Lycées : «Jean-Luc Mélenchon prépare l'élection et l'insurrection», prévient Dominique Reynié
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:26OuverteÉludée
Est-ce qu'on est encore devant un mouvement lycéen classique ?
- 2:45OuverteRéponse directe
Le parallèle avec l'électorat musulman est-il intéressant ?
- 4:37OuverteRéponse directe
Certains disent que Mélenchon est sous-estimé ou surestimé par les sondages, qu'en pensez-vous ?
- 6:08OuverteRéponse directe
Quels sont les effets produits dans le reste de l'opinion par cette stratégie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:36Invité politiqueFait
« ce qui affecte la nature de ce mouvement, c'est sa proximité avec l'élection présidentielle. »
- 0:49Invité politiqueFait
« le rôle du LFI ne fait aucun doute. »
- 1:17Invité politiqueFait
« ça fait partie de la stratégie de Jean-Luc Mélenchon. »
- 1:20Invité politiqueFait
« Il suffit de reprendre ses discours, il y a encore ces jours-ci, il le dit, c'est ce qu'il dit. »
- 1:32Invité politiqueFait
« Jean-Luc Mélenchon prépare en plus l'insurrection. »
- 2:04Invité politiqueChiffre
« 72% de nos compatriotes musulmans sont prêts à voter pour lui. »
- 2:26Invité politiqueChiffre
« 42% des 18-24 ans se sont abstenus en 2022 au premier tour. »
- 5:14Invité politiqueFait
« Mathilde Panot, Bali Bagayoko, ont explicitement remis en cause la victoire du Rassemblement national de Marine Le Pen. »
- 5:57Invité politiqueFait
« Il condamne la violence parce qu'elle nuit à nos objectifs. »
Temps de parole
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- ?2 %
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7h, 9h, Europe 1 Matin. 7h11 sur Europe 1, Dimitri Pavlenko, vous recevez ce matin le professeur à Sciences Po et directeur général de la Fondapol, Dominique Régnier. Bonjour Dominique Régnier. Bonjour Dimitri Pavlenko. Bienvenue sur Europe 1, jour après jour, depuis lundi, on voit cette crise lycéenne s'aggraver, s'amplifier, se multiplier. Je disais, le bilan a plus que triplé dans la journée d'hier par rapport à la veille, alors qu'il avait déjà triplé par rapport à la journée de mardi. Première question, elle est toute rhétorique, Est-ce qu'on est encore devant un mouvement lycéen classique, Dominique Régnier
?
Bon,
je
dirais principalement, je dirais non. D'abord, ce qui affecte la nature de ce mouvement, c'est sa proximité avec l'élection présidentielle. Et donc, c'est un mouvement qui prend place dans une mobilisation électorale.
C
'est pourquoi je considère que le rôle du LFI ne fait aucun doute.
Comme
il y a des secrets de Polychinelle, il y a des informations de Polychinelle, c'est-à-dire qu'en fait, on le sait tous, on voit tous comment ça fonctionne. J'ai bien lu dans le Figaro ce matin l'article sur la note de la préfecture de Paris qui témoigne de cela et qui le documente. Mais ce n
'est
pas surprenant, c'est ce que l'on voit. Ça fait partie, véritablement, il faut le voir comme ça, sinon on aura du mal à comprendre, mais ça fait partie de la stratégie de Jean-Luc Mélenchon. On n'est pas surpris parce qu'il l'a toujours dit, ça. Il suffit de reprendre ses discours, il y a encore ces jours-ci, il le dit, c'est ce qu'il dit. Au fond, tous les candidats, y compris Jean-Luc Mélenchon, préparent l'élection. Jean-Luc Mélenchon prépare en plus l'insurrection.
Il
a les deux dimensions. L'élection, parce qu
'on
ne sait jamais, il peut être au second tour et puis après on verra. Et l'insurrection, parce qu'il sait que le pays est fragile
et
que ça peut l'aider à mobiliser des électorats. Je vois qu'il fait un effort particulier
depuis
quelques années et avec succès
sur
un premier électorat, qui est l'électorat musulman,
qui
a voté pour lui à 69% en 2022, au premier tour. Donc ça a fonctionné, c'est son électorat. Aujourd'hui, moi, dans mes mesures, je vois que 72% de nos compatriotes musulmans sont prêts à voter pour lui. C'est un électorat qu'il est le seul à avoir. Maintenant, il voudrait avoir l'électorat des jeunes, qui sont aussi des abstentionnistes, comme les musulmans. Et là, il est en train de trouver un levier pour précipiter, accélérer, forcer la politisation des jeunes générations, qui ne votent pas. 42% des 18-24 ans se sont abstenus en 2022 au premier tour.
Il
y voit une réserve pour lui, pour assurer son passage au second tour. Ce qui nous paraît, nous, pratiquement suicidaire, de créer ce tel désordre dans une France si fragile et si désolée, est pour lui une des conditions de son passage au second tour.
Mais est-ce que, justement, le parallèle avec l'électorat musulman est intéressant ? Est-ce que, cibler cet électorat, le brosser dans le sens du poil, l'encourager à se montrer, à être actif, est-ce qu'il arrive à briser le réflexe d'abstention que cet électorat avait ? Parce que vous parlez de la jeunesse en disant, à 40%, voire 45%, elle voterait pour Jean-Luc Mélenchon.
Elle s'abstient.
À condition qu'elle se déplace au bureau
d'ordre.
Absolument.
Mais
elle s'abstient.
Est-ce qu'il
arrive à briser cela ?
C'est l'objectif. L'objectif, il a réussi. Il y a quelque chose qu'il a réussi. En un sens,
il
y
a
aussi là-dedans une bonne nouvelle. Il a réussi à mobiliser électoralement des électeurs musulmans qui ne votaient pas. L'abstention est encore très forte chez nos compatriotes musulmans. Il les a mobilisés à son profit. Donc, il s'est fait un électorat que les autres n'auront jamais d'ici 2027. C'est son monopole. Et maintenant, il cherche à avoir à son avantage l'électorat des jeunes qui s'abstiennent. Et les jeunes qui s'abstiennent, moi, je vous dis, on les a vus dans la rue. C'est ça qui se passe. Il est en train de les faire sortir d'une abstention. Il les politise.
Oui, c'est une initiation
politique.
Une
initiation à vitesse grand V, précipitée, dans une forme de simplicité et d'outrance qui ne nous échappe pas, mais qui est, au fond, la condition pour lui parce qu'il a trop peu de temps pour le faire. Il avait beaucoup travaillé cet électorat
à
partir de la question palestinienne. Et là, je dirais qu'il passe de la question palestinienne qui était un objet permettant la mobilisation de ces jeunes, la politisation forcée de manière générale. Mais là, il passe à un objet plus national parce que c'est l'élection présidentielle. Et donc, il est en train de se fabriquer son électorat qui n'est pas l'électorat de quelqu'un d'autre. Ce sont des abstentionnistes. Et c'est ça qui fait que, premièrement, on ne le voit pas toujours dans les sondages. Et deuxièmement, s'ils votent pour quelqu'un, ils voteront pour lui.
Oui, ce qui fait dire à certains, parce qu'il y a toujours autour de Jean-Luc Mélenchon, autour du cas Mélenchon, un flou entre ceux qui vous disent qu
'il
est sous-estimé par les sondages et ceux qui vous disent au contraire qu'il est surestimé. On a les deux lectures, Dominique Renier.
Oui, oui.
Et parce que c'est difficile pour les sondeurs, dans la mesure où Jean-Luc Mélenchon, depuis 2012, littéralement, s'est construit un électorat, et c'est d'ailleurs une réussite de sa part, qu'il est le seul à pouvoir mobiliser, même s'il est obligé pour cela de jouer avec la limite qui est celle de l'ordre public, et en particulier de la violence. Et moi, je veux quand même rappeler que, du côté de la France insoumise, on ne peut pas oublier ça, on oublie trop vite aujourd'hui, c'est comme ça, nous sommes une société d'amnésique, mais Mathilde Panot, Bali Bagayoko, ont explicitement remis en cause la victoire du Rassemblement national de Marine Le Pen, si elle venait à gagner.
Ce sont quand même des personnes, en particulier Mathilde Panot, qui est une députée, et puis, nous avons, depuis hier, même des discours de Jean-Luc Mélenchon, et hier encore, qui dit qu
'il
ne condamne pas la violence.
C
'est très intéressant de l'écouter. Il condamne la violence parce qu'elle nuit à nos objectifs. Et il ne dit pas qu'il ne faut jamais être violent. Il dit que le temps n'est pas venu d'utiliser, de dépasser les limites.
On va l'entendre, Jean-Luc Mélenchon, d'ailleurs, juste après votre entretien, Dominique Reynier. Mais justement, j'aimerais vous demander aussi maintenant, et c'est ce que disait, par exemple, Bruno Retailleau hier matin, il disait à peu près, comme vous le dites ce matin, on assiste là à une sorte de répétition avant l'insurrection qui pourrait avoir lieu en cas d'élection de Marine Le Pen, dans le but de la contester instantanément. Mais les effets produits dans le reste de l'opinion, Dominique Reynier, quels sont-ils ? Est-ce qu'on a une idée de comment c'est perçu par le reste de l'opinion
?
Spontanément, Dimitri Bavnikou, moi je vous dirais que les effets sont négatifs, mais ils viennent conforter dans leur sentiment de rejet des électeurs qui déjà n'aiment pas Jean-Luc Mélenchon ou le redoutent. Donc ça ne le dérange pas, ça n'est pas une perte pour lui. Son objectif, c'est d'arriver à faire en sorte qu'il soit présent au second tour.
Oui, mais son calcul consistant à dire, de toute façon, l'électeur de gauche, même s'il ne vote pas la France Insoumise au premier tour, il se ralliera à moi, il n'aura pas le choix. Je suis le trou noir vers lequel il sera obligé de se rallier.
Alors, ça ne sera pas aussi simple au premier tour, c'est pour ça qu'il est obligé de faire ce qu'il fait selon sa conception, j'imagine en tout cas. Et le second tour après, c'est une autre affaire qui commencerait. Mais de toute façon, je dirais même, Dimitri Bavnikou, quel que soit l'élu, on parle de Marine Le Pen parce qu'elle est en tête dans les sondages, mais quel que soit l'élu, si ce n
'est
pas Mélenchon, nous aurons de toute façon, entre le 2 mai 2027 et les élections législatives de juin et juillet 2027, nous aurons cette tentative de déstabilisation et d'insurrection. Nous sommes partis maintenant, il faut que les auditeurs le comprennent, hélas pour nous tous, nous sommes partis maintenant jusqu'en juillet 2027 sans avoir aucune idée du résultat. Nous sommes partis pour une très longue séquence de grandes instabilités sociales, politiques, manifestantes, avec des violences, nécessairement des drames, et les marchés financiers qui nous regardent et nous jugent.
Merci
Dominique Régnier, merci d'être venu nous voir ce matin sur Europe 1. Je donne le titre de votre dernier ouvrage sur un tout autre sujet, mais ô combien important, accompagner ou provoquer la mort pour l'interrogation, les enjeux d'une légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté.
C
'était paru récemment aux éditions de l'Observatoire. Merci Dominique Régnier, bonne journée à vous. Il est 7h19 sur Europe 1.