Juan Branco : Politique, scandales, guerre en Iran, Epstein & colère populaire avec @JuanBrancoFR
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 18 %Attaque 58 %Défensif 24 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:14OuverteRéponse directe
Comment allez-vous ? Beaucoup de personnes s'inquiétaient pour vous.
- 1:52OuverteRéponse directe
Vous avez évoqué des problèmes de santé récents. Pouvez-vous nous en dire plus ?
- 19:18OuverteRéponse directe
Vous avez travaillé à la Cour pénale internationale. Pourquoi avoir quitté ce poste ?
- 24:24OuverteRéponse directe
Vous mentionnez le scandale Uramine. Pouvez-vous expliquer en quoi il est emblématique ?
- 37:17OuverteRéponse directe
Pourquoi avoir enquêté sur Areva en Centrafrique ?
- 42:23OuverteRéponse directe
Vous parlez de manipulation médiatique. Avez-vous des exemples concrets ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:00Fait
« Je suis votre futur président de la République au cas où vous l'ignoriez. »
- 1:52Fait
« J'allais au Congo pour en République démocratique du Congo pour m'occuper d'un certain nombre de situations relatives à la guerre qui affrontent la RDC et l'Oranda. »
- 6:44Chiffre
« On avait proposé une solution qui s'appelait la licence globale qui faisait qu'on on rajoutait 5 € par mois sur les connexions internet obligatoirement pour tous et donc ça permettait de d'obtenir plus d'un milliard d'euros par an. »
- 12:08Fait
« Il y a déjà un article du monde qui raconte que je suis vincé et ils disent, je me souviens de l'article du titre de l'article, c'est à gauche Adopi fait sa première victime. »
- 13:31Fait
« J'avais même déjà donné ma démission au moment justement il y avait eu ce renoncement sur Adopi qui m'avait été refusé. »
- 24:24Chiffre
« Uramine, c'est 4 milliards d'euros d'argent public. Arriva, c'est n'existe plus à cause de ce scandale. »
- 33:47Chiffre
« 18 millions d'euros, c'est beaucoup. C'est déjà une belle escroquerie, mais c'est rien par rapport à 4 milliards. »
- 1:51:11Fait
« Pourquoi de et vous avez une société qui se déstructure les gens ça va mal finir. Ça va mal finir. C'est pour ça qu'on parle de plus en plus de guerre. »
- 1:51:25Fait
« On est sur une mécanique de cet ardre là et on est sur cette mécanique parce qu'il y a plus de gens qui sont à l'écoute de ces de ces souffrances »
- 1:52:37Fait
« j'ai une carabine qu'est-ce que j'en fais voyez ? Enfin je veux dire, c'est c'est des Français normaux, des Français dont vous sentez qu'ils sont euh euh affectés par ce qui se passe »
- 1:53:21Fait
« Je me retrouve à une position où je fais partie des rares derniers sas entre la violence et la population française. »
- 1:54:05Fait
« la violence commence à s'étendre euh dans le reste du monde. Euh c'est il y a un mouvement de fond qui est au-delà de la France et est très inquiétant. »
- 1:54:46Fait
« à 22 ans, vous avez mené euh bah des des combats politiques et vous avez vu ça un peu s'effondrer »
- 1:55:23Fait
« À 26 ans, il conseille les plus grands, vous voyez. Enfin, donc j'étais consacré. »
- 1:56:48Fait
« il avait directement amené à celle-ci à travers son incitation à les gardes de groupes antifascistes comme les jeunes gardes à à mener des batailles de rues qui qui amènent nulle part. »
- 1:57:31Fait
« Netflix c'est de la merde. Enfin vous voyez, on on a adoré les premières années et là ça rentre parce que en réalité si vous faites des films et vous écrivez des films à travers les algorithmes »
- 1:58:10Fait
« François Hollande a été élu président, Emmanuel Macron a été élu président et j'aimerais pas être François Hollande ou Emmanuel Macron »
- 1:58:55Fait
« Est-ce que Malcom a échoué en se faisant assassiner, c'est-à-dire en en ayant de facto une défaite politique ? Non, parce que regardez 50 ans plus tard, il y a des gens qui qui en parlent »
- 2:00:22Fait
« il était détesté notamment parce que c'était un un grand il avait beaucoup d'argent parce qu'il avait les marais salins et à l'époque le sel c'est ça apportait des fortunes »
- 2:01:49Fait
« un monitoire c'était une sorte d'obligation qui était faite publique à tous les citoyens enfin tous les membres des paroisses pour dénoncer tout crime qui aurait pu être commis par euh par tel individu. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.
Je suis votre futur président de la République au cas où vous l'ignoriez. Moi je trouve ça très gênant de parler de Jack Lang pour une raison très simple. Ça fait des dizaines d'années qu'il y a des rumeurs qui entourent cet homme. Moi, je sais de premièrement qu'à Anger, en effet, il y a beaucoup d'occidentaux qui allaient parce que on s'y payait des jeunes des jeunes garçons pas chers. Comment on peut vivre dans un pays où quelqu'un quand même de très important, de très exposé fait l'objet de ses rumeurs publiques sans jamais être confronté ? C'est les livres sur Macron, c'est le la défense de Juliene, c'est l'avocat de toutes les causes. On ne peut pas parler de liberté si on invisibilise des gens qui ne sont pas d'accord avec vous. Les attentats du Batacatlan et de la
promenade des Anglais à Nice sont le fruit de décision de politique étrangère qu'on a pris dans cette régionl. La position de la femme est infiniment plus favorable en Iran qu'en Arabie Saoudite. En Iran, le taux d'éducation des femmes est le parmi les plus élevés au monde. On ne peut pas faire triompher ce que l'on considère être [musique] le bien partout dans le monde, y compris au prix d'une destruction d'une société en son. Avec Mou, on rate quand même le gros du sujet. On va fracasser des individus sans traiter le problème de structure. François Hollande a été élu président, Emmanuel Macron a été élu président et j'aimerais [musique] pas être François Hollande ou Emmanuel Macron et j'aimerais pas me retourner sur ce qui a été ma vie et de devoir me dire mais en
fait ce qui me semblait être une réussite, à quoi est-ce que ça a mené ? Bonjour à tous. Aujourd'hui, on est avec Juan Branco pour la seconde fois et on s'était vu c'était il y a 1 an. Depuis, il s'est passé beaucoup de choses. Donc je pense que ça va être super intéressant. On va pouvoir un peu parler de politique française internationale. Merci d'être là. Merci à vous de m'inviter. Et avant bah de parler de tous ces sujets déjà, comment est-ce que vous allez ? Parce que c'est vrai que à la date de publication de l'interview euh vous avez rencontré des des problèmes. Est-ce que vous voulez en parler ? parce que beaucoup de personnes se sont inquiétées. Enfin, vous avez dû recevoir beaucoup de messages aussi et même nous, enfin sur les commentaires, c'était que
ça. C'était comment est-ce que vous allez ? Oui, parce qu'on a eu un une grande inquiétude. J'ai j'allais au Congo pour en République démocratique du Congo pour m'occuper d'un certain nombre de situations relatives à la guerre qui affrontent la RDC et l'Oranda. Donc, à l'est du pays. C'est un pays que je connais bien parce que je m'y suis rendu pour la première fois en 2012. C'était au moment où venait d'être créé un un groupe rebelle qui s'appelait le M23 qui est celui qui aujourd'hui continue à semer la terreur à la frontière avec le Rwanda. En fait, le Rwanda c'est un pays qui a connu un un grand génocide où il y a eu plus d'un million de morts tout donc qui sont une ethnie minoritaire au Rwanda.
Et on a eu dans les années qui ont suivi une instrumentalisation de ce génocide pour rentrer au Congo, envoyer des milices côté congolais et notamment piller des ressources. Et le Congo, c'est un pays qui est immense, qui a été créé par la Belgique lors de la colonisation et qui n'a pas les infrastructures pour contrôler tout son territoire. Donc en gros, quand vous avez la capitale Kinshasa qui est à l'ouest, très très loin de d' Kivou, de l'endroit où il y a la guerre, euh ils ont pas de moyen pour envoyer des troupes, pour maintenir l'ordre et même pour avoir un état qui s'occupe des [grognement] nécessités de la population. Alors que le Ronda est collé à ces territoires qui sont très riches en minerai et euh c'est un pays qui est beaucoup plus petit euh et qui est
beaucoup plus et beaucoup mieux organisé administrativement, beaucoup tenu euh d'une main de fer par son dirigeant qui est très autoritaire et donc ça lui permet de se déployer et d'aller chercher des ressources beaucoup plus facilement. Donc ça crée des violences permanentes avec des millions de déplacés. Bon c'est une situation horrible. Et donc j'avais passé un mois là-bas après la campagne présidentielle de 2012 où on m'avait demandé de contribuer au programme de la gauche et d'être le principal conseiller de celle qui deviendrait la ministre de la culture. Et à l'époque, il y avait pas Netflix, il y avait pas Amazon, il y avait pas tout ça, il y avait pas Spotify. Et la grande question c'était qu'est-ce qu'on va faire avec la la culture pour l'accès
à celle-ci alors qu'il y avait beaucoup de de partage et de piratage ? Donc il y avait le streaming qui commençait à naître mais il y avait surtout ce qu'on appelait à l'époque le pire to pire. Je pense que vous êtes trop jeune pour vous y être intéressé, mais c'est des choses qui pour la génération d'avant sont très connues. C'est euh il y a eu Casal, Bitoren, c'était des logiciels qui vous permettaient de partager des œuvres que ce soit de cinéma ou de ou de musique gratuitement et qui passaient pas par une plateforme qui concentrait les choses. Donc c'était très démocratique, très horizontal. Vous téléchargez quelque chose mais il fallait aussi la laisser en partage et des gens pouvaient la télécharger chez vous et vous la téléchargez chez des autres. Voyez comme ça tout le monde se
partageait. Ça cré crée des réseaux très très efficaces, y compris même en terme de écologique quoi parce que ça dépense beaucoup moins de il y a pas besoin de serveur, tout est tout est chez chacun. Hm. Et c'était l'angoisse absolue des euh euh donc ça avait commencé avec Napster d'ailleurs, le premier qui est peut-être un peu encore connu. [rires] Voilà. Bah c'était le début de de ça et ça avait créé une angoisse énorme dans toutes les industries du cinéma et de la musique. Et ils avaient créé à l'époque Denis Oliven avait créé pour Sarkozy quelque chose qu'ils appelaient la Adopie que qui existe encore aujourd'hui mais qui à l'époque c'était monstrueux. Il voulaient couper 300000 connexions internet par an en France euh chez tous ceux qui utilisaient ces ces ces
réseaux. Donc tous ceux qui partageaient gratuitement des films, des musiques parce que c'était l'autre énorme avantage à l'époque, c'est que aujourd'hui quand vous allez sur des plateformes de streaming de piratage illégal, c'est des grosses machines avec des gros serveurs qui gagnent beaucoup d'argent à travers la publicité ou qui vous font payer des des abonnements sans jamais rien reverser aux artistes. à l'époque, de façon très majoritaire, c'était des gens qui faisaient ça par amour du partage, quoi. Il ils en tirent aucun bénéfice particulier. Mais évidemment, ça retirait énormément d'argent à ceux qui qui en avaient fait commerce. Et donc ils avaient créé Adopi pour essayer de préserver les industries culturelles. Et moi je m'étais beaucoup
battu avec une association qui s'appelait la quadrature du Net, l'UFC cohoisir. J'avais j'étais très jeune à l'époque, mais j'avais réussi à créer un collectif de de cinéastes, d'acteurs, de réalisateurs, des gens importants pour s'opposer à à cette loi qui avait pour objectif bah de de priver d'un droit fondamental parce que accéder à internet, c'est quand même essentiel dans notre civilisation, des centaines de milliers de personnes en France parce que elles partagaient gratuitement de la culture. On trouvait que c'était pas la bonne solution. C'était contre la loi Adopi. C'était contre la loi Adopi. Et et à ce moment-là, on avait proposé une solution alternative. On disait "Les gens ne vont pas renoncer un accès illimité à la culture parce que c'est
technologiquement possible. Donc c'est absurde de penser qu'on va réussir à nouveau à faire consommer des gens à l'unité, voyez, acheter un album, acheter un DVD alors que en fait le flux est et donc on avait proposé une solution qui s'appelait la licence globale qui faisait qu'on on rajoutait 5 € par mois sur les connexions internet obligatoirement pour tous et donc ça permettait de d'obtenir plus d'un milliard d'euros par an qu'on reversait au créateurs et aux artistes et donc ça permettait de financer la culture de façon un peu collective. tout en autorisant encore le partage gratuit entre individus. C'était l'alternative. Et moi à l'époque, j'avais prévenu si on fait pas ça, on va avoir des plateformes privées qui vont
proposer la même chose, sauf qu'elles seront américaines, qu'elles financeront pas les artistes français ou alors marginalement et elles nous proposeront des œuvres qui appartiendront à une autre civilisation avec des valeurs différentes, avec des codes différents et qui seront très formatés. Et c'est évidemment ce qui s'est passé quelques années plus tard. Netflix a commencé à prendre son envol et Netflix c'est une licence globale mais privée. C'estàd que vous payez pour avoir accès à un catalogue de film illimité, enfin pas du tout illimité mais il vous donne l'impression que c'est illimité euh un abonnement tous les mois de 9 € et sauf que évidemment aujourd'hui nous à l'époque c'était musique, cinéma, presse et tout ça parce que on le rendait
obligatoire. Ça faisait qu'il y avait 70 millions de personnes qui payaient 5 € par mois. Ça débloque des sommes immenses. Ça permet de financer tout le monde. Aujourd'hui, comme c'est des abonnements privés que donc à chaque fois il y a un million ou quelques millions ou quelques centaines de milliers de personnes qui payent, ils sont obligés d'avoir des prix beaucoup plus élevés. Donc vous devez payer euh 10 € pour Netflix. Enfin, je pense que ça a encore augmenté. Euh pareil pour Media Part, pareil pour le monde, pareil pour Spotify et en réalité vous retrouvez à payer des centaines d'euros par an ou des milliers d'euros par an pour avoir accès à des catalogues qui en réalité sont plus pauvres parce que voilà les œuvres qui sont faites par Netflix bah c'est il est arrivé ce qui
est arrivé c'est soit des œuvres principalement américaines soit qui répondent à des codes culturels très standardisés. Moi, j'ai un ami euh qui m'a j'allais dire son nom, mais je pense qu'il m'en aurait voulu, qui a qui a réalisé des très grands films, enfin à très grand budget pour pour Netflix et il m'a raconté l'horreur. C'est-à-dire qu'il rentre dans des salles où il a et c'est pas une injure que de leur faire que des nerdes qui sont dans dans la salle à New York ou et qui lui explique qu'il faut que au bout de x secondes il y ait un premier rebondissement, qu'au bout de x minutes, il faut qu'il y ait tel autre élévement parce queils suivent les algorithmes dans sur les algorithmes, la l'attention des spectateurs et et ils se disent "Bah voilà, en fait ce qui marche bien sur
1000 films, on a vu c'est quand il y a quelque chose qui se passe à tel moment, en tel autre moment et Après, il faut que ça respecte telle valeur culturelle, telle autre valeur culturelle qui est tel rapport aux femmes ou je sais pas quoi. Enfin de tout un truc qui fait que l'artiste qui en général est quand même quand les artistes ont des gens qui sont un peu déglingués par définition ils sont différents. H h h et c'est comme ça qu'ils arrivent à apporter quelque chose que ce soit par la provocation, que ce soit par l'approfondissement de de rapports que qu'on n pas l'occasion de connaître dans dans nos vies quotidiennes. Et là, tout est en fait hyper contrôlé, restreint. Et il paraît aussi que ça s'adapte au double écran maintenant. Donc que en fait, il faut répéter plusieurs fois
l'intrig. Oui, j'ai vu ça. Oui oui. Il faut parce que en gros le temps d'attention qui est consacré est très faible et qu'il faut voilà que que que quelqu'un qui ressaisisse l'œuvre à n'importe quel moment soit capable de de comprendre quelle est l'intrigue, combien même il aurait il aurait voilà, il aurait été sur son téléphone pendant pendant les 20 premières minutes. Et le dernier problème de tout ça, c'est que l'argent part loin de chez nous, aux États-Unis, enfin à l'étranger. C'est pas de l'argent qui reste dans la création locale mais aussi dans les industries productives nationales. Et je vous raconte tout ça parce que donc on propose cette alternative parce qu'on voit venir le problème. Moi je suis fils de producteur de cinéma donc je suis très
euh enfin je me suis intéressé depuis que je suis gamin pour parce que je m'intéressa à ce que faisait mon père. Là j'ai réalisé un film ouais qui va qui va sortir et bon c'est un peu mon espace et donc c'est ce qui c'est ce qui explique qu'à ces jeunes comme et j'étais j'étais assez geek. Donc le mélange des deux fait que Adopis c'est vraiment mon sujet et je vais écrire mon premier bouquin sur sur cette question à 20 ans. On va réussir à faire réussir à faire sauter cette loi dans sa version répressive telle que je vous la décrivais. On réussit à éviter ça avec à l'époque le Parti socialiste avant qu'il se compromette au pouvoir avec François Hollande. Et donc François Hollande et sa future ministre de la culture me demandent de rentrer dans la campagne et
de venir leur conseiller sur ce sujet. Et ça a été un moment important dans ma vie parce que ça me fait rencontrer euh 300 Je suis désolé mais vous allez voir le lien avec le Congo. Je vous ai fait une parenthèse un peu un peu un peu éternelle mais mais c'est intéressant ça me faire rencontrer en gros tous les patrons de grandes chaînes de télévision de TF1 de France Télé Canal tout ça et de découvrir le ce petit milieu là. Donc on arrive à les convaincre qu'il faut changer de modèle mais il y a des lobby qui après reprennent le pouvoir. Donc Hollande annonce la fin de la DOPI, donc on rentre sur la dynamique de licence globale et je me fais sortir parce qu'à un moment donné le rapport de force inverse et que ma future ministre n'a pas n'a pas envie de de se battre sur ce
sujet comme les nouvelles générations parce que elle est elles se sent peut-être moins concernée. Et donc je suis tellement dégoûté par cette expérience euh qui me permet euh il m'avait prêté les bureaux du futur président parce que lui était parti au QG de campagne. Donc moi j'avais ses bureaux à l'Assemblée nationale. Enfin, j'étais vraiment en en grande proximité avec le pouvoir et à 22 ans dans vous imaginez bien dans une situation de privilège euh assez extraordinaire. Et à un moment donné, je comprends que parce que j'avais déjà une petite visibilité sur le sujet que j'ai été utilisé pour donner des gages à la société civile, mais dès qu'ils arrivent au pouvoir, ils ont plus besoin de moi. [grognement] Et ce qui va les étonner, c'est que donc de ils sont il est élu le 6 mai, je pense
de tr jours après 2012, il y a déjà un article du monde qui raconte que je suis vincé et ils disent, je me souviens de l'article du titre de l'article, c'est à gauche Adopi fait sa première victime. Donc vous imaginez, ils viennent à peine d'arriver au pouvoir, ils ont pas encore vraiment formalisé quoi que ce soit, qu'ils ont déjà pas un scandale mais déjà une polémique parce qu'ils sont déjà en train de renoncer à leur première à leur première promesse de campagne. Ça va pas être la seule malheureusement. tout le Quinquena va suivre. Mais j'étais aux premières loge pour comprendre en fait la campagne elle-même était assez dégoûtante et surprenante avec Hollande qui nous avait tous réuni à un moment donné les les 2000 personnes qui en gros avaient contribué à campagne pour pour dire je
sais que vous êtes là pour des postes, vous en aurez des choses qui déjà montraient qu'on allait qu'on allait dans le mur et j'avais même déjà donné ma démission au moment justement il y avait eu ce renoncement sur Adopi qui m'avait été refusé. Donc tout ça me choque en réalité et pour quelqu'un qui est idéaliste, c'est hyper violent et et ça va et je découvre la violence du politique. Je découvre une ministre qui est qui est dévastée par ce qu'elle par sa propre ambition, par tout ce qu'elle doit tout ce à quoi elle doit renoncer pour se faire admettre dans ce monde. quelqu'un qui était fille d'ouvrière d'ouvrier, donc qui était arrivé avec une forme de croyance ou en tout cas d'engagement en hommage à son à son père notamment qui était mort assez jeunes et
qui va accepter de devenir l'instrument d'ambition qui de sa propre ambition et renoncer à défendre ses pères. C'est l'époque parce qu'elle venait de cette région de Florange et de vous vous souvenez probablement pas, c'était le renoncement au haut fourneau, donc c'est-à-dire à la métallurgie à et à notre rapport à à la production d'acier en en France. Euh où en gros, on a un très grand groupe industriel qui s'appelle Arcelor Mital qui est un groupe mondial qui avait racheté des haut fourneaux en France et qui les avait fait fermer pour des raisons d'économie. ce qui faisait qu'on on commençait à dépendre d'export enfin d'importation de d'acier de l'étranger, mais surtout qu'on avait des régions entières qui étaient d'abord des régions qui avaient
qui s'étaient développé grâce à l'exploitation du charbon puis ensuite justement la la fabrication d'acier qui tout d'un coup se retrouvait sans sans emploi. Or ce que les économistes perçoivent pas c'est que le chômage c'est pas seulement des courbes qui montent et qui descendent. C'est aussi c'est d'une part quand quelqu'un dans sa vie passe par le chômage, il devient une autre personne. Ça ça brise pas forcément de façon irrémédiable mais ça crée des conséquences qui fait qu'on on a on a on a moins de capacité qu'avant et il y a un coût humain qui est très important. Ça c'est le premier point. Et le deuxième point c'est qu'au niveau du territoire c'est une catastrophe. C'est on a oublié parce qu'on a une on est tellement dirigé par des gens qui vivent
dans la ville qui ne sont plus en lien avec les territoires que on on ne on ne passe pas par exemple de les justement de de l'industrie lourde à au service ou aux tertières en un claquement de doigts. Ça ça demande une reconfiguration de l'espace de la formation des gens et cetera. ça prend des années voir des décennies et c'est des territoires qui en réalité ont été complètement détruits par cette vague de désindustrialisation. Donc ils avaient déjà été affecté une première fois les années 80 par la fermeture des des mines de charbon et là il se retrouve avec un deuxième choc industriel. Et donc tous ces socialistes, compris cette personnes, vont accompagner ce renoncement alors que ça faisait aussi partie de leur promesse de campagne. Donc moi je me retrouve dans ce monde
complètement fou. Le directeur de Science Po voulait me recruter. C'était la fin de mes études c dernière année. il meurt soudain le 4 avril, donc pareil de semaines avant la et donc je me retrouve dans les situations horribles où on fait voir son cadavre parce qu'il faut il y a une sorte de rituel qui se met en place où il faut solidifier les rangs derrière les réseaux qui s'étaient constitués autour de lui parce qu'il faut on est déjà en train de penser à la succession enfin des histoires horribles à peine mort aux États-Unis voilà c'est ça à New York il m'avait écrit la veille de façon très prémonitoire ou étrange en me disant j'ai il m'avait juste écrit ce message dans un ton qui utilise jamais avec moi. Il m'avait il m'avait écrit "Je l'ai gardé, j'ai rêvé de vous."
C'est le lendemain, il meurt. Un truc complètement absurde. Et je reçois l'appel de sa veuve pour me prévenir qu'il est mort. Et et elle m'explique que j'étais en gros l'élève modèle pour lui de sciences pot, que c'est très important que je fasse le discours d'hommage à son égard, qu'il va y avoir le président de la République, je sais pas quoi, tout ça au milieu de cette campagne. Incroyable. Et là, vous avez 22 ans. 22 ans. Ouais, c'est ça. C'est on est en on est en 2012 et je suis en train de finir mes études en gros. Donc, je suis le conseiller de cette de la future mise à la culture. Il y a ça qui arrive. J'avais travaillé à CPI, le procureur est en train de partir de son poste et veut m'amener à Harvard. Je suis dans un
monde où tout est facile et où en gros les chemins sont tracés. C'est c'est à ce cette époque là que je rencontre Xavier Niel que enfin tout se met en place avec une facilité déconcertante et tout d'un coup donc j'ai ce choc politique qui intervient et qui me désoriente et et où je fais le choix de rompre, c'est-à-dire je je refuse d'avoir été utilisé et et et d'accepter un poste de chargé de mission ou je sais pas quoi qu'on proposait. Et donc je rends public les engagements qu'on avait pris et le fait qu'on pouvait les mettre en œuvre sur justement cette question qui me tenait à cœur et je décide de de de ne pas suivre le chemin qui m'est proposé. Et donc c'est à ce moment-là
euh où euh je prends cette décision un peu étrange euh qui consiste à aller donc au Congo, au Norquivou, sur ce terrain de guerre où est en train de naître cette rébellion et où j'ai passé un peu plus d'un mois dans des villages à la recherche justement de de ces euh de ces miliciens et d'enquêter sur eux. Je vais finir par publier un article dans le monde diplomatique, un long article à ce sujet parce que j'avais travaillé donc avec comme je vous le disais à Courpenal International sur ces questions et euh et je m'étais rendu compte un peu en décalage euh qu'on prenait des décisions sur ces situations là et sur les vies de gens parce que la cour internationale c'est la poursuite théoriquement des plus grands criminels. Criminels contre l'humanité, criminel de guerre ou génocidaire.
Et à l'époque, la CPI ne s'occupait que de pays africains et donc notamment du du Congo et de cette guerre à l'est du Congo. Et et moi comme je m'étais retrouvé, j'avais j'étais stagiaire puis le procureur m'avait repéré et m'avait demandé de rentrer à son cabinet et donc j'avais une vue d'ensemble sur toute l'activité du bureau du procureur. J'ai évidemment aucun pouvoir de décision mais tout passait par moi parce que tout remontait au procureur et j'étais pendant quelques mois son assistant spécial par intérim. Et donc je me retrouve à à découvrir queil y a toute une machine qui s'occupe de de massacre dans des villages d'individus sans que personne n'y soit jamais allé ou que des personnes y
soient allées de façon extraordinairement ponctuelle avec des mesures de sécurité extraordinaire et qu'en réalité c'est impossible. Ça n'a aucun sens de juger des gens avec une telle distance à la fois culturelle, à la fois géographique, à la fois et donc je décide de d'y aller pour pour découvrir en fait pour comprendre rétrospectivement ce à quoi j'ai participé ou ce que j'ai vu au sein de ce tribunal. Et donc ça va être le début d'une longue histoire où je vais aller plusieurs fois à la fois là-bas et dans d'autres terrains de guerre. Je vais faire ma tête sur les violences de masse. Et donc quand je reviens au Congo là en en 2025, c'était en 2025, c'est ça, c'était sur ce sur des questions de
cet ordre là et et je me retrouve en fait au cours de de l'avion, enfin dans l'avion avec des difficultés à respirer très importantes. Donc l'avion qui allait vers Kinshasa et qui m'amène à devoir être hospitalisé d'urgence dès mon arrivée à Kinshasa et où en fait on va voir toute une série de de tests pour essayer de comprendre ce qui va se passer. Une vraie inquiétude de la part des autorités sur place. Ils vont finir par mettre un agent du renseignement armé dans ma chambre en permanence par peur de ce qui est un accident ou que ce soit quelque chose qui qui est qui soit de l'ordre de l'empoisonnement ou autre. Et donc on va avoir cette sorte de d'inquiétude très forte et de crispation qui va durer plusieurs jours
avec une difficulté à identifier l'agent pathogène qui qui était à l'origine de de ma situation. Et heureusement, une équipe médicale extraordinaire qui va qui va qui va m'aider, qui va me permettre à un moment donné de finir mes soins, de repartir au et et pendant ces moments-là, il va y avoir une sorte de ce qui a été très étrange, c'est qu'il va y avoir une sorte de guerre de tranchée sur les réseaux en parallèle euh donc que je vais découvrir après où euh va y avoir une sorte de guerre de récit, donc où des gens sont sont au courant que je suis hospitalisé, que je connais des des difficultés de santé grave. Et donc va commencer à naître la rumeur d'un empoisonnement d'un côté et de
l'autre côté, il va y avoir une sorte de contrersi euh avec des armées de troll et de botes qui vont se mettre en place euh pour essayer euh de de donner à croire que d'abord que il ne me serait rien arrivé puis ensuite que ce qui m'arrivait n'est pas grave ou que ce serait juste une tourista. Enfin avec beaucoup de Vous faites semblant. Oui. Alors c'était plus en mode euh il a non mais en gros il a dû attraper il a dû attraper la tourista ou je sais pas quoi et on en fait tout un drame et cetera. Mais ce qui était intéressant c'était l'intensité avec laquelle ça s'est mis en place et le caractère en réalité assez organisé comme s'il y avait des gens qui s'inquiétaient de ce qui pouvaient. à un moment où j'étais
encore dans un dans un vraiment un sal état et où il y avait une vraie inquiétude sur la suite presque préventivement, vous voyez, enfin comme si au cas où il m'arriverait quelque chose. comme un contrefeu qui m'a qui que j'ai trouvé assez étrange quand quand je me suis rétabli et et donc voilà et ça fait partie aussi ça et ça ça intervient dans un contexte où où j'ai quand même fait l'objet d'un certain nombre d'offensives réputationnelles, d'attaqu de tentatives de déstabilisation de poursuite que ce soit les accusations de viol d'emprisonnement au Sénégal après un enlèvement Mauritanie où quand même on on m'accusait de complot contre l'État et de de je sais plus si terrorisme ou attentam enfin Euh on a voulu me on m'a on m'a on m'a
quand même poursuivi pour des faits qui valent perpétuité enfermé en prison parce que je défendais un opposant politique euh qui a eu des des violences à la fois institutionnelles et réelles qui ont pu se dérouler sur le territoire français. On est au cœur en fait d'une lutte d'influence avec des des acteurs très importants et on est dans un monde où des gens comme moi euh peuvent avoir un un effet réel sur le cours euh des affaires politiques et et économiques de grande puissance. Et ça ça en fait ça ça expose à à beaucoup de manœuvres. Et je vais vous donner un exemple. Par exemple, en
à un moment donné, j'avais j'avais décidé d'enquêter sur Areva et un scandale qui s'appelle le scandale Uramine. C'est 4 milliards d'euros d'argent public. Arriva, c'est n'existe plus à cause de ce scandale. Maintenant, ça s'appelle Orano. C'est la grande entreprise qui fait du qui s'occupe du nucléaire en France. Donc il y a EDF et il y a Ariva qui fournit euh les la matière ficile et ainsi de suite. Euh arriva à un moment donné sous Anne Lauvergon qui était la conseillère de Mitéran préférée, une femme très introduite dans le petit Paris parce qu'elle a fait ça pourrait intéresser votre auditoire, elle a fait l'école normale supérieure puis après les mines, le corps des mines. Et alors le corps
des mines en fait parce qu'il y a plusieurs choses. qui a d'abord entrer dans les grandes écoles. Si vous voulez vraiment être au sommet de la société française, il faut passer par les grandes écoles. Ça encore aujourd'hui, c'est un carré, c'est c'est définitionnel. C'estàd que en gros votre avenir se joue entre la fin de votre lycée et vos 20 22 ans. Si vous avez beaucoup de chance, si vous savez ce qu'est l'école normale supérieure par exemple, ce qui est pas du tout le cas de la majorité des personnes qui voilà que vous êtes en capacité parce que vous avez un très bon dossier scolaire de rentrer dans une prépa. Voilà ça aussi il y a même des gens qui savent pas ce que c'est une prépa. Donc c'est des deux il y en a beaucoup qui savent pas c'est une nouvelle prépa qui font
rentrer à l' justement. Voilà qui fait entrer sur qui était une prépa assez intéressante que j'avais hésité à faire d'ailleurs parce qu'elle existait à l'époque à Turgo il y en avait une ou deux seulement et qui qui permet de faire des sciences sociales. C'est ça qui fait du droit. Ouais, je me souviens. Vous avez fait quoi vous comme ? Euh moi j'ai moi j'étais inscrit en prépa littéraire à Monnaie et j'en suis sortie au bout de 15 jours parce qu'à l'époque le concours de sciences pot était euh fin août et on avait les résultats en gros la 3è semaine de septembre. Et donc je devais faire le choix entre faire les 2 ans de prépa littéraire pour éventuellement passer le concours de normal à la fin ou rentrer directement à Science Po parce que je
venais d'être admis au concours et et j'ai décidé de rentrer à Sciencep et ensuite en parallèle comme j'ai fait du droit à de la philo à la fac je suis quand même rentré à Normal Sup à Hulm euh via le concours étudiant donc c'est la voie universitaire et euh parce que je me suis rendu compte qu'à Science Pô les cours étaient très insubstantiels. C'estàd que c'était euh euh en fait, je prenais beaucoup de plaisir à à la fac en droit et en philo et à Sciencep c'était plus de la forme où enfin je je survolais les cours quoi. Là là où par exemple l'endroit la fac, j'ai l'impression d'être un artisan, d'apprendre une technique et en philo, c'était juste un sorte de voyage intellectuel passionnant. J' j'avais
rien de tout ça à Science Po et j'en avais d'ailleurs parlé à l'époque avec le directeur de l'école Richard Descoin et c'est de là enfin c'est du fait que un les cours étaient pas à la hauteur à mon sens et de que c'était compliqué de suivre en parallèle des un cursus à l'université qu'il a créé des doubles cursus avec Parien et Paris 4 en en en philo et en littérature et autres alors qu'à l'époque il y avait que les cursus avec Paris je suis en science qui existait. Bon bref et euh et je vous disais ça parce que donc vous rentrez donc disons que vous rentrez dans une prépa pour rentrer à Normal Supien même vous êtes dans une prépa, c'est
extraordinairement compliqué parce que par exemple dans les prépas littéraires, il y a 15000 candidats pour 100 places euh à peu près. Donc et vous avez une concentration très forte de ceux qui réussissent le concours dans les grandes prépas Louis Le Grand et Henri 4. En gros parce que c'est un système circulaire assez injuste d'ailleurs où la quasi totalité des Normaliens en viennent. La quasi totalité des profs anormales sont eux-mêmes des anciens Normaliens donc et ils sont tous à 50 m les uns des autres. Normal supé juste à côté d'enreg qui est juste à côté de Land. Et donc en réalité vous avez un système oùù vous êtes beaucoup mieux préparé au concours quand vous êtes déjà dans dans une de ces écoles. Mais disons que enfin dans une
de ces prépas donc disons que vous rentrez à normal, c'est pas fini. Il y a encore la suite pour intégrer les classes dominantes au sommet. Et donc le le anovergon combine l'entrée anormale et ensuite un élément supplémentaire qui va être son entrée au corps des mines. Alors le corps des mines, c'est pour ceux qui sont soit polytechniques, soit normal euh et qui sortent euh pour Polytechnique parce qu'il y a un classement de sortie à Polytechnique dans le haut du panier ou à Normal Sup qui passe le concours directement du corps des mines. On en recrute quelques-uns par an et ils vont avoir pendant 2 ans une formation qui mélange un peu de cours mais surtout des stage dans un cabinet ministériel auprès d'une
grande entreprise. Et en fait, c'est devenu une forme de petite mafia, moi je les appelle gentiment comme ça, avec un DRH en gros qui est un des mecs les plus puissants de la République où ça peut être une femme, je pense qu'en ce moment c'est une femme, qui place les quelques membres du corps de Minecané au poste stratégique et qui leur construisent un parcours qui théoriquement est censé les amener au pu en gros à devenir des les PDG du CAC 40 ou et donc si vous regardez la proportion de membres des corps de mines qui ont été PDG du CAC 40, vous voyez qu' il y a une très grande prédétermination. qu'en gros que entre vers 25 ans déjà, il y a un premier filtre qui est intervenu où vous allez avoir principalement du corps des mines aussi de l'inspection générale des finances
pour ceux qui ont plutôt choisi la voie de ce qui était l'ENA qui est aujourd'hui l'INSP. Mais et donc vous avez tous ces filtres préalables très scolaires en réalité qui favorise assez peu la diversité qui vous permettent d'accéder à tout ça. l'auberge. Mais une fois que vous êtes dedans, c'est un peu la voie royale et vous avez une puissance extraordinaire parce que vous avez passé toutes ces années, donc les années où où on est le plus naïf et donc où on s'ouvre le plus facilement, on se lit le plus facilement avec des personnes qui euh qui vont être elles-mêmes très puissantes parce que elles ont suivi un peu le même parcours et que vous allez retrouver toute votre vie à d'autres échelons et et donc fait ça, elle se retrouve trouve très très jeune comme
[raclement de gorge] Cherpa de François Mitteran. Cherpa c'est les envoyés diplomatiques, c'est ceux qui négocient au nom du président de la République dans les sommets internationaux dans Donc elle fait ça à même pas 30 ans, vous voyez ? Ce qui est quand même assez étrange et incroyable. Et après bon bah elle a un parcours stellaire où on lui demande jamais des comptes et donc elle devient patronne de Arriva et ça va être la catastrophe. et elle va couler parce queelle sait pas trop euh parce qu'en fait elle y connaît rien. Elle était certes ingénieur des mines avec un un background scientifique, mais elle a jamais dirigé une entreprise énorme comme celle-là. Et dans cette catastrophe, il y a eu plusieurs étapes mais qui ont vraiment amené à à ce qu'on soit obligé de recapitaliser EDF. Et
donc, on a fait payer à tous les Français par le prix de l'électricité cette catastrophe parce que c'est des milliards et des milliards qui ont été qui ont volatilisé. Elle décide d'acheter des mines au Centrafrique et en Amibie qui sont qui vont se révéler des mines fantômes en fait où il n'y a pas d'uranium exploitable. Ah et elle va dépenser 4 milliards d'euros pour acheter des mines fantômes à une start-up qui avait négocié les droits. Comment ça se fait ? Ça c'est la grande question. Il y a plusieurs théories. Euh alors déjà, on va écarter l'hypothèse de la pure incompétence euh parce que le CEA donc le centre à l'énergie atomique qui était le prédécesseur enfin qui s'occupait de ce que fait Arva aujourd'hui avait déjà
exploré par exemple la mine au Centrafrique et s'était rendu compte que depuis 60 70 qu'il y avait rien. Donc on savait c'était dans les archives de l'entreprise. Donc ça peut pas être une erreur. Il y avait une ambition stratégique théorique qui consistait à ils imaginaient qu'il qu' il allait y avoir une expansion énorme du marché du nucléaire et un petit problème qui s'est appelé Fukushima qui a qui a un peu bouleversé tout ça et donc leur idée c'était d'essayer d'avoir plein de sources d'approvisionnement. Donc là, on pourrait on pourrait suputer une forme d'erreur de calcul, mais bon, ça n'explique toujours pas pourquoi on donne 4 milliards d'euros à des Gus qui n'ont aucune compétence particulière, qui vous vendent juste des permis euh
qui ont été obtenu en plus au Centrafrique dans une ancienne colonie où on a des relais d'influence énorme. Enfin, on avait pas besoin de passer par eux si on voulait le faire, surtout qu'ils étaient anglais ou australiens, je sais plus. Et euh et pourquoi on a promis à à au président de l'époque du Centrafrique, Bosizé, qui est quand même le pays le plus pauvre au monde de très très loin, des centrale nucléaires, enfin ce qui n'a aucun sens par rapport à l'état du pays des infrastructures pour ensuite pouvoir exploiter les mines et et et lui donner des dizaines de millions d'euros via un intermédiaire qui s'appelait Patrick Balcani, quelquesuns le le connaissent et qui a qui a fait circuler 18 millions d'euros dans dans dans cette affaire. 18 millions d'euros, c'est beaucoup.
C'est déjà une belle escroquerie, mais c'est rien par rapport à 4 milliards. Je pense qu'en terme d'ampleur, enfin je sais pas si on se rend compte de ce que ça vraiment qu'ils sont dissipés. Et en réalité, une des explications euh qui me semble la plus probable, c'est que donc dans cette effusion préfukushima et cetera, on avait négocié la France et donc arriva avec l'Afrique du Sud un contrat qui visait à la construction de plus de 50 centrales nucléaires dans le pays. Quelque chose d'énorme. Il faut imaginer la France a 57 réacteurs nucléaires et on est, je pense, le deuxème pays le plus nucléisé au monde. Donc il y a que les États-Unis qui ont plus de de réacteurs nucléaires
que nous, sauf erur de ma part. Euh c'est donc imaginez-vous un enfin un marché comme celui-là, ça explose même toutes les prévisions à l'échelle mondiale, à la fois sur le nucléaire, mais aussi sur l'uranium et ainsi de suite. Et euh donc on avait corrompu beaucoup de gens pour obtenir la garantie que ces marchés se feraient et et euh et donc on a retrouvé la trace de centaines de millions d'euros de commissions qui ont été payés pour euh pour cela. Or, cet argent euh il faut bien le trouver quelque part. Et en France, les commissions pour rompre de des agents étrangers, notamment des des membres d'État étranger était légal
jusqu'à il y a il y a quelques années. Ça c'est étrange. On pouvait même les défiscaliser. Vous voyez, c'est [grognement] sauf que ça a donné tellement de scandales de rétrocommission, de corruption politique en retour et cetera qu'on a fini par illégaliser ça. Sauf que les méthodes n'ont pas changé fondamentalement. Donc il fallait trouver d'autres méthodes pour pouvoir continuer à débloquer des fonds très importants, les dissimuler et s'assurer après qu'ils arrivent à bon port. Et donc, il est fort possible que Uramine, donc le nom de cette start-up qui qui avait été qui a fait disparaître tous ces fonds, n'a été qu'un un parvent pour débloquer pour exfiltrer des sommes d'areva, les faire disparaître dans la nature pour qu'en
réalité elles arrivent pour corrompre des agents étrangers et avec en retour des rétrocommissions qui arrivent en France. Et donc parce qu'on sait qu'il y a eu des centaines de millions d'euros qui ont été versés en Afrique du Sud de la part d'arriver. Donc et cet argent-là, il y a pas d'autres sources identifiable. Et la seule chose qu'on avait pas anticipé Arriva et [grognement] cette cher de l'argent, c'est que il y a un truc qui s'appelle les élections euh en Afrique du Sud et que euh bah eux ils étaient ils avaient pas calculé l'hypothèse euh qui ferait que ceux qu'ils avaient pu perdre ces élections. Donc c'est ce qui est arrivé. Donc on a retrouvé un peu les fait salair avec des centaines de millions d'euros dans qui avaient été distribués en pure perte et un nouveau pouvoir qui
est en mode bah non on a ni les moyens enfin et ça a aucun sens de de fabriquer 57 réacteurs nucléaires ou je sais pas combien. Et donc et je vous parlais de tout ça parce que par rapport à c à cet étrange monde dans lequel on vit où des personnes pas seul mais à l'époque quand même assez si ça un seul individu voyez peuvent devenir un rouage dans tous ces mécanismes de pouvoir immense. Donc je décide de m'y intéresser. Je me dis c'est pas possible. Et comme je connaissais le Centrafrique parce que je m'y étais rendu justement dans le cadre de la thèse que j'avais commencé après cette aventure politique échouée sur les violences de masse, j'avais décidé d'aller l'année d'après quand j'étais à
Yel à pendant mon winter break à au Centrafrique où il y avait une guerre civile. On était en 2013 et il y avait un risque de génocide disaient les Français et cetera. Donc je me suis dit c'est intéressant. Et donc je connaissais le pays. Donc quand quelques années plus tard je commence à m'intéresser à Uramine, je me dis bah je vais aller sur le je vais aller là où personne n'est allé. Je vais aller dans la mine fantôme la mine fantôme pour voir ce qu'il en est quoi. Et et j'avais acheté mon petit compteur GG et enfin pour mesurer la radioactivité et cetera. Mais j'ai mis 2 ans à le faire et c'est pour ça que je vous en parle parce que c'est très facile d'avoir un accident au Centre-Afrique et que ce soit un accident. H
voyez et euh et oui parce que il restent quand même enfin même si ça a pas marché leur corruption, ils veulent quand même parvenir à leur fin et ils veulent surtout pas que ça se sache et qu'on révèle comme comme j'ai pu le faire enfin que en l'occurrence il y a jamais eu de travaux réels d'exploration enfin bref quand qu'en réalité ils ont fait mine d'envoyer quelques personnes là-bas pour pour leur faire croire au villageois que il la se passer quelque chose et ils ont tout laissé en état son Bon et et c'est c'est des enjeux tellement énormes. Donc parce qu'il y a l'argent, mais il y a aussi les vies de ceux qui participent à cette corruption. Vous voyez quelqu'un comme l'aergon avec tous ses réseaux
et avec la vie qu'elle a mené, elle elle peut avoir l'idée qu'elle sera prête à tout pour ne pas arriver en prison ou être condamné. Euh les politiciens, j'ai parlé de Balcanie euh mais euh s'il y a les réseaux Balcan, il y a peut-être les réseaux Sarkozi. Euh donc il y a peut-être un président de la République et tous les personnes qui appuient un président de la République qui pourrai être menacé si jamais vous découvrez quelque chose qui les implique à leur tour par exemple à tout enfin voilà spéculatif un financement de campagne type l'affaire libyenne qui et il y a eu des morts dans l'affaire libienne. Il y a eu des témoins qui ont il y a un des principaux
témoins qui était retrouvé noyé dans dans un fleuve en Autriche. euh quelques semaines après avant la mort de Kaddafi sauf de ma part. Donc euh et pourquoi est-ce qu'il y a des morts ? Parce que c'est pas les intérêts à chaque fois d'une personne. C'est une personne qui elle-même a aidé une autre personne, qui a aidé une autre personne et qui à un moment donné aussi peuvent mettre en jeu les intérêts de l'État. Je me souviens donc je découvre plein de documents là-bas et euh et et sans sans dire que je suis responsable de de cette publication, Wikileak publie plein de choses sur le Centrafrique et sur des scandales miniers là-bas quelques mois plus tard.
Oui, on peut mettre en poste que vous êtes assez lié au Oui. Et j'étais à l'époque le conseiller juridique de Juliane à Sange de et de Wikileak et j'allais devenir son avocat et et je découvre dans le New York Times quelques mois plus tard un article sur euh les les guerres d'influence qu'il y a entre les États-Unis, la Russie et la France euh dans cette zone-là. Et il, ça m'a fait beaucoup fait rire, il ils prennent comme exemple de la guerre d'influence que mène la Russie sur place, la publication de Wikileaks. Donc je sais parfaitement qu'elle n'a aucun rapport avec la Russie parce que en l'occurrence, elle vient de ma petite démarche de gamin aventureux qui qui a
décidé de d'aller chercher au fin fond du Centrafrique la vérité sur un scandale français. Mais pour ces hommes de pouvoir, pour les services de renseignement, c'est impossible euh qu'un gamin à 25 ans à frère avec un parcours comme le mien euh prennent le risque, voyez, de se lancer dans cette aventure et et avec son avec son son gilet par bal et son son casque, soit d'aller dans des zones de guerre et compagnie sans servir quelqu'un. Euh là aussi, c'est l'autre élément sur la corruption, elle est tellement généralisée et là je parle pas forcément de corruption au sens illégal du terme, mais de de corruption au sens de de d'absence d'estime pour l'indépendance,
la souveraineté et le fait d'exister par soi-même. C'est des systèmes où tout s'achète, où tout est affaire d'influence où où l'information se trafique. Voyez, on va publier ou dépublier un article pour servir tel ou tel intérêt, pour servir telle ou telle personne. Et donc que l'idée queil y a des gens honnêtes et intérieurs qui le fassent que parce qu'ils croient en ce qu'ils font est très difficile à imaginer et quandbien même ça existe, c'est un peu le le moto des services de renseignement, il considère que c'est lié soit un idéalisme qui lui-même est fruit de manipulation devrait l'être ou pourrait l'être ou à l'ego. pour de toute façon tout est tout est en jeu de lutte de bataille et
infiné il y a toujours quelqu'un qui est à l'origine de et et donc donc vous avez des intérêts de personnes puissantes vous avez les structures de pouvoir qui les appuient et vous avez les structures d'état qui elles-mêmes regardent ça voir cherchent à créer ce qui ce qu'on appelle des opérations d'entrave pour déstabiliser et et plus le caché et donc je me souviens que j'avais retenu quelques années mon voyage à Bangi et puis après à Bakuma donc dans cette dans ce village où était cette cette cette mine parce que je savais que j'étais trop vulnérable et c'est seulement quand mon affiliation à Wikileak a été rendue publique parce que on avait révélé ce que je vous avais raconté la dernière fois que la NSA espionnait les présidents de la République française et
ses principaux conseillers ainsi que les principales entreprises françaises que je me suis dit que je pouvais y aller parce que le risque était était moindre. Et pourquoi je pensais que le risque était moindre ? parce que euh s'il m' arrivait quelque chose alors que je j'avais déjà [raclement de gorge] une existence publique, nécessairement, il y aurait une réaction à la fois sociale et institutionnelle. Ça vous protège aussi. Voilà, ça protégeit et et donc c'est pour ça que quand j'ai eu ce problème de santé au Congo, j'ai regardé avec beaucoup d'intention cette sorte d'offensive qui visait à relativiser ou à faire comme si de rien n'était ou à prétendre voilà que c'était juste une sorte de castro ou autre parce que je me suis demandé qui avait ressenti de
l'inquiétude euh par rapport à cet épisode. Vous voyez ? Enfin, c'est il s'est joué quelque chose. Il y avait un appareil de pouvoir qui à un moment donné s'est mobilisé parce que c'est pas c'était c'était clairement pas euh c'estàd que le le point de départ était clairement mal intentionné. Après, il y a des gens qui du coup sont dit bah oui, je pense que ça doit pas être grave et puis Bronco il est je sais pas quoi donc n et qui enfin cherche le billet d'autoconfirmation. Ça c'est assez classique. Euh mais il y a eu des manœuvres à ce niveau-là clairement assez puissantes pour pour essayer d'éteindre ce qui ce qui apparaissait comme un feu un feu dangereux. Ouais. Donc donc voilà. Donc ça aujourd'hui ça va. C'est ça ça a été
assez assez dur pendant un temps mais on s'en est remis. Bon ben ça ça a dû du coup on peut le dire vous avez frôé la mort. Enfin vous avez vraiment eu peur pour votre vie. En tout cas j'ai eu peur pour ma vie. Je sais pas si j'ai frôé à mort, mais c'est pas c'est pas très rassurant qu'on se retrouve au milieu et puis surtout après quand j'ai vu le dispositif sécuritaire qui se mettait en place très rapidement, j'ai compris que c'était que c'était que c'était sérieux et enfin je peux pas raconter tous les détails mais il y a un moment on m'a exfiltré de l'hôpital pour m'y ramener parce qu'il voulait éviter à tout à tout prix que bon bref c'était assez c'était assez angoissant. Enfin, c'était voilà, ça fait ces dernières années, j'ai rarement ressenti la peur mais la peur au sens,
vous savez comme quand on voit un film d'horreur, la vraie peur c'est ça, c'est pas de l'anxiété, c'est pas de l'angoisse, c'est pas du stress. C'est vraiment une sorte de Ouais. il y a quelque chose de physique qui prend et qui fait qu'on on se réveille dans la nuit avec voyez après un cauchemar et et ça fait partie des deux ou trois fois ces dernières années où j'ai ressenti physiquement ce ce phénomène. Voilà. Et et bon heureusement tout c'est tout tout s'est bien passé. On a eu du mal à comprendre ce qui s'était joué parce que après on a fait des analyses pendant des semaines y compris à mon retour en Europe pour qu' pour essayer de d'identifier quel était comme je vous le disais l'agent pathogène qui est intervenu et on m'a jamais donné accès aux analyses
en RDC. Elles ont été gardées. Donc vous savez toujours pas vraiment ce que vous Non. Alors, on a parlé d'une d'une infection sanguine assez assez rare. Enfin, il y a eu il y a eu il y a eu mais bon, on on a jamais eu enfin on a jamais voulu me donner accès à aux résultats médicaux qui permettaient de de d'identifier ce qui s'était passé. Est-ce que cet épisode ça a changé un petit peu votre manière de voir les choses, votre combat ou non ? parce que en fait, j'ai déjà été j'ai déjà été confronté à des en fait ce qu'il y a de pire quand on quand on s'engage pour des idées, c'est le risque de mort sociale. Euh ce que ce que j'ai coutume de dire,
c'est que reprenant une phrase de Malcomic qui est un des plus grands militants politiques du 20e siècle, qui a été le pendant de la figure plus connue de Martin Luther King pendant la lutte pour les droits civiques aux États-Unis. beaucoup plus radical que lui qui était proche de Mohamed Ali, le boxeur et et qui appelait vraiment la révolution. Il avait coutume de dire, enfin, il l'avait dit une fois et c'est une phrase qui m'a paraît très importante. Euh quand on lui demandait s'il avait peur, il avait dit "Je je suis déjà un homme mort et et mon engagement ne se laisse pas déterminer par la crainte que ça se ça s'effectue parce que je sais que c'est c'est vous arriver." et en l'occurrence, il a été
assassiné quelques quelques années plus tard. Euh on peut pas on peut pas rentrer dans dans un engagement comme celui-ci euh sans sans savoir euh [gémissement] quelle conséquences ça va ça va produire et sans sans les craindre enfin en les craignant pardon parce que euh parce que comment vous dire ? Moi, je suis dans un monde où où que ce soit pour me détruire ou à l'inverse pour me défendre, me favoriser, il y a des puissances qui ont un rapport à moi qui est celui de l'être
humain en moustique. Enfin, c'est-à-dire que il suffit d'un claquement de doigt pour faire disparaître des personnes dans des situations comme les miennes. Al évidemment aujourd'hui c'est compliqué parce que justement la médiatisation, la notoriété joue comme un contrepoids où le coût est important mais si à un moment donné on représentait un danger réel ça arrivera sans difficulté. Et pour vous donner un exemple et donc une des raisons une des façons de fragiliter fragiliser pardon et de permettre la la l'effacement de la personne c'est l'attaque à la réputation. Il faut absolument euh diaboliser la personne d'une part pour euh restreindre l'impact de ses idées.
C'est un premier point. Et deuxièmement, pour le marginaliser de telle sorte que le coût si jamais il lui arrivait quelque chose soit beaucoup moins important. Hm. Et euh donc moi, j'ai connu toute une série d'offensives ces dernières années à cet égard. Donc en réalité la lutte pour la survie, elle est quotidienne. Quand ma page de Wikipédia ressemble à celle de Barbe Bleue. Enfin, vous voyez euh déjà dans le quotidien, il faut payer Wikipédia, on peut on peut changer. Estein l'a fait mais c'est ce que les gens ne savaient pas. C'est en fait les gens et encore aujourd'hui la majorité des gens ne savent pas que c'est une des plateformes où les enjeux de pouvoir sont les plus importants et en fait le rapport à la vérité. Mais
Wikipédia, non seulement parce que c'est devenu très facile, [grognement] moi je me souviens, j'avais un moment donné, j'ai Est-ce que j'ai le droit de le dire ? Mais j'ai défendu la la Liga qui a qui a qui est le championnat de foot espagnol dans leur lut, on l'avait dit dans le précédent interview. Donc dans la lutte contre le PSG. Oui, mais j'ai une anecdote par rapport à ça. Donc je sais pas si j'ai vraiment en gros à un moment donné, ils se disent qu'il faut bah ils font très attention à la réputation, vous imaginez bien. Et donc en gros, je vais pas vous donner détail mais euh je découvre à ce moment-là pour la première fois, donc c'était il y a quelques années ce qui est ce que vous disiez, c'est-à-dire que on peut acheter des contributeurs Wikipédia et en
l'occurrence c'était euh une euh quelqu'un qui était euh universitaire spécialisé en biologie qui du coup avait des milliers de contributions sur Wikipédia, qui du coup avait une autorité très importante sur sur l'encyclopédie et et qui contribuait à 90 % dans le champ de la biologie et donc on pouvait payer pour qu'elle utilise cette force de frappe sur Wikipédia pour aller modifier des pages de personnes en en positif ou en négatif euh pour et pour empêcher que la vérité soit dite sur tel ou tel sujet ou que tel ou tel élément y apparaissent. Et donc c'est il y a un marché en fait. Il y a un marché et puis on les paye à l'époque c'était donc euh 5000 € par
mois pour une page. Faisait ça pour la Ligue ? Non, j'ai pas dit ça mais euh mais à un moment donné la Ligue euh m'ayant pris comme avocat, il y avait un enjeu réputationnel et euh il m'avait pointé euh ce qui considérait être un problème et euh je dis pas que c'est eux, mais quelqu'un m'avait proposé cette solution, vous voyez, et m'avait dit euh bah voilà et si tu veux pouvoir travailler pour des grandes institutions comme ça, il faut que bah tu fasses comme tout le monde en gros quoi. Et moi j'avais été moi j'ai été contributeur Wikipédia depuis l'âge de 14 ou 15 ans mais comme le grand naïf que j'ai toujours été et donc je participais dans les pages de cinéma je sais pas quoi, n na et quand j'ai grandi à quand j'avais mais quand j'étais jeune mais quand j'avais 23 24 ans, j'essayais
de lutter contre ces agents d'influence et donc j'essayais un peu de corriger des pages qui étaient beaucoup trop agéographiques enfin pour essayer de stabiliser les choses. Et j'ai ce qui est intéressant, j'ai fini par me faire bannir de Wikipédia. parce que à un moment donné vous enfin il y a bah c'est ce que ce que racontent les fichiers Epstein. ils ils réussissent à sortir les contributeurs sains ou normaux pour pour s'assurer qu'ils puissent plus essayer de rétablir les choses et donc en l'occurrence en plus moi j'avais essayé de de corriger des erreurs sur ma page enfin des erreurs c'est c'est vraiment généreux des fausses informations sur ma page Wikipédia et alors ils en avaient je l'avais fait vous voyez sous mon nom enfin moi c mon pseudo c'était Broran
donc c'était quand même assez facile de savoir que c'était moi. J'essaie pas de me cacher et et alors et c'est là où le truc devient hyper pervers. Du coup, c'était utilisé pour dire "Ah, il a essayé de trafiquer sa page Wikipédia." Enfin oui. Alors, donc vous essayez de Bon, bref et mais ça aujourd'hui, on peut commencer à en rire parce que il commence à y avoir les gens commencent à être au courant. Mais les 10 années précédentes, imaginez-vous, pour moi ces 10 années importantes, quand vous construisez entre les 24 et 35 ans, c'est le moment où vous lancez une carrière où euh les gens étaient pas au courant, faisaient vraiment confiance à Wikipédia et euh et j'avais l'impression d'être un monstre sur patte et c'était voyez que ce soit un employeur, que ce soit quelqu'un qui
s'intéresse à vous et cetera, la première chose qui était découverte sur vous et quand on tape un nom, c'est la première page qui Voilà et donc ça c'est il y avait un effet de clôture en terme de possibilités existentielles de développement et compagnie qui qui était qui était extraordinairement violent et qui m'a beaucoup que j'ai beaucoup payé parce que euh parce que ça a été très efficace pendant plusieurs années. Alors moi je parle là, je parle de moi mais de façon structurelle ça a joué un rôle politique très très important et très pervers parce qu'encore une fois la première idée qu'on a de Wikipédia c'est que c'est le bien incarné. Voyez c'est gratuit, il y a pas de il y a pas de pub, les gens sont pas payés pour et ça m'a amené à m'intéresser au sujet. J'ai découvert que
en fait, j'ai découvert ce qui est su mais qui est qui est qui est difficile à à expliciter, c'est que la quasi totalité des contenus intéressants sur Wikipédia sont en fait du pillage d'encyclopédie. Donc c'estàdire que les les encyclopédies qui donc ont été créées au 18e siècle se sont construits historiquement construites historiquement autour de d'experts dans leur domaine qui écrivaient des articles et après il y a eu des intellectuels organiques comme d'idro et tout ça qui aggloméraient tout ça et qui permettaiit d'en faire des des ouvrages entiers. Donc ça c'est une pratique qui s'est développée et qui avait créé trouvé son modèle économique en gros voyez où finalement les les grandes des grands
éditeurs finançaient finançaient des des experts pour contribuer pour donner un état de l'art dans leur domaine. Arrive Wikipédia, il siphon tout ce contenu de sorte que toutes ces grandes encyclopédies disparaissent très rapidement. Donc il y a plus de travail d'expertise et donc la base de Wikipédia est très saine. C'est en effet des textes de grande qualité et c'est pour ça que une grande majorité encore du contenu sur Wikipédia dès qu'on sort un peu des des points de controverse d'actualité contemporain reste solide. Mais sauf que tout ce qui arrive derrière là, c'est n'importe quoi. Parce que vous retrouvez entre les contributeurs payés, ceux qui sont pas forcément voir pas du tout expert dans leur domaine, ceux qui essayent de l'utiliser pour falsifier
compagnie. Et là, en réalité, tout ce système euh n'est pas du tout vertueux, contrairement à ce qu'on on pensait. Et on a cru que c'était virtueux parce que euh il y a 5 millions d'articles qui en réalité sont des des euh des ressuscés euh des encyclopédies qui elles fonctionnaient avec des systèmes strict rigoureux et euh et le collaboratif complètement horizontalisé ne fonctionne pas. Était contrairement et on s'est retrouvé très vite sur Wikipédia avec des petits chefs qui adoraient faire usage de leur autorité. pour essayer d'interdire tel ou tel domaine et enfin par telle ou telle intervention qui pouvait nuire à à des intérêts ou tout simplement qui les irritait ou qui allaient pas dans le sens de leur de leurs idées. Et ça c'est
assez fascinant aussi au-delà de de la question de l'enjeu réputationnel immédiat et mais c'est c'est c'est drôle comment les les mensonges sont durables. Je vais vous donner un dernier exemple là-dessus qui est peut-être pas très intéressant mais donc au moment de l'affaire Grivau, vous souvenez ce porte-parole de d'Emmanuel Macron qui voulait être maire de Paris et qui avait le tort d'envoyer des vidéos de de son euh à des étudiantes sur Instagram depuis les palais de la République, c'était pas très intelligent pour plein de raisons. qui donc est tombé dans un sorte de tracnard bon avec qui est organisé par par le conjoint de d'Alexandra Tadeo, donc une des femmes à qui il adressa ses ses communications joyeuses.
Quand quand la vidéo sort, ça fait pas très bon genre pour la Macronie. Enfin, en plus, il se présentait un peu en candidat du 16e, c'est-à-dire très bon chic bon genre, très famille, valeur enfin et et donc il faut faire un contrefeu. Donc le contrefeu, il est tout trouvé. C'est le le gamin un peu rigolo et pas très pas adorable qui s'appelle Ran Brco et qui vient de leur exploser la figure l'année précédente avec un livre crépuscule qui dévoile comment Emmanuel Macron a été fabriqué, comment les oligarques l'ont appuyé et et et révèle quelques secrets un peu un peu gênant. Et comme il se trouve que j'avais le tort d'être l'avocat de de Piet Powlenski, il y a très vite une offensive communicationnelle où ils disent "Ah oui, mais c'est ça ne peut
qu'être lui parce qu'il parlait parce que je j'avais parlé de Griveau dans mon livre parce que c'est vrai que j'étais pendant les gilets jaunes avec eux quand ils sont allés au Fick ouvrir la porte du porte-parola du gouvernement pendant une des manifestations. Donc j'étais un peu le client idéal pour les médias pour lancer une offensive. Et donc sauf que j'étais l'avocat de Piotre et que par ailleurs ils avaient très très peur que Potreit d'autres vidéos et qu'il d'autres et lui s'était amusé à jouer sur cette peur. [rires] Il avait créé il avait en fait ça a pas été remarqué mais il a pas juste balancé la vidéo une sorte de de d'anaconda comme ça qui est turgescent. Il a il a créé un site qui s'appelait politique qui est qu'il voulait être une encyclopie un Wikipédia
du contenu pornographique produit par nos élite politique. Truc un peu complètement Pot c'est un artiste russe qui s'est fait qui a dû partir de Russie parce qu'il s'était cloué les testicules sur la place rouge pour protester contre Vladimir Poutine ou qui s'était coupé un bout d'oreille devant un hôpital psychiatrique pour rendre hommage à Vangog. C'est quelqu'un d'assez radical et bizarrement de très intellectuel et de très réfléchi. C'est la première chose qu'il arrive qu'il a faite quand il est arrivé en France, c'est mettre le feu alors qu'il avait l'asile politique. Euh donc la France l'accueille justement du fait de ses actions de résistance à Vladimir Poutine et il avait 1000 feu à la à la porte du FSB déjà. Et donc là, il vient en France
et il met le feu à la sucre russelle de la Banque de France qui est place de la Bastille à Paris parce que il considère que c'est une injure à au à l'héritage de la commune qui est une banque de France une banque de France place de Bastil. Alors pourquoi c'est une injure ? Parce que donc en 1070 et 71, il y a une révolution à Paris contre la République, une révolution anarchiste. Donc le peuple de Paris se soulève dans le cadre au moment où il y a la guerre entre la Prusse et la France pour pour prendre quelque part pour renverser le pouvoir. et et donc il y a la République
qui à travers tiers s'exile à Versailles et décide d'écraser dans le sens cette révolte. Et la Banque de France va faire passer tous ces tout son argent aux républicains contre les communs pour financer la répression. Et donc vous avez ce russe qui a une connaissance beaucoup plus fine que la plupart d'entre nous de l'histoire française et qui trouve qu'il y a un décalage symbolique inacceptable que dans l'endroit qui incarne la Révolution française la place de la Bastille là on a fait tomber le symbole de la royauté il est c'est traître de la Banque de France qui se trouve et donc il décide de mettre le feu à minuit à la porte de la Banque de France. Il a fait plus de prison en France pour ça que quand qu'en Russie pour avoir mis la le feu à la porte du des services de renseign du
monde. Ça vous dit quelque chose ? Il avait de notre pays il a fait 11 mois euh 11 mois de prison à Paris. D'accord. C'est quand même assez incroy plus de prison en France qu'en Russie. Ouais, ça c'est c'est étonnantin. Et donc ce et donc il décide de créer son encyclopédie par non politique et donc il faut il faut trouver un bon client pour euh pour faire oublier le scandale parce que pour une raison ou une autre, je sais pas pourquoi ça ça passionnait les gens. Et donc il décide de me faire payer le truc. Mais pour me faire payer le truc euh alors que je suis avocat, il faut déjà m'empêcher d'être avocat. et m'empêcher d' d'être avocat, c'est aussi important pour casser la communication avec mon client qui à ce moment-là est en garde à vue et éviter qu'éventuellement d'autres vidéos,
d'autres politiciens sortent et que en fait son encyclopédie pornolitique soit. Bon bref, n'importe quoi vraiment. Mais vous vous rendez compte, il y a vraiment eu des services de police, des magistrats qui qui avaient peur enfin et qui ont mobilisé des des moyens de l'État. Ils ont raison avec la Ferstein et cetera. Ça aurait été de savoir ce qui aurait pu ce qui aurait pu sortir pu tourner [rires] mal. Mais c'était un je trouvais ça très révélateur que que voilà que l'uvre on était euh donc il démissionne c'est magnifique c'est presque scripté un 14 février donc le jour de la Saint-Valentin Benjamin Grévau euh on est un mois avant le premier confinement à cause du Covid je veux diref il y avait d'autres priorités à ce moment-là et on ne parle que de ça pendant
plusieurs semaines et donc pour m'empêcher de voir mon client en garde à vue ce qui est complètement illégal enfin d'aller l'assister on va dire qu'il m'a jamais désigné et pour ce qui est faux. Mais et les communiquants de l'Élysée comprennent qu'il faut me faire passer pour un imposteur pour donner à croire que c'était légitime de m'empêcher d'aller le voir. Alors que des éminences du barreau comme Henry Lecler qui est un très grand avocat et d'autres commençait à s'indigner en disant "Mais à quel moment ?" Et donc ils font faire paraître dans l'OPS un faux article en disant que j'ai jamais été désigné comme avocat qui retiront 48 heures après mais qu'importe enfin voyez le mal ça donne la ligne et le ton pour tous les autres médias qui peuvent s'appuyer sur ce cet article
pour raconter n'importe quoi et donc tout va toute ma vie va être passé au pagnefin pour essayer de me faire passer pour un imposteur. Non mais il a pas travaillé à ses pays, il était stagiaire. Non mais quand il dit qu'il était OK d'orsa mais pareil, il ne devait qu'être que stagiaire, je sais pas quoi. Donc il raconte n'importe quoi sur moi dans des dizaines d'articles mais j'ai découvert la folie de de ce système. Et parmi celle-ci, oui, il trafiquait sa page Wikipédia avec des faux comptes et alors ça a duré hein et ça dure encore. Il continue à prétendre ça. Et là, j'ai fini par identifier un des on finit sur celle parce que j'ai pas envie de vous ennuyer mais c'est rigolo c'est en plus Wikipédia c'est anonyme et Wikipédia collabore pas et que quand
vous vous souhaitez poursuivre quelqu'un en diffamation, il transmettent pas les éléments. Et donc moi j'ai fini par trouver un des une des personnes qui a fait 250 contributions sur ma page depuis l'affaire Griv un truc enfin voyez soit maniaque soit voilà soit quelqu'un payé pour pour détruire ma réputation. Et il se trouve que c'était un mathématicien de 84 ans qui avait fait normal. Alors donc soit il était payé, soit soit il était rageux que je de moi parce qu'il commence 3 jours après l'affaire. Donc vous voyez vraiment dans la et euh et donc j'arrive à le faire poursuivre en diffamation. C'était un peu pitoyable de me retrouver face à ce ce à ce grand-père très mignon par ailleurs. Enfin voyez enfin on a un réflexe d'empathie. J'avais presque un
peu honte, voyez, de de de le traîner devant devant le tribunal et en même temps, il a détruit ma vie pendant des enfin en tout cas, il a vraiment changé ma vie. Ça aurait ma vie aurait été autre s'ils avaient pas mené ses offensives à mon encontre. Surtout que ça a des effets mimétiques quand vous nuisez à quelqu'un. Euh vous enfin on on a comme comme être humain, on a on a tendance à suivre le groupe. C'est l'effet mimétique. Et on a aussi des tendances au bouc émissaire. C'est-à-dire que quand il y a quelqu'un qui semble être avoir un comportement qui est déviant ou qui ne respecte pas la norme, on a tendance à croire tout ce qu'on va dire sur lui paricochet. Donc, il suffit de créer une petite entaille et ensuite derrière euh vous retrouvez un peu face
à face à un risque de enfin de plonger dans un dans dans une boucle sans retour. Et donc dans le cadre de cette procédure, on découvre que le seul compte Wikipédia qui a été banni parce qu'il était censé être une sorte de faux compte que j'aurais créé pour modifier ma page Wikipédia était actif quand j'étais en prison au Sénégal où j'étais dans une cellule de 50 m² avec 250 personnes et où vous imaginez bien, on avait pas internet. Donc mais vous voyez ça c'est 6 ans après et en fait en réalité personne fait jamais l'effort de savoir si c'est vrai ou pas. Il suffit qu' un article du Figaro qui raconte que et le truc bon bref, on s'en fiche. Mais c'est pour vous dire que c'est intéressant de façon plus structurelle sur le rapport au réel. Nous, on détermine nos opinions,
nos vies aussi sur des choses dont on a rarement la possibilité de vérifier la réalité et à la fois comme citoyen, mais aussi dans dans les choix de tous les jours, que ce soit par rapport aux marques, par rapport à ce qu'on consomme et et on est très vulnérable à des manipulations qui en réalité sont omniprésentes dans l'espace public et et je sais pas s'il y a une solution réellement à à tout cela et ça pose parfois la question du sens qu'il y a à rester sincère, à chercher à rester dans la vérité, dans une forme de dans un monde qui aurait été complètement compromis de bout en bout comme justement typiquement l'affaire a permis de non pas de le révéler mais en tout cas de dévoiler partiellement un tout petit
pont parce que il y a quand même un/ers au moins des fichiers qui sont à disposition du Department of Justice qui n'ont pas été publiés h parce que là si on regarde l'affaire un peu de loin on pourrait se dire bon ok euh il était une sorte de proxénet de d'escorte de luxe euh à destination des des personnes les plus puissantes. Euh c'est grave mais en gros on était au courant. Enfin, je veux dire, euh les ces gens-là euh euh consomment des femmes euh sont des sont des gens qui ont peu de moral et euh et cherchent à avoir des femmes sublimes et ils sont prêts à payer pour ça. Sauf que ce qui est peut voir pas dit, c'est que il y a donc les fichiers les plus compromettants, donc un/ers de ces
fichiers qui n'ont pas été publié, notamment parce que c'est principalement du matériel pornographique et que pour des raisons liées à la diffusion de ces contenus et compagnie, pour l'instant, ils ont décidé qu'il ne pouvaient pas être publié. Et donc en réalité, on se retrouve à débattre de questions qui sont certes importantes, mais qui sont en réalité potentiellement très secondaire par rapport à la réalité du scandale ou pas. Et ce contrôle sur est-ce qu'on rend visible ou pas et quand est-ce qu'on rend visible, c'est assez révélateur, y compris sur notre sur notre impuissance organisée. C'est-à-dire que c'est par hasard que ce scandale éclaté. il aurait très bien pu rester euh dans les profondeurs. Il aurait suffi qu'il soit pas en lien avec
Trump ou avec ou avec Clinton, mais avec d'autres personnalités qui ne sont pas devenues présidents des États-Unis pour qu'on en entende jamais parler, qu'on ait jamais accès à toutes ces données. Et donc, imaginez-vous le nombre de personnes comme celle-ci qui continuent à exister à et à et à et et à continuer à à faire ce que des choses similaires dans en toute impunité. Donc l'illusion aussi de la justice, enfin du fait qu'il y ait euh des enquêteurs euh des magistrats qui soient capable ou qui a même l'intention d'aller contre ce genre de comportement, c'est euh ça serait absurde d'y croire après ce qu'on a découvert. C'est quoi votre analyse de l'affaire Einstein déjà le volet américain et le volet français qui sont quand même liés ?
Je pense que j'ai été des rares à en parler. le rapport à à la à la à la consommation euh de femmes au sein du système de pouvoir et la façon dont elles sont une sorte d'enjeu transactionnel et pas des êtres vivants respectés et respectables du fait de leur existence. J'en avais beaucoup parlé notamment au sujet d'Xavien, d'Elon Musk et du fait que Xavier Niel se ventait par exemple quand Elan Musk venait à Paris de lui faire ce qu'il appelle la tournée des grands ducs. Enfin ce qu'on appelle la tourné des grand c'està-dire en gros justement d'aller consommer des femmes,
de de d'avoir un rapport de pure exploitation à celle-ci. Et à travers cet oligarque en particulier, j'ai détaillé comment son parcours s'est construit sur l'exploitation des femmes et la violence structurelle. Voyez, parce que quand avec Mou, on rate quand même le gros du sujet. Mitou, on va fracasser des individus sans traiter le problème de structure. quand on a une toute une société qui s'est construite sur la marchandisation du corps de la femme et sur son du coup la sa transformation en objet euh avec par exemple la puissance qui est donnée aux industries du luxe mais aussi tout simplement à l'industrie publicitaire en tout domaine où on où on nous fait
vendre où on rend désirable des objets à travers son association à des femmes qui sont sinon dénudées du moins mises dans euh quand on rajoute à ça ce dont on avait parlé la dernière fois, c'est-à-dire le l'effet des réseaux sociaux et le fait qu'on est qu'on est fait du fait d'exister qu'à travers son corps et son physique en tremplin vers le succès qui serait légitime voire naturel, on se retrouve dans une situation où nécessairement on brouille les repères et on favorise cette exploitation et quelque part on rencomplisse euh les femmes de leur propre destruction parce que une grande partie des femmes qui rentraient dans ces réseaux, soit il
rentraient de façon volontaire sans avoir conscience des conséquences que ça aurait à moyen terme, soit pour certaines il persistaient parce qu'elles y trouvaient un intérêt, un confort et que c'est une voix facile. Et donc là, il y a une a il y a une question sur l'organisation notre société. Je vais vous donner un exemple, l'effondrement. Moi, ma génération, elle a grandi avec le stéréotype de la la prostituée de l'est. Vous voyez, c'était la figure par excellence. Ça c'est lié à l'effondrement d'un système qui réprimait lourdement l'exploitation de la femme qui était le système communiste et qui quand il s'effondre et qu'il plonge des millions de personnes dans la pauvreté, bah tout simplement beaucoup de gens doivent trouver même de quoi se nourrir
et n'y arrivent plus. et alors même qu'ils ont des niveaux d'éducation très élevés parce que pour le coup c'est un système politique qui était très égalitaire et qui donnait vraiment aux femmes la possibilité d'avoir des des formations de haut niveau et cetera se voit jeter dans une exploitation dont vous profitez des millions d'occidentaux qui vont avoir aucun scrupule à s'acheter des corps, s'acheter éventuellement même des relations pour trois fois rien parce que c'est des gens désespérés et aujourd'hui ces circuits continu continue à exister et prospère sur l'inégalité profonde qui existe à l'échelle humaine qui font que bah qu'il est très facile en fait de trouver des personnes pour alimenter ces réseauxl.
Ensuite, il y a l'hypocrisie absolue. Il y a l'hypocrisie par rapport à ce que génère le fait qu'il existe des gens qui ont des milliards ou des centaines de millions d'euros et des gens qui ont à peine de quoi survivre et qui nécessairement vont créer des systèmes de prédation de cet ordre là. Parce que par ailleurs quand vous êtes très riche, vous avez tous les instruments de l'impunité parce que vous avez une influence politique, vous influence sur les médias, vous avez une influence du coup sur sur les institutions qui sont censées réprimer tout cela. Et il n'y a jamais eu euh euh de scandale politique qui euh sérieux qui touche à la question de la prostitution et à forceurie de la pédocriminalité en France parce que je crois qu'il y a enfin c'est
il y a des enfants de 5 6 ans qui sont mentionnés dans le voilà et donc ça c'est l'autre enjeu c'estàdire que on on nous cache et c'est pas complotiste de le dire c'est assumé par le department of justice aujourd'hui tous les documents qui sont liés à la vraie pornographie c'est pas au fantasme du vieux dégueulasse de 50 60 ans qui veut coucher avec une fille qui a 17 18 ans ou 16, vous voyez, mais qui est déjà une femme au sens biologique du terme et il veut pour des raisons de toutepuissance un peu sale être le premier à voyez ou là on on rentre dans la criminalité au sens vraiment d'enfant euh avec quelques documents épartent
de de d'établir que ça existait mais pas du tout la masse qui permet de comprendre à quel point cette déviance c'est projeté parce que là où où Epstein avait fait l'objet d'une condamnation pénale et il avait fait de la prison à l'époque donc avant que tout ça se déroule c'était pour des femmes de 13 à 14 ans. assez établi et le reste c'est des traces. C'est qu'on n pas encore accès de cette matière première et j'imagine ou j'espère que ça sera résolu très rapidement pour qu'on comprenne cet enjeu là. Et en France, on a on a la SEO pour finir sur les États-Unis, vous seriez plutôt pour que ce soit déclassifié parce que les
États-Unis ont enfin le département de la justice a l'air de dire que ce serait trop horrible en fait s'il le déclassifit. B, on est quand même face à un sujet d'intérêt euh général euh qui peut changer euh enfin je pense que c'est pas qu'il pensent que c'est trop horrible, c'est qu'ils ont peur des conséquence que ça aurait à l'échelle mondiale même si on dévoile qu'il y a effectivement des systèmes de prédation euh systématisés. Oui, enfin une systématisation de la prédation par des parce que encore une fois euh on sort d'une prédation qui est condamnable mais qui est humainement entendable. Voyez, on sait comment certains hommes sont. On sait enfin c'est ça fait partie de et quelque part une partie de la société l'a accepté et a normalisé le fait qu'il
y a de la prostitution compagnie. C'est pas mon cas, mais mais c'est malheureusement aujourd'hui, il y a une grande partie de la population qui euh qui a fini par au au point où justement il y a des mouvements abol qui ne sont pas abolitionnistes mais qui à l'inverse sont pour la légalisation. Et et là, on bascule sur quelque chose qui pour le coup à part euh quelques dégénérés post mai 68 qui se sont complètement perdu euh dont des gens qui ont quand même une influence dans le débat public en France énorme comme Daniel Conbendit, comme Jack Lang qui ont signé des pétitions pour légaliser la pédophilie, pour ça reste quelque chose qui qui est de l'ordre de la réprobation massive et si on découvrait que non seulement ils ont eu des comportements illégaux en toute
impunité mais qu'ils ont commis qui sont les pires crimes parce que ça détruit quelqu'un pour la vie. Voyez en fait, si vous faites ça à un enfant, vous rentrez dans une dynamique qui est irrémédiable. Il y a pas de réparation possible et et la vie devient survie. Et et ça c'est c'est d'une telle évidence que arriver [raclement de gorge] à ce niveau d'inhumanité serait de nature à générer une révolution parce que ça donne pour les parents et autres. On est en train de le voir avec les scandales de criminalité qui sont en train d'être dévoilé dans les maternelles parisiennes et et de façon générale tout ce qui se passe sur l'aide sociale à l'enfance dans ce pays qui est absolument scandaleux avec
presque un proxénatisme d'état. C'est-à-dire qu'en fait, on concentre des des enfants abandonnés, maltraités, vulnérables euh dans des institutions euh qui dans lesquelles des proxénettes ont porte ouvertes. Donc des gamines de 13 14 15 ans, des gamins aussi qu'on va rendre addict auquel on va avoir accès, on va donner accès à des drogues et compagnie et et après qu'on va faire se prostituer pour qu'ils puissent se payer leur leur drogu dans des conditions qui sont terribles et des gens des hommes qui vont enfin se payer ça voyez qui pour 50 € la passe vont coucher avec une mineure dont ils savent très bien les conditions dans laquelle elle vit en en toute indifférence à euh donc en toute
rupture d'empathie et et l'État derrière qui ne se donne pas les instruments pour lutter contre ça. Et alors c'est là où c'est intéressant parce que ça rejoint la technique politique. Une des raisons de ça euh c'est une question purement technique, c'est-à-dire qu'on a rendu on a départementalisé l'aide sociale à l'enfance. Avant, c'était une attribution de l'État avec ses compétences, avec ses défauts. Il y a eu beaucoup de scandales aussi avec l'ancêtre de l'Az qui est la DAS. Mais bon et là en fait on on a donné au département la gestion de de cette question sans leur donner les moyens, sans qu'ils aient d'expertises particulières et donc c'est le n'importe quoi en fait avec en plus un traitement qui n'est plus harmonisé national et après c'est depuis quand ça
c'est la départementisation je saurais pas vous dire je pense c'est la trème vague de décentralisation donc je sais pas si c'était en au début des années 2000 ou ou si ça a été ensuite sous sous François Hollande il faudrait vérifier poste intéressant Et euh et l'autre problème c'est qu'on a en France enfin qui explique euh c'est beaucoup c'est beaucoup de vies hein qui sont touchées. On estime qu' a qu'il y a 20000 enfants qui sont prostitués euh euh alors qu'ils sont soit placés soit à l'aide sociale à l'enfance chaque année. Et il y a plus de 200000 enfants placés. Donc c'est quand même des sommes enfin pardon des des nombres extraordinaires. Et on a une obsession en France à laquelle il faut rompre du placement. Là où en Allemagne, au Canada, vous allez avoir au contraire une politique
d'intervention, c'est vous envoyez des éducateurs dans la famille. H là où en France, on a on a adopté cette politique absurde qui est de retirer les enfants aux parents euh par des magistrats qui sont débordés, qui ont qui commettent des erreurs, qui ont qui sont assez peu contrôlées et qui sont d'autant moins contrôlés que les familles sont vulnérables. Enfin, voyez, parce que évidemment, ils ont moins de moyens pour se payer des avocats ou des avocats qui eux-mêmes sont débordés. Et et donc en fait le risque de dégâts humain est énorme quand vous placez un enfant. C'est la rupture avec le socle familial. Enfin, c'est et donc c'est quelque chose qui devrait être une solution plutôt de dernier recours. Vous voyez, quand quand et et dans d'autres pays, il y a cette politique qui
consiste voilà à passer parfois y compris tous les jours dans la famille pendant quelques heures déjà pour voir pour ensuite donner des instruments parce que souvent les parents maltraitants sont des parents qui ont été maltraités h et qui ne savent pas être père, qui ne savent pas être mère, qui ont pas les les cadres parce qu'ils ont pas eu de père de mère ou enfin qui les ont eu de façon défaillante. Et cette approche à la fois plus douce mais aussi plus ferme et plus c'est quand même intrusif mais a été complètement écarté au profit d'une politique du tout placement qui qui est catastrophique parce qu'en réalité on a on place tellement qu'on a pas les moyens de suivre le placement. Donc on se retrouve avec des scandales dans les familles d'accueil avec de la
des réseaux de proxénétisme qui utilisent les familles d'accueil avec des violences dans les voyez il y a une sorte de boucle et vous rajoutez à ça le fait que les éducateurs ne sont plus du tout formés comme ils devraient l'être. Enfin et ça or ça crée de la déviance, ça touche tout de la société. Il y a évidemment les victimes directes. Bon, ça c'est une catastrophe mais c'est comment comment tenir une société où vous avez 200000 enfants chaque année qui sont dans un état de vulnérabilité ou qui sont c'est très très compliqué de se structurer de cette façonlà. Bien sûr. Et du coup par exemple, je vous ai j'ai j'ai je vous ai posé une question qui a dérivé du coup sur le volet français de de l'affaire. Bah il y en a pas. C'est ça qui est intéressant. ça circuler, il y a rien à voir.
Euh c'était quand même la sa deuxième destination préférée. Euh on a des carnets qui montrent qu'il avait plusieurs abatteurs français. Paris est la capitale de la luxe, notamment du fait de ces industries de la mode. C'est que chaque année, on fait venir en France des milliers de jeunes femmes sélectionnées sur leur qualité esthétique qui se retrouve en position d'être exploité parce que en réalité elles sont traitées comme de la pure enfin comme des purs êtres de chair quoi. Donc déjà l'image que ça envoie de vous c'est un peu
compliqué structurellement. C'est vous êtes soumis au regard de personnes qui à tout moment peuvent vous dire "Tu ne conviens plus, tu as pris un peu de poids, tu es pas assez belle, tu dégages." Donc déjà, vous avez un rapport à la vanité qui en plus après peut être aussi lié à des facteurs personnels quiè importants qui vont en vulnérabl et vous avez autour de ces milieux de la mode euh bah des plein d'hommes de pouvoir qui sont là pour pour essayer de de les instrumentaliser, de les consommer et compagnie. Et et donc euh Epstein euh utilisait des rabatteurs qui étaient euh des personnes qui étaient dans ces milieux-là, par exemple, qui travaillaient dans des magazines comme
lui. Pour ceux qui c'est pour les les gens les plus âgés qui nous qui nous lisent, c'était la revue iconique des années 80 et 90 qui avait un peu inventé un érotisme chic. Donc il y avait Playboy qui était graphique et d'autres de cet ordre là et il y avait lui qui était de l'érotisme de gamme donc des des très belles femmes actrices et compagnie qui acceptaient de poser nu pour pour ce magazine. Et en réalité on a découvert que une partie des photographes ou des personnes qui travaillaient là-bas bah et quand vous rentriez pardon quand vous vous posiez quand vous étiez mannequin que vous posiez dans lui théoriquement c'était censé vous ouvrir des portes. Voyez, parce qu'il y avait beaucoup de gens qui
les regardaient, dont des gens qui après faisaient des castings ou autres et cetera. Et bah c'était typiquement des portes d'entrée pour des réseaux d'exploitation de femmes qui après les utilisaient pour pour les faire rencontrer dans des soirées des gens un peu un peu Moi, j'ai découvert ça y compris à titre personnel pour quand j'ai fait l'objet de mon compromate. que une jeune femme qui vient me voir, qui se présente comme étudiant, directrice d'ONG, je sais pas quoi, on passe la journée, on a une histoire et qui après donc lance une accusation à mon encontre. Et on découvre au cours de l'instruction qu'elle en fait elle elle travaillait avec ce qu'on appelle un promoteur dans
Paris. Donc c'est quelqu'un qui théoriquement est censé ramener des très jolies filles dans les boîtes de nuit pour inciter les gens à prendre des tables, à réserver des bouteilles de champagne, à payer très cher et cetera. Et donc il paye ces jeunes femmes où ils les font rentrer gratuitement, ça dépend les offres des consommations pour s'asseoir à côté de vous êtes déjà c'est complètement légal, c'est complètement normalisé. Or on sait très bien que c'est déjà le premier pas une forme de sinon de prostitution mais enfin en tout cas voyez il y a déjà un marchandage qui se met en œuvre. Et donc ce même promoteur était en réalité un proxénet. Euh et donc il y avait l'activité un peu paravant légale et l'activité un peu plus border qui consistait à proposer à
ces à ces jeunes femmes d'aller à des dîners euh chez des hommes âgés plasô et compagnie euh et de passer 4 6 he avec eux et là évidemment c'est la la la phase d'après, c'est d'être payé pour passer la nuit avec et compagnie. Et donc on m'avait mis dans les pattes quelqu'un qui en fait participait à ces jeux de corruption et de compromission qui pouvait être utilisé contre contre d'autres personnes après pour les déstabiliser ou et bon moi j'ai eu la naïveté de penser que j'étais un très joli garçon qui du coup plaisait à une très jolie jeune femme et en réalité c'était pas tout à fait ça. Et donc on on a ces systèmes là qui existent qui du coup pourrissent la société. Voyez, il y a quelque chose qui est particulièrement
la et après il y a les réseaux encore plus pervers et dévirants, c'est-à-dire voilà d'exploitation de la femme et compagnie qui existe dans dans dans toutes les directions et et on a on a parlé d'un certain nombre d'hommes politiques et ce qui me gêne beaucoup, c'est que euh par exemple, on parle beaucoup de Jack Lang. Moi, je trouve ça très gênant de parler de Jack Lang pour une raison très simple. Ça fait des dizaines d'années qu'il y a des rumeurs qui entourent cet homme d'événements qui seraient déroulés à Tanger et compagnie. Et moi, je sais de première main qu'à Tanger, en effet, il y a beaucoup d'occidentaux, notamment dans le milieu de l'art et de la culture qui allaient parce que on s'y payait des jeunes des jeunes garçons pour pas cher, vous voyez. Donc c'était leur façon que
ce soit là-bas ou il y avait il y a d'autres points un peu comme ça des spots qui étaient identifiés qui permettaient de faire ce qui ce qui ce qu'ils espéraient faire avec ces garçons. Donc mais comment comment on peut vivre dans un pays où quelqu'un quand même de très important, de très exposé fait l'objet de ces rumeurs publiques sans jamais être confronté euh à la fois médiatiquement et publiquement avec une question des questions de journalistes pour dire "Mais attendez, est-ce que ça arrive ou pas ?" alors que tout le monde en parle. Voyez, c'est pas et sans qu'il y ait de procédure judiciaire le cachéan pour savoir la vérité de sorte que on se retrouve nous dans une situation en tant que citoyen où soit on est en train de couvrir un criminel si on en parle pas, soit on est
potentiellement en train d'attaquer un innocent et de contribuer à ce qui pourrait être par exemple une manœuvre dans le petit Paris pour lui nuire, pour essayer de le salir et compagner qui serait fausse. Et parce que nos institutions ne font pas leur boulot. Des journalistes ne font pas leur travail, les procureurs magistrat, on ouvre une enquête et puis s'il y a rien, on on la ferme. Voyez ? Enfin, il y a et on a on a une magistrature qui est tellement défaillante et donc plus aucun français ne croit qu'elle contribue à faire la vérité ou qu'elle a même les moyens de faire la vérité quand bien même elle cherche à la faire. On a des médias qui sont tellement corrompus qu'on se retrouve dans cette fange qui en réalité est profondément déshonorante, y compris pour nous. Vous
voyez, où on parle dans le vide. Et c'est très facile de dire de jeter au euh aux orties un homme avec son honneur et compagnie euh et il vaut mieux le faire pour se protéger, vous voyez, au cas où après on puisse vous dire "Ah mais en fait vous l'avez pas dénoncé", voir vous avez dénoncé le fait qu'on l'attaque sans sans preuve alors qu'il était coupable. Mais comment on fait quand quand personne nous donne les moyens d'agir enfin et de et de et et de savoir en fait tout simplement alors que c'est des sujets fondamentalement légitimes et quand à côté de ça vous êtes quelqu'un comme Daniel Conbendit qui assume d'avoir eu des rapports sexuels avec des enfants, en tout cas des interactions sexuelles avec des enfants, qui les a décrites dans un niveau et qui a pu
garder cette influence pendant tant d'années dans l'espace public et qui quand elle a été dénoncée dans un fameux débat qu'il avait eu avec François Bairou, il a pu s'en indigner qu'on lui indique cela et il a pu avoir le soutien d'une grande partie de la presse qui considé qu'en effet c'était indigne de rappeler qu'il s'était vanté d'avoir commis un des pires crimes qu'un être humain puisse commettre. On se dit que dans ce pays les choses sont un peu compliquées quoi. Et qu'on se retrouve dans une situation qui est assez assez embarrassante. D'autant plus qu'encore une fois la commission de ces violences là va générer génération après génération ces violences. enfin une répétition et une augmentation de cirvulence. Donc on est en train de de faire pourrir le euh le pays par sa tête
et évidemment par à la base parce que quel exemple vous donnez au reste des citoyens mais y compris euh si à la télé on peut inviter et mettre en avant des gens qui dont il est établi qu'ils ont eu commis des actes dehilie euh avec quelle autorité vous allez pouvoir inhiber je sais pas dans un une ville dans un village le fait que des gens de cet ordre là fassent la même chose enfin enfin d'un autre ordre pardon d'une vous donner un exemple qui est particulièrement catastrophique vous voyez c'est et et ce que je reproche à mit toutous justement c'est cette absence de réflexion à la fois d'une part sur la structure et tout d'un coup sur ces sujets-là ça pêche quand même quoi. C'est qu'il y
a pas cette dynamique de recherche de la vérité de que de [raclement de gorge] recherche des des éléments de structure de l'exploitation de la femme de ses réseaux de on est sur des des dénonciations de comportement individuel parfois assez bordeur on comprend pas trop ce qui s'est passé je prends l'exemple de l'affaire alimie enfin on voyez qui est quand même assez particulière et on s'attaque à des à des choses microscopiques et souvent ambivalentes qui nuisent à la crédibilité de la cause. Il y a pas cet effort structurel. Alors, il faut pas en vouloir, je pense, au au mouvement féministe euh parce que le système a intérêt à ce que ça reste de l'écume, vous voyez, il a intérêt à mettre en avant euh que euh le la le versant le plus caricatural et justement le moins
systémique, le plus spectaculaire du euh mais il y a une responsabilité par contre des médias qui font leur leur lar là-dessus, qui n'aident pas du tout en fait à la construction d'une d'une évolution de enfin On est on est vraiment dans une la question du genre en tout cas des des rapports entre hommes et femmes aujourd'hui, elle est elle est elle est elle est elle est au cœur des enjeux de notre société. C'est c'est les nouvelles générations sont complètement perdues. Complètement perdues. Moi, je le vois avec les gamins de la génération 18 25 ans. Le rapport à la sexualité, au désir, c'est devenu hyper trouble. c'estd qu'on ne sait plus quel est le cadre dans lequel on
s'insère et il y a plein d'explications à ça, y compris euh bah les conséquences de la banalisation de la normalisation du divorce qui en fait est sont est assez récente. Donc c'estàdire qu'on est la deuxième génération après le fait que ce soit devenu normal. Pareil pour la contraception, pareil voyez toute une série de choses qui pendant des siècles étaient resté inamovibles qui faisait que de génération en génération se passait des codes de comportement de rapport avec le mariage et de compagnie qui tout d'un coup éclatent. Et donc la première génération, bah elle se dit bah c'est la fête, c'est génial, liberté absolue, on fait ce qu'on veut et cetera. Il y a pas de conséquences. Sauf qu'en fait, il y a des conséquences sur les générations d'après et encore
d'après. Il y a une perte de repère et on n pas reconstitué euh une codification qui soit suffisamment stable pour qu'on se sente tous à l'aise sur ce qu'il est autorisé de faire, pas autorisé de faire, de quelle façon, sur les conséquences que ça peut impliquer. Et on se rend compte qu'en réalité rien ne vient sans rien. C'estàd que bah toute cette libération sexuelle qu'il y a eu extraordinaire les 60 70 et compagnies, ça a eu aussi des conséquences en terme de déstructuration. à la fois du rapport à la famille, au couple, les compagnies qui rendent vulnérables, qui elle-même enfin on a des effets d'entraînement comme ça qui nous amènent à à mon sens à la crise à laquelle on est confronté aujourd'hui et il y a pas de réflexion collective. On est dans on est dans la
violence, on est dans la dans la confrontation, on est dans la dans les règlements de compte, on est dans dans l'angoisse par rapport à à la façon de Ouais, on est dans l'angoisse quoi. Et et du coup avec un une perte de désir et de la capacité à aimer qui une solitude qui croit qui m'a qui m'apparaisse très inquiétante au sein de cette société. On peut revenir justement à votre projet. On a parlé de de plein de choses et je serait intéressant aussi de de de d'aborder euh en terme géopolitique peut-être ce qui se passe en Iran. Donc je vous laisse choisir. Est-ce que vous [rires] préférez rester sur la géopolitique l'Iran et là on parlait un petit peu bah de de la société particulièrement française sur votre projet sur les ruches qui évoluent ? Donc je suis votre futur président de la
République au cas où vous l'ignoriez. On essaie de construire un mouvement pour 2027 citoyen. Donc on a on a 27000 personnes qui s'y sont inscrites. On essaie un peu de de prendre le le système politique et médiatique par son revers et de de construire sa dynamique par par le bas en fait et en dehors de l'espace médiatique. On va voir où ça nous mène. On va voir si c'est en 2027. On va voir si on arrive à avoir les 500 parrainages. Tout ça est en train d'être constitué, construit. Si déjà il y a des personnes qui nous regardent et qui veulent s'engager, c'est quoi le la porte rucheopuriel.org org. OK. Donc euh c'est le lien euh qui vous permet ensuite de trouver votre ruche locale, qui vous permet de de trouver des façons de contribuer. On a créé une bibliothèque, enfin il y a il y a plein
de petites choses qui peuvent et on a créé un Discord où les gens s'organisent par ailleurs. Ça c'est un point et donc ça on est en train de de construire ça et c'est une façon aussi de d'essayer d'explorer une alternative à la façon de faire de la politique, vous voyez, beaucoup plus construite et moins moins dans l'enjeu partisan tel qu'on connaît aujourd'hui qui qui dégoûte ou qui désintéresse beaucoup de gens sur Mais on pourrait revenir si vous le souhaitez sur l'Iran. Euh c'est là on aurait pu faire 2 heures sur l'Iran parce que c'est je peux vous dire qu'à titre personnel c'est le l'un des rares. J'ai eu la chance de beaucoup voyager dans dans ma vie et dans des endroits très différents et très reculés et où peu de personnes vont
parfois. Et l'Iran est un des seuls pays au monde où je me suis senti dépaysé. c'est qui a gardé des structures d'une société qui sont fondamentalement différentes de la nôtre et qui ont d'ailleurs beaucoup résisté au régime religieux qu'il dirige aujourd'hui euh et qui repose sur une civilisation qui qui a qui a plus de 1000 ans en fait et on se rend pas forcément compte et on se rend pas du tout compte quand on regarde les médias de ce que c'est un pays je vais vous donner un exemple c'est un pays où il y a des pèlerinages vers les tombes de poètes euh et des vrais pèlerinages citoyens où où les gens euh ont un rapport à la culture, au raffinement qui est
extraordinaire et qui est incomparable de celui de la plupart de nos alliés dans la région. Et donc eux se vivent en lutte face à des régimes qui sont beaucoup moins élaborés civilisationnellement que le leur et qui sont dangereux parce que représentant d'un islam qui est différent du leur eux c'est un islam chit et les forces politiques auxquelles nous sommes alliés il y a bon Israël et les États-Unis d'un côté mais il y a sinon des forces sunnites qui peuvent être ou arabides comme c'est le cas en Arabie Saoudite tafkériste comme un certain nombre de groupements terroristes qu'on soutient, notamment celui qui a pris le pouvoir en Syrie, le
HTS ou même au Yémen, Al-Qaïda au Yémen à qui on est allié ou les frères musulmans qui sont soutenus notamment par le Qatar et d'Outo. Et donc, ce sont des idéologies qui sont concurrentes de celles du chisme [raclement de gorge] iranien que les clair iranien considère comme beaucoup moins élaboré et et dangereuse et et qui font qu'il y a un qui nous voit du mauvais côté de l'histoire. Et on est complètement aveuglé face à cette dimension et au fait qu'ils ont un parti raison en réalité et que contrairement à l'Arabie Saoudite ou la plupart des États du Golf ou où en
réalité règne une forme de consumérisme très occidental mais sans civilisation en propre, non seulement ont eux ont gardé les soubassements de leur civilisation dont je parlais la posé et cetera, mais du coup ça crée que des choses qui font que même dans le rapport à la femme par exemple Euh je sais pas pourquoi on utilise euh la question de la condition féminine contre l'Iran comme le grand argument pour justifier de du fait qu'on s'y attaque. Euh la position de la femme est infiniment infiniment plus favorable en Iran qu'en Arabie Saoudite. L'Arabie Saoudite commence aujourd'hui à à se moderniser un petit peu. on est un peu sorti de de la stricte bourka enfin
et de de l'oppression systématique euh qui existait sur les femmes. [raclement de gorge] Mais en Iran, euh le taux d'éducation des femmes et le parmi les plus élevés au monde. Vous avez euh certaines des plus grandes scientifiques du monde qui sont soit iraniennes, soit d'origine iranienne, femme. et y compris dans le rapport [raclement de gorge] à des choses qui pour nous sont obsessionnelles, disons le voile. Moi, j'ai jamais vu des femmes enfin autant de femmes qui faisaient de leur apparence un enjeu aussi important qu'en Iran. C'est que toutes les femmes en Iran sont hyper maquillées, elles sont hyper habillées,
elles portent le voile parce que c'est obligatoire du fait de régime islamiste, mais en le en le faisant en faisant volontairement dépasser des cheveux, donc vraiment en en faisant un attribut esthétique pour jouer justement de l'opposition à façon d'envoyer un signal de d'opposition à d'émancipation à l'égard du régime. Le régime n'est pas du tout un régime totalitaire comme on peut en connaître ailleurs. C'est que la première chose qui m'est arrivé, le premier taxi que j'ai pris en Iran en arrivant, il a commencé à mais vraiment à déverser sa haine contre les Mola en disant que ils étaient la pire chose qui est arrivée au pays, qu'
était en train de sacrifier toute une génération, tout ça et cetera sans aucune peur, vous voyez de c'estd qu'en fait il existe au sein de la société iranienne des manifestations régulières, des contestations du système. C'est un système très autoritaire. Je suis pas en train mais il y a une société civile qui a survécu à l'état oppressif là où ce n'est pas du tout le cas. Il y a pas il y a pas de société civile dans les États du golf. Il y a il y a pas de possibilité d'exister politiquement, de tenir des discours, y compris l'intérieur du système. Et donc on on parce que c'est un état qui gêne nos alliances géopolitiques et qui euh a résisté à à toutes les tentatives de renversement qu'on a mis
en place ces dernières décennies euh et et qui a en effet une élite religieuse dirigeante très conservatrice euh et rétrograde. Il y a eu un effet de démonisation afin de justifier le passage à l'acte. C'està-dire ce qu'on est en train de connaître aujourd'hui, l'acte de guerre qu'on a commis à leur égard. Or, moi je pense qu'il faut qu'il y ait une la France doit se distancer de ces rapports là. Non pas parce qu'il faudrait rendre angélique un régime qu'il ne l'est pas, mais parce que il n'est pas profondément plus mauvais que beaucoup de nos alliés dans la région et qu'en réalité
la France et même les États-Unis ne sont pas des puissances absolues qui peuvent décider du devenir de de ces populations et de ces régimesl. on est obligé de composer avec le fait bah qu'il y a des talibres en Afghanistan, qu'il y a des wahabites en Arabie Saoudite et qu'il y a des molas en Iran et on pourrait continuer sur sur de très nombreux états et on ne va pas réussir quandb même on le voudrait à changer des structures de pouvoir qui sont très profondément ancrées dans ces territoires et et certainement pas par les bombardements et la guerre. Et donc il faut qu'on prenne de la distance par rapport à ceux qui nourrissent ce fantasme parce que ils vont vers leur échec. de la même façon que les Américains ont cru pouvoir
à travers une invasion changer les choses en Afghanistan et qu'ils ont certes réussi à sortir les taliban mais ceux-ci sont revenus 15 ans plus tard. Il faut qu'on qu'on accepte que on ne peut pas faire triompher ce que l'on considère être le bien partout dans le monde y compris au prix d'une destruction d'une société en son ensemble. Et aujourd'hui, les Israéliens, le gouvernement israélien en tout cas a pour intention de démembrer l'Iran, donc de faire tomber le régime en faisant que les Azéries s'autonomisent, que les Kurdes s'autonomisent parce que l'Iran est a gardé une forme de structure impériale, héritier de l'Empire Per, c'est et donc il y a plusieurs nations au Saint-Iran
et et l'Iran fait vivre nation avec des contraintes parfois comme des problématiques similaires à tous les États qui ont bah comme nous on a pu être extraordinairement violent à une époque avec les Corses, les Bretons ou les Espagnols avec les Catalans et les Basques, mais ils ont réussi à garder cette structure pluri nationale et et aussi pluriconfessionnelle. C'est assez peu, il y a des juifs en Iran. C'est un des rares pays euh du Moyen-Orient où euh où il y a une communauté juive qui a pu euh qui a pu rester. Et donc la stratégie de Netaniaahu, c'est de démembrer cet état. Euh donc de provoquer un soulèvement à travers les minorités qui prennent les armes contre le régime des moilins pour à travers cette décomposition s'assurer d'une
domination sur l'espace régional. Et je pense qu'on doit pas se rattacher à ça parce que la destruction des thairaniens pourrait amener des catastrophes qui nous reviendront. Ce que je rappelle à chaque fois, c'est que les attentats du Bataclan et de la promenade des Anglais à Nice sont le fruit de décision de politique étrangère qu'on a pris dans cette régionl. Ils sont la réponse directe de Daesh au bombardement par exemple pour la promenade des Anglais qu'on a mis en œuvre en Syrie avec les États-Unis et Daesh décide de cibler la France immédiatement après ses bombardements le lendemain. Le porte-parole décide de d'annoncer qu'ils vont s'attaquer et d'appeler tous ces fidèles
des fidèles de l'État islamique à attaquer la France par tout moyen. la France, nos dirigeants de l'époque n'ont pas pris parce qu'ils ont encore un regard un peu colonial, n'ont pas pris la mesure du changement d'époque et du fait que bombarder un pays à plusieurs milliers de kilomètres de la France n'implique pas qu'à un moment donné la force qui est dans ce pays ne soit pas en capacité de répliquer. Donc ils ont pris aucune mesure pour nous protéger à leur fois intérieurement et ils ont pas mesuré les conséquences de leur implication dans ce terrain de jeu parce que il voulait faire plaisir aux États-Unis à l'époque pour des raisons géostratégiques qui ne touchaient pas nos intérêts directs. et cette absence de réflexion géostratégique sur le long terme et aussi de prise en compte de
notre vulnérabilité en tant que population à l'égard des représailles de mouvements qui en l'occurrence l'état islamique est un mouvement horriblement rétrograde avec des comportements atroces envers ces minorités euh mais [raclement de gorge] il faut qu'on se rende compte qu'on a une puissance qui est relative et que si on veut rentrer dans une guerre civilisationnelle de cet ordre là c'estàd qu'on veut civiliser telle partie euh de notre espace lentin, il faudra en assumer les conséquences et qu'il faut qu'il y ait un débat public avant pour être certain qu'on veut orienter la France dans ces directionslà et qu'il faut pas juste le faire par suivisme parce que Netaniaou ou Trump nous l'ont demandé et qu'en réalité on est devenu les vassaux ou les petits
chiens de de ces dirigeants là. Voyez, enfin cette et aujourd'hui la politique étrangère de la France est menée sur ses fondements. On le voit aussi en Ukraine et c'est dangereux et catastrophique. Il faut faire très attention à ça et ça c'est le fruit aussi de toutes les dérives systémiques que j'ai essayé de décrire dans mes ouvrages. de d'élite intellectuelle françaises qui et et politiques qui n'ont qui n'ont plus de pensé et qui n'ont pas de rapport au monde, qui n'ont pas vécu des expériences qui les amènent à se confronter à d'autres d'autres d'autres d'autres au aux conséquences sur le long terme de ce qu'ils font, d'autres façons de penser, de voir les choses qui n'ont souvent pas voyagé. Macron avait à peine connu le monde
avant d'être président de la République et je suis très inquiet de ce que la machine médiatique est en train de nous proposer pour demain que ce soit Sarah Knfo, Jordan Bardella, Raphaëlman ou ou autres qui sont des gens qui n'ont pas du tout la capacité, l'expérience et le regard pour diriger un pays comme la France sans l'effondrer ou le fragiliser encore plus qu'il l' aujourd'hui. Et ce qu'on essaie de construire nous, c'est quelque chose de très différent. ça prend plus de temps, c'est moins, il y a moins de vanité mais en même temps euh quand vous passez vos journées sur des plateaux télé ou à faire des des déplacement politicien, ça vous laisse peu de temps pour vous préparer à à véritablement diriger un pays comme la France. Et donc on considère qu'il est très important qu'on
se prépare autrement. Et alors, je vous ai parlé de la campagne présidentielle mais dans l'idéal, on préférait que ça passe par une révolution. préférait qu'il y a une rupture plus radicale avec le système existant qui nous ouvre un espace qui est aujourd'hui inexistant. Et euh et je pense que ça viendra parce que je pense que la colère est en train de monter en là, j'ai eu un ton très doux mais mais je vois je vois dans le pays quand je voyage le niveau de colère et voir de haine qui commence à naître à l'égard de nos dirigeants politiques. Soutenu les agriculteurs ? Non. Oui, j'étais à leur côté. Euh on a et en fait justement les euh c'est les les
luttes nourrissent les luttes et donc typiquement les agriculteurs sur la la dermatose, la DNC. Euh donc pour ceux qui ont pas suivi, c'est il y a tout un mouvement agricole à partir de l'été et qui s'est renforcé à nouveau cet hiver parce que on avait des euh des euh une maladie qui était pas mortelle, qui était en train de s'étendre dans le pays et que pour des raisons bureaucratiques, la seule solution qui était offerte était d'abattre systématiquement tout l'échetel de bétail dans des zones énormes autour de l'endroit où il y avait une personne, enfin pardon, un animal contaminé. Et euh et donc du fait de mon engagement après des gilets jaunes et autres, j'ai été très rapidement au courant bien
avant justement notamment nos dirigeants politiques de ce qu'il y avait quelque chose qui était en train de naître de très grave. Donc on s'est engagé à leur côté début juillet, là où c'est devenu un sujet politique que en novembre décembre et ça nous a permis de les accompagner, d'essayer de porter leur voix un peu. Mais ça c'est un exemple parmi toutes les catégories de population et notamment l'effondrement de notre magistrature. Vous savez, je suis convaincu les révolutions naissent de deux facteurs. Soit soit des questions fiscales et en France c'est en train de devenir un vrai sujet. soit euh soit des défaillances de la justice. Donc quand vous avez les deux, comme c'est le cas aujourd'hui, je peux vous assurer que la durée de vie de ceux qui nous dirigent se rapetisse
lourdement, ce raccourci et il y a un risque très important que de la violence commence à naître au sein de cette société parce que on l'a vu, moi j'ai vu les réactions pour donner un exemple, la nomination à la Cour des comptes d'Améliin, je veux dire personne s'intéressait à qui était président de la Cour des comptes et tout d'un coup ça enrage les gens parce que c'est tellement grossier de faire nommer cette personne qui n'a jamais rien démontré en terme de compéten d'expérience de vie et qui va être à ce poste pour 28 ans. Vous voyez sur un un caprice du prince comme ça qui a décidé à un moment donné de faire un do d'honneur été nommé mais parce que c'est je pense qu'il y a il y a il y a un besoin pour Emmanuel Macron de se protéger pour la suite. il
a besoin de fidèle au poste clé et c'est là où il y a les forces politiques parlementaires ont une responsabilité partagée très importante parce qu'il y a eu une forme de coût d'état institutionnelle en 2024 après la dissolution et qu'elles ont accepté de lui laisser le pouvoir à cet homme et cet homme qui du coup à ce moment-là a compris qu'il était fini a a a gardé le pouvoir et l'utilise depuis pour nommer au poste clé des gens qui le protégeront pour après. et il est devenu indifférent au sort de la nation s'il a jamais été d'ailleurs autre chose que cela et et donc il il va de provocation en provocation en moment des gens non pas du fait de leurs compétences mais de leur fidélité et donc là en une femme de
de 40 ans, il sait parce qu'il y a pas de limite au mandat de la de la présidente de la Cour des comptes qu'il reste qu'elle restera 28 ans et que donc c'est un problème réglé. Ça s'arrête à 68. C'est ça. Donc c'est un mandat qui est inamovible. ce qui est quand même donc évidemment tous les présidents précédents faisaient attention à nommer quelqu'un qui avait 60 ans 62 ans, voyez, pour respecter un peu le le jeu démocratique et aussi parce que c'est l'une des fonctions les plus prestigieuses de la République et qu'elle vient normalement après un long parcours à la Cour des comptes ou des dans des entités publiques pour asseoir sa légitimité. Là, il fait nommé une une inconséquente qui a qui a qui est méprisée par beaucoup de Français du fait de son absence de capacité qui se
sont révélé au cours des mandats qu'elle a eu à occuper au sein des gouvernements et et on peut rien faire. Et alors quand on les vidéos ont commencé à circuler d'elle en Hermine, voyez avec les toges, enfin avec les les habits de magistrat de cours des comptes dans une cérémonie complètement désuette et il y a quand même un air d'ancien régime. Les gens ont envie de sortir la guillotine, ont envie de couper des têtes, vous voyez ? Et et le régime n'ouvre plus les portes à des alternatives qui contournent la violence. Et c'est pour ça que Jean-Luc Mélenchon dérive dans un rapport de plus en plus confrontationnel et et lui-même nourrici de violence. tout est fermé et et donc on se retrouve dans une situation assez angoissante où que ce soit en terme de
destin que ce soit dans le rapport à l'autre justement désir la sexualité compagnie que ce soit dans la gestion des institutions, l'impunité tout est tout tout ce que ce soit sur la capacité à créer des activités économiques avec donc le niveau d'imposition et qui se qui se rajoute à un effondrement des services publics. Donc vous payez des sommes folles sans voir le pourquoi de et vous avez une société qui se déstructure les gens ça va mal finir. Ça va mal finir. C'est pour ça qu'on parle de plus en plus de guerre. C'est parce qu'on est sur un mouvement de fond où la violence n'est grandit et qu'à un moment donné a besoin de se projeter quelque part. Donc soit ça bascule sur des guerres civiles ou en tout cas des affrontements toujours plus une société. Toi, un moment donné, il y a un
dirigeant qui arrive et qui prend tout ça et qui décide de l'envoyer en Ukraine, qu'importe, sur un terrain extérieur pour purger cette violence là. On est sur une mécanique de cet ardre là et on est sur cette mécanique parce qu'il y a plus de gens qui sont à l'écoute de ces de ces souffrances, qui sont plus à l'écoute de ces de ces parties de la population qui n'en peuvent plus et qui et qui qui ont le courage de rompre radicalement avec ces mécaniques là. Nous, c'est ce qu'on propose mais on a on va dépendre de de ce qu'il y ait en France encore suffisamment de personnes qui d'une part soit suffisamment informé pour contourner tous ces obstacles que je vous ai décrit au long de cet entretien parce que c'est ça l'objectif final aussi de ce c'est pas c'est pas non plus
comme si j'étais l'ennemi public numéro 1. Enfin, vous voyez, je suis qu'un moyen à la fois en positif pour les gens qui ont besoin que ça change et en négatif pour éteindre cette volonté de changement de la part de ceux qui veulent que ça que les choses restent en placé. Donc tous ces moyens mobilisés font que ça vous traverse dans les deux sens et vous êtes au milieu un peu comme Saint-Sébastien traversé de flèche. Mais mais si on arrive à résister à tout ça, ça serait quelque chose, je pense de franchement merveilleux parce qu'on on redonnerait à ce pays les moyens de de sa souveraineté et du fait qu'il génère de la beauté et que tout ce dont on profite encore un peu recommence à être enfin soit régénéré, voyez, ne soit pas en train comme on est en train de le
sentir maintenant, peu un peu en train de disparaître et qu'on soit les à s'accrocher au dernier reste de cette beauté. Donc donc on fait ça et si on y arrive pas bah je pense que ça va ça va partir un peu. Il y a des gens qui sont venus me voir en me disant j'ai sous différentes formes mais la plus explicite c'était j'ai une carabine qu'est-ce que j'en fais voyez ? Enfin, je veux dire, c'est c'est des Français normaux, des Français dont vous sentez qu'ils sont euh euh affectés par ce qui se passe euh et qui ont l'impression que ça sera un moment la seule solution de créer un coup d'éclat, de générer une violence
politique. Donc moi, je me retrouve à une position où je fais partie des rares derniers sas entre la violence et la population française. Voyez, je une des dernières alternatives et en et en face, ils ont pas l'intelligence se rendre compte qu'à force de maltraiter des gens comme moi ou d'essayer de les écraser, de les faire disparaître, ils vont finir un jour par se retrouver en direct vis-à-vis de cette violence. Et là, il y aura personne pour pour intermédier, pour essayer de provoquer une bascule qui soit élaborée, construite et qui soit pas tout simplement faite de de violence et de sang. Donc euh voilà, pardon hein, c'est un peu pessimiste euh et euh et [raclement de gorge] sombre, mais je pense que c'est euh beaucoup de gens
ressentent que on est en train d'arriver dans ces directions-là et encore une fois, c'est pas un hasard si euh la violence commence à s'étendre euh dans le reste du monde. Euh c'est il y a un mouvement de fond qui est au-delà de la France et est très inquiétant. Bah, on sera là pour essayer de l'éviter et pour surtout si on arrive au pouvoir sortir la France de ces dynamiques guerrières complètement délirantes qui qui nous menace et qui en réalité n'apporte rien sinon aux intérêts de ceux qui nous dominent quoi. Il y a aucun intérêt à ce que la France implique dans dans les dynamiques conflictuelles telles qu'on les connaît aujourd'hui. Au contraire, je pense. Justement, j'allais vous vous poser une question sur l'optimisme parce que bah juste en début, vous parliez que déjà à
22 ans, vous avez mené euh bah des des combats politiques et vous avez vu ça un peu s'effondrer et en plus après il y a Netflix euh enfin tout ce que vous avez prévu des fêes absolu [rires] ce que vous avez prévu qui arrive et vous le voyez avancer d'année en année. Donc là, c'est juste un exemple en particulier mais je pense qu'il y a plein de choses que vous avez vu arriver et que au final c'est installé. Comment vous faites pour se dire "OK, bon bah il y a il y a des échecs, il y a des choses que j'ai vu, j'ai essayé de prévenir et ça a pas fonctionné." Et pour enfin déjà, est-ce que vous êtes optimiste pour pour la suite ? Et si oui, comment moi a été y compris quand j'étais au sommet de ma génération, c'estàd que j'avais des portraits dans la presse à
26 ans. Un d'entre eux, par exemple, Ouest France m'avait fait un long portrait. À 26 ans, il conseille les plus grands, vous voyez. Enfin, donc j'étais consacré. Il y a eu Canal Plus faisait des avait fait une sorte de sujet documentaire de 15 minutes sur moi, ditambique entre Mélenchon et Macron. Enfin, donc j'étais vraiment très en avance. Mais déjà à cette époque-là, ma vie n'était qu'une succession d'échec. Il faut pas c'était 1000, j'avais tenté 1000 choses qui vous voyez donc il y a les grandes structures qui fonctionnent. Mais après une chose c'est d'avoir les d'arriver à une position où vous êtes en mesure de faire des choses en l'occurrence à l'époque juste de conseiller. Une autre c'est c'est de c'est c'est de produire des résultats. Et ce qui est important c'est de
ces échecs là sont des sont des sont sont de la matière première pour être moins dans l'erreur et dans pour vous rapprocher du juste. Vous voyez ? Et donc moi je considère que il faut il faut toujours éviter tout ce qui est irrémédiable. C'est pour ça que je suis contre la violence politique et que j'étais très très dur à l'égard de Jean-Luc Mélenchon sur la mort du jeune militant identitaire à Lyon parce que je considérais qu'il avait directement amené à celle-ci à travers son incitation à les gardes de groupes antifascistes comme les jeunes gardes à à mener des batailles de rues qui qui amènent nulle part. Il faut toujours
éviter de commettre d'avoir des propos ou de prendre des décisions qui amènent à l'irrémédiable comme la perte d'une vie. Ça c'est un principe fondamental. Mais après euh la licence globale, on a échoué. Euh on a des licences globales privées qui ont été créées. Euh je je considère qu'il est bien aussi que collectivement on se rende compte je pense qu'on est en train de se rendre compte que pardonnez-moi, je vais être trivial mais que Netflix c'est de la merde. Enfin vous voyez, on on a adoré les premières années et là ça rentre parce que en réalité si vous faites des films et vous écrivez des films à travers les algorithmes, bah ouais, il y a un moment donné où le cerveau finit par s'ennuyer. Enfin parce qu'on c'est la même mécanique qui est et on ressent tous cette pauvreté. euh dans
la proposition qui nous est faite par ces gens-là et [raclement de gorge] et donc ça crée une prise de conscience euh qui va amener des personnes à commencer à réfléchir à des modèles alternatifs et peut-être à rejoindre la lutte et peut-être qu'on a pas réussi nous mais que la génération d'après. Et on a déjà évité entre-temps le pire, on a évité que il y a des gens qui se retrouvent sans internet, ce qui est quand même une sorte de folie furieuse par centaine de milliers dans ce pays pour faire plaisir au lobby. Ça m'a coûté cher individuellement. Je pense que collectivement, on y a gagné. Donc même dans mon échec, au sens où moi j'ai perdu la capacité à l'époque être conseiller ministériel ou je ne sais quoi, on a quand même limité les dégâts euh sur euh sur un point. Et en fait,
c'est pas c'est je pense qu'il faut il faut il faut accepter le fait que quand on veut changer les choses, quand on est dans un rapport de résistance euh on ne peut on ne peut qu'échouer et que c'est c'est pas un problème. pas grave parce qu'en réalité euh François Hollande a été élu président, Emmanuel Macron a été élu président et j'aimerais pas être François Hollande ou Emmanuel Macron et j'aimerais pas me retourner sur sur ce qui a été ma vie et de me et et de devoir me dire mais en fait ce qui me semblait être une réussite à quoi est-ce que ça a mené ? Alors soit ils sont dans des nids et tant pis pour eux. C'estd qu'ils se rendent pas compte et qu'ils restent dans l'illusion qu'ils ont fait tout ce qu'il fallait faire et cetera. Soit s'ils ont un peu conscience
de de de ce qu'ils sont, bah je pense qu' ils finiront par avoir assez honte d'eux-même et et de ce qu'ils ont fait de leur entre guillemets réussite et donc avoir résisté à la compromission, avoir c'est déjà une c'est déjà un petit quelque chose. Est-ce que est-ce que Malcom a échoué en se faisant assassiner, c'est-à-dire en en ayant de facto une défaite politique ? Non, parce que regardez 50 ans plus tard, il y a des gens qui qui en parlent et qui perpétuent sa mémoire et qui disent et qui s'en revendiquent. Bon, c'est un peu une modeste de ma part à ce stade parce que c'était une figure
tellement immense que vous voyez, il a des enfin je me considère comme un de ses disciples. Ça c'est beaucoup plus important, vous voyez. C'est euh et et ce qui m'a fait peur par contre, c'est quand quand j'ai eu l'impression qu'ils étaient en train de gagner sur sur la réécriture de l'histoire. Et ça, c'est ce qu'il y a de plus injuste. Mon film parle de ça, le massacre de Gill de Ray, euh c'est que contrairement à ce qu'on pense, la postérité ne remet pas systématiquement à sa place les gens. Donc Gill de Rest, un compagnon de Jean Dark qui qui était maréchal de France, qui est au conseil du roi, donc quelqu'un d'extraordement puissant et qui a permis à la France de rester France contre les
Anglais et qui était quelqu'un de très pieux et il était détesté notamment parce que c'était un un grand il avait beaucoup d'argent parce qu'il avait les marais salins et à l'époque le sel c'est ça apportait des fortunes donc en v en vendait et donc c'éit un des plus un des seigneurs les plus riches de de France et peu à peu, il a commencé à se ruiner à force d'organiser notamment des processions ou des reconstitution des victoires de Jean Dark Orléan avec lui. Il avait recruté ce qui pour l'époque était une folie 300 comédiens enfin des histoires complètement délirantes. Et donc il était par ailleurs détesté par le duc de Bretagne qui voulait s'allier aux anglais contre le roi de France et cetera. à un moment donné, il il fracasse un un
clair qui lui devait de l'argent et il se et il se retrouve accusé d'un crime par l'inquisition qui est en train de naître. Et donc il l'amène à à Nant pour le juger et là à Nant ils lui disent qu'en fait ils le poursuivre pour des d'enfants. C'est intéressant par rapport à Epstein, vous allez voir. Etth et donc il l'emprisonne. Lui s'attendait pas, il lui était venu avec son cheval. Enfin bon, il est arrivé en mode bon qu'est-ce que j'ai pas ces histoires de j'ai récupéré une dette et en fait entre-temps ils avaient lancé ce qu'ils appelaient un monitoir c'est-à-dire un appel à la délation donc il y avait l'évêque du coin euh qui s'est allié avec le le duc de Bretagne pour appeler euh enfin un monitoire c'était une sorte d'obligation qui était faite publique à tous les citoyens enfin
tous les membres des paroisses pour dénoncer tout crime qui aurait pu être commis par euh par tel individu. Euh sinon, ils allaient en enfer et à l'inverse, s'il dénonçait, ça leur permettait de de purger tous les péchés qu' avent pu commettre et cetera. C'est quand même une belle façon de de pas se mettre en rapport à la vérité mais plutôt avec des des rapports instrumentaux au récit. Et en fait, c'est ce qui a amené à la mort de milliers de femmes dans les les procès contre les sorcières. Vous voyez ? Où en gros, il y a vraiment des gens qui et le pouvoir c'était idéal, le pouvoir pouvait dire "C'est pas nous qui les brûlons, c'est les gens qui nous disent quelles sont les sorcières, qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse ?" Et c'était une façon de se débarrasser de
bah de ce qui serait aujourd'hui des naturopathes ou autres. Enfin, voyez, des femmes qui étaient pas dans le enfin qui soignaient de façon alternative à et qui avaient une spiritualité différente de l'Église catholique à un moment où celle-ci essayait de devenir hégémonique. Donc, il est dénonçait comme sorcière. Il disait qu'elle qu'elle faisait des trucs bizarres avec justement des enfants et cetera. Et donc et donc cet homme se retrouve et donc en procès et on a les archives. Euh et donc il nie pendant les tris/4 du procès, il dit "Ben bien sûr que non, j'ai pas tué, j'ai pas enfant, c'est n'importe quoi, et cetera. Et à un moment très étrangement, il avoue et non seulement il avoue qu'il les a fait mais il en avoue 10 fois plus. Euh il dit qu'il a tué jusqu'à 130 enfin
truc complètement dé plus étrange donc on le condamne à mort et mais on lui permet quand même d'avoir une procession dans les rues de Nant ce qui était vraiment pas octroyé à des gens qui on condamné à mort et à forceuri à des à des gens qui avaient commis des crimes aussi graves et et voilà et il disparaît et 3 siècles plus tard il devient barbeue en fait c'est lui qui a qui a qui a qui a lancé barbeu or la plupart des historiens considèrent qu'il était innocent Sauf que dans la légende populaire dans c'est le pire criminel de tous les temps. C'est le premier sérial qui leur de l'histoire. Donc ça c'est un premier avertissement s'il est innocent. Enfin c'est c'est que et pourquoi les historiens pensent qu'il est innocent ? parce que par exemple, on a jamais retrouvé un seul cadavre.
Hm. et qu'en réalité euh les enfants euh à l'époque il mouraient jeune souvent, il disparaissaient aussi souvent enfin parce que voilà et donc il y avait plein d'enfants qui mouraient et et donc il est il est il est fort probable qu'à un moment donné justement ce complot politique ça été une façon d'amener à ce que des mères qui avaient perdu leur enfant je sais pas quoi qu'on leur fasse témoigner en disant oui il a disparu et il y avait jamais eu il y a eu aucune preuve directe de quoi que ce soit et en réalité l'interprétation la plus crédible à mon avis Donc il était ruiné et il était vraiment désespéré parce qu'il y avait des dettes pour tout le monde. Sa famille voulait se débarrasser de lui parce qu'il avait perdu tous les t tous les maralins et cetera.
Et on sait, ça c'est mon interprétation, je sais pas si elle est vraie, on sait qu'il a fait venir un alchimiste, donc quelqu'un qui était censé à l'époque au Moyen-Âge savoir transformer le plomb en or. Les alchimistes étaient aussi des gens un peu dangereux. C'est un peu des escrocs de notre temps quoi avec peut-être les Bitcoin ou autres. Enfin un peu l'équivalent de qui de vous savez tous ces gens qui vous promettent de multiplier par 10 votre rendement sans aucune difficulté, sans aucun effort. Donc il fait venir un alchimiste de 1000 ans mais à l'époque il y avait un aspect, il fallait bien expliquer comment est-ce qu'on arrivait à transformer le plomb en or. Donc évidemment eux c'était des petites petits escrocs qui enfin qui faisaient l'équivalent des pyramides de Pondési
aujourd'hui. Donc il devait avoir de l'or qu'il cachait quelque part et il le substitu au dernier moment et après mais donc il fallait quand même cet aspect un peu il fallait qu'ils apparaissent comme faisant de la magie noire ou enfin voyez enfin qu'ils aient un rapport avec des esprits pour convaincre que ils avaient un pouvoir que d'autres n'avaient pas. Et on sait que donc il fait venir cet alchimiste de 1000 ans et que cet alchimiste a amené avait amené un un fétus ou un bébé dans du formol. Euh voyez ces trucs qu'on peut voir dans des expositions muséum d'histoire naturelle dans le cadre des Donc moi ma spéculation c'est qu'il est très probable qu'il y ait des domestiques du château du Seigneur qui ait vu le bébé dans le formol ou je sais pas quoi qui soit dit c'est quoi cette
histoire c'est quoi ce magicien noir na na et qui a une que la rumeur est commencée à circuler et que de là en fait le truc soit remonté qu'après des politiciens comme le duc de Bretagne et on a profité pour lancer le monitoire et que de les choses se sont emballées. C'est une hypothèse, allez savoir. Mais en toute circonstan euh imaginez-vous, imaginons qu'il était innocent. Vous imaginez ? Donc non seulement vous faites brûler euh condamné, vous êtes obligé d'avouer probablement parce qu'on vous a torturé pendant le pendant le pendant le procès, qu'en tout cas vous aviez peur d'être torturé. Euh nous quand on est on fait face à une injustice dans nos sociétés contemporaines, comme on a grandi avec Hollywood et tout ça, on se dit bon au pire de toute façon un jour la vérité ce
sera enfin voyez et puis et et nous comme citoyens on se dit toujours oui on sait ce qui s'est passé dans l'histoire pas du tout. L'histoire choisit ses vainqueurs, ses héros, les fabrique et construit des récits autour, soit pour les diaboliser, soit pour et la victoire n'est jamais acquise. Et il y a pas de il faut pas se raccrocher à bon bah peut-être que après coup, on dira que il faut toujours donc il faut renoncer à toute idée sacrificielle. Il faut lutter dans le présent toujours pour essayer de de faire sa vérité, de faire la vérité et survivre en fait à toutes les instrumentalisations offensives, projection qu'on va générer pour pour essayer de vous détruire parce que il n'est en rien garanti qu'il y ait une rédemption postérieure qui puisse qui puisse venir vous sauver. Et donc
moi, j'ai fait ce film un peu en euh en reprenant le consensus des historiens. Donc il tend plutôt sans être trop affirmatif, ce qui est déjà peut-être un signe de l'acheté de ma part, vous voyez. Enfin alors même que parce que j'ai lu l'archive judiciaire et ce qui m'a fasciné et effrayé c'est que ça se lit comme un dossier criminel d'aujourd'hui. C'estàd que 5 siècles après, c'était en 1439, euh 6 siècles après euh notre institution judiciaire fonctionne grossièrement selon les mêmes mécanismes. Nous qui nous pensons au des phards de l'humanité, on fonctionne encore comme fonctionnait l'inquisition grosso modo à l'époque. avec un rapport à faire capacité à faire la vérité qui est quand même très très bancal et donc
nécessairement comme je suis avocat, je commence à lire le texte comme un avocat et là je vois le truc et je me dis mais il y a rien. Enfin il y a aucune preuve, les témoignages sont tout tous complètement foireux. Donc je fais ce film un peu pour répercuter ce sentiment un peu d'étrange parce que j'étais parti sans a priori en me disant "Oui, le mec est Barbe Bleue." Enfin enfin enfin c'est acquis pour tout le monde. Un peu le même réflexe que quand j'avais eu 20 à 20 ans à la CPI. et que je suivais ces dossiers de criminels de guerre africain euh et bah s'ils étaient la CPI à Cour internationale, c'est qu'ils étaient coupables. Je me posais pas la question. Enfin, vous voyez enfin en plus j'étais du côté du procureur et j'ai découvert des années plus tard en faisant ma thèse
sur l'un d'entre eux qu'il était complètement innocent et qu'en fait une des rares personnes qui a été condamné aujourd'hui par la CPI, au moins une d'entre elles et quelqu'un qu'on a envoyé à la CPI à 25 ans. À 25 ans qu'on a nommé général pour l'envoyer à la CPI pour faire croire que on s'occupait du problème enfin tout en s'assurant que les vrais responsables ne soient pas poursuivis. Et le mec avait était tellement déconnecté de tout rapport au pouvoir de tout que quand on quand il arrivé à la haie, il m'a raconté parce que du coup je suis allé l'interviewer euh dans le cadre de ma thèse en prison à Schweningen en en en Hollande. Euh il m'a dit "Mais j'ai cru la première chose, je lui demandé mais c'était quoi votre première impression quand vous êtes arrivé ? il avait jamais pris
d'avion, il avait pas de télé, enfin enfin vraiment il venait, il vivait dans un petit village. Il m'a dit "Bah ma première chose que je me suis demandé, c'est pourquoi les gens étaient habillés comme des corbeaux." Voyez, les robes d'avocats et de magistrats pour lui c'était enfin même ça c'était c'était un truc qu'il avait jamais qu'il avait jamais découvert. Et euh et ce qui m'a beaucoup marqué donc juste pour finir là-dessus en montrant mon film pour la première fois à des gens, c'est que une des personnes l'a interprété comme si je portais la thèse de la culpabilité de Gillory. Et là, je me suis wouh ! Donc non seulement il a été brûlé peut-être à tort, non seulement pendant 5 siècles, il est devenu l'incarnation
du mal absolu, non seulement on a écrit un compte qui s'appelle Barbe Bleu qui est inspiré de lui tellement il il est censé être monstrueux et cetera mais quand il y a quelqu'un qui essaie de s'intéresser à ce qui lui arrivait et de restituer ce qui peut-être tend au fait qu'il aurait pu être innocent, il y a quand même des gens qui vont l'interpréter comme si était coupable bon impossible de s'en sortir en fait c'est vraiment infernal et et voilà c'est un peu un film sur cette réflexion sur sur l'impuissance et et l'échec et le fait que de toute façon il faut je pense que la dignité c'est de vivre avec cette hypothèse et le fait de de l'accepter de quand même de quand même avancer et de quand même prendre le risque et de de s'exposer et de et peut-être dans 400 ans quelqu'un fera un
film sur vous. J'espère pas, ça serait peut-être mauvais signe. [rires] J'espère que ce sera pas nécessaire et et ce qui est important c'est c'est ce qu'on essaie de fabriquer dans l'instant. Et vous savez, la beauté est tellement éphémère, enfin c'est on le voit avec la nature, on le voit avec une rose, ça dure quelques jours. Enfin euh je pense qu'il faut vraiment se concentrer sur cette possibilité de faire surgir. Alors c'est très important, je pense de créer les conditions de la génération de la beauté si on peut y contribuer. Voyez, s'assurer que ce soit plus facile de générer de la beauté par la suite et nous essayer de la générer dans l'immédiat. Mais voyez, je pense qu'il y a une vraie obsession eschatologique ou apocalyptique ces derniers temps parce qu'on se rend
compte que tout est tellement évanaissant, c'est pour ça que tout le monde est obsédé soit par la fin du monde climatique, soit comme avant il était par le nucléaire. On a toujours cette angoisse existentielle des êtres humains de la du pourquoi de notre existence et d'efforts qu'on des efforts qu'on fait un peu vaniteux pour quand vous tuez une fourmie, vous rendez compte ou un moustique pour reprendre. C'est quand même des structures physiques très élaborées et qui sont d'une complexité extraordinaire à l'échelle collective et compagnie et vous les faites disparaître et elles disparaissent, elles deviennent poussière en en un en un geste. Donc à d'autres échelles, on est exactement la même chose. Il faut accepter que tous
ces efforts-là seront balayés quoi qu'il arrive et qu'en même temps notre existence n'aurait aucun sens si elle n'était enfin si elle ne générait si elle n'était produ enfin si elle ne produisait pas ou ne cherchait à produire ces effetsl et ces beautés là. C'est c'est un beau message pour la fin. Oui, je pense que c'est on reste sur ce message ou est-ce que vous voulez dire un dernier message ? Non, je pense que en tout cas si si les gens qui nous écoutent sont principalement des enfants au sens qui sont en train de naître à la vie, qui commencent à découvrir dans l'âge adulte, à expérimenter à la fois le succès pour ceux qui vont
avoir de la chance et qui vont qui vont réussir à à se construire et les échecs. Moi, j'ai connu des gens, j'ai connu une personne qui avait été la première à se faire recaler normal dans sa promo. C'estit elle était la première après dans le classement après ceux qui avaient été admis. Oui. Euh, elle était détruite et et je sais pas ce qu'elle est devenue, mais il est possible qu'encore aujourd'hui ce soit quelque chose dont elle ne se soit pas remis. Euh il faut pas euh ça il faut pas euh sous-estimer le la violence réelle de de de ces structures
de pouvoir et les énormes écarts artificiels qu'elle génère. Parce que c'est vrai que entre rentrer à normal et continuer son cursus dans une faculté euh la les possibilités qui vous sont ouverte change drastiquement et aujourd'hui pour le restant de nos jours. Donc ça c'est très important que collectivement on s'engage pour essayer de changer ça et de rompre ces sortes de de d'écart faramineux qui existent et qui prédéterminent des désexistences. Mais il faut aussi à l'échelle individuelle ne pas ne pas se glorifier si on réussit ces concours ou si on réussit à à faire partie des des rares qui ont pu avoir les voies royales et ne pas se laisser déterminer en terme de
regard porté sur soi-même lorsque lorsque l'on est obligé de passer par des chemins qui peuvent sembler plus communs. C'est ce que je vous disais. Les endroits les plus stimulants intellectuellement que j'ai eu à fréquenter lors de ma formation universitaire, ça a été la fac en droit et philo. Ça pas été sciences, ça pas été les cours normales, ça pas été après les masters, c'est les licences de droit et philo parce que elle me donnait une base qui continue de me servir aujourd'hui dans le rapport au monde alors même que c'était théoriquement des moins prestigieuses que que j'ai eu à fréquenter. Donc donc faut pas voilà faut pas se soumettre en réalité au aux structures existantes.
D'accord. Merci beaucoup Ran Branco. J'ai j'avais bien aimé le le premier entretien qu'on avait fait mais j'ai trou j'ai trouvé ça encore plus intéressant. Je suis ravie aujourd'hui. Donc donc merci beaucoup et je pense que ça va ça va plaire à beaucoup. Merci à vous de m'avoir invité. M.
Juan Branco