Borne, Macron : et maintenant ? - Reportage #cdanslair 20.03.2023
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
L'Assemblée nationale, barricadée ce lundi, alors qu'Elisabeth Borne joue son avenir face à deux nouvelles motions de censure. L'une portée par le RN, l'autre par un modéré. Le député centriste Charles de Courson, doyen de l'hémicycle, rêve de faire tomber le gouvernement.
C'est la seule façon d'arrêter la crise sociale et la crise politique dans ce pays. Si on continue comme cela, plus personne ne maîtrisera quoi que ce soit. Ils ont tout le monde contre eux, y compris dans le pays, si vous voulez. Et donc quand on est respectueux, quand on est démocrate, même si on pense qu'on a raison, eh bien il faut tenir compte de ce qui se passe dans un pays, sinon vous n'êtes plus démocrate, vous tombez dans l'autocratie.
Pour être adopté, sa motion transpartisane doit recueillir au moins 287 voix, dont celle d'une trentaine de députés Les Républicains, comme Aurélien Pradié et une quinzaine de ses collègues. Ils voteront la censure contre l'avis des dirigeants du parti.
Je le fais parce que je pense que c'est la seule porte de sortie. Et que désormais il nous faut passer à autre chose. Ce qui m'a fait hésiter, c'est la volonté de ne pas rajouter au chaos. Mais sauf que je pense que la seule possibilité de sortir du chaos aujourd'hui, c'est cette motion de censure. Elle ne suffira pas. Il faudra d'autres décisions derrière, mais ça commence par là.
L'immense majorité du groupe Les Républicains ne votera aucune motion de censure. Tout ça n'est pas sérieux. Sous la Ve République, voter une motion de censure, ça veut dire qu'on a la majorité absolue des députés. Et cela veut dire qu'on est prêt à gouverner à la place de ceux qui gouvernent. Mais avec qui et comment ? Quel atelage baroque, grotesque, clownesque ?
Où se trouve le mode d'emploi pour sortir de l'impasse. Alors que depuis jeudi soir, manifestations sauvages et affrontements s'enchaînent chaque nuit dans les rues de la capitale, comme dans plusieurs grandes villes. Des débordements qui auraient même impliqué un élu de premier rang. Le député insoumis Éric Coquerel, visé selon plusieurs médias par la plainte d'un policier qui l'accuse de l'avoir frappé au visage ce matin devant un dépôt de camions poubelle réquisitionné. Je déments formellement cette accusation, alors que les syndicats, eux, annoncent une nouvelle journée d'action jeudi. Une mobilisation toujours plus nourrie par la défiance contre un président et contre le 49-3.
Macron, il n'écoute pas le petit peuple. Le peuple lui dit non et il continue malgré tout, malgré qu'il n'ait pas la majorité non plus à l'Assemblée. C'est une honte. Non seulement le gouvernement n'a pas la majorité dans la rue, les Français sont contre cette réforme. Mais comme il n'a pas non plus la majorité à l'Assemblée, il passe par le 49-3. C'est ce foutre du monde. C'est scandaleux.
Ce matin, le patron de la CFDT en appelle directement à Emmanuel Macron.
Nous voulons que le président abandonne ce texte, qu'il tienne compte de la crise. Le pays est passé d'une crise sociale à une crise démocratique. Le président de la République doit tout simplement retirer cette réforme.
Mais la réponse du chef de l'État par le biais d'un communiqué ne laisse entrevoir aucune inflexion. Le président de la République a exprimé son souhait que le texte sur les retraites puisse aller au bout de son cheminement démocratique dans le respect de tous. Le cheminement démocratique. En guise de réponse à ceux qui reprochent à l'exécutif de passer en force. Il y a eu un cheminement démocratique de plusieurs mois. À un moment donné, vient le temps de la décision. La décision, c'est aujourd'hui, avec cette motion de censure. Mais les débats ont eu lieu, la discussion a eu lieu, le dialogue a eu lieu. Reprendre le dialogue, tout un programme.
Emmanuel Macron vient de voir sa cote de popularité tomber sous la barre des 30%. 10 mois après sa réélection et ce slogan de campagne, avec vous.
Aurélien Pradié