Nicolas Dupont-Aignan invité politique de Territoires d'Infos
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:47OuverteRéponse partielle
A qui attribuer ces bons chiffres du chômage ?
- 1:56OuverteRéponse directe
Qu'en pensez-vous de l'exclusion d'Édouard Philippe ?
- 2:37OuverteRéponse directe
Est-ce que la clarification a eu lieu avec l'exclusion d'Édouard Philippe ?
- 3:44OuverteRéponse directe
Est-ce que la droite est en train de se suicider ?
- 4:12OuverteRéponse directe
Et vous redoutez pas la droitisation du Parti Les Républicains ?
- 4:39OuverteRéponse directe
À quoi consiste cette plateforme ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:37PrésentateurChiffre
« Diminue de 1,8% en septembre, soit 64 800 selon les chiffres du chômage de Pôle emploi. »
- 1:33InvitéFait
« la directive travailleurs détachés continuera à faire des dégâts colossaux car le principe même de paiement des charges sociales du pays d'origine est maintenu. »
- 1:52InvitéFait
« Édouard Philippe, a été exclu hier de son propre parti. »
- 3:05InvitéFait
« on a voulu mélanger la carpe centriste et le lapin gaulliste. »
- 3:21InvitéFait
« La création de l'UMP, je l'avais prédit avec d'autres, a été une catastrophe. »
- 3:33InvitéFait
« C'est M. Édouard Philippe qui est le fidèle d'Alain Juppé. »
- 6:21InvitéChiffre
« Il y a déjà 300 questions sur le site qui sera ouvert à midi. »
- 14:35InvitéFait
« Emmanuel Macron, avec habileté, avait dit « je ferai une commission parce qu'il faut remettre tout à plat ». »
- 14:45InvitéFait
« La commission a dit que ce traité est mauvais pour la France, pour nos agriculteurs, pour notre alimentation. »
- 15:37InvitéChiffre
« On nous dit un an et demi, un an plus six mois au lieu de trois ans. »
- 15:46InvitéFait
« Et ça ne traite pas l'affaire des routiers. »
- 15:52InvitéFait
« C'est de l'habillage, de la manipulation. »
- 16:56InvitéFait
« C'est un drapeau français que je porte autant que je peux depuis les attentats. »
Temps de parole
- Invité76 %
- Présentateur8 %
- ?6 %
- Invité 25 %
- Invité 35 %
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Bonjour
et re-bonjour à ceux qui nous rejoignent. On était là depuis 7h30, vous le savez. C'est l'invité politique. Maintenant, c'est Nicolas Dupont-Aignan, le député de l'Essonne. Bonjour et président de Debout la France. Merci d'être
avec nous. Bonjour, monsieur.
De bon matin. Pour vous interroger, Oriane Mancini de Public Sénat, chargée plus spécialement des opérations spéciales. Bonjour, Oriane.
Bonjour, Cyril. Et Nathalie
Moret du groupe EBRAD. Neuf titres de la presse quotidienne régionale plus spécifiquement. Ce matin, le progrès de Lyon. Mais on va en parler dans un instant.
Bonjour à tous. Nicolas
Dupont-Aignan. Diminue de 1,8% en septembre, soit 64 800 selon les chiffres du chômage de Pôle emploi. La plus forte baisse depuis début 2001. Ça, c'est une bonne nouvelle. A qui attribuer ces bons chiffres ? A François Hollande ou à Emmanuel Macron, selon vous
?
D'abord, moi, je me réjouis. Mais attention, ils avaient augmenté du même nombre les deux mois précédents. Donc sur le trimestre, on est quasiment pareil. Donc attendons de voir. Voilà, soyons prudents. Moi, je ne commande pas les statistiques mois par mois parce que ça ne veut rien dire. On aurait pu dire exactement l'inverse au mois dernier. Attendons. Et sincèrement, j'espère qu'il y aura une baisse. Mais j'en doute parce que
quand
on regarde ce qui est en train de se produire, on s'aperçoit que de vraies mesures ne sont pas prises sur la relance de l'activité, alors qu'on bénéficie déjà de conditions très favorables. Et deuxièmement, contrairement à ce qui a été dit partout, et j'insiste, la directive travailleurs détachés continuera à faire des dégâts colossaux car le principe même de paiement des charges sociales du pays d'origine est maintenu. Et donc le dumping va continuer. C
'est un
énorme problème. M. Dupont -Aignan, on reparlera
tout à
l'heure des travailleurs détachés. Mais l'actu de ce matin, c'est que le Premier ministre en exercice, Édouard Philippe, a été exclu hier de son propre parti. C'est une première. Qu'en pensez-vous
?
Il a été exclu sans être exclu, d'après ce que j'ai compris, parce que ça m'a l'air un peu compliqué. Il va l'être une fois que le quorum sera atteint. Écoutez, c
'est
l'affaire des Républicains. C'est quand même la moindre des choses, parce qu'on ne sait plus où les Républicains habitent. D'un côté, il se dit parti d'opposition. De l'autre côté, la quasi-totalité des députés n'ont pas voté contre la confiance. Votent beaucoup des projets de loi du gouvernement. Et certains membres éminents, anciens des Républicains, dirigent la France. Donc si vous comprenez quelque chose, vous revenez me voir, moi je ne comprends rien. Et je pense que dans la vie politique, la démocratie, ce qui compte, c'est la clarté. Donc
on verra ce que les Républicains feront. Est-ce qu'avec ce qui s'est passé hier, la
clarification a eu lieu, selon vous ? Non, je ne crois pas. En vérité, il y a un problème profond, idéologique. Je pense sincèrement qu'il
y a
une grande partie des dirigeants, pas des électeurs, attention, des dirigeants républicains qui sont d'accord avec ce que fait M. Macron. Et cette partie-là,
c
'est, je dirais, celle que j'ai quittée il
y
a dix ans. Parce qu'en vérité, quand a été construit l'UMP, quand il y a eu la fin du RPR, c'est loin, et je l'avais dit à l'époque, vous pouvez retrouver tout ce que j'ai écrit, on a voulu mélanger la carpe centriste et le lapin gaulliste. Moralité, il n
'y
avait plus de cohérence idéologique. Et c'est ce qui explique d'ailleurs la percée du Front National. Moi, j'ai toujours été avec Philippe Séguin, Charles Pasqua pour un parti gaulliste, patriote et humaniste. La création de l'UMP, je l'avais prédit avec d'autres, a été une catastrophe. Et maintenant, en vérité, c'est l'esprit de l'UMP qui explose. Ceux qui avaient voulu l'UMP sont au pouvoir avec M. Macron. C'est M. Édouard Philippe qui est le fidèle d'Alain Juppé. Les centristes, les européistes, au moins Macron aura réussi une chose, c'est à clarifier la vie politique. C
'est ça qui est important. Est-ce
que la droite est en train de se suicider, comme le dit Sébastien Lecornu ? Je ne
crois
pas. Je ne crois pas. Je crois que Sébastien Lecornu représente une espèce de droite bobo, libérale, européiste, qui d'ailleurs va au naufrage. Parce que moi, ce qui me réjouit dans ce qui se passe aujourd'hui, je vais vous dire, c'est qu
'il y a
une clarification idéologique. La gauche bobo, libérale, européiste, travaille avec la droite libérale, européiste. Ils faisaient la même politique à tour de rôle en faisant semblant de s'opposer. Là, ils sont tous ensemble. Ils feront naufrage ensemble.
Et vous redoutez pas la
droitisation du Parti Les
Républicains qui pourrait réduire
votre espace
à vous ?
Pas du tout. Parce que je suis absolument convaincu que justement, cette clarification idéologique va permettre la grande coalition que je réclame et dont on parlera sans doute. Vous lancez aujourd'hui une plateforme, les amoureux de la France, Cyril,
une plateforme proglamatique.
Bien sûr, proglamatique, les sympathisants de droite. Vous avez donné une grande interview à Nathalie Moret qui est là sur ce plateau pour le groupe EBRAS pour en parler. À quoi elle consiste cette plateforme ? Et d'abord, physiquement, comment on peut y accéder ? Comment ça
se passe ? D'abord, je reviens sur la raison d'être. Parce que ce n
'est
pas une plateforme Internet participative pour une plateforme. Je vous disais il
y
a un instant que Macron a clarifié le jeu politique. Ceux qui faisaient semblant de s'opposer depuis 20 ans et qui menaient une politique, à mon avis, détestable, sont tous ensemble.
Un
jour,
ils
feront naufrage. Parce qu'ils n'auront pas de résultat. Ça, vous l'avez expliqué. Oui. Mais alors,
qu
'est-ce qu'on fait après ? Est-ce qu'on laisse M. Mélenchon
être
la seule opposition ? Moi, je remarque que depuis l'élection de M. Macron, M. Macron et M. Mélenchon monopolisent la vie politique. M. Mélenchon a su réunir des gens. De l'autre côté, à droite, c'est la dispersion. M. Wauquiez, dans son couloir, il dit « Je ne parlerai pas à Mme Le Pen ». Mme Le Pen recommence son travail de rénovation et tant mieux. Et puis, nous, debout
la France, on
devrait faire pareil ? Moi, je vous dis que jamais le Front National gagnera seul. Jamais les Républicains, sans les autres, gagneront seul. Et M. Dupont-Aignan, je le regrette, je pense, ne gagnera pas seul.
Et donc,
ça veut dire que je suis convaincu qu'il faut forger une grande coalition. Chaque parti restera son parti. Mais il faut une coalition, travailler ensemble. Et pour travailler ensemble, ce n
'est
pas les personnalités qui vont le faire. C'est sur un programme commun. C'est-à-dire un programme d'alternance sérieux, audacieux et sérieux. Et ce programme, on va le faire avec les électeurs. Parce que moi, je rencontre les électeurs. Et sur le terrain, je vois qu
'ils
sont d'accord sur l'essentiel. Ils ont voté soit républicain...
À
votre plateforme, parce que vous n
'avez
toujours pas
été... Oui, la plateforme, ça va être un moyen.
C'est un moyen. Les amoureux de la France, c'est de dire, avec les électeurs, on va forger ce programme commun. Il y a déjà 300 questions sur le site qui sera ouvert à midi. C
'est un
site internet. C'est un site internet avec des centaines de questions participatives. Les électeurs, nos électeurs qui sont malheureux aujourd'hui de voir ce qui se passe, pourront à la fois répondre aux questions, poser des questions, faire des commentaires, proposer des solutions. Monsieur Dupont-Aignan, vous voulez faire l'union des droites. Marion Maréchal-Le Pen y croit. Pas Marine Le Pen. Vous, vous y croyez ? J'y crois parce que je crois que dans la vie, il faut acter ce qui nous rassemble plutôt que ce qui nous différencie. Bien sûr qu'il
y a
des différences entre nous. Le Front National, ce n
'est
pas les Républicains et Debout la France. Mais ce qui nous rapproche est plus fort que ce qui nous différencie. Encore faut-il déterminer ce qui nous rapproche, travailler avec nos électeurs, définir des positions communes. Mais on a le temps. Mais du coup, est-ce qu'elle est réaliste, cette union des
droits ? Oui, elle est réaliste
parce que les électeurs l'attendent. Parce que les électeurs, je leur dis très clairement, notamment à ceux de droite, si vous continuez à avoir des leaders qui sont dispersés, qui sont chacun dans leur couloir, alors que Macron a réunifié des gens qui pensent pareil mais qui étaient différents au départ, et que M. Mélenchon a réuni des gens qui sont d'accord sur l'essentiel mais qui sont différents au départ, eh bien nous, si on continue à être chacun dans son couloir, chacun à dire je ne
veux
pas travailler avec
l'autre, ce sera un échec. Avec qui ? Il y a Jean
-Frédéric Poisson ? Alors, avec moi, il y aura par exemple tout à l'heure, Jean-Frédéric Poisson, qui a cette même conscience que moi, qu'il faut dépasser nos petites boutiques personnelles. Il y aura Emmanuel Ménard qui viendra. Emmanuel Ménard sera là. Sera là. Député
apparenté FN. Il y aura le sénateur. Donc elle vous rejoint
officiellement ? Elle ne rejoint pas, c'est une plateforme, ce n
'est
pas un mouvement qu'on fait. C'est de dire, maintenant, ça suffit les disputes,
on travaille. Ça ne pourra
pas déboucher sur un mouvement, quoi
qu'il arrive. Non, je ne crois pas au mouvement.
Je crois que c'est un état d'esprit, c'est un élan, c'est travailler en commun. Il y aura le sénateur Masson qui a gagné quand même deux sièges au Sénat sur une démarche d'indépendance. Il y aura Julien Rochdy, l'ancien responsable du Front National Jeunesse. Il y aura Nicolas Duyck qui est un ancien député républicain. Il y aura des républicains, des gens du Front National, des gens de Debout la France, des gens du Parti chrétien-démocrate. C'est un premier noyau. Après, on va aller en province, il n'agit pas d'être sur Internet seulement. Moi, je veux qu'on voit les gens, qu'on discute. Et là, on invitera tout le monde.
Il
ne
s
'agit pas de lutter contre le Front National ou contre les républicains
ou
contre Debout la France. Chaque parti garde son autonomie, son indépendance, sa raison d'être. Mais est-ce qu'on ne peut pas à un moment dire, on va travailler ensemble ? Je prends des exemples concrets. Les frontières, la politique d'immigration, la sécurité,
les PME. Tous les thèmes de la
droite traditionnelle.
Mais au-delà de la droite. Au-delà de la droite.
Est-ce que vous avez pris langue avec lui ? Est-ce qu'il va vous suivre ? Je ne sais pas. Il verra au-delà de la droite. Ce n
'est
pas simplement l'union des droites. C'est l'union de ceux qui voient bien qu'Emmanuel Macron, c'est de la frime. Il n'y aura pas de succès. Et on ne veut pas laisser Mélenchon être la seule alternative parce qu'on a une pensée différente. On a bien compris. Vous avez un petit peu esquivé sur Florian Philippot. Quand il dit avec Nicolas Dupoignan,
on
peut faire un bout de chemin ensemble parce que politiquement, nous sommes très proches. C'est quand même une main tendue, ça. Qu'est-ce qu'il faut pour que l'alliance se fasse avec lui ? Florian Philippot a créé un nouveau parti. Il est dans une démarche de construction d'un nouveau parti libre à lui. Ce que justement, moi, je veux, c'est une coalition de tous les partis, mais sur un programme. La question,
ce n'est pas Florian Philippot. Vous avez cité plein de noms qui viennent d
'horizons différents.
Pourquoi
pas
de membres des patriotes ?
Parce
qu'on verra.
Mais les patriotes pourront participer à nos réunions en province, au même titre que des gens du Front National, des Républicains, du Parti chrétien démocrate. Mais moi, ce qui m'intéresse,
c
'est le programme. Parce que les Français ne nous ont pas fait confiance en 2017. Il y
a
eu un échec politique. Et cet échec politique, je pense, que tout le monde tire sur Marine Le Pen aujourd'hui, que c'est peut-être plus profond. C'est le programme. Le programme, il faut peut-être qu
'on
le revoie. D'ailleurs, Marine Le Pen a commencé un travail de son côté. Laurent Wauquiez de son côté a commencé un travail de mise à jour. Jamais les circonstances n'ont été aussi favorables pour qu'on puisse faire cette coalition un jour. Simplement, ça ne viendra pas des grandes personnalités. Parce que c'est normal, ils sont chefs de parti. C'est normal, ils ont chacun des échéances politiques. Marine Le Pen a son congrès. Laurent Wauquiez veut être élu président. Mais moi, je veux voir plus loin.
Je
veux qu'on travaille sur le fond des choses. Je veux qu'on propose aux Français un programme alternatif. Car les Français
vont
vite revenir de M. Macron. Ils vont comprendre que c'est une impasse politique, économique, sociale, migratoire. Et il faut que nous, on ait des solutions à apporter aux Français.
Mais
même sur le fond des choses, quel espace politique il vous reste entre les patriotes de Florian Philippot, entre les LR de façon Wauquiez et le Front National.
Mais justement, mais ce n'est pas une question d'espace.
Mais moi,
je
ne
vis
pas pour avoir un espace. J'ai été candidat à la présidentielle, j'ai eu près de 2 millions de voix. Je ne suis pas en manque d'espace.
Je
veux que mon pays progresse. Et je crois aux convictions que je défends. Et les convictions que je défends, je dis que si les leaders qui les partagent sont émiettés, divisés, ils trahissent quelque part la volonté des électeurs de se rassembler. Et moi, je vois tous les jours des électeurs
qui
ont voté républicains, parfois debout la France, parfois Front National, et qui me disent « Mais quand est-ce que vous allez être capables de vous entendre
?
Macron a fait l'union des européistes, des mondialistes.
Et
vous, vous défendez la patrie avec des orientations, parfois des nuances, des différences. Mais vous,
vous
n'êtes pas capables de vous rassembler. Le contrôle des frontières, on n
'est
pas capables de se rassembler là-dessus ? La
défense des
PME, des artisans. Des choses simples, précises. On est d'accord sur 80% des choses. Alors, pourquoi M. Wauquiez dit « Je ne
veux
pas parler à Mme Le Pen ? » On est dans un moment particulier, vous l'avez dit, le Front National est affaibli. Est-ce que c'est de votre part une tentative de siphonner les électeurs
du Front National ? Non, je ne suis pas
dans une démarche… Quel serait l
'intérêt ? Un peu quand même.
Non, je suis dans une démarche de reconstruction. Et je veux créer un électrochoc politique.
Mais est-ce que vous
êtes la personne pour faire ça, dans la mesure où les électeurs ont annoncé qu'ils voulaient du renouveau, l'élection de M. Macron, en est l'illustration
?
Les électeurs ont demandé du renouveau. Je pense que, justement, on doit apporter du renouveau. Du renouveau programmatique. Le temps des personnalités n'est pas venu. Je vais vous faire une confidence.
Qui,
en 2016, pensait que M. Macron serait président ? Sincèrement. Lui-même,
sans
doute. Oui, mais dans nos quatre, je ne
suis
pas sûr qu'il y
en
ait beaucoup. Ça veut dire que la question de 2022…
Vous ne le
pensiez pas, en tout cas, du tout ? Non, franchement. Franchement, mais qui le pensait ? Et vous, sincèrement, fin 2015, vous pensiez que M. Macron serait président
?
Bon, franchement. Donc la question de savoir qui va être le petit cheval qui, en 2022, va être élu président de la République à droite, je m'en fiche et contrefiche. Parce que ce n
'est
pas le problème aujourd'hui. On verra celui en 2020 qui peut incarner ça. L'enjeu,
c
'est déjà de se rassembler. Parce que si on ne se rassemble pas, on
regardera
passer les trains.
Vous
dites que ce n
'est
pas le temps de l'incarnation, mais il
y
a quand même… Les gens qui sont au Front National pensent beaucoup à Marion Maréchal-Le Pen. Est-ce que vous l'avez appelée ?
Est
-ce que vous avez dit
? Non, je ne l'ai pas eue
parce qu'elle est retirée de la vie politique. Et je ne sais pas ce qu'elle voudra faire. Mais encore une fois, et c'est normal, c'est normal, la vie politique s'incarne dans des personnalités. Et vous avez raison de poser ces questions. Mais pour autant,
je
pense que si on a perdu en 2017, c'est parce que le programme qu'on portait a pu inquiéter certains Français. Et je pense sincèrement qu'Emmanuel Macron a gagné par défaut. Et je suis convaincu que si on ne fait pas cette démarche de terrain, d'écoute, de travail en province, dans chacune des villes, quel est l'avenir du monde rural ? Quels sont l'avenir des communes ? On a plein d'idées
et
des idées intéressantes au Front National, chez les Debout la France, aux Chrétiens-Démocrates, chez les Républicains, dans une certaine partie des Républicains. Et je vois bien les personnes, les élus locaux. J'ai eu plein d'appels là récemment. Ils disent, tiens, si on pouvait enfin avoir une démarche collective, collective, coalition. Ça ne
veut
pas dire qu'on renie ce qu'on est, dans l'esprit de l'alliance que j'avais faite avec Marine, mais qui était réduite à Marine et moi. Est-ce qu'on ne
peut
pas élargir l'esprit de ce qu'on avait fait au second tour
? C
'est ça ce que je veux faire. Tout simplement, c'est sincère. Je veux faire avancer le schmimlick. On va passer à un tout
autre
sujet, Nicolas Dupont-Aignan. Le gouvernement présentera ce matin, à
l
'issue du Conseil des ministres, son plan pour encadrer l'entrée en vigueur du CETA, le traité de libre-échange entre le Canada et l'Union Européenne. Qu'est-ce que vous attendez de ce plan ? Imposture, manipulation du gouvernement, du président de
la
République. Je vous rappelle que pendant la campagne, j'avais posé la question du CETA,
lors
d'un débat. Et Emmanuel Macron, avec habileté, avait dit « je ferai une commission parce qu'il faut remettre tout à plat
». Il
y
a
eu la commission. La commission a dit que ce traité est mauvais pour la France, pour nos agriculteurs, pour notre alimentation. Complètement contradictoire au traité de Paris sur l
'environnement. Bon,
attendez, attendez la suite. Et M. Macron a dit « on le vote ». Il est adopté. Eh bien, je demande un référendum. Un référendum
sur le CETA,
oui. Et si M. Mélenchon, si Mme Le Pen, si d'autres, M. Wauquiez et d'autres demandaient un référendum, le président de
la
République nous parle toute la journée de démocratie européenne. Eh bien, chiche
! Un
référendum. Car je vous le dis, le CETA, c'est la mort de nos territoires. Nos territoires ruraux, la qualité de notre alimentation, c'est encore plus l'industrialisation. Et c'est complètement contradictoire avec les orientations de M. Hulot. Un petit mot juste très rapide, très rapide sur la question des travailleurs détachés. Vous en avez parlé un petit peu tout à l'heure. Les ministres du Travail de l'Union Européenne se sont accordés sur une révision de la directive. Est-ce que pour vous, c'est quand même une bonne nouvelle ? Non, mais c'est pipo. C'est de la manipulation. On nous dit un an et demi, un an plus six mois au lieu de trois ans. Mais la durée moyenne, c'est quatre mois.
Et ça ne traite pas l'affaire des routiers. Et ça ne traite pas l'affaire des charges sociales qui restent payées en Pologne ou en Roumanie. Ça n'a aucun sens. C'est de l'habillage, de la manipulation. Mais ça ne résoudra pas malheureusement le problème des chômeurs. Et moi, ce qui m'intéresse, ce sont les chômeurs. C'est qu'on leur donne du boulot. Voilà.
Nicolas Dupont-Aignan, vous êtes donc à la tête d'un mouvement politique. Christophe Castaner, lui, secrétaire d'État chargé des relations avec le Parlement, a été choisi pour diriger la République en marge. Autre mouvement politique. Est-ce qu'il est l'homme de la situation ? Oui,
je
n'en
sais rien. Ce haut
républicain dit en marche. En marche vers quoi ? D'ailleurs, moi, j'aimerais savoir. Ça fait des mois qu'on répète en marche. C'est en marche vers le précipice, oui. Non, mais ils choisiront.
Vous trouvez
légitime ?
Oui,
bien, mais tout le
monde est légitime. C'est un choix
ministre concourant
à la présidence d'un parti. Mais écoutez, mais c'est
son... Vous
connaissez,
il est parlementaire.
Mais moi, je
respecte... Vous savez, la démocratie, c'est de respecter les autres, mais qu
'il
y
ait
un débat d'idées qui ne soit pas biaisé. Et que les Français puissent sincèrement, en démocratie, se faire leur idée. C'est tout ce que je demande. Et moi, ce qui m'intéresse, c'est de développer mes convictions et de convaincre mes concitoyens en étant encore meilleurs. C'est-à-dire en leur disant, il y
a
une autre voie possible. Il y
a
une autre voie possible. Qu'est-ce que c'est le petit pin, ce drapeau français ? C'est un drapeau français que je porte autant que je peux depuis les attentats. Parce qu'on n'a pas parlé sécurité, on n
'a
pas parlé retour des djihadistes, on n'a pas parlé contrôle des flux migratoires, mais ça compte aussi. Il
y
a l'économie
et
il y a aussi le problème de sécurité en France. Et là aussi, on doit proposer des choses concrètes. Merci
Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne, président de Debout la France, d'avoir été l'invité politique. On passe au débrief de vos propos dans un instant.
Merci à vous.