Nicolas Dupont-Aignan invité de Politique Matin sur LCP
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 5:27OuverteRéponse directe
Nicolas Dupont-Aignan, est-ce que vous, vous avez reçu des menaces ? Est-ce que vous vous sentez menacé dans cette campagne ?
- 5:42OuverteRéponse partielle
Il y a un dispositif qui est renforcé autour de vous, par exemple ?
- 5:50OuverteRéponse directe
Vous allez changer quelque chose à votre façon de faire la campagne ?
- 6:29RelanceRéponse directe
Donc vous voulez créer 40 000 places de prison, par exemple ?
- 6:52OuverteRéponse directe
Vous, alors, vous souhaitez 30 000 policiers et gendarmes supplémentaires, ça, ça peut permettre de lutter contre le terrorisme ?
- 7:51RelanceÉludée
Ce n'est pas ce que disent les socialistes, ils disent au contraire qu'ils ont rétabli...
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:32Invité politiqueFait
« Je ne l'ai pas reçu précisément, mais je crois que tous les candidats sont menacés. »
- 6:14Invité politiqueFait
« Moi, je veux bien tout, mais si on ne contrôle pas nos frontières, on n'arrivera jamais. »
- 6:19Invité politiqueFait
« Mais si on ne réforme pas nos prisons, j'ai été voir les gardiens de prison il y a une semaine à Villepinte, on a vu à nouveau que ces barbares ont été radicalisés en prison. »
- 6:31Invité politiqueFait
« Oui, je voudrais qu'on passe des paroles aux actes et qu'on arrête les bons sentiments permanents. »
- 7:00Invité politiqueChiffre
« 40 000 militaires de moins sous François Fillon, 40 000, 20 000 de moins sous M. Macron, ça fait 59 000 exactement, pour être précis. »
- 7:18Invité politiquePromesse
« Je veux en recruter 50 000, je suis le seul qui dit, clairement, que si on veut protéger les Français, il faut retrouver le niveau de notre outil de défense de 2007. »
- 8:41Invité politiqueFait
« En matière de renseignement, on a des services exceptionnels. Je propose qu'on rétablisse les renseignements généraux qui avaient été supprimés à l'époque. »
- 9:27Invité politiqueFait
« Ah mais c'est très clair, moi je ne suis pas comme M. Fillon qui nous dit en permanence, j'ai supprimé les frontières. »
- 10:17Invité politiqueFait
« Il faut le maintenir, mais je pense qu'il faut surtout... Au-delà du 15 juillet ? Oui, bien sûr. »
- 12:37Invité politiquePromesse
« On aura une nouvelle monnaie qui sera l'euro franc, l'euro marque, qui auront des parités fixes. »
- 12:59Invité politiquePromesse
« Je veux relocaliser un million d'emplois. »
- 13:14Invité politiquePromesse
« Le candidat réclame la suppression des accords de Schengen, l'instauration d'un quota annuel d'immigration. »
- 14:46Invité politiqueChiffre
« Non. Je récupère 8 milliards de Bruxelles, j'arrête de financer nos concurrents, je récupère 16 milliards en finançant le déficit public à 0% d'intérêt. »
- 15:21Invité politiqueFait
« Notamment quand Marine Le Pen dit retraite à 60 ans, je le dis aux Français, pour moi, ce ne sera pas possible. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan52 %
- Invité23 %
- Présentateur15 %
- ?6 %
- Locuteur non identifié4 %
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Bonjour
à tous et bienvenue dans Politique Matin. Nous sommes ensemble pendant une heure pour vous informer sur toute l'actualité politique à quatre jours du premier tour de l'élection présidentielle. Et nous recevons ce matin Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour. Vous êtes président de Debout la France et candidat à l'élection présidentielle. Alors avec vous, nous allons parler de vos mesures pour lutter contre le terrorisme alors qu'un attentat a été déjoué hier par les services de sécurité. Nous allons aussi évoquer votre programme. Vous nous direz en quoi vous êtes différent de Marine Le Pen alors que certains points de convergence peuvent exister entre
vous.
Et il est 8h33, place donc à la revue de presse et à la une des quotidiens, le terrorisme dans la campagne. Alerte terroriste à quatre jours du premier tour de l'élection présidentielle.
Oui,
après l'arrestation hier de deux hommes soupçonnés de vouloir perpétrer une attaque imminente, le terrorisme s'invite dans la campagne. À quatre jours du premier tour de la présidentielle, estime la presse aujourd'hui. Regardez les unes de la presse quotidienne nationale, menace terroriste sur la présidentielle. C'est la une du Figaro qui analyse par la plume d'Yves Tréard ce projet d'attentat déjoué. qui
va
sans doute remettre la lutte contre le djihadisme au cœur de cette fin de campagne, un sujet capital mais trop peu abordé. La preuve est aujourd'hui à porter que ce combat-là exige toujours plus de moyens et de détermination. La défense de la démocratie n'a pas de prix, écrit l'éditorialiste. Terrorisme, fin de campagne sous la menace, titre Libération, qui note que
les
candidats se sont abstenus de toute récupération politique, gardant dans le débat une louable retenue civique, sauf Marine Le Pen qui affirme qu'avec elle, la sécurité des Français serait sauvegardée pour la raison qu'elle n'hésiterait pas à prendre des mesures contraires aux libertés publiques. François Fillon était hier dans les locaux du Parisien, au moment où la police arrêtait les terroristes suspectés de vouloir s'en prendre au candidat. « Je veux combattre l'intégrisme avec les musulmans », lance-t-il à votre quotidien.
Voici
la photo des deux suspects, Clément Bord, 23 ans, né à Hermon, dans le Val-d'Oise, et Maïdine Merabé, 29 ans, né à Croix, dans le Nord. Les deux ont été arrêtés hier par la DGSI à Marseille. Les services de sécurité de plusieurs candidats à la présidentielle avaient été prévenus jeudi dernier d'une menace d'attentat. La perquisition de
l
'appartement marseillais, soigneusement menée par la police technique et scientifique, aurait permis de découvrir une arme de poing, un fusil mitrailleur et des produits chimiques pouvant éventuellement permettre de confectionner des explosifs de type TATP.
La
campagne dans le viseur poursuit la Provence. Les enquêteurs ont aussi retrouvé une caméra GoPro, six téléphones mobiles, un ordinateur portable, une perruque, un drapeau de l'organisation État islamique et un exemplaire du Coran. Menace terroriste sur la campagne, titre Télégramme. Pour le moment, aucun document concernant un candidat en particulier n'a été retrouvé lors de la perquisition. Seul
élément
qui reste toutefois difficile à interpréter, les policiers ont intercepté une vidéo de l'un des suspects dans laquelle on voit François Fillon en une d'un journal, juste après un fusil mitrailleur sur fond de drapeau de l'État islamique. Un ordiste parmi les interpellés, titre La Voix du Nord, radicalisé lors d'un séjour en prison à ce que d'un dans le Nord. Les deux hommes étaient recherchés depuis la semaine dernière pour association de malfaiteurs terroristes, après des informations obtenues par la DGSI et notamment l'interception d'une photo de François Fillon, sans que l'on sache à ce stade s'il était particulièrement visé.
Au mur de l'appartement de Marseille a été accroché un plan de Marseille et des photos d'enfants morts, victimes de guerres, de bombardements ou d'exactions.
La
menace terroriste ressurgit, titre Les Dernières Nouvelles d'Alsace, pour qui, si près du premier tour, la menace terroriste brouille un peu plus le débat de fond dans la présidentielle. Le danger est connu, la parade policière a été cette fois à la hauteur. En plus, les récents attentats ont montré l'existence d'une responsabilisation citoyenne. Ce meurt de désordre, c'est l'édito Didier Rose dans les DNA qui analyse « La France a su réagir de façon solidaire et digne à ce péril que toute l'Europe subit et que les thèses autoritaires simplistes n'éloignent pas.
Céder à l'émotion et ne plus considérer les propositions de cette campagne présidentielle dans leur ensemble, cela reviendrait à conforter les semeurs de désordre », conclut l'éditorialiste Brigitte.
Et puis on termine par le dessin du jour, Ahmed.
Oui, vous vous rappelez de Thomas Pesquet ?
Thomas Pesquet,
oui. Il est là-haut, tout là-haut. Il a vraiment tout prévu, Thomas Pesquet est un bon citoyen, l'astronaute s'est organisé pour pouvoir voter à
l
'élection présidentielle. Il a établi une procuration avant son départ pour la Station Spatiale Internationale car il ne sera pas encore rentré au moment du scrutin. Ça inspire marque large, c'est E.T. qui vote
maison.
Le Normand devrait revenir sur Terre au plus tôt fin mai. Voilà,
pour le petit sourire.
Merci Ahmed. Et on poursuit avec cette triste actualité le terrorisme qui a donc fait éruption dans cette campagne présidentielle. François Fillon pourrait être une cible privilégiée parmi les candidats. En Une du Monde, où il était en photo, cette Une a été retrouvée chez deux jeunes hommes arrêtés hier. Le candidat de la droite, désormais sous haute protection policière, a poursuivi sa campagne comme si de rien n'était. Nicolas Dupont-Aignan, est-ce que vous, vous avez reçu des menaces ? Est-ce que vous vous sentez menacé dans cette campagne ?
Je ne l'ai pas reçu précisément, mais je crois que tous les candidats sont menacés. Et je demande aux autorités publiques de nous protéger. Et j'espère que c
'est
le cas. Enfin, je le crois.
Il y
a
un dispositif qui est renforcé autour de vous,
par exemple ? Non, pas
spécialement. Mais enfin, j'imagine qu'il y a une grande attention qui est menée, notamment ce soir pour mon meeting au Cirque d'hiver à Paris.
Et
j'ai
confiance dans la République.
Vous allez changer quelque chose à votre
façon de faire la campagne ?
Parce que j'estime que face à ces barbares, il ne faut pas parler, il faut agir. Et entre nous, je suis un peu surpris de tout ce que j'entends, parce que, oui, il ne faut pas bien évidemment instrumentaliser ce qui s'est passé. Mais ça fait quand même des mois que des actions auraient dû être prises et qu'elles ne sont pas prises. Moi, je veux bien tout, mais si on ne contrôle pas nos frontières,
on
n'arrivera jamais. Mais si on ne réforme pas nos prisons, j'ai été voir les gardiens de prison il y
a
une semaine à Villepinte, on a vu à nouveau que ces barbares ont été radicalisés en prison.
Donc vous voulez
créer 40 000 places
de prison, par exemple ? Oui, je
voudrais qu'on passe des paroles aux actes et qu'on arrête les bons sentiments permanents, il faut se rassembler, j'entendais M. Macron, etc. Tout ça, c'est très sympathique, on est tous d'accord. Mais à un moment, il faut des actes. Et les Français
attendent
des actes. Et je regrette pendant cette campagne, alors que je n'ai cessé de parler de sécurité,
de
lutte contre le terrorisme, qu'on ait eu beaucoup de mal à parler du fond.
Vous, alors, vous souhaitez 30 000 policiers et gendarmes supplémentaires, ça, ça peut permettre de lutter contre le terrorisme ?
Oui,
et je remarque surtout que les candidats qui nous font de belles promesses, M. Macron, M. Fillon, sont les premiers qui ont démantelé l'État. 40 000 militaires de moins sous François Fillon, 40 000, 20 000 de moins sous M. Macron, ça fait 59 000 exactement, pour être précis. Je veux en recruter 50 000, je suis le seul
qui
dit, clairement, que si on veut protéger les Français, il faut retrouver le niveau de notre outil de défense de 2007.
Je
ne demande pas la lune, mais cela veut dire un effort important que j'ai prévu financièrement dans mon
budget.
Très important, 50 000 policiers,
gendarmes, militaires
? Non, 50 000 militaires et 30 000 policiers et gendarmes, 80 000. Mais pour revenir au niveau de 2007, je voudrais que les Français aient conscience du désarmement qui a été organisé par les deux gouvernements qui nous ont précédés.
Et
je dis très clairement...
Ce n'est pas
ce que disent les socialistes, ils disent au contraire
qu'ils ont rétabli... Ils ont supprimé
20 000 postes militaires et heureusement François
Hollande a supprimé.
Et ils ont rétabli en partie, parce qu'ils ont manifesté l'intention, mais en vérité, les postes n'ont pas beaucoup augmenté. Dixi, c
'est
un rapport de la Cour des comptes, parce qu'il y a eu des départs en retraite en même temps. Mais ce que je veux dire, au-delà des discussions de chiffres,
c
'est qu'on n'y arrivera pas contre le terrorisme si on ne change pas de braquet. Et j'ai énormément travaillé sur ce sujet. Dès le premier attentat de Charlie Hebdo, j'en avais parlé au Président de la République. Et je trouve que le pays,
les
dirigeants, sont très naïfs. Voilà, je le maintiens. On peut faire nettement mieux, nettement mieux.
Qu'est-ce que vous proposez en matière de renseignement, par exemple
?
En matière de renseignement, on a des services exceptionnels. Je propose qu'on rétablisse les renseignements généraux qui avaient été supprimés à l'époque, parce que ce tissu d'informateur
était
vital. Alors, il y a eu des efforts de fait, il faut le dire. On a un exemple d'ailleurs d'actions remarquables, des services de renseignement, il faut les remercier. Mais ce que je veux dire,
c
'est que dans la durée, si on n'augmente pas la puissance de l'État régalien, place de prison, code de procédure pénale, nombre de militaires, équipements, cybersécurité, eh bien, je crains que nous subissions un jour de nouveaux attentats. Et je ne voudrais pas cela. Voilà.
Vous parliez des frontières, vous souhaitez revoir Schengen ou remettre des postes frontières
partout
?
Ah mais c'est très
clair, moi je ne suis pas comme M. Fillon qui nous dit en permanence, j'ai supprimé les frontières, je ne
sais
pas si nos partenaires... Non, il faut remettre les frontières.
Donc des postes frontières partout
?
Mais
bien sûr, comme tous les pays du monde qui marchent. Ça ne veut pas dire, soyons clairs,
que
ce sera hermétique, et je maintiens
une
coopération européenne.
Surtout que le
terrorisme est souvent sur notre sol déjà.
Oui, mais si vous regardez les parcours des armes, des délinquants, ils ont beaucoup quand même circulé. Alors attention, moi je ne suis pas comme Mme Le Pen,
je
n'oserais jamais dire, avec moi il n
'y
aura pas eu d'attentat, c'est pas vrai. En revanche, je veux, à la différence de mes concurrents, et c'est un débat naturel, que l'on renforce vraiment l'outil de défense. C'est un point majeur.
Est-ce qu'il faudra maintenir l'état d'urgence ? Est-ce qu'il fallait le maintenir ? Là il est en vigueur jusqu'au
15 juillet.
Il faut le maintenir, mais je pense qu'il faut
surtout... Au-delà du 15 juillet ?
Oui, bien sûr. Qu'il faut aussi penser à la politique étrangère.
Je
suis surpris qu'on n
'ait
pas éradiqué Daesh, c'est pas la faute seulement de la France,
et
on le voit bien avec l'affaire syrienne, je maintiens que la priorité absolue, et là je suis content que M. Fillon, M. Mélenchon pensent comme moi, je maintiens qu'il faut s'attaquer d'abord à Daesh, et en finir avec ce foyer de barbarisme.
Un
petit mot sur cet hologramme, Nicolas Dupont-Aignan, est-ce que pour vous c'est efficace ou c'est un artifice ?
Moi si
j'avais de l'argent, je l'aurais volontiers
fait. Tu dis que ça ne coûte pas très cher,
150
000
euros
?
Oui, mais moi j'ai un budget dix fois inférieur à tout cela. D'ailleurs j'en profite, j'ai lancé une souscription, 5 euros pour vos convictions, j'ai moins de millions, mais j'ai plus de convictions, voilà. Et vous savez, heureusement, la campagne n
'est
pas seulement au poids de l'argent, et je dis aux Français, votez en fonction de ce que vous croyez bon pour le pays, faites attention au vote utile, le vote utile il est utile pour les politiciens qui veulent se recycler éternellement.
Il
n'a jamais été utile pour vous le vote utile. Et on nous a fait le coup du vote utile à chaque élection présidentielle. Et à chaque élection présidentielle,
beaucoup
de Français, légitimement on est tous tombés un jour dans le piège, se sont dit, allez je vais voter utile, et ça a été inutile. Alors le vrai vote utile, je le dis, c'est le vote utile des convictions, de la droiture, et j'insiste sur les abstentionnistes et les votes blancs,
en
tout cas je leur dis, ne votez pas blanc ou abstentionniste, parce que c'est un blanc-seing que vous donnez à ceux qui se maintiennent éternellement au pouvoir. On ne le voit pas le vote blanc, on ne le voit pas les abstentions.
Alors
il vous
votait en fonction d'un programme. Parce que
j'ai un programme et un comportement
qui
est différent de celui de la plupart de notre personnel politique.
Alors on va revenir en image sur les quelques mesures phares de votre programme avec Maïté Frémont.
Le
grand projet de Nicolas Dupont-Aignan, restructurer l'Europe. Le candidat de Debout la France dénonce les traités existants et veut créer une communauté des Etats européens qui seraient indépendants en matière de défense et de politique étrangère. Nicolas Dupont-Aignan propose également de sortir de l'euro pour recréer un nouveau système monétaire.
On aura une nouvelle monnaie qui sera l'euro franc, l'euro marque, qui auront des parités fixes, on aura une monnaie de réserve l'euro, on gardera les avantages de l'euro, mais
on
pourra dévaluer une monnaie et éviter des traitements de cheveux un traitement de cheval qui tue le pays comme on a vu en Grèce.
Autre dossier fondamental pour Nicolas Dupont-Aignan, la relocalisation des emplois.
Je veux relocaliser un million d'emplois.
C
'est vital pour porter notre système de retraite, pour financer notre sécurité sociale et on peut le faire.
Parmi les autres points clés, Nicolas Dupont-Aignan souhaite une immigration contrôlée. Le candidat réclame la suppression des accords de Schengen, l'instauration d'un quota annuel d'immigration et souhaite la suppression de l'aide médicale d'État.
Sortie de l'euro, immigration
contrôlée.
excusez-moi, on fait peur aux gens. J'ai évolué d'ailleurs. Ce n'est pas la sortie de l'euro, c'est la transformation de l'euro pour garder les avantages de l'euro, une monnaie de réserve européenne, mais pour avoir un peu plus de flexibilité, notamment quand on a eu l'affaire de la Grèce. Je rappelle aux Français que c'est leur épargne qui est engagée en Grèce, des dizaines de milliards d'euros français.
Mais
si on garde la
même
monnaie, finalement, on a...
Non, on gardera la même monnaie,
mais elle pourra
être ajustée pays par pays lors des circonstances graves. Je veux préserver l'épargne des Français.
C'est ça qui vous différencie de Marine Le Pen ?
Oh, il y
a
beaucoup d'autres choses. Vous savez, on me parle toujours de Marine Le Pen, on peut me parler de Fillon, on peut me parler de Mélenchon, des autres. Ce qui me différencie des autres,
c
'est que je veux la vraie rupture avec ce qui nous a gouvernés depuis dix ans. C'est pour ça que j'ai quitté l'UMP il y a dix ans, mais je ne veux pas partir dans des excès. Je regardais M. Mélenchon, beaucoup de gens le trouvent sympathique, mais personne ne parle des 100 milliards qu'il va taxer.
C
'est de la folie.
Vous ne voulez pas mettre 100 milliards, vous,
pour relancer la croissance ?
Si, mais moi, je baisse les impôts pour relancer la croissance.
C'est
comme ça que vous financez ?
Oui, parce que c'est par la baisse d'impôts que je vais relancer l'économie, comme l'ont fait tous les pays qui ont réussi dans la mondialisation, et en revanche, je vais récupérer, faire des économies, pas des nouveaux impôts, dans des domaines créés,
je récupère l'argent de Bruxelles. Mais on va quand même emprunter
de l'argent.
Non. Non. Je récupère 8 milliards de Bruxelles, j'arrête de financer nos concurrents, je récupère 16 milliards en finançant le déficit public à 0% d'intérêt, je ne passe plus par les banques privées, et puis je récupère 40 milliards sur la grande faute fiscale, car le scandale du siècle, c'est que nos multinationales ne payent plus d'impôts, et que nos PME sont écrasées d'impôts. Je veux inverser les choses. Donc mon programme n'est pas collectiviste comme celui de Mélenchon, et il n'est moins collectiviste que celui de Marine Le Pen, parce que je pense
qu
'il ne
faut
pas promettre ce qu'on n'a pas. Notamment quand Marine Le Pen dit retraite à 60 ans, je le dis aux Français, pour moi, ce ne sera pas possible. Je ne bougerai pas l'âge de la retraite, j'aiderai davantage les petits retraités, je pense qu'il vaut mieux donner 100 euros par mois à 6 millions de retraités, que de promettre quelque chose qu'on ne peut pas tenir. J'ai un programme que je crois beaucoup plus sérieux que celui du Front National.
Alors vous êtes une menace pour certains, à droite notamment, vous vous êtes accusé d'être éventuellement le taubiral de la droite, est-ce que vous vous sentirez responsable si éventuellement Marine Le Pen est au second tour
et pas François Fillon ? C'est
extravagant, ces attaques sont extravagantes. Quand beaucoup de républicains et des amis de M. Fillon soutiennent ouvertement M. Macron, personne n'en parle. Eux,
ils
sont républicains, M. Perben, M. Lemoyne, plein d'acteurs soutiennent M. Macron des républicains. Moi, j'ai quitté il y a dix ans. J'ai été clair. Je veux changer l'Europe parce que je veux des résultats. Par ailleurs, recevoir des leçons de morale
de
gens qui n'en ont aucune,
j
'avoue que c'est un peu le monde à l'envers et je dis aux Français,
vous
avez du bon sens, vous voyez très bien qui est droit et qui ne l'est pas.
Il paraît que vous avez reçu des menaces par SMS.
Oui, des menaces. La soupe est bonne chez nous. Tu veux manger du pain rassis, enfin, des choses élégantes.
Venant de qui ?
Venant de personnalités républicaines. Mais je vais vous dire, je ne vais pas faire les égouts. Tant pis. Mais ce que je n'accepte pas,
c
'est cette vieille politique
qui
consiste finalement à continuer toujours avec les mêmes méthodes. Je suis un être libre, pas pour moi,
mais
pour les Français parce que je sais
qu
'on peut redresser la France,
qu
'elle a des atouts incroyables. Notre pays a des atouts fabuleux, mais
aujourd
'hui, nous avons des hommes politiques, ceux qui ont gouverné, soumis à Bruxelles. Soumis.
Et
je veux libérer les Français de cette soumission sans tomber dans les excès de Mme Le Pen et de M. Mélenchon. C'est simple. Redressement national, liberté vis-à-vis de Bruxelles est sérieux.
On vous soupçonne parfois d'être
proche
ou de pouvoir éventuellement faire des alliances avec le Front National. Est-ce qu'en cas de second tour
entre François
Fillon et Marine
Le Pen, vous faites le choix du candidat
républicain
? Est
-ce que vous croyez sincèrement
que
je me serais candidat avec ce que ça comporte de difficultés, avec des petits budgets, mais heureusement des militants exceptionnels ? Est-ce que vous croyez que je ferais tout ça
?
Si j'étais à vendre, justement, les Français avec moi peuvent me choisir et je fais confiance aux Français pour me placer au second tour car avec moi, ils ont quelqu'un de droit. Mais
si ce n'était pas le cas,
est-ce que vous pourriez faire le choix de Marine Le
Pen au second
tour ?
Mais pourquoi
vous me parlez de Madame Le Pen ? Qui sera au second tour ? Personne n'en sait rien. Personne n'en sait rien. Alors, moi, je suis candidat pour présenter une belle voix
d
'un patriotisme humaniste
car
c'est la seule solution pour la France.
Et votre voix a été entendue ce matin. Merci
Nicolas. On verra au premier tour et
ça
dépend dimanche.
C'est ton français de choisir.
Présidente de Boula France, candidat à l'élection présidentielle.
Nicolas Dupont-Aignan