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ChroniqueSébastien Gobert· 23 octobre 2025 11 minAutoproduitActualité / polémiqueDéfenseÉconomie & entreprisesEurope & internationalInstitutions & élections

Sanctions US & UE: une avalanche de nouvelles qui changent la donne pour l'Ukraine et la Russie?

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Chapitres

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Sébastien GobertFait
    « Donald Trump a officiellement annulé la rencontre avec Vladimir Poutine à Budapest, tout simplement parce que il avait la sensation que ça n'allait déboucher sur rien. »
  • 0:45Sébastien GobertFait
    « son administration a aussi décidé des premières sanctions américaines contre la Russie depuis son retour au pouvoir. »

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Avec Donald Trump, on s'est habitué à n'être plus habitué à rien et là-dessus, il nous déçoit rarement comme cette fois-ci où il vient tout juste de décider des premières sanctions de son administration contre la Russie depuis son retour à la Maison Blanche le 20 janvier. Et ça c'est une nouvelle majeure qui intervient donc 275 jours après son retour au pouvoir. Mais ça n'est pas tout.

Alors faisons ensemble un petit tour d'horizon. Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette nouvelle vidéo qui n'est pas dédiée à un thème particulier mais dans laquelle j'aimerais plutôt égrainer toute une série de nouvelles qui nous sont parvenues ces dernières 24 heures, 36 heures tout au plus et qui mis bout à bout sont autant de marqueurs de changement en faveur de l'Ukraine. Alors tout d'abord, je commence avec quelque chose de très local mais de très important.

C'est la centrale nucléaire de Zaporigia occupée par les Russes qui retrouve l'électricité aujourd'hui 23 octobre. Ça c'est ce qu'a annoncé le ministère ukrainien de l'énergie. J'en avais fait une de mes dernières vidéos.

C'était une panne qui durait depuis le 23 septembre et qui n'a pu être réparé que grâce à une trêve inédite entre les Ukrainiens et les Russes qui a tenu. Bon ensuite on passe au niveau macro. Évidemment, vous avez tous vu que Donald Trump a officiellement annulé la rencontre avec Vladimir Poutine à Budapest, tout simplement parce que il avait la sensation que ça n'allait déboucher sur rien.

Et dans la foulée, son administration a aussi décidé des premières sanctions américaines contre la Russie depuis son retour au pouvoir. Donc là, en l'occurrence, ce sont des sociétés qui touchent deux compagnies énergétiques, principalement pétrolières, Lil et Rosneft qui sont des très gros contributeur au budget russe. Et non seulement elles sont visées par les sanctions, mais beaucoup de sociétés qui leur sont liées, que ce soit des raffineries, des mines, des centres de recherche ou de logistique.

Tous leurs actifs aux États-Unis sont saisis, leurs comptes en banque sont gelés et ces sanctions s'étendent à tous ceux qui voudraient faire des transactions avec Rosneft et Lyle qui tomberaiit automatiquement sous le coût de sanctions secondaires. Avec ces sanctions, on ne touche que deux acteurs économiques russes. On est très loin des sanctions généralisées ou encore des droits de douane à hauteur de 500 % qui étaient annoncés dans un projet de loi porté par une majorité de sénateurs. compte tenu de la puissance américaine à l'échelle planétaire, c'est évidemment déterminant et on voit d'ors et déjà l'Inde qui est prête à céder à ne plus acheter de pétrole russe pour ne pas tomber sous le coût de sanction secondaires.

Et la semaine prochaine en Corée du Sud, Donald Trump voudrait rencontrer Xijingping. On va voir si effectivement cette rencontre là a lieu. Et il y a beaucoup de sujets à aborder mais le président américain aimerait parler des achats d'hydrocarbure russe par la Chine.

Dans le même temps, aux États-Unis, un comité parlementaire a enregistré hier trois projets de loi. L'un qui s'intitule stop en lettre capitale la Russie et la Chine. Le deuxième qui prévoit l'amélioration du mécanisme d'utilisation des avoirs russes gelés au profit de l'Ukraine.

Et le troisème projet de loi porte sur la reconnaissance de la Fédération de Russie comme un état sponsor du terrorisme. ici vraiment j'essaie de passer vite, je n'entre pas dans les détails de ces projets de loi, mais le simple fait que un comité parlementaire les ait enregistré et que maintenant ils sont susceptibles d'être soumis au vote par le Congrès, ça montre à quel point l'administration Trump a changé de fusil d'épaule parce que comme on sait, Donald Trump a une influence extrême sur le parti républicain qui détient la majorité dans les deux chambres. Alors, changer de fusil d'épaule, est-ce que ça veut dire un revirement radical ?

Est-ce que Donald Trump veut désormais que l'Ukraine gagne cette guerre, que la Russie la perde ? Ça, il me semble qu'on est vraiment très très loin de pouvoir faire ce genre d'affirmation puisque comme j'ai dit, Donald Trump a habitué à ne plus nous habituer à rien. Moi ce que je pense, c'est que c'est d'abord et avant tout l'application de son propre principe, de la paix par la force qu'il a appliqué dans d'autres dossiers et que maintenant il s'est décidé à appliquer vis-à-vis de la Russie.

Mais même ça évidemment ne règle rien puisque la paix par la force, on sait que quand Donald Trump parle de paix, que ce soit dans ce dossier ou dans d'autres, ça n'est pas exactement la paix. En tous les cas, à l'heure actuelle, ce qu'on peut dire c'est que le simple fait que ces sanctions aient été adoptées et ces projets de loi enregistrés, ça crée un précédent dans la présidence de Donald Trump et dans ses relations avec Vladimir Poutine. On pourrait presque dire que la bromance, donc la romance entre des bros, entre des frères, elle a vraiment du plomb dans l'air.

Est-ce que ça va durer ? Est-ce que ça va avoir des effets ? Est-ce qu'il va y avoir un suivi de l'administration Trump ?

Ça, ce sont encore beaucoup de questions, mais en tous les cas, à l'heure actuelle, ce sont des signaux évidemment très positif pour l'Ukraine. Encore un détail concernant les annonces qui nous sont venues de Washington ces dernières heures. Les Tom Hawk, Donald Trump a expliqué avec force détail pourquoi est-ce que il ne livrerait pas de Tom Haw.

Pour lui, c'est juste trop compliqué et les Ukrainiens sont juste trop stupides pour apprendre à les manier. Ça, c'est vraiment pas très important. Comme j'avais dit dans une précédente vidéo, la question des tomaw ce n'est pas tellement que les Ukrainiens en ont vraiment besoin, mais c'est qu'il était important pour eux d'entretenir cette discussion pour garder l'attention de Donald Trump et de son administration.

Et visiblement, ça a payé. Alors, on franchit l'Atlantique pour continuer cette liste de nouvelles. Volodimir Zelenski était hier en Suède et il a signé ce qu'on peut appeler un mémorandum de coopération.

En tout cas, la phase initiale d'un contrat d'achat de chasseur suédois Gripen qui pourrait être, s'il se concrétise, assez volumineux puisque on parle d'entre 100 et 150 appareils qui pourraient être livrés sur plusieurs années. Donc les livraisons pourraient commencer dans 3 ans et s'étaller jusqu'en 2040. Et ça ça n'est évidemment pas quelque chose qui peut aider l'Ukraine à gagner cette guerre, mais ça s'inscrit vraiment dans ce concept de garantie de sécurité européenne à moyen et à long terme.

Bon, évidemment, maintenant que je suis repassé sur le continent européen, ça nous amène à l'actualité européenne du jour, le sommet européen de Bruxelles du 23 et du 24 octobre qui va donc actter de l'adoption d'un 19e paquet de sanctions contre la Russie, qui porte notamment sur un durcissement des restrictions vis-à-vis de la flotte fantôme. Donc il y a 117 bateaux qui sont ajoutés à cette liste de la flotte fantôme et les États européens après le précédent français ont plus de latitude pour aller contrôler des bateaux qui figurent sur cette liste de la flotte fantôme. On parle aussi de sanction sur l'usage des cryptoonnaies pour tous les citoyens russes ou de restrictions au mouvement dans les spa Schengen pour les diplomates russes.

Très important, ce 19e paquet de sanctions met aussi en place des sanctions secondaires vis-à-vis de banques au Kazakhstan ou au Belarus, mais aussi à l'encontre de quatre sociétés qui sont liées au complexe pétrolier chinois. Sur l'aspect énergétique, ce 19e paquet de sanction prévoit une interdiction européenne d'importer du gaz naturel liquéfié, du GNL, à partir du 1er janvier 2028 avec des dates d'arrêt qui sont différenciées en fonction des types de contrat, qu'ils soient de court terme ou de long terme. Et évidemment, on peut s'étonner du fait que ça va prendre 2 ans et demi pour mettre un terme aux importations de GNL russe en Europe.

Et en plus de ça, il faut rappeler que ce calendrier européen n'a été accéléré que sous pression américaine. Mais en tous les cas, ça grave dans le marbre cet arrêt des importation de GNL russe, ce qui constitue depuis 2022 une incohérence de la politique européenne puisque rappelons-le, les Européens ont dépensé plus depuis 2022 pour acheter des hydrocarbures russes, donc du GNL, du gaz naturel, mais aussi du pétrole que pour aider l'Ukraine financièrement et militairement. Cette décision européenne, elle vise évidemment le GNL, mais les importateurs de pétrole russe, à savoir la Hongrie et la Slovaquie, se retrouve aussi bien embêté par les sanctions sur Lcoinil et Rossneft puisque elles aussi sont susceptibles désormais de tomber sous le coût de sanction secondaire.

Et donc là, on voit que sur l'espace de 24 36 he, il y a vraiment eu une tectonique des plaques sur la question des approvisionnements énergétiques européen et sur la question et ça c'est centrale, des rentrées budgétaires pour la Russie en guerre contre l'Ukraine. Bon, évidemment après ça pose beaucoup de questions puisque on voit les intérêts américains qui sont évidents pour fournir à l'Europe du GNL mais aussi du pétrole, pourquoi pas ? Et donc, il faudra suivre de très près comment les Européens s'aménagent des alternatives et est-ce que ces alternatives sont avantageuses.

Mais en tous les cas, dans le contexte de la guerre russe contre l'Ukraine, les Européens ont été poussés à prendre ces décisions et à rétablir un semblant de cohérence dans leur politique vis-à-vis de la Russie. Et puis je termine cette liste et cette vidéo avec donc cette nouvelle qui n'en est pas encore une mais qui va vraiment être au centre apparemment de ce sommet européen du 23 et du 24 octobre à Bruxelles. C'est la discussion sur la conversion des fonds russes gelés en un espèce de fond d'emprunt qui serait ouvert à l'Ukraine.

On parle de 140 milliards d'euros qui sont actuellement gelés dans plusieurs juridictions européennes auxquelles on rajouterait plusieurs sommes. Ça c'est encore très technique et pas encore décidé, mais on arriverait à environ 175 milliards d'euros qui pourraient constituer donc un fond d'emprunt dans lequel pourrait puiser l'Ukraine et en fait elle ne rembourserait cet argent que si à un moment donné la Russie lui paye des réparations de guerre. Et donc c'est une espèce d'astuce juridique pour s'approprier ces actifs russes gelés sans se les approprier.

Et ça c'est encore un changement qui a été accéléré à cause de la pression américaine et notamment à cause du fait que les Américains ne payent plus pour l'Ukraine. Et les Européens qui sont eux-mêmes en manque d'argent ont finalement pris la décision de faire quelque chose de cet argent qui était immobilisé dans plusieurs juridictions européennes tout simplement parce que ils se retrouvent maintenant presque les seuls à payer pour l'Ukraine. J'avais prévu de faire une vidéo dédiée à cette question très spécifique, mais j'attendais que effectivement ça soit décidé puisque il y a encore pas mal de questions à régler.

Il y a des inquiétudes du côté belge, il y a aussi des inquiétudes du côté ukrainien pour savoir si l'Ukraine aura le droit de décider comment utiliser ces fonds qu'elle va emprunter. Tout ça n'est pas encore décidé, mais ces dernières semaines, on a compris que ça allait se décider à un moment donné, tout simplement parce que les Européens ne peuvent pas continuer à payer tout seul. Donc voilà, comme vous le voyez, ça fait vraiment un sacré paquet de nouvelles qui ne sont pas forcément toutes liées entre elles.

Avec Donald Trump, il ne faut s'habituer à rien, il ne faut être sûr de rien et avec l'Union européenne, il ne faut jamais s'attendre à un grand soir. C'est toujours un processus lent, complexe et technique. Mais en tous les cas, on voit que d'un côté ou de l'autre de l'Atlantique, avec leur logique ou leur manque de logique qui leur sont propres, et bien on voit que ça bouge.

Évidemment, on va continuer à suivre tout ça. pour l'heure. Je vous remercie d'avoir regardé cette vidéo jusqu'au bout.