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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 9 mai 2019 10 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesImmigration & asileAgriculture & alimentation

Florian Philippot : "Pour une politique conforme à nos intérêts, il faut quitter l'Union européenne"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:20OuverteRéponse directe

    Comment faire pour tirer votre épingle du jeu ?

  • 0:33OuverteRéponse directe

    Sur quoi vous voulez insister, justement ?

  • 1:36OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui vous différencie de François Asselineau ?

  • 2:17RelanceRéponse directe

    C'est ça, l'augmentation du SMIC, c'est quoi le rapport avec l'Europe ?

  • 3:21RelanceRéponse partielle

    Tout ce qu'a fait l'Union européenne depuis plus de 60 ans a été mauvais pour nous ?

  • 4:25RelanceRéponse partielle

    Rien ne trouve grâce à vos yeux ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:42Invité politiqueFait
    « nous avons fusionné nos listes avec jaunes et citoyens »
  • 2:05Invité politiqueFait
    « je pense qu'il faut contrôler très fortement l'immigration massive »
  • 2:09Invité politiquePromesse
    « il faut augmenter 300 euros en 5 ans le SMIC »
  • 2:28Invité politiqueFait
    « tous les ans, la Commission européenne publie des recommandations économiques »
  • 3:33Invité politiqueFait
    « il y a eu une vraie rupture à partir du traité de Maastricht »
  • 4:02Invité politiqueFait
    « le non a été bafoué par le traité de Lisbonne et les parlementaires qui n'ont pas respecté le vote du peuple »
  • 5:34Invité politiqueFait
    « un pays qui n'est plus capable d'interdire un pesticide quand il le souhaite, parce que c'est une règle européenne, c'est un problème »
  • 5:57Invité politiqueFait
    « nous n'avons pas la souveraineté commerciale »
  • 7:28Invité politiqueChiffre
    « j'ai participé à 75% des votes »
  • 7:44Invité politiqueFait
    « je ne suis pas allé signer deux minutes pour toucher 320 euros »

Temps de parole

  • Florian Philippot82 %
  • Présentateur18 %

5,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Nous sommes le 9 mai, c'est la journée de l'Europe et notre invité ce matin veut en sortir de l'Europe, de l'Union Européenne et de l'euro. Il est eurodéputé, candidat à sa réélection dans un peu plus de deux semaines. Bonjour Florian Philippot. Bonjour. Vous êtes chef de file de la liste des Patriotes. 33 listes ont été validées, dont plusieurs dans votre mouvance souverainiste. Comment faire pour tirer votre épingle du jeu ?

0:22
Florian Philippot

Il faut dire ce qu'on souhaite faire. Je crois qu'il faut essayer de créer une espérance autour d'un projet qui, à mon avis, est le seul capable, à la France et aux Français, de mener une politique conforme à nos intérêts.

0:33
Présentateur

Sur quoi vous voulez insister, justement ?

0:35
Florian Philippot

Alors, vous le savez, la liste Patriotes et Gilets jaunes que je mène, puisque nous avons fusionné nos listes avec jaunes et citoyens, eh bien, vise à sortir la France de l'Union Européenne, vous l'avez rappelé, le faire parce que, moi, j'ai pas envie de multiplier, si vous voulez, j'ai pas envie de faire le concours lépine de toutes les promesses de ce que doit être l'Europe demain, en sachant pertinemment que je ne peux absolument pas le faire, puisqu'on ne peut pas modifier les traités qui sont immodifiables, qui sont une espèce de coffre-fort, qu'on ne peut modifier qu'à l'unanimité des États membres.

Et je préfère dire que, pour retrouver une politique conforme à nos intérêts, il faut quitter l'Union Européenne, retrouver donc la possibilité d'une démocratie, parce qu'aucune démocratie réelle n'est possible sans souveraineté nationale et sans souveraineté populaire, et mener ensuite une politique conforme à nos intérêts, que ce soit en matière économique, sociale, de services publics, d'écologie, d'immigration, ou, évidemment, j'en parlais, de démocratie directe, et essentiellement directe, d'ailleurs, parce que je pense que c'est le gros déficit de la France et sa démocratie directe.

1:36
Présentateur

Je le disais, il y a plusieurs autres candidats qui partagent certaines de vos idées, notamment François Asselineau. Qu'est-ce qui vous différencie de lui ?

1:43
Florian Philippot

C'est le seul, d'ailleurs, qui est également favorable à la sortie de l'Union Européenne. Tous les autres, soit n'y sont pas favorables, soit n'y sont plus favorables, comme le Rassemblement National, qui a largué l'idée de sortir de l'Union Européenne, et donc de l'euro et de Schengen, et qui, aujourd'hui, raconte des carabistouilles, comme tous les autres, comme la France Insoumise ou d'autres. Ce qui nous différencie, c'est que nous avons des points de désaccord. Par exemple, moi, je pense qu'il faut contrôler très fortement l'immigration massive. Je pense qu'il faut augmenter 300 euros en 5 ans le SMIC.

Ce sont des points de fond, si vous voulez, qui nous séparent, ce qui est normal, sinon nous serions dans le même mouvement politique.

2:17
Présentateur

C'est ça, l'augmentation du SMIC, c'est quoi le rapport avec l'Europe ?

2:20
Florian Philippot

Si vous voulez, le problème de l'Europe, c'est qu'elle fait pression par une politique d'austérité sur les salaires et sur les retraites. Et tous les ans, la Commission européenne publie des recommandations économiques. Dans les traités, il y a des recommandations économiques qui visent, évidemment, à instaurer ce qu'ils appellent la modération salariale, de manière très pudique et très politiquement correcte, ce qui veut dire, en réalité, de maintenir les salaires bas, de ne pas augmenter les salaires minimums, de ne pas augmenter les retraites.

Et moi, je pense que c'est une profonde erreur, c'est une vision malthusienne de l'économie, de la société, alors que nous pourrions relancer la machine économique si nous réinjections de l'argent via les salaires et via les retraites. A condition, en parallèle, évidemment, de mettre en place le patriotisme économique, pour que cet argent réinjecté aille vers une offre française, une production nationale, qui puisse permettre une réindustrialisation de notre pays. Et vous savez, là aussi, que le patriotisme économique est strictement interdit, comme toute forme de protection, toute forme de protectionnisme est strictement interdit par l'Union européenne, et c'est traité.

3:21
Présentateur

Florian Philippot, tout ce qu'a fait l'Union européenne depuis plus de 60 ans a été mauvais pour nous ? Rien ne trouve grâce à vos yeux ?

3:27
Florian Philippot

Surtout, c'est difficile de faire une linéarité, d'estimer qu'il y a une espèce de continuité sur 60 ans. Honnêtement, c'est compliqué. Je pense qu'il y a eu une vraie rupture à partir du traité de Maastricht. Voilà, ça avait commencé un peu avec l'acte unique, mais vraiment avec le traité de Maastricht, où on prépare la monnaie unique, puis on fait la monnaie unique, où on fédéralise de plus en plus. Les gens ont voté pour. Oui, de peu, mais ils ont voté pour. Oui, mais c'est passé. Enfin, 13 ans plus tard, ils ont voté contre. Et tous les traités étaient réunis dans le traité constitutionnel européen soumis à référendum il y a presque 14 ans.

C'est d'ailleurs notre dernier référendum, je vous le rappelle, ce qui est quand même scandaleux. Et là, on avait dit non, mais le non a été bafoué par le traité de Lisbonne et les parlementaires qui n'ont pas respecté le vote du peuple. Mais honnêtement, depuis cette période-là, il y a eu une dérive de plus en plus fédérale. On a transféré de plus en plus de compétences, de souveraineté à l'Union européenne, qui n'en a rien fait, si ce n'est que de détruire, parce que son but réel, je le pense, c'est de détruire les nations et de détruire les démocraties nationales au profit d'une espèce d'utopie. Mais les utopies sont très idéologiques et sont très dangereuses.

4:25
Présentateur

Il n'y a pas que des utopies, il y a des choses très concrètes et récentes. Je vais vous donner des exemples. L'interdiction de la pêche électrique, la fin du roaming, un pas de frais supplémentaire quand on téléphone à l'étranger, les nouvelles normes anti-pollution pour les voitures, le RGPD, une meilleure protection des données personnelles, tout ça, ce n'est pas important pour vous ?

4:41
Florian Philippot

Non, mais vous voyez, par exemple, vous dites le fait de payer quand on est connecté à Internet sur son téléphone portable à l'étranger. Moi, je pense que ça, c'est le sens du progrès, tout simplement. Et que ça ne doit se faire pas simplement sur 27 pays d'un continent. À terme, ça devrait se faire dans le monde entier. On devrait pouvoir voyager pour ceux qui voyagent.

4:59
Présentateur

Certes, mais c'est déjà pas mal de commencer par 27.

5:00
Florian Philippot

Oui, d'accord, mais ça, c'est de la coopération. Moi, je serais favorable à la coopération, si vous voulez. Bien sûr, et je pense qu'aujourd'hui, d'ailleurs, il faut coopérer avec le monde entier. Le monde est vaste, ce n'est pas qu'à un continent. Le monde, c'est aussi l'Amérique du Sud, c'est l'Afrique, c'est l'Asie, c'est l'Amérique du Nord. C'est ça, et je crois qu'on l'a oublié avec cette construction européenne qui, en permanence, nous rabougrit sur Berlin, Bruxelles.

Enfin, il y a d'autres pays dans le monde, surtout pour la France, qui dispose d'une envergure mondiale grâce à son espace maritime gigantesque, grâce à une langue qui s'appelle le français, qui est mondiale, et grâce, évidemment, à l'outre-mer, qui est une richesse incroyable pour notre pays. Voilà, moi, ce que je dis, c'est qu'aujourd'hui, un pays qui n'est plus capable d'interdire un pesticide quand il le souhaite, parce que c'est une règle européenne, c'est un problème.

Un pays qui ne peut pas maîtriser ses accords commerciaux et qui se fait avoir systématiquement dans les négociations, qui se fait importer des produits qui ne sont pas bons pour l'environnement, pas bons pour la planète, pas bons pour notre santé, et qui détruisent des emplois agricoles et industriels, parce que nous n'avons pas la souveraineté commerciale, c'est un vrai problème. Alors que je vois que la Nouvelle-Zélande, qui n'est pas une énorme économie, le Canada non plus, la Corée du Sud non plus, négocient eux-mêmes leurs accords commerciaux et le font plutôt bien, dans le sens de leurs intérêts nationaux.

6:08
Présentateur

Vous parliez des pesticides. Votre députée, Mireille Dornano, a réussi à faire adopter un amendement en vue d'interdire l'épandage de produits dangereux. Donc finalement, ça sert à quelque chose, l'Europe ?

6:17
Florian Philippot

Oui, on est pragmatique, vous voyez, on est très pragmatique. Donc ça sert à quelque chose ? On prend ce qu'on peut. Mais on met un peu, si vous voulez, des pansements sur une jambe de bois. Vraiment, je suis très admiratif du travail qu'a fait Mireille Dornano, notre eurodéputée. Elle était d'ailleurs, si vous voulez, coordinatrice de cette commission pesticides. On a obtenu ça, ça a été voté très majoritairement. Les seuls, d'ailleurs, en France qui ont voté contre, c'est ceux du Rassemblement National. C'est quand même assez extraordinaire, assez scandaleux. Mais bon, tous les autres ont voté pour. Et on est pragmatique.

Mais honnêtement, même en matière de pesticides, vous savez, moi j'ai vu l'action des lobbies. C'est pas pour rien qu'ils sont à Bruxelles. C'est pas pour rien que c'est la ville au monde qui concentre le plus de lobbies. Parce qu'ils rentrent comme dans du beurre dans l'Union Européenne. Parce qu'ils partagent la même philosophie que l'Union Européenne, c'est-à-dire l'avidité, la cupidité, le règne des plus gros. Moi, je suis favorable à une agriculture bio totalement. Il y a un État dans le monde qui l'a mis en place déjà, c'est le Sikkim, c'est un État indien. C'est un petit État. Mais ça prouve que c'est possible quand il y a une vraie volonté politique.

La France devrait y aller en accompagnant les agriculteurs. Une agriculture sans chimie de synthèse, sans pesticides, avec l'agroécologie. Honnêtement, c'est possible. Et c'est dans notre projet.

7:18
Présentateur

Lors de la dernière mandature, vous avez été, d'après un décompte de France Info, le député français le plus absentéiste du Parlement Européen. Si vous êtes réélu, vous siégerez un peu plus ?

7:28
Florian Philippot

Non, mais d'abord, c'est faux. Parce que moi, je me représente, d'autres ne se représentent pas. Et d'abord, j'ai participé à 75% des votes.

7:36
Présentateur

Aucune des 44 réunions de votre commission ?

7:38
Florian Philippot

Non, mais ça, c'est autre chose. C'est la commission pétition. Moi, j'ai priorisé sur les choses importantes. Je ne suis pas allé signer deux minutes pour toucher 320 euros, ce qui ferait monter les stats et ce qui ferait monter aussi l'argent dans le porte-monnaie. Mais ce n'est pas mon but. J'ai priorisé, par exemple. Effectivement, j'ai beaucoup travaillé sur la question de l'agroécologie, des pesticides, avec Mireille Dornano. 75% de participation au vote sur 5 ans. Je suis d'accord, ce n'est pas 100%. Personne, d'ailleurs, n'est à 100%. Mais c'est déjà pas mal, vu mes responsabilités. Et je pense qu'on peut me faire mille reproches.

Mais pas celui de ne pas mettre le débat européen sur la place publique. Pas celui de ne pas interpeller violemment, parfois. Parce que j'ai de la colère, comme les Français, des responsables de drame, comme M. Macron et comme des commissaires européens au sein de l'hémicycle européen. Et j'ai su mettre l'accent sur des enjeux extrêmement importants au cours de mon mandat.

8:23
Présentateur

Est-ce qu'il y aurait des bulletins patriotes dans les bureaux de vote ? Est-ce que vous avez suffisamment d'argent pour les imprimer ?

8:27
Florian Philippot

Ah oui, Dieu merci, parce que s'il n'y avait pas le bulletin, je n'aurais pas pris la peine de venir à 6h20. Tout le monde ne peut pas les imprimer. Oui, c'est vrai, c'est un drame d'ailleurs. C'est un drame démocratique. Non, nous, nous avons l'argent pour les imprimer, même si je continue de faire des appels aux dons, parce que nous n'avons que des donateurs.

8:41
Présentateur

C'est la première chose qu'on voit sur votre site, quand on clique.

8:43
Florian Philippot

Oui, parce que vous savez, on n'a ni argent public, ni argent bancaire. Donc on ne peut compter que sur les contributions de candidats et les appels aux dons qui sont défiscalisés. Et vraiment, ceux qui veulent nous aider, ils peuvent toujours le faire. C'est très important. Mais oui, nous aurons des bulletins de vote partout. Et il aurait fallu créer cette banque de la démocratie, qui était une très belle idée, portée par François Bayrou à l'origine, qui n'a pas été mise en place. C'était une promesse d'Emmanuel Macron qu'il n'a pas respectée. Or, aujourd'hui, ça n'est pas normal.

On retourne vers un suffrage sans itère de fait, où pour pouvoir se présenter, il faut une certaine somme d'argent assez conséquente, assez considérable. Alors, quand vous n'avez ni les banques, ni l'argent public, parce que les règles de financement sont très mal faites, elles sont définies une fois, tous les 5 ans, pour 5 ans, aux élections législatives, eh bien, de fait, vous êtes dans un système censitaire. C'est vraiment compliqué.

9:27
Présentateur

Merci beaucoup, Florian Philippot, chef de file de la liste des Patriotes et des Gilets jaunes. Donc, il est 6h28. Et après, j'ai pas besoin de cette année de suspect.

9:43
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada