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interviewyoutube.com· 2 avril 2022 76 min

Fred Musa interview Yannick Jadot dans Planète Jadot #Twitch

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:03
Présentateur

recevoir chez vous on est dans le qg de campagne là on est dans le qg de campagne on est dans la zone c'est la mouche là on est sur le terre-terre on est sur le terre-terre sur le terre-terre et d'ailleurs il paraît que vous allez me lâcher non non c'était le 1er avril et c'était là je

1:13
Invité

me suis dit un truc j'en récris chacun son talent par aurel sané tout chacun ses talents bon je suis

1:19
Présentateur

venu à quelques notes ouais parce que franchement je suis aussi un peu énervé cette campagne quelle campagne non on est dans deux jours dans neuf jours on est censé y aller il ya plein de gens encore peu comme moi on sait pas pour qui on va voter on a des sensibilités sinon peut-être ailleurs mais si forcément je mets un pied dans le terre-terre c'est qu'il ya forcément des sensibilités mais mais je me pose encore la question je sais pas je suis comme plein de

1:46
Yannick Jadot

gens j'ai l'impression est terrible ce qui est terrible dans ce moment c'est que bon dans ce quinquennat si on prend que la france et les gilets jaunes après comme le reste du monde on a eu la pandémie je sais pas si vous vous souvenez au début de la pandémie premier confinement qui tout le monde disais c'est quoi le monde d'après c'est au fond qu'elles le sont le tir d'avoir sacrifié l'hôpital qu'elles le sont tir de notre vulnérabilité économique qu'elle le sont tir de la fragilité de la vie tout simplement et puis la guerre qui l'a et tout le monde est là en train de se dire c'est quoi ce bazar on a une guerre sur le sol On a eu la pandémie. On a le dérèglement climatique qui cogne.

Et au moment où il y a des tensions, des interrogations, des colères dans le pays, et tout ça devrait trouver un débouché dans une campagne électorale. Qu'on puisse se dire, au fond, on a bien compris qu'il y avait des choix de société à faire aujourd'hui. Et il n'y a pas de débat.

2:45
Présentateur

Mais c'est ça que je ne comprends pas. Pourquoi vous, en plus vous êtes sur un thème qui est pour moi important, c'est l'avenir de nos gosses, c'est l'avenir de la planète. Pourquoi vous n'avez pas imposé ce thème ?

2:53
Yannick Jadot

Parce qu'on est tout seul à le porter.

2:56
Présentateur

Pourquoi est-ce que, par exemple, on entend plus l'autre avec le remplacement et toutes ces conneries ? Pourquoi ?

3:03
Yannick Jadot

Un, parce que c'est plus facile de dire dehors les arabes, dehors les musulmans, que voilà comment on va résoudre la crise climatique, voilà comment on va apaiser la société, on va essayer de se rassembler, on va essayer de faire société de nouveau. C'est tellement facile, au fond, de dire les autres ne les aiment pas. Il y a des boucs émissaires qui sont à l'origine de tous nos problèmes. Nous, ce qu'on essaye de faire, c'est de dire il y a des solutions. Ces solutions, ce n'est pas forcément simple, ça peut demander des efforts, mais il va falloir qu'on s'y mette tous. Il va falloir qu'on retrouve l'envie d'être ensemble et de vivre ensemble.

Rien que ça, au fond, aujourd'hui, ça apparaît totalement anachronique de dire et si on faisait ensemble ? Et si on trouvait un beau projet de société pour faire ensemble ? Et y compris pendant les européennes, il y a trois ans, ça apparaît totalement préhistorique, parce que c'était avant le Covid. Mais c'était la dernière élection nationale.

3:55
Présentateur

Et bien, il vous disait 13%.

3:56
Yannick Jadot

Oui, mais à ce moment-là, tout le monde disait, tout le monde était écolo. Tous les partis politiques dans la campagne disaient, non, non, non, en fait, l'écologie, c'est nous. Et celles et ceux qui avaient envie de voter écolo, ils ont voté pour nous. Après, il y a eu la campagne des municipales. Ils ont changé de stratégie. Ils ont dit, en fait, regardez ces écologistes, ils sont détestables, pour mieux cacher l'écologie. Et puis là, en fait, ils ont encore changé de stratégie, c'est de dire, comme on sait que dès qu'on parle d'écologie, ça va pour les écologistes, on ne va pas en parler.

Et donc, on est dans une campagne incroyable, où, en ce moment même, on va peut-être se reprendre du gel pour les cultures, les arboriculteurs. Mais ça, ce n'est pas lié au dérèglement climatique. On a eu des températures un peu comme ça. Non, non, non. Chaque événement exceptionnel a déjà existé. Ce qui est lié au dérèglement climatique, c'est le fait que c'est de plus en plus souvent, de plus en plus souvent, que les écologistes, les agriculteurs, les agriculteurs, les agriculteurs, les agriculteurs, sont de plus en plus récurrents, et qu'on a à la fois cette période de très doux. Souvenez-vous, on a quand même passé Noël en t-shirt. Alors, c'était sympa de passer Noël en t-shirt.

5:01
Présentateur

C'est vrai que par contre, on n'a pas eu d'hiver dans le sens où on n'a pas eu très peu de température négative.

5:07
Yannick Jadot

On a eu très chaud, on a d'un seul coup toute la nature qui se réveille, qui bourgeonne et tout, et bing, on prend le gel, comme peut-être il y a un an. Moi, j'étais chez un vigneron il y a un an, il avait perdu 90% de sa récolte. Et c'est pareil pour les... Ce que je veux dire, c'est que les gens, ils sentent bien que la question du climat, elle est vitale. Ils sentent bien que la question de la santé, elle est vitale. Mais c'est vrai que, un, parce qu'on n'a pas eu de débat, deux, parce que c'est vrai que la guerre en Ukraine, ça écrase un peu tout. On a encore neuf jours pour éviter de passer à côté des choses essentielles.

5:42
Présentateur

Mais pour revenir justement sur les écologistes, on parlait des 13% en Europe, est-ce qu'il n'y a pas aussi une part de votre responsabilité ? Parce que quand, par exemple, c'est des petits trucs tout cons, mais quand il y a eu ces polémiques, le sapin, le fin de Noël, le tour de France, on ne fera plus le tour de France, des petites conneries comme ça...

5:57
Yannick Jadot

Non, on n'a jamais dit qu'on ne fera pas le tour de France.

5:59
Présentateur

Non, mais quand je dis ça, est-ce qu'il n'y a pas une part aussi de responsabilité ?

6:03
Yannick Jadot

Oui, il y a eu, des fois, je suis le premier, parfois, à considérer que... Mais putain, pourquoi il a dit ça ? Pourquoi il a dit ça ?

6:10
Présentateur

Sandrine Rousseau, Sandrine Rousseau.

6:12
Yannick Jadot

Mais là, depuis qu'ils ont été élus, Mère Écolo, alors c'est vrai qu'il y a ces formules qui restent, mais ils font un boulot incroyable, en fait. La réalité, c'est que... La réalité, c'est que... C'est ce qu'ils font, ce pour quoi ils ont été élus. À la métro, au Pôle de Lyon, ils ont mis en place le revenu de solidarité pour les jeunes. Pour que les jeunes, ils arrêtent d'aller faire la queue pour la soupe populaire. Ils ont mis en place des logements sociaux. Ils mettent l'alimentation bio dans les cantines. Ils sont en train de soutenir et d'accompagner des entreprises qui vont dans le bon sens, dans le bon sens de la justice sociale, de la responsabilité environnementale.

Donc, ils font le boulot, c'est vrai qu'on est dans un moment de communication où tu sors une mauvaise formule.

7:01
Présentateur

Elle va te suivre, elle va te suivre. Ça marque, ça marque.

7:03
Yannick Jadot

Mais on est aussi maintenant dans le moment où, pour ce qui concerne les mères, ils sont dans la réalisation de leur programme. Et en vrai, ça marche.

7:12
Présentateur

Tiens, on va parler justement d'un truc très concret. Aujourd'hui, c'est d'ailleurs le 1er avril, la fin de la trêve hivernale. Moi, je suis très proche de la fondation ABPR. Je sais que vous y avez été aussi. Je suis très proche. C'est une belle équipe. Je trouve... La fondation ABPR. Oui, je crois qu'on va pouvoir réagir aussi bientôt, mais on a un petit problème technique, a priori. Hein, les gars ? Sinon, vous pouvez continuer à balancer des messages, mais ça arrive. Parce qu'on va vous faire réagir, évidemment. On ne va pas faire qu'une discussion tous les deux. On a besoin de vous. Donc, envoyez vos questions sur le live Twitch. Pour l'instant, on a juste un petit problème de retour.

Non, je disais donc, par rapport à la fondation ABPR, eux se battent évidemment au quotidien. Et je crois que ça va être plus de 30 000 personnes qui vont être d'un seul coup jetées. Oui, c'est honteux. Qu'est-ce que... Voilà. Enfin, imaginons, vous, le programme, c'est quoi là-dessus ? Est-ce qu'il y a un truc concret ? Qu'est-ce qui se passe là-dessus ?

7:55
Yannick Jadot

Nous, ce qu'on partage...

7:57
Présentateur

Et est-ce qu'on n'aurait pas pu continuer, justement, un petit peu, justement, après toutes ces crises... Mais bien sûr, mais bien sûr.

8:00
Yannick Jadot

...de se calmer là-dessus sur les expulsions ? Y compris toutes ces personnes qui vont être expulsées. C'est des gens qui, parfois, arrivaient à arracher un petit boulot avec la Covid, avec le machin. Tout ça a été suspendu. C'est des gens qui sont aujourd'hui dans une nasse financière incroyable. On n'a jamais eu autant de monde dans les associations d'aide alimentaire. Beaucoup de jeunes, beaucoup de mères qui élèvent seules leurs enfants. Et c'est potentiellement les mêmes qui vont se faire expulser. Donc, évidemment, il aurait fallu reporter, en tout cas, supprimer les expulsions qu'il va y avoir. Deuxième chose. Nous, notre stratégie, c'est ce qu'on appelle le logement d'abord.

C'est ce qui s'est fait aux États-Unis. C'est ce qui s'est fait ailleurs. Et ça marche très bien. C'est ce qui est normalement dans la loi. C'est-à-dire qu'y compris pour les personnes qui sont en difficulté de logement, on évite cette logique qu'on appelle la logique de l'escalier. C'est-à-dire qu'on va être sur un hébergement d'urgence de 24 heures. Et puis après, peut-être, on va arriver à passer sur un hébergement d'urgence sociale. On va pouvoir peut-être rester trois jours. Et puis, si on tient le coup, et puis à la fin, peut-être, on aura le logement social. Donner immédiatement du logement social de qualité, c'est démontré par toutes les études, c'est beaucoup plus efficace.

C'est beaucoup moins cher pour les finances publiques. Et ça permet aux familles, aux personnes de souffler. Parce qu'aujourd'hui, c'est ce que disait l'abbé Pierre. Il disait au fond, gouverner un peuple, c'est déjà le loger. Et que le droit au logement, c'est celui qui conditionne aujourd'hui la santé. C'est celui qui conditionne aujourd'hui de trouver un boulot. C'est celui qui conditionne l'accès à tous les services publics et au fond, à toutes les options, toutes les possibilités de la société. Donc, il va falloir, pour les personnes qui sont en difficulté de logement, appliquer réellement cette politique du logement social. Il va falloir construire du logement social.

Ce quinquennat a vu s'effondrer la construction de logements sociaux. Donc, nous, on est pour remettre 150 000 logements sociaux, 150 000 logements sociaux, 150 000 logements sociaux, 150 000 logements sociaux, 150 000 logements sociaux construits par an. On a quand même... Mais en attendant, qu'est-ce qu'on fait ?

10:21
Présentateur

On peut réquisitionner ?

10:23
Yannick Jadot

On peut, un, on peut évidemment réquisitionner. Au-delà de deux ans, c'est dans la loi. On peut réquisitionner. Il faut transformer les bureaux en logements. Parce que ce qui a changé aussi la pandémie, c'est que beaucoup d'entreprises ont réduit la taille d'occupation de leurs locaux. Beaucoup de projets de construction de bureaux n'ont plus aucun sens. Je parlais de Lyon. Ils ont changé un projet de bureau en projet en logements sociaux. Et donc, en fond, tous ces bureaux, ils peuvent être transformés en logements.

Mais effectivement, il y a la réquisition, il y a l'attribution, la construction de logements sociaux, il y a l'hébergement d'urgence qu'il faut développer pour que plus personne ne se trouve à la rue parce que c'est dégradant pour toute la... C'est dégradant d'abord pour les personnes, mais c'est dégradant pour tout le monde. Moi, j'étais... J'avais fait une maraude avec le 115 juste avant Noël et puis avec le Samu Social et après, j'étais avec les personnes du 115. C'est terrible. C'est terrible absolument quant à des personnes qui sont à l'accueil du 115 et qui, à partir de 11h le matin, quand les personnes sont à l'accueil pour faire le projet, il n'y a plus de place.

Il n'y a plus de place. J'ai vu, encore une fois, des personnes qui... qui font un boulot incroyable, répondent aux gens qu'on ne va pas pouvoir les loger en plein hiver. Là, il y avait une personne, c'est une femme enceinte, toute seule dans la rue. On ne peut pas l'accueillir. Ça fout les jetons, quand même. On ne peut pas... Ce n'est pas normal que notre société soit encore capable d'abandonner autant des femmes et des hommes et de leur retirer de la dignité, en fait.

12:10
Présentateur

Il y a ça et il y a un autre problème pour moi sur cette campagne, c'est que je n'ai rien vu sur la jeunesse, en fait.

12:14
Invité

Et pourtant, on n'arrête pas, nous. On n'arrête pas. Pareil, pourquoi ?

12:18
Yannick Jadot

Pourquoi est-ce que quand on fait des propositions, pourquoi est-ce que quand on les porte, ça ne percute pas dans le débat ? Ce n'est pas repris ? Moi, j'ai un projet qui est simple.

12:30
Présentateur

C'est assez fou. Je disais un truc, aujourd'hui, il y a 5%, je crois, des jeunes qui se sentent concernés par cette présidentielle. Il y a un sondage que je suis tombé, c'est un truc... Je ne comprends pas, en fait.

12:40
Yannick Jadot

Pourtant, là où vous avez raison, un, leur avenir, c'est forcément, si on veut, et qu'il y a un avenir à peu près serein, c'est forcément lutter contre le dérèglement climatique, c'est forcément lutter contre la précarité sociale, c'est forcément lutter contre le racisme et les discriminations, contre les violences faites aux femmes. Mais c'est aussi leur donner les moyens de l'autonomie. Moi, dans mon projet, j'ai le revenu citoyen. C'est-à-dire que c'est un revenu citoyen d'autonomie. C'est du RSA plus, plus, plus, au sens où personne ne sera en dessous de 920 euros, qui est le seuil de grande pauvreté dans le pays. Il faut aller bosser quelques heures aussi ? Non, c'est automatique.

Non, ça, c'est du mépris pour les jeunes. C'est cette idée que les jeunes qui font la queue pour aller choper un repas, qui ne peuvent pas se chauffer, qui parfois font leurs études en habitant dans une bagnole ou dehors, qui sont obligés de rester chez leurs parents, et ce n'est pas une vie de jeunes. Et on l'a vu pendant la pandémie,

13:42
Présentateur

les étudiants qui pétaient les plombs.

13:45
Yannick Jadot

Le taux de tentative de suicide ou de pensée suicidaire, il a explosé. Donc, le revenu citoyen, c'est dès 18 ans, on touche les 920 euros. Et on est autonome. Évidemment, si on habite chez ses parents, on touche un peu moins. Mais quand on regarde les étudiants qui n'habitent plus chez leurs parents, le taux de pauvreté, c'est 40%. 40%. Autant dire que c'est des gamins, par exemple, des gamins, des jeunes, qui, objectivement, ne peuvent pas faire des études dans de bonnes conditions. C'est des warriors, en fait, s'ils arrivent à avoir des diplômes. Parce qu'au fond, ils ont toutes les contraintes. Donc, c'est ça. Moi, je mets aussi en place ce que j'appelle le ticket Liberté Climat.

C'est quoi ? C'est qu'à partir de 50 euros par mois, on a accès à tous les transports collectifs, les vélos en partage, les trains de nuit, les TGV, avec la même carte. Tu es jeune, tu es à Lille, tu prends le bus, le vélo, après, tu prends un TER, tu prends un TGV, tu vas à Nantes, tu refais la même chose dans l'autre sens, tu as une seule carte, et ça te coûte 50 euros par mois. Et même les trains de nuit... Pour tout le monde. Pour tout le monde. Dans 18-25. Pour les gens. Oui, mais pas classe sociale particulière. Non, non, non. 18-25, et tu as même des trains de nuit pour aller en Europe. Donc, au fond, tu es sur un truc de... Il faut redonner aux jeunes la possibilité de la mobilité.

Parce que quand on est jeune, on a quand même envie de se balader. On a quand même envie que ce soit simple, que ce soit accessible. Et donc, il faut à la fois des revenus, et puis ça. Et puis, leur filer des boulots qui leur offrent des perspectives. La question, c'est... Les jeunes, aujourd'hui, quand ils rentrent dans une entreprise, ils n'ont pas envie de laisser leur engagement à la porte. Que ça soit, un, participer à la vie de l'entreprise. Ils ont leurs idées, ils ont envie d'être écoutés. C'est bien. C'est une maturité qu'y compris ma génération n'a pas toujours eue.

On était peut-être plus disciplinés, mais du coup, on donnait moins notre créativité, notre énergie, notre diversité dans là où on travaille. Et donc, il faut trouver les boulots qui nous permettent, évidemment, de donner du sens, de bosser.

16:08
Présentateur

Il était comment, d'ailleurs, le petit Jadot, plus jeune ? On a un problème technique. Je vous dis ça parce qu'on ne voit pas vos questions pour l'instant, mais j'espère qu'on va les voir vite apparaître. Mais ça ne marche toujours pas. Voilà, c'est pour ça que je vous dis ça. Non, non, pas le son. C'était juste... Mais allez-y, les gars. C'est juste qu'on ne voit pas les questions. Non, il était comment, le petit Jadot ?

16:27
Yannick Jadot

Il a grandi où, le petit Jadot ? Alors, le petit Jadot, il a grandi dans un village. Moi, mes parents étaient instituteurs. Ils étaient des deux instituteurs de l'école du village, y compris... Moi, je suis né dans le logement de fonction à côté de l'école. C'est une commune très rurale. Et puis, j'ai grandi dans un village, à la campagne. Et voilà, on était... Bien heureux ? Oui, oui, oui, parce qu'on était à côté de la forêt. C'était notre terrain de jeu. On jouait beaucoup au foot. Non, notre fantasme, c'était d'aller dégonfler les pneus des chasseurs qui venaient faire la chasse à courant. On ne l'a jamais réussi à le faire, mais c'était notre fantasme. Vous avez dégonflé les pneus ?

Oui. C'est parce qu'il y a toujours un mec

17:14
Invité

qui surveille les pneus à côté. Parce que les chasseurs à courant, c'est très organisé. Il y a toujours quelqu'un... Il y a des mecs qui surveillent les pneus. Mais c'est vrai qu'on était... Il y a des mecs qui surveillent les pneus.

17:21
Yannick Jadot

Quand on arrivait... Quand t'arrives à voir dans une forêt une arbre avec des cerfs, des biches, que t'arrives à voir un sanglier, un renard, t'es tellement enthousiasmé. Moi, à mon époque, je suis plus vieux que vous. Je suis plus vieux que vous. Moi, quand j'étais gamin, c'était caméra au point, Christian Zuber à la télé. Après, il y avait 30 millions d'amis. Après, il y a eu tous les films des autres. Donc, c'était ça. Et puis, j'étais au lycée de Lens. Donc, c'était plutôt foot, mobilette, on se déplaçait. Qu'est-ce qu'on écoutait ? Qu'est-ce que j'écoutais ? C'était plutôt, à l'époque, c'était les années 70-80. C'était les booms. Les sauts, les grands sauts.

Ah bah oui, c'était Hôtel California, quand même. Parce que ça reste le truc. C'était la pop. C'était le disco. C'était... Ça commençait, mais moi, je suis 67. Donc, c'est un peu après... Un peu après... Les années 80, peut-être. Un peu après les booms. C'était Indochine. C'était des groupes comme ça. Un peu de rap, un moment ? À l'époque, c'était plutôt... Non, à l'époque, c'était... Ça arrive. Moi, ça reste ma culture rap. Ça reste NTM. Ça reste IAM. Donc, c'était un rap... Comment dirais-je ? Mes gamins, ils me font écouter. Mes enfants. Je ne vais pas dire les gamins, parce qu'il y a compris le public, le Twitch, il est plutôt de cet âge-là. Donc, il ne faut pas dire les gamins.

Mais je dis ça affectueusement. Mais ils me font écouter des trucs. Bon, j'oublie les noms. Mais... Mais... C'est une culture... C'est une culture incroyable. C'est une culture de... Moi, ce que j'adore, moi, je suis plutôt jazz, je suis plutôt rock, je suis plutôt... Je reste... Bachung, Bowie... Là, pendant la campagne, vous écoutez du son ? Un peu ? Genre, avant les meetings, avant les trucs ? Alors, moi, l'hymne de ma campagne, c'est Joey Ramone, What a Wonderful World, la version qui a une pêche incroyable. Et puis, en plus, c'est un très beau texte. Donc, c'est vrai qu'on est plutôt là-dessus. Et puis là, on a fait un super meeting avec Babel West, avec Arsenic.

19:49
Présentateur

Arsenic ! Je vous ai vu lâcher un petit pas dedans sur Arsenic.

19:52
Invité

Ben oui, quand même, parce que là, y compris... Je lui ai dit, pas loin de kiquer. Là, y compris,

19:57
Yannick Jadot

c'est presque ma génération. Ça fait un moment qu'ils sont sur le devant, quand même, non ? Je ne sais pas, ça fait combien de temps ?

20:03
Présentateur

C'est sur la fin des années 90. Ouais. L'album Quelques Gouttes Suffisent, il arrivait quoi, 2000... C'était quoi, 2002 ? Même 98. Attends, 98, c'est Secteur A. Ouais, c'est ça. C'est le fin des années 90. Début des années 2000.

20:18
Yannick Jadot

Mais moi, les premières émissions télé, il y avait les émissions... Il y avait le Top 50. Et puis après, il y avait, comment il s'appelait ? HIP, HOP, là. Avec Sydney. Avec Sydney. Avec Sydney, bien sûr. C'était les premières, c'était MC Solar, c'était tout ça. Bon, ça paraît vieux aujourd'hui pour les jeunes. Non, ce qui est assez fou, c'est de se dire, c'était sur TF1.

20:36
Présentateur

Ouais. TF1, à 14h, je crois que c'était dimanche après-midi, il y avait, bon, Starsky Hodge, tout ça. Et en effet, à un moment, il y avait Sydney, HIP, HOP. Mais non, aujourd'hui, il n'y a même plus ça. C'est quand même fou. Maintenant, il n'y a pas ce qu'il y a.

20:47
Yannick Jadot

Et puis, c'était vraiment... Ce qui était génial, c'est que c'est la première fois, me semble-t-il, qu'on mettait de la vraie culture populaire à la télé. C'est-à-dire qu'il y avait le Smurf, à l'époque. Enfin, je dirais... Breakdance, breakdance, Smurf. Voilà, c'est ça. Donc, ils mettaient ça en scène. Et puis après, c'est plus Eminem, Chuck D. Je vous ai vu coller une affiche, là. Je vous ai vu coller une affiche. Vous n'êtes pas tagué ? Non, c'est pas...

21:14
Présentateur

Un gil, non, un truc. Non. Un truc énervé, non ? Pas trop. Et je vais prendre quand même quelques questions. Parce qu'il y a plein de gens qui envoient des messages. Donc, continuez, balancez. Et puis, c'est un peu ça aussi le principe du Twitch. Donc, commencez... Alors, attends. Il y a Symbolum qui dit pour voir la vie positivement, il faut s'engager pour les autres. Ça, vous l'avez fait, engager. Vous êtes engagé pour les autres.

21:31
Yannick Jadot

Moi, j'ai une chance. Moi, j'ai une chance incroyable. C'est d'avoir pu... Je me suis engagé. Bon, j'ai fait... Il y a des mouvements étudiants quand j'étais à la fac. Et puis après, je suis parti. Je suis parti immédiatement après la fac vivre et travailler au Burkina Faso avec les paysans. Après, je suis parti aussi quelques années au Bangladesh travailler avec les femmes qui sont dans la misère et dont le statut social est absolument dramatique. Globalement, la vie de la femme, c'est... Elle se marie. C'est interdit, mais évidemment, la famille doit payer la dot. Parfois, il y a des drames absolus.

Il y a que si la femme ne paye pas la dot, elle se fait défigurer aux pesticides, aux machins, aux trucs. Et puis normalement, elle ne vit plus qu'avec sa belle famille. Et donc là, les programmes qu'on soutenait, c'est des programmes où elles sont formées, elles ont un crédit, ce qu'on appelle un micro-crédit. Elles peuvent développer une activité économique. Et ce qui est génial, c'est que ces femmes qui, au début des programmes, se cachent, n'osent pas parler, n'osent pas parler, n'osent pas regarder, après 2-3 ans, parlent, vivent, envoient leurs filles à l'école. Et ça, c'est la clé de tout.

La fille qui va à l'école, en termes de développement, en termes de trucs, c'est la clé de la clé.

22:44
Présentateur

Ça doit vous foutre les boules quand même, parfois. Je pense qu'on a tous un côté humain. Quand on voit justement la gueule de la campagne et des autres en face, quand on voit un mec aussi intolérant qui parle de... Alors, c'est autre chose, c'est pas le blanc de la tête, c'est le blanc de la tête. On se doute bien que les femmes de Bangladesh ne vont pas débarquer en masse en France, c'est beaucoup plus compliqué que ça.

Mais il y a des gens qui quittent leur pays parce qu'ils n'ont pas le choix, qui arrivent ici et quand on entend qu'ils ne sont pas les bienvenus, qu'il faut les dégager, mais même vous, parce que vous avez ce parcours justement dans l'humanitaire et tout, ça doit être bizarre d'entendre ça de la part de certains candidats de se prendre ça en pleine gueule, parfois.

23:17
Yannick Jadot

C'est horrible parce que, un, toute une partie de la campagne, alors c'est un peu moins aujourd'hui parce que la guerre écrase tout, mais toute une partie de la campagne, je veux dire, tous les jours, c'est à la fois le mépris par rapport à ces femmes et ces hommes qui sont des survivants, qui sont des survivants, qui ont parfois passé des années à arriver jusque chez nous, qui meurent en mer, on a quand même, depuis 2014, si je ne dis pas de bêtises, on doit avoir 20 000 morts en Méditerranée.

23:47
Locuteur

C'est quand même,

23:47
Yannick Jadot

c'est la frontière la plus dangereuse au monde, en fait, la frontière européenne. Et puis, c'est un peu plus c'est toute une partie de la population française qui est stigmatisée matin, midi et soir. Tous les jours, on explique qu'être noir, arabe, musulman dans ce pays, c'est une faute, qu'on n'est pas vraiment français, alors qu'on ne sera jamais, et qu'à un moment donné, il faut retourner, il faudra retourner d'où on vient, d'ailleurs sans savoir où on vient, parce que parfois, ils sont français depuis plusieurs générations, juste, ils n'ont pas... Vous, ça vous fait quoi ? Moi, ça m'indigne, en fait, mais ça me mobilise aussi pour faire de la politique.

Je me dis qu'on est dans un moment... Quand j'avais été, c'était en novembre, je ne sais pas si vous vous souvenez, quand le bateau de migrants, il coule dans la Manche. Je l'ai raconté plusieurs fois, cette histoire, mais il y avait une jeune femme qui est morte, Mariam, c'était une kurde irakienne, les kurdes qui combattaient l'État islamique et qu'on a abandonné à un moment donné. Donc, une kurde irakienne, elle a 24 ans, elle partait en Angleterre pour rejoindre son fiancé. Elle n'était animée que par la vie et par l'amour. Et tous les matins, tant qu'elle était à Calais, on lui arrachait sa tente. On empêchait les associations de lui donner un café chaud.

On se dit, mais quelle est la menace que représente cette jeune femme ? Elle représente tous les autres. Pour qu'au fond, on lui fasse subir un tel traitement d'humiliation matin, midi et soir. Et c'est vrai qu'on se dit, ça a été le cas aussi, vous vous en souvenez, quand il y avait eu les migrants dans la forêt en Biélorussie, à la frontière avec la Pologne. On se disait, et tous les pays européens étaient pour dire, on construit des murs, des miradors, des barbelés.

C'est-à-dire qu'on serait dans un monde, au fond, où la finance voyage comme elle veut, les biens et les marchandises, même dans les pires conditions environnementales, les pires conditions d'élevage, les pires conditions de production, que ça vient du Xinjiang où les Ouïghours sont en semi-esclavage, persécutés, victimes d'un... d'un génocide. Mais, tout ça, ça peut voyager. Les marchandises, les biens, la finance. Mais les femmes et les hommes, on met des murs, des barbelés. Je me dis, mais putain, dans quelle société on vit pour qu'on en arrive à ne plus avoir le début d'une humanité collectivement ?

Et puis, quand on voit ce qui s'est passé avec l'Ukraine, et d'ailleurs, quand on voit, d'ailleurs, même avec les Syriens et les Afghans, quand ils s'installent dans les villages, dans les centres d'accueil, en fait, en vrai, ça se passe bien. Mais ouais. Dès qu'on raconte l'histoire, dès qu'on arrête de faire peur avec des hordes sauvages qui viendraient nous envahir. Tous terroristes, oui, tous terroristes. Tous terroristes, tous violeurs, tous... Mais que on explique les parcours qui sont des parcours de vie, parfois d'une telle brutalité, d'une telle violence, qu'on a juste envie de prendre les gens dans les bras et dire, mais voilà, ça va bien se passer, quoi.

Eh bien, en fait, les Français, ils sont aussi comme les autres. Ils sont dans l'humanité. Aujourd'hui, aujourd'hui, pardon pour les Ukrainiens, on a l'accueil citoyen. C'est 20 000 aujourd'hui dans les maisons. L'État, c'est 15 000. Ce que je veux dire, c'est que les citoyens sont souvent plus généreux. Plus généreux. Comme ils sont plus en avance sur le climat,

27:13
Présentateur

sur beaucoup de sujets que l'État qui nous gouverne. Il faut peut-être leur dire aussi en face, parce que justement, et c'est ça que je ne comprends pas que vous n'ayez pas pu mettre ça aussi dans la campagne, c'est que, pour moi, quand on parle d'urgence climatique, c'est ce qui va se passer dans l'hémisphère sud. Il va y avoir de plus en plus de populations qui vont monter et qui, légitimement, vont aussi débarquer chez nous. C'est normal, parce que... Mais bien sûr. Mais ça, il faudrait lui dire à l'autre en face qu'il se rende compte... Mais il faut leur dire à tous. À tous.

27:39
Yannick Jadot

Il y a ceux qui en font les boucs émissaires. Mais quand l'État français, le gouvernement, soutient Total en Ouganda aujourd'hui... J'ai vu, vous êtes énervé sur Total. Je suis un peu fâché. Non, parce que Total, ça fait un moment qu'ils vous la font quand même. Il ne faut pas vous chercher sur Total. Non, parce que, un, ils restent en Russie. Toutes les autres compagnies pétrolières sont sorties. Et je suis désolé, la Russie fait des atrocités, des crimes de guerre. Et les entreprises avec lesquelles travaille Total sont dans le cercle le plus proche de Poutine. Donc, au fond, c'est eux qui organisent ces atrocités. Donc, on ne peut pas être complices.

Mais Total, il y a quelques mois, ils étaient encore en Birmanie en disant, non, non, pas de problème, on peut travailler avec la dictature birmane. Et là, ils sont en train de développer un projet en Ouganda. Ils font un énorme pipeline qui va traverser une réserve naturelle. Ils vont déplacer 30 000 personnes. Et tout ça se fait avec le soutien du gouvernement pour aller chercher du pétrole dont on sait qu'il faut absolument se passer si on veut sauver le climat et avoir un avenir qui soit un avenir de paix et non pas un avenir de chaos climatique.

28:41
Présentateur

Mais après, en même temps, c'est aussi votre problème, c'est qu'on ne peut pas non plus, alors, la Russie, mais vous parliez aussi de la Chine, on ne veut pas se faire chier non plus contre la Chine. Pourtant, il y a les Ouïghours, ce qu'ils font subir aux Ouïghours, c'est ignoble aussi.

28:53
Yannick Jadot

Oui, mais pourquoi ? Enfin, je veux dire, il y a entre... La question, ce n'est pas de faire la guerre à chaque fois qu'on n'est pas d'accord. Mais pourquoi on continue à importer des produits qui sont produits, qui sont faits par les Ouïghours ? Moi, j'ai toujours considéré que ce n'est pas faire la guerre à la Chine ou à d'autres pays que de dire les produits qui sont issus de pays qui ne respectent pas la liberté syndicale, l'interdiction du travail des enfants, l'interdiction du travail forcé, ils ne rentrent pas sur le marché européen. Donc, on bloque. On bloque.

Enfin, je veux dire, ce n'est pas faire la guerre, c'est simplement dire l'économie, le commerce, ça doit se faire aussi selon nos valeurs, tout simplement.

29:31
Présentateur

Bon, alors, je vais regarder quand même parce qu'on parle, on parle, on parle et il y a des gens qui envoient des messages. Allez-y. J'aimerais que Yannick donne son avis sur la TVA. Pourquoi ? Il y a quoi comme avis à donner sur la TVA ?

29:40
Yannick Jadot

Parce que moi, je suis pour moduler la TVA. En fait, c'est un peu ce qu'on venait de se dire. Un produit réparable, on baisse la TVA. Un produit dont on dit l'obsolescence programmée, c'est-à-dire qu'en fait, il est fait pour péter et ne jamais être réparable. Des portables, des machins, des trucs. Celui-là, on augmente la TVA. Oui, c'est le portable. Alors ça, on peut réguler, mais le portable, le pire dans le portable, c'est... La batterie ? C'est la... Non, c'est le chargeur. Le chargeur. Combien de chargeurs on crame sur un portable ? Ils nous racontent qu'ils sont capables de faire un travail ou un truc aussi compliqué que ça.

Ils ne sont pas capables de faire un chargeur qui tient aussi longtemps que le téléphone. C'est une blague. Nous, on se bat au Parlement européen pour avoir des chargeurs standards. Tiens, on a un chargeur standard pour tous les trucs. Le bio, 0%. Tout ce qui a fait 4000 kilomètres, le podio haute qui a fait 4000 kilomètres, celui-là, on le rend plus cher. Donc en fait, c'est... Et le bio qui vient de l'étranger ? Ça, c'est parfois compliqué. La banane bio, on ne va pas la produire chez nous. Mais moi, je suis... On peut la faire aux Antilles. Mais moi, j'aimerais tellement... Ça commence, en fait, aux Antilles.

Mais c'est vrai que comme on leur a pourri la terre avec le chlordécone, on leur a pourri leur organisme. C'est-à-dire que des fois, il faut aussi trouver des terres aujourd'hui où on peut produire de la banane qui ne retrouve pas le chlordécone.

30:57
Présentateur

Mais restons aussi deux secondes aux Antilles. Alors moi, ça m'a toujours quand même fait halluciner aussi aux Antilles. Et ça, je ne vous ai pas trop entendu là-dessus. D'ailleurs, on a plus vu Marine Le Pen qui s'est pointée aux Antilles avec l'accueil aussi. On ne va pas revenir sur son accueil. Mais il y a un truc qui est quand même inadmissible. C'est-à-dire que je pense qu'en France métropolitaine, on ne supporterait pas qu'un département, un territoire, quand tu tournes le bouton pour avoir de l'eau ou alors tu as de l'eau noire qui coule, quel département en France métropolitaine accepterait ça ? Aucun. Et pourquoi là-bas ?

31:26
Yannick Jadot

Parce que depuis des années, des années, c'est le mépris pour l'outre-mer. Parce qu'au fond...

31:31
Présentateur

Mais ça, vous dites quoi ? Je ne vous ai pas entendu

31:33
Yannick Jadot

là-dessus. Ah ben si. Peut-être, peut-être. C'est-à-dire qu'en fait, on a sous-investi dans les services publics. On a sous-investi, y compris dans leur autonomie alimentaire. Enfin, il faut m'expliquer pourquoi l'outre-mer, ils vivent essentiellement des produits qui partent de la métropole et qui coûtent deux fois plus cher. Mais parce que aussi, les puissances économiques dans l'outre-mer, ils préfèrent vivre du commerce que de la production locale. Donc au fond, il faut aussi rééquilibrer les pouvoirs entre celles et ceux qui veulent produire, développer l'économie locale et celles qui préfèrent vivre de la rente, de l'importation.

Et le pire, souvent, en outre-mer, c'est que le mépris, il est à tous les étages. Bon, évidemment, on est prêt à faire des mines d'or en Guyane, ce qu'on n'accepterait pas non plus dans l'Hexagone. Mais on a tellement sous-investi, on a tellement méprisé le développement qu'on a aussi, parfois, laissé s'installer plus qu'ailleurs. Ça existe aussi ailleurs. La corruption, parce qu'au fond, on a aussi la corruption parce qu'au fond, c'est débrouillez-vous. C'est-à-dire qu'on laisse les citoyennes et les citoyens dans un État, parfois, effectivement, ils n'ont pas accès à l'eau.

Dans les Antilles, 90% des personnes contaminées par le chlordécone, c'est le record du monde des cancers de la prostate. Et on avait encore un président il y a trois ans qui disait, le côté cancérogène du chlordécone, ce n'est pas totalement prouvé. Et là, enfin, on va commencer à indemniser le chlordécone comme maladie du travail. Mais c'est toute la population qu'il faut indemniser. C'est tous les territoires qu'il faut aider à absorber, y compris par les plantations, par tout ce qu'on peut faire, sortir le chlordécone du sol pour que les gens puissent vivre normalement. Pour que les gens puissent vivre normalement.

33:24
Présentateur

Allez, on va retourner. Vous continuez à balancer des messages sur le live Twitch. Alors, bonjour petite, c'est Zilou42. Bonjour, petite question niveau stratégie parce que c'est cool de parler de la stratégie. J'ai eu des belles idées mais concrètement, aujourd'hui, vous êtes à 5-6% dans les sondages. Alors voilà, ma question, n'est-il pas hypocrite de taper sur le seul projet de gauche et écologique porté par Mélenchon qui a une chance certes faible de remporter cette présidentielle alors qu'en même temps, vous prenez l'urgence climatique et sociale avec laquelle je suis tout à fait d'accord, rajoute Zilou.

C'est vrai qu'il y a ce discours en ce moment en se disant en fait, est-ce que oui, pour les gens de gauche, est-ce qu'il ne faut pas voter Mélenchon ? Est-ce que c'est peut-être la seule chance de ne pas avoir ce qui est prévu depuis longtemps, Macron, Le Pen au second tour avec pour la première fois en plus, un réservoir de voix pour Le Pen comme elle n'a jamais eu, on est d'accord.

34:10
Yannick Jadot

Bien sûr que l'extrême droite est un danger dans notre pays et ça...

34:15
Présentateur

Moi j'ai l'impression que c'est maintenant où il n'y a plus d'extrême droite déjà.

34:17
Yannick Jadot

Ah bah si, c'est l'extrême droite. Moi je suis d'accord. Je suis d'accord mais quand on les entend, c'est la droite gaulliste et de Gaulle à tous les étages. Bien sûr, bien sûr. Non, non, mais je suis parfaitement d'accord. Ou alors c'est Chirac, c'est les problèmes de Chirac et 88 du RPR. Au fond, à un moment donné, il y avait une sorte d'excitation morbide y compris autour de Zemmour. Il pouvait dire Pétain était un résistant, Dreyfus était coupable, vive l'Algérie française et au fond, il y avait une sorte d'excitation et on dirait c'est marrant ce qu'il dit. Non, c'est pas marrant en fait. C'est horrible, c'est horrible pour notre société.

De toute façon, c'est du racisme, c'est du révisionnisme, c'est de l'antisémitisme et donc...

34:54
Présentateur

Et comme il traite les gens, oui, on parlait des musulmans mais comme il traite en disant que l'islam n'est pas compatible avec la France, c'est inadmissible quand même. Bien sûr, bien sûr. C'est un manque total de respect. Mais pour répondre à Zilou,

35:05
Yannick Jadot

pour répondre à Zilou, je ne sais plus comment il s'y avait un numéro derrière. Zilou 42, je crois. Zilou 42. Un premier tour, c'est pour ses idées. Un premier tour, c'est pour ses convictions. Et pour moi, l'écologie, elle est indissociable de la démocratie. Cette crise, en Ukraine, elle a quand même révélé des choses aussi. Moi, j'ai toujours combattu les dictatures et on peut le prendre dans n'importe quel sens. Jean-Luc, et on en a souvent discuté quand on était au Parlement européen, il a quand même validé les bombardements des populations civiles syriennes par les Russes et par Bachar el-Assad. Moi, j'entends à l'extrême droite ou parfois chez les insoumis, ah, Poutine, il a changé.

Mon oeil, il a changé. Il a rasé Grozny. Il a rasé les Tchétchènes. Il a bombardé les populations civiles en Syrie. Il empoisonne ses opposants et les journalistes. Il y a un moment donné, moi, je suis désolé. Il a tué, on n'a pas la preuve, mais les journalistes sont morts aussi. Bien sûr, bien sûr. Donc, pour moi, l'écologie, et moi, j'ai toujours internationaliste, je veux dire, la démocratie, je la défends autant chez les Ouïghours à Moscou, à Pékin qu'à Paris. C'est pas, je veux dire, ma responsabilité, c'est d'être un élu français et européen, mais j'ai à cœur ces combats-là. Et puis, comment on s'en sort de tout ce bazar ? Moi, je pense qu'il faut l'Union européenne.

Je pense qu'il faut être européen aujourd'hui. On a besoin de l'Europe pour le climat. On a besoin de l'Europe pour défendre un modèle social, pour défendre nos libertés, pour faire face aux dictatures, pour faire face aux GAFAM, pour faire face aux paradis fiscaux. Et on n'a pas la même vision de l'Europe. Jean-Luc, il est plutôt pour se retirer de l'Europe, au fond. C'est pas son truc. Et moi, je pense qu'il faut l'Europe. Et donc, c'est aux électeurs de trancher. On verra bien.

36:57
Présentateur

Mais sur ce discours qu'il y a en effet en ce moment, il vaudrait mieux pour les gens de gauche quand même de voter pour Mélenchon. Non,

37:03
Yannick Jadot

pour les écolos, si dans une élection, vous vous rendez compte où on en est arrivé ? C'est-à-dire qu'on n'arrête pas de dire que les gens ne veulent plus voter. On n'arrête pas de dire qu'il y a de la colère, de l'indignation, que les gens n'ont marre par voter par défaut. Et qu'est-ce qu'on nous propose encore à un premier tour, un premier tour de l'élection présidentielle, de ne pas voter pour ses idées, mais de voter encore en faisant des calculs avec des sondages qui n'arrêtent pas de se planter ces dernières années. Moi, je dis que si vous êtes écolos, si vous voulez le climat, la justice sociale, la biodiversité et l'Europe et le combat pour la démocratie partout, il faut voter Jadot.

37:41
Présentateur

Alors, les messages, vous continuez à balancer. Alors, qu'est-ce qu'on a ? C'est des réactions aussi, pas forcément au départ, c'est un conservatisme, je ne sais pas si quelqu'un, c'est Joss Duval qui répond. Sandra, qui dit les sondages, les écolos, les déjoues à chaque élection, c'est vrai ça ?

37:55
Yannick Jadot

Ben, aux européennes, on a fait 13,5. C'était prévu ? Quelques jours avant. Ah non, non, non. Quelques jours avant, on était à la moitié. La moitié. Et si on avait écouté les sondages, on n'aurait pas gagné une seule mairie en France. Donc, c'est vrai que les sondeurs, ils ont un peu de mal avec le vote écolo. Et là, on a quand même la moitié des Français qui sont très indécis dans cette campagne. On a commencé là-dessus. Et ben, il nous reste un peu plus d'une semaine pour les convaincre. Pour les convaincre.

38:21
Présentateur

Enzo Guillaume qui dit 50 présidents, c'est assez pour mettre à bout votre projet ? Aller au bout de votre projet ?

38:27
Yannick Jadot

Non, mais ça permet d'arrêter immédiatement l'élevage en cage. Ça permet de pousser pendant 5 ans, sur un quinquennat, on a parlé du logement, 700 000 logements sociaux, de rénover 2,5 millions de passoires énergétiques. On a 12 millions de Français dans notre pays qui ont froid l'hiver. Ça permet de réduire de moitié les pesticides. Ça permet d'installer ce revenu citoyen. Ça permet de remettre de l'industrie sur nos territoires autour de cette transition écologique. Donc, on n'aura pas tout résolu, mais on aura beaucoup plus d'énergie renouvelable. Est-ce qu'on parlera des jeunes ?

39:06
Présentateur

Est-ce qu'on parlera de la jeunesse ? Là, j'ai l'impression que sur les 5 ans, on s'en fout en fait. Même la culture. Ah, ils ont été les exclus. Ils ont été les exclus de ce qu'il y a qu'à l'heure.

39:14
Invité

Alors, moi, dans la culture... Il y a eu un pass culture

39:16
Yannick Jadot

qui a été fait. Il y a un pass culture qui a des trucs pas mal, je veux dire, mais qui s'est un peu transformé, y compris parce que ça se fait au détriment du soutien à la création. Moi, dans mon projet, il y a l'idée de mettre un milliard sur la création culturelle et de rééquilibrer avec les territoires. Aujourd'hui, vous êtes francilien. Le ministère de la Culture, il dépense 139 euros par habitant. Dans le reste du pays, c'est 15 euros en moyenne. Alors, certes, il y a un patrimoine culturel qui est plus fort en Ile-de-France, mais ce n'est pas normal ce tel déséquilibre. Ce n'est pas normal qu'on n'aide pas plus.

Justement, on en parlait, les cultures populaires, les cultures de la musique. Moi, dans mon programme scolaire, mais au-delà, je veux que... Il y a 16 millions de Français qui pratiquent la musique dans notre pays. Il y a la culture. Ils sont où, en fait, les tiers-lieux ? Ils sont où, en fait, les tiers-lieux pour qu'ils puissent s'exprimer ? Ils sont où les petites subventions pour qu'ils puissent faire une représentation ici, un enregistrement là ? Ils sont où les festivals ? Ils sont où les statuts ? On connaît les statuts des intermittents du spectacle. Mais on sait que ça ne concerne pas tout le monde. Notamment, les artistes-auteurs sont très maltraités dans notre pays.

Et donc, ils sont où les statuts pour faire en sorte, y compris qu'on renégocie le statut et la rémunération de tous les artistes-auteurs ? des artistes-auteurs avec les productions, avec les diffuseurs, avec les plateformes. Donc, au fond, on a un super sujet de culture. Et puis, nous, on défend, vous le savez, ce qu'on appelle les droits culturels. Ça ne remet pas en cause les institutions. Ça ne remet pas en cause le patrimoine culturel. Mais c'est cette idée que chaque personne peut participer à la création culturelle. Et qu'il faut, à un moment donné, que les gens trouvent leur place. Qu'ils aient des lieux. Qu'ils aient des outils. Qu'ils aient des outils. Qu'ils aient un peu de matos.

Qu'ils aient un peu... Et qu'on fasse la culture comme on fait le sport, en fait.

41:16
Présentateur

Il y a beaucoup... On va y venir. Il y a beaucoup de questions. Il y a Estelle Bittoun qui dit la légalisation. Je vois beaucoup Fuchs qui dit pour la légalisation du cannabis. Je ne sais pas pourquoi, si c'est moi qui les inspire là-dessus, mais peut-être. Trois bonnes... Que pense Yannick Dubédo ? C'est Layoul qui demande ça. Oui, mais nous, on est pour la légalisation. Il y a un autre truc aussi. Juste avant, on va parler du Bédo. Mais il y a un autre truc qui, pareil, est énervant. Qui m'a énervé, moi, ces derniers temps. J'ai eu un petit coup de gueule la dernière fois sur l'histoire du CBD.

Alors, on le sait, ce n'est pas bien de fumer, on peut toujours nous dire, mais je pense qu'à un moment, les gens peuvent aussi décider de leur vie. Si tu as envie de boire un petit verre, tu fais ce que tu veux. Et si tu sais que si, par contre, tu exagères, ce n'est pas bon pour le corps. Pareil pour la fumée, on le sait. Mais si tu as envie de fumer ton petit bout même de CBD. Et là, j'ai vu qu'on va bloquer la vente de fleurs de CBD. Alors qu'il y a plein... Ça a généré... On a gagné ! On a gagné ! Ah, ça y est, c'est fait ? Ah, on a gagné ! Mais pourquoi est-ce qu'on... On n'arrive jamais à s'installer et au moins mettre des gens au bout du table

42:02
Yannick Jadot

et de l'expédition. Il y a trois sujets. Il y a le cannabis. Pour ou contre ? Psychotropes. Légalisation pour. Parce que, un, c'est un enjeu de qualité, c'est un enjeu d'addiction des jeunes, c'est un enjeu de sécurité. Si on veut une vraie politique pour lutter contre l'addiction, si on veut que ça soit vraiment récréatif, tranquille, qu'il y ait de la qualité et pas de l'empoisonnement, parfois, parce que les... Parfois, les gamins, ils fument du goudron, quand même.

42:27
Présentateur

Yannick, on y était un peu à un moment ou pas ?

42:29
Yannick Jadot

Ah, moi, j'en ai fumé. Mais aujourd'hui, je suis plutôt...

42:31
Présentateur

Il n'y a pas ici, dans le QG ? Je suis plutôt vain. On n'a rien dans le QG ?

42:34
Yannick Jadot

Ah, écoute, moi, je ne sais pas. Mais pas moi, en tout cas.

42:37
Présentateur

Ah, ça rigole pas mal,

42:38
Yannick Jadot

là, dans le fond. Donc, il y a la légalisation. Il y a CBD. Et effectivement, parce qu'il y a dans le terme cannabis, le gouvernement s'est dit je suspends toutes les autorisations de CBD. Et on a été gagné devant le Conseil d'État. D'ailleurs, je ne suis pas peu fier que ce soit Julien Bayou, le secrétaire national d'Europe écologie des verts, qui a été plaidé pour la suspension ou l'arrêt, enfin, le fait que le gouvernement ne puisse pas se suspendre et donc qu'on puisse faire du CBD. Donc, ça, c'est fait. Et puis, il y a le cannabis thérapeutique. Hum. J'ai été voir une boîte à Angers qui pourrait être la bio-antec du cannabis thérapeutique. Ils peuvent faire ça.

Ils ont des partenaires avec le CNRS avec plein de l'Inserm, plein de gens très sérieux. Le cannabis thérapeutique, c'est évidemment les soins palliatifs. Sclérose en plaques, chez moi. Sclérose en plaques. Et d'ailleurs, le patron PDG qui a monté ça, il a la sclérose en plaques. C'est les cancers.

43:36
Présentateur

Les cancers, bien sûr.

43:37
Yannick Jadot

Et donc, c'est vraiment, y compris quelque chose qu'on a assez mal traité dans notre pays jusqu'à maintenant, qui est la question de la douleur. Hum. Donc, au fond, c'est vraiment le... Et pourquoi ça n'avance pas ? Parce qu'en fait... C'est des vins. J'ai toujours le même discours, en fait. Non, parce qu'en fait, pour faire du cannabis thérapeutique, il faut que vous ayez des autorisations de cultiver. Et en fait, Darmanin et Macron ne veulent pas qu'on cultive du cannabis dans notre pays. Donc, il faut sortir de ce truc totalement aberrant. On peut faire une grande filière et de chanvre, qui existe en partie pour le CBD, et de cannabis, y compris faire du bio, c'est des recettes fiscales.

Récupérer la TVA du cannabis. Mais voilà, c'est des recettes fiscales. Les Allemands, ils ont considéré... Ça fait 5 à 6 milliards de recettes fiscales. Ça fait une bonne politique de lutte contre l'addiction. Et de politique de santé. Donc, cannabis thérapeutique... On aura des livreurs, il y aura UberWeed, machin, et tout. Cannabis thérapeutique, CBD, qui n'est pas des psychotropes, et l'égalisation du cannabis, voilà, une grande politique qui est une politique de responsabilité. Et d'efficacité. Parce qu'il faut toujours dire, il faut toujours rappeler, on est le pays le plus répressif sur le cannabis, et on est le pays qui consomme le plus.

Donc cette politique-là, elle est totalement inefficace, elle occupe les policiers à faire n'importe quoi.

44:57
Présentateur

Voilà. Je voulais venir à ce que vous pensez, justement, que même au niveau des quartiers, ça permettrait... Ou ça durcirait, justement, dans les quartiers. Parce que c'est ça la grande question, de se dire, et c'est ce que vont dire les mecs en face, oui, mais bon, si on légalise, ils vont aller dans d'autres drogues.

45:08
Yannick Jadot

Mais non, parce qu'en fait, aujourd'hui, comme vous le savez, les points de deal, il y a toutes les drogues. Donc en fait, les points de deal facilitent le passage... Comme vous le savez, je... Non, mais comme vous le savez, parce que vous lisez. Vous lisez la presse. Donc, en fait, quelqu'un qui va acheter du cannabis va se retrouver avec quelqu'un qui peut vendre n'importe quoi. Alors que si on a une filière spécifique cannabis, monopole d'État, contrôlé, machin, déjà, ça évite ce contact avec d'autres drogues dures. Deuxièmement, il y a quand même beaucoup d'endroits où supprimer les trafics, c'est quand même apaiser la situation.

Là où il faut, y compris utiliser l'argent issu de la TVA et probablement d'autres argents, c'est qu'il y a des quartiers et des familles qui vivent grâce à ça, qui vivent grâce aux deals. Il y a des villes dans notre pays où les dealers, je veux dire, ils rachètent l'immobilier, ils rachètent les magasins. Au fond, ils mettent la ville sous leur coupe. Et donc, couper une partie du trafic, c'est, il ne faut pas oublier que ça peut générer des problèmes sociaux pour des familles, ou c'est les gamins, simplement parce qu'ils surveillent, machin, et truc, ils ramènent quelques milliers d'euros à la maison.

Et donc, il faut trouver les moyens de compenser ces pertes de revenus pour que ça ne se traduise pas, y compris dans ces quartiers-là, par un peu plus de pauvreté et de violence.

46:36
Présentateur

Est-ce qu'on peut, puisqu'on va rester deux secondes sur les quartiers notamment, mais pas tous, survenir aussi un peu partout ailleurs, est-ce qu'on a le droit de parler, ou vous, vous êtes plutôt dans l'autre camp, de dire que les violences policières existent ? Est-ce qu'elles existent, les violences policières ? Bien sûr qu'il y a des violences policières. Regardez ce qu'il s'est passé à Sevran. Comment ça s'appelle ? Ce n'est pas une violence policière. Mais c'est même un meurtre, peut-être. Oui, bien sûr. Peut-être, on verra. Il y a une enquête. Peut-être qu'on tire dans le dos de quelqu'un, je pense.

47:03
Yannick Jadot

Bien sûr, bien sûr. Et d'ailleurs, pour le coup, ils ont assez vite attrapé le policier. Il ne doit pas y avoir d'ambiguïté. Non, mais je vous dis ça parce que vous, vous vous êtes critiqué aussi,

47:15
Présentateur

parce que vous avez été une manif.

47:16
Yannick Jadot

Oui, mais parce que moi, je veux soutenir la police républicaine. Je ne veux pas que la police devienne des syndicats à moitié fachos, et qu'auprès des policiers, qui veulent bien faire leur travail, qui veulent une police républicaine, il n'y ait pas que le Rassemblement national qui défile. Moi, j'y suis allé parce qu'il y avait la CGT police, il y avait la CFDT police, il y avait l'UNSA police, il y avait FO police, et eux… Il y avait Allianz aussi. Oui, mais je suis d'accord, mais c'est une réalité. Alors qu'est-ce que je fais ? Et je dis à CGT, CFDT, vous êtes minoritaire, donc débrouillez-vous. Il n'y a plus personne à vos côtés ?

Il n'y a plus que le Rassemblement national pour s'afficher et prendre en compte la police ? Ce n'était pas une manif confortable. On ne va pas se raconter l'histoire. Mais moi, je veux montrer à tous les policiers, à toutes les policières qui veulent bien faire leur métier, qu'il y a des responsables politiques à leurs côtés, qu'il n'y a pas juste Allianz et le Rassemblement national ou Zemmour, qu'il y a des responsables politiques et qu'il y a aussi d'autres policiers qui veulent faire une police républicaine et d'autres responsables politiques qui veulent prendre en compte leurs trucs.

Et donc, un, évidemment l'IGPN, la police des polices, moi, je la mets chez le défenseur des droits pour qu'elle soit indépendante. Et puis, il y a toute la chaîne formation, affectation. On sait qu'aujourd'hui, vous êtes jeune policier issu de Carcassonne. Oui. C'est direct Seine-Saint-Denis. On met les moins expérimentés dans les situations les plus difficiles. C'est inadmissible, c'est inadmissible. Et ça, c'est assez marrant. Il faut remettre les policiers dans la rue. Aujourd'hui, on est en période électorale. Vous voulez faire une procuration, vous allez où ? Au commissariat. Est-ce que vraiment c'est le rôle des policiers de s'occuper d'une procuration de vote ?

C'est défiché d'ailleurs. Mais oui, il y a plein de choses qui sont défichées. Vous avez raison. La politique du chiffre, contravention sur le cannabis pour les consommateurs. Parce que pour que le ministre, la semaine suivante, quand il va à la télé, il puisse dire tant de trucs. Contrôle au faciès. Il y a plein de policiers qui sont dégoûtés de faire du contrôle au faciès. Et donc, au fond, cette politique de chiffre, ça permet ni la prévention, ni d'être sur la voie publique, ni de résoudre les problèmes, ni d'intervenir auprès des familles. Donc oui, il faut remettre les policiers dans la rue. Il faut qu'ils retrouvent le sens de leur mission. Il faut les former. Il faut les équiper.

Et puis, il faut qu'ils travaillent avec les acteurs sociaux. Il faut qu'ils travaillent avec les magistrats. Il faut qu'ils travaillent avec les habitants. Dans les villes écolo, le boulot qu'ils sont en train de faire sur la sécurité, c'est quasiment à l'échelle des immeubles, avec les habitantes et les habitants, de dire c'est quoi les problèmes ? Comment on va les résoudre ? Il y a les policiers. Il y a la justice. Il y a les acteurs sociaux. Il y a les collectivités locales. Comment on prend en compte chaque situation, quasiment, d'insécurité pour la résoudre ? C'est en investissant comme ça qu'on réconciliera la police avec la société.

Mais pour que la police, elle, soit exemplaire, et la police doit être exemplaire, il faut aussi que l'État soit exemplaire avec la police.

50:14
Présentateur

Et il faudrait peut-être aussi que là, parce qu'il y a eu un truc qui a été assez fort, c'est justement la récupération, par le Front de la République, le Rassemblement national, Zemmour et toute la clique, du film Bac Nord. Est-ce que vous avez vu Bac Nord ? Oui. Et Bac Nord, en fait, qui prennent comme exemple en disant regardez ce qui se passe dans les cités comme si c'était un documentaire alors que ça reste quand même un film, là-dessus, ils ont oublié quand même un truc très intéressant en face, quand même, de cette histoire. C'est qu'il y a une vraie critique de la hiérarchie aussi policière. Bien sûr.

Où les mecs, ce qu'on voit, je ne vais pas dévoiler, vous ne saurez pas vu Bac Nord, mais qu'à un moment, les flics sont lâchés et que surtout, quand on s'aperçoit qu'il y a eu des trucs pas très clairs,

50:49
Yannick Jadot

la hiérarchie, tout le monde se planque. Tout le monde ne se planque. On ne donne pas les moyens. On les fait régulièrement intervenir comme des cow-boys dans les cités parce qu'il n'y a plus d'îlotiers. Mais ça, ils ne l'ont pas dit. Il n'y a plus de police.

50:58
Présentateur

Ils ne l'ont pas dit.

50:59
Yannick Jadot

Personne ne l'a dit. C'était aussi une critique de la hiérarchie. Moi, il y a un truc qui m'a choqué dans ce film. C'est quoi ? C'est qu'en fait, on raconte toute l'histoire des policiers. Et puis, alors j'ai spoilé un peu, mais bon, ça fait un mois qu'il est sorti le film. Il y a la jeune fille, en fait, dont personne ne se soucie, y compris à la fin du film, de ce qu'elle devient. Elle est là, la petite gamine, la petite gamine, qui informe, qui va être sacrifiée pour que les mecs, voilà, qui se sortent de la nasse. Et il n'y a pas un moment où on s'intéresse à ce qu'elle devient. C'est un film, après. On peut se dire… Oui, mais moi, je suis désolé. J'ai été choqué par cette partie-là.

Au-delà du fait que c'est plutôt…

51:40
Présentateur

C'est un bon film.

51:41
Yannick Jadot

On ne va pas se raconter. C'est bien fait. Mais ce n'est pas un documentaire. Il faut quand même le rappeler aussi. Non. Et puis surtout, qu'est-ce qu'on voulait dire à l'extrême droite ? C'est qu'en fait, ce n'étaient plus les quartiers français, en fait. Je ne sais pas si vous vous souvenez, à un moment donné, Pécresse, au début de sa campagne, elle dit, il faut ressortir les karchers des caves. Et elle dit, en fait, on va l'utiliser dans les quartiers de non-France. C'est quoi, des quartiers de non-France, en fait, dans notre pays ? C'est des quartiers où elle considère qu'en fait, c'est des immigrés. Donc en fait, ce qu'elle proposait même, à un moment, c'est du nettoyage ethnique.

Vous utilisez des karchers pour nettoyer des quartiers de non-France.

52:19
Présentateur

L'image est dégueulasse du karcher. Elle est préparée. Non, j'ai noté juste les noms pour ne pas oublier. Non, parce que je me disais, moi qui suis justement dans cette recherche pour qui je vais voter dans neuf jours, alors je me suis demandé pourquoi il ne faut pas voter pour Arthaud ? Pourquoi il ne faut pas voter pour Nathalie Arthaud ? Parce qu'elle ne veut pas gagner. Elle ne veut pas gouverner. Pour Philippe Poutou, pourquoi il ne faut pas voter pour Philippe Poutou ? Parce qu'il ne veut pas gouverner non plus. Pourquoi il ne faut pas

52:48
Invité

voter pour Anne Hidalgo ? Ah,

52:50
Yannick Jadot

parce que les socialistes, ils ont fait plein de choses dans l'histoire de notre pays. Il y a plein de conquêtes démocratiques, des conquêtes sociales, des conquêtes sociétales, incontestablement. Mais aujourd'hui, il y a eu trop d'ambiguïté, de conformisme. Ils ont quand même sacré… Il y a cinq ans, ils gouvernaient ce pays. Il y a cinq ans, ils gouvernaient ce pays. Sur l'écologie, sur la justice sociale, ça n'a quand même pas été ça. Donc voilà. Pourquoi il ne faut pas voter pour Nicolas Dupont-Aignan ? Parce que, pour moi, je le mets dans le club de l'extrême droite par principe. Jean Lassalle ?

53:24
Locuteur

On pourrait voter

53:25
Yannick Jadot

un peu pour lui. On pourrait voter un peu pour son humour. Voilà. Mais c'est quand même aussi un vrai réac. Dans le fond de ses idées, c'est quand même un vrai réac. Et puis, il n'est vraiment pas du côté du féminisme lui. Là, c'est quelque chose qu'il voit de très très loin avec les jumelles. Même en Haute-Saint-Montagne, il n'a pas encore vu le féminisme. Pourquoi il ne faut pas voter pour Roussel ? Parce qu'il est pro-nucléaire, qui est pour moi un sujet. Et puis, je n'ai pas aimé la façon dont il a parlé des classes populaires. Pourtant, il veut les incarner, il veut les représenter. Mais moi, j'ai beaucoup de respect pour les classes populaires.

Et il y avait un côté dans son discours, au fond, qu'on arrête d'emmerder les classes populaires avec le diesel, avec la malbouffe et tout ça. Ben non, en fait. Les classes populaires, c'est les premières victimes de la malbouffe. L'obésité, le surpoids, l'asthme. J'étais hier à côté de l'incinérateur d'Ivry, qui est un énorme incinérateur pour les gens et les gamins à l'école à côté. Ils sont à 300 mètres de l'incinérateur. Les gamins, ils ont l'asthme. Ils ont l'asthme alors que leurs parents ne l'ont pas. Ce n'est pas un truc génétique. Ils ont l'asthme. Et ils sont juste à côté du périph'.

Eh ben, moi, j'ai trop de respect pour les classes populaires pour ne pas me battre, pour qu'ils aient accès à une alimentation, y compris une alimentation bio, pour qu'ils ne soient pas pollués, pour qu'ils aient des logements qui soient isolés, pour qu'ils n'aient pas froid et pas chaud l'été. Donc, en fait, il a joué un peu de… Au fond, l'écologie, c'est pour les bobos. Ben non. Dans mon projet, l'écologie, c'est d'abord pour les classes populaires.

55:04
Locuteur

Pourquoi il ne faut pas

55:05
Yannick Jadot

voter pour Valérie Pécresse ? Parce qu'elle est droite, parce qu'elle a quand même fait sa campagne en nous expliquant au début que l'idée du grand remplacement qui est quand même l'idée la plus nauséabonde qu'on a pu avoir… Mais c'est surtout un truc d'extrême droite. Ben oui, c'est surtout un truc d'extrême droite. C'est Camus qui l'a dit. Elle a considéré que c'était un concept qu'elle pouvait se réapproprier. Et donc, pour moi, ça l'exclut du champ de la République, Liberté, Égalité, Fraternité. Et pourquoi il ne faut pas voter pour Zemmour ? Ah, Zemmour, si on a vraiment envie que notre devise nationale, ça soit racisme, antisémitisme et révisionnisme, il faut voter Zemmour.

Attention, il a dit qu'il allait vous attaquer. Zemmour, il veut réconcilier la France qu'a perdue, la France de l'Algérie française et la France anti-Dreyfusaro. Alors, ça peut plaire à une partie de nos concitoyens, visiblement. Mais, pour moi, son best-seller, c'est le suicide français. Moi, je veux que le best-seller de la France, ce soit l'espoir, ce soit la jeunesse, ce soit l'enthousiasme, ce soit la bonne bouffe, parce que j'adore la bonne bouffe

56:13
Présentateur

et le vin nature. Bon, vous l'avez dit un petit peu tout à l'heure, mais pourquoi il ne faut pas voter pour Mélenchon ? On l'a dit. Pourquoi il ne faut pas voter pour Mélenchon ?

56:22
Yannick Jadot

Parce que, le Pen,

56:24
Présentateur

Zemmour, c'est toujours les deux faces de l'autre.

56:27
Yannick Jadot

J'ai l'impression qu'elle est un peu de gauche maintenant. Ah oui, c'est sûr, elle a ripolliné, ça c'est certain. Mais l'arrière-boutique, il est pas mal quand même. L'arrière-boutique, il est chargé, oui. L'arrière-boutique, il est chargé.

56:41
Présentateur

C'est un peu comme les EHPAD d'Orpea, c'est-à-dire qu'ils ont refait le hall, il y a des plantes vertes, on a refait les peintures, mais derrière, elle a toujours dit, moi je me souviens, et ça, même là, sur cette campagne, c'est un truc qu'elle n'a jamais dénoncé, elle dit, je viens et je récupère l'histoire de mon parti. Elle a toujours dit qu'elle s'imprégnait de cette histoire.

Et l'histoire du Front National, parce que ça, on l'oublie aussi, et je ne sais pas si vous connaissiez cette histoire, ça va me ramener au rap, il y avait un petit gars qui s'appelait Ibrahima Ali, qui a été tué par des callers du Front National, c'était à Marseille, dans les années 90, et ça a aidé à informer justement qui avaient été manifestés contre ça et tout, et ça, alors il n'y a pas eu que cette histoire, mais ce petit a été tué par des callers du Front National, et c'est aussi ça l'histoire du Front National. Donc on a dit, je prends l'héritage du Front National,

57:31
Yannick Jadot

elle prend ça aussi, elle ne s'est jamais défaussée de tout ça. Mais non, parce que c'est une partie de ses équipes, c'est une partie de ses militants, c'est cette histoire-là. L'histoire de l'extrême droite dans notre pays, ce n'est pas la résistance, ce n'est pas la libération des peuples, ce n'est pas les conquêtes sociétales, ce n'est pas nous rassembler dans notre diversité qui nous enrichit. Au fond, ça reste quand même l'idée que c'était mieux avant, la France où les immigrés, les homosexuels se planquaient, où c'est le patriarcat, les femmes ne la ramenaient pas trop, c'est quand même ça le fonds de commerce. Je veux dire, c'est quoi ces amis ?

C'est Trump, c'est Bolsonaro qui veut bousiller les indigènes et les femmes et les femmes et les femmes et les femmes et la forêt amazone. C'est les Polonais et les Hongrois, pas les populations mais leurs dirigeants qui veulent revenir sur l'IVG, qui stigmatisent les homosexuels, l'LGBT et qui veulent réduire l'état de droit Donc, c'est ça son fonds de commerce, c'est ça sa réalité politique et donc, évidemment, ça ne peut pas être la lumière pour la France. Et enfin, pourquoi il ne faut pas voter de nouveau pour Macron ? Condamné deux fois Pour une action climatique, ça devrait suffire. Il a confisqué la démocratie dans notre pays.

Souvenez-vous, il y a le mouvement des Gilets jaunes, y compris après il y a les cahiers de doléances, qui était un bel exercice démocratique. Poubelle. Il y a eu le rapport Borloo sur les banlieues. Ce n'est pas tant Borloo, mais il avait travaillé avec tous les maires des banlieues, tous les acteurs sociaux. Poubelle. Il y a eu la Convention citoyenne sur le climat. Poubelle. On est le seul pays qui n'a pas respecté ses objectifs en matière d'énergie renouvelable, dont on voit aujourd'hui que c'est les seules énergies de paix, de sécurité et d'indépendance. On est un pays qui est sous sanction de l'Union européenne sur la pollution de l'air. Ils rêvent de remettre des pesticides partout.

C'est un quinquennat de lobbies. C'est le lobby d'Orpea, c'est le lobby de McKinsey, c'est le lobby des chasseurs, c'est le lobby des pesticides, c'est le lobby des énergies fossiles. Et donc je trouve que, étonnamment, pour quelqu'un qui en 2017 incarnait le changement, un mec de moins de 40 ans, il a fait un changement. Et donc, en tant qu'allié de président, ça ouvrait des perspectives. On pouvait penser qu'il allait être en lien avec les grands défis du XXIe siècle. Et puis les très riches sont devenus beaucoup plus riches. Les très pauvres sont plutôt appauvris. Et notre pays prend du retard.

1:00:14
Présentateur

Est-ce que vous pensez que c'est sur la pandémie ? Est-ce que, mine de rien, c'est quand même à son crédit ?

1:00:27
Yannick Jadot

Oui, y compris les pays européens. À partir du moment où on a réussi à se mettre ensemble pour commander les vaccins, on a géré. Mais si je devais, moi, lui faire un reproche... Bon, au début, il y a eu les masques, quand même. Ils sont bien foutus de nous, quand même, sur pas mal de choses. On a confiné, on n'a pas déconfiné. Au fond, il a fait de la gestion de la pandémie un show télé, puisqu'on apprenait, en regardant la télé, ce qu'on allait devoir faire le lendemain ou pas, en train de signer des papiers pour sortir le chien. Moi, j'ai vu des gens se prendre des PV parce qu'ils n'étaient pas avec leurs papiers.

Ils étaient en train de sortir leur chien, mais ils n'avaient pas le papier qui disait « Je sors mon chien ». Je veux dire, on a quand même fait des choses incroyables dans ce pays. Mais le principal reproche, au fond, c'est d'avoir décidé seul, dans son coin, sans savoir comment. La pandémie, c'était plein d'incertitudes. On n'a jamais vécu ça. Donc, il peut y avoir des mauvaises décisions, y compris des mauvaises décisions. Mais moi, j'avais dit dès le début...

Il faut faire un conseil de sécurité nationale où on met tous les partis représentés à l'Assemblée, on met les entreprises, on met toutes les associations qui sont intervenues en aide pour soulager les familles dans d'énormes difficultés, pour qu'au fond, tout ce monde partage le diagnostic, partage les informations scientifiques. Ça ne veut pas dire que tout le monde allait être d'accord avec la décision, mais au moins, on partage le diagnostic pour donner l'image et la réalité aux Français. C'est-à-dire qu'on est tous concernés et que face à une telle pandémie, un peu comme le Conseil national de la résistance, au fond, face à une épreuve énorme, on est ensemble. J'aurais géré autrement.

Je n'aurais pas géré contre les maires, contre les citoyens, y compris à la fin, les insultants, parce que vous êtes non vaccinés, vous n'êtes plus des citoyens.

1:02:16
Présentateur

Bon, c'est pas que je m'ennuie avec vous, mais j'ai une émission après, il faut que je retourne à Uzi. Non, non, on va finir quand même avec deux, trois petits messages sur le tchat. Alors, Symbolum qui nous dit que fait-on pour les chercheurs ? C'est vite, mais grosso modo, que fait-on pour les chercheurs afin qu'ils restent en France, que les chercheurs restent en France ?

1:02:32
Yannick Jadot

Eh bien, on arrête de sacrifier l'université. On doit être le seul pays européen où, depuis dix ans, on a baissé... Ah, et nous aide à développer les énergies du futur. Voilà, c'était la question.

1:02:43
Présentateur

Exactement, exactement. C'est Symbolum 1956.

1:02:46
Yannick Jadot

On est le seul pays en Europe qui, depuis dix ans, baisse l'investissement par étudiant. C'est-à-dire qu'on est censé construire des sociétés de l'intelligence, de l'épanouissement, de la recherche, de l'innovation. Et on réduit notre investissement par étudiant. C'est totalement aberrant. Donc, il faut à la fois ouvrir des places à l'université. Il en manque entre 80 000 et 100 000. Il faut beaucoup mieux payer nos enseignants, nos chercheurs. Il faut arrêter parce qu'en fait, ça veut dire quoi, la logique McKinsey ? On a essayé de faire de l'hôpital une entreprise rentable.

Eh bien, on veut faire de l'université quelque chose qui est quasiment rentable, avec toujours cette perspective que c'est une dépense, que c'est un coût. Donc, on met les universités. Ils ont de moins. Ils ont de moins en moins de dotation globale. Ils doivent vivre avec des appels à projets. Donc, en fait, tout ça est aberrant. Et donc, on recrute davantage. On paye mieux et on finance la recherche publique parce que franchement, quand je vois des chercheurs rester en France, parfois, c'est vraiment par conviction parce que les conditions de travail sont tellement meilleures à l'étranger que ça ne va pas. Et puis, effectivement, les grands sujets, c'est la rénovation, c'est l'isolation.

C'est l'économie circulaire. Il y a énormément de choses.

1:04:02
Présentateur

Abolix 33 qui dit Monsieur Jadot, pourquoi dans votre programme, vous n'avez pas repris les mesures de l'écologie 2022, notamment celles sur la démocratie, Sixième République, RIC, etc.

1:04:10
Yannick Jadot

Mais c'est dans mon projet. Donc, on fera. Moi, ce que j'ai fait sur les institutions et la démocratie, j'ai un peu comme avec la même boîte qui avait recruté pour les citoyens qui ont participé à la Convention citoyenne sur le climat, les 150. On est allé chercher 30 personnes éloignées de la politique qui votaient plus. On leur a dit On va vous faire travailler pendant deux mois et puis vous allez nous dire quelles sont les grandes réformes sur les institutions, sur la démocratie. Et donc, ça nous a donné une convention citoyenne sur le renouveau démocratique. Donc, on ferait une convention citoyenne pour définir le projet qui passera après par référendum.

C'est évidemment la proportionnelle, c'est la parité partout et c'est ce qui est une mesure que j'aime bien, que j'appelle le 1% citoyen, c'est-à-dire qu'en fait, on prend de tout l'argent qui finance la politique depuis les campagnes électorales, les réserves, les financements des partis et on prend 1%. On le donne à des associations pour qu'elles puissent construire leur contre-expertise, qu'elles puissent contribuer au débat, y compris sur les lois, parce qu'elles en auront les moyens.

1:05:16
Présentateur

Allez, quelques questions encore. Nature Quark qui dit Allez-vous augmenter les primes pour tous pour acheter des pompes à chaleur ?

1:05:23
Yannick Jadot

Oui. Voilà. Il faut sortir des chaudières gaz et évidemment des chaudières fioul.

1:05:28
Présentateur

Enzo qui dit Souhaiteriez-vous changer l'utilisation du PIB ? L'écologie devrait-elle prendre une part plus active et moins transparente dans le PIB, dans le PIB ?

1:05:37
Yannick Jadot

Alors, je ne sais pas pourquoi moins transparente, mais… Plus active, une part plus active et moins transparente. Non, non, mais de toute façon, nous, on est pour changer ce qu'on appelle les indicateurs de prospérité. Le PIB aujourd'hui, si vous avez une grande pandémie, quand le secteur pharmaceutique fait beaucoup d'argent, ça fait de la croissance. Alors que ça correspond à une pandémie. Oui. Donc, il faut intégrer dans les indicateurs de prospérité les inégalités, la santé, l'école et évidemment l'empreinte écologique et l'égalité femmes-hommes.

1:06:04
Présentateur

Bonne Banane qui dit Quel est votre programme pour l'hôpital ? Alors…

1:06:08
Yannick Jadot

Là, il y a du boulot aussi. Là, il y a du boulot. Là, on a sacrifié l'hôpital depuis au moins trois quinquennats.

1:06:12
Présentateur

Non, parce qu'on les a tous applaudis, là, pendant la pandémie, justement. Exactement. Et je me dis, après, les pauvres quand même… De toute façon, ils continuent à quitter. Déjà avant et pendant.

1:06:20
Yannick Jadot

Ils continuent à quitter. Ils étaient déjà au bord du gouffre. C'est violent. Donc, il faut revaloriser les salaires. Il ne faut pas qu'il n'y ait personne à l'hôpital en dessous de 2 000 euros. Il faut recruter 100 000 infirmières, infirmiers, parce qu'on a des ratios, personnels soignants, patients, malades, qui mettent en danger les malades et qui rendent les conditions de travail impossibles pour les infirmières, les infirmiers. Et puis, il faut sortir de la tarification à l'acte. Et il faut, encore une fois, remettre des moyens à l'hôpital. Parce que la santé, on s'est aperçu que ça dépend.

Ce n'est pas une dépense, comme ont voulu nous faire croire les gouvernements précédents, mais c'est un investissement et c'est le joyau de notre société.

1:07:01
Présentateur

Est-ce qu'on est parti, justement, dans une espèce de santé pour les riches ? Grosso modo, est-ce qu'on est un peu sur cette voie de pouvoir se soigner ?

1:07:10
Yannick Jadot

Pas encore totalement. Pas encore totalement, heureusement, parce que l'hôpital tient. Mais on voit bien que la médecine de ville, il y a des problèmes d'accès à la médecine de ville. Les gens, y compris qui sont éloignés de la santé, vont systématiquement à l'hôpital. Donc, ils sont soignés, quand même, dans des conditions qui sont parfois difficiles. Mais ils sont soignés. Mais il est évident que si on ne remet pas beaucoup de moyens sur l'hôpital public, il va s'effondrer. Y compris parce que les médecins, les infirmières vont continuer à partir et qu'on ne va plus pouvoir soigner.

Et que là, on sera vraiment dans une logique où il y aura une santé pour les pauvres et une santé pour les riches.

1:07:48
Présentateur

Gargamel, votre costume est-il en tissu synthétique ?

1:07:50
Yannick Jadot

Je ne sais pas. C'est un tissu. C'est français.

1:07:53
Présentateur

Gargamel, ce n'est pas Zemmour qui vous pose la question, là ? Ce n'est pas nous qui vous posons la question, là, comme ça ?

1:07:57
Yannick Jadot

Je ne sais pas. Je pense que c'est de la laine et c'est 100% français. C'est très classe, en tout cas. Bravo.

1:08:07
Présentateur

Merci.

1:08:08
Yannick Jadot

Ça va très bien. C'est gentil.

1:08:10
Présentateur

Il faut toujours un petit peu de… Oui, on est dans une société pour qu'on s'envoie un peu des trucs sympathiques. On a marre de toute cette violence. Ça, c'est vrai. On pourrait qu'on rigole un peu plus. Alors, Renzo, jeunesse et éducation, quatre grandes idées. Alors, quatre points pour les jeunes et l'éducation, lycée et université. Donc, quatre grandes idées. Est-ce qu'on a quatre grandes idées, ici ?

1:08:27
Yannick Jadot

Oui, j'ai dit le revenu citoyen pour que tout le monde puisse être autonome, le ticket liberté climat pour que tout le monde puisse être mobile, se balader partout en illimité dans toute la France avec des trains de nuit en Europe. C'est évidemment, je l'ai dit, l'investissement sur l'enseignement supérieur quand on parle des universités. Et puis, c'est moi, je veux que dans l'éducation, on remette les travaux manuels, on remette la nature, on remette du sport et de la culture. Ce n'est pas normal qu'il y ait autant de sédentarité. Ce n'est pas normal qu'on ne fasse pas plus de sport, de culture. Il y a des musées, il y a des spectacles, il y a de la musique. Et puis, il y a la nature.

1:09:10
Présentateur

Alors, Ecladus qui dit cette émission est fort sympathique. Merci, Ecladus. Abolix qui nous dit voulez-vous rester dans le modèle capitaliste ?

1:09:18
Yannick Jadot

Il faut dépasser le modèle capitaliste aujourd'hui. Le modèle capitaliste, il organise la guerre de tous contre tous du point de vue social et une prédation absolue sur la nature. Donc, ça, il faut le dépasser, bien sûr. Il faut une économie régulée écologiquement et socialement.

1:09:35
Présentateur

Prévention qui dit bonjour sur la santé. Peut-on différencier les budgets de la prévention inexistante en France et les vaccinations contre la Covid-19 qui entraînent de nombreux morts ? Bon, moi, pour la prévention, je ne sais pas. Moi, pour la prévention, je reste sur la prévention.

1:09:49
Yannick Jadot

La prévention dans notre pays, c'est 1,8% du budget de la santé. Alors, ça devrait être le cœur du budget de la santé. On voit les pesticides, les pollutions, la malbouffe. C'est l'explosion des maladies chroniques, y compris chez les enfants. Et donc, il faut mettre beaucoup plus pour la prévention parce que quand même, c'est essentiel de pouvoir être soigné. C'est encore mieux si on ne tombe pas malade.

1:10:10
Présentateur

Fromla 3000 était peut-être pas là au début. Mais Monsieur Jadot, quel est votre rappeur, rappeuse préférée ? On l'a dit un petit peu au début. Ah, moi. Ah, moi, NTM. NTM ? Ouais. On est sur le côté NTM. Il y avait NTM et IAM tout à l'heure. Ouais, mais quand même, ils sont un peu…

1:10:24
Yannick Jadot

Ils ont eu la dualité. Ouais, ouais. Mais bon, petits frères, ça reste un standard absolu. Mais NTM.

1:10:32
Présentateur

Pierre Pietri qui dit au premier tour, je vote Jadot. Au deuxième tour, je vote Jadot.

1:10:36
Yannick Jadot

Ça, c'est bon, ça. Ça va être compliqué, peut-être, non ? Bah non. Ça dépend du premier tour. On est d'accord. Mais là, le 10, c'est le premier tour. Il faut voter. Vous savez. Quand on vote écolo, on vote toujours pour gagner des batailles. Quand on a fait un gros score aux européennes, il y a eu d'autres gros scores dans d'autres pays européens. Eh bien, s'il n'y avait pas la pandémie et la guerre, le sujet central de l'Europe, c'est devenu le climat. Quand on a voté écolo aux municipales, ça donne des maires qui agissent. Eh bien, voter écolo, c'est voter efficace. Donc, le 10 avril, le soir, qu'est-ce que vous faites ? Eh bien, je regarde les résultats, cher ami.

Je regarde les résultats. Et comme disait ma grand-mère. C'est à la fin de la foire qu'on compte les bouses.

1:11:18
Présentateur

Je ne sais pas si, dans la somme, on disait ça aussi ? Ma grand-mère, j'ai tout un tas de citations aussi. On pourra faire un clash là-dessus, si vous voulez. On pourra s'en balancer quelques-unes. Alors, joli mot qui dit Jadot. Quel chanteur aimeriez-vous rencontrer le plus ?

1:11:33
Yannick Jadot

Quel chanteur aujourd'hui ? Je pense. Ah, j'aimerais bien revoir… Là, honnêtement, je n'ai pas pu faire… J'ai fait… J'ai vu Bowie. J'ai vu Bashung. Bon, ils sont morts. Mais j'avoue qu'un concert, même sans la troupe complète des Stones, ça me dirait bien quand même. C'est bientôt, je crois. Il n'y aura pas d'ailleurs les Stones. Mais finalement, est-ce qu'ils ont maintenu ou pas ? Je ne sais pas. J'ai eu une interrogation.

1:12:04
Présentateur

Eh bien, voilà. On a fait, je pense, un petit peu le tour. Est-ce qu'on regarde encore quelques petits messages ? Monsieur Jadot, que pensez-vous du PTEF ? C'est quoi ce truc ? PTEF, ça vous dit quelque chose ? Ça vous rappelle un truc, non ? Non.

1:12:15
Yannick Jadot

Spontanément, comme ça, non. Ah oui, non.

1:12:17
Présentateur

J'ai vu un message qui était intéressant, surtout sur votre rythme. C'est vrai que ça ressemble à quoi une campagne au quotidien ? Vous n'êtes pas trop fatigué ? Je suis en bonne forme pour la dernière ligne droite. C'est important, sportivement. Non, le teint, tout. C'est gentil. Non, c'est… Mais… Non, mais parce que dans les campagnes, ça picole un peu. Pendant les campagnes, machin, on se fait des sacrés, on se fait des… Non, non, c'est zéro.

1:12:29
Yannick Jadot

Il n'y a pas des moments quand on est un peu en profondeur. Non, non, c'est zéro. Non, c'est zéro.

1:12:32
Présentateur

On se balade et hop, on y va. Non, non, non, ça ne peut pas. Ça ne retient pas, parce qu'on quand même… En disant, allez, 4,5%, 5%, allez hop, un petit… allez hop, on boit pour oublier. Pour oublier que je bois. Non, non, non, un petit verre de… Moi, je suis très va nature. Un petit verre de… C'est ça. C'est ça, c'est ça. C'est ça. C'est ça, c'est ça. C'est ça, c'est ça. C'est ça, c'est ça. C'est ça, c'est ça.

1:12:47
Invité

C'est ça, c'est ça.

1:12:48
Yannick Jadot

C'est ça, c'est ça.

1:12:49
Invité

C'est ça, c'est ça.

1:12:50
Présentateur

Moi, je suis très va nature. Je suis très va nature. Je dois reconnaître. J'adore ça. De temps en temps, mais… Mais c'est un rythme. C'est quand même une… C'est une discipline de vie aussi.

1:12:57
Yannick Jadot

Il faut manger correctement. Il faut essayer de dormir, parce que sinon, on ne tient pas. Là, pour le coup, c'est quand même… C'est très physique quand même. Eh bien, merci. Super. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous.

1:13:20
Présentateur

C'était super. J'étais content de venir vous voir. Oui. C'est quoi le programme ce soir ? Là, j'ai D.A.U.Z. dans Planète Rap. Vous ne connaissez pas ? C'est un rapport de Sevran, d'ailleurs. C'est vrai. C'est un rapport de Sevran qui… Qui va venir raconter un peu ce qui se passe aussi chez lui. Oui, bien sûr. On en a parlé. Et d'ailleurs, il rappelle que demain, il y a une marche blanche… Oui, absolument. … faite du côté de Sevran… Bien sûr. … pour ce jeune homme de 30 ans… Oui. … qui est mort avec une balle dans le dos. Ça fait quand même… Non, mais ça, c'est horrible, en fait. C'est horrible. Et ce qui est encore plus horrible, je trouve…

Moi, je connais aussi très bien, vous savez, ce producteur de musique qui s'appelle Michel. Michel Mazava, qui a été tabassé dans son studio. Je ne sais pas si vous vous souvenez… Bien sûr. Bien sûr. … de ses histoires. Et ce qu'il y a de terrible, aussi bien pour Michel, qui, heureusement, lui, est encore en vie, que pour JP, je crois qu'il s'appelle JP, à Sevran, tout de suite, on balance leur casier d'un seul coup. Ah oui. Bien sûr. Ils sont coupables. Ils sont d'abord coupables. Voilà. Ils sont d'abord coupables. Ils sont d'abord coupables. Après, on regarde. Michel, qui est un mec que je connais, qui est un mec d'une tendresse incroyable, qui, évidemment, a fait des conneries, jeune.

Il a payé pour ça. Il est en prison pour ça. Et c'est des histoires d'il y a plus de 20 ans. Oui. Et bien, à ce moment-là, on lui a ressorti son casier, en disant… Direct. Oui. Il y a 20 ans, il était… Oui. Est-ce qu'il n'y a pas un côté là-dessus, quand même, qui est aussi…

1:14:34
Yannick Jadot

Ah ben, si, oui. Si c'est… On est dans une société où, on le disait tout à l'heure, vous êtes Noir ou Arabe, vous avez 5 fois plus de chances ou pas de chances, d'ailleurs, de risques, on va dire, d'être contrôlés. Vous venez de Sevran, vous vous appelez Idriss, vous envoyez votre CV, vous n'avez pas les meilleures chances d'être sur le dessus de la pile. Donc, toutes ces discriminations, elles pourrissent la vie. Elles pourrissent d'abord la vie de celles et de ceux qui… Oui. De ceux qui en sont victimes. Mais c'est toute la société qui en pâtit. C'est toute la société.

Parce qu'aujourd'hui, les jeunes, ils arrivent, encore une fois, avec une énergie, une créativité, une diversité, une envie de faire qui peut être absolument fantastique, y compris aujourd'hui avec l'économie du numérique. C'est une formidable économie pour tous les jeunes aujourd'hui. Et ils sont tous malades. Il y a une création fou. Il y a une création extraordinaire. Et parfois, on a l'impression… Il y a plein de gens qui prennent leur destin en main, c'est génial.

Et puis, il y a plein de gens qui deviennent, comme on disait, auto-entrepreneurs parce qu'ils n'arrivent pas à trouver du boulot, parce qu'ils ne viennent pas du bon quartier, d'abord, ils n'ont pas la bonne couleur de peau ou le bon prénom. Et ça, il faut vraiment qu'on en sorte. Si on veut réconcilier notre société, il faut vraiment qu'on en sorte. Il faut qu'on mette le paquet là-dessus.

1:15:54
Invité

Merci à vous. Merci beaucoup, Fred. Merci à vous tous d'avoir suivi le live Twitch. Génial. Merci. Il faut annoncer qu'on va faire un petit raid de la chaîne de Utia. Ah, on fait un raid, c'est-à-dire ?

1:16:03
Présentateur

C'est-à-dire qu'on envoie tous nos followers.

1:16:05
Invité

Ah oui, donc on fait un raid.

1:16:06
Présentateur

On fait un bridge. Bien sûr. On fait un raid chez qui ?

1:16:09
Invité

Utia.

1:16:10
Présentateur

Utia. Donc, c'est parti pour le raid chez Utia.