Entretien avec Mathilde Hignet, députée d'Ille& Vilaine. - 01/2-
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- Mathilde HignetChiffre
« la circonscription, elle fait 59 communes. »
- Mathilde HignetFait
« comme j'ai été élu en 2022, réélu en 2024 »
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À la Cantorade, venez avec nous sur Radio Laser, prendre de la hauteur et du recul sur les interrogations multiples que nous et vous nous posons toutes et tous. Crédiquons, proposons, réfléchissons dans l'humour et le respect. Explorer pendant un mois, chaque semaine, un sujet pertinent avec toujours un invité expert.
Bonjour à toutes et à tous sur Radio Laser, à la Cantorade, avec André. Bonjour André. Bonjour camarade.
Tout va bien ? Eh bien, notre invitée est Madame la députée Mathilde Dignier, députée de la 4ème circonscription d'Ille-et-Vilaine. Bonjour Madame la députée.
Bonjour. Et donc, on va faire un petit tour d'horizon un peu de ce qu'est la vie des députés, la mission des députés. Je voudrais commencer par dire et citer une députée socialiste qui s'appelle Cécile Untermayer qui disait qu'il fallait repenser le rôle local du député et replacer le citoyen au cœur du processus démocratique. et elle propose dans une tribune au monde qui date déjà d'un an ou deux déjà, que l'on reconnaisse dans le droit, dans le droit, le rôle de l'élu de terrain des députés pour le moment, enfin on en parlera un peu, pour le moment insuffisamment mis en valeur.
Ce rapprochement, avec l'échelle locale, pourrait aider à surmonter la défiance qui s'est installée parmi les citoyens. Le constat, par exemple, d'une crise de représentation n'est pas nouveau, mais il s'accélère, comme on l'a constaté depuis plusieurs années. Les chiffres de l'abstention au cours des dernières élections présidentielles le montrent. 26% d'abstention au premier tour, 28% au second tour, selon les sondages de l'IFOP.
La défiance de la société civile à regard des gouvernants trouve en partie ses racines dans le fonctionnement actuel de nos institutions. Eh bien, le député est un représentant du peuple, détenteur de la souveraineté nationale. Il a un rôle national important et il est consacré par les articles 3 et 24 de la Constitution.
Ce dernier, cet avocat, ce député, excusez-moi, je ne sais pas pourquoi je suis en avocat là, c'est pas grave. Eh bien, il vote quoi ? Eh bien, il vote les lois, il contrôle l'action du gouvernement et il évalue les politiques publiques.
Et donc, c'est un élu. Et donc, cependant, il faut reconnaître par le droit des missions spécifiques du député sur le terrain, et ça on en parlera tout à l'heure. Et c'est d'élargir le champ de son action et nouer un lien fort concret entre la cohérence de la politique nationale et la vie locale.
Et c'est ce qu'on appelle aussi la notion de démocratie participative. Alors, on se posera peut-être en filigrame comment redonner confiance en son député, en son maire, en ses élus, aux citoyens, ce qui paraît assez essentiel. Et on va aborder tout cela.
Dans un premier temps, on parlera du chemin de vie de Mme la députée, des déclics qui ont fait ce qu'elle fait, effectivement. Et puis, de son vécu et de diverses problèmes que l'on abordera au cours de cet entretien. André a peut-être à compléter.
Oui, je vais juste avoir quelques compléments quand même. C'est-à-dire que le député, ce n'est pas uniquement une question relative au droit. Le droit comme constitution donne des règles.
Des règles de comportement, des règles de pratiques de citoyenneté, pratiques de prise de pouvoir et de se maintenir au pouvoir. Ça, c'est les règles. Mais le député, c'est autre chose.
Il doit être porteur d'une souveraineté qui, elle, peut être définie juridiquement. Mais le souverain étant le peuple, théoriquement, du moins depuis la Révolution française, le souverain étant le peuple, il faudrait savoir ce que c'est que le peuple. Alors, moi, ce que je vous propose, c'est qu'on, déjà, on demandera ce que tu viens de dire, Mme la députée.
Oui. Moi, ce que je propose, c'est qu'on fasse un peu connaissance. Quel est votre chemin de vie, Mme la députée ?
Qu'est-ce qui a fait que vous avez voulu participer à la vie de la société localement et aussi au niveau national ? Alors...
C'est toute une histoire. Oui. J'étais en train de me dire, je commence par quoi ?
Que vous voulez. C'est vous qui choisissez. Je vais commencer par là d'où je viens, où j'ai grandi.
Très bien, super. C'est important. Et puis, je vais refaire le fil un petit peu comme ça de mon parcours.
Oui. Moi, je suis originaire de la chapelle Bouessie. Ah bah oui, c'est pas vrai d'ici.
Voilà, c'est tout prêt. Et donc, mes parents sont agriculteurs en bio sur la chapelle. Et donc, moi, j'ai grandi dans une famille d'agriculteurs et d'agricultrices plutôt modestes, parce que mes parents ne roulaient pas sur l'or en tant qu'agriculteurs.
Et donc, j'ai beaucoup été sur la ferme. Et ensuite, j'ai grandi tous mes étés à la ferme. Parfois, on en rigole encore aujourd'hui, parce que parfois, on avait des mots dans notre carnet quand on allait à l'école.
Mathilde nous a aidé à planter les patates. Elle n'a pas pu faire ses devoirs. Et donc, j'ai toujours été attachée à l'agriculture et à l'activité de la ferme.
Et donc, en grandissant, je me suis dit que j'avais envie de m'installer aussi. J'avais envie de reprendre la ferme. Et donc, je suis partie faire des études agricoles au lycée agricole du Rheu.
Et puis, en parallèle du lycée, je suis rentrée au MRJC, au Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne, qui est un mouvement d'éducation populaire géré par des jeunes de 13 à 30 ans. Comme ça, c'est une envie ou ça a été suscité ? Eh bien, ça a été suscité par ma sœur aînée, qui en faisait...
Qui avait un modèle, quoi. Voilà, et puis, qui avait été engagée un petit peu au MRJC. Et puis, voilà, j'ai emboîté le pas de ma sœur.
J'ai commencé par faire des colonies de vacances l'été. Et puis, ensuite, j'ai pris des responsabilités au niveau local. J'avais une petite équipe avec des copines.
On menait des projets. Quel genre de projet, par exemple ? Eh bien, on avait participé à une course d'éco-carte.
Donc, un petit peu caisse à savon, quoi. Et donc, le projet, c'était de construire notre caisse à savon. Et puis...
Sans moteur. Voilà. Et puis, d'aller faire la course.
Ah oui. Voilà. En fait, l'idée, c'était vraiment de pouvoir, en tant que jeune lycéenne, de pouvoir mener un projet de A à Z.
Et puis, voilà, après, on a fait d'autres projets. On a organisé un voyage à vélo. Comment ?
Sur le long du canal de Nantes à Brest, où on était allé faire du woofing dans une ferme. C'est quoi, du woofing ? Eh bien, on allait aider sur la ferme.
Et en échange, on était nourris, logés, blanchis, quoi. D'accord. D'accord.
Voilà. Et puis, j'ai fait ce parcours-là au MRJC en tant que jeune, en équipe. Et puis, après, progressivement, j'ai pris des responsabilités, conseil d'administration départementale. où là, j'étais, j'avais, je ne sais pas, j'avais 16, 17 ans.
Et on était déjà dans une...
On nous formait avec l'animatrice qui nous accompagnait. On nous formait à suivre un budget, à faire des entretiens d'embauche pour les animateurs qui nous accompagnaient. Et donc, voilà.
C'était de l'éducation populaire, quoi. Et ça, c'est venu de vous aussi, cette progression ? Depuis l'enfance, finalement.
Ben oui, en fait...
C'est un chemin qui s'est fait tout de suite. Oui, assez naturellement, en fait, l'envie de s'engager pour les autres. Pour l'amélioration globale.
Voilà, c'est ça. Parce qu'en fait, l'intérêt aussi du MRJC, c'était de pouvoir aussi s'interroger sur la société dans laquelle on est. Pouvoir prendre du recul aussi.
À un moment, se dire, s'arrêter, observer. C'est les trois principes du MRJC et de la JAC avant. C'était voir, juger, agir.
Voir, on prend le temps...
Voir, juger, agir. Voilà. On prend le temps d'analyser la société dans laquelle on vit.
Et puis, on juge, voilà, on l'analyse, on constate. On fait les...
Et ensuite, on agit. Quel projet on peut mettre en place ? Quelle action on peut mettre en place pour essayer de faire changer les choses ?
Ah, vous faisiez ça parallèlement à vos études au RUE ? Oui, c'est ça. Je faisais ça le week-end, quoi, ou le soir pendant les vacances scolaires.
Oui. Quels étaient vos outils d'analyse ? Est-ce que vous aviez, je ne sais pas, moi, des modèles ?
Oui, alors, on avait...
En général, quand on faisait ce qu'on appelait des temps de relecture, ou des temps spirituels, en fait, pour certains...
Relecture de quoi ? Relecture de sa vie. Non, des temps de relecture de sa vie, plutôt, de son engagement.
Pourquoi ? Et donc, parfois, on prenait le temps...
Soit on se basait...
Parce que c'est un mouvement qui a un pied dans l'église et un pied dehors. Oui, ça, on l'a compris, bien sûr. Et donc, soit on se basait...
Et les deux pieds finissent dehors. Oui, oui, c'est ça. C'est l'histoire, ça.
Et donc, parfois, on pouvait se baser sur un texte biblique, mais pas nécessairement. Parfois, ça pouvait être plutôt sur quelque chose de plus philosophique, de plus...
Voilà, un poème, un chant. Et donc, l'idée, c'était de pouvoir aussi se dire comment ça résonne en moi, et qu'est-ce que ça me fait dire sur ma place dans la société, et sur la société dans son ensemble, et comment je peux aussi prendre ma place dans la société. Donc, vous aviez un animateur, quelqu'un qui vous encadrait ?
Oui, voilà, il y a des...
En fait, tous les animateurs...
Enfin, globalement, les animateurs au MRJC ont tous un parcours, ou MRJC, un parcours militant. Ils y sont passés, bien sûr. Voilà, donc ils ont été aussi formés grâce à l'éducation populaire.
Donc, il y a eu une continuité historique, là. Oui, voilà, c'est ça. Et en fait, moi, j'ai aussi, du coup, je suis devenue, à un moment donné, animatrice salariée du mouvement, donc en centre-Bretagne.
J'étais à Rostronin, j'ai fait ça pendant deux ans. Je connais bien. Voilà.
Et ensuite, je suis rentrée au conseil d'administration régional et ensuite au conseil d'administration national, où là, j'étais bénévole et je travaillais en binôme avec l'animateur national sur les questions agricoles. Et donc, moi, j'étais sans binôme sur les questions agricoles. Toujours en étant au lycée du Rheu ?
Non. Eh bien, alors, en quelle...
J'étais...
C'était quelle année ? Je pense que j'étais à la fac. Vous avez fait quoi ?
J'ai fait un an de fac. Alors, attendez. Vous avez, donc, au lycée du Rheu, vous avez passé le diplôme de...
J'ai fait un bac STAV. C'est-à-dire ? Science et technologie de l'agronomie et du vivant.
L'agronomie, donc vous avez fait un peu de biologie là-dessus ? Oui, voilà. C'est un bac techno.
Et puis...
Donc, j'avais pris option production animale. Toujours dans l'option de reprendre la ferme de votre papa et votre maman. Oui, c'est ça.
Toujours avec cette envie. Et puis, un moment, j'ai eu un...
Un moment dans ce parcours, à la fin du lycée, j'ai eu un peu un...
Un sentiment de...
Enfin, de...
Je me suis dit, je ne serais pas capable. Je ne serais pas capable de reprendre la ferme. Ah ouais, pourquoi ?
Ça m'a fait peur. Je me suis dit, je n'y arriverais pas. Et un peu un sentiment de...
Je ne sais pas de...
Vous avez goûté à autre chose aussi. Oui, et puis, je pense qu'on était aussi dans des...
Il y avait des gens...
Des agriculteurs autour de moi où ça n'allait pas fort dans leur ferme. Et je me suis dit, c'est vrai que c'est un métier difficile. En tant que femme, toute seule, est-ce que je serais capable ?
Et donc, je me suis dit, je vais partir sur autre chose. Et c'est là où je suis rentrée à la fac. Je suis rentrée...
J'ai fait un an de psycho, en fait. Un psycho. Je me suis dit, peut-être que si les agriculteurs ne vont pas bien, il faut les aider.
Je pourrais peut-être les aider. Je pourrais peut-être, voilà. Et donc, je suis partie là-dedans.
Et puis, de fil en aiguille, finalement, ça ne l'a pas fait. Et c'est là où je suis arrivée après la fac. C'est là où j'ai travaillé au MRJC en tant qu'animatrice.
Donc, c'était mon premier travail. J'avais 20 ans, 21. Et par contre, c'est à partir de cette expérience-là où je me suis dit, mais finalement, Mathilde, si tu es capable de faire des choses et d'avoir une ferme.
Et donc, après, j'ai mon parcours à...
Petite question. Qu'est-ce qui ne vous a pas plu à la fac, comme ça ? Qu'est-ce qui ne m'a pas plu à la fac ?
Eh bien, j'étais à Rennes. Rennes 2. Rennes 2, c'était Rennes 2.
Oui, Rennes 2. Et je suis passée d'un lycée...
Au cadré. J'ai adoré mes années lycée. Tandis qu'à la fac ?
Et à la fac, j'avais l'impression d'être lâchée dans le grand bain, avec plein de jeunes, et de ne plus savoir comment faire ou donner de la tête. Vous vous sentiez perdue un peu, quelque part ? Oui, je me sentais un peu perdue.
Puis la ferme me manquait, en fait. La continuité, il fallait continuer, quoi. Oui, c'est ça.
La ferme. Oui, mais alors, après, vous êtes revenue à la ferme, alors ? Pas tout de suite.
Pas tout de suite, oui. Je suis allée travailler. J'ai travaillé...
Ah oui, si ! En fait, ce qui m'a décidé à faire, à aller travailler au MRJC, c'est marrant, du coup, parce que je me rappelle deux choses, c'est que je faisais un travail saisonnier l'été, je travaillais chez un maraîcher, je ramassais les haricots, et puis, lui, c'est un ancien du MRJC aussi, et voilà, on en a discuté, et en fait, il m'a dit, mais si, vas-y, t'es capable. Mais en Ile-et-Vilaine, c'est vrai, c'était une époque, j'ai connu aussi, des gens de la ferme du côté de Pipriac, qui, effectivement, ont fréquenté les MRJC aussi.
Donc, en gros, la tradition catholique bretonne à travers le monde rural était toujours présente. Et elle l'est toujours, par d'autres moyens. La radio s'écoute aussi en local.
Radio Laser, sur le 95.9 FM et en date plus. Donc, le MRJC, animatrice MRJC, ça a duré un temps, peut-être deux, trois ans ?
Oui, deux ans, ça a duré deux ans. Et après, donc, l'évolution, c'était quoi ? Et après, j'ai repris une formation sur l'accueil, l'animation en milieu rural pour aussi faire multiplier les cordes à mon arc parce qu'au final, j'avais qu'un bac, qu'un bac agricole.
Et donc, l'idée, c'était de pouvoir multiplier, enfin, faire des formations. Donc là, c'était plutôt pour aller vers de l'accueil pédagogique sur la ferme. Sur la ferme de vos parents ?
Oui, en fait, j'ai fait une formation pour essayer de peaufiner un petit peu mon projet d'installation. Et donc, plutôt me former autour de l'accueil, l'accueil en milieu rural. Et à cette époque, quel était votre rapport avec les nouveaux outils qui commençaient à tomber sérieusement depuis longtemps, comme des tracteurs multi, je ne sais pas quoi, etc., etc.
Parce que c'est une période où ça bougeait beaucoup. Ben, qu'est-ce que...
Ah oui, si, une lutte qui m'a beaucoup portée et dans laquelle on s'était pas mal impliqués avec le MRJC, c'était la lutte contre la ferme des mille vaches. Ah oui, de l'Arzac. En Picardie.
Picardie. Oui, dans la Somme. Et donc là, on était...
En fait, il y avait un projet de ferme de mille vaches, d'usine de mille vaches, qui était porté par un patron du BTP. Et donc, il y a eu des grosses mobilisations, en fait, contre cette ferme-usine. Contre ce projet, oui.
Qui avait...
C'est pas si vieux que ça. C'est pas si vieux que ça, non. Et qui a vu le jour, cette ferme, il y avait 500 vaches.
Un peu plus de 500 vaches. Et donc, il y avait eu des grosses mobilisations à Amiens. Et je me rappelle, nous, avec l'UMRJC, on y était très impliqués.
Et je crois que ça, ça a aussi continué à forger mon opinion aussi sur quel modèle agricole j'avais envie. Et en l'occurrence, j'avais pas envie de voir pousser des fermes-usines partout. Les mille vaches, ça me fait penser au plateau des mille vaches aussi.
Oui, c'est vrai. Ce qui vous a tracassé à ce moment-là, pour ces fermes-usines, c'est par rapport au vécu du paysan, déjà, premièrement, et par rapport au vécu des animaux, c'est quoi ? Ben, c'était par rapport au...
à l'intérêt...
Enfin, on va dire, le paysan, dans tout ça, où est-ce qu'il est ? Dans une ferme où il y a mille vaches. Est-ce que, finalement, ce n'est pas plus un gestionnaire d'une usine qu'un paysan qui façonne le paysage ?
C'est quelqu'un qui n'est pas du pays, quoi. Ouais, ben...
Et puis, en l'occurrence, là, c'était le cas. Des fois, il n'est pas du pays, effectivement. Ben, le paysan, normalement, c'est quelqu'un du pays.
Oui, et qui a un impact sur le paysage. Et du coup...
Paysage. Voilà, donc, se poser cette question-là, et puis, de se dire, mais, finalement, mille vaches, combien de paysans on peut installer ? Avec mille vaches ?
Enfin, voilà, c'était...
C'est une forme d'industrialisation de l'agriculture. C'est dans la poursuite de ce qu'on disait tout à l'heure. Les nouveaux outils qui sont imposés et puis, plus ou moins surpuissants par rapport aux réalités, eh bien, imposent, effectivement, qu'on s'organise en usine.
Et donc, c'est du travail à la fois. Oui, c'est ça. C'est de l'industrialisation de l'agriculture.
Et, en fait, aujourd'hui, on vient reposer ces questions-là. Et là, c'est d'actualité avec le traité de libre-échange UE-Mercosur, dont les négociations viennent de s'arrêter, d'ailleurs. Et...
Enfin, les négociations...
Ça vient d'être acté, quoi. Je veux dire, ça...
Oui, parce que la...
Comment il s'appelle ? La présidente...
Ursula von der Leyen. Oui, c'est ça. Oui, c'est rendu à Honduras.
Non, pour Honduras. Uruguay. Uruguay.
Oui, aujourd'hui, je crois. Aujourd'hui. Et donc, voilà, là, en fait, ce qui se passe avec ce traité, c'est terrible, parce que tout...
Enfin, le monde agricole y est opposé. En fait, on vient vraiment avec ce traité opposer des modèles. Un modèle plutôt agriculture familiale en France.
Et au Brésil, par exemple, on va retrouver des fermes-usines avec des milliers de bêtes dans des parcs. Et donc, c'est bien ce modèle-là brésilien qu'on ne veut pas venir...
Et il y a aussi autre chose derrière ce Mercosur aussi. Et il y a le problème aussi de ce qu'on appelle les insecticides. En fait, tout ce qu'on met dans la nature et qui provoque un problème sérieux par rapport aux variations climatiques.
Vous aviez senti tout ça à venir déjà à ce moment-là, par rapport au plateau des Millevaches ? À l'usine des Millevaches ? Ben, disons que c'était une alerte.
C'était un premier signe, on va dire. C'était un premier signe de dire « Oula, si on voit ça arriver, déjà, quel avenir pour l'agriculture familiale ? » Et donc, c'est pour ça que c'était important de se mobiliser à cette époque-là.
Après, en réalité, aujourd'hui, il y a des très grandes fermes qui produisent des veaux, des grandes fermes céréalières. En France, il y en a beaucoup. Céréalier, il y en a pas mal.
Des grandes fermes avec des bovins ? Il y en a quelques-unes, je n'ai pas le chiffre exact en tête. Il y en a quelques-unes, en tout cas.
Pas comme au Brésil, en tout cas. Oui, c'est plutôt mille, voilà, je sais qu'il y a une ferme avec mille veaux. D'accord.
Mais...
Ok. Alors, c'est...
Ça a été un point de départ pour vous, pour votre engagement, on va dire, politique, vis-à-vis de la vie du monde agricole, local, et puis ensuite, plus loin ? Non ? Non ?
Ben, ça, ça a fait partie, oui, de mon engagement, ou en tout cas, de me dire qu'on ne peut pas laisser faire les choses sans porter une autre voix. Et donc, voilà, ça, ça a contribué aussi à ma façon...
Enfin, finalement, ça a aussi contribué à ma réflexion sur l'installation et sur comment est-ce que j'avais envie de m'installer à l'avenir, quoi. Et donc, vous avez commencé à envisager à vous installer, effectivement, ou pas ? Oui, mais oui.
En fait, je suis allée travailler sur la ferme. Après, j'ai été ouvrière agricole sur la ferme. La ferme de vos parents ?
De mes parents, oui. Et voilà, et donc, j'ai eu...
Tout en étant impliquée au niveau du mouvement, de toute façon...
Oui, après, je me suis un petit peu éloignée parce que je commençais à avoir fait un bout de chemin. J'y ai été pendant une dizaine d'années. Et puis, j'avais...
Enfin, il fallait aussi laisser la place à d'autres jeunes. Pas mal. Et donc, je me suis un petit peu éloignée.
Puis, j'ai fait d'autres choses. J'ai aussi profité, on va dire, de ne pas être installée et d'avoir un petit peu de liberté encore pour pouvoir voyager. Donc, je suis allée travailler à Mayotte.
Ah ouais ! Sympa ! Oui !
C'est pas la porte à côté. Non, c'est pas la porte à côté. Ça vous a plu ?
Pour des raisons familiales aussi. Ça vous a plu ? Oui, ça m'a plu.
Vous avez de la famille à Mayotte ? En fait, j'ai suivi mon compagnon. Ah oui !
Qui fait le même...
Qui est à la ferme aussi ? Lui travaille dans l'agriculture aussi, mais pas...
Technicien. Oui, plutôt. Oui, bon.
Il en faut. Il faut des techniques dans l'agriculture. C'est sûr, c'est important.
C'est l'humanité, la technique aussi. Alors, comment vous avez vécu l'agriculture à Mayotte ? Là, pour le coup, je n'étais plus trop dans l'agriculture.
Ah, d'accord. Mais néanmoins, je suis restée en contact avec des agriculteurs là-bas. Et en fait, l'agriculture là-bas, il y a eu par exemple un impact sur la vanille ou sur l'ilanguilang.
Donc, l'ilanguilang, c'est une fleur dont on extrait l'essence et qui est une base pour la parfumerie. Et en fait, au moment où Mayotte est devenu français, enfin, département français, eh bien, forcément, le prix, enfin, du coup, les prix ont augmenté. C'est aligné, enfin, même si le SMIC là-bas est encore inférieur au SMIC en hexagone.
Mais du coup, comme les prix ont augmenté, eh bien, ils ont perdu des marchés parce que les parfumeurs sont allés chercher du...
C'est classique, ça. des naissances de l'ilanguilang à Madagascar à côté où c'était moins cher. Bien sûr.
Et donc, ça a aussi détruit des filières là-bas, des filières agricoles. Et donc, aujourd'hui, voilà, il faut aussi reconstruire certaines filières. Mais...
Donc, c'est assez intéressant. C'était vraiment intéressant. C'était une bonne expérience aussi.
Oui, oui, tout à fait. Et puis, un constat sur le terrain également. Oui.
Alors, après, vous êtes revenue. Oui, je suis revenue. Et puis, quand je suis revenue, les élections législatives arrivaient.
Et donc là, on vous a repéré comment ça s'est passé. En fait, ça s'est passé, je me suis dit, bon, je reviens au bon moment. On va pouvoir faire du chose, faire campagne pour le candidat ou la candidate qui est au législatif.
Donc, je connaissais le candidat Marc Martin qui, lui, était candidat en 2017, qui était candidat titulaire. Et puis, je l'avais appelé en lui demandant, alors, besoin d'un coup de main, tu repars. C'était déjà LFI à l'époque ?
Oui. Oui, c'était LFI déjà. D'accord.
Déjà. Ce n'est pas le même LFI d'ailleurs. Il a évolué historiquement comme tous les partis politiques.
Tout le parti évolue. Tous les partis évoluent. Ah oui, du coup, c'est toujours LFI mais qui, après, rentre dans une union aussi de la gauche.
Voilà, c'est une évolution. Oui, bien sûr. Et donc, j'avais appelé Marc Martin pour lui dire, nous, moi, je suis prête à faire campagne si tu...
Pour te donner un coup de main. Pour te donner un coup de main. Et puis, il m'a dit, moi, j'ai d'autres projets, je ne veux pas me présenter en tant que titulaire mais je veux bien être suppléant.
Et donc, on cherche une femme et au fil de la discussion, en fait...
Voilà comment les choses se passent. Je lui ai dit, écoute, pourquoi pas ? Ok, on peut faire un binôme.
Et donc, voilà, je suis partie. Alors, vous saviez qu'en faisant ça, pas que...
Somme députée, c'est 5 ans, vous allez moins pouvoir vous engager dans la ferme. Vous vous traciez déjà...
Oui, bah du coup, je travaille...
En revenant de mon voyage, je suis retournée travailler à la ferme. Et puis, et puis, j'étais enceinte aussi, je savais que j'étais enceinte. Mais ça, c'est un autre...
C'est bien, c'est beau, ça fait partie de la vie. Donc, en fait, à la base, quand je me suis engagée, je me suis dit, au pire, on fera une belle campagne. Je m'étais pas dit...
Je savais que par rapport aux résultats de 2017, il fallait vraiment faire une très très belle campagne pour réussir à être élu. Mais comme après les présidentielles, il y a eu l'union de la gauche, bah du coup, ça a rebattu les cartes. Et donc, là, ça m'a donné plus de chance pour gagner.
Et donc, du coup, on a gagné en 2022. Et donc, là, je me suis retrouvée députée. Et en fait, tout était nouveau pour moi parce que, moi, ma seule expérience en politique au sens où on peut l'entendre avec des élections, c'était au dernier municipal où je m'étais engagée pendant la campagne avec une liste participative sur Val d'Anast.
Et donc, ça, c'était une expérience que j'avais vécue, voilà, très locale. Et donc, là, je deviens députée. Ça change de dimension.
Et donc, quand j'arrive à l'Assemblée nationale, je prends conscience du poids et de la responsabilité que j'ai sur les épaules et de l'enjeu de mener le mieux possible mon mandat avec une conscience quand même qu'il y a énormément d'abstention à ces élections-là comme les dernières. C'est un problème sérieux. Remarquez, si tu regardes à Athènes, Vème siècle avant Jésus-Christ, c'était un peu la même chose.
Parce qu'on présente ça comme modèle de démocratie à Athènes, mais pour aller chercher les électeurs, parfois, ils étaient obligés de se promener, enfin, pour faire l'Assemblée générale, se promener dans la ville avec des cordons et les esclaves. Et puis, ça touchait les mollets parce qu'ils avaient des jupettes à l'époque. Et donc, ceux qui avaient les mollets teintés étaient obligés d'y aller.
C'est un peu le même problème. À partir d'un enregistrement donné, beaucoup de populations se désintéressent de la vie en société. Alors, est-ce que, finalement, est-ce que ça vous plaît ?
Est-ce que ça vous a plu tout de suite ? Est-ce que ça vous plaît toujours ? Est-ce que ça correspond à vos valeurs ?
À la continuité de ce que vous faisiez avant quand vous étiez animatrice, par exemple ? Est-ce que ça vous plaît ? Voilà.
En fait, j'ai quand même l'impression qu'effectivement, on donne la couleur de son mandat de député par rapport à la personne...
Comment dire ? La personnalité. Oui, par rapport à sa personnalité et à son parcours.
Et donc, moi, j'ai décidé que la façon dont je mènerais mon mandat de député, ce serait dans la continuité de mon parcours. C'est-à-dire...
Dans la continuité, tout à fait. Oui, en se disant un pied à l'Assemblée, un pied sur le terrain, en faisant le plus possible de retours aux gens sur ce qui se passe à l'Assemblée parce que, du coup, je parlais d'abstention et en fait, je pense qu'une des raisons de l'abstention, c'est qu'il y a une déconnexion ou en tout cas entre...
Un manque de dialogue. Et un manque...
Voilà, ou en tout cas une méconnaissance, une perte de confiance entre les représentants politiques et les élus et le peuple et les citoyens et les citoyennes. Et du coup...
Comment vous faites, alors ? Vous faites des réunions, vous induisez des réunions, mais il faut que les citoyens y viennent. Il faut convoquer d'une certaine manière ou trouver l'occasion.
Comment vous suscitez qu'ils viennent ? Par exemple, le dernier événement en date que j'ai fait, c'est un café-débat dans un café, dans un bar type bar PMU. Et en fait, ce café-débat, on a choisi d'aller le faire à la rencontre des gens.
C'est-à-dire, il y a des gens, ils ont vu l'info, ils sont venus pour ça, pour écouter ce café-débat qui était sur l'évasion fiscale. Mais il y a des gens qui, eux, étaient au bar pour boire un coup. C'était là comme ça, oui.
Mais du coup, comme nous, on était là, ils ont entendu aussi ce qu'ils disaient. Et donc, ils ont pris part à la discussion. Et donc, je pense que c'est aussi notre rôle, c'est de ne pas uniquement attendre que les gens viennent nous voir, c'est aussi d'aller vers...
Vous allez vers les gens. Vers les lieux où sont les gens. En tout cas, vers les lieux.
Effectivement, c'est un peu le problème à l'heure actuelle, si j'ose dire, par rapport à une certaine époque, qu'on pense que dans beaucoup de régions, dans beaucoup même de villages ou de bourgs, il y avait autant de bars qu'il y avait de commerces. Oui. Donc, il y avait beaucoup de lieux où les gens pouvaient discuter.
T'as vu qu'aujourd'hui, quand il n'y a que simplement l'idée d'acheter quelque chose et encore, quand il y a des commerces à proximité, on ne discute plus avec personne, sauf les voisins éventuels. C'est-à-dire les plus proches. Et les plus proches, ce n'est pas l'opinion.
Donc, c'est la première fois où vous faites un café-débat ou vous en faites plusieurs régulièrement, tous les mois ? Comment ça se passe ? Alors, sur le mandat précédent, parce que du coup, comme j'ai été élu en 2022, réélu en 2024, je ne sais pas si on aura le temps de parler de tout ça.
Non, à mon avis, ça va être dur, mais on pourra refaire une autre fois. Et en tout cas, sur le mandat précédent, effectivement, j'avais aussi organisé des assemblées populaires, participatives. L'idée, c'était de pouvoir échanger sur l'actualité et sur la façon dont les gens, ils avaient envie aussi que moi, je m'aide mon mandat.
Donc là, il y a eu un café-débat, il y en aura d'autres dans l'année. Toujours au même endroit ? Non, j'essaye de tourner.
Du coup, la circonscription, elle fait 59 communes. Oui, quand même, il faut choisir. J'essaye de tourner.
Ce qui répond aussi à cette attente des gens de connaître leurs députés. Physiquement. Voilà, c'est ça.
Après, je sais, je ne peux pas être partout. J'essaye d'équilibrer entre le temps à l'Assemblée, le temps sur le terrain et la vie de famille. Et donc, ce n'est pas toujours simple d'être partout.
Le sommeil qu'en pâtit. Oui aussi, mais bon. Et donc, être sur le terrain, pour moi, ça ne veut pas dire uniquement couper des rubans, par exemple.
C'est aussi...
Inaugurer des...
J'allais dire des chrysanthèmes. Par la racine. C'est important d'y aller parce qu'on rencontre des élus.
Et donc, c'est important d'y aller. Mais je pense qu'il ne faut pas se contenter uniquement de ça. Il faut aussi organiser des choses qui sont pour...
Les électeurs. Pour les électeurs, mais pas uniquement les électeurs, pour les gens, tout simplement. Mais il faudrait même aller voir ceux qui ne votent pas pour vous.
Ben oui, et en fait, c'est tout l'intérêt des Café Débat, en fait. C'est ça, le dialogue. C'est qu'on se retrouve avec des gens qui...
Si on avait fait cette même réunion dans la salle polyvalente à Dakoté, ils ne seraient jamais venus. Alors que là, ils ont...
Là où sont les gens. Il ne faut pas les faire venir. Dans leur lieu de vie, vous êtes...
C'est ça. Cependant, il y a un inconvénient...
Un inconvénient. Non. Oui, un inconvénient technique, c'est que dans les cafés, tout le monde n'y va pas.
N'y va pas, c'est ça. C'est un peu...
Mais bon. On peut faire ça dans la rue aussi. Mais c'est froid.
On peut faire ça dans une galerie commerciale aussi, sur un parking où tout le monde va avec sa voiture. Ah oui, mais justement, ils restent dans leur voiture, c'est le cinéma. Ils sont bien obligés de sortir.
Après, il y a d'autres moyens d'aller à la rencontre des gens. Il y a le porte-à-porte où j'en ai fait un petit peu là aussi, avant le changement d'heure. J'ai fait un peu de porte-à-porte pour échanger avec les gens.
Vous arrivez ou débarquez chez les gens comme ça ? Je vais...
Alors, en général, quand j'ai fait du porte-à-porte, j'allais dans la commune. En fait, je fais des permanences mobiles depuis 2022. En fait, j'essaye de faire une permanence dans chaque commune.
Et donc, je vais sur place, je rencontre les élus d'abord et ensuite, les gens viennent avec ou sans rendez-vous. Et voilà, on échange. Soit c'est pour me rencontrer, soit c'est pour me parler d'un sujet, d'une problématique qu'ils rencontrent.
Et donc là, j'essaye de leur trouver soit de les réorienter vers quelqu'un qui est plus à même d'y répondre, soit j'essaye de les aider ou parfois, c'est des témoignages qui nourrissent aussi mon travail parlementaire. Quand les gens me parlent de leur retraite, quand ils me disent moi, j'ai fait un travail difficile et je ne me sens pas de travailler jusqu'à 64 ans. Bon, ben voilà, ça me donne aussi des arguments pour défendre la brogation de la réforme des retraites à 64 ans.
Alors, comment vous pouvez expliquer que certains boudent les urnes ? Ce manque de confiance, il y en a qui ne font pas ce que vous faites ou quoi, je ne sais pas. Ou est-ce qu'il faut faire mieux ou ils ne font pas assez ?
À votre avis, pourquoi les gens finalement se disent qu'ils ne sont pas près de notre vie, ils ne s'intéressent pas à notre vie, ils s'intéressent à leur vie mais pas à la nôtre ? Vous savez ce que je veux dire ? Bernard, si on réfléchit, beaucoup de gens sont tournés vers eux.
L'individualisme est très fortement développé. D'accord, on sait bien qu'on est...
La solidarité dans les fermes, on ne la trouve pas forcément dans les quartiers. Oui, mais je pense que c'est aussi les choix politiques qui ont mené à cet individualisme. Pas exclusivement.
Pas exclusivement, mais en tout cas, ça y a contribué, ça n'a pas aidé. Mais par exemple, pour revenir sur l'histoire de la confiance et de pourquoi est-ce qu'il y a des gens qui s'éloignent des urnes, là, on parlait des retraites. Typiquement, le fait que la réforme des retraites ait été imposée par A49-3 contre l'avis d'une majorité de la population, que les gens se sont mobilisés par millions dans la rue pour s'y opposer, cette loi, elle est imposée.
Comment est-ce que on peut dire aux gens...
On vous écoute et on impose. On vous écoute, mais on impose. Mais on impose.
Comment...
En fait, ça, ça contribue à faire perdre confiance dans les élus, en fait. Et donc, je pense que ça, c'est vraiment un exemple caractéristique quand même. Et un autre...
Enfin, si je prends l'exemple de cette année sur les élections législatives anticipées où on a l'union de la gauche, le nouveau Front Populaire qui arrive en tête et qui, du coup, devrait être nommé au gouvernement, le président fait un autre choix. Ça aussi, ça contribue ? Même, ça n'aurait pas marché, au moins, à donner la possibilité de le faire.
Mais il y a aussi le...
Enfin, il y a les règles du jeu, si j'ose dire, qui ne sont pas favorables. Parce que la double légitimité de côté des règles du jeu de la Constitution, d'accord. Elles ne sont pas favorables à ce genre de choses puisque, à la limite, constitutionnellement, c'est le président qui nomme.
Il nomme qui veut. Il n'est même pas obligé de prendre sur le terrain politique. Oui, mais enfin, il doit tenir compte des circonstances du moment.
Ça, c'est la responsabilité morale, mais ce n'est pas la responsabilité juridique. C'est pour ça qu'il faut se méfier des fois aussi des textes juridiques. Parce que...
C'est d'ailleurs pour ça que nous, à la France Insoumise, on plaide pour une sixième république parce qu'on voit bien qu'on arrive au bout du fonctionnement de la cinquième république. Ce serait quoi pour vous, une sixième république ? La sixième république, en fait, l'idée, c'est que le président de la république, il convoque un référendum qui demande aux Français s'ils souhaitent refonder la cinquième république.
Et donc, il y aurait une assemblée constituante qui serait formée pour rédiger une nouvelle constitution en rapport avec ce que souhaite le peuple, avec l'ensemble du peuple. En fait, l'assemblée constituante, elle, elle se forme par une élection proportionnelle et un tirage au sort. D'accord.
Et donc, deux gens dans la population. Et dans cette assemblée constituante, par exemple, est-ce que les sénateurs seraient partie prenante ou est-ce que serait une création ex-toute ? En fait, l'assemblée constituante...
Est-ce que la cinquième république ne peut pas autoriser ça pour l'instant ? En fait, il faudrait un référendum. Ben oui.
Non, il faut un référendum. Un référendum préalable. Voilà.
Oui, à l'assemblée constituante. Et donc, cette assemblée constituante, du coup, elle serait vraiment composée de gens du peuple, de citoyens, de citoyennes, tirés au sort. Et donc, c'est eux qui rédigeraient une constitution qui serait...
Ben... qui serait...
Plus démocratique. Oui, en tout cas, qui répondrait le plus aux aspirations du peuple. Comment rédiger ?
Il faudrait combien ? 10 000 personnes pour rédiger ? Il y aurait des personnes qui seraient déléguées à rédiger ?
Comment ça se passerait ? Alors là, il faudrait qu'on fasse une autre émission sur la 6ème République. On va le faire.
Oui, ben oui, parce que...
On retient. On retient. On retient, Madame la députée.
On vous remercie beaucoup et à bientôt. A bientôt. Au revoir.
Bonsoir à toutes et à tous.
Mathilde Hignet