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interview28 minutes - ARTE· 21 mai 2026 46 min

Magali Reghezza-Zitt / Trouver un modèle agricole durable en France ? | 28 minutes | ARTE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonsoir à tous et toutes. Soyez les bienvenue dans 28 minutes. Bonsoir mes chers jolis magnifiques camarades indispensables.

L'actualité c'est du blé à l'assemblée. Coup d'envoi mardi dernier de l'examen du projet de loi d'urgence agricole censé être la réponse du gouvernement à la colère des paysans, des agriculteurs français après l'adoption du traité du mercour et après les abattages liés. Vous vous en rappelez à la dermatose nodulaire de cet hiver.

À compté de ce jour débute l'examen d'une loi de réconciliation. Une réconciliation appelée de leur vœux par les agriculteurs. Une réconciliation entre l'urgence climatique et l'urgence de produire davantage pour reconquérir notre souveraineté alimentaire.

Pourquoi ce projet de loi semble-t-il fâcher tout le monde ? Agriculteur, on ONG, écologiste ? France dont le nombre d'exploitations agricoles s'effondre depuis l'après-gerre.

Saura-t-elle trouver enfin un modèle agricole durable pour le vivant, pour les agriculteurs et pour nos assiettes ? On en débattra ce soir avant de vous retrouver en fin d'émission, Marie Bonissau. Et oui et Xavier Maudu pour vous chronique.

Oui Ellisabeth et le parquet national financier vient de lancer une enquête qui vise Dominique de Ville à propos de statuette qu'il a reçu quand il était ministre des affaires étrangères. Statuette de Napoléon. Dévoilons tout ça.

Tout ça c'est Napoléon. Napoléon tout nu tout à l'heure. Vre faute.

Tout ça c'est votre faute. Et après les statuettes les statuettes de jardin. Oui, un débat de fond hein ce soir pour contre les nains de jardin.

L'Angleterre se déchire même le roi a un avis. Ah bon ? Oui.

Vous il les adore je suis sûre. Et pour commencer à quoi ressemblera notre planète, notre monde en 2055 si nous réussissons à atteindre la neutralité carbone, l'objectif le Graal fixé par l'accord de Paris en 2015. La géographe Magali Regzazit veut croire à un sursaut généralisé, à une décarbonation des économies et des usages et décrit dans son nouveau bouquin La vie quotidienne dans un monde zéro carbone.

Elle aura 77 ans en 2055, moi j'en aurais 92. suur les fraises et vous on la retrouve tout de suite. Magalie Rega, bonsoir.

Je vous présente Anandiaï et Benjamin Sportouche et une question en préambule, il y aura des fraises en 2055. Ça dépend de nous, ça dépend si on arrive effectivement à tête sa neutralité carbone. Et oui, l'idée c'est aussi qu'on garde des fraises certes pour pouvoir les sucrer.

Pour pouvoir les sucrer. Bienvenue en 2055 aux éditions du seuil. On va explorer et on va aller plus loin après votre profil réalisé par Gael Legra.

Magali Regaza Zit, vous êtes spécialiste des questions environnementales et urbaines. Tant bienvenue en 2055, vous décrivez une planète où la neutralité carbone sera atteinte. Pour imaginer un monde nouveau dans 30 ans, vous avez le profil idéal.

Agrégé de géographie, vous soutenez en 2006 une thèse de doctorat intitulée réflexion autour de la vulnérabilité métropolitaine, la métropole parisienne, face au risque de cru cental. Vous prolongez ce travail en publiant Paris Couille en 2012. Identifié par les médias comme l'experte en inondation, vous êtes sollicité pour évoquer la saturation des lacs anticru en amont de la capitale en 2013.

Aujourd'hui, par exemple, ils ont permis d'éviter des inondations beaucoup plus importantes dans l'aube, dans enfin dans les départements qui aujourd'hui sont touchés. Ils ne permettent pas d'empêcher malheureusement la scène de déborder. Mais aussi lorsque la ville de Cann subit une catastrophe liée à l'urbanisation excessive qui prive le littoral de protection contre l'eau.

Ce sont des maisons qui sont construites de plein pieds, c'est-à-dire que c'est souvent des gens qui sont prisonniers soit dans des garages, soit dans des rez-dechaussées. Donc cet urbanisme de plein pied, il a fait énormément de mal. Vous vous penchez également sur les conséquences du réchauffement dans des hommes et des risques.

Membr du Haut Conseil pour le climat de 2019 à 2023, vous alertez sur la trajectoire empruntée depuis le début de l'aire industrielle. La canicule de juillet 2019, elle a dans un climat modifié par l'homme 600 fois plus de chance de se produire que dans un climat non modifié. Pour le dire autrement, en 190, cette canicule, elle aurait été quasiment impossible.

Aujourd'hui, vous adoptez la posture optimiste qui consiste à imaginer que le réchauffement climatique est stabilisé en 2055. L'utilisation du charbon, du pétrole et du gaz fossile s'est effondré. Le plastique a presque disparu.

La consommation de produits d'origine animale a baissé de moitié et nous sommes devenus plus sobres. Page 157. Vous écrivez d'ailleurs "Je rêve d'aller expliquer à mes congénères des années 2020 qu'en 2055, on ne vit pas dans des cavernes, qu'on ne s'éclaire pas à la bougie et que je ne suis pas devenu une amiche".

C'est un petit clin d'œil à une formule d'Emmanuel Macron ne reviendra pas dessus. On peut rappeler ce que c'est que la neutralité carbone ? C'est l'équilibre entre les émissions de gaz à effet de serre et leur absorption par les pu de carbone.

C'est ça. Autrement dit, les océans, les arbres. Exactement. et aussi de la technologie humaine, c'est le fait de ne plus ajouter aucune molécule de CO2 d'origine humaine dans l'atmosphère.

Alors, en 2055, neutralité carbone, néanmoins, vous dites, il n'y aura plus les quatre saisons que nous avons connus. Alors, il faut bien savoir que euh tant qu'on atteint pas cette neutralité carbone, le climat continue à changer. Tant qu'on l'a pas atteint, il a continué à changer.

Et donc, on est arrivé en 2055 dans la trajectoire actuelle. On est à peu près à 2 degrés au niveau mondial. plus 2 degrés de par rapport à donc en gros aux années 1900 et en France on est à peu près à 2,7.

Ça ça change quand même beaucoup la France. Autrement dit l'été il y a des canicules des pics caniculaires + 40 + 49°. On atteint le 50 à Paris dans le sud bien sûr on atteint le 50 euh à l'ombre et puis ça commence beaucoup plus tôt d'ailleurs.

On le voit hein. On est en mai. On annonce ça ce weekend des pil à 30 ça va aller plus tard.

Donc on a vraiment une modification. Il faut savoir que et ça aussi c'est important, ni vous ni moi n'avons jamais connu un climat réchauffé à ce niveau-là. En fait, on connaîtra plus jamais le climat qui était le nôtre quand on était enfant avec les fameuses quatre saisons.

Moi j' Mais dans le 28 minutes de 2055, dans cette émission, il y aura une table qui sera plus en plastique. On sera habillé comment en fait pour être à la page on va devoir se passer des matières fossiles. Et donc par exemple le plastique, ben le plastique ça consomme énormément d'hydrocarbure, énormément d'énergie mais là aussi on a plein de moyens.

On va apprendre à désemballer. Enfin, on emballe tout aujourd'hui. On va aussi trouver des solutions alternatives, notamment des plastiques alternatifs.

Cette table, elle pourrait être en bois par exemple ou alors des plastiques biosourcés. Vous évoquez ça aussi. C'est quoi du plastique biosourcé ?

C'est des plastiques qui sont fabriqués à partir de matière biologique. Donc, on a plein d'innovations en cours. Mais c'est c'est aussi l'idée d'en faire moins pour les réserver du usage essentiel.

Par exemple, nos vêtements ici, sont tous en plastique en fait, sauf peut-être vous avez la chance d'avoir des vêtements zéro synthétiques. Alors, ils seront en quoi ? Alors ça peut être en laine, ça peut être en chambre, ça peut être en fibre végétale, ça peut être aussi des nouvelles fibres textile avec du recyclage.

Ça peut être par exemple des matières qu'on va réemployer, réutiliser. Ça peut être aussi du recyclage de vieux vêtements de la deuxième main. Mais vous êtes en train de dire que 2055, il y a plus de fast fashion y compris pour les gens dont le pouvoir d'achat est vraiment et sera réduit et qui auront recours à ça parce qu'ils ne peuvent pas se payer des vêtements de meilleure qualité.

Oui, parce qu'il y a plus de fast fashion parce qu'en fait la fast fashion ça veut dire que vous allez parce que vous êtes pauvre avoir accès à des vêtements de tellement mauvaise qualité qu'au bout de trois lavages, ils sont par enfin ils sont plus utiles, on peut même pas les recycler. Alors que là, on va avoir des vêtements de qualité qui durent. Mais ça veut pas dire que derrière on fait on arrête toute l'industrie textile au contraire.

Mais on va retrouver peut-être du surmesure, on va retrouver les métiers de la couture, les métiers de la mode. Vraiment, c'est une transformation des métiers de la main, le métier manuel avec des métiers qui ont plus de sens, qui demandent évidemment de revoir la formation, l'enseignement. Il va falloir recréer ces filières professionnelles qui sont loin d'être les filières poubelles qu'on décrit aujourd'hui.

On va réinventer le petit commerce, on va réinventer en fait l'idée c'est de réinventer une société dans laquelle le mieux c'est substitué au plus sans que ça dégrade nos conditions de vie. Alors, il y a un endroit en scène maritime, une petite ville qui s'appelle Malonnais dont on va parler avec vous, Magali et Regza et avec vous Anna qui fait office de meilleurs élèves de la transition écologique en France. Oui, bienvenue à Malonnais, ville de 6200 âes dans l'agglomération de Rouan.

Et depuis déjà 20 ans à Malonnais, on déploie tout un arsenal de mesures écologiques pour espérer atteindre la fameuse neutralité carbone d'ici 2050. Les autres pluies sont récupérées, les abribus sont végétalisés, il y a des des panneaux photovoltaïques partout dans la ville et des chaufferies alimenté au bois pour réchauffer les bâtiments publics. La liste est longue, mais les résultats surtout sont là.

Malonné a reçu la plus haute distinction 5 étoiles tout de même du label territoire engagé pour la transition écologique. Depuis 2006, les émissions de gaz à effet de serre ont été divisées par 2 et la ville a généré 35 % d'économie d'énergie. preuve que ça marche cerise sur le gâteau.

Les impôts locaux là-bas ne sont pas plus élevés qu'ailleurs et surtout les habitants qui ont été très impliqués dans le projet depuis le début sont aujourd'hui très fiers de cette grande réussite collective. Alors, est-ce que pour mener une transition écologique dans les villes, il faut absolument compter sur l'engagement des citoyens ? Bien sûr, mais pas que parce que ce qu'on voit en fait dans la transition, c'est que vouloir et pouvoir, c'est pas la même chose.

H et que donc il faut qu'à un moment bah la le collectif, les structures publiques privées donnent à chacun la possibilité d'agir à la hauteur de ses moyens. Et en fait ce qu' a fait Malonné, c'est pas juste une transition écologique. Ils ont réglé des problèmes de logement, ils ont réglé des problèmes de pouvoir d'achat, ils ont réglé des problèmes de santé.

Vous disiez tout à l'heure, on va manger moins de viande. D'abord, on va pas manger pas moi qui l'ai dit, c'est vous qui vous dites "On mangera 50 % de moins de viande." D'ailleurs, je voulais vous poser une question à propos de ça.

Qu'est-ce que vous faites des éleveurs des paysans ? Et justement la viande qu'on mange aujourd'hui euh ceux qui ont accès, enfin en fait les ménages les plus défavorisés ont accès à une viande de très mauvaise qualité alors que manger souvent importé souvent importé alors qu'en fait manger de la bonne viande qui est payée plus cher donc l'éleveur touche plus d'argent est fier de son métier c'est pas mauvais pour la santé parce que ce qu'on voit aujourd'hui la consommation c'est d'abord un problème de santé publique plus de maladie et cetera obésité si on appliquait les recommandations de l'OMS pour avoir une santé par rapport à son alimentation qui soit bonne. Vous savez les cinq fruits légumes et cetera mais on serait déjà dans les clou de la neutralité carbone.

L'une des clés de la transition vous dites c'est l'électrification. En même temps, on a envie de vous dire mais qu'est-ce qu'on fait pour recycler les métaux rares qui servent justement aux batteries notamment ? On a l'impression que c'est un puissant fond.

Il faudra bien s'en occuper. Ça veut dire qu' c'est pour ça qu'on parle en fait de transition. C'est pour ça qu'on parle, c'est c'est en fait une révolution industrielle, une révolution agricole, une révolution énergétique.

En fait, ce qu'il y a derrière, c'est qu'il va falloir reconstruire des filières. Et c'est pour ça que dans le livre, je dis la première condition de la transition, c'est la réindustrialisation. Bien sûr, c'est la réindustrialisation parce qu'il va falloir qu'on fabrique, il va falloir qu'on reforme, il va falloir qu'on crée les métiers du désassemblage, les métiers du recyclage.

C'est un champ d'innovation incroyable, c'est un champ d'emploi incroyable. Bien sûr, il va falloir reconvertir, mais il y a des tas de métiers qui peuvent être dont les compétences peuvent être réutilisées pour aller dans le bon sens. Et là encore, en fait, la transition c'est enfin la décarbonation, c'est pas juste un problème à résoudre en fait, c'est la solution à nos problèmes actuels.

Est-ce que vous pouvez commenter cette image ? Très belle illustration. L'illustrateur s'appelle Marti.

Oui, il magnif. C'est quoi ? Qu'est-ce que c'est ?

Ben, c'est justement l'idée qu'il y a pas un chemin de transition. Ce que vous voyez ici, c'est euh diverses options pour l'agriculture. Vous avez d'un côté ce qu'on appelle l'agritech, c'est-à-dire une agriculture qui va s'appuyer sur le progrès technologique, euh sur l'intelligence artificielle, des robots des herbes bien sûr sur les robots, sur tout ça et puis une agriculture aussi qui va s'appuyer sur les services écosystémiques, c'est-à-dire le potentiel par exemple des sols, le potentiel en gros de la nature à elle-même aider l'agriculture.

Et voyez, il y a de l'élevage. Il y a de l'élevage, bien sûr qu'il y a de l'élevage. Il y a des ha il y a des forêts.

Et vous avez des formes différentes et vous avez des paysages, c'est pas moche. Et vous avez une architecture, on dirait l'architecture de Jacques Cou, les maisons Bulles des années 70. C'est un peu alors ce qui est aussi intéressant, c'est que c'est un c'est un illustrateur et l'idée c'était justement c'est son imaginaire à lui.

L'idée c'est pas de contraindre les imaginaires, c'est de permettre à chacun de se projeter dans ce futur. Une dernière question à propos des villes. Il n'y a pas que les prairies et l'agriculture, il y a aussi les villes.

En 2055, vous dites les villes auront une caractéristique, elles seront silencieuses. Oui, parce que alors là, c'est pareil, ça semble contreintuitif. On aura moins de circulation.

Donc tout le monde roulera à l'électrique alors ou en vélo. Même les tr même les personnes âgées, il y aura de plus en plus de personnes âgées. Alors les personnes âgées, on pourra alors là aussi il s'agit c'est le véhicule individuel, on va pouvoir développer des modes de transport en commun collectif.

Et quand vous êtes en collectif, ben par exemple pour une personne âgée, ça rond l'isolement de la du transport à la demande. On aura des rues plus sûres parce qu'il y a moins d'accidents. On aura des rues aussi on entend les oiseaux. on aura des rues plus vertes.

Enfin, on peut imaginer en fait plein de choses en se disant que ce qui semblait punitif est en fait la une manière d'améliorer la vie des gens. C'est formidable. C'est une antidote à l'écoanxiété.

Vous réz enchanté le futur qui nous semblait plomber. Merci pour ça. C'est au seuil.

Bienvenue en 2055. Votre ouvrage sort demain. Magalie Regaza Zit.

Merci infiniment. Et ben justement, on va parler d'agriculture. On passe à notre débat sur les enjeux auquels fait face l'agriculture française.

Projet de loi et urgence agricole élaboré par le gouvernement après la fronde antimercosour. Discuté depuis mardi à l'assemblée. Ce projet de loi pourra-t-il réconcilier les écologistes et les paysans ou les agriculteurs, les impératifs économiques et la protection du vivant, la souveraineté alimentaire et la sobriété des usages agricoles.

On en parle après la mise au point de Sandrine Le Calvez. 2309 amendements, 2 semaines de débat. Les députés ont débuté mardi l'examen du projet de loi d'urgence agricole.

Un texte de réconciliation selon les mots de la ministre de l'agriculture entre l'urgence écologique et l'urgence de produire. Une réconciliation dont nous avons voulu, le premier ministre et moi-même, qu'elle soit la plus large possible en construisant un texte du quotidien. Un texte qui apporte des réponses concrètes à des difficultés concrètes.

Le texte est censé répondre à la colère des agriculteurs qui se sont mobilisés partout en France ces derniers mois, notamment contre l'abattage préventif des cheptel en pleine épidémie de dermatose nodulaire et contre le mer caostur. On va pas se laisser faire et on va pas se laisser marcher dessus et on existe. Les agriculteurs ont-ils été entendus ?

Le texte annoncé au départ comme resserré à bord d'une multitude de thèmes. Lava de la prédation du loup aux achats patriotiques pour les cantines en passant par l'allègement des obligations pour construire des ouvrages de stockage d'eau ou des bâtiments d'élevage. Le gouvernement a néanmoins pris soin de ne pas réintroduire des pesticides controversés.

La ministre de la transition écologique en a fait une ligne rouge en attendant un possible rebondissement au Sénat. Madame la ministre, il n'y a pas d'agriculture sans écologie. C'est pourquoi aussi nous opposons à la réintroduction de certains pesticides interdits.

Au final, le texte provoque plus de division que d'adhésion dans la classe politique comme dans les rangs des syndicats. Son intention, elle est claire, c'est de d'accélérer vers un modèle productiviste, l'agrandissement des fermes, l'accaparement de l'eau, mais aussi de voir réapparaître des néoccoténoïdes. Alors, le projet de loi répond-t-il aux urgences de tous les agriculteurs ?

Où a-t-il été écrit par la FNSA, premier syndicat agricole de France comme ironie ses détracteurs ? Comment trouver un modèle agricole commun et durable ? Et bien, on va voir ce qu'en pensent nos trois invités.

Jean-Luc Duval, bonsoir. Vous êtes vice-président de la coopération agricole, vous êtes éleveurs de Bovin et vous produisez des pommes à cidre. Dans quelle région ?

En Normandie. En Normandie, vous avez combien de bêtes ? 250 et une vingtaine d'hectares de verger en pomme acidre.

Très bien. Et selon vous, à travers cette loi d'urgence agricole, il s'agit d'avoir la confirmation que la France est une grande nation agricole. Vous considérez qu'il faut libérer les capacités de production.

Certes, ajoutez-vous, il faut des règles, mais trop de contraintte explique que notre balance commerciale soit cette année, enfin pour 2025 presque négative. À côté de vous, Lord Duco, bonsoir. Vous êtes ingénieur agronome, directrice de campagne pour l'ONG Bloom.

Vous avez publié il y a 2 ans euh le livre Les frites viennent des patates. Oui, parce que tout le monde n'est pas censé forcément le savoir ou s'en souvenir. Malheureusement et selon vous, avec ce projet de loi d'urgence, on a fait des cadeaux au tenants de l'agriculture productiviste productiviste et industrielle comme la FNSEA.

Et vous ajoutez, c'est un éème coût porté à l'écologie depuis 3 ans depuis les enchaînements de loi d'orientation agricole. et à Aurélie Catalot, bonsoir. Directrice du programme agriculture et alimentation France à Lider.

Selon vous, une troisème loi agricole en 3 ans, cela montre qu'on essaie de redonner par tous les moyens des perspectives à la profession, à l'agriculture, mais vous ajoutez, il n'y a pas un monde agricole en France, il y a quantité de mondes agricoles et on va démarrer le débat avec le chiffre du jour. Le projet de loi d'urgence agricole donc dont les débats viennent de commencer est passé de 23 à 45 articles après son examen en commission de l'Assemblée nationale sans compter les 2300 et quelques amendements qui ont été déposés par les différents groupes politiques. Ce qui fait dire à certains que c'est un texte pour tout vous Aurélie Catalot.

Vous parlez de texte karaokeé. Pourquoi donc ? C'est un texte hétéroclite dans lequel on a pour partie des dispositions relativement consensuelles.

Par exemple, celles qui sont relatives à la préférence communautaire pour l'approvisionnement de la restauration collective. Et d'un autre côté, on a des dispositions qui sont beaucoup plus clivantes au premier rang desquels, celles qui sont relatives à l'irrigation et à l'agrandissement des bâtiments d'élevage. H Jean-Luc Duval, c'est la bonne réponse à la crise agricole que vous traversez.

C'est c'est une réponse enfin moi je j'appelle de mes vœux au fait qu'on retrouve un peu de de calme et sérénité sur le sujet agricole. Enfin voilà ce qui se passe à l'Assemblée nationale. Enfin voilà le le paysan que je suis est un peu étonné pas étonné de ce qui se passe parce que on a une assemblée qui est quand même très clivée et très clivante.

Voilà moi je pense qu'on a besoin de raison sur le sujet. Je considère ça a été dit par vos propos tout à l'heure que la France est un grand pays agricole. Voilà, notre histoire, elle est faite.

On on sait produire de l'agriculture, on sait doter d'un certain nombre d'outils. On est le premier producteur agricultur de transformation de recherche. L'INRA n'existe pas dans les autres pays.

Il y a peu de pays qui sont national de recherche agronomique qui se sont dotés de cet outil INRA. Donc voilà, moi je je dis voilà, retrouvons un peu de de sérénité sur le sujet. on peut avoir un peu de savoir ce que on la la méthode de produire peut nous amener un certain nombre de débats.

Mais c'est dit aussi la France est un jardin et elle est aussi sur une diversité de territoires de terroir. Euh l'agriculteur éleveur que je suis en Normandie par rapport à mes collègues d'oxitanie ou ou viticulteur dans les RAU enfin c'est c'est des c'est des différences très fortes. On a besoin de retrouver un peu de sérénité.

Enfin moi j'en appelle j'en appelle de bveux. Alors du coup bah est-ce qu'il fallait justement pour cela un texte de loi ? Parce qu'il faut de la sérénité, faire retomber un peu les tensions.

C'est ce que se veut ce texte de réconciliation. Oui, sauf que c'est pas un texte qui se veut apaisant pour tous les agriculteurs. On le dis en introduction, il y a des agricultures en France.

Et là, ce texte là, c'est un cadeau, je dis aussi en introduction, mais au tenant d'une agriculture donc productiviste, pas à tout le monde. Parce qu'en fait la colère des agriculteurs, elle vient d'où à l'origine ? Elle vient de la question de la rémunération.

Elle vient de pouvoir vivre dignement de son métier. Or là, comme Aurélie le disait, Auréie Catalo, il y a des il y a certains articles qui concernent la rémunération mais beaucoup d'autres qui en fait concernent une minorité d'élevages, une minorité d'agriculteurs. Euh de de la rémunération 43 % des agriculteurs vivraient sous le SMIC.

Tout à fait. très peu. Par contre, les dirigeants de coopérative agricole, je sais pas ce qu'il en est parce que vous êtes vous êtes pas que paysan, vous êtes aussi dirigeant de coopérative ont des salaires qui sont mirobolant.

Donc en fait c'est ça en fait, on a des différences de salaires, on a des différences de de conditions de travail dans la profession et donc ce texte répond à une agriculture qui est une agriculture industrielle. Réponse d'alite Auréie Catalo. J'ai pas de salaire, je suis pas salarié, je suis responsable dans ma coopérative et j'ai des inimités journalières qui me permettent de me libérer de mon exploitation pour pouvoir me faire remplacer.

Je je touche 150 € par jour de d'indemnité journalière et et avant de rentrer sur ce studio, j'ai mon salarié au téléphone qui m'a expliqué que le tracteur avait pris feu dans les dans les vergers chez nous. Voilà, c'est juste ça, c'est le fait voilà, je je souffre par vraiment de l'ensemble. Non mais non mais voilà, je voudrais rétablir un petit peu un petit peu les choses et et sur enfin et sur l'élevage et autres enfin il y a une question revenu mais il y a aussi une question de place de l'agricure.

L'agriculteur est très interrogé dans notre société et il y a une question de charge mentale, je je le dis et et pas que du gros agriculteur ou du grands agriculteurs. Moi moi j'ai j'ai échangé chez moi avec une agricultrice qui s'installait avec 900 poules 900 poules et qui avait une association en face d'elle pour dire qu'elle n'avait pas le droit de s'installer. elle n'a pas pu s'installer.

Oui. Sur la question des revenus agricoles, elle est évidemment fondamentale dans ce qui inquiète la profession agricole elle-même mais aussi les acteurs de des industries agroalimentaires et puis les politiques. Mais en fait là là à nouveau le maître mot c'est l'hétérogénéité.

On a des agriculteurs qui gagnent très bien leur vie en France et tant mieux. C'est globalement plutôt le cas par exemple des éleveurs porsins. Les producteurs de pommes de terre dans la moitié nord de la France, ils gagnent plutôt bien leur vie.

Non, les céréaliers depuis 2024 sont devenus les pauvres de l'agriculture française. Euh le revenu comp, c'est le revenu comptable avant impôt en 2024 des céréaliers est de 3000 € sur l'année. Ils ont perdu 75 % de leur revenus euh à cause des des aléas climatiques et des parce que 2024 était une très mauvaise année.

Autre sous-secteur, on va dire agricole qui a vu une très forte baisse de ces revenus agricoles, c'est la viticulture. Et c'est pas pour rien que on a notamment cette loi d'urgence agricole. céréali viticulteurs, ce sont traditionnellement des des des représentants plutôt puissants de l'agriculture française politiquement et des export et donc elle apporte des réponses à ces gens-là ou pas ?

Il demandent du au politiques des réponses d'urgence entre guillemets face à leur état de santé économique et une autre partie de la profession agricole, elle voit plutôt une tendance de fond de perte de de vitesse de la France par rapport à la concurrence européenne et extraeuropéenne dans un modèle productiviste et eux aussi cherchent à avoir des libéralisation de leur potentiel de de production pour pouvoir essayer de gagner cette course à la productivité. Est-ce que dans les problèmes se surjoute ce qui se passe en ce moment ? crise au Moyen-Orient, le blocage du D3 d'Ormous et le prix des engrais phosphatés pour ceux qui en utilisent qui devient fou et qui a augmenté de manière exponentielle. clairement, enfin je veux dire et et et on était j'étais au ministère de l'agriculture il y a quelques jours pour une réunion sur le fait qu'on réouvre un peu les NGO avec nos clients que sont la grande distribution pour ajuster un peu les prix parce que vous avez parlé d'engrais mais avant il y a l'énergie c'est-à-dire que on est encore on n'est plus à la traction animale, on est la traction avec des tracteurs et autres et on est encore à l'énergie fossile.

Peut-être qu'un jour on parlera d'énergie électrique. On a aussi des problèmes de transport. Quand vous êtes une coopérative agricole, vous transportez des tonnes.

Moi, moi dans mon secteur, je transporte 1200 tonnes de pommes. Donc, il faut des camions pour transporter ça. Et donc, ça a évidemment des conséquences très fortes.

Vous avez évalué le coût de la facture, l'augmentation du coût de votre facture par exemple. On peut considérer que pour l'instant, on est autour de 13 % d'augmentation des coûts de transport. Et puis on a un autre sujet de de produits à partir de de la pétrochimie qui sont les emballages.

On avait des stocks dans nos usines, c'estàd que quand vous mangez un yaourt, il faut un contenant. Et donc c'est avec à partir de la préure chimie, on peut on penser ce qu'on en veut mais c'est comme ça que ça se passe à l'heure actuelle. Et là on parle d'augmentation de 50 %.

Ouais. Alors on va évoquer avec vous trois et avec Anna un sujet qui fâche quant aux différents sujets abordés par ce projet de loi, c'est le stockage de l'eau, Anna et le captage de l'eau aussi. Oui.

Deux points particulièrement sensibles. Vous l'avez dit la question du stockage de l'eau d'un côté et celle du captage de l'eau de l'autre. Le stockage de l'eau, ce sont les mégabassines.

Le projet de loi prévoit notamment d'en faciliter la création pour irriguer l'agriculture en allégeant certaines règles. Dans l'article 5, par exemple, il est question de supprimer les réunions publiques jusqu'alors obligatoires par de simples permanences. L'association France Nature Environnement regrette déjà le manque de débat à venir constitutif selon elle de tension dans les territoires.

Mais cet article 5, il renforce aussi le pouvoir des préfets qui vont pouvoir temporairement autoriser des prélèvements d'eau en contournant des décisions de justice. Et puis l'autre point sensible, c'est la question donc du captage de l'eau. sur les 33000 points de captage que compte la France, un/ers serait aujourd'hui pollué par le nitrate, les pesticides selon le ministère de transition écologique.

Et l'article 8 envisage de ne protéger désormais que les points de captage dit prioritaires. en volume, ça représente cin fois moins que les points de captage 10 sensibles qui sont actuellement protégés et c'est un recul environnemental majeur pour les associations environnementales tandis que la FNCA de l'autre côté réclame elle depuis plusieurs années la simplification des règles d'épendage à proximité des points de captage d'eau. Jean-Luc Duval, je me tourne vers vous parce que vous êtes agriculteur naturellement.

Est-ce que vous vous êtes pour la création de ces mégacines par exemple ? Alors, je j'ai surtout pas utilisé le terme, je vais parler de stockage de l'eau. Enfin, je veux dire alors c'est l'agriculteur normand qui vous en parle, hein.

Mais j'ai des collègues parce que enfin l'eau euh quand on capte de l'eau en France, c'est ça reste très minim minimum par rapport à d'autres pays qui sont autour de nous, hein, entre l'Italie et l'Espagne qui sont à 10 et 20 % de de captation de de l'eau, nous on est autour de 1 % et il y a 5 % des exploitations françaises qui irriguent. Donc voilà, faut qu' aussi qu'on soit qu'on qu'on remette un peu les choses l'église au milieu du village sur le sujet. Moi, je pense qu'on a besoin de débattre autour de ce ce bien précieux Ko.

Enfin, je veux dire que j'ai j'ai pas de j'ai pas de j'ai pas de sujet sur le sujet. Enfin, c'est pas j'ai pas de problème à en parler. Par contre, par contre, à un moment donné, on voit bien qu'on atteint des des des ruptures.

Enfin, moi je je souffre pour mes collègues agriculteur qui sont en région parce qu'on est en état de stress hydrique. Oui. Et pu et et puis de de je parlais de la charge mentale tout à l'heure.

Quand vous avez des ouvrages comme on vient de voir tout à l'heure qui ont été vandalisés à coup de cuteur, vous vous en France quand vous promenez, vous regardez une réserve d'eau, on dirait un camp militaire. C'est-à-dire que c'est il y a des barbelés, il y a des caméras, il y a il y a et c'est théorisé en c'est même théorisé par certaines ONG. de dire que ça va rentrer des coûts supplémentaires et donc on fera qu'on on ne pourra pas le faire.

Moi je regrette ça. Je moi la réunion publique je l'appelle de tous mes vœux mais avec un peu de réserve du cours sur la question. Alors là on on va se rejoindre avec Jean-Luc Dual Val dialogue sauf que donc de démocratie.

Ouais. Et en fait ce qui est très grave et merci pour la présentation parce qu'en fait là le gouvernement étant une fois de plus en train de détruire tous les contrepouvoirs démocratiques. C'està-dire qu'on réduit on réduit on empêche d'avoir des des réunions perman des réunions.

Donc ça veut dire que c'est remplacé par des permanences euh permanence localement. Ça veut dire qu'il y aura plus de débat. les citoyens peuvent venir mais il y aura pas de discussion donc pas de politique au sens originel du terme.

Euh le fait de s'asseoir sur les décisions du tribunal mais c'est gravissime. C'est-à-dire que là le gouvernement dit qu'on va autoriser on va donner plus de pouvoirs au préfet pour que si un tribunal aura rend une décision il ne la respecte pas. Pardon mais c'est pour lutter aussi pour les contre les obstructions de principes des associations qui diraient non à toutes mégabassines.

Non pour être clair. Mais en fait si en fait les écologistes n'agissent pas pour le plaisir en fait ils répondent à une question d'intérêt général. C'est-à-dire qu'il soulève des enjeux.

C'est parce que si monsieur Dual pour lui c'est pas l'intérêt général justement. Mais la question la question quelle est-elle ? La question elle est est-ce qu'on peut produire suffisamment pour tout le monde de façon saine ?

C'est-à-dire de prendre soin de la santé de tout le monde y compris des agriculteurs, des agricultrices et sur le long terme. Aujourd'hui, on pourrait faire ça, on saurait le faire et on ne le fait pas. Comment ça on saurait le faire ?

Comment on le saurait ? Comment comment les ins techniques, ça Auréie Catalo pour nous en parler très bien. En fait, c'est déjà prouvé.

On saurait nourrir tous les Européens, les Européens de 2050 sans engrais, sans empathie chimique. Ça c'est prouvé. Et juste, je termine quand même sur l'enjeu démocratique parce que c'est gravissime quand même de contourner la justice.

Le conseil le le gouvernement veut aussi se débrouiller dans un futur véhicule législatif. Il veut s'é brouiller pour réintroduire la les nicotides alors que le Conseil d'État a retoqué ça en fait en fait. Et il veut pour les élevages de la loi du plomb, il veut sortir les élevages de la de la législation actuelle pour que ce soit le gouvernement qui légère par ordonnance.

H donc en fait s'asseoir sur le pouvoir des parlementaires en fait on est vraiment parler des pesticides des DNottoïdes. La Dupl qui est sénateur républicain de la Haute Loire à l'origine d'une loi pour la réintroduction de ces pesticides qui a été censuré par le Conseil constitutionnel n'entend pas renoncer à son projet écouté. On doit pouvoir parler des produits phytosanitaires.

On ne peut pas continuer de jouer cette politique qui consiste à balayer la poussière sous le tapis tout en regardant s'effondrer l'agriculture française. Parce que la réalité c'est que quand on met l'écologie au-dessus de tout et qu'on fait que l'agriculture française ne produit pas, bah la réalité c'est qu'elle importe. C'està-dire qu'à force de cumuler des interdits, à force de cumuler des contraintes, et bien on empêche de produire en France.

Auréli Catalo, onempêche de produire en France parce qu'on a des normes trop fortes, trop réglementaires et on importe. Non, c'est c'est une manière très dogmatique de poser la question. On a il y a on a besoin de règles pour encadrer la manière dont on produit en France.

Ça c'est clair. Euh donc si on reprend le le sujet des infrastructures d'irrigation par exemple, il faut arrêter dans d'être dans une posture si caricaturelle de se dire soit je suis contre toute construction d'infrastructure d'irrigation, soit on considère que euh les agriculteurs ont un accès illimité à une ressource qui est limitée. C'est ça.

C'est ce sont deux visions très polarisantes irréconcili. On apporte bien des aliments aujourd'hui qui ont des qui sont utilisés ou des pesticiders ont été utilisés pour les pour les faire pousser pour les faire pour les mettre dans nos assiettes. Donc pourquoi ne pas utiliser en France ?

Voilà ce que dit du plomb. Oui, mais alors là ce sur ce sujet là, c'est un des rares sujets qui est consensuel précisément la appliquer une forme de réciprocité des normes sur notamment les pesticides. Globalement personne ne s'y en pose en France.

Donc c'est pas c'est pas ça le sujet. Le sujet c'est d'essayer de trouver un juste milieu d'éviter les les législations de principe et d'avoir plutôt une législation de responsabilité dans laquelle on va dire sur l'irrigation par exemple. Pourquoi pas dans certains territoires pour lesquels la ressource en eau est suffisamment disponible et pour lesquels cette eau va servir à améliorer la souveraineté alimentaire du pays.

Ça c'est une voie de passage assez. Moi moi j'appelle ça de mes vœux. J'étais avec mes mes amis des deux Sèvres il y a il y a il y a quelques temps hein.

Il pompaient dans la dans la nappe he enfin je veux dire que et là on a fait des des réserves de substitution c'est-à-dire qu'on a rempli lorsqu'il tombe de l'eau. Enfin il y a des fois je me dis un peu de bon sens paysan. On appelle ça du BSP chez nous sur sur le fait que Linra le dit aussi en disant à un moment donné quand il pleut un peu trop, on sait bien que le changement climatique va faire qu'il y a des précipitations qui é un peu plus violentes à certains moments et des manques d'eau à d'autrement.

Voilà, moi je je suis pas un grand scientifique mais je suis juste du Valéonicotinoïdes et la réintroduction désirée par le sénateur Dupl. On a bien compris comment on réconcilie ceux qui font de la betterave, de la noisette, de la pomme ou de la cerise et les abeilles, la nécessité de protéger les pollinisateurs. Comment on réconcilie ça ?

Mais enfin, je vous l'ai dit, je suis planteur de verger acidre de pomid donc moi les polisateurs, j'en ai j'en ai surtout besoin. Enfin, je veux dire que c'est clairement le sujet mais il m'arrive à avoir de temps en temps d'avoir des ravageurs dans mes vergers sur lequel qui qui est une population que je n'ai pas envie parce que ça met en péril ma récolte. Voilà, mes copains producteurs de noisette Unico qui est une coopérative qui qui est sur la production de noisette, il y a des on commence à avoir quelques pistol clairement tout le monde appelle de ses vœux ce genre de de de de travail et et autres.

On est on est vraiment dans cette logique là mais voilà, je je pense qu'il y a besoin de remettre un peu alors c'est peut-être mon tempérament normand qui veut ça mais d'essayer de cap je mais lors du coup pardon il y a un autre sujet que l'agrandissement des élevages c'està-dire voilà élevé davantage de poulet on en consomme énormément en France on en a parlé ici même plutôt que de les importer pourquoi ne pas faire des grandes fermes avec 900 poulets comme cette agriculture pouvait voulait le faire en Franceorter pour ne pas le faire sa rien là on est plutôt sur un projet de loi plutôt sur du 80 85000 Donc c'est des énormes élevages. Donc le le concept le constat selon lequel on importe plus de la moitié de notre consommation de poulet, on le partage, c'est factuel. Le constat selon lequel on a besoin de produire plus de poulets en France pour répondre à cette demande tout en peut-être réduisant la consommation de poulet qui est accessible aujourd'hui au regard de ce que la planète peut supporter.

On est d'accord aussi. Mais est-ce qu'on a besoin pour répondre à cette demande d'avoir des élevages de 70 80 85000 poulets ? En fait on sait faire de l'élevage différemment.

Jean-Luc Dual parlait d'une d'une collègue qui voulait s'implanter avec 900 poulets. C'est quand même beaucoup plus raison. Pourrait satisfaire la demande actuelle.

Bien sûr, mais bien sûr, on sait faire de façon mais avec plus d'emploi aussi. C'est aussi au service d'une économie. Bon, la question se pose de l'avenir des agriculteurs.

En France en 1955, il y en avait 2 millions et demi. 2 million et demi d'exploitation. Cette année, moins de 400000.

Il y aura-t-il encore des paysans en 2050 sur le sol français ? Inquiétude qui n'est pas nouvelle. Regardez notre archive, elle date de 94. ont compté en 1979 plus d'lion 200000 exploitations agricoles et seulement 800000 l'an dernier.

Reportage de nos correspondants dans le sud-ouest Sandrine Murk Olive DCB. Comme beaucoup d'exploitants de son âge, David a le splin de l'agriculteur. Ces trois garçons ne reprendront pas la propriété qu'il tient lui-même de ses parents.

Sa retraite menace de se slder par 310 franc mensuell et une terre en friche. Faute d'acquéreur. Depuis l'âge de 13 ans, je travaille la terre.

C'est c'est triste dans river là parce que je je pense m'être battu pour pour avoir acquis euh c'est quelques hectares mais maintenant je les ai sur le bras. Le nombre d'agriculteurs lui continue de dégringoler moins 13 % en 3 ans et c'est une pente inexorable aujourd'hui 349600 exploitation contre plus d'on000 en 1979. Auréli catalogue ça veut dire quoi ?

Qu'il faut renoncer à une agriculture d'exportation pour se concentrer sur une agriculture d'autosuffisance pour nourrir la France seulement. Il y a aucune corrélation entre le nombre d'agriculteurs et les volumes produits. Paradoxalement, plus on est dans un modèle productiviste, moins on a d'agriculteurs, plus on produit beaucoup en quantité.

En fait, c'est une c'est plutôt une question de modèle agricole. Il y en a plusieurs des modèles de modèles agricoles. Vous avez raison, je n'avais pas fait la liaison du pluriel.

Euh le le l'enjeu du renouvellement générationnel de cette pyramide démographique inquiétante, c'est est-ce que on est capable de de donner envie de se faire de faire ce métier d'agriculteur et notamment en offrant un revenu. Sur cette question du revenu, du coup, on a tendance à beaucoup se focaliser sur la capacité à générer des produits, c'est-à-dire des ventes et un peu de subvention. On s'intéresse beaucoup moins aux charges et peut-être que ce qui peut faire ce qui peut donner aussi envie à des des jeunes de reprendre, c'est de dire je ne vais pas m'endetter sur 40 ans sur des montants.

Ils ont pas des aides aujourd' il y a beaucoup d'aides. Non, à l'installation. Les aides, elles couvrent elles couvrent une part très une fraction très congru sur quoi vous vous endettez.

Juste un chiffre, le niveau de charge annuel moyen en France aujourd'hui d'une exploitation agricole, c'est environ 250000 €. Ça c'est ce qu'elle sort tous les ans et parfois ça passe parce qu'il y a beaucoup de produits et parfois ça permet pas du tout de se dégager en revenu. Ça c'est pas attractif et ça ça nous aide pas au renouvellement général à péréniser.

Ouais. Dans la coopération agricole, on a des d'autres structures qui s'appellent les CUMA qui sont des coopératives d'utilisation de matériel agricole qui permettent à plusieurs agricoles d'investir et et dans la dernière loi qui a été publiée, un crédit d'impôt émis pour le fait de jeunes qui adhèrent à une Cuma et donc de ne pas avoir toujours acheté le tracteur qui fait plaisir. Enfin, je veux dire qu'il y a aussi une on a un peu des grands enfants mais qui fait plaisir mais on est complètement dans cette logique là.

Et et quand moi dans ma coopérative, je travaille avec les jeunes agriculteurs, je je je pense qu'il y a deux sujets sur lequels il manquent en formation. Oui. de la ils sont pas assez formés sur le management parce que de plus en plus de salariés.

Donc c'està-dire que là-dessus, il y a un sujet et l'ingénierie financière, c'est-à-dire que de comment je gère l'exploitation, il y a le prix du produit mais il y a aussi la marge. Mais est-ce qu'il faut une loi quand même pour faire parler de ça et justement pour au moins penser le nouveau modèle agricol ? Est-ce qu'elle a pass cette vert là lors du c de cette cette loi dont on va discuter là maintenant ?

Malheureusement, elle ne transformera pas le système actuel et on pourrait avoir des lois vraiment intéressantes mais pour ça, il faut avoir de la cohérence et le gouvernement aujourd' parce que d'un côté, il soutient un modèle qui en fait est prédateur d'autres modèles agricoles. Les modèles agricoles ne coexistent pas. C'est pas vrai, il y en a plusieurs mais ils ne peuvent pas coexister.

Et donc en fait, on a besoin de soutenir la transmission, on a besoin de soutenir euh la la recherche développement notamment, mais par contre, on peut pas continuer à soutenir une poignée d'élevage industriel ou une poignée d'agriculture industrielle qui détruit les autres, qui détruit l'air, l'eau et notre santé quand même au pass le débat est terminé. Je pense que vous le poursuivrez hors antenne. Voilà.

Merci en tout cas à tous les trois d'être venus débattre avec calme et avec votre bon sens paysan. Merci infiniment. On reste dans l'actualité.

On reste dans Restez là, restez là. On reste dans l'actualité vu par Xavier Modu et Marie Bonisson. La justice pourrait statuer sur les statuettes de Dominique de Villepin et retour en grâce du nain jardin en Angleterre grâce à son premier fan, le roi Charles II.

Mais d'abord le mauvais det du jour, c'est état d'alerte de sécurité nationale, un principe qui a été adopté un tout petit peu en Catyini lundi dernier à l'Assemblée nationale et qui soulève des questions. Un état d'alerte de sécurité nationale. État d'alerte de sécurité nationale. de sécurité nationale.

Qu'est-ce que ça veut dire ? Exactement ce que ça dit. Merci de m'en dire un peu plus.

Entendu. La vie secrète des mots vedettes. État d'alerte de sécurité nationale dérivé des termes latin status positionéré dressé ses courous sûr et nato naissance désigne un nouveau régime d'exception activable par décret en conseil des ministres en cas de menace grave.

Le 19 mai, les députés ont voté en faveur d'un état d'alerte de sécurité nationale. Logision de la loi de programmation militaire qui prévoit notamment une hausse du budget de l'armée et un nouveau service national, le projet arrivera au Sénat le 2 juin et pourra constituer, selon la ministre concernée, un dispositif de simplification normative qui donnera à l'État les moyens d'agir vite. Trois types de dangers pourraient déclencher l'état d'alerte de sécurité nationale. font implicitement référence à l'appétit impérialiste de l'ordre russe et ses ombres menaçantes teles la guerre hybride, les attaques contre les infrastructures stratégiques ou une crise sécuritaire majeure menaçant la continuité de l'État.

Ce nouveau régime d'exception que le rapporteur du texte définant ne se passe entre l'état de guerre et l'état de paix, ne suspend pas les libertés publiques comme l'état d'urgence, ne militarise pas le pays comme l'état siège, ne donne pas les pouvoirs exécutifs et législatifs au président comme l'article 16, le dispositif le plus extrême utilisé une seule fois en 1961. Ce régime permettra de faciliter les réquisitions, confier la lutte anti-drone aux privés ou construire des hangars pour les rafales sans s'inquiéter des normes environnements tales qui protègent les piaf. Ces critiques redoutent un régime déclenché par décret sans passer par la loi privant ainsi les Français de contrôle démocratique.

Vol au-dessus d'un nid de cocu. C'était l'insurpassable Tibo Nol. Retour à vos chroniques cher Marie Bonisso et monsieur Maudu on va parler de votre petite pote un certain Napoléon 1er puisque le parquet national financier le PNF ouvre une enquête à propos de statuettes représentant l'illustre Napoléon qui ont été reçus par Dominique de Vilpin quand il était ministre des affaires étrangères.

Allez on se concentre sur Napo Napoléon. En avril 1811, Ellisabeth à Paris, l'empereur Napoléon découvre une œuvre réalisée par son sculpteur préféré, l'italien Canova. Et Canva a passé du temps pour faire ce Napoléon en Mars pacificateur, donc de dieu de la guerre Mars Napoléon avec cette statue vraiment imposante.

Elle fait plus 3 m en marbre, c'est gigantesque. Dans la main droite, il porte un globe sur lequel c'est perché une victoire et dans l'autre main il a une lance. Napoléon tout nu, vous le voyez plutôt bien foutu.

C'est vrai, avec l'impérial qui coûte pudiquement dissimuler derrière une feuille de vie. Oui. Dodu quoi que dissimulé.

Comment il a réagi votre héros ? Oh là mal. Il a pas aimé du tout.

Napoléon dit mais qu'est-ce qu'il croit qu'à Novac je me bat avec mes poids autrement dit que je fais du pugil vous savez la boxe antique. Non Napoléon il est comme ça il cherche pas du tout la ressemblance. Lui ce qu'il veut c'est que les artistes respectent des canons esthétiques qu'il a lui-même imposé.

Comme ça, Napoléon ne vieillit jamais, ne grossit jamais et tout ce qui ne convient pas est détruit, même des œuvres de David. Alors cette œuvre là, il la conserve, elle est remisé au Louvre, c'est-à-dire qu'elle n'est pas exposée. Mais en 1815, Napoléon est défit à Waterlot, morne pleine par le duc de Wellington et le roi Louis XV décide de vendre cette statue au gouvernement britannique. 60000 francs, c'est beaucoup d'argent et le prince régent donc le futur George 4 l'offre au duc de Wellington, le vainqueur de Waterlo.

Voilà, tu as gagné la bataille. Tu as un gros Napoléon tout nu et Willington lui l'installe dans le hall de sa résidence à Londres. Ça devient une attraction.

Alors pour les gens qui viennent visiter Wellington parce qu'ils s'en servent comme portemaux. C'est absolument odieux. Et puis les portes de la résidence sont savamment laissé ouverts de façon à ce que les passants puissent s'arrêter l'admirer.

Et c'est le cas en 1822 avec Château Brillant, le grand château brillant qui a mis du temps à être un opposant à Napoléon mais qui était vraiment un opposant à Napoléon et qui ne comprend pas. Ah pourquoi les britanniques sont fada de Napoléon alors que c'est leur voyez et notamment cette statue ça lui pose problème mais d'un autre côté les soutiens de Napoléon ça les amuse beaucoup c'est le cas de Bourrienne un petit pote de Napoléon secrétaire intime qui dit bah c'est rigolo parce que je vous dis plus de 3 m la statue. Donc comme ça quand Willington fait le tour et qu'il se retrouve de dos bah il a la tête au niveau de la partie médiane mitoyenne de Napoléon.

Alors, je vous le confesse, ça m'amuse. Comme quoi, la figure de Napoléon ne sera jamais celle d'un vaincu. Wouh !

Ah, il s'est surpassé. Merci, monsieur Maudit. Alors, on change de niveau, de registre, de hauteur, de largeur.

Il y a pas de fess de vie. On les appelle les nines jardin. Et alors, c'est le retour fracassant au Royaume-Uni en Angleterre.

Mais oui et c'est pas rien ce qui se passe. Les mains de jardin ont attendu un siècle pour que leur bannissement soit levé par la société royal d'horticulture britannique. Donc qui organise en ce moment l'exposition horticole.

Et d'horticulture il y a que. Ah bah oui bah c'estement comme ça tout le monde est content. Donc il y a une exposition horticole en ce moment à Londres.

C'est la plus célèbre du pays, peut-être même du monde nous dit Libération. S'appelle le Chelsea Flower Show. C'est une tradition.

Chaque année c'est complet. On peut pas acheter de billet avant même que ça ouvre. Il y a 150000 visiteurs qui se précipitent pour visiter une trentaine de jardins différents.

Alors, ils sont en compétition, c'est un concours. Donc, chaque jardinier se se surpasse, repousse les limites du bon goût parfois pour attirer l'attention. Dans un garden, par exemple, cette année, on voit une tête géante de GA, mère nature, voilà, qui est taillée dans un immense tron dans un autre jardin.

Et le thème, c'est Aphrodite. Alors, ils ont caché des sex toys entre des des fleurs en forme de cœur. Mais c'est pas ça qui a choqué le plus cette année.

C'est le jardin du roi Charles II, enfin le jardin de la fondation de Charles II qui a embauché une botaniste et David Beckam. Me demandez pas pourquoi pour imaginer un Curious Garden, un jardin insolite avec au sacrilège des nains de jardin à l'intérieur. Alors les anglais appellent ça des gnomes.

Des glomes. Euh ils sont formellement interdits du salon depuis 1927. C'est écrit noir sur blanc dans les statuts de la Royal Society parce que ça détournerait l'attention des aménagements paysagers.

Voilà, ça c'est la raison officielle. C'est du snobisme pur répondre beaucoup. Oui, mais le roi Charles II, il a un petit truc par il aime ça, il aime ça les gnomes.

Il en a paraît-il quelques-uns dans son jardin disséminés dans les buissons et c'est pourquoi exceptionnellement cette année, ils sont autorisés à ce Chelsea Flower Show. Ça fait jaser, ça fait jaser dans le pays et c'est l'occasion pour la BBC de revenir sur la relation amenne. C'est ça des Anglais avec ses gnomes.

Ils ont été importés d'Allemagne au 19e siècle. Alors, les Allemands croient beaucoup au aux petits êtres qui vous aident à la mine ou qui vous donnent un coup de main à la ferme. Ils sont adoptés par les lords d'anglais qui sont passionnés de jardinage puis détesté parce que arrive la Première Guerre mondiale et donc Première Guerre mondiale, on n'aime plus trop tout ce qui vient d'Allemagne.

Il faut attendre l'hiver 1938. Qu'est-ce qui se passe cet hiver là ? Carton mondial de Blanche-Neige, de Walt Disney au cinéma.

Et là, Simplet, prof et tous les copains de petite taille, voilà, dormir reviennent en grâce enfin au Royaume-Uni, sauf chez donc cette société royale d'horticulture. Il les a toujours méprisé, instauré une gnome zone comme dit certains médias dans ce salon. Alors cette année, vous le voyez donc c'est historique, ils sont une précieuse exception.

Ils sont peints par plusieurs célébrités. Ils seront mis aux enchères dimanche. Je dis ça au cas où certains d'entre vous ont de l'argent et des buissons.

Merci Marie. Merci, c'est fini. Demain à 20h05, le club de 28 minutes avec le statuaire et sculptural Renault Dit.

Nous on se retrouve tous à faler lundi soir. Susce.