Afrique de l'Est pour effectuer une demande d'asile. on commence à voir une migration qui vient de Madagascar, ce qui est assez nouveau.

Il y a toujours eu des venues de Madagascar, mais en très petit, mais maintenant on commence à voir quand même une migration clandestine de venant de Madagascar. Donc forcément, Mayot devient un territoire véritablement attractif dans la région. Euh donc c'est évident que ça passe par la coopération, mais c'est une coopération qui doit être beaucoup plus poussée que celle que juste le financement d'un hôpital ou d'une école et tout ça.

Mais par contre personne aujourd'hui n'a réussi à trouver euh même entamer le processus. Pourquoi ? Ben parce qu'il y a des réticences localement.

Déjà les responsables politiques de Mayotte ne veulent pas en entendre parler. Ils sont dans une logique depuis plus de 50 ans, 60 ans, 70 ans de couper tout lien avec les autres îles des comor. Ils ne veulent pas en entendre parler.

Après 75, quand il y a eu la séparation, il militait pour qu'il y ait plus de liaison maritime et aérienne entre Mayotte et les autres îles. On est dans cette logique là. Donc imaginez qu'il puisse y avoir une coopération poussée avec ces territoires là, c'est hors de question.

Après Chido, après Chido, Madagascar a proposé son aide. On vous envoie des bananes, de la nourriture et tout ça. Les Comor et notamment l'île d'Jouan ont proposé leur aide.

OK pour Madagascar, mais certains ne voulait pas entendre parler d'une quelqueonque aide donnée par les comors. Ce sont des ennemis à leurs yeux. Donc on ne on ne on ne peut pas coopérer avec des ennemis.

Et par ailleurs, l'autre difficulté, c'est que Ocomor effectivement c'est un régime aujourd'hui, on peut le dire dictatorial. euh soi-disant soit-disit en passant un régime ami de Paris euh puisque Azali est particulièrement choyé euh par Macron euh et d'ailleurs c'est inévitable. C'est inévitable parce que pour expulser 25000 personnes par an, il faut avoir l'accord du pays vers qui on expulse les personnes.

Si et comme ça arrive parfois en temps de crise diplomatique, si les comor décident de ne plus accepter ses retours, et bien la France est bien embêtée, elle ne peut plus expulser personne. C'est ce qui est arrivé le premier mois de l'opération Wambouchou. Pour ceux qui s'en souviennent, c'était en 2023, opération lancée par Gérald Darmanin où il annonçait des expulsions à tour de bras, des décasages, c'est-à-dire des des destructions d'habitats à tour de bras.

Euh en réalité, il s'est pas passé grand-chose, en tout cas pas plus que ce qui se passait depuis des années. Il n'empêche que et donc le le régime comorien pour protester contre cette politique a fermé sa frontière pendant pendant un mois. La France était bien embêtée, elle a pas pu mener toutes ses plus sur en fait. la France est obligée de faire avec ce ce chef ce ce régime-là, mais effectivement c'est très compliqué de travailler avec un régime qui aujourd'hui est dans une véritable dérive dictatoriale qui euh qui emprisonne ses opposants ou ses critiques au niveau de la société euh civile.

Mais effectivement la la seule mais bon moi ce que je défends depuis depuis 20 ans, c'est que pour imaginer un avenir en commun sous quelque forme que ce soit parce que les maorèses et les maorés ne veulent pas entendre parler d'un retour au courant. Ça, il faut bien le prendre en compte évidemment mais pour envisager euh une solution, il on est obligé de de prendre en compte donc cette volonté des maoré. Mais il faut aussi enfin on peut pas rester sur ce statut quo.

Et donc la première chose à faire c'est d'instaurer un dialogue en fait d'essayer d'instaurer au dialogue et aujourd'hui tout est fait par la classe politique maoraise mais aussi par l'État français pour qu'il n'y ait pas de dialogue entre Mayotte et les autres îles. Il y a curieusement il y a un ministre qui a qui a essayé de faire quelque chose mais il est pas resté longtemps à l'autre mère. C'était Yv Gego.

Ouais. Y a essayé vraiment sincèrement de mener déjà de tenir tête aux élus Maoré pour leur dire mais vous pouvez pas sans cesse comme ça prenez des discours de haine vis-à-vis des des Comoriens et puis qui a vraiment essayé de mener une politique de coopération. Truc c'est qu' il est pas resté longtemps à l'autre maire.

Je sais pas combien de temps il a fait, même pas 2 ans. C'était sous SarkoZi hein. Mais euh voilà.

Mais sinon depuis c'est un peu voilà, on en parle régulièrement de la coopération et d'ailleurs, il y a des actes hein. La France a construit un hôpital à juin. Bon le problème c'est que c'est bien beau de bâtir des des murs, mais après il faut faire fonctionner l'hôpital.

Il ne fonctionne pas cet hôpital. Mais euh mais voilà, il y a il y a mais c'est pas forcément la faute de la France, hein, c'est la responsabilité aussi des dirigeants politiques comoriens. Euh mais donc il y a de la coopération, mais c'est une coopération voilà qui qui qui ressemble à celle qu'on peut avoir dans d'autres territoires.

Mais il semble évident que c'est la seule solution aujourd'hui. Et pour moi, en fait, quand on est quand on quand on est une force de gauche, on ne peut pas ignorer ça. Et en fait en France, on a quand même tendance à ne voir le cas de Mayotte que sous l'aspect franco-français.

On peut pas ignorer d'abord l'ONU, on ne peut pas ignorer cette questionlà que selon l'ONU quand même ça reste un territoire comorien euh et LFI quand même se prévaut assez régulièrement des décisions de l'ONU. Donc je pense que c'est quelque chose qu'on ne peut pas ignorer. On ne peut pas ignorer aussi que enfin l'échec qui a été de l'État français sur ce territoire de Mayotte, c'est pas seulement l'échec de la droite hein, c'est aussi l'échec de la gauche.

Si on peut estimer que le Parti socialiste est un mouvement de gauche, euh si l'on peut estimer que le métérandisme était une était une aire où la gauche était au pouvoir ou si le jospinisme fut de gauche. Bref, voilà, c'est un échec qui remonte à des années et des années. En réalité, la France n'a jamais su quoi faire de ce territoire.

Elle n'a jamais su quoi faire parce qu'elle a voulu le garder effectivement pour xx raison. D'ailleurs, tout le monde ne voulait pas le garder. Jiscardestin ne voulait pas forcément garder ce territoire.

Elle a voulu le garder mais elle n'a jamais su quoi en faire. Et c'était pareil durant l'époque coloniale, elle voulait ce territoire pour des enjeux géostratégiques pour coloniser Madagascar notamment, mais elle n'a jamais su quoi en faire et donc elle ne s'est jamais véritablement donné les moyens de trouver une solution à cette situation. Et c'est pour ça notamment qu'on se retrouve dans cette situation un peu d'impasse aujourd'hui.

Euh et après Chido, on pouvait estimer que peut-être les responsables politiques français et Maoré se poseraient autour d'une table et se dirait "Allez maintenant, on réfléchit, on voit bien qu'on est dans une impasse depuis des années, c'est l'occasion ou jamais de réfléchir autrement les choses. Au contraire, ce à quoi on a assisté, c'est en fuite en avant avec toujours cette politique de plus en plus xénophobe où effectivement cette loi de refondation, la moitié de la loi et notamment les deux premiers titres visent explicitement les étrangers comme si c'étaient eux les responsables de des faillites en grand de l'État et aussi de la classe politique maoise. Merci beaucoup.

Alors peut-être une dernière question avant de vous passer la parole. Enfin, deux questions parce que du coup ce que vous venez de dire me fait penser me fait penser à une aussi. Vous dites vous dites on sait pas quoi faire.

Enfin non, pardon, les responsables politiques qui se sont succédés ont pas su quoi faire de maillotte quoi. Mais est-ce qu'il y a pas quand même un intérêt géopolitique et géostratégique de la France ? Quoi ?

Est-ce qu'il y a une base militaire dont on dit pas grand-chose ? une présence de la France à un endroit stratégique de l'é indienne quand même. Donc voilà, ça c'est ma première question qui expliquerait aussi peut-être une politique coloniale aujourd'hui qui vise à ne surtout pas donner d'autonomie à Mayotte, enfin quel qu'elle soit.

Et j'arrive à ma deuxième question du coup qui est la question de l'autonomie économique au moins parce que en fait rien n'est fait mais elle a absolument rien pour rendre Mayotte plus autonome sur le plan alimentaire. Je vois Maxime qui travaille à la chambre d'agriculture mais sur le plan alimentaire, on a beaucoup parlé d'ailleurs parce que c'est c'est une des seules chambres d'agriculture qui est Confédération paysane par ailleurs Mayotte. Rien n'est fait par exemple pour développer de façon autonome l'agriculture alors que je veux dire l'île pourrait être dans une situation encore alors pour le coup c'est pour autant une île qui est qui a une souveraineté alimentaire qui est pas si défavorable quand on compare à la Réunion la Martinique ou la Guadeloupe parce qu'elle s'est pas spécialisée dans l'agriculture d'exportation. complètement, mais rien n'est fait pour le développer.

Je veux dire, ça pourrait être un laboratoire de l'autonomie alimentaire. De la même façon sur l'économie de la mer, je dire la plupart des produits de la pêche sont importés à Mayotte, c'est hallucinant dans une île qui est voilà euh et puis on a pas mal discuté d'ailleurs avec les représentants du MDEF et du patronat là-bas mais qui était d'accord avec 90 % de ce qu'on porte en fait. D'ailleurs, ils sont contre la baisse des C'est rigolo, c'est seulement c'est sur c'est un des seuls MEDEF où qui nous dit que la les exonérations fiscal et les exonérations sociales, c'est pas bien parce que ça va désinguer les retraites.

Bon bref, mais passons euh euh sur les enfin et je finis là-dessus euh je veux dire l'état des routes, l'état des réseaux internet, il y a rien n'est fait pour développer les entreprises. Mais le crédit n'existe quasiment pas. Aujourd'hui, on fait la reconstruction de Mayotte et malgré les quelques petits amendements qu'on a fait passer, c'est essentiellement Effage, Vinc et Compag qui vont faire la reconstruction à Mayotte plutôt que les TPE et les PME locales.

Donc vraiment rien n'est fait pour cette autonomie de et cette souveraineté économique. Est-ce que nous en fait une de nos enfin je veux dire une de nos de nos missions à gauche et pas de porter ça aussi ? C'està-dire à défaut aujourd'hui de dire bon c'est l'indépendance puisque les Maores et les Maorées n'en veulent pas, c'est au moins de de d'accompagner, de faire en sorte de porter une autonomie de l'île en matière économique et sociale avec une égalité des droits. [Applaudissements] Euh je vais rapidement répondre à la première question.

Oui, c'est ce que je disais tout à l'heure, la France voulait rester à Mayotte. Après, elle ne savait pas quoi faire mais elle voulait rester en partie pour des questions d'ordre géostratégique. Il y a pas seulement une base militaire avec la présence de la Légion étrangère, il y a une centrale d'écoute, pas négligeable, franco-allemande euh qui va qui peut intercepter des communications jusqu'à assez loin sur la côte africaine, mais aussi du côté de l'océan Indien.

Euh donc il y avait un intérêt geste stratégique et l'armée a fait partie de ces forces en France qui ont milité pour conserver Mayotte. Les autres forces qui ont milité c'est ce que j'appelle le parti colonial et c'est l'extrême droite qui ont milité mais là pour des enjeux autres enfin bien sûr géostratégiques, mais aussi pour des enjeux tout simplement d'ordre philosophique. On est en présence de nostalgique de l'empire et qui estime que l'empire doit être préservé coûte que coûte.

Donc oui, bien sûr, la France a un intérêt à être présent dans cette zone. Je je répète souvent, le canal du Mozambique, donc où se trouve l'archipel des Comors. À l'époque, dans les années 70, euh 60 % du pétrole consommé en France transité par le canal du Mozambique.

C'est une zone très importante à contrôler. Et dans les années 70, on est encore en période de guerre froide. Et très clairement en France, les discours qu'on entend, c'est si on perd cette zone, ça va, c'est la Chine qui va venir là.

On parlait de la Chine, pas de l'URSS. Euh et encore aujourd'hui, le canal du Mozambique est quand même un lieu de transit très important pour euh la système maritime mondial. Euh pour ce qui est de l'autonomie, effectivement, c'est en fait ben cette autonomie économique, la question ne se pose pas que pour Mayotte, en réalité, elle se pose pour tous les territoires d'outre mer.

Finalement, il me semble que le seul territoire où on a vraiment entrepris des choses pour essayer de gagner cette autonomie, comme par hasard, c'est la Canaki Nouvelle-Calédonie où il y a eu un plan justement parce que notamment le FLNKS a très vite perçu que une autonomie et une indépendance politique ne pouvait être viable que s'il y avait une autonomie et une indépendance économique. Et donc la question se pose pour tous les autres maes mais lorsqu'on pose la question quelque part, on a la réponse. La France n'a jamais véritablement rien entrepris pour que économiquement ces territoires soient autonomes.

On est encore et là je suis pas le seul à le dire loin de là. Énormément de chercheurs, que ça soit des économistes mais aussi des intellectuels le disent. On est encore dans des économies de comptoir dans les territoires d'outreem avec un lien complètement artificiel et et artificiellement maintenu par la France entre la métropole.

J'emploie le terme haïtien là même si c'est un terme que j'emploie jamais et les territoires d'autres mer. Et à Mayotte effectivement effectivement il y a cette question de l'autonomie agricole. Alors, visiblement, il y a un spécialiste dans la salle qui pourra mieux en parler, mais en fait les 50 % de la population qui sont étrangers et notamment parmi ces 50 %, on estime qu'il y en a 50 % qui sont en situation irrégulière.

Ceux qui gagnent 200 à 300 € par mois, c'est sûr qu'ils vont pas faire leur pousse au supermarché. Et eux, ils se nourrissent malgré tout. Et ils se nourrissent effectivement de riz de riz importé, mais ils se nourrissent aussi de tous les produits que l'on peut produire sur place en fait.

Mais au-delà de l'autonomie de euh Mayotte en matière agricole euh ou en matière aussi pissicole, au-delà de cette questionlà, moi j'ai j'élargis toujours la focale au Comor. En fait, il pourrait y avoir une autonomie économique, je en joint qui est à 70 km est une terre de production agricole très importante et en fait mais aujourd'hui, il n'y a pas de produits qui sont importés dans juin vers Mayotte parce que à Mayotte, il y a les normes européennes qui s'appliquent, que les produits que les produits notamment alimentaires qui viennent d'oin ne répondent pas à ces normes et donc il y a pas il y a pas ces ces échanges là, mais c'est complètement aberrent et donc on en est effectivement à importer tout un tas de produits qui viennent de Chine, du golf arabique ou de ou de France et qui coûtent très cher et qui font que les gens sont en colère parce qu'en plus comme dans les autres territoires d'outre mer, l'assimilation législative qui est aussi une assimilation culturelle a fait intégrer le fait que et là tout un tas de d'auteurs l'ont démontré de glissant à chamiseau et cetera et cetera ont démontré que cette assimilation passe par une quête d'assimilation en matière de consommation et que d'ailleurs moi c'est un syndicaliste de la CGT qui m'avait tenu ce discours, c'est le titre d'un de mes chapitres, il dit il prenait le droit à consommer du Camemberber, c'était une revendication. On a le droit de manger du camemberber.

Oui, sans se poser la question sur est-ce que quelque part c'est logique de manger du Camemberber ? Bon, il y a peut-être d'autres choses à consommer mais cit ça faisait partie de ces droits. On est français comme les autres français donc on doit pouvoir avoir le droit de consommer du camber.

On est dans une logique coloniale là très clairement et cette logique là on la retrouve pas qu'à Mayotte, on la retrouve dans quasiment tous les autres territoires d'outre mer. Merci beaucoup. Et bon, juste là-dessus, par ailleurs, pour moi, le le cyclone chido a empiré encore la situation parce que ça a détruit notamment les les bananeries, le manioc, enfin les champs de manioc et cetera. enfin, c'est-à-dire la base alimentaire locale et et franchement rien n'est fait, on le voit aujourd'hui, pour reconstruire, pour voilà pour faire en sorte que cette production parce qu'elle a été enfin je veux dire l'agro, il y a une agroforesterie énorme à Mayotte qui pourrait être le laboratoire de l'agroécologie en fait et rien n'est fait aujourd'hui pour reconstituer le potentiel de production agricole locale.

C'est ça qui est qui est terrible par exemple, c'est que Shido quelque part sert aussi dans ce cheval de 3 ou ce laboratoire Shido, c'est un peu la stratégie du choc de Naomi Clin quoi. C'est Shido va permettre encore davantage à mon avis de rendre dépendant Mayotte vis-à-vis de l'hexagone quoi. En tout cas, c'est comme ça queà mon avis va risque de se faire la la fameuse, entre guillemets reconstruction